Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
9 mai 2026 6 09 /05 /mai /2026 05:01

Séverine Pirovano. Demeure l’absent. Saint-Jean des Mauvrets. Éditions du Petit Pavé. 2019.

 

 

Á ma grande honte, ce livre m’avait échappé lors de sa parution. Il s’agit d’un des textes les plus originaux que j’aie jamais lu, que son autrice appelle “ roman ”, bien que ce n'en soit pas, à proprement parler, un.

 

L’absent est le parent de la narratrice-enquêtrice qui put rédiger de nombreuses lettres avant de mourir d’épuisement dans un camp de concentration.

 

L’autrice nous met en garde contre les limites de ce type de témoignage : « On ne parle pas pour les morts. Personne ne porte la voix des morts. Le mot met de la vie dans le vide, le mot est une atteinte au silence, à l’immobilité. Parler pour les morts c’est toujours parler pour des vivants. » D’autant que les réponses à son questionnement ne viendront jamais. Le titre de l’ouvrage est d’ailleurs volontairement ambigu : « demeure l’absent » ne signifie pas que l’absent est toujours là, à demeure, mais qu’il reste présent dans les mémoires en tant qu’absent.

 

Née en 1974, Séverine Pirovano réside – au moment de la rédaction de cet ouvrage en tout cas – à Nantes. Elle a découvert des lettres de son oncle jamais revenu de Buchenwald, Dachau et Ohrdruf. Nous sommes dans une écriture de l’absence, un devoir accompli visant à empêcher qu’une page de ne soit définitivement tournée pour une grand-mère elle aussi décédée : « Lorsque ma grand-mère relit ces lettres que tu ne liras pas, lorsqu’elle me les relit, quarante ans ont passé, soixante-dix ans ont passé, et je n’arrive pas à penser ton absence. Elles s’adressent à toi et cela suffit à te faire apparaître. On te parle. Ce n’est pas de toi que je parle, mais de ton absence. Tu n’existes pas pour moi. Et pourtant, tu es là. » D’où cet insupportable paradoxe : « On ne parle pas pour les morts. Personne ne porte la voix des morts. Le mot met de la vie dans le vide, le mot est une atteinte au silence à l'immobilité. Parler pour les morts c'est toujours parler des vivants. Ce n'est pas que les mots manquent, s'il est impossible, aujourd'hui encore, d'en dire plus. » Avant la découverte de ces lettres, l’autrice avait entendu parler de cet oncle qui, par une ironie dramatique saisissante, travaillait à la Poste où il fut dénoncé parce qu’il détruisait des lettres de … dénonciation.

 

En ces temps de folie barbare, les pères mouraient avant que les enfants ne soient devenus adultes, si bien qu’aujourd’hui « les enfants ont 80 ans quand les pères n’en auront jamais 50. » Pirovano cherche à comprendre pourquoi tant de ceux qui savaient se sont tus et « pourquoi tant de ceux qui avaient survécu se sont tués. » Pendant longtemps, en effet, certains rescapés des camps ont estimés que, face à l’horreur indicible, il fallait ne rien dire. L’autrice accepte la difficulté surhumaine de la collusion de la langue avec la barbarie. Elle cite Wittgenstein : « Les limites de ma langue sont les limites de mon monde. »

 

L’autrice choisit de dire, entre autres, que, au-delà des barbelés, le monde continuait de tourner : « C'était le jour de ta mort. C'est le matin sans doute. Quel temps fait-il ? Un soleil d'hiver net et tranchant. Ou des brumes qui s'élèvent encore de la terre. Une pluie bête et froide. Le jour pas encore levé. » Elle baptise ce « matin » de 1945 « l’année zéro » : « Désormais les enfants naîtront dans un monde où cela a été. Ils ne pourront pas faire autrement. Tout sera vécu, jugé, analysé à cette aune. »

 

Pirovano donne une définition foudroyante du meurtre de masse : « Dix millions de meurtres et le meurtre ne comptent plus. L'horreur de cette barbarie ce n'est pas une fois dix millions de morts, ces dix millions de fois un meurtre. » Ne concéder aux victimes – en guise d’identité – qu’un chiffre tatoué sur l’avant-bras, c’est les déréaliser, les installer dans les limbes d’un monde qui n’est plus le monde mais déjà l’enfer : « Tu ne sais pas où tu meurs. Tu ne sais pas où est Dachau, tu ne sais pas où est Buchenwald, tu ne sais pas où est Ohrdruf. »

 

Les rescapés eux-mêmes n’en eurent jamais fini. On rappellera que 70 000 Français furent déportés à Auschwitz, dont 2 000 enfants de moins de six ans, et que seuls 2 500 survécurent. De retour au bercail, l’administration les attendaient au tournant. Á tel homme, on refusera l’adhésion au statut de déporté résistant parce qu’il n’avait « pas fait preuve d’un parfait esprit de dévouement et de patriotisme. » Il mourra bientôt des suites de sa déportation, laissant une veuve et un orphelin qui n'auront droit à rien. Cet homme retrouvera le policier qui l’a arrêté, toujours en poste, et sera de nouveau arrêté pour avoir voulu se venger (Victor Dojlida, une vie dans l’ombre. Éditions Sabine Wespieser, 2013). La France avait décidé d'indemniser différemment les déportés “ politiques ” et les déportés “ résistants ”. Un déporté politique est une victime civile, raflé par hasard ou parce que juive. Cette victime sera moins dédommagée que le déporté résistant dont on considère qu'il a choisi son sort et qu'à ce titre il est plus méritant.

 

Un jour, l’oncle de l’autrice passa de vie à trépas : épuisé, il avait réussi à se faire admettre sur la liste des malades pouvant passer une visite médicale. Il s’est affaissé sur sa chaise et il mourut. Comment inscrire cette mort dans l’histoire avec un grand H ? « Le devoir de mémoire ne suffit pas, nous dit Pirovano, car la mémoire est une abstraction. Il n'y a pas de verbe pour la mémoire. Il n'y a pas d'implication personnelle dans la mémoire. » Peut-on parler de devoir de mémoire dans les ruines de Buchenwald qui ne ressemblent à rien et qui font penser à l’autrice à un temple grec ?

 

De Gaulle n’avait pas voulu, à proprement parler, rétablir la République. L’ordonnance du 9 août 1944 du Gouvernement provisoire abrogea la législation de l’État français de Vichy et prépara le rétablissement de la légalité républicaine. Pour De Gaulle, Vichy n’existait pas dans le continuum historique de la France. Vichy était nul et non avenu, un trou dans l’histoire. Mais, nous dit Pirovano, « c’est dans les trous de l’histoire que les hommes tombent. » Et c’est des étoiles mortes que nous arrive leur lumière.

 

 

Note de lecture 193
Note de lecture 193
Partager cet article
Repost0
9 mars 2026 1 09 /03 /mars /2026 06:01

C’était il y a onze ans ! Maxime Vivas me donnait l’idée de publier régulièrement une revue de presse dans mon blog.

 

Je décidai que ce rendez-vous serait hebdomadaire et tomberait le lundi. Bien sûr pour fidéliser mes lecteurs, mais surtout pour me fidéliser moi-même, pour m’obliger à lire la presse – principalement sur internet – plus attentivement.

 

J’eus très vite mes chouchoux : Le Grand Soir, Le Monde Diplomatique, L’Obs, Le Monde, L’Humanité, le World Socialist Website.

 

Et puis, la station de radio toulousaine Radio Mon Païs me proposa d’enregistrer ma revue, qu’elle programma deux fois par semaine, le lundi et le jeudi. Avec un auditoire potentiel de 80 000 personnes !

 

 

Allons-y donc pour la 600ème !

 

Le Grand Soir reprend la conférence de presse de Peter Hegseth, secrétaire à la Guerre des États-Unis. J’observe que si cet individu connaissait le sens du mot emphase, il se calmerait peut-être un peu :

 

« Nous n’en sommes qu’à quatre jours et les résultats sont déjà incroyables, historiques. Seuls les États-Unis d’Amérique pouvaient mener une telle opération, seuls nous. Mais avec l’ajout des Forces de défense israéliennes, une force redoutablement efficace, la combinaison est synonyme de destruction pure et simple pour nos adversaires islamistes iraniens radicaux. Ils sont cuits et ils le savent, ou du moins ils le sauront bientôt. Et nous n’avons fait que commencer à traquer, démanteler, démoraliser, détruire et anéantir leurs capacités, seulement quatre jours après le début des opérations.

Dès hier soir et pour les prochains jours, en moins d’une semaine, les deux forces aériennes les plus puissantes du monde auront un contrôle total du ciel iranien, un espace aérien sans contestation. J’espère que tous ceux qui nous regardent comprennent ce que signifient un espace aérien sans contestation et un contrôle total. Cela signifie que nous volerons jour et nuit pour localiser, neutraliser et détruire les missiles et l’industrie de défense iranienne, pour localiser et neutraliser leurs dirigeants et leurs chefs militaires, en survolant Téhéran, en survolant l’Iran, en survolant leur capitale, en survolant le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Les dirigeants iraniens ne verront que la puissance aérienne américaine et israélienne à chaque minute, jour après jour, jusqu’à ce que nous décidions que c’est terminé. »

 

Maurice Ulrich, dans L’Humanité, regrette que Christine Kelly ait séché les cours d’histoire : « Figure de la galaxie Bolloré, Christine Kelly, qui sans doute a fait quelques études, a dû sécher les cours d’histoire, qui écrit dans le Journal du dimanche« mais qu’est-ce qu’un nazi. Je n’ai toujours pas entendu de définition compréhensible à ce jour ».

Allons, un peu de rattrapage. Un nazi, c’est un criminel contre l’humanité condamné comme tel à Nuremberg en 1946. Un nazi, c’est un acteur ou un complice de l’extermination de six millions de personnes, juives mais aussi tziganes, homosexuelles, politiques.

Des nazis, ce sont les tortionnaires de Jean Moulin, de Missak Manouchian et des 21 fusillés de l’Affiche rouge… Un nazi,c’est un officier SS, qui arrête 71 enfants de 4 à 13 ans pour les enfermer dans un train à destination d’Auschwitz…

Ça vous revient, peut-être ? Un manifestant qui fait un salut nazi, c’est quelqu’un qui connaît cela et le revendique. Alors madame Kelly, ou vous êtes d’une stupidité et d’une ignorance crasses, ou quoi ? Vous ne savez toujours pas ? »

Dans son “ Royal Blog ”, Paris Match pose une question brûlante : « Rayer l’ex-prince Andrew de l’ordre de succession à la Couronne britannique : est-ce si simple ?

Si de nombreuses voix s’élèvent outre-Manche pour que l’ex-prince Andrew soit définitivement exclu de l’ordre de succession à la Couronne britannique, cela n’est pas si simple. Explications. 

Il a perdu ses fonctions royales, ses patronages, ses titres militaires mais aussi ceux de duc et même de prince, sa résidence de Royal Lodge à Windsor. Mais, malgré cette descente aux enfers, celui qui ne se nomme désormais plus qu’Andrew Mountbatten-Windsor, demeure toujours dans l’ordre de succession à la Couronne britannique. 

Il faudrait une hécatombe dans la famille du roi Charles III pour qu'Andrew monte sur le trône.

Une situation que déplorent nombre des sujets de son frère le roi Charles III, des politiques au citoyen lambda. Un sondage YouGov a révélé que 82 % des Britanniques seraient favorables à ce qu’il en soit retiré. Quant aux Premiers ministres australien et néo-zélandais, ils ont indiqué qu'ils soutiendraient une telle mesure. Important, non ?

 

Revue de Presse (600)
Partager cet article
Repost0
20 octobre 2025 1 20 /10 /octobre /2025 05:01

Le site du World Socialist Website nous informe qu’au Bangladesh un incendie dans une usine de vêtements a tué au moins 16 ouvriers : « Mardi, au moins 16 ouvriers ont péri dans l'incendie d'une usine textile à Dhaka, capitale du Bangladesh. Un bilan qui devrait encore s'alourdir.

 

Le commandant des pompiers, le lieutenant-colonel Tajul Islam Chowdhury, a déclaré aux médias locaux que l'incendie s'était déclaré mardi vers 11 heures. Il a également ajouté que les victimes étaient probablement mortes sur le coup après avoir inhalé des gaz hautement toxiques produits par la combustion des produits chimiques de l'entrepôt.

 

[Le pire est que]« Les victimes n'ont pas pu s'échapper car la porte du toit était verrouillée », a déclaré le porte-parole des pompiers. « La plupart d'entre elles sont mortes des suites de l'inhalation de gaz toxiques, plutôt que de brûlures. »

Pour le site Communistes, le dernier gouvernement Lecornu est « une mascarade pour faire passer l’austérité : Lecornu reprend les grandes lignes du budget de Bayrou. Un budget de 41 milliards d’économies sauf celui des armées qui augmente encore de 7 milliards ! Un déficit ramené à 4,7 % de PIB l'an prochain et reste avec l’objectif d’un retour sous 3% en 2029. Macron et Lecornu n’ont rien à offrir sinon du sang et des larmes, l’austérité et des attaques contre le monde du travail afin de financer le réarmement. Le gouvernement va chercher l’argent dans la poche des travailleurs, des chômeurs, des retraités et des malades : gel du barème des impôts, réforme de l’abattement de 10% sur les retraites, hausses des cotisations sur les tickets de restaurant et les ruptures conventionnelles, mutuelles taxées à 1 milliard supplémentaire, 3119 postes de fonctionnaires en moins en 2026, gel des retraites et prestations sociales, 7,1 milliards d’économies sur les arrêts maladie, doublement des franchises des médicaments et consultations médicales. Pour faire avaler la pilule, Lecornu jette quelques miettes aux politiciens de gauche, donnant l’illusion de concessions. Un coup de rabot (pas très affûté) d’1,5 milliard sur les allègements de charges des entreprises sur les 270 milliards perçues tous les ans.

 

 

Marie de Brauer, l’humoriste qui se moque de la grossophobie : « Cela ne fait que deux ans que j’ai arrêté de rentrer ma bedaine », dit-elle dans L’Obs. Á30 ans, l’humoriste, podcasteuse et réalisatrice de documentaires, est devenue l’incarnation de la lutte contre la grossophobie.

 

Longtemps, Marie de Brauer a tenté d’entrer dans la case minceur. Mais aujourd’hui, elle assume toutes ses dimensions. La chroniqueuse revendique son 1,72 mètre et ses 130 kilos. Car cette confiance en soi ne la protège pourtant pas de la haine numérique. « Sous chaque publication de ma chronique sur Instagram, dans les commentaires, je découvre des émojis cochon ou vache, soupire-t-elle, en faisant défiler les captures d’écran sur son téléphone.Le dernier disait : “C’est quoi ce gros tas de couenne ? A part du cholestérol dans les artères, t’as rien de plus qu’une autre.” »

 

 

[Le Monde] aborde l’horreur des violences vicariantes (affreux anglicisme, by the way), ou quand la violence conjugale s’exerce par procuration.

« Puisque je ne peux plus l’avoir, tu ne l’auras plus jamais non plus ». A Courbevoie, le 11 mai 2023, un crime sème l’effroi. Chloé, 5 ans, est retrouvée morte, poignardée au cou dans l’appartement familial. Lorsque les policiers arrivent, alertés par des voisins, le père s’est infligé des coups de couteau et a sauté du deuxième étage. Il meurt quarante-huit heures plus tard de ses blessures.

Quelques jours auparavant, une ordonnance de protection interdisant à l’homme d’entrer en contact avec son ex-compagne, qui avait demandé le divorce, et transférant l’autorité parentale exclusive à la mère avait été prononcée. « En assassinant la fille, il s’assure que la mère ne s’en remettra jamais. Je n’aurais jamais pensé qu’il puisse s’en prendre à la petite, il adorait sa fille, il l’idolâtrait », rapporte l’avocate de la mère de Chloé. « C’est le paroxysme même des violences vicariantes. »

Revue de Presse 581
Partager cet article
Repost0
6 octobre 2025 1 06 /10 /octobre /2025 05:01

Le World Socialist Website envisage un avenir très sombre pour les relations entre la Russie et l’Europe : « Nous ne sommes pas en guerre, mais nous ne sommes plus en paix non plus », a déclaré récemment le chancelier Friedrich Merz. Ces propos doivent être interprétés non comme un avertissement, mais comme une déclaration de guerre. Depuis des semaines, des personnalités politiques allemandes et d'autres puissances européennes intensifient leur propagande belliqueuse contre la Russie et font de la mer Baltique un futur théâtre de guerre. Les incidents qui étaient jadis réglés par des protestations diplomatiques – comme la prétendue violation de l’espace aérien polonais par des avions de chasse russes au-dessus des eaux baltes – servent désormais de prétexte à une escalade rhétorique et militaire dirigée contre la Russie. »

 

 

Thomas Erpé, dans Le Grand Soir, analyse la relation entre pouvoir monétaire et dette publique : « En tant que simple citoyen, il y a longtemps déjà que j'ai cherché à comprendre comment la finance avait imposé son emprise sur les États eux-mêmes. J'ai découvert que la réponse, loin d'être compliquée est toute simple, comme le décrit Michael Hudson, économiste étasunien, considéré par ses pairs comme l'un des plus grands au monde : « C’est par le système monétaire que les peuples sont asservis. La finance, sans le système monétaire qui lui est entièrement favorable, ne représenterait plus un danger pour l’économie productive. C’est la sur-liquidité qui autorise toutes les dérives de la finance. La haute finance mondialisée ne peut prospérer sans l’existence d’un gigantesque marché planétaire de la dette publique. Le seul moyen de sortir de l’emprise des marchés est d’écarter les marchés du financement de l’État. La plus grande arnaque du XXe siècle a été la privatisation de la monnaie ».

 

 

Dans L’OBS, Philippe Marlière nous met en garde, après le meurtre à la synagogue à Manchester, contre le sentiment d’inévitabilité des crimes antisémites : L’antisémitisme est en recrudescence partout en Europe, il tue et terrorise les juifs. Ce sont des faits indiscutables. Au Royaume-Uni, l’Organisation de Protection de la Communauté juive a recensé le chiffre record de 1 521 incidents antisémites au cours des six premiers mois de l’année. (Plus de 3 000 incidents ont été recensés en 2024).

 

La nouvelle des meurtres antisémites à Crumpsall a été accueillie avec horreur, mais avec aussi une forme de résignation : cette violence a choqué les juifs mais ne les a pas surpris. Le sentiment d’inévitabilité des crimes antisémites est particulièrement perturbant. Si tout juif en vient à se sentir en insécurité dans son propre pays et à craindre le pire à tout moment, nos sociétés ne sont ni sûres ni libres. »

 

 

Le site Initiative Communiste, par la plume de Georges Gastaud, propose une analyse de la politique trumpiste : 

 

« Par ses vantardises ineptes (il aurait fait la paix à lui seul entre l’Inde et le Pakistan, ce qui indispose Modi !), par ses ingérences claironnantes dans la vie du Brésil (« libérez le putschiste Bolsonaro ou je triple les taxes sur les marchandises brésiliennes »), par son soutien indéfectible à l’État génocidaire dirigé par Netanyahou, par son entêtement à asphyxier Cuba et à envahir le Venezuela, par sa prétention à taxer le pétrole russe importé par l’Inde, Trump contribue (telle est la loi physique d’action/réaction jouant à toute échelle !) à rapprocher les BRICS les uns des autres. Quels que soient leurs régimes respectifs, chacun de ces pays a intérêt à fuir la mortelle « protection » étasunienne : économiquement, chacun aurait avantage à échapper à l’emprise malsaine du dollar, politiquement, pour résister aux ingérences et aux « sanctions », et militairement pour se protéger des raids israélo-américains allant jusqu’à frapper des diplomates en pleine négociation comme ce fut récemment le cas au Qatar, cet hyper-vassal des États-Unis ! Au contraire, c’est de façon très positive que, par exemple, Cuba vient d’intégrer officiellement les BRICS. C’est ainsi que l’on a vu récemment un rapprochement spectaculaire entre Poutine et Modi, une glaciation politique séparer le Brésil des EU, ainsi qu’on a observé récemment un grand rapprochement entre la Russie et l’Inde, un pays initialement proche de Washington… S’il n’y a pas là l’indice d’une re-bipolarisation galopante du monde, d’une démondialisation antagonistique percutant l’unilatéralisme yankee issu de la défaite contre-révolutionnaire de l’URSS (1988/91), quel autre néologisme faudra-t-il employer pour désigner ces réalités géopolitiques à la fois très prometteuses (la majorité mondiale que l’on prétend partout faire parler, penser et consommer américain, rêve en réalité de s’affranchir du mortifère hégémonisme atlantique) et très inquiétantes (marche à la « guerre de haute intensité » du bloc euro-atlantique éjecté de ses pré-carrés séculaires…) ?

 

Revue de Presse 579
Partager cet article
Repost0
5 octobre 2025 7 05 /10 /octobre /2025 05:01
 

Sociologue, Arnaud Saint-Martin est député LFI de Seine-et-Marne. Il a publié en avril 2025 Les Astrocapitalistes. Conquérir, coloniser, exploiter (Payot).

 

Texte repris du Nouvel Obs.

 

 

C’est une rumeur épouvantable qui se propage depuis de nombreuses années dans les universités : bientôt les frais d’inscription vont augmenter. Tout bon observateur aura relevé plusieurs indices. Premièrement, tout a été mis en place pour satisfaire les gouvernants néolibéraux friands de marchandisation du savoir ces dernières années : sélection à l’université par Parcourssup, puis Mon Master ; augmentation des frais d'inscription pour les étudiants étrangers, souvent les premiers à expérimenter les mesures les plus autoritaires du gouvernement ; et, en parallèle, le dépérissement de l’enseignement supérieur tout entier, jusqu’au dernier budget qui entérine une baisse inédite de 1,5 milliard d’euros de crédits en prenant en compte l’inflation. Deuxièmement, les universités publiques sont en crise : trois quarts d’entre elles ont voté un budget en déficit, du fait des mesures gouvernementales non compensées et des restrictions budgétaires imposées. Le nombre de vacataires, précaires de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR), explose dans des universités ne pouvant plus embaucher ni titulariser. Troisièmement, sur les ruines de l’université publique prospère l’enseignement supérieur privé, gavé de subventions à l’apprentissage. Ce qu’Emmanuel Macron a offert gracieusement aux entreprises et au privé pour faire des étudiants une main-d’œuvre bon marché et qui rapporte. Les étudiants sont ainsi transformés en chair à canon obsolescente et pas chère du capital, qui n’en demandait pas tant.

 

Si ces attaques dirigées contre l’université publique mettent à tout le moins la puce à l’oreille quant à l’augmentation des frais d’inscription, c’est assurément l’explosion du lucratif qui confirme définitivement le sombre avenir qui se profile pour la jeunesse. En effet, l’enseignement supérieur privé à but lucratif est un marché florissant, un écran de fumée derrière le chaos organisé, qui fait bondir le coût du savoir. Certaines formations proposent des frais d’inscription à 10 000 euros l’année tout en trompant volontairement les étudiants sur la validité du diplôme qu’elles confèrent.

 

D’une rumeur au projet

 

 

La rumeur prend corps dans un rapport de l'IGERS (Inspection Générale de l’Education, du Sport et de la Recherche) sorti il y a quelques semaines. Il préconise d’augmenter les frais d’inscription pour les établissements publics à 2 850 euros par an en licence et 3 879 euros en master. Les mêmes tarifs que ceux pratiqués pour les étudiants étrangers et imposés de force, il y a quelques années, malgré une forte mobilisation dans les universités. Le plan « Bienvenue en France » (sic) était peut-être finalement bien nommé, puisque les étudiants extracommunautaires auront été les premiers à expérimenter ce qui attend l’ensemble de leurs camarades.

 

France Universités aborde le sujet de façon franche et directe désormais. Jusqu’alors inavouable, honteux, le projet est bel et bien dans les tuyaux. Tel un champignon sur du bois mort, l’augmentation des frais d’inscription prolifère sur le dos d’un service public déjà en décomposition. Les étudiants auraient donc deux choix : payer pour entrer dans une université publique en ruine et surchargée, méprisée par les gouvernements dont les membres n’y ont pas fait leurs classes, ou payer (encore) pour entrer dans le privé, allègrement financé par un Etat complice de ce démantèlement. Certains feront le choix du privé lucratif, sans toujours avoir tous les codes ni toutes les informations, tant la frontière avec le privé non lucratif est fine et tend à l’être davantage par les fausses tentatives de « régulation » du ministre démissionnaire Philippe Baptiste.

 

Les établissements privés peuvent se gargariser de l’augmentation à venir des frais d’inscription. Pour s’assurer de leur bonne santé, le gouvernement continue à assécher l’université publique, ce qui lui permettra plus tard de justifier l’augmentation des frais d’inscription. On organise la chute pour mieux faire passer le prix du parachute (doré). Le gouvernement tentera sûrement de faire passer son projet de loi prétendant réguler le lucratif, usant de mesurettes qui donnent bonne conscience à peu de frais. Il tente déjà de rallier à lui la partie de l’Hémicycle qui ne voit pas de problème à ce que des actionnaires gagnent de l’argent sur le dos des étudiants, vendent le savoir et les compétences pour leur seul profit. Tant qu’ils respectent la loi après tout.

 

 

Abattre l’université

 

Depuis plus d’une vingtaine d’années, le processus de destruction de l’ESR est engagé. LRU, ANR, Hcéres, etc. Autant de sigles honnis d’un gouvernement des sciences asservi à des principes hétéronomes, d’une mise au pas du savoir au profit de l’« économie de la connaissance » et du capitalisme académique. La continuité est aussi frappante que troublante : de Valérie Pécresse à Geneviève Fioraso jusqu’à Frédérique Vidal, et aujourd’hui Philippe Baptiste, les mêmes élites bureaucratiques s’échinent à faire passer une douloureuse pilule. L’inversion normative et le crétinisme start-upiste sont érigés en règles d’action. Le contrôle politique et administratif devient « l’autonomie », « l’innovation de rupture » est l’alpha et l’oméga d’une course aux profits par la science, l’érudition et le savoir sont des gros mots à bannir du vocabulaire des boutiquiers qui font l’économie de la connaissance. Toujours au pouvoir, quoique dans une ambiance de fin de règne crépusculaire, les macronistes méprisent l’université et la recherche. Cela ne rapporte pas, c’est long, ça demande une forme d’ascèse, d’éthique, d’intégrité : autant de dispositions d’esprit et de corps forcément malséantes pour les arrivistes de la « start-up nation ». Le bilan des ministres de l’ESR depuis 2017 est absolument désastreux, et c’est pour les macronistes signe de performance puisqu’ils insistent encore dans cette voie. « L’université, cette grande école de la classe moyenne », lit-on dans un fascicule de Renaissance diffusé certes dans l’indifférence quasi générale. Mais, au moins, c’est assumé : au bon peuple les diplômes démonétisés par leur faute, la jouissance contrariée d’un service public chichement doté ; aux élites le bénéfice des formations de prestige et label rouge.

 

[…] Les étudiants déjà précaires, qui payent de plus en plus chaque année pour un service publicde moins en moins à la hauteur (c'est la stratégie : construire l'évitement), vont bientôt devoir débourser l'équivalent de deux mois de salaire au smicard pour pouvoir entrer à la fac. 50% des étudiants sont obligés de travailler pour financer leurs études […].

 

[BG : Je passe sur les étudiants qui ont faim et ceux qui quittent l'université à cause de leur santé mentale].

 

Enrichir les actionnaires

 

Certaines formations privées enlacent la stratégie de marché en étant moins onéreuses que ce qui est proposé pour le public. Un investissement sur le long terme. Ce que le gouvernement cherche à faire est très simple, et très peu « disruptif ». Il applique les mêmes recettes que sur tous les autres services publics : il développe une offre privée conséquente, il rend inaccessible l’offre publique par manque de places et en augmentant les tarifs, les usagers se détournent dès lors vers le privé, plus simple, plus accessible, soi-disant plus attractif et « bancable », le public se vide de ses usagers, puis il supprime le service public, rendu obsolète et trop coûteux. Le privé se développera, et l’offre lucrative perdurera avec profits. Finalement, un grand gagnant : les actionnaires, toujours plus riches. Tant pis pour les autres, vous avez entendu Emmanuel Macron : tout le monde doit faire des efforts, surtout les pauvres. Nos universités rejoindront La Poste, la SNCF et tant d’autres services publics dans le cimetière de la République sociale sacrifiée, de l’égalité pour toutes et tous privatisée, et du master de droit public inachevé de M. Lecornu.

 

On se permettra donc de rire jaune devant les maigres tentatives de régulation de l’enseignement supérieur privé lucratif des socialistes (la proposition de loi d’Emmanuel Grégoire, négociée avec le gouvernement macroniste, est aussi faible que timide) ou des néolibéraux de Renaissance et du parti Les Républicains face à l’ampleur de la crise de l’université qui n’en finit plus de s’aggraver. Aucune mesure inspirée d’une sacro-sainte main invisible de régulation des profits (qui ne les interdit en aucun cas), faits contre des étudiants qui s’endettent lourdement pour se former, ne sera percutante sans exiger la suppression de l’ESR privé lucratif et sans exiger la mise en œuvre de la gratuité de l’université et de son caractère public. L’investissement dans l’université et la recherche publiques n’est pas un luxe. C’est une nécessité pratique, un besoin élémentaire non négociable. Qui impose de flécher dès maintenant des budgets conséquents.

 

La rumeur disait finalement vrai : les néolibéraux autoritaires qui nous gouvernent sèment la terreur, le chaos et le désordre ; ils détruisent l’université publique, pierre par pierre, mur par mur ; ils précarisent toute une classe d’âge. Pour une université publique et gratuite, émancipatrice et respectée, il faudra faire bloc et sauver vraiment l’université et la recherche.

Abattre l'enseignement supérieur public, par Arnaud Saint-Martin
Partager cet article
Repost0
21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 05:01

Le Grand Soir évoque la violente répression de la dénonciation du blanchiment des crimes d’Israël par le sport, dans le Tour de France en particulier : « Depuis le départ du Tour de France, le 5 juillet, les militantes et militants présents pacifiquement sur le parcours pour dénoncer la présence de l’équipe Israël Premier Tech dans la course et pour exprimer un soutien au peuple palestinien ont été victimes de violences policières inédites et particulièrement graves. À Lille, le 5 juillet, des citoyens et citoyennes, membres de l’Association France Palestine Solidarité, qui manifestaient pacifiquement ont été nassés, contrôlés et fouillés. Des drapeaux rangés dans des sacs ont été saisis par des policiers en armes. À Caen, le 9 juillet, d’autres membres de l’AFPS ont été gazés et jetés à terre. Une banderole a été lacérée de coups de couteaux et détruite, des drapeaux palestiniens ont été volés ainsi que des keffiehs tandis que d’autres objets personnels ont disparu. Des policiers qui se sont livrés à ces violences ont affirmé qu’ils avaient reçu la consigne qu’aucun drapeau ou marque de soutien à la Palestine ne soit visible sur le parcours du Tour de France. À Flers, le 10 juillet, une dizaine de militants se sont vu interpellés et, là aussi, des drapeaux palestiniens ont été confisqués au prétexte que « le port de signes religieux est interdit lors de compétitions sportives ».

Ainsi, la complicité du gouvernement avec les crimes d’Israël éclate au grand jour. Ce gouvernement qui utilise les forces de l’ordre pour faire taire tout soutien à la cause palestinienne tout en assurant la tranquillité des propagandistes d’Israël. Il a été en effet révélé que des escortes policières mobiles et huit agents des forces de l’ordre entourent chaque jour le périmètre autour de l’équipe israélienne, armes au poing.

 

 

Selon le World Socialist Website, l'argument de Bayrou sur la dette était un mensonge. La France est confrontée à un piège mortel, selon lui, car les travailleurs français seraient devenus paresseux et compteraient sur l'État pour résoudre tous leurs problèmes : « Nous sommes devenus accros à la dépense publique. Il n'y a pas de difficulté du pays, il n'y a pas de changement nécessaire, il n'y a pas d'obstacle à surmonter, ni d'ordre sanitaire, ni d'ordre climatique, ni d'ordre énergétique ou familial devant lesquels les élus, les citoyens, les médias n'aient eu chaque fois qu'une seule réponse à la bouche, se tourner vers l'État. »

Bayrou a refusé d'expliquer comment cela s'est produit. Évoquant le célèbre ouvrage de l'historien et résistant Marc Bloch, L’Étrange Défaite, sur la capitulation de l'état-major français lors de l'invasion nazie en 1940, il a déclaré : « Je ne vais pas refaire sur cette question des finances publiques la longue histoire de notre étrange défaite, comme disait Marc Bloch, pour un autre temps. Il y a plus de 50 ans que notre pays, tous courants politiques confondus, n'a pas présenté un budget en équilibre […] Je crois que c'est la dernière station avant la falaise ».

La responsabilité de l'envolée de la dette publique française n'incombe pas à la classe ouvrière, mais à la bourgeoisie. La dette française a explosé dans les années après le krach de 2008 et le début de la pandémie de COVID-19 en 2020. La Banque centrale européenne a imprimé des milliers de milliards d'euros de fonds publics et les a prêtés aux gouvernements européens, qui l'ont massivement dépensé dans des renflouements bancaires des ultra-riches.

 

 

Le Nouvel Obs rappelle que Georges Ibrahim Abdallah aurait pu être libéré beaucoup plus tôt : « Georges Abdallah aurait tout de même pu sortir de prison plus tôt. En 2013, pour la première fois, la justice accepte l’une de ses demandes de libération conditionnelle. Mais elle émet une condition : son expulsion du territoire français.

 

Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls, s’abstient de prononcer un arrêt d’expulsion. Une décision soutenue par les Etats-Unis. « Bien que le gouvernement français ne soit pas légalement autorisé à annuler la décision de la cour d’appel, nous espérons que les autorités françaises pourront trouver une autre base pour contester la légalité de la décision », avait dit Hillary Clinton, alors cheffe de la diplomatie américaine sous la présidence de Barack Obama, à Laurent Fabius, qui était lui le ministre français des Affaires étrangères, d’après câbles diplomatiques révélés par WikiLeaks.

 

Revue de Presse  568
Partager cet article
Repost0
23 juin 2025 1 23 /06 /juin /2025 05:01

Á propos de la réforme des retraites, le site Communistes met en garde :

 

« Il faut cesser de duper les travailleurs. La réponse ne viendra ni du parlement, ni de Matignon encore moins de l’Élysée, ni en conclave ou autres comité Théodule. Les "négociations" avec le patronat et le gouvernement ne servent qu’à casser la mobilisation et désarmer les travailleurs, et les soumettre à l’exploitations capitaliste. Il est urgent de préparer la riposte contre la course à la guerre, les mesures austéritaires que le gouvernement veut mettre en place pour la financer.

 

Les organisations syndicales doivent de toute urgence rompre avec le dialogue social. L’heure n’est pas à la négociation, mais à la construction d’un programme offensif de mobilisation contre les licenciements, l’abrogation de la réforme des retraites, pour revendiquer les augmentations de salaires et s’opposer fermement à l’austérité, à la casse des services publics et de la sécu, des suppressions d’emplois. Au lieu de s’en remettre au parlement, il est impératif de se mettre en ordre de bataille afin de construire une réponse à la hauteur des attaques en articulant refus de l’austérité et revendications sociales urgentes.

 

Combattre la casse sociale imposée par le gouvernement, c’est aussi refuser sa logique de guerre en se battant pour nos intérêts de classe contre le capitalisme qui nous exploite, contre son système ! »

 

 

L’Obs pose la question du retour au travail après un congé maternité : « Non, le post partum ne s’arrête pas aux portes du bureau ». Chaque année, des milliers de femmes retournent au travail après avoir accouché. Quand certaines se réjouissent d’être dépêtrées des couches, d’autres regrettent de ne pas rester auprès de leur bébé. Le plus souvent, ce grand retour provoque de l’appréhension. Une période perçue comme délicate, voire éprouvante, pour ces nouvelles mères contraintes de jouer les funambules entre une vie de bureau mise entre parenthèses le temps d’un congé maternité et le tsunami émotionnel et logistique qu’implique l’arrivée d’un nourrisson.

 

 

 

Pour Nick Beams dans le World Socialist Website la fourniture de dollars par la Fed américaine en cas de crise financière soulève des questions.

 

La question n'est pas de savoir s'il y aura une nouvelle crise grave dans le système financier américain et international, mais plutôt quand et comment elle pourrait se produire. Et une question connexe se pose maintenant : dans une telle crise, la banque centrale américaine fournira-t-elle des dollars à d'autres banques centrales pour tenter de l'atténuer ?

 

En 2008, le système financier mondial s'est retrouvé au bord du gouffre avec la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers et la révélation que les pratiques parasitaires, voire carrément criminelles, des grandes banques et établissements financiers américains, qui avaient caractérisé le marché des prêts hypothécaires à risque, étaient répandues dans l'ensemble du système financier.

 

Elle n'a été freinée que par des interventions majeures du gouvernement américain et de la Réserve fédérale, Washington renflouant les entreprises tandis que la Fed injectait de l'argent dans le système financier.

 

Une fois de plus, le gouvernement est venu à la rescousse des entreprises en leur offrant des milliards, tandis que la Fed achetait des actifs financiers pour un montant de plusieurs milliers de milliards de dollars, portant ainsi son programme d'assouplissement quantitatif à de nouveaux sommets.

 

 

 

La Dépêche nous informe que les médicaments anti-obésité Saxenda, Wegovy, Mounjaro pourront désormais être prescrits par tous les médecins généralistes de France : 

 

Jusqu’ici, seuls les spécialistes en endocrinologie, diabétologie et nutrition pouvaient les proposer à leurs patients. Ces médicaments ne peuvent être prescrits uniquement sur ordonnance et ne sont donnés « qu’en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle, et en association à un régime hypocalorique et à une activité physique ».

 

 

 

La Voix du Nord demande à quelle température il faut déguster sa bière : 

 

Lagers et pilsners (bières légères) : entre 5 et 6°C. Parfait pour conserver leur fraîcheur, leur pétillance et leur légère amertume. Attention, bien fraîche ne veut pas dire glacée, sinon cela paralyse vos papilles et vous ne sentez plus aucun arôme de la bière.

 

Bières de garde, triples, bières fortes : autour de 6 à 8°C. Cette température laisse s’exprimer toute la complexité aromatique sans sacrifier la fraîcheur.

 

Bières ambrées et brunes : entre 8 et 9°C. Idéal pour révéler les notes de caramel, de malt grillé et de fruits secs.

 

Porters et stouts : vers 10°C. La température parfaite pour libérer les arômes torréfiés et chocolatés.

 

 

PS (1) : Á Hénin-Beaumont, ville qui m'est chère, le KFC a flambé. C'est tout ce qu'il reste de cet édifice. Il n'y a pas eu de victimes.

 

Source : La Voix du Nord.

Revue de Presse 564

PS (2) : des nouvelles d'un grand chanteur !

Revue de Presse 564
Partager cet article
Repost0
16 juin 2025 1 16 /06 /juin /2025 05:01

 

Le Parisien revient sur le viol en 2024 d'une fille juive de 12 ans à Courbevoie. Le tribunal pour enfants de Nanterre a condamné à 9 et 7 ans de prison ferme deux mineurs jugés pour ce viol à caractère antisémite.

Les magistrats ont prononcé une mesure éducative de cinq ans et un placement à l’encontre d’un troisième jeune homme, âgé de 12 ans et 10 mois au moment des faits et contre qui une peine d’emprisonnement ne pouvait pas être prononcée en raison de son âge. Le président a justifié la lourdeur de la peine « nonobstant leur jeune âge et les carences éducatives importantes, au regard de leur personnalité toujours inquiétante et du trouble social immense à la société et à la victime et en raison de ce qu’elle était : une jeune fille de confession juive ».

Selon ses premières déclarations, l’un des mineurs avait filmé la scène, qui s’est déroulée dans une crèche désaffectée de Courbevoie, au pied du quartier d’affaires de la Défense et non loin du domicile de la préadolescente. L’un des mineurs l’avait ensuite menacée de mort si elle parlait à la police et exigé qu’elle lui remette 200 euros le lendemain.

En 2024, un total de 1570 actes antisémites ont été recensés en France, selon le ministère de l’Intérieur.

 

 

Dans ResPublica, Bernard Tepper fait la recension du livre de Raymond Debord Vers un monde sans enfants ? : en nous conseillant de sortir des clichés : « Le livre nous vaccine contre le néo-malthusianisme largement répandu dans toutes les franges de la société jusque dans les institutions internationales. Non, il n’y a pas trop de monde sur la Terre. Toutes les analyses démographiques montrent que c’est l’inverse, puisque nous allons vers un hiver démographique. Non, il ne faut pas commencer par obliger les Africains à avoir moins d’enfants pour qu’ils se développent mieux. À l’inverse, il faut développer leur économie et leur société et, tout naturellement, le nombre d’enfants par femme en âge de procréer va diminuer. Non, il ne faut pas écouter Terra Nova. Dans un premier temps, cet organisme de réflexion a eu l’idée saugrenue de conseiller à la gauche d’abandonner les couches populaires pour les remplacer par une alliance des couches moyennes avec les catégories discriminées que l’on doit essentialiser. Dans un second temps, Terra Nova produit un gloubi-boulga mélangeant un néo-malthusianisme avec des louvoiements dont la présentation complexe rime avec la pseudoscience. Non, ni la nuptialité ni la religion ne sont la cause principale directe du nombre d’enfants.

Selon le World Socialist Website, « L’administration Trump mène de vastes rafles sur les lieux de travail et le déploiement de l’armée se poursuit dans les villes américaines. L'une des plus importantes descentes sur un lieu de travail de la nouvelle administration Trump a eu lieu mardi, lorsque des agents ont arrêté environ 80 travailleurs de l'usine de conditionnement de viande Glenn Valley Foods à Omaha, dans le Nebraska. Cela représente plus de la moitié de l'effectif total de l'usine et, selon un mandat, 107 des 140 travailleurs faisaient l'objet d'une « enquête ».

Les rafles se caractérisent par une illégalité de plus en plus flagrante, les personnes détenues se voyant refuser toute procédure régulière. Selon Le Guardian, de nombreuses personnes arrêtées ces derniers jours ont déjà été expulsées.

Les immigrants représentent une part importante de la population des grandes villes américaines. Environ 40 % des habitants de Los Angeles et 35 % de ceux de New York sont nés à l'étranger.

 

 

Enfin, L’Humanité évoque le pantouflage florissant ces dernières années : « Christophe Castaner, Cédric O, Muriel Pénicaud… On ne compte plus les responsables macronistes qui ont fait le choix de se reconvertir dans le privé, avec tous les risques de conflit d’intérêts que cela comporte. Ex-ministre de l’Intérieur et par ailleurs président de la société du Tunnel du Mont-Blanc alors qu’il avait été sèchement battu lors des dernières législatives, le premier a été embauché comme conseiller par l’entreprise chinoise fast-food chinoise Shein ; ancien secrétaire d’État au Numérique, le second a posé ses valises comme lobbyiste dans une start-up d’intelligence artificielle ; ancienne ministre du Travail, la troisième a intégré le conseil d’administration du géant de l’enseignement privé Galileo.

 

Revue de Presse 563
Partager cet article
Repost0
4 juin 2025 3 04 /06 /juin /2025 05:01

Gilbert Achcar voit clairement dans le conflit actuel au Proche-Orient la faillite de l’Occident : « Il a fallu dix-huit mois de massacres de civils et une banalisation des discours génocidaires au sommet de l’État israélien pour que Londres, Ottawa et Bruxelles envisagent d’exercer des pressions économiques sur Tel-Aviv. Alors que le premier ministre Benyamin Netanyahou confirme son intention de prendre le contrôle total de Gaza, la tardive et timide réaction de ces puissance occidentales place la « diplomatie des valeurs » face à ses contradictions. »

 

 

Grâce à l’article de Benoît Bréville, je perçoit mieux ce qu’est un influenceur, et mieux encore une influenceuse : « Chaque jour, les Français passent en moyenne une à deux heures sur les réseaux sociaux. Pour capter leur attention, les influenceurs disposent de méthodes bien rodées et très efficaces. Dans la course à l’audience numérique, tout le monde veut donc les imiter. Le 3 mai dernier, un rutilant yacht Tecnomar for Lamborghini d’une capacité totale de seize passagers s’échouait au large de Miami. À son bord, trente-deux influenceuses venues s’amuser sous le soleil de Floride. Tandis que le bateau sombre, les fêtardes, en maillots de bain et gilets de sauvetage fluo, continuent de se filmer avec leur téléphone, le sourire aux lèvres. Leur après-midi est gâché, mais les images feront le tour des réseaux sociaux. Comme une métaphore des déboires que traverse l’influence jet-set depuis quelques années. »

 

 

Serge Halimi et Pierre Rimbert pensent que les médias français sont déjà en campagne : « Pour la première fois depuis la Libération, l’espace public français compte un pôle médiatique d’extrême droite. Bien financé, puissant, diversifié, il aimante la presse conservatrice et inquiète l’écheveau des médias libéraux. Ces deux ailes du journalisme dominant œuvrent dorénavant, chacune dans son camp, à réorganiser le champ politique en vue de l’élection présidentielle de 2027. »

 

 

Pour Simon Arambourou, le système de retraite financiarisé a toujours échoué. La capitalisation pourvoit des mythes et des mensonges : « Il y a quatre-vingts ans naissait la Sécurité sociale. La socialisation d’une part de la richesse allait permettre d’éradiquer la misère des retraités. Mais, plutôt que la célébration de cet anniversaire, 2025 pourrait marquer un tournant pour des citoyens français transformés en « actionnaires malgré eux », et inaugurer le retour de la pauvreté parmi ceux qu’on avait cherché à protéger. C’est une figure éculée du discours conservateur : plaider l’audace pour justifier un tête-à-queue sur l’autoroute du progrès social. « Osons la retraite par capitalisation ! », s’intitulait une tribune signée par quarante-quatre sénateurs dans Le Figaro du 2 mars 2023. Tandis que des centaines de milliers de Français défilaient contre le projet de réforme du gouvernement de Mme Élisabeth Borne, la prise de position des parlementaires participait de la contre-offensive. Car, au fond, on connaîtrait la solution miracle pour sauver le système. »

 

 

Émilie Boutelier et Copélia Mainardi pensent que la prochaine pandémie viendra peut-être des champignons : « Encore largement méconnues, les infections fongiques représentent une nouvelle menace sanitaire à l’échelle du globe. Favorisées par l’industrialisation de l’agriculture, et en particulier de l’horticulture, ces maladies prospèrent sur fond de mondialisation de l’économie. Une réelle coordination internationale tout comme l’évolution des pratiques restent encore à l’état embryonnaire. »

 

 

Pour Insaf Rezagui, l’existence même du peuple palestinien est en jeu : « membres du Croissant-Rouge palestinien, six de la défense civile et un employé des Nations unies (ONU) ont été abattus par l’armée israélienne près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 23 mars dernier, avant d’être enterrés dans une fosse commune. Ces travailleurs humanitaires étaient clairement identifiables : portant des tenues réfléchissantes, ils circulaient dans trois ambulances aux couleurs de l’organisation, un camion de pompiers et une voiture de l’ONU. Depuis le début de la guerre en octobre 2023, plus de quatre cents travailleurs humanitaires et mille trois cents professionnels de santé ont été tués. Pour ces personnels de secours, il n’y a pas d’endroit plus meurtrier que Gaza. L’article 8 du statut de Rome qui fonde la Cour pénale internationale (CPI) qualifie de crime de guerre le « fait de diriger intentionnellement des attaques contre le personnel, les installations, le matériel, les unités ou les véhicules employés dans le cadre d’une mission d’aide humanitaire ». En outre, les conventions de Genève de 1949, qui imposent aux belligérants de garantir la protection des victimes civiles de conflits, prévoient expressément la nécessité de permettre au Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge d’« offrir ses services ». »

 

 

Hicham Alaoui entrevoit un nouvel ordre régional au Proche-Orient : « L’équilibre géopolitique du Proche-Orient s’est profondément transformé depuis la période postcoloniale. Au milieu du xxe siècle, les guerres israélo-arabes opposaient deux camps clairement identifiés : la coalition nationaliste arabe et les sionistes soutenus par l’Occident. Mais la situation se complique sensiblement à partir de la fin des années 1970. D’une part, la République islamique d’Iran née de la révolution se donne pour projet de renverser les régimes sunnites « réactionnaires ». D’autre part, le bloc des pays arabes commence à se fissurer, la rupture étant consommée avec les accords de Camp David, qui débouchent en 1979 sur le traité de paix israélo-égyptien. »

 

 

Hashim Bin Rashif est très pessimiste pour le court terme au Cachemire : « La partition du Raj britannique en 1947 a donné naissance à deux frères ennemis : l’Inde et le Pakistan. Régulièrement, la guerre larvée entre les deux puissances conduit à des échanges de tirs dans la région frontalière du Cachemire. Du pain bénit pour les forces nationalistes de part et d’autre de la frontière ; une menace pour la planète, dès lors que les deux États détiennent l’arme nucléaire.6 mai 2025, l’Inde tire au moins neuf missiles sur le territoire pakistanais. Elle entend répondre à l’attentat de Pahalgam, au Cachemire, qui a fait vingt-huit morts dont vingt-sept touristes indiens, le 22 avril. En baptisant son opération militaire « Sindoor », du nom de la poudre vermillon placée par le mari hindou sur le front de son épouse le jour de leur mariage, New Delhi enrôle une vision traditionnelle de la femme, réduite à son statut marital, au prétexte de défendre les veuves des victimes, uniquement des hommes. »

 

 

Didier Ortolland dénonce les ingérences étasuniennes autour du canal de Panama : « La politique de ce pays est celle d’un canal américain sous contrôle américain : les États-Unis ne peuvent consentir à abandonner ce contrôle à un pays européen. » L’affirmation n’a pas pour auteur M. Donald Trump en 2025, mais un autre locataire de la Maison Blanche, Rutherford Hayes (1877-1881), qui s’adresse ainsi au Congrès en 1880. Peu avant, Ferdinand de Lesseps, président de la Compagnie universelle du canal interocéanique, avait tenté de convaincre les États-Unis d’investir dans son projet de construire un canal au niveau de la mer – sans écluses comme à Suez, ce qui s’est révélé impossible –, traversant l’isthme de Panamá. « Notre puissance navale sera doublée, à condition de ne pas commettre la folie de chercher une garantie internationale ou de laisser intervenir d’autres puissances dans cette entreprise purement américaine », avait ajouté Theodore Roosevelt (1901-1909), quelques années avant l’ouverture du canal, en 1914. Dans ce domaine, la politique de Washington a toujours soutenu un canal construit et géré par les Américains sur un territoire américain. »

 

 

Pour Martin Barnay, le modèle des universités étasuniennes chancelle : « La Maison Blanche a engagé le combat contre plusieurs des universités les plus prestigieuses du pays. Elle compte profiter de leur déclin relatif depuis quelques années et du ressentiment croissant qu’inspirent les intellectuels et les experts. Car, derrière la guerre culturelle entre libéraux et conservateurs, c’est aussi la place de l’université dans l’économie américaine qui est en jeu. L’administration de M. Donald Trump a frappé au portefeuille six des huit universités de l’Ivy League : suspension du versement de 175 millions de dollars de subventions à l’université de Pennsylvanie, de 210 millions à Princeton, de 510 millions à Brown ; lancement d’un audit sur l’emploi des 9 milliards de dollars versés chaque année à Harvard. Et gel de plus de 5 milliards de dollars de crédits de recherche. En attendant mieux — ou pire. Les établissements ciblés sont des bastions de l’élitisme universitaire américain, réputés autant pour l’excellence de leurs enseignants que pour l’homogénéité sociale de leurs étudiants. »

 

 

Allan Popelard et Grégory Rzepski nous font redécouvrir les papiers d’oranges, un monde en soi : « Longtemps, on a enveloppé les oranges dans des papiers de soie. Leurs illustrations suscitaient la rêverie des consommateurs. De la Palestine à l’Afrique du Sud, elles documentaient aussi l’histoire économique, sociale et politique des agrumes. Un monde de sucre et de poussière sur lequel revient une exposition au Musée international des arts modestes (MIAM) de Sète. Le recours aux fongicides et aux camions frigorifiques rend ces papiers inutiles. On leur reproche aussi de polluer, ou de coûter trop cher. Et puis la grande distribution préfère les produits standard. Elle vend neuf oranges sur dix, étiquetées ou dans de vilains filets. Le papier s’efface mais reste un objet de collection. Le MIAM en possède l’une des plus grandes en France, avec plusieurs dizaines de milliers d’emballages. Ceux du peintre Pascal Casson – qui forment la plus grande partie –, ceux du critique Jean Seisser – glanés à Barbès – ou bien ceux des marchés de Nîmes, ramassés par Christian Bonifas et Hélène Fabre. »

 

 

La monnaie n’est pas qu’une affaire d’hommes, selon Aykiz Dogan et Frédéric Levaron : « Dans tous les cas, les gardiens de la monnaie furent, durant des siècles, exclusivement des hommes. Quand cela a-t-il commencé à changer ? En 2013, à l’occasion du décès de l’Autrichienne Maria Schaumayer, le quotidien Der Standarden attribuait le crédit à l’Autriche : « Elle est devenue la première femme au monde à diriger une banque centrale, le 1er juin 1990. Née à Graz le 7 octobre 1931, elle a commencé très tôt à conquérir des domaines traditionnellement réservés aux hommes. En 1956, elle fut la première femme à suivre une formation en gestion à la Creditanstalt » (23 janvier 2013). En réalité, dès 1950, soit quarante ans avant Maria Schaumayer, une autre femme, Greta Kuckhoff, prenait la direction de l’institut d’émission de la République démocratique allemande (RDA) nouvellement créée. Elle occupa ce poste pendant huit ans. La première femme au monde à piloter une banque centrale n’était ainsi ni banquière, ni libérale, ni autrichienne, mais sociologue, communiste et est-allemande.

 

 

Fatin Abbas dénonce le viol des Soudanaises : « Quand j’avais 21 ans, on m’a dévoilé un secret de famille : mon arrière-grand-mère maternelle avait été réduite en esclavage ; mon arrière-grand-père avait été marchand d’esclaves. Ma mère me révéla ces détails un après-midi, dans la voiture, alors que nous étions garées devant la maison de mon grand-père à Khartoum. C’était au milieu des années 2000. Même si nous étions seules, je me rappelle qu’elle baissa la voix à mesure qu’elle parlait. Mon arrière-grand-mère avait été enlevée, soit dans le sud du Soudan, soit sur ses lisières, dans les années 1910. Bien que les Britanniques eussent colonisé le Soudan plus d’une décennie auparavant en prétendant mettre fin au trafic d’esclaves, c’était encore une zone où l’on pratiquait activement la capture, principale source d’approvisionnement pour la traite transsaharienne. »

 

 

Pour Caroline Thirion, la psychiatrie est désarmée en Ukraine : « La société ukrainienne se trouve confrontée à une explosion des troubles mentaux. Exposition prolongée des soldats aux combats, vrombissement continu des drones, bombardements dans les zones civiles : le pays est devenu un laboratoire pour la médecine et la psychiatrie de guerre. Il manque cependant de moyens pour prodiguer des soins à tous les traumatisés. »

 

 

Christophe Trontin explique que la Crimée veut croire à la paix : « Pour tenter de décrocher un cessez-le-feu en Ukraine, les États-Unis se sont dits prêts à reconnaître la Crimée comme territoire russe. Une telle décision conforterait le singulier optimisme qui règne dans la péninsule. Penchant pour un rattachement à la Russie dès les années 1990, sa population continue d’applaudir le « retour à la mère patrie » en dépit de la guerre. »

 

 

Maëlle Mariette a enquêté sur les lycées professionnels, dans la dèche et le mépris : « Les “bacs pro” de demain sont les bâtisseurs de la France d’aujourd’hui, de 2030 ou de 2050 », s’emballait M. Emmanuel Macron à Saintes, le 3 mai 2023. Un an auparavant, le président de la République avait placé l’enseignement professionnel non plus seulement sous la tutelle de l’éducation nationale mais aussi sous celle du ministère du travail. Il faudrait, estimait M. Macron, « continuer de créer plus de liens entre le monde éducatif et le monde de l’entreprise ». L’idée n’est pas tout à fait neuve. Déplorer une pédagogie indifférente aux « valeurs de l’entreprise », imputer à l’école tout ou partie du chômage : l’antienne s’entend au moins depuis 1985 et la création du baccalauréat professionnel. »

 

 

Julien Bécourt nous parle des discothèques : « Emblème de la société de consommation ou de ses marges, vecteur d’émancipation ou épicentre de la discrimination : la boîte de nuit incarne tous les paradoxes. Entre clandestinité et industrialisation, elle a pu constituer un laboratoire pour une architecture en quête de liberté. Et, ce faisant, contribuer à l’évolution des mœurs. »

 

 

Pour Owen Hatherley, le socialisme polonais survit dans l’assiette : « Au centre de Varsovie se trouve la rue Nowy Swiat – la rue du Nouveau Monde. Construite au xviiie siècle et au début du xixe siècle dans un style néoclassique, puis rebâtie presque à l’identique après la destruction de la capitale polonaise par l’Allemagne nazie en 1944, elle représente le cœur battant de la Pologne bourgeoise. Là, les gagnants de la transition d’après 1989 s’installent dans des bars coûteux, font leurs emplettes à des prix exorbitants et déambulent sur de larges trottoirs en direction du piège à touristes que devient la vieille ville. On n’y remarque guère le Bar Familijny, un petit établissement sans prétention situé à côté d’un café « à la française » baptisé Croque Madame, en face du Thai Bali Spa. Passé la porte, le promeneur se trouve projeté dans une zone totalement différente du paysage urbain interchangeable de l’eurocapitalisme contemporain. »

 

Le Monde Diplomatique, juin 2026
Partager cet article
Repost0
2 juin 2025 1 02 /06 /juin /2025 05:01

Dans Le Grand Soir, Yves Guéchi dénonce le retour des pesticides toxiques et le déni de  démocratie parlementaire : « Ce qui aurait dû être un débat de fond sur l’avenir de notre modèle agricole a été évité par une pirouette inédite : la majorité présidentielle a présenté une motion de rejet... contre son propre texte. Le camp macroniste, loin d’assumer le contenu de cette loi controversée, a choisi d’en bloquer la discussion, révélant ainsi un profond malaise démocratique.

Au cœur des critiques, la réintroduction de certains néonicotinoïdes, ces insecticides de synthèse longtemps utilisés dans les cultures industrielles avant d’être interdits en raison de leur nocivité. De nombreuses études scientifiques ont documenté leur impact dévastateur sur les pollinisateurs, la biodiversité, mais aussi sur la santé humaine. En réautorisant leur usage sous certaines conditions, la loi Duplomb renoue avec des pratiques que la science et le bon sens avaient contribué à écarter. C’est un retour en arrière que peu auraient osé prédire.

Nombreux sont ceux qui dénoncent l’influence directe de la FNSEA, dans la rédaction du texte. Selon plusieurs sources parlementaires, le projet aurait été largement dicté par les intérêts de cette organisation proche des grands groupes agro-industriels. À aucun moment, les préoccupations écologiques ni les enjeux sanitaires n’ont semblé être au centre des priorités. L’agriculture paysanne, l’agriculture biologique et les pratiques agroécologiques ont été reléguées au second plan. »

 

 

L’Obs a observé une sortie bien peu discrète pour Elon Musk : « Le milliardaire a donné une conférence de presse ce vendredi 30 mai depuis le Bureau ovale à l’occasion de son départ du gouvernement de Donald Trump, assurant vouloir rester l’ami et le conseiller du président américain, tout en balayant de récentes révélations sur sa consommation de drogue.

 

Leur conférence de presse commune dans le Bureau ovale a pris d’emblée une tournure curieuse, puisque le patron de SpaceX, Tesla et du réseau X est apparu avec un œil au beurre noir, selon lui causé en jouant avec son petit garçon. Musk a par ailleurs balayé les informations du New York Times avançant qu’il a consommé d’importantes quantités de drogues, mais sans y répondre sur le fond.

 

 

 

Selon le site Communistes, Le « trou » de la sécurité sociale, le déficit de l’hôpital public sont des choix politiques : « Le PIB de la France entre 1980 et 2024 est passé de 453 milliards d’euros en 1980 à 2 917,4 milliards d’euros et la part des services public dans le PIB n’a pas augmenté. « Plus une société est riche, plus elle consacre de l’argent pour l’éducation, la santé, la culture. Il y a beaucoup plus de bacheliers aujourd’hui que dans les années 1980, on aurait donc dû consacrer plus d’argent à l’éducation. On ne l’a pas fait, la population vieillit, on aurait dû augmenter les dépenses de santé ».  C’est une politique austéritaire qui s’est installée et aggravée année après année.

 

La Sécurité sociale, le service public de santé ont subi de plein fouet les conséquences de cette politique. A la fin des années 1980 La protection sociale était financée à 90% par les cotisations sociales des salariés et les cotisations sociales des entreprises payées avec les richesses crées par les travailleurs ; en 2021, la Sécurité sociale était financée à 79,5% par les cotisations sociales et en 2023 celles-ci ne représentaient plus que 48 % des recettes.

 

Le total des exonérations sociales en 2024 est de 91,3 milliards d’euros, la baisse des recettes s’est accompagnée de son corollaire : la hausse de la CSG qui est passée de 116 milliards d’euros en 2018 à 147 milliards d’euros en 2023.

 

 

Selon le World Socialist Website, « En tant que Secrétaire à la Santé et aux Services sociaux (HHS) sous Trump, l'anti-vaccin Robert F. Kennedy Jr. continue de mener une attaque frontale contre la science, la médecine et l'infrastructure de santé publique des États-Unis.

 

Alors que la COVID-19 reste une menace mondiale persistante, les politiques de Kennedy ne sont pas seulement dangereusement anti-scientifiques. Elles sont conçues pour creuser les inégalités sociales et accélérer la mort de masse, afin de réduire l'espérance de vie de la classe ouvrière et détourner des milliards de dollars des programmes sociaux vers les poches des riches.

 

Revue de Presse (561)
Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de Bernard Gensane
  • : Culture, politique, tranches de vie
  • Contact

Recherche

Articles Récents

  • Souvenons-nous : Etienne Dolet
    Source : Le Drapeau Noir Le 3 août 1546 mourait Etienne Dolet, libre penseur, et humaniste français, brûlé vif Place Maubert à Paris. Il naît à Orléans en 1509. Après des études à Paris, puis une tournée dans les universités de Padoue (Italie) et de Toulouse,...
  • Souvenons-nous de Gabrielle Russier
    Elle était née en 1937 à Paris. Elle se suicida en 1969 à Marseille. Elle fut au centre, et la victime, d’une des affaires « sociétales » les plus dramatiques que connut la France de l’après-guerre. Cette agrégée de lettres fut condamnée à un an de prison...
  • Marcel Boussac, du sommet du monde à la ruine
    Quand j’étais enfant, dans le Nord des années cinquante, le nom de Marcel Boussac était tellement familier, tout comme ses entreprises textiles, évidemment, que j’étais persuadé qu’il était lui-même du Nord. Or l’industriel, célèbre éleveur et propriétaire...
  • Autour de deux films sur De Gaulle (La Bataille de Gaulle et L’Âge de fer)
    Réalisés par Antonin Baudry, proche de Dominique de Villepin, un cinéaste dont j’avoue qu’il m’était inconnu. Deux très beaux films, avec des acteurs exceptionnels : entre autres Simon Abkarian (De Gaulle), Niels Schneider (le maréchal Leclerc), Simon...
  • Reve de Presse 620
    Vijay Prashad, pour Le Grand Soir, dit adieu au dollar étasunien : Le dollar peut sembler être une monnaie neutre, mais il est en réalité une forme de pouvoir impérial qui discipline les économies, finance les guerres et oblige le Sud Global à financer...
  • A propos du racisme anti-Blancs (par Jacques Cotta)
    Le meurtre de Thomas à Crépol vient de connaitre un nouveau rebondissement politique avec la qualification de « racisme anti blanc » portée par la juge d’instruction chargée du dossier. Ce qui jusque-là était communément qualifié de simple rixe aux conséquences...
  • La Coupe du monde 2026 de la FIFA : corruption à grande échelle du «beau jeu»
    Repris du World Socialist Website . Les médias capitalistes se sont délectés des scènes déplorables qui ont suivi la finale : des joueurs argentins s'en prenant physiquement à leurs rivaux espagnols, les champions qui méritaient la victoire. Le récit...
  • Quand Willam Hanson m'aide à (r)affiner mon anglais
    Mon nouvel ami William Hanson me fait parvenir une liste de cinq mots anglais qu’il faut éviter d’utiliser si l’on veut faire preuve d’élégance. Son conseil primordial est que la prétention ou le fait de parler pour faire de l’effet ne font jamais bonne...
  • Un témoignage bouleversant de Yoann Offredo
    Ancien champion cycliste, Yoann Offredo est consultant pour France 2 sur le Tour de France et dans d'autres courses cyclistes. Il est gravement malade : atteint de sarcoïdose, il sera aveugle sous peu. Il témoigne ici de son amour pour la vie. La sarcoïdose...
  • Diplomatie de l’ombre : les États-Unis manipulent l’UE sur le thème des réparations
    Repris du Grand Soir En politique internationale, il n’est pas rare que les dirigeants officiels ne puissent pas mener de négociations ouvertement, de peur de perdre la face ou de provoquer la colère de leurs propres électeurs. Pour ces cas, il existe...