Par Jacob Crosse pour le World Socialist Website
Dans un rapport daté du 11 septembre et rendu public lundi, le Bureau de l’inspecteur général du département de la Sécurité intérieure a documenté l’utilisation de cages de torture métalliques contre des immigrés au camp de concentration de Floride que le président américain Donald Trump et ses alliés fascistes ont vanté sous le nom d’« Alcatraz des alligators ».
Les images de ces cages rappellent les cages à ciel ouvert de Guantánamo Bay et les boîtes de confinement que la CIA utilisait pour torturer les prisonniers dans ses prisons secrètes. Les méthodes criminelles inaugurées au cours de décennies de guerres américaines à l’étranger et de la « guerre contre le terrorisme » sont aujourd’hui rapatriées et employées contre les travailleurs immigrés à l’intérieur même des États-Unis.
Entre le 17 juillet 2025 et le 18 janvier 2026, le personnel de la “ Florida Soft-Sided Facility ” (Installations en parois souples en Floride) a enfermé 79 personnes dans des cages mesurant environ un peu plus d’un mètre de côté, soit à peu près 1,5 m carré de surface au sol, pour des durées allant de quelques minutes à près de deux heures. Les inspecteurs ont décrit cette pratique comme « à nulle autre pareille parmi celles qu’une équipe de l’OIG ait observées dans les établissements de l’ICE » et ont écrit qu’elle « n’est pas conforme aux normes de traitement humain ». Le personnel appelait ces cages des « zones d’apaisement » et affirmait que les détenus n’y étaient pas enfermés à clé, mais les inspecteurs ont constaté la présence de mécanismes de verrouillage. Un registre de l’établissement indique qu’au moins un homme a été maintenu dans une cage pendant 26 minutes pour avoir « refusé d’obtempérer à un ordre légitime ». D’anciens détenus interrogés l’an dernier par Amnesty International l’appelaient « la boîte », la décrivaient comme une punition et racontaient y avoir été enchaînés au sol.
Le 21 janvier 2026, jour de l’inspection, 1 467 personnes étaient détenues dans ce camp de concentration du sud de la Floride, édifié à la hâte sur le tarmac d’un aéroport, au cœur des Everglades. Les cages punitives n’étaient qu’une forme parmi d’autres de la torture que les inspecteurs ont vu infliger aux immigrés.
Les immigrés détenus dans cet établissement ont fait état de violences de la part des gardiens et de privations : accès à un avocat, soins médicaux, eau potable, temps de récréation et nourriture consommable leur étaient refusés. Des unités d’hébergement conçues pour accueillir jusqu’à 32 personnes n’offraient parfois que 2,5 m carrés par détenu, contre un minimum requis de 7.
Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a refusé de donner suite aux recommandations de l’inspecteur général, affirmant n’avoir aucune autorité sur les opérations quotidiennes. L’administration du gouverneur de Floride Ron DeSantis, pour sa part, a défendu les cages de torture. Le directeur de la communication du gouverneur, Alex Lanfranconi, a déclaré que « les médias de gauche veulent braquer les projecteurs sur une zone de confinement destinée à des étrangers criminels violents qui ont prouvé qu’ils étaient incapables de rester paisibles en attendant leur expulsion. Bien qu’elle respecte l’ensemble des normes fédérales en matière de détention pénale, nous la ferions encore plus petite si nous le pouvions ».
Le camp des Everglades était un prototype, non une aberration. La loi budgétaire de l’an dernier a octroyé à l’ICE quelque 45 milliards de dollars pour la détention, sur environ 170 milliards consacrés à la répression de l’immigration, et le modèle du camp de toile a été reproduit à Fort Bliss, au Texas – désormais le plus grand site de détention du pays – ainsi que dans de nouveaux établissements de l’Indiana, du Nebraska et de la Louisiane.
Ce n’est pas un hasard si le rapport porte la date du 11 septembre, jour du 25e anniversaire des attentats. Au nom de la « guerre contre le terrorisme », l’administration Bush a bâti le réseau de sites noirs de la CIA – où les cages de confinement figuraient parmi les « techniques » autorisées –, de même que les chambres de torture d’Abou Ghraib et la prison de Guantánamo Bay, toujours en activité. Barack Obama a reconnu que « nous avons torturé des gens », tout en exigeant que personne n’en soit tenu responsable. Chaque administration qui a suivi a élargi l’appareil de surveillance, de détention et d’exécutions extrajudiciaires mis en place par la « guerre contre le terrorisme ».
Les méthodes conçues pour être employées contre les « ennemis extérieurs » ont été rapatriées et appliquées à l’intérieur des États-Unis, contre les immigrés d’abord. Trump a qualifié ses adversaires politiques d’« ennemi intérieur » et a suggéré d’employer l’armée contre la « gauche radicale ». Au 11 juillet 2026, plus de 65 000 personnes, selon TRAC (Transactional Records Access Clearinghouse), étaient détenues dans les centres de rétention pour immigrés répartis à travers les États-Unis. Plus de 70 pour cent d’entre elles n’ont fait l’objet d’aucune condamnation pénale
Cette année a déjà produit un nombre record de meurtres commis par la police de l’immigration. Renee Nicole Good a été abattue à Minneapolis le 7 janvier, lors de l’occupation fédérale de la ville. Alex Pretti, infirmier en soins intensifs à l’hôpital des Anciens combattants, a été tué le 24 janvier par des agents des douanes et de la protection des frontières. Lorenzo Salgado Araujo, ouvrier du bâtiment, a été abattu par un agent de l’ICE à Houston le 7 juillet, et Johan Sebastián Durán Guerrero a été tué par un agent de l’ICE à Biddeford, dans le Maine, six jours plus tard
Aucun des agents responsables n’a été arrêté. Dans les camps, le bilan est plus lourd encore. Les décès survenus sous la garde de l’ICE ont atteint l’an dernier un sommet en vingt ans, et 2026 est en passe de le dépasser
La Gestapo de Trump a été érigée par les deux partis. Obama a expulsé plus de personnes qu’aucun président avant lui – quelque 3 millions – et a ressuscité la détention des familles, ouvrant en 2014 au Texas des camps pour les mères et les enfants. Biden a maintenu pendant plus de deux ans les expulsions justifiées par le Titre 42 mises en place par Trump, a imposé sa propre interdiction du droit d’asile en 2024 et a quitté ses fonctions avec une population en détention proche de 39 000 personnes par jour, le niveau le plus élevé depuis 2019. Les budgets, les agents, les camps, les contrats et l’architecture juridique dont Trump a hérité étaient l’œuvre des deux partis. Les démocrates du Congrès ont continué à voter les crédits
La réponse des démocrates aux manifestations de masse du début de l’année a confirmé de quel côté ils se rangent. Lorsque plus de 100 000 personnes ont défilé à Minneapolis par des températures sous zéro le 23 janvier, après le meurtre de Good, le gouverneur démocrate Tim Walz a entrepris d’approfondir la coopération entre la police de l’État et les agents fédéraux. Le 7 février, des policiers de l’État et des adjoints du shérif ont arrêté 54 manifestants devant le bâtiment fédéral qui abrite l’ICE et le CBP. Dans le New Jersey, quand les détenus de Delaney Hall, à Newark, se sont mis en grève de la faim et que des sympathisants se sont rassemblés à l’extérieur, la gouverneure Mikie Sherrill a envoyé la police de l’État aux côtés de l’ICE, et le maire Ras Baraka a instauré un couvre-feu
Depuis lors, le Parti démocrate n’a pratiquement rien dit, abandonnant jusqu’aux revendications minimales réclamant le retrait de l’ICE des aéroports. Alexandria Ocasio-Cortez, membre des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA) qui avait remporté son siège en 2018 en promettant notamment d’« abolir l’ICE », n’avait toujours pas fait de déclaration sur le rapport de l’inspecteur général à l’heure où nous écrivons ces lignes. Son silence est celui de l’ensemble des démocrates, qui ont pour ainsi dire rayé la défense des immigrés de leur vocabulaire à l’approche des élections de mi-mandat
Le sénateur du Vermont Bernie Sanders est allé plus loin. Lors d’une intervention sur The Tim Dillon Show en octobre 2025, Sanders a comparé les politiques des frontières de Trump et de Biden et a déclaré : « Trump a fait mieux. » Il a ajouté : « Il faut une frontière, eh bien ayons une frontière. Et nous avons assurément la technologie et les effectifs pour y parvenir.
Les DSA et leur publication Jacobin ont désormais fourni la théorie de ce recul. Jacobin a publié un rapport du Center for Working-Class Politics, fondé sur une enquête menée auprès de 40 000 personnes, qui réduit la question de l’ICE à une affaire de communication de campagne. Une voie d’accès à la citoyenneté pour les immigrés qui « ont travaillé et payé des impôts » « trouve un écho » chez les électeurs de la classe ouvrière, conclut le rapport ; « abolir l’ICE », non. La recommandation faite aux démocrates est de mettre en avant le « coût de la vie » et de traiter la police de l’immigration comme un sujet controversé qu’il vaut mieux éviter
Tandis que l’ICE arrête des dizaines de milliers de personnes chaque mois et en met certaines en cage, l’érection d’un État policier se voit réduite à un indicateur parmi d’autres sur le « baromètre de victoire »
Le postulat de l’exercice est que l’abolition de l’ICE serait une « position » parmi d’autres, à adopter ou à abandonner au gré des sondages. Il n’en est rien. L’ICE est un organe de l’État capitaliste, armé et financé par les deux partis. On ne le démantèlera pas en élisant de meilleurs démocrates, car les démocrates n’ont aucune intention de le démanteler. Cela exige la mobilisation indépendante de la classe ouvrière, immigrée comme celle née au pays, contre l’État lui-même – et c’est précisément ce que la stratégie des DSA, qui consiste à œuvrer au sein du Parti démocrate, vise à empêcher.
C’est pourquoi les manifestations de janvier, malgré toute leur ampleur et toute leur détermination, se sont épuisées. Ce qui leur manquait, ce n’était pas le courage mais une perspective : celle qui relie la défense des immigrés à la lutte de classe dans son ensemble et refuse de la subordonner aux besoins électoraux d’un parti qui construit les camps.
La continuité de la torture d’une administration démocrate ou républicaine à l’autre, des sites noirs aux Everglades, exprime la défense commune de l’État capitaliste par les deux partis. Ni l’un ni l’autre n’existe pour protéger les droits de la classe ouvrière. La tâche d’abolir la police de l’immigration, de libérer ceux qu’elle détient dans ses prisons et de défendre les droits démocratiques de tous incombe à la classe ouvrière, organisée indépendamment des deux partis.
A Creil, un élu insoumis supprime Usimages, biennale de photo consacrée à la condition ouvrière contemporaine.
A rebours des discours de LFI sur le service public de la culture, Omar Yaqoob, maire et président de l’agglomération, a mis fin à une aventure artistique et citoyenne engagée sans discussion préalable avec l’association qui porte le projet. Il invoque des contraintes budgétaires.
A hauteur de 120 000 euros, cette biennale est organisée par l’association Diaphane, pôle photographique en Hauts-de-France. Mais changement de couleur politique au printemps, nouvelle équipe (LFI l'ayant emporté sur une liste Union de la gauche), et voici l’arrêt brutal, sans discussion, d’une aventure artistique et citoyenne pas tout à fait comme les autres. Car loin de consister en un simple accrochage photo sur le monde du travail, Usimages a étroitement mis en lien pendant près de quinze ans de jeunes photographes et des dizaines d’employés des entreprises locales, autour du patrimoine industriel du bassin creillois, de la condition ouvrière contemporaine, liant industrialisation, syndicalisme et migration.
Sur les réseaux sociaux, certaines influenceuses musulmanes appellent à délaisser des classiques de la littérature française jugés incompatibles avec leurs valeurs religieuses. À leur place, elles promeuvent une littérature “ halal ”, débarrassée de ce qui est considéré comme contraire aux principes de l’islam. Après l’alimentation et la finance, les prescriptions religieuses gagnent-elles désormais le terrain de la culture ?
Sur les réseaux sociaux, certaines influenceuses musulmanes revendiquent ouvertement une nouvelle manière de choisir leurs lectures. Vêtues parfois du voile intégral, elles déconseillent à leur communauté certains grands classiques de la littérature française, considérés comme incompatibles avec leurs convictions religieuses.
Parmi les ouvrages ciblés : Boule de Suif, de Guy de Maupassant. La nouvelle raconte notamment l’histoire d’une prostituée pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Un récit jugé problématique par certaines lectrices en raison de thèmes considérés comme incompatibles avec les codes de l’islam.
Le principe revendiqué est simple : privilégier des histoires dont les relations amoureuses respectent les prescriptions religieuses.
Sur TikTok et d’autres plateformes, la “ halal romance ” gagne ainsi en visibilité. Le terme désigne des romans sentimentaux dans lesquels les relations entre les personnages doivent rester conformes à certains principes islamiques, notamment l’absence de relation sexuelle ou romantique avant le mariage. […] Cette nouvelle catégorie de lecture s’accompagne de recommandations de livres mettant en scène, par exemple, des mariages arrangés ou des personnages musulmans.
Pour ces lectrices, il ne s’agit donc plus seulement de choisir un genre littéraire, mais de sélectionner des œuvres en fonction de leur conformité à un cadre moral et religieux. Cette tendance commence également à se structurer autour d’offres commerciales spécifiques. Une plateforme littéraire récemment lancée se présente ainsi comme “ muslim friendly ”, autrement dit adaptée aux lecteurs musulmans.
Certains romans vont également plus loin dans leur critique de la société française. Dans Nous malgré tout, de Lklmany, la France est notamment décrite comme un pays “ islamophobe, laïcard, capitaliste et raciste ”. Le livre critique également le principe de laïcité et la loi de 2004 sur les signes religieux à l’école.
Au-delà du phénomène éditorial, certains observateurs y voient le symptôme d’une évolution plus large : celle d’une consommation culturelle pensée selon des critères religieux. Pour les influenceurs qui véhiculent ce discours, la littérature française classique serait notamment représentative d’un univers “ blanc, bourgeois et parisien ”, éloigné de leur propre identité culturelle.
L’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler interprète, elle, cette évolution comme un exemple d’une logique de séparation culturelle et religieuse. “ C’est l’illustration de la désintégration et de la désassimilation, volonté de ces jeunes-là. Ils n’ont pas l’intention de respecter les règles des démocraties libérales. Ce qui leur importe, c’est d’imposer les leurs. Ils le font de façon lente, de façon progressive, par les objets de consommation. ”
Selon elle, cette stratégie participerait à une forme de “ reconquête culturelle ” visant notamment des populations musulmanes encore éloignées des mouvements islamistes.
“ C’est une tentative pour influencer, d’islamiser selon les codes des Frères musulmans ou des salafistes en général une population qui n’est justement pas encore contrôlée par ces groupes ”, analyse l’anthropologue.
Source : Europe 1
Des nouvelles de Birmingham under islamic rule...
https://www.instagram.com/reel/DcoqVAUtn9I/?igsi=bDFiY2NzZjVvemwy&fbclid=IwY2xjawUFBZVwZG9mAmV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDzEyNDAyNDU3NDI4NzQxNAABHqRfBQPTkdCajS8TKmUyvFgGB7nj4_ck7--qnVPdIhgkQIzF-Ii-JpMr9UKV_aem_yNyfUHpQP-w0cNo3R-D13A
Jean-Baptiste, pour le Grand Soir :
Plus de 100 000 hectares brûlés entre le bassin d’Arcachon et Bordeaux, un feu majeur plus au sud dans les Landes, mais aussi simultanément dans l’arrière-pays du Var, et même dans le Parc des Écrins dans les Hautes-Alpes. La situation des incendies de forêt en France est catastrophique. Après quinze années de régime Macron, la France brûle. Ce n’est pas uniquement la conséquence d’un changement climatique et des suites de trois canicules records depuis le mois de juin. De fait, si depuis les années 1970, en construisant un service public de lutte efficace contre les incendies, la France avait su réduire de beaucoup les grands incendies, c’est en mettant en place une stratégie efficace et réactive. C’est du reste le résultat de luttes politiques et syndicales qu’avaient alors su mener avec insistance le parti communiste français, notamment en Provence Côte d’Azur. Celle de l’extinction des incendies dans le premier quart d’heure. Une stratégie reposant à la fois sur un maillage de terrain, avec une présence importante de pompiers professionnels, des vigies de la défense contre les feux de forêts et des réserves communales, en lien avec une intervention rapide et massive aérienne. Celle-ci reposant sur les hélicoptères pour l’extinction des départs de feux, et sur le bombardement en escadrille par les Canadairs. Pas d’intervention de Canadairs rapides sur un feu naissant dans des conditions de sécheresse et de vent ? c’est un incendie majeur et potentiellement incontrôlable assuré. Un tel scénario catastrophe est prévu par les experts des services publics de l’Etat, que ce soit au ministère de l’équipement comme au ministère de l’agriculture. Les méga-feux ne sont donc pas une nouveauté en France. Il faut ici rappeler les incendies massifs de Rognac les Pennes-Mirabeau aux portes de Marseille en 2016, ceux de la Teste de Buch, ou de Martigues en 2022, sans parler en 2025 du feu incontrôlable qui a brûlé le massif des Corbières dans l’Aude durant 20 jours et sur 17 000 ha . Ou encore l’année dernière le feu catastrophique de Marseille.
Selon le World Socialist Website, L’Odyssée de Christopher Nolan est un phénomène social et culturel.
L’Odyssée est une œuvre sensuelle, émouvante et lyrique, profondément captivante et exaltante. Dans Mimésis, Erich Auerbach affirme :
« La jouissance de l’existence physique est tout pour les poèmes homériques, et leur but le plus élevé est de nous rendre cette jouissance perceptible. »
L’historien de l’Antiquité M. I. Finley observe que L’Odyssée « embrasse tout particulièrement un vaste champ d’activités et de relations humaines : la structure sociale et la vie familiale, la royauté, les aristocrates et les gens du commun, les banquets, le labourage et l’élevage des porcs ».
Nolan ouvre son adaptation de l’épopée sur une séquence troublante. Des soldats troyens découvrent un immense cheval à demi enfoui dans le sable d’une plage située près de leurs murailles apparemment imprenables. Ils blessent cruellement – avant de le tuer plus tard – le seul soldat grec présent près de l’énorme créature de bois, le jeune Sinon, interprété par Elliot Page. Les Troyens croient, et cela sera fatal, qu’il s’agit d’une offrande laissée par les Grecs en retraite : « Portez-le au temple d’Athéna. La guerre est terminée.»
Le film porte ensuite son attention sur le présent, dix ans plus tard, dans le grand palais d’Ithaque. Pénélope, interprétée par Anne Hathaway, et Télémaque, joué par Tom Holland, y sont assaillis par des dizaines de prétendants bruyants et fortunés, des « invités indésirables et voraces », conduits par Antinoos, interprété par Robert Pattinson. Ces derniers consomment la nourriture et les boissons de leurs hôtes et profitent, d’une manière générale, de la femme et du fils d’Ulysse. « La loi de Zeus nous commande de traiter les étrangers comme nous voudrions être traités, car ils pourraient être des dieux déguisés », affirme Télémaque. Mais sa mère et lui bouillonnent de colère.
En 1969, Iain MacMillan réalise en quelques minutes l’image iconique du dernier album enregistré par le groupe, alimentant une folle rumeur sur Paul Mc Cartney...
Nous sommes le 8 août 2026 soit très exactement cinquante-sept ans après l’une des prises de vues les plus célèbres de l’histoire du rock : quatre Beatles traversant (dans les clous) la rue en face de leur studio londonien, la désormais célèbre Abbey Road, une image qui donnera à l’album sa pochette et son titre. Le photographe est un trentenaire écossais, nommé Iain MacMillan, qui a étudié la photographie à Londres. Il a rencontré Yoko Ono en travaillant sur une de ses expositions : c’est elle qui le présentera à John Lennon, qui lui-même soufflera son nom au groupe pour Abbey Road. La mise en scène de la pochette, en revanche, est plutôt une idée de Paul McCartney, qui avait dessiné une esquisse de l’image, selon le récit que le photographe a fait au Guardian vingt ans après.
Source : Le Drapeau Noir
Vijay Prashad, pour Le Grand Soir, dit adieu au dollar étasunien :
Le dollar peut sembler être une monnaie neutre, mais il est en réalité une forme de pouvoir impérial qui discipline les économies, finance les guerres et oblige le Sud Global à financer sa propre subordination.
Lorsque la Grande-Bretagne « dominait les mers », une grande partie du monde considérait que la livre sterling n'était pas simplement une monnaie, mais le langage naturel du commerce lui-même. Depuis le milieu du XXe siècle, les États-Unis parlent du dollar américain de manière très similaire. Écrivant en 1980, au milieu de la crise de l'ordre post-Bretton Woods, l'économiste argentin Raúl Prebisch observait qu'« aux États-Unis régnait l'illusion du dollar tout-puissant ». Cependant, à cette époque, il ne s'agissait pas seulement d'une illusion américaine. Le dollar était déjà devenu la principale monnaie de réserve du monde et la devise dominante du commerce international. Aujourd'hui, cette illusion a commencé, lentement et inégalement, à s'effriter.
Selon le World Socialist Website, au moins 143 des 180 réfugiés qui ont sombré en mer lors de leur traversée entre l'Afrique de l'Ouest et les îles Canaries sont morts ou portés disparus. Leur embarcation a été secourue au large des côtes mauritaniennes le 18 juillet. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la route vers l'Espagne est considérée comme « l'une des plus dangereuses au monde » car les embarcations, généralement surchargées et en mauvais état, doivent parcourir de longues distances et ont peu de chances d'être secourues rapidement. La traversée entre l'Afrique de l'Ouest et les îles Canaries peut représenter entre 800 kilomètres (Mauritanie) et 2 400 kilomètres (Guinée), selon le point de départ
Pour Le Monde, les mégafeux, comme celui en Gironde, ouvrent une dimension inconnue de l’histoire humaine de la vie sur Terre : Apparus ces dernières années, des incendies incontrôlables frappent désormais la France. Un sursaut est nécessaire pour éviter qu’ils ne nous entraînent vers des périls plus graves encore, avertissent trois spécialistes du climat dans une tribune au Monde.
A-t-on vraiment pris la mesure de ce que sont les mégafeux ? Le phénomène reste relativement nouveau : pour la France, l’un des premiers mégafeux jamais advenus sur son territoire est celui qui touche la Gironde. En dépit des apparences, il y a une différence de nature entre les incendies que nous connaissions et les mégafeux.
Selon la ritournelle obsessionnelle des climatosceptiques, il y a toujours eu des canicules, des sécheresses, des cyclones, des inondations. Or en matière d’incendies, la nouveauté de ce qui nous arrive est plus évidente encore. A l’échelle mondiale, le premier des mégafeux de référence a été constaté au Canada en 2017. Leur avènement tourne une page de l’histoire de la nature, laquelle ?
Un mégafeu présente des caractéristiques qui le séparent des feux antérieurs par les nuages qu’il génère, les pyrocumlonimbus (aussi appelés « orages de feu »). La chaleur libérée au sol est telle qu’une colonne d’air chaud s’élève, jusqu’à franchir parfois la barrière de la tropopause (vers 12 kilomètres d’altitude dans nos régions) et pénétrer la stratosphère. Se forme alors un nuage orageux typique, le pyrocumulonimbus, qui constitue un milieu sui generis ; le feu s’oriente alors en fonction de sa dynamique propre, de façon changeante et imprévisible. Les flammes peuvent dépasser la centaine de mètres de haut.
L’Obs. Qui était le Jojo de Jacques Brel ? Pour savoir qui était « Jojo », que Brel a si bien chanté, il faut partir pour un voyage au siècle dernier, poser l’aiguille filante du temps sur le mois de février 1955 et entrer aux Trois Baudets, le cabaret enfiévré de Jacques Canetti, découvreur de talents et directeur artistique de Philips. Là, un autre Jacques, qui n’est pas encore Brel, interprète ses premières chansons, comme « le Diable ». Portait-il, le jour de sa rencontre avec Georges Pasquier, le drôle de costume marron qui le faisait ressembler à un curé ? On ne sait pas. Pas plus qu’on ne sait vraiment ce que fut ce face-à-face, mais quelque chose d’immédiat survint, façon Montaigne et la Boétie, proche aussi de ce qu’écrivit si joliment Paul Alexis, fidèle parmi les fidèles auprès d’Emile Zola, en se souvenant de leurs premiers instants : « Dès la première poignée de main, je sentis que c’était fini, que je lui avais donné toute mon affection. »
A peine Brel se fait-il un nom que Georges devient son homme de confiance. Il est son secrétaire, son régisseur, son chauffeur, celui qui veille à tout et permet au chanteur de se concentrer sur son travail. « Jojo » est aussi et surtout l’ami d’avant la gloire, le désintéressé, le confident.
Dans Le Grand Soir, Emilia Reed évoque la question de la mémoire collective palestinienne :
Chaque fois qu’une maison s’effondre à Gaza, ce ne sont pas seulement des murs et des vies qui tombent. Une photo gardée dans une boîte, une lettre écrite par un grand-père, le programme d’un mariage, la carte d’une école, une preuve qu’une famille a vécu là peuvent également disparaître. Le magazine Wired a raconté ce 6 juillet comment le Musée palestinien, à Birzeit, tente de répondre à cette perte par une idée simple et puissante : créer une archive numérique qui ne puisse être pillée ni effacée.
Une archive numérique est une collection organisée de documents convertis en données : images, textes, audios ou vidéos consultables sur un ordinateur. Les Archives numériques du Musée palestinien ont débuté en 2018 par des visites auprès de familles de Cisjordanie pour demander l’autorisation, scanner des photographies, des lettres et des papiers privés. Aujourd’hui, elles rassemblent plus de 500 000 documents, allant des cartes et journaux intimes aux films et pièces d’identité. Ce sont des mémoires familiales devenues patrimoine commun et témoignage de vie.
Le Monde nous informe que sur Parcoursup, la cohorte des « sans proposition » en nette progression : Quelque 18 % des inscrits sur la plateforme d’affectation dans l’enseignement supérieur, soit 163 372 candidats, n’ont obtenu aucun de leurs vœux au cours de la session, alors que s’achève, samedi, la phase principale d’admission.
Plus de candidats sur la ligne de départ ont généré plus de déçus en fin d’étape. Selon les calculs du Monde, quelque 163 372 candidats, dont la moitié sont des lycéens, n’ont reçu aucune proposition d’affectation au cours de cette session. Parmi ces déçus, ils sont près de 37 000 à avoir quitté la plateforme – dont plus de 15 000 lycéens entre le 7 et le 11 juillet, et 126 652 restent encore en attente d’une proposition.
Penny Smith, dans le World Socialist Website, révèle qu’une exposition au Canada sur la dépossession des Palestiniens est accusée d’« antisémitisme » dans une campagne de diffamation appuyée par le gouvernement.
L'attaque contre l'exposition de Winnipeg s'inscrit dans le cadre d'une campagne de censure qui n'a cessé de s'intensifier depuis octobre 2023, date à laquelle le soulèvement palestinien mené par le Hamas a servi de prétexte à l'offensive génocidaire planifiée de longue date par l'État israélien contre Gaza. Des centaines de milliers de personnes ont participé à des manifestations contre le génocide à travers le pays, fréquemment réprimées par des interventions policières lourdement armées. Les manifestants antigénocide ont été diffamés en étant qualifiés d'« antisémites » et d'« extrémistes » par les plus hautes instances de l'État. De nombreux militants ont été arrêtés lors de perquisitions menées à leur domicile.
Initiative Communiste demande où est la classe ouvrière en France. La réponse est qu’elle est partout.
Plus d’ouvriers en France et une classe ouvrière en voie de disparation remplacé par des entrepreneurs et des startupers ? C’est ce que décrivent en permanence les médias des milliardaires. À tel point que les tenants du réformisme et de l’accompagnement patronal sauce CFDT ont fini par en faire une partie centrale de leur orientation.
Au PRCF, on sait que la classe ouvrière est loin d’avoir disparu, qu’elle est présente partout en France. Et encore plus qu’elle est dominante dans nombre de territoires. Évidemment, de moins en moins dans les très grandes villes. Mais la classe ouvrière, c’est la France de la ruralité, des villes moyennes, et des banlieues des grandes villes.
Le site Communiste Hebdo revient sur la condamnation de Marine Le Pen qui : « reste condamnée pour corruption dans l’affaire de détournement de plus de 4 millions d’euros d’argent public. Mais les juges ont reculé sur le fait de rendre Marine Le Pen inéligible, réduisant sa peine et la calibrant afin d’être candidate à l’élection présidentielle. Les juges invoquant « la liberté des candidatures » et « le libre choix des électeurs ». Sans surprise, la justice de classe se range du côté des puissants, ouvrant la voie à une quatrième candidature à la présidentielle de Marine Le Pen, se pourvoyant en cassation suite à cette décision. L’appareil d’État aux mains du capital a tranché afin d’avoir Le Pen comme un recours possible face à la crise politique du pays.
Soyons – ça fait tellement de bien – pipeul ! Et puis ça me rajeunit de soixante ans...
Mick Jagger et la princesse Margaret ont été proches pendant quatre décennies. Combien proche ? Je n’ai pas tenu la chandelle. Mais cette proximité fit perdre son sang-froid à Elizabeth, sœur aînée et reine.
Mick Jagger assure avoir eu 4 000 partenaires. De Madonna à Carla Bruni en passant par Jackie Kennedy. Quelques hommes aussi : Brian Jones, Rudolph Noureev, Andy Warhol. En juillet 1969, j’eus la chance d’assister au premier concert pop de masse en Angleterre, à Hyde Park, dont les Rolling Stones étaient les vedettes (les Beatles les avaient précédés en 1965 au Shea Stadium de New York). Comme tout le monde, je fus stupéfait de voir monter sur scène Mick en petite jupette blanche (et pantalon). C’est peu dire qu’il aima toujours cultiver l’ambiguïté, comme quand certains moments de son jeu de scène étaient inspirés de Marylin Monroe.
Mick et Margaret firent connaissance lors d’une party très sélecte chez l’ambassadeur Sir David Ormsby-Gore, aristocrate et homme politique conservateur. Mick fut ébloui par la princesse et laissa en plan la petite amie qui l’accompagnait : la célèbre mannequin Chrissie Shrimpton pour se rapprocher de cette princesse qui avait tout de même treize ans de plus que lui.
Margaret aimait jouer de son pouvoir de séduction. Mariée à cette époque au photographe Antony Armstrong-Jones, elle avait toujours eu un faible pour les artistes. Armtrong-Jones avait déjà pleinement réussi dans la photographie avant de rencontrer Margaret (une centaine de ses portraits sont conservés à la National Portrait Gallery de Londres). Pour la princesse, la photographie était une profession faite de sensibilité qui lui donnait l’impression de s’évader de sa prison dorée et de son carcan familial. Le chanteur des Rolling Stones qui, lui, ne demandait qu’à s’élever socialement, était fasciné par la noblesse que dégageait cette femme. « Mick a toujours voulu être l'un d'entre eux – il a aspiré à être un aristo dès le début », avait confié son ami de longue date le publiciste Keith Altham. Ainsi, l’amitié entre ces deux opposés, qui durera près de quarante ans fut source de nombreuses rumeurs dès son commencement. « Si vous les aviez vus rire ensemble, danser…, témoignait un membre de la cour. Cette façon qu’elle avait de poser la main sur son genou et de rire à tout ce qu’il racontait comme une écolière laissait penser qu’il y avait quelque chose entre eux. »
Margaret demanda même à Mick de se faire contruire une maison à côté de la sienne sur l’île Moustique. Seul point sombre dans l’histoire, Élisabeth II désapprouvait totalement leur relation ambiguë. Pour elle, le rockeur était simplement « une influence corruptrice » qui souhaitait profiter de sa sœur.
En effet Mick Jagger s'était souvent moqué ouvertement de la famille royale et semble avoir qualifié à plusieurs reprises la reine de « sorcière en chef ». De quoi attiser la méfiance d’Élisabeth II qui était déjà intervenue plus d’une fois pour dissimuler des révélations scandaleuses qui auraient pu lier sa sœur et le bad boy. L'une d'entre elles concerna une fête durant laquelle Margaret, qui abusa de drogue, dut être transportée à l'hôpital.
En 2003, peu de temps après la mort de la princesse, Mick Jagger fut fait chevalier pour services rendus à la musique populaire par le prince Charles au palais de Buckingham. La reine qui avait tout fait pour qu'il ne soit pas décoré les années précédentes, prétexta être malade ce jour-là...
Pourquoi le couperet de la guillotine était-il incliné et non pas droit ?
La guillotine fut considérée en France comme un instrument de progrès, par rapport à la hache en particulier. Tombant d'une certaine hauteur, et d'une hauteur certaine, le couperet était censé provoquer une décapitation instantanée. Certains à l'époque avancèrent même que le décapité pouvait ressentir une légère, même si fort brève, sensation de fraicheur au passage de la lame. Et puis, temps révolutionnaires obligent, Il se disait que la guillotine, popularisée (et non inventée) par un docteur ne l'oublions pas, contribuerait à rendre les exécutions plus démocratiques, puisque identiques pour les décapités des classes inférieures et celle des classes supérieures.
Le modèle de guillotine proposé par Guillotin, fut fabriqué par un facteur de pianos, en parfaite harmonie avec le siècle des Lumières. L'idée de Guillotin, par-delà le concept d'égalité devant la peine et la mort, était qu'un jour la peine capitale serait abolie. Mais, pour l'heure, Guillotin voulait supprimer les souffrances endurées par les condamnés. Des souffrances qui variaient selon la condition des exécutés. Les nobles étaient décapités au sabre, les roturiers à la hache, les régicides étaient écartelés, les hérétiques étaient brûlées, les voleurs étaient roués ou pendus, les faux-monnayeurs étaient bouillis vifs dans un chaudron.
A l'origine le couperet était droit et non oblique. Il fut essayé sur divers animaux, des moutons, des porcs, puis sur des cadavres humains. Le roi Louis XVI, qui était, on le sait, très manuel, participa à la mise au point de la guillotine moderne. Il semble que c'est lui et personne d'autre qui proposa un couperet incliné et non plus parallèle au sol. Son idée étant que la décapitation serait plus rapide et plus précise. La suggestion royale fut acceptée à sa juste valeur. Il put lui-même apprécier les bienfaits de sa proposition le 21 janvier 1793.