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18 juillet 2022 1 18 /07 /juillet /2022 05:01

 

Il n’est pas simple de choisir des prénoms pour nos enfants. C’est un exercice périlleux. On commet souvent, plus ou moins consciemment, des bourdes irréparables. Sans croire pleinement au déterminisme, force est de constater que nous sommes marqués par nos prénoms, comme par nos patronymes d’ailleurs. Tenez, moi, par exemple : je m’appelle Gensane. C’est un nom d’origine catalane (côté français) qui veut dire, vraisemblablement, « homme fort ». Il se trouve que mes parents, sans connaître sa signification, m’ont donné comme prénom Bernard, qui signifie chez les Teutons « ours endurci » (ils ne devaient pas non plus connaître l'histoire de mon saint-patron, Bernard de Clairvaux, une sorte de facho pour l'époque, intégriste, belliciste). Ils ont donc doublé le sens du nom par celui du prénom. Il n'empêche : comme tout le monde, j’ai eu mon lot d’ennuis de santé, mais j’ai l’illusion d’être costaud. Cela dit, toutes les Cécile ne sont pas aveugles, tous les Claude ne sont pas boiteux, même si, comme les Dominique et tous ceux qui portent un prénom mixte, ils peuvent avoir des problèmes d’identité sexuelle. Sans parler des Jean-Marie (n’est-ce pas, Le Pen ?) et autres Marie-Jean ou François-Marie. Au XVIIIe siècle, s’appeler François-Marie, dans les classes privilégiées, ne posait aucun problème (Arouet, dit Voltaire). Il n’en allait pas de même au XXe siècle (Banier).

 

Revenons aux bourdes. Il y a les prénoms qui connotent à mort. Dans les classes défavorisées, les feuilletons californiens ayant fait des ravages, on plaindra, dans cinquante ans, les Kevin et autres Brandon. L’été, sur les plages de Vendée, on rencontre des Anne-Christelle aux jupes plissées, des Louis-Olivier et autres Blaise-Gontran, très propres sur eux et qui nous viennent de familles catholiques de l’Est de la France. On sait immédiatement à qui l’on a affaire.

 

Et puis, il y a les vraies bourdes. J’ai connu un Hémard que ses parents avaient prénommé Jean. J’ai un petit cousin Gensane qui porte également ce prénom, ce qui, euphoniquement, n’est pas du plus bel effet. Je me souviens d’un couple qui avait appelé ses enfants Côme et Pacôme. Vous imaginez : « Côme, viens ici ; Côme, pas Pacôme ! » Je me souviens de deux parents un peu hippy vers 1970 qui avaient enfoncé sciemment leur fils en lui donnant les trois prénoms Maur, Pie, et Ion. Pensons également aux enfants qui remplacent les morts : une Françoise, dénommée ainsi parce que son grand-père, François, était parti trop tôt. Il y a des prénoms qui diminuent : un Marcel appelle son fils Marc et lui coupe, inconsciemment, les ailes. D'autres prénoms augmentent : un Jean appelle son fils Jean-Pierre. Sans parler des prénoms de substitution : un garçon s’appelle Michel parce que ses parents attendaient une Michèle. À propos de Michel, souvenons-nous de Michel Rocard qui avait surnommé sa deuxième femme Michèle “ Micheleu ”. Ce faisant, il ne pouvait pas ne pas la masculiniser.

 

Aujourd’hui, dans les familles un peu bobo, on observe une tendance intéressante. En voulant bien faire, des parents choisissent, quand c’est possible, un prénom constitué de leurs propres prénoms. Anne et Jean vont appeler leur fille Jeanne. Plus compliqué, Yolande et Yann appelleront leur fils Yohan. Je dirai que ces parents se bercent d’illusions. Ils veulent, ou ils croient ainsi, exprimer la fusion de leur noyau familial. Selon moi, c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. Tout enfant, tout individu a beaucoup de difficultés à se forger une identité, surtout dans une famille très unie, ou qui pense l’être. Il ne pourra pas devenir ce qu’il est si son prénom est le prolongement ou la ratatouille de celui de ses parents.

 

Le chef cuisinier et animateur anglais Jamie Oliver a donné à ses enfants les prénoms suivants : Daisy Boo, Poppy Honey, Petal Blossom Rainbow et Buddy Bear Maurice. On peut traduire ces dingueries par Marguerite Beuh, Miel de coquelicot, Arc-en-ciel fleuri de pétales (ou Arc-en-ciel de pétales pour fleurs, ou je ne sais quoi encore, l'anglais est parfois une langue très imprécise) et Maurice le copain nounours.

 

Il est déjà très difficile pour un enfant d'avoir pour parent une célébrité. Mais quand, circonstance aggravante, on porte un prénom aussi grotesque que crétin, la boulimie/anorexie n'est pas une menace en l'air.

 

PS : Quant à Raphaëlle et Rébecca, fastoche ! On a commencé par Raphaëlle. Des parents athées qui sont allés chercher un prénom dans l'Ancien Testament. Mais attention : trois syllabes. Pour Rébecca, pareil : Ancien Testament, trois syllabes. Mais nous ne les appelons que par un diminutif d'une syllabe. Sauf lorsque nous sommes mécontents. Alors les trois syllabes claquent.

Choisir un prénom
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17 juillet 2022 7 17 /07 /juillet /2022 04:40

Pendant trente ans, 1 000 jeunes filles et fillettes, dès l’âge de 11 ans, en majorité blanches, ont été droguées, battues, violées, prostituées, tuées par des gangs d’hommes britanniques, musulmans, d’origine pakistanaise et bangladaise.

 

Une étude, menée fin 2017 par des chercheurs du groupe de réflexion anti-extrémisme Quilliam, a analysé les abus collectifs et conclut : « …84 %, étaient des hommes originaires du sous-continent indien. Seulement 22 étaient noirs et 18 étaient blancs […] Les résultats sont en contraste frappant avec le fait que les Asiatiques représentent seulement 7 % de la population du Royaume-Uni […] De toutes les victimes, seulement trois n'étaient pas des adolescentes blanches. »

 

Cette horreur aurait été empêchée si les premières victimes avaient appartenu aux classes moyenne et supérieure et si les violeurs avaient été des Britanniques d’origine. De nombreux policiers et juges ont reconnu avoir laissé prospérer le crime dans cette ville de 170 000 habitants pour ne pas être taxés de « racisme ». Le wokisme avant l’heure fut poussé très loin dans le comté du Shropshire.

 

Au moins 200 hommes ont été impliqués sur une durée de 40 ans. Les premières révélations datent de 2013 après une enquête de la chaîne de télévision Channel 4 qui révéla que « Des rapports indiquent des viols collectifs par des files d'attente d'hommes tandis que les filles étaient retenues en otage pendant des heures, voire des jours, tout en étant forcées d'écouter les cris des filles dans les autres chambres avec d'autres hommes. »

 

Telford ne fut pas un cas isolé. Si l’on compte les crimes sexuels commis à Rotherham et à Rochdale, on arrive à un total de 4 000 victimes.

 

Les travailleurs sociaux furent alertés au début des années 1990 (plus de 700 signalements reçus). Mais à tous les niveaux de l’administration, ces affaires furent étouffées pendant des années. Ainsi la police refusa d’enquêter cinq fois de suite sur une affaire jusqu’à l’intervention d’un député. Entre 2007 et 2009, la police indentifia 200 criminels mais n’en arrêta que 7. Selon le schéma classique de l’inversion de la faute, une femme qui enquêtait sur des viols dut suivre des « cours de sensibilisation à la diversité ». La police prétendit que les relations sexuelles étaient généralement « consenties ».

 

Sept criminels furent néanmoins condamnés, le plus âgé ayant 60 ans. Le cas le plus spectaculaire fut assurément celui d’Ahdel Ali, considéré comme le meneur de la bande. Il fut condamné pour sept chefs d’accusation en 2012 à 26 ans de prison, 18 de détention avec une période supplémentaire de huit ans sous probation. Il vient d’être libéré avec 16 ans d'avance. Précédemment, son frère avait lui aussi été libéré par anticipation, ayant passé moins de cinq ans en prison alors qu’il avait été condamné à 14 ans, sans que la famille de la victime fût consultée par le ministère de la Justice. Suite à une pétition signée par 200 000 personnes, il fut ramené en prison. Grandeur et décadence de la justice britannique !

 

En septembre 2018, une victime de Telford confia au Sun que les hommes qui l’avaient violée se promenaient en liberté. Au plus fort des révélations, aucun grand média comme le Guardian ou le Times ne consacra la moindre une à ses crimes alors qu’ils n’avaient pas assez d’encre pour donner la parole au mouvement #MeToo qui ne vint jamais en aide aux fillettes de Telford. Selon la journaliste Johanna Williams, « les femmes de Telford appartiennent à la mauvaise catégorie de victimes. #MeToo préfère les victimes de la haute société » et « préfère que les accusés soient des hommes blancs et puissants. » Elle dénonce notamment l'attitude des « tribuns et militantes [qui] s’inquiètent davantage du risque de racisme ou d’islamophobie que des violences sexuelles et qui s’inquiètent davantage du risque de racisme ou d’islamophobie que des violences sexuelles à l’encontre de gamines.

 

Il fallut attendre mars 2018 pour que, en France, L’Obs traite du problème en observant, hors sujet, que l'« affaire réactivait clichés et fantasmes xénophobes, outre-Manche et en France. »

 

Cela dit, en mars 2018, The Independent souligna l'aspect religieux voire terroriste des abus menés par les gangs. Les membres des gangs croient fermement que les crimes qu'ils commettent sont justifiés par leurs croyances religieuses. Selon une rescapée des viols collectifs de Rotherham, son violeur citait le Coran lorsqu’il la battait.

 

Mais le ministère de la Justice est confiant : les criminels relâchés seront ramenés en prison s’ils ne respectent pas strictement les conditions de leur probation…

 

PS : pour plus de détails, la page Wikipedia

 

PPS : un des membres éminents du gang libéré après n'avoir purgé que la moitié de sa peine : https://www.dailymail.co.uk/news/article-11028045/EXCLUSIVE-Fury-Rotherham-grooming-gang-member-enjoys-sun-just-miles-scene-crimes.html

Telford : l'horreur ordinaire de viols ordinaires
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13 juillet 2022 3 13 /07 /juillet /2022 05:01

Roulez à l'électrique, triez vos déchets, mettez un pull et chauffez à 19°, rationalisez vos kilomètres, marchez pour le climat.

Pourquoi devons-nous faire des économies pour la collectivité alors que :

- Les Jeux olympiques d'hiver se sont déroulés à Pékin sur de la neige artificielle.

- En France, des stations de ski éclairent des pistes jusqu’à minuit pour que « les lève-tard » puissent skier en nocturne.

- La Lufthansa effectue 8 000 vols “ à vide ” pour garder ses créneaux aéroportuaires.

- La plupart des grands matchs de foot se déroulent en soirée sous les spots de méga projecteurs qui consomment à tout va !

- Les 8 nouveaux et gigantesques stades de foot appelés à recevoir la Coupe du monde au Qatar sont climatisés ( dans un désert !).

- Des centaines de camions circulent pour nous amener des fruits et légumes d’Espagne alors que des produits régionaux vont à la poubelle ou sont écrasés par des bulldozers.

- Le plus grand paquebot du monde : Wonder of the Seas va promener 7 000 passagers, 2 300 membres d'équipage et tourner en rond sur les mers.

- Environ 3 500 porte conteneurs circulent dans le monde et consomment chacun 280 000 litres de fuel pour 1000 km.

- Les milliardaires s'offrent des voyages dans l'espace à des conditions "astronomiques".

- Et pendant ce temps , “ par souci d'écologie ” on va interdire de rouler avec une voiture au diésel ou à l’essence un peu ancienne à des gens qui n'ont pas les moyens de changer de voiture et qui doivent s'en servir pour aller travailler et on va suggérer de baisser le chauffage de 1° !

De qui se moque-t-on ?

(Publication de Corinne Gamus)

Les économies, c'est pour les pauvres !
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10 juillet 2022 7 10 /07 /juillet /2022 05:47

Un artiste peintre qui meurt à 21 ans en 1915, il y a peu de chances qu’il se soit cogné contre son chevalet !

 

 

 

Á la mémoire de Raoul Servant

Servant est l’un de ces millions d’homme jeunes dont le destin fut fracassé par les marchands de canons de l’époque.

 

Il fut un brillant élève de l’École nationale des Beaux-Arts de Lyon où il s’était inscrit en 1906. Il avait obtenu le Prix de Paris en 1912 à l’âge de 18 ans.

 

Il était secrétaire du colonel de son régiment qui avait voulu tenter de protéger ce talent si précoce. Mais le 25 septembre 1915 pendant la bataille de Champagne, Servant était venu supplier son supérieur de parti à l’assaut avec ses camarades.

 

Il y fut tué, ainsi que son supérieur.

Á la mémoire de Raoul Servant
Á la mémoire de Raoul Servant
Á la mémoire de Raoul Servant
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6 juillet 2022 3 06 /07 /juillet /2022 05:01
 

Je lis ceci dans un article de Marianne :

“ La pratique du ramadan par les élèves vient malgré tout compromettre le calendrier de son établissement. « On intériorise le ramadan comme si c’était un évènement officiel : "on ne peut pas à cette période-là car ce sera le ramadan", "il vaut mieux éviter d’organiser les portes ouvertes tel jour, ce sera l’Aïd" », rapporte la gestionnaire, excédée. Interrogé, Bruno Bobkiewicz, proviseur et secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat de chefs d'établissements et ancien proviseur à Saint-Denis et à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), confirme : « Faire glisser une date de réunion parents profs d’un jour à l’autre permet aux gens de fêter leur religion car une fête religieuse ne peut se déplacer. Le bulletin officiel prévoit d’ailleurs une journée d’absence pour fête religieuse quelle que soit la confession. Quant aux examens, le baccalauréat national n’a jamais été déplacé même s’il tombait durant le ramadan ».”

On peut rapprocher cela, même si comparaison n'est pas raison, de ce qui se passe dans certains lycées allemands :

“ Allemagne – Dans un lycée de Bavière, à Ebersberg, malgré les températures estivales, les jeunes filles ne sont pas autorisées à porter des robes courtes ou des shorts. Par considération pour les autres cultures/religions, ce vêtement n’est pas approprié.

Certains camarades de classe issus de l’immigration et des enseignants étrangers seraient gênés par les jupes courtes et les hauts courts. Il faut être attentif à toutes les cultures, “les droits de l’individu s’arrêtent là où les autres se sentent dérangés”, précise le directeur. “Il faut tenir compte de toutes les cultures”, ajoute-t-il, sans se demander si les élèves allemands d'origine se sentent dérangés, ou pas, par le comportement agressif et les exigences des élèves musulmans.

Des enseignants se sont plaints de la tenue vestimentaire de certaines élèves, explique Schmidl, le directeur, qui indique que son école est synonyme de “société ouverte sur le monde”.

Les parents de certaines élèves sont indignés : ils n’ont même pas été informés. “D’habitude, nous recevons une communication pour chaque petite chose”, déclare une mère au quotidien Merkur. Selon elle, il est étrange que les enseignants soient “sexuellement excités” lorsque les filles sont vêtues avec des habits courts."

Revenons à nos problèmes de cantine. J'ai enseigné de longues années en Côte d'Ivoire. Á l'époque, la population du pays était au tiers musulmane. Elle est aujourd'hui à plus de 40%. Les examens, dans les collèges, dans les lycées, à l'université, tombaient quand ils tombaient. Jamais des étudiants n'ont demandé (exigé) de repousser une épreuve parce qu'elle survenait en plein ramadan, d'autant que c'est le ramadan qui se déplace, pas les épreuves du baccalauréat. J'ai le souvenir d'étudiants musulmans extrêmement courageux qui composaient quatre heures d'affilée le ventre vide. D'autres étudiants musulmans tiraient profit d'une règle de l'islam qui dit qu'en cas d'absolue nécessité il est permis de rompre le jeune. Par exemple en cas d'examen, en cas de voyage qu'il n'est pas possible de reporter et, bien sûr, en cas de maladie.

On ne voit pas au nom de quoi ce qui existait dans un pays passablement musulman comme la Côte d'Ivoire, ou largement musulman comme le Sénégal ne pourrait pas être appliqué par les musulmans de France.

Ces musulmans donnent raison à l'extrême droite quand elle dit que le voile – qui n'existait quasiment pas il y a quarante ans – est politique. Tout comme les menées de lycées musulmans qui arborent, par défi, des tenues islamiques : abayas, kamis.

 

Pour ceux qui comprennent l'italien : c'est l'Union européenne qui accepte l'islamisme comme un fait accompli.

 

 

Le ramadan est parmi nous
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28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 04:44

Pas-Bas/Belgique, États-Unis/Canada, Etats-Unis/Mexique

Des Frontières
Des Frontières
Des Frontières
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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 05:04

Toujours donner le lieu d’où l’on parle : je ne suis nullement climato-sceptique. L’âge aidant, j’ai eu le temps d’observer que les hivers rigoureux – en France pour ne parler que de notre pays – étaient de plus en plus espacés et que les étés caniculaires étaient de plus en plus rapprochés. J’ai eu également la possibilité d’observer, en effectuant à de nombreuses reprises, autour de 1985, la randonnée pour moi mythique du Glacier blanc, que celui-ci reculait annuellement de 50 à 60 mètres.

 

Ainsi donc, en juillet 1947, il fit 40°4 à Paris. Mes parents, qui se marièrent en ce beau mois dans le nord de la France, ont dû sentir passer la chaleur, bien plus accablante qu’à Alger ou Ajaccio. Mais lorsque je naquis en mai 1948, le printemps pourri annonçait un été encore plus pourri, limite froid.

 

Fait chaud ! Rien de neuf sous le soleil…

Ne me demandez pas d’expliquer les aberrations climatiques, qui ne datent pas d’hier apparemment. Je n’ai aucune compétence en la matière. Mais je me souviens, par exemple, très nettement, de l’hiver 1970. Il neigea de manière très inhabituelle à Poitiers où il fit -11° début janvier, avant un redoux exceptionnel en février. Á Val d’Isère, le chalet de l’UCPA fut enseveli par une avalanche. On compta 39 morts. Au même moment, venue de Belgique et du nord du pays, une tempête d’une extrême violence balaya des régions entières. Le vent avait une force telle que des vaches se retrouvèrent au sommet d’arbres. Mars et début avril connurent des giboulées comme personne n’avait vues de son vivant. Mi-avril, il fit 25 degrés en pays de Loire. La fonte des neiges provoqua des glissements de terrain en montagne. Le sanatorium du plateau d’Assy s’effondra et 71 personnes dont 56 enfants périrent dans leur lit. Pour beaucoup, sans se rendre compte de quoi que ce soit.

 

Il se trouve qu’au début des années 1980, il y a donc 40 ans, j’enseignais à l’Université nationale de Côte d’Ivoire, à Abidjan où il n’a jamais fait froid, et que j’avais pour amis et collègues une joyeuse bande de physiciens de l’atmosphère. De météorologues, pour parler simplement. Ils étaient tous bardés de doctorats divers et variés et étudiaient, de manière très pointue, des phénomènes climatiques dans la région.

 

On parlait déjà à l’époque de réchauffement, de l’effet de serre (greenhouse effect, comme on disait dans les publications scientifiques), de fonte de la calotte polaire (l’arctique, en attendant pire). Me souvenant qu’une des causes de la Révolution française était que, des dizaines d’années durant, le peuple avait crevé de faim en raison, tantôt d’hivers glaciaux, tantôt d’hivers pourris, je leur demandai un jour si le réchauffement était structurel ou conjoncturel. Ils étaient six ou sept devant moi et j’obtins six ou sept réponses différentes : du conjoncturel péremptoire au structurel accablé.

 

Nous étions fin juin et je leur posai une question de rattrapage : qu’elles étaient leurs prévisions pour l’été dans le nord de la France ? Ils me répondirent qu’ils étaient capables de prévoir le temps à cinq jours avec 95% de réussite. Au-delà, il fallait s’en remettre aux prévisions de la grenouille d’Albert Simon à Europe 1. C’est dire que, pour eux, les prévisionnistes à un ou deux mois étaient des foutriquets. Ils prévoiraient aujourd’hui, grâce aux progrès scientifiques, à dix jours. Pas plus.

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 05:01
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
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Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 04:25
Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...

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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 04:52

Un texte de Nathalie Bianco, repris de son compte Facebook. Ce texte nous dit tout simplement, en creux, que le paradigme de l'islam, qui ne cesse de se déplacer, l'a emporté. De concert avec les modèles qui nous viennent d'outre-Atlantique. Comme quand des militants de La France Insoumise en Seine-Saint-Denis déplorent, en regardant la photo des candidats de leur formation aux élections législatives à venir, qu’il n’y ait qu’un seul Noir en présence (contre une dizaine de Blancs). Comme si la valeur de l’activité militante se mesurait à la couleur de la peau... Et ce, même dans un département où les Français d’origine sont désormais minoritaires. Je pense aussi à ce vieux professeur d’université qui candidate comme suppléant d’une jeune femme voilée. Lui, ce pur produit de la méritocratie républicaine ! Je pense aussi à ces écoles de la République où l'on enseigne ce qu'est l'Aïd mais pas ce qu’est la Pentecôte (c’est un athée, je l’ai déjà dit, qui vous parle). Je pense enfin à cet enseignant, médecin militaire, catholique, professeur agrégé, chevalier de l'ordre national du mérite, égorgé par un trafiquant de drogue devant ses deux enfants qu’il était venu chercher à l’école, enterré en catimini sans aucun hommage de la Nation. Cet homme était ce que la France fait de mieux, en matière scientifique et humaine. On en est désormais à se rendre sur des sites bien à droite pour trouver des analyses raisonnables de son martyre.

 

 

Inévitablement, nos regards vont finir par se croiser. Je suis une fille polie, je vais tout faire pour essayer de ne pas trop te dévisager mais à un moment ou à un autre, quand je vais sortir de l’eau, quand tu vas y rentrer, en haut de l’échelle ou au bout de la ligne de nage on va se rencontrer. Si mon œil s’attarde sur toi bien malgré moi ne le prends pas mal : c’est ton étrange tenue, ta « burka de bain » qui m’interpelle. Pas toi. Alors bien sûr, je détournerai le regard. Peut-être même que l’amie avec laquelle je serai venue me poussera du coude : « c’est sa religion » me murmurera-t-elle. C’est une amie adorable, elle nage super bien le crawl mais question réflexion, parfois, elle est larguée ; parce que ça m’étonnerait qu’un dieu, il y a 1400 ans de ça, se soit préoccupé de savoir dans quelle tenue les femmes devaient aller à la piscine municipale. Il a donné des consignes sur le taux de chlore aussi ? Sur la crème solaire ? Indice 30 ou 50 ?

 

Bref. Il faut que tu saches que je n’ai rien contre toi. Je ne te suis pas hostile. Tu fais ce que tu veux. Si tu tiens absolument à te baigner dans cet accoutrement, quand on sait à quel point c’est difficile et désagréable de nager avec des vêtements mouillés, c’est ton problème. Le truc qui me dérange, c’est tout le bordel que vous avez foutu, toi et tes copines militantes, pour faire changer une règle que tout le monde respectait, au nom d’un communautarisme religieux dont personne n’a rien à faire, y compris la plupart de tes coreligionnaires, qui ne demandent qu’à ce qu’on leur foute la paix. (La plupart de ceux que je connais sont d’ailleurs plutôt très gênés de ces gesticulations).

 

Parce que, dis-moi, nouvelle-copine-de-piscine, tu es comme moi, tu as des enfants ? Tu fais de ton mieux pour les éduquer ? Comme moi tu t’échines à leur apprendre qu’en société, pour bien vivre ensemble, il faut respecter les règles communes ? A la piscine comme ailleurs. Alors, oui, on va sous la douche, même si elle est froide. Non, on ne fait pas pipi dans l’eau même si personne ne le voit. Oui, on met un bonnet de bain, même si c’est moche. Non, on ne peut pas faire le kéké avec ce caleçon à fleurs, même s’il est propre, il faut mettre un maillot. Non, on ne court pas autour du bassin etc… Je me dis que ça va être difficile de leur expliquer, à tes gamins, que toi, au nom de ton rigorisme politico-religieux, tu as exigé de t’affranchir des règles communes. Que tu as fait pression, avec tes copines, jusqu’à faire évacuer les bassins les années précédentes, jusqu’à ce qu’on cède à tes caprices. « Les règles c’est pour tout le monde, sauf pour nous ». C’est un message étonnant que tu envoies à tes enfants. Et c’est un message dérangeant que recevront les miens : chaque partie du corps d’une femme, du coude au genou, en passant par le ventre, est potentiellement un objet de tentation et d’excitation sexuelle et il est normal qu’elle doive le couvrir en entier, même pour nager.

 

Je te vois venir… tu vas me parler de liberté et de discrimination. Tu vas me citer Rosa Parks… Pardon, mais Rosa Parks était empêchée de monter dans un bus à cause de sa couleur de peau. Un prétexte scandaleux sur lequel elle ne pouvait pas agir. Toi, tu n’as jamais été « discriminée », il t’était juste demandé, comme à tous les usagers, de respecter le règlement. Personne ne contrôle les origines, les opinions politiques ou la religion des gens à l’entrée des piscines municipales et c’est heureux.

 

Après, tu vas peut-être aussi me sortir des photos de nos arrières grand-mères qui se baignaient avec d’étranges tenues. Sous mes lunettes de natation, je lèverai les yeux au ciel : C’était en 1900 ! Il y a 120 ans. Les femmes n’avaient même pas le droit de vote !

 

Lettre à une copine de la piscine

Bon, là, je te dis tout ça dans ma tête, parce que, à ce stade de ma réflexion, forcément j’aurai arrêté de te regarder pour ne pas te gêner. Je serai repartie essayer de nager ce putain de crawl sans me noyer. Ma copine se marrera. Elle me donnera des conseils et bien sûr, je n’arriverai pas à respirer au moment où je sors la tête de l’eau. Un battement sur trois …Pff… Je ne suis jamais synchronisée. Toi non plus d’ailleurs, t’es pas très synchrone avec l’époque. Parce que la banalisation d’un dogme qui prône l’obligation de pudeur pour les femmes et qui considère que celles-ci doivent dissimuler la totalité de leur corps, on ne peut pas parler d’un grand « progrès ». Les pseudos féministes qui validez cette connerie, je vous donne rendez-vous dans quelques années, quand ces idées auront progressé au point d’être majoritaires dans certains endroits. Cette fois-ci, pas question de détourner les regards : c’est dans les yeux qu’il faudra fixer celles qui n’oseront plus se mettre en maillot de peur d’être considérées comme « impudiques ». C’est les yeux dans les yeux qu’il faudra leur expliquer que vous les avez abandonnées, au nom d’une prétendue tolérance et « inclusivité ». J’extrapole ? Je fantasme ? Qu’est ce qui se passe quand une idéologie minoritaire se développe petit à petit jusqu’à devenir une nouvelle norme ? Chère nouvelle copine de piscine, tu peux me citer beaucoup d’endroits dans le monde prônant la pudeur féminine où les « rebelles » peuvent se baigner sans risque en bikini ?

 

Et puis, dis-moi, de toi à moi, depuis quand des injonctions sexistes libèrent -elles les femmes ?

 

Parce qu'aucun homme ne devra jamais se conformer à ces préceptes répressifs. Pendant que toi, pendant que tu marines dans ta burka de bain, ton mari promène librement son torse poilu et son gros ventre nu, sans problème. Il profite du soleil, de la douceur de la petite brise, de la fraicheur de l’eau sur sa peau. Serein. Pas un mollet, pas un genou, pas un centimètre de peau féminine impure pour le troubler. Il est tranquille. Toi aussi. Tu as choisi librement tes chaines. C’est le moment de relire La servitude volontaire de La Boétie. Ce n’est pas une lecture de vacances ou de plage. Mais c’est une lecture d’actualité.

 

Alors d’avance, pardon, nouvelle copine de piscine, si je te contemple avec un peu d’insistance et de tristesse. Ce n’est pas toi que je fixe.

 

C’est ma liberté et celle de nos filles que je regarde prendre l’eau, petit à petit.

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