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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 04:48

10 gendarmes surarmés (notez le fusil-mitrailleur) pour montrer les muscles de l'État à quatre civils qui prennent le soleil et pique-niquent tranquillement.

 

Á propos de cette scène de genre, Régis de Castelnaud écrit sur son blog :

 

 

“ Il faut bien regarder cette photo qui circule abondamment sur les réseaux. On n’y voit sur une plage près de la ville de Montpellier un déploiement obscène, de10 gendarmes (ils n’ont pas honte décidément) armés jusqu’aux dents (jusqu’au fusil d’assaut !) avec en face d’eux un couple avec leur petit garçon qui ont eu envie d’un peu de détente, d’un peu de plage et d’un peu du soleil du printemps après bientôt un an d’enfermement. Il faut voir comme ils sont mal habillés, ces « prolos », avec leurs survêtements au rabais, leurs bermudas moches, leurs vilains T-shirts, rien que du pas cher. Les provisions pour le pique-nique ont été achetées chez LIDL en low cost. Même leurs claquettes sont siglées LIDL !

Alors les gendarmes se mettent à 10 pour leur rappeler quelle est leur place dans la société, les humilier et les renvoyer à leur condition. Il va leur en coûter 450 € pour leur horrible crime, le prix d’un menu pour une personne dans le restaurant clandestin !

Cette image ne peut que nouer la gorge. 

Tout le week-end sur les chaînes d’info, il fallait entendre les commentateurs à ronds de serviettes défendre « ces transgressions » des riches en condamnant les critiques contre les passe-droits qualifiées de « délations populistes ».

Alors, il nécessaire de préciser encore un peu le propos : ce déploiement policier obscène et cette répression humiliante sont INSÉPARABLES des restaurants clandestins pour « la haute ». Deux faces d’un même système de domination.

Être « indulgent » avec celui-ci, c’est choisir son camp. ”

La France du banquier éborgneur, c'est ça !
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1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 05:21

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Je lis toujours un exemplaire de la presse locale lorsque je voyage hors de mon département, pardon : hors de mon “ territoire ”, comme il faut dire maintenant dans la langue que l’idéologie du banquier éborgneur nous impose avec l'aide des médias  qui se courbent. Cette foi-là, c’était L’Indépendant de Perpignan.

 

Un article retint mon attention, consacré à une femme d’une quarantaine d’années qui avait abandonné son travail pour s’investir dans son village natal, celui de ses ancêtres jusqu’aux alentours de 1400.

 

Elle avait des idées plein la tête : la mise sur pied de commissions spécialisées pour étudier un projet de station d’épuration, pour envisager la réfection de chemins communaux, pour repenser les transports scolaires etc. Cet allant était bien sympathique.

 

Á la fin de ma lecture de l’article, je découvris que ce village comptait 36 habitants. Nettement plus que les 21 habitants de Molpré ou les 17 âmes de Combe dans le Jura.

 

Autrefois, on se gaussait de la lourdeur de la bureaucratie soviétique. La France aux 34 697 communes est douce aux mille-feuilles départementaux. Á noter, cela dit, qu’elle a légèrement progressé depuis la Révolution qui avait créé 41 000 communes. Des pays comparables au nôtre en ont entre 8 et 12 000 Mais nous avons le souci du détail et de la précision. Ainsi, nos terres antarctiques sont-elles divisées en 5 districts. Nos manchots n’en sont que mieux gérés.

 

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23 mars 2021 2 23 /03 /mars /2021 06:14

 

 

L’expérience tragique du gourou de "la théorie du genre"

John Money, le père de la "théorie du genre", l'avait testée sur des jumeaux.

 

 

Par Emilie Lanez

 

 

 

Qu'est-ce que le genre, ce drôle de mot pratiqué des seuls grammairiens ? Il est un complexe outil intellectuel а double face. D'un côté, une grille de lecture pertinente qui questionne les rôles que la société impose а chaque sexe, le plus souvent au détriment des femmes. De l'autre, il abrite une réflexion militante... D'après elle, l'identité sexuelle ne saurait se résumer а notre sexe de naissance ni se restreindre а notre rôle sexuel social. Chacun doit devenir libre de son identité, se choisir, se déterminer, expérimenter... Et basta, l'humanité est arbitrairement divisée en masculin ou féminin.

 

Les "études de genre", terme traduit de l'anglais gender studies, ne sont pas récentes. Explorées par la célèbre universitaire américaine Judith Butler dans les années 70, elles naissent sous la plume et le bistouri d'un sexologue et psychologue néo-zélandais, John Money. C'est lui qui, en 1955, définit le genre comme la conduite sexuelle qu'on choisira d'habiter, hors de notre réalité corporelle. Or le personnage est controversé. Spécialiste de l'hermaphrodisme а l'université américaine Johns Hopkins, il y étudie les enfants naissant intersexués et s'interroge sur le sexe auquel ils pourraient appartenir. Lequel doit primer ? Celui mal défini que la nature leur a donné ? Celui dans lequel les parents choisiront de les éduquer ? Il est rarement mis en avant par les disciples des études de genre de quel drame humain et de quelle supercherie scientifique le pиre du genre, John Money, se rendit responsable.

 

 

Un lavage de cerveau

 

En 1966, le médecin est contacté par un couple effondré, les époux Reimer. Ils sont parents de jumeaux âgés de 8 mois, qu'ils ont voulu faire circoncire. Las, la circoncision de David par cautérisation électrique a échoué, son pénis est brûlé. Brian, son jumeau, n'a, lui, pas été circoncis. Que faire de ce petit David dont la verge est carbonisée ? Money voit dans cette fatale mésaventure l'occasion de démontrer in vivo que le sexe biologique est un leurre, un arbitraire dont l'éducation peut émanciper. Il convainc les parents d'élever David comme une fille, de ne jamais lui dire – ni а son frère – qu’il est né garçon. Le médecin administre а l'enfant, rebaptisé Brenda, un traitement hormonal et, quatorze mois plus tard, lui ôte les testicules. Ses parents la vêtent de robes, lui offrent des poupées, lui parlent au féminin.

 

 

 

A 6 ans, les jumeaux paraissent s'être conformés au rôle sexuel qu'on leur a attribué. Ce serait donc bien l'éducation et la société qui feraient le sexe... Brian est un garçon harmonieux, Brenda une gracieuse fillette. Money les examine une fois par an. Bien qu'ils aient 6 ans, il les interroge sur leurs goûts sexuels, leur demande de se toucher. « C'était comme un lavage de cerveau », confiera Brenda-David plus tard а John Colapinto, qui, en 1998, écrira l'histoire dans Rolling Stones puis dans un livre, As Nature Made Him : The Boy Who Was Raised As A Girl.

 

 

Combat féministe

 

Money est convaincu d'avoir prouvé que le sexe biologique s'efface pour peu qu'on lui inculque un autre "genre". Il publie de nombreux articles consacrés au cas "John-Joan" (c'est ainsi qu'il nomme David-Brenda), puis, en 1972, un livre, Man - Woman, Boy - Girl. Il y affirme que seule l'éducation fait des humains des sujets masculins ou fйminins. La "théorie du genre" est née.

 

Seulement, Brenda grandit douloureusement. Á l'adolescence, elle sent sa voix devenir grave, confie être attirée par les filles, refuse la vaginoplastie que veut lui imposer Money. Brenda cesse d'avaler son traitement, se fait prescrire de la testostérone, divague, boit trop. Brenda se sent garçon engoncé dans un corps de fille. Effarés, les parents révèlent la vérité aux jumeaux. Brenda redevient David, il se marie а une femme. Mais les divagations identitaires ont ébranlé les garçons. En 2002, Brian se suicide. Le 5 mai 2004, David fait de même. De cette fin tragique Money ne fait point état. En 1997, Milton Diamond, professeur d'anatomie et de biologie reproductive а l'université de Hawai, dénonce la falsification. Money réplique en évoquant une conspiration fomentée par des personnes « pour qui la masculinité et la féminité seraient d'origine génétique »... Est-ce si faux ?

 

Ce fait divers est étranger а la délicate, et bien réelle, question des personnes nées avec une identité sexuelle incertaine, dont le ressenti psychique ou physique demeure flou. Et, si cette histoire fut un drame, c'est bien parce qu'un enfant fut forcé а vivre selon une identité qui ne lui convenait pas et qu'а lui comme а son frère fut imposé un mensonge ravageur. Il importe de préciser que cette expérience ne saurait entacher les études de genre, qui d'ailleurs s'éloigneront de ces errements du champ médical pour se nourrir du combat féministe puis des travaux de l'anthropologie, interrogeant l'influence de la culture sur la nature, jusqu'à devenir un sujet transversal mêlant littérature, philosophie, sociologie…

 

 

Les doutes de la Norvège, pionnier du “ genre ”

 

La question des fondements scientifiques des études de genre se pose. En 2009, un journaliste norvégien, Harald Eia, y consacre un documentaire. Son point de départ : comment est-il possible qu'en Norvège, championne des politiques du “ genre ”, les infirmières soient des femmes et les ingénieurs des hommes ? Il interroge quatre sommités : le professeur américain Richard Lippa, responsable d'un sondage mondial sur les choix de métiers selon les sexes (réponse : les femmes préfèrent les professions de contacts et de soins), le Norvégien Trond Diseth, qui explore les jouets vers lesquels des nourrissons tendent les mains (réponse : tout ce qui est doux et tactile pour les filles), puis Simon Baron-Cohen, professeur de psychopathologie du développement au Trinity College de Cambridge, et l'Anglaise Anne Campbell, psychologue de l'évolution. Ces spécialistes répondent que naître homme ou femme implique des différences importantes. Et que leur inspirent les “ études de genre ” ? Eclats de rire. L'évolution de l'espèce, le bain d'hormones dans lequel se fabrique notre cerveau font du masculin et du féminin des sexes distincts. Tout aussi intelligents, mais pas identiques. Il présente leurs réactions aux amis du “ genre ”. Qui les accusent d’« être des forcenés du biologisme ». Soit. Eia les prie alors d'exposer leurs preuves que le sexe ne serait qu'une construction culturelle... Silence. Après la diffusion de son film, en 2010, le Nordic Gender Institute fut privé de tout financement public.

La théorie du genre expérimentée in vivo (pauvres chtit’ nenfants !)
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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 06:15
 
On connaît mon amour immodéré pour les Beatles. J'ai, cela dit, été extrêmement choqué par la photo ci-dessous. Moi qui ai porté dans mes bras quatre enfants – dont deux qui, tout petits – faisaient leur poids, je ne peux supporter qu'on tienne des enfants en laisse, surtout quand on se dit “ héros de la classe ouvrière ” (et qu'on n'est pas originaire de cette classe mais de la petite bourgeoisie).
J'ai donc exprimé ma désapprobation dans un groupe Facebook consacré aux Beatles. La plupart des gens qui ont répondu n'étaient pas du tout d'accord avec moi, m'expliquant que Lennon devait tenir son enfant en laisse au cas où des malveillants tenteraient de le kidnapper. Argument sans valeur quand on voit comment Lennon tient son enfant avec deux doigts et avec, semble-t-il, une tétine dans la main gauche. Encore plus sans fondement quand on imagine sans peine que le couple en promenade est accompagné de gardes du corps discrets.
Comme cela ne suffisait pas, une Susan Milligan a fait dans la nuance en me traitant de nazi dans un anglais invraisemblable :“ your a nazi, it's deffo cause Yoko's Japanese in your case how can putting reins on a young child be shocking they're keeping him safe. ”On est bien peu de choses..
 
PS : Le grand linguiste François Rastier a été récemment empêché de faire une conférence à l'ENS de Lyon. Entre autres critiques des jeunes intellos de l'établissement, quelque chose du genre "Sa conférence est truffée de références aux Nazis [oui, forcément, il parlait beaucoup de Heidegger],ergo c'est un discours nazi, ergo c'est un Nazi." CQFD.
 

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Peut être une image de 2 personnes, enfant, personnes debout et plein air
 

 

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 06:08

 

 

Á l’époque maire adjoint d’Auch, il nous avait fait l’honneur et l’amitié de nous marier, Nathalie et moi. Et puis il avait présidé aux baptêmes républicains de Raphaëlle et de Rébecca. Il nous a quittés après une longue, beaucoup trop longue, maladie, sans se plaindre, dans la plus parfaite des dignités.

 

C’était un homme exceptionnel. Gersois jusqu’au bout des ongles, cet agrégé d’histoire et géographie connaissait chaque centimètre carré de son département, dans sa géographie comme dans son histoire. C’était un homme de convictions, un vrai socialiste, laïque et républicain.

 

Il était né dans une famille d’agriculteurs de Lasserrade, à l’ouest d’Auch, en bordure des vignobles du Madiran et du Saint-Mont, en terre d’Armagnac. On le voit ci-dessous nous préparer un breuvage géant. Élève de l’école normale, il débuta comme jeune instituteur en Normandie puis fut nommé professeur d’histoire et géographie au lycée du Garros à Auch après s’être spécialisé dans l’étude des Premier et Second Empires. Il fut l’une des chevilles ouvrières de la Société archéologique du Gers. Sa vie durant, il fut par ailleurs un passionné de rugby qu’il pratiqua à un bon niveau.

 

En tant qu’adjoint à la culture d’Auch, il lança de nombreux chantiers culturels, dont celui de la restauration de l’escalier monumental et de la place de la Libération.  Il œuvra à la transformation du musée des Jacobins devenu musée des Amériques et pôle national de référence pour les arts précolombiens. Il présida à la naissance du centre d’innovation et de recherche circassien.

 

En Afrique noire, on a coutume de dire qu’un “ vieux ” qui meurt, c’est une bibliothèque qui disparaît. C’est tout à fait le cas avec le décès de Gilbert Sourbadère. Sans forfanterie, sans être pédant, il savait tout.

 

Á Marie-Hélène, à leurs enfants et petits-enfants, je présente mes plus sincères condoléances.

 

Sur la photo du bas (2005), de gauche à droite : Marie-Hélène Sourbadère, Gilbert Sourbadère, Raphaëlle Gensane sur les genoux de sa tante Patricia Rossi-Neves.

 

 

Gilbert Sourbadère
Gilbert Sourbadère
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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 07:22

Celle-là, je l'aurais faite quand je redoublais ma cinquième de transition, on m'aurait ri au nez !

France, terre d'amour et d'humour

 

 

 

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 06:17

La dernière photo de Sean Connery publiée. Très peu de temps avant sa mort. La très grande majorité des Facebookiens qui l'ont vue avant moi se sont déclarés ulcérés, choqués par cette photo. La photo de trop, ont-ils écrit en général.

 

Ne connaissant pas le contexte qui a suscité cette photo, j'avoue que je ne sais pas trop que penser de la publication de ce document. On sait que Sir Sean a souffert d'Alzheimer pendant les dernières années de sa vie. Ici, il offre le visage, l'expression de quelqu'un d'heureux, de détendu, plutôt conscient de ce qui se passe à ce moment-là autour de lui. On n'a pas l'impression que cette photo lui ait été volée.

 

Je ne connais pas l'identité du couple qui l'entoure mais Sir Sean apprécie cette compagnie. Des Facebookiens disent qu'ils auraient préféré garder de l'acteur le souvenir de son incarnation de James Bond ou du Guillaume de Baskerville du Nom de la rose. Peut-être, mais la vie d'un être humain, connu ou non, c'est sa vie dans sa totalité, son intégralité.

 

J'ai publié récemment le très beau reportage conservé par l'INA sur les funérailles de Victor Hugo comprenant la photo bien connue de l'écrivain sur son lit de mort. Cette photo nous dit quelque chose. Tout comme celle de Che Guevara avec son corps criblé de balles, étendu sur l'évier d'une buanderie, en compagnie de ses assassins stipendiés par la CIA.

 

Le XXIe siècle est celui de la censure. Laissons les censeurs censurer. Ne nous censurons pas nous-mêmes sinon notre expression sera bientôt réduite à une peau de chagrin qui, comme celle de Balzac, rétrécira chaque fois que nous l'utiliserons. Nous n'aurons plus alors que nos larmes pour chagriner.

 

 

Sur une des dernières photos de Sean Connery
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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 05:59

 

Grâce à Orange, je viens de vivre trois mois passionnants, enivrants, sportifs. 

 

Je suis client d’Orange depuis plusieurs décennies. Des membres de ma famille sont salariés de cette grand entreprise. C’est dire que je ne suis pas a priori hostile à ce qui est devenu un moloch, pour ses salariés comme pour ses usagers. 

 

Je possédais donc un décodeur Orange qui donnait quelques signes de faiblesse. J’appelais le 3900 où une technicienne tenta, plusieurs heures durant, en revenant à la charge, de résoudre mon problème. Cette personne, comme les autres que j’eus au téléphone fut parfaitement courtoise, pédagogue et encourageante. Malheureusement, rien n’y fit et elle me demanda de rapporter le matériel dans un débit de tabac (?) situé à un kilomètre de chez moi, puis d’aller à la grande boutique Orange près de la place Bellecour (Lyon) chercher un autre décodeur. En additionnant le temps passé au téléphone et les déplacements dans deux endroits différents, je totalisais déjà quelques quatre heures perdues de ma précieuse vie. Car, nous les usagers, lorsque nous occupons notre temps à ces tâches subalternes, nous ne sommes pas payés. Je suis certain que ce temps est entré dans des ordinateurs, des algorithmes, afin d’établir au plus juste le prix des abonnements. 

 

J’installai le second décodeur assez facilement avant de découvrir qu’il ne marchait que sur une patte. Il lui manquait la fonction enregistrement et la fonction blocage de l’image. Je rappelai le 3900, mon plus fidèle correspondant depuis quelques temps, et une technicienne, toujours parfaitement courtoise et plutôt compétente, tenta désespérément de remédier aux problèmes. Á deux reprises, elle me demanda de raccrocher pour consulter une collègue plus au fait qu’elle. Rien n’y fit. Elle me suggéra alors une explication dont je subodorai qu’elle lui avait été … suggérée : « Ça chahute beaucoup actuellement dans votre région et il y a beaucoup d’abonnés impactés. » J’acceptai – avec quelque méfiance – cette explication. Vivant dans une grande résidence comptant de nombreux abonnés à Orange, j’eus vite faite de me rendre compte qu’il n’y a avait pas de problèmes collectifs. J’attendis quand même deux ou trois semaines avant de rappeler le 3900, mon meilleur ami. Après de longues explications et une énième tentative pour résoudre mon problème, un conseiller, toujours très courtois, me proposa un troisième échange. Il me fixa un rendez-vous à la grande boutique près de Bellecour, ma nouvelle résidence secondaire. 

 

Le Covid aidant, il me fallut attendre environ 45 minutes avant de pouvoir pénétrer dans les lieux où l’on me fournit un nouveau décodeur, avec la rallonge électrique et la télécommande afférentes. Je m’étonnai, admiratif, de la petite taille de ce troisième décodeur, miracle de miniaturisation. Le commercial opina dans mon sens mais il eut la malhonnêteté de ne pas m’informer que ce nouveau modèle ne comportait pas d’enregistreur. 

 

Ce que je découvris évidemment après avoir branché l’engin. Je rappelais mes meilleurs amis du 3900. J’eus alors une discussion frôlant le politique avec une correspondante technicienne. Nous convînmes qu’Orange, recrutant des précaires et autres intérimaires, l’entreprise battait chaque jour des records en termes de renouvellement des personnels (turnover), ce qui empêchait les employés d’être pleinement compétents. Mon interlocutrice m’ayant informé que dans les boutiques il n’y avait quasiment plus d’enregistreur, j’eus alors une illumination : Orange s’aplatit devant Bolloré. En effet, le grand patron humaniste dispose d’énormes stocks de décodeurs pour Canal+. Il veut les écouler, sans la concurrence d’Orange. Orange a donc cessé de proposer des enregistreurs en boutique, utilisant désormais la formule du nuage, le fameux cloud, fleuron de notre XXIe siècle. Ma correspondante me dit qu’elle allait donc me brancher sur le nuage, ce qui prendrait une bonne heure. 18 heures plus tard, rien n’avait bougé lorsqu’elle me rappela pour, enfin, me connecter. 

 

Je pus enfin dormir sur mes deux oreilles d’enregistreur compulsif. 

 

Tout cela m’avait coûté une bonne quinzaine d’heures de ma précieuse vie, et plusieurs heures à l’entreprise elle-même. Il n’y a pas si longtemps, un client commandant un décodeur aurait vu débouler chez lui un technicien dans les 48 heures. Celui-ci aurait installé l’engin en 30 minutes et serait reparti au siège avec la joie du devoir accompli. 

 

Il se trouve que je suis retraité, que j’ai du temps disponible et que j’habite dans une grande ville, à trois stations de métro de la grande boutique Orange. Que se passerait-il si j’habitais à 30 km de Lyon et que j’étais paraplégique ?

 

 

Orange, mes décodeurs et moi

 

Ci-dessous des extraits, bruts de décoffrage, de conversation (pardon : de chat) de clients d’Orange ulcérés par la manière dont ils sont traités.

 

 

Bonjour,

Je souhaite activer l'enregistreur TV de mon boitier UHD (94).

Bonjour,

J'utilise le boitier UHD avec ma TV la plus récente dans mon salon (et aussi parce que celui ci est plus esthétique que le TV4). Le TV4 lui, est attribué sur une TV plus ancienne.

Lors de mes différents appels au service client orange, ils se renvoient la balle en disant que l’offre est activé donc qu’il faut que je contacte le service technique, et le service technique dit qu’il faut le disque dur.

Le disque dur, quand il est commandé par le service commercial (ils peuvent même me donner un numéro de commande), un autre service bloque la commande. Ensuite, quand je demande pourquoi, soit on ne sait pas, soit on me dit que c'est bon, l'option TV est activée, et que j'ai déjà un disque intégré au décodeur (on confond donc avec le TV4 (que je ne veux pas utiliser pour enregistrer).

C’est donc le disque dur qui pose problème et que orange ne parvient apparemment pas à m’envoyer.

J’ai une offre Livebox UP fibre et ça fait des semaines que ça dure.

Est-ce que quelqu’un pourrait m’aider ?

Merci,

Cordialement,

 

 

Bonjour,

Je souhaite commander un enregistreur pour decodeur TV UHD et ne pas utiliser l'option Multi Ecran car déjà précisé par de nos nombreux utilisateurs, la qualité d'enregistrement est horrible (voir honteux).

 

Je demande donc à disposer d une solution de pouvoir enregistrer mes programmes en HD (Rappellons que le décodeur UHD permet des flux en 4k). On me parle toujours sur les echats de commander un enregistreur TV (disque dur externe propre pour ce décodeur)

 

J ai essayé ce jour de contacter des téléconseillers via achat. En tout 6 fois aujourd'hui. A chaque fois, après m avoir transféré de conseillers en conseillers, au bout d un moment, lorsque je suis sensé me faire valider la commande par un dernier conseiller, je suis systématiquement déconnecté (même si je suis en 4G sur mon mobile ou via le wifi de ma box).

 

Si c est volontaire (et je commence à me le demander car au début des conversations il n y a pas de problème) ce n est vraiment pas un comportement sérieux et respectueux du client.

 

@orange que pouvez vous faire pour débloquer ma situation ?

 

 

Merci de ton retour rapide. C est effectivement l information que j avais cru comprendre mais :

1 - j ai lu ailleurs dans le forum qu un utilisateur il y a quelques jours avait réussi à se faire envoyer l enregistreur externe.

2 - à plusieurs reprises les conseillers e-chat m ont proposé de me le faire parvenir

3 - je peux comprendre que Orange abandonne sa solution physique, je serai le premier à aller sur leurs solution d'enregistrement dans le Cloud mais la qualité proposée (non modifiables) est juste honteuse.

 

Je demande donc à Orange de me proposer une solution viable. Je possède un abonnement Orange fibre depuis longtemps que j accepte de payer un certains pris mais c est pour avoir une qualité de service que je ne retrouve absolument pas ici.

Si une release du soft du décodeur tv (et/ou une optimisation des flux) est prévu rapidement, je peux attendre, mais pour l instant rien n est prévu visiblement...

 

Merci de votre aide et si vous avez d autres idées je suis preneur.

 

(Accessoirement ce que je n'ai pas également apprécié c est le traitement et la non considération lors de mes différents appels)

 

 

Bonjour, nous avons commandé un décodeur et un enregistreur tv uhd en janvier. Presque 6 mois après la commande est toujours en cours de preparation. Avec la pandémie, je peux comprendre que cela soit compliqué, mais il serait courtois et commercial de donner des nouvelles aux clients. On sait déjà que les services clients essaient de limiter au maximum les possibilités de les contacter, mais dans ce cas on assure l'information.

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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 06:12

Hier et aujourd'hui, les journaux télévisés de France 2 et France 3 nous ont relaté ces deux lamentables histoires d'affrontements de bandes rivales dans l'Essonne. Au cours de ces affrontements deux adolescents de 14 ans ont été tués. Et ce qui est encore plus navrant est d'apprendre que leurs meurtriers avaient le même âge...

 

Pourquoi ces remarques ? Pour noter ce qui n'a pas été dit, en dehors d'explications superficielles - qui n'en sont pas - et tenter des rapprochements.

 

1. Il est révélateur que les journalistes n'aient, à aucun moment, opéré les rapprochements avec les politiques néo-libérales imposées depuis des décennies, d'une part, et avec les conséquences sociales de la pandémie de Covid-19, qui sévit depuis un an, d'autre part.

 

2. Il n'est pas normal de mourir à cet âge de mort violente. A cet âge, on commence à être amoureux, à dépenser son énergie dans un sport, à jouer à la console ou à n'importe quel autre jeu. Si des adolescents se sont adonnés à cette violence, sans que leurs aînés (parents, enseignants, entraîneurs sportifs, policiers...) aient pu l'empêcher ou même l'anticiper, c'est qu'ils avaient atteint un grave niveau de désocialisation, lié à l’effilochage des politiques sociales depuis les années 1980. Par exemple, au détour d'une phrase, un journaliste signalait que plusieurs de ces adolescents étaient en décrochage scolaire.

 

3. Or on n'en arriverait pas à des drames de cette ampleur si, depuis des années, les politiques néo-libérales n'avaient sciemment (cyniquement ?) laissé s'installer le chômage parmi les classes moyennes et populaires tout en supprimant les filets de sécurité (baisse des indemnités de chômage, plafonnement des salaires, affaiblissement des prudhommes, démantèlement de la Sécurité sociale, détricotage du droit du travail...). Comment des parents qui vivent de CDD ou d'allocations peuvent-ils avoir l'autorité et l'énergie d'éduquer leurs enfants et de leur imposer des règles ?

 

4. Cette situation a été aggravée par les diverses mesures de confinement liées à la pandémie. Celles-ci, d'abord, ont fait bondir le chômage et fait basculer dans la gêne les familles qui n'y étaient pas et dans la misère celles qui étaient dans la gêne. Et dans beaucoup de familles, la fermeture des établissements scolaires - ou leur ouverture une semaine sur deux - a accéléré le décrochage scolaire des enfants qui suivaient déjà péniblement. Et ce ne sont pas leurs parents, déjà préoccupés par la survie de la famille, ou peu familiers avec le monde de l'éducation - ou le maniement de l'Internet - qui pouvaient les contraindre à suivre les cours ou à faire leurs devoirs.

 

5. La violence physique de ces jeunes ne fait que répercuter la violence sociale qui leur a été imposée, à eux et à leurs parents, depuis des années, si ce n'est depuis des décennies, et qui a franchi plusieurs degrés supplémentaires depuis un an. Ce lien entre ces deux violences a été particulièrement net, dans un pays européen, au cours des années 1980.

 

6. Les événements les plus dramatiques (et aussi les plus médiatisés) qui ont eu lieu au cours de cette décennie (en Europe, continent en paix) ont été le fait de ressortissants britanniques à l'époque de Margaret Thatcher. Ce sont  :

 

- La tuerie du stade du Heysel, en Belgique, le 29 mai 1985, où des supporters britanniques s'en prirent à des supporters italiens de la Juventus de Turin, faisant 39 morts et 400 blessés, majoritairement italiens.

 

- Le lynchage de deux soldats britanniques, qui s'étaient fourvoyés dans un cimetière de Belfast, à l'occasion de l'enterrement d'un combattant de l'IRA, le 19 mars 1988. Après avoir été battus à mort par la foule, ils avaient été achevés par une douzaine de coups de pistolet.

 

En dépit des explications conjoncturelles de ces deux abominables événements, il est difficile de ne pas repérer aussi, en toile de fond, la politique extrêmement dure de Margaret Thatcher, dans tous les domaines. Cette politique à la fois antisociale et nationaliste, ne put manquer et de créer des frustrations dans la population et de lui donner le goût de la violence. Ce fut, en particulier :

 

- La décision de laisser périr Bobby Sands et 9 autres militants nationalistes irlandais, en 1981, après parfois plus de deux mois de grève de la faim de ceux-ci.

 

- La guerre des Malouines, en 1982, au cours de laquelle, entre autres actes de guerre, les Britanniques coulèrent le croiseur argentin General Belgrano, entraînant 323 marins argentins dans la mort.

 

- L'écrasement du mouvement syndical, à l'occasion de la longue grève des mineurs de mars 1984 à mars 1985, qui vit s'amorcer les politiques antisociales et néolibérales, qui n'ont pas cessé depuis.

 

 

 

L'autre remarque, qui touche également aux tristes événements de l'Essonne, est celle-ci : les deux bandes rivales qui se sont affrontées s'étaient donné rendez-vous (par téléphone portable) dans un lieu déterminé et à une heure donnée. Voit-on le paradoxe ? Le téléphone est fait pour communiquer et, souvent, pour engager une relation amicale, si ce n'est amoureuse. Il en est ainsi : quand deux individus (jeunes ou moins jeunes) se plaisent, leur premier geste pour pérenniser leur lien est d'échanger leurs numéros de téléphone. Et c'est en général pour entamer un commerce agréable. Or, ici, c'est tout le contraire : les jeunes se sont entendus pour se battre, quand ça n'a pas été pour se tuer...

On se téléphone, on s'fait pas de bouffe ... et on se tue, par Philippe Arnaud
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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 06:28
 

Nous sommes en juin 1968 à Amiens.

Le 12, le quotidien local Le Courrier Picard publie un communiqué de l’ORTF Amiens-Picardie. La station régionale explique pourquoi elle est en grève. Elle annonce que des tracts seront distribués dans la ville et que le soir, à 21 heures, un grand meeting-gala se tiendra au cirque municipal (une construction en dur bien connue des Amiénois pouvant contenir 6 000 spectateurs). Interviendront le journaliste sportif François Jannin (spécialiste de la natation et ardent militant syndicaliste), Michel Drey, également du service des sports, le présentateur Gérard Klein, dont les sympathies de gauche sont discrètes mais connues, et le chanteur Jo Dassin.

Le 13 juin, jour du gala, Le Courrier Picard apporte d’importantes précisions. Jacques Dutronc (disons anar de droite), Françoise Hardy, Marie Laforêt et Éric Charden (clairement de droite) seront de la fête. Il est signalé que Joe Dassin fera malheureusement faux bond.

Tout cela pour dire que, alors que le mouvement était en phase de recul, qu’Hubert Beuve-Méry, le patron du Monde, retour de Madagascar, avait traité les manifestants de « voyous » et que Bertrand Girod de l’Ain venait de comparer, dans l’édition du 12 juin, la Sorbonne à un « bateau ivre », d’importantes vedettes de la chanson, nullement en phase avec les soixante-huitards, surfaient sur la vague encore quelque peu tourbillonnante d’événements qui avaient sidéré De Gaulle et que Pompidou n’avait pas vu venir.

Ces vedettes viendront toutes seules et rapidement à résipiscence.

 

Document transmis par mon ami et camarade Claude Dewaele

 

Mai 68. Dutronc, Hardy et quelques autres
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