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6 février 2026 5 06 /02 /février /2026 06:01

 

Byzance, Constantinople, Istamboul on s’y perd. L’expression « C’est Byzance ! » date du XXème siècle. Le nom Istambul est une dérivation turque du grec eis tên polin, en français « dans la ville » que les habitants grecs faisaient aux étrangers qui demandaient où ils se trouvaient. Istambul fut la seconde capitale de l’empire romain au IVème siècle. Elle supplanta Rome que les empereurs avaient plus ou moins abandonnée au Vème siècle. En tant que siège du patriarcat œcuménique, elle fut un centre important du christianisme orthodoxe et de l’islam sunnite. Aujourd’hui, Istambul représente 30% de l’économie turque. Elle est la deuxième ville la plus visitée au monde. Deux aéroports internationaux la desservent. Elle compte deux universités. La population de l’agglomération est de 15 millions d’habitants.

 

 

Quoi de plus trivial que l’expression « regagner ses pénates ». Et pourtant, Dieu est présent. Les penates étaient les dieux de la maison. Relisons le tome 2 d’Á la recherche du temps perdu : « J'ai été très heureuse d'apprendre que vous aviez définitivement choisi ce pays pour y fixer vos tabern… Elle allait dire tabernacle mais ce mot lui sembla hébraïque et désobligeant pour un juif qui pourrait y voir une allusion. Aussi se reprit-elle pour choisir une autre expression solennelle : pour y fixer, je voulais dire vos peinates (il est vrai que ces divinités n'appartiennent pas à la religion chrétienne non plus mais à une qui est morte depuis si longtemps qu'elle n'a plus d'adeptes qu'on puisse craindre de froisser. » Bref, “ Regagner ses pénates ” signifie rentrer chez soi pour vénérer ses divinités afin de les remercier d'avoir veillé sur sa maison. 

 

 

Le serment d’Hippocrate a été rendu obligatoire par un édit royal de 1707. Sa valeur est déontologique, mais non juridique. Extrait : « “Au moment d’être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité. Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité. J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. […] Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j’y manque. » Hippocrate avait environ 100 ans quand il mourut. Un cordonnier bien chaussé…

 

Quand l’Histoire fait la langue (et vice-versa) (5)
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5 février 2026 4 05 /02 /février /2026 06:01

Pourquoi une chaleur “ de chien ” (caniculaire).

Réponse rappelée récemment par l’actuel brillant champion de l’émission de France 2 “ Tout le monde veut prendre sa place ”. C’est la faute à Sirius, de la constellation du Grand Chien. Emprunté du latin canicula, « petite chienne », qui traduit le grec kuôn, désignant l’étoile Sirius comme « chien (d’Orion) ». Entre le 19 juillet et le 23 août, Sirius se lève en même temps que le soleil. Le calendrier religieux égyptien commence le jour du premier lever de Sirius. La canicule désigne un épisode de trois jours consécutifs durant lequel les minimales et maximales dépassent des seuils moyens. Á Lyon, la nuit : au-dessus de 20 degrés ; le jour : au-dessus de 34 degrés.

Quand l’Histoire fait la langue (et vice-versa) (4)

PS qui n'a rien à voir. Le magicien le plus extraordinaire au monde est ici :

https://www.instagram.com/jester_crafts/reel/DUTNJMlCEv4/?fbclid=IwY2xjawPv0vBleHRuA2FlbQIxMABicmlkETAwSDhJVzA3bGR0dXpiWXJBc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHtIU2k3b_EoHZAujlqIcZqropO-gObftQVigbiogYcZ799rK-pEnszSrRHoR_aem_6-5H97q3_TleWhgdWrXITA

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 06:01

Á l’heure du tout zunien obligatoire, il est bon de se souvenir qu’en tant qu’êtres de parole et de culture nous venons de quelque part et que, comme pour les Chinois ou les Zoulous, notre expression intime et extime est le produit de siècles de sédimentation, d’accumulation, d’avancées, de reculs, de tournants, et que nos langues disent notre histoire. Les langues reflètent nos sociétés, donc ce que nous sommes, mais, surtout, elles conditionnent notre être social, elles sont la société à tous les moments de l’histoire.

 

Aujourd’hui, la situation est grave : où nous choisissons d’être nous-mêmes en tant qu’êtres de parole dans notre histoire, où nous acceptons de parler le trumpien, une langue pauvre, grotesque, sans variations notoires, taillée par et pour l’impérialisme le plus brutal. Hors la vie, hors notre vie. La langue est l’architecture de notre identité historique. Elle exprime nos valeurs, notre vision du monde. Elle est le réceptacle de ce que nous savons de notre histoire en développement. Jusques à quand ?

 

La langue française est née avant celle du propriétaire de Mar-a-Lago. Dans les faits en 842, lors des serments de Strasbourg. Les petits-fils de Charlemagne ne s’entendaient gère. Louis le Germanique et Charles le Chauve s’allièrent contre leur aîné Lothaire Ier. En février 842, ils signèrent les serments de Strasbourg qui furent retranscrits par leur cousin le Franc Nithard. Ces serments furent rédigés en deux langues, le roman (ancêtre du français) et le tudesque (ancêtre de l’allemand). Pour la première fois, un document officiel était rédigé, non en latin, mais en langue romane. On connaît la suite avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539. L’obligation du français pour les textes officiels contribua à unifier le pays autour d’une même langue. Dix ans plus tard, Joachim du Bellay écrivit la Défense et illustration de la langue française, le manifeste des poètes de la Pléiade, dont l’objectif était de faire du français – contrairement au latin – une langue vivante, de l’enrichir pour la rendre aussi « noble » et influente que le latin.

 

Je me propose, en m’aidant du Dictionnaire des expressions et locutions d’Alain Rey et Sophie Chantreau (Paris, Le Robert 1993) d’aller à la pêche aux exemples de ces mots et expressions produits par l’histoire et qui l’ont façonnée.

 

Á suivre

Quand l’Histoire fait la langue (et vice-versa) (1)
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19 janvier 2026 1 19 /01 /janvier /2026 06:01

Dans son blog, Laurent Bertin dresse un portrait implacable de Pascal Praud, l’une des grandes figures de CNews : « Son dispositif repose sur une mécanique très simple et profondément perverse. Réduire tout problème social à une faute morale individuelle. Réduire toute analyse à une opinion. Réduire toute contradiction à une attaque personnelle. Réduire toute complexité à du mépris de classe. Ainsi, le réel disparaît. Il n’y a plus de structures, plus d’histoire, plus de rapports de pouvoir, plus de déterminations économiques ou symboliques. Il ne reste qu’un théâtre de pulsions où l’on désigne des coupables commodes, où l’on hurle à l’injustice tout en défendant exactement l’ordre qui la produit. C’est la grande imposture. Se présenter comme porte-voix du peuple tout en neutralisant toute possibilité de politisation réelle.

 

Ce qui le rend particulièrement nocif, ce n’est pas son agressivité, mais son anti-intellectualisme militant. Il ne se contente pas de ne pas penser, il apprend aux autres à se méfier de la pensée. Il instille l’idée que réfléchir, c’est déjà trahir, que nuancer, c’est déjà excuser, que comprendre, c’est déjà capituler. C’est une pédagogie de la régression, une école du soupçon contre l’intelligence elle-même.

 

Et surtout, il n’y a chez lui aucune tragédie, aucune profondeur, aucune contradiction féconde. Pas de lutte intérieure, pas de doute, pas de faille créatrice. Seulement une satisfaction lourde, un confort moral obscène, une jouissance de plateau. Il n’est pas un cynique lucide. Il est un satisfait brutal, un homme parfaitement ajusté à une époque qui préfère la certitude hurlée à la vérité inquiète. »

 

 

Le blog Communistes estime qu’un impératif pour l’impérialisme occidental est de cacher le sens du combat anticolonial en Palestine : « Il n’y a pas plus de cessez-le-feu que de beurre en broche ! L’armée d’occupation sioniste le viole en permanence. Plus de 450 Palestiniens dont au moins 165 enfants ont été tués dans la Bande de Gaza, depuis le 10 octobre, date de l’entrée en vigueur de la pseudo trêve.

 

Au sud de Rafah, totalement sous contrôle de l’armée d’occupation, on en est aux préparatifs de la construction d’un vaste camp de concentration censé accueillir les Gazaouis déportés, baptisé « zone verte ».

 

L’expulsion des Palestiniens de leurs maisons, le vol de celles-ci et des terres, le meurtre ou le kidnapping par l’armée sont monnaie courante en Cisjordanie.

 

La loi sur la « peine de mort pour les terroristes » votée par la Knesset, va permettre de pendre sans jugement des détenus Palestiniens.

 

Et tout cela dans le silence assourdissant des media en France. Les quelques allusions au génocide qui pouvaient exister avant le prétendu cessez-le-feu ont fait place à un vide sidéral, comme si tout était redevenu normal en Palestine. Les images de Gaza dévastée, des exactions et massacres commis par l’État colonial sioniste sont nombreux depuis deux ans et demi. Mais nos media au service du Grand Capital occidental refusent de les diffuser.

 

 

Le Monde cite des Groenlandais effarés par les outrances du président des États-Unis : « Il a proposé 10 000 dollars pour annexer l’île, mais pour qui nous prend-il ? »

 

 

Selon L’Humanité : « La droite veut faire travailler 1,5 million de salariés le 1ermai : pour les syndicats et la gauche, c’est toujours non. Au moins 1,5 million de travailleurs privés de repos le 1er mai ? C’est le sens d’une proposition de loi centriste, adoptée par le Sénat en juillet, et qui sera débattue lors de la niche LR, le 22 janvier. Le texte, loi « visant à permettre aux salariés de certains établissements et service de travailler le 1er mai », entend autoriser l’ouverture des commerces de bouche de proximité (boulangerie, pâtisserie, boucherie, poissonneries) mais aussi ceux liés à un usage traditionnel du 1er mai, pour s’offrir du muguet » (fleuristes et jardiniers).

 

« Depuis 1947, le 1er mai est le seul jour férié et chômé pour l’ensemble des salariés », rappelle le député PCF Stéphane Peu, qui affiche son opposition à ce texte, comme l’ensemble des parlementaires de gauche. En l’État, des exceptions sont déjà permises pour les employés et les agents des services publics vitaux (sécurité, santé, hôpital), des hôtels et des industries ne pouvant arrêter leurs productions.

 

Revue de presse 594

 

 

PS : revu l'ami Pierre Lemaitre chez Babette Lemoine. Alors, avec ou sans barbe? 

Revue de presse 594
Revue de presse 594

 

PPS : Philippe Presti, cousin de Nathalie, nouveau chef d'équipe (pardon : team manager) de l'équipe de France de voile.

Je vous renvoie à un article que j'ai écrit en 2017 sur mon cousin par alliance :
https://bernard-gensane.over-blog.com/2017/06/connaissez-vous-philippe-presti.html?fbclid=IwY2xjawPYm5dleHRuA2FlbQIxMABzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEe8R396ckG8BiACulFuviHURn5y6tM8y9jGVwnGniS11jSeqAEStmSfnDAPI4_aem_-M1ENVdwPyEMTQzNC77-4g
Revue de presse 594

 

 

SUR SON RÉSEAU SOCIAL TRUTH, Donald Trump se présente comme le “ Président par intérim du Venezuela ” (je n'insiste pas sur sa mine tellement avenante).

 

Revue de presse 594
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17 janvier 2026 6 17 /01 /janvier /2026 06:01

J'avais depuis longtemps l'intention d'évoquer cette photo qui est l'une des plus célèbres dans la conscience collective historique de la Pologne. Elle fut prise à Varsovie par Julian Bryan, un photographe étasunien, le 14 septembre 1939.

 

Ce jour-là, les diplomates et les officiers de la plupart des gouvernements étrangers fuient la capitale. Bryan prend contact avec le maire de Varsovie qui lui prête une automobile et lui attribue un guide et un interprète en lui permettant de circuler et de photographier dans la capitale de la Pologne. Bryan va prendre des centaines de clichés en noir et blanc et aussi en couleurs, ce qui était rare à l'époque. Il va par ailleurs consommer 5 000 pieds de films documentant le siège de la capitale, les bombardements de la Luftwaffe qui font régner la terreur dans la ville. Il était vraisemblablement le seul journaliste étranger sur place à ce moment-là.

 

La photo montre une enfant affolée et désespérée devant le corps inanimé d'une jeune fille. Avec une poignée d'autres polonaises qui, comme elle, mourait littéralement de faim, ces 2 sœurs avaient décidé de creuser dans un champ à la recherche de pommes de terre. Deux avions allemands passèrent au-dessus de leur tête et larguèrent deux bombes sur une petite maison voisine ou les deux occupantes furent tuées. Les femmes dans le champ se jetèrent à plat ventre pour se protéger mais les avions revinrent mitrailler le champ en faisant deux nouvelles victimes. Ce sont elles qu'on voit sur les photos prises par Brian. L'une des deux s'appelait Anna Kostewicz. Brian vit Kazimiera, la petite sœur d’Anna âgée de 10 ans s'agenouiller et pleurer près de son aînée morte.

 

Pour la petite fille, le traumatisme fut énorme. En une seconde elle venait de voir mourir sa sœur alors qu'elle n'avait jamais vu une personne décéder et que la mort en tant que concept lui était complètement inconnu. Pour la petite histoire c'était également la première fois qu'elle rencontrait un étranger.

 

En ce tout début de guerre Brian avait, sur les ondes de la radio polonaise, exhorté le président Roosevelt à venir en aide à la Pologne, et il avait prévenu contre le risque d'une guerre mondiale.

 

En 1958 Brian revint en Pologne et publia des centaines de photos de Varsovie prise par lui en 1939. Avec l'aide du journal polonais Express Wieczorny, il lança une campagne de recherche sous le titre “ Reconnaissez-vous vous-même, vos parents, votre maison et votre rue ? ” C'est ainsi qu'il put rencontrer et enregistrer l'histoire de plusieurs personnes qui apparaissaient sur les photos du quotidien du soir. En 1959, il tira de cette expérience le livre Warsaw: 1939 Siege, 1959 Warsaw Revisited.

 

Kazimiera ou la photo de l’enfant qui pleure sa sœur
Kazimiera ou la photo de l’enfant qui pleure sa sœur

PS : Facebook (ou son ordinateur) vient de censurer cet article. Pour des raisons peu claires.

 

En fait, c'est plus subtil qu'une vraie censure :

" 

Nous avons rétrogradé votre publication dans le fil
Nouvelles informations sur cette décision
 
Ce que cela signifie
 
Les utilisateur(ice)s devront peut-être faire défiler l’écran plus longtemps pour voir votre contenu."
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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 06:01

En ce début d’année ne nous faudrait-il pas songer à sortir de l’impasse, à faire de la place, à revenir dans l’espace public en 2026 ?

Avant que nous ne soyons plus assez nombreux pour le faire ; tant que nous avons encore la capacité de transmettre aux jeunes.

Et si nous étions la dernière génération à pouvoir le faire ?

 

SORTIR DE L’IMPASSE où nous mènent l‘individualisme, le repli sur soi et l’égoïsme, l’indifférence, le détachement et le désintérêt aussi, pour les affaires du monde, de notre société.

Société qui n’en poursuit pas moins son chemin qui la mène, nous le savons, plus que dans l’impasse : dans le mur.

 

FAIRE DE LA PLACE en évacuant tout ce fatras de pseudo-valeurs, toute cette médiocrité ambiante, ce pessimisme et ces nouveaux faux repères mortifères ; faire de la place pour

 

REVENIR DANS L’ESPACE public pour y installer la gaieté et le rêve ; ré-instaurer des rencontres, de vraies rencontres d’humains, entre humains…

De la place pour ramener dans l’espace public, après les avoir tirées de l’ombre, nos valeurs jamais éteintes parce qu’elles sont porteuse d’avenir, de futur.

 

Remettre dans l’espace, sur la place centrale, le moteur disparu du collectif capable, seul capable, d’animer -et de porter- le mouvement d’émancipation en rassemblant aurtour de lui pour l’agir ensemble, pour avancer et gagner.

Recréer du collectif, seul vrai moteur pour ouvrir la voie vers nos valeurs de solidarité, de justice, d’humanité et de paix ; pour le progrès social et humain, pour une société enfin fraternelle.

Pas un exclu, pas un seul laissé pour compte ! Tout homme vaut tous les hommes !

Recréons la société des hommes, la seule société qui compte.

Rien ne viendra tout seul ; rien peut faire advenir le pire.

Il est encore temps.

Gaieté, lutte, espoir, fraternité : remettons sur les platines Gilles Servat, Colette Magny, Catherine Ribeiro, Michel Bühler, Kalune, Gauvain Sers et tous les autres...

 

 

PS qui n'a rien à voir …

AVANT LE PQ, ON UTILISAIT QUOI ?
Le célèbre "papier toilette" fait aujourd’hui partie intégrante de nos habitudes. Pourtant, son usage à grande échelle ne remonte pas à si longtemps. Tout commence avec l’Américain Joseph Gayetty, inventeur du "papier thérapeutique", des feuilles prédécoupées vendues en paquets et imprégnées d’Aloé. En France, ce n’est qu’au XXe siècle que le papier toilette fait son apparition, d’abord perçu comme un produit haut de gamme, avant de se démocratiser et devenir un article d’hygiène courant.
Selon les civilisations, les méthodes pour s’essuyer après avoir fait ses besoins étaient différentes. Chez les Grecs, la haute société utilisait des feuilles de poireaux, quand la population s’essuyait, semble-t-il, avec ses vêtements ou des cailloux lisses. La noblesse romaine bénéficiait déjà d’objets plus doux comme des serviettes en tissu ou en laine. Au Moyen Âge, on se sert de ce que l’on trouve dans la nature : des feuilles d’arbre ou du foin sont utilisés pour s’essuyer [ou des oisillons, BG]. Plus tard, vers le XVIe siècle, les plus aisés s’offraient le luxe d’utiliser des bouts de tissus en lin et chanvre, voire pour certains en velours. La grande invention qui révolutionna le lavage des fesses fut le bidet au XVIIe siècle : c’est en France qu’est apparu ce petit bassin réservé aux classes supérieures et qui a rapidement conquis toute l’Europe. « Bidet » découle étymologiquement de l'ancien français, dans lequel il désignait un petit cheval, trapu et ramassé ; le verbe « bider » signifiant « trotter ». L'idée repose sur une analogie : on « monte » un bidet, appareil sanitaire dont la cuvette sert aux ablutions intimes, de la même façon qu'on «monte » un poney.
Les premiers à utiliser du papier pour l’hygiène intime sont les Chinois, dès le Ve siècle. Mais jusqu’au XIXe siècle, les papiers utilisés n’étaient pas fabriqués dans cette optique d’utilisation. En 1857, l’Américain Joseph Gayetty propose pour la première fois du papier en feuilles volantes imprégnées à l’Aloé, dit "papier thérapeutique", ancêtre du papier toilette que l’on connaît aujourd’hui. Pour la forme en rouleau avec les feuilles qui se détachent, ce sont les frères Scott qui l’ont créée en 1890.
 
Repris de https://actu.caminteresse.fr/insolite/papier-toilette-voici-ce-quon-utilisait-pour-sessuyer-avant-son-invention-11194295/?utm_source=outbrain&utm_medium=cpc&utm_term=FR_Capital_fr+%28Prisma+Presse%29_economie+politique&utm_campaign=pmo_CAM_article_desktop_desktop_iso_froid_papier_toilette&dicbo=v4-GKAUDNy-1081550216-1
Sortir de l'impasse, par Jean-Marc Gardès
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6 janvier 2026 2 06 /01 /janvier /2026 06:01

Par Pepe Escobar, repris du Grand Soir

Bienvenue dans l'IA qui transforme le net en une machine infernale visant à effacer le sens, la culture et l'Histoire – et à semer une profonde confusion intellectuelle. Exactement comme le Techno-Féodalisme le souhaite.

L’IA se développe rapidement comme un fléau sur tout le spectre d’Internet. C’est assez prévisible, étant donné que le modèle des géants de la technologie de l’IA est le techno-féodalisme, reposant sur le profit et le contrôle mental/social, et non sur le partage/l’expansion des connaissances et la création de meilleures conditions pour une citoyenneté bien informée.

L’IA est à bien des égards l’antithèse de la civitas. Avant le boom de l’IA, plusieurs couches d’Internet avaient déjà été déformées en une série de champs de mines à travers un égout plus grand que nature. L’IA – telle que contrôlée par les géants de la technologie – s’était déjà révélée à bien des égards comme une fraude. Maintenant, c’est une arme.

Il existe plusieurs chaînes YouTube manipulées par l’IA, qui volent l’image et la voix de certains d’entre nous, analystes politiques indépendants. Une liste non exhaustive inclut comme cibles John Mearsheimer, Larry Johnson, Richard Wolff, Glenn Diesen, Yanis Varoufakis, l’économiste Paulo Nogueira Batista et moi-même.

Ce n’est pas un hasard si nous sommes tous des analystes géopolitiques et géoéconomiques indépendants, que nous nous connaissons pour la plupart personnellement et sommes invités dans à peu près les mêmes podcasts.

Dans mon propre cas, il existe des chaînes en anglais, en portugais et même en espagnol : je fais rarement des podcasts en espagnol, donc même la voix est fausse. En anglais, la voix est généralement approximativement clonée. En portugais, elle a un accent que je n’ai pas. Dans plusieurs cas, les chiffres d’audience sont énormes. Essentiellement, ceux-ci proviennent de bots.

Dans tous les cas, en ce qui nous concerne, nous, les cibles, toutes ces chaînes sont fausses. Je le répète : toutes ces chaînes sont fausses. Elles peuvent au moins dans certains cas être créées par des « fans » – certainement dans un but lucratif via la monétisation.

Ou toute cette arnaque pourrait faire partie de quelque chose de bien plus sinistre : une stratégie visant à la perte de crédibilité. Comme dans une opération menée par les suspects habituels pour semer la confusion parmi le – large – public de plusieurs penseurs indépendants.

Ce n’est pas un hasard si un bon nombre de spectateurs sont déjà profondément perplexes. D’où la question la plus courante : « Est-ce vraiment vous, ou une IA ? » Beaucoup ont apparemment dénoncé ces fausses chaînes, mais YouTube, jusqu’à présent, n’a absolument rien fait à leur sujet. Les algorithmes continuent de suggérer ces chaînes à de larges audiences.

La seule façon réaliste de lutter contre l’arnaque est de déposer une plainte auprès de YouTube. Mais cela, en pratique, est assez inutile. La direction de YouTube semble plus intéressée par la suppression occasionnelle de chaînes « gênantes » affichant une pensée et une analyse critique.

Décrypter le code de l’arnaque

Quantum Bird, un expert en physique et calcul haute performance, anciennement au CERN à Genève, a décrypté le code de l’arnaque :

La prolifération d’agents de réseaux neuronaux numériques à apprentissage profond capables d’émuler l’écriture, la voix et la vidéo d’êtres humains était inévitable, et leur impact sur la recherche scientifique, la production de connaissances et l’art en général a un potentiel négatif qui n’a pas encore été entièrement analysé.

Il ajoute :

Alors que les écrivains et les universitaires détaillent l’apparition de textes qui leur sont attribués, et reproduisant dans une certaine mesure leur style et leurs opinions, la dernière mode est l’éclosion de chaînes entières sur YouTube, et d’autres plateformes notoires des géants de la technologie, qui proposent des vidéos de producteurs de contenu populaires, communiquant dans leur langue maternelle ou d’autres langues. Dans plusieurs cas, la qualité de ce matériel synthétisé est suffisamment élevée pour ne pas permettre une identification immédiate par un spectateur moyen. Dans le contexte de la communauté d’analyse politique, l’impact est évident : révisionnisme historique, érosion des réputations et distorsion des nouvelles et des analyses.

Et ici, Quantum Bird expose l’argument technologique décisif :

La synthèse de ce type de contenu nécessite la disponibilité d’échantillons abondants et une capacité de calcul massive, bien au-delà de la portée des utilisateurs domestiques. Alors que la popularité des victimes de YouTube garantit la première condition, la seconde suggère l’activité d’acteurs étatiques ou corporatifs à grande échelle, car les modèles avancés d’apprentissage profond doivent être développés et entraînés en traitant une quantité énorme, en termes d’« espace disque », d’audio et de vidéo. La monétisation du contenu ne couvre pas les coûts de cette opération. Ironiquement, c’est la disponibilité et l’exposition excessive des voix et vidéos en ligne qui permettent ce type d’attaque.

Voilà. Bienvenue à l’IA transformant le net en une machine infernale visant à effacer le sens, la culture et l’Histoire – et à semer une profonde confusion intellectuelle. Exactement comme le Techno-Féodalisme le souhaite.

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5 janvier 2026 1 05 /01 /janvier /2026 06:01

Le World Socialist Website demande ;;;l'arrêt des rafles massives des immigrants ordonnées par Trump.

Avec la complicité du Parti démocrate et de l'appareil syndical, le gouvernement Trump a lancé une vaste opération de détentions et d'expulsions massives à l'échelle nationale. Chaque jour, des agents fédéraux lourdement armés et souvent masqués investissent les quartiers, les lieux de travail, les écoles et les domiciles.

Le Washington Post a rapporté que l'ICE [agents des douanes et de la protection des frontières] procède désormais à environ 2 600 arrestations par semaine. Sous la première présidence d'Obama, la moyenne hebdomadaire était de 640 arrestations. L'objectif de Trump est de parvenir à un million d'expulsions en 2026.

L'affirmation que l'opération cible les «criminels» est un mensonge. L'ICE a abandonné les arrestations en prison au profit de raids massifs sur les lieux de travail, notamment les stations de lavage automobile, les chantiers de construction et les usines agro-alimentaires. Le seul «crime» des immigrants visés est de vouloir travailler. 

La campagne anti-immigration est le fer de lance d'une campagne dictatoriale plus vaste. Le coup d'État du 6 janvier n'était pas une aberration. Celui-ci s'est poursuivi sous le second gouvernement Trump. La répression de l'immigration sert de terrain d'expérimentation pour le démantèlement des droits constitutionnels, notamment le droit du sol et le droit à une procédure régulière.

La bureaucratie syndicale est également complice. Le président de l'UAW, Shawn Fain, soutient les tarifs douaniers et la politique de guerre commerciale de Trump. Le président des Teamsters, Sean O'Brien, a approuvé les expulsions massives et a refusé de défendre les membres de son syndicat harcelés par des agents fédéraux masqués à Chicago. Le nationalisme économique est le terrain d’entente de la bureaucratie syndicale avec Trump.

 

Pour Caitlin Johnstone, dans Le Grand Soir, si le droit à la liberté d’expression n’inclut pas le droit de s’opposer à un génocide en cours en utilisant un langage fort et sans concession, alors il n’y a pas de liberté d’expression.

C’est exactement le genre de situation pour laquelle la liberté d’expression a été conçue : les moments où le gouvernement fait quelque chose de mal qui doit être farouchement combattu. C’est la principale raison pour laquelle elle est une valeur fondamentale de notre société. La liberté d’expression sert à demander des comptes aux puissants.

Si vous ne disposez de la liberté d’expression que lorsque vous êtes d’accord avec votre gouvernement et que vous ne dites rien qui dérange les puissants, alors l’Arabie saoudite dispose de la liberté d’expression. Tous les régimes tyranniques qui ont jamais existé ont bénéficié de la liberté d’expression selon ces critères. On ne mesure pas la liberté d’une société à l’aune de la mesure dans laquelle ses citoyens sont autorisés à être d’accord avec leur gouvernement, mais à l’aune de la mesure dans laquelle ils sont autorisés à être en désaccord.

On nous dit que les manifestations doivent cesser, que les slogans anti-génocide doivent être criminalisés et que tout le monde doit se taire et obéir, tout cela justifié par le discours totalement infondé selon lequel les paroles et les actions des militants pro-palestiniens seraient en quelque sorte responsables du terrible massacre commis à Sydney.

Et ces politiques servent justement les intérêts des mêmes puissances occidentales dont les actions favorisant le génocide ont été vigoureusement combattues ces deux dernières années. Les responsables gouvernementaux sont constamment contestés et interrogés sur leur complicité dans les atrocités génocidaires commises par Israël. Les politiciens sont constamment confrontés à des manifestants anti-génocide lors de leurs apparitions publiques. Les riches fabricants d’armes voient leurs marges bénéficiaires réduites par les actions directes des groupes militants. Les institutions médiatiques ploutocratiques sont de plus en plus discréditées aux yeux du public, l’holocauste de Gaza les exposant toutes au grand jour.

Les puissants nous disent que nous ne vivons pas dans le genre de société qu’on nous a enseigné à l’école. Ils nous disent que la seule raison pour laquelle nous avons été autorisés à nous exprimer librement pendant les années qui ont précédé le génocide de Gaza, c’est parce que nous étions un troupeau de moutons dociles qui ne remettaient pas sérieusement en cause les intérêts de ces mêmes puissants, et maintenant que nous les remettons sérieusement en cause, la façade de la liberté et de la démocratie s’effondre.

Comme l’a dit un jour Frank Zappa, « L’illusion de la liberté perdurera tant qu’il sera profitable de la maintenir. Lorsque cette illusion deviendra trop coûteuse à entretenir, ils démonteront simplement le décor, ils tireront les rideaux, ils déplaceront les tables et les chaises, et vous verrez le mur de briques au fond du théâtre. »

Revue de Presse 592
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3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 06:01

Noël est une histoire d’empire, d’injustice et de la vulnérabilité de gens ordinaires emportés sur son passage.

Par le Révérend Dr Munther Isaac, Pasteur et théologien palestinien.

Le 24 décembre 2025

Chaque mois de décembre, une grande partie du monde chrétien entre dans un cycle familier de célébrations : chants, lumières, arbres décorés, frénésie de consommation et l’imaginaire chaleureux d’une nuit enneigée. Aux États-Unis et en Europe, la rhétorique populaire évoque souvent des « valeurs chrétiennes occidentales », voire la notion vague de « civilisation judéo-chrétienne ». Ces phrases sont devenues si courantes que beaucoup supposent, presque automatiquement, que le christianisme est intrinsèquement une religion occidentale – une expression de la culture, de l’histoire et de l’identité européennes.

Ce n’est pas le cas.

Le christianisme est, et a toujours été, une religion d’Asie occidentale, du Moyen-Orient. Sa géographie, sa culture, sa vision du monde et ses histoires fondatrices sont enracinées dans cette terre – parmi les peuples, les langues et les structures sociales qui ressemblent beaucoup plus à ceux de la Palestine, de la Syrie, du Liban, de l’Irak et de la Jordanie qu’à tout ce que l’on imagine en Europe. Même le judaïsme, invoqué dans l’expression « valeurs judéo-chrétiennes », est lui-même un phénomène totalement moyen-oriental. L’Occident a reçu le christianisme – il ne lui a certainement pas donné naissance.

Et rien ne révèle mieux la distance entre les origines du christianisme et son expression occidentale contemporaine que Noël – l’histoire de la naissance d’un juif palestinien, un enfant de cette terre qui est né bien avant que les frontières et les identités modernes n’apparaissent.

Ce que l’Occident a fait de Noël

En Occident, Noël est un marché culturel. Il est commercialisé, romancé et enveloppé dans des couches de bons sentiments. Les montagnes de cadeaux éclipsent toute préoccupation pour les pauvres. La période de Noël est devenue une compétition d’abondance, de nostalgie et de consumérisme – un jour férié dépouillé de son noyau théologique et moral.

Même les couplets familiers de la chanson de Noël Silent Night obscurcissent la vraie nature de l’histoire : Jésus n’est pas né dans la sérénité, mais dans le bouleversement.

Il est né sous occupation militaire, dans une famille déplacée par un décret impérial, dans une région vivant sous l’ombre de la violence. La sainte famille a été forcée de fuir comme des réfugiés parce que les nourrissons de Bethléem, selon le récit de l’Évangile, étaient massacrés par un tyran craintif déterminé à préserver son règne. Ça vous rappelle quelque chose ?

En effet, Noël est une histoire d’empire, d’injustice et de la vulnérabilité de gens ordinaires emportés sur son passage.

Bethléem : Imagination VS réalité

Pour beaucoup en Occident, Bethléem – le lieu de naissance de Jésus – est un lieu imaginaire – une carte postale de l’antiquité, figée dans le temps. La « petite ville » est connue comme un village pittoresque de l’Écriture plutôt que comme une ville vivante avec de vraies personnes, avec une histoire et une culture distinctes.

Bethléem est aujourd’hui entourée de murs et de points de contrôle construits par un occupant. Ses habitant.es vivent sous un système d’apartheid et de fragmentation. Beaucoup se sentent coupé.es, non seulement de Jérusalem – que l’occupant ne leur permet pas de visiter – mais aussi de l’imaginaire chrétien mondial qui vénère le passé de Bethléem tout en ignorant souvent son présent.

Ce sentiment explique aussi pourquoi tant de gens en Occident, tout en célébrant Noël, se soucient peu des chrétiens de Bethléem. Pire encore, beaucoup embrassent des théologies et des postures politiques qui effacent ou rejettent entièrement notre présence afin de soutenir Israël, l’empire d’aujourd’hui.

Dans ce cadre, l’ancienne Bethléem est considérée comme une idée sacrée, mais la Bethléem moderne – avec ses chrétien.nes palestinien.nes souffrant et luttant pour survivre – est une réalité gênante qui doit être ignorée.

Cette déconnexion a beaucoup d’importance. Quand les chrétien.nes occidentaux.les oublient que Bethléem est réelle, ils et elles se déconnectent de leurs racines spirituelles. Et quand ils et elles oublient que Bethléem est réelle, ils et elles oublient aussi que l’histoire de Noël est réelle.

Ils et elles oublient qu’il a eu lieu parmi un peuple qui vivait sous l’empire, qui subissait un déplacement, qui désirait la justice, et qui croyait que Dieu n’était pas lointain mais parmi eux.

Ce que Noël signifie pour Bethléem

Alors, à quoi ressemble Noël lorsqu’il est raconté par les gens qui vivent encore là où tout a commencé – les chrétien.nes palestinien.nes? Quelle signification a-t-il pour une petite communauté qui a préservé sa foi pendant deux millénaires ?

En son cœur, Noël est l’histoire de la solidarité de Dieu.

C’est l’histoire de Dieu qui ne règne pas de loin, mais qui est présent au sein du peuple et prend le parti de celles et ceux qui sont en marge. L’incarnation – la croyance que Dieu a pris forme humaine – n’est pas une abstraction métaphysique. C’est une déclaration radicale sur l’endroit où Dieu choisit de demeurer : dans la vulnérabilité, dans la pauvreté, parmi les occupé.es, parmi celles et ceux qui n’ont aucun pouvoir si ce n’est la puissance de l’espérance.

Dans l’histoire de Bethléem, Dieu ne s’identifie pas aux empereurs, mais à celles et ceux qui souffrent sous l’empire – ses victimes. Dieu ne vient pas comme un guerrier, mais comme un enfant. Dieu n’est pas présent dans un palais mais dans une crèche. C’est la solidarité divine dans sa forme la plus frappante : Dieu rejoint la partie la plus vulnérable de l’humanité.

Noël est donc l’annonce d’un Dieu qui affronte la logique de l’empire.

Pour les Palestinien.nes d’aujourd’hui, ce n’est pas seulement de la théologie – c’est de l’expérience vécue. Lorsque nous lisons l’histoire de Noël, nous reconnaissons notre propre monde : le recensement qui a forcé Marie et Joseph à voyager ressemble aux permis, aux check-points et aux contrôles administratifs qui façonnent notre vie quotidienne aujourd’hui. La fuite de la sainte famille rappelle les millions de réfugié.es qui ont fui les guerres dans notre région. La violence d’Hérode fait écho à la violence que nous voyons autour de nous.

Noël est une histoire palestinienne par excellence.

Un message au monde

Bethléem célèbre Noël pour la première fois après deux ans sans festivités publiques. Il était douloureux mais nécessaire pour nous d’annuler nos célébrations; nous n’avions pas le choix.

Un génocide se déroulait à Gaza, et en tant que personnes qui vivent encore dans la patrie de Noël, nous ne pouvions pas prétendre le contraire. Nous ne pouvions pas célébrer la naissance de Jésus pendant que les corps sans vie d’enfants de son âge étaient sortis des décombres.

Célébrer cette saison ne signifie pas que la guerre, le génocide ou les structures de l’apartheid ont pris fin. Des gens sont toujours tués. Nous sommes toujours assiégé.es.

Notre célébration est plutôt un acte de résilience – une déclaration que nous sommes encore ici, que Bethléem reste la capitale de Noël, et que l’histoire que cette ville raconte doit continuer.

À une époque où le discours politique occidental utilise de plus en plus le christianisme comme un marqueur d’une identité culturelle – excluant souvent les personnes parmi lesquelles le christianisme est né – il est vital de revenir aux racines de cette histoire.

Ce Noël, notre invitation à l’Église mondiale – et aux chrétien.nes occidentaux.les en particulier – est là pour nous rappeler où l’histoire a commencé. Se rappeler que Bethléem n’est pas un mythe mais un lieu où des gens vivent encore. Si le monde chrétien doit honorer le sens de Noël, il doit tourner son regard vers Bethléem — non pas vers un monde imaginaire, mais le vrai, une ville dont le peuple aujourd’hui crie encore pour la justice, la dignité et la paix.

Se souvenir de Bethléem, c’est se rappeler que Dieu se tient aux côtés des opprimé.es – et que les disciples de Jésus sont appelé.es à faire de même.

Traduction : LG pour l’Agence Média Palestine

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2 janvier 2026 5 02 /01 /janvier /2026 06:01

Il est très sympa, bon comme du pain blanc. Il est très cultivé. Sa plume experte est au service de causes généreuses. Il bloggise depuis des lustres.

 

Ne voilà-t-il pas que Mark a décidé de lui fermer définitivement le clapet après un procès à charge, sans qu'il ait eu réellement la possibilité de se défendre.

 

Je lui laisse la parole.

 

UN APPEL … SANS APPEL

Le 20 décembre, j’étais couché dans mon lit d’hôpital, avec plusieurs cathéters branchés dans mes bras et une prise de sang toutes les deux heures quand j’ai reçu sur mon mail un message de Meta m’annonçant que j’avais sûrement commis un gros forfait puisqu’ils restreignaient mon usage de Facebook, mais que je pouvais faire appel. J’ai, en effet, indiqué que je le faisais, pensant qu’un dialogue s’ouvrirait, et un peu plus d’une heure plus tard, je reçus le message ci-après :

L’examen n’a pas abouti en votre faveur

Bonjour Jean-Paul,

Votre compte Facebook a été désactivé définitivement.

Vous avez demandé un examen de cette décision, mais nous vous confirmons que votre compte, ou l’activité sur celui-ci, n’a pas respecté nos Standards de la communauté. Vous ne pouvez pas demander d’autre examen.

Découvrez-en plus sur la désactivation des comptes en consultant les standards de la communauté.

Je n’ai pas grand-chose à faire de Facebook, mais j’y publiais tous les jours mes billets et, surtout, je communiquais avec de nombreuses personnes en utilisant Messenger auquel je n’ai plus accès ainsi qu’à une liste de plus de 500 correspondants. Il s’agit, là, d’une véritable amputation correspondant à l’équivalent d’un incendie faisant partir en fumée des années de souvenirs.

J’ai relu attentivement leurs fameux standards et je ne vois pas du tout ce qui a pu poser problème dans mes publications.

Le vrai sujet c’est la prise d’une décision, probablement par un algorithme et une Intelligence artificielle, sans communication sur ce qui contrevient à ces standards et un « appel » sans avoir à apporter d’élément de réponse à ce qui est reproché.

Cette brutalité m’apparaît comme une sinistre illustration de cet « effacement civilisationnel » que Donald TRUMP croit déceler en Europe … qui correspond surtout à notre adoption de méthodes inspirées du Far West plutôt que « De l’esprit des lois » au Siècle des Lumières.

Le candidat permanent au Prix Nobel de la Paix, soutient Israël dans l’écrasement, non du Hamas, mais du peuple palestinien à Gaza et en Cisjordanie … ça n’est pas contraire à « ses standards de la communauté » alors il laisse faire.

Dans une guerre civile au Kenya, des Musulmans s‘en prennent à des Chrétien mais c’est parfois l’inverse … ses standards de la communauté l’autorisent à bombarder les Musulmans.

Les Groenlandais veulent conserver leur statut actuel, probablement non conforme aux Statuts de la communauté trumpienne … il les envahira un jour prochain.

Des narcotrafiquants partent certainement des côtes vénézuéliennes, ça n’est pas conforme à ses standards … il ne les arraisonne pas lorsqu’ils arrivent près des côtes américaines … il fait bombarder les bateaux en pleine mer sans s’occuper de vérifier qui sont les hommes qu’il assassine sans hésitation alors que certains d’entre eux doivent être juste de paisibles pêcheurs.

L’action brutale sans s’embarrasser du droit des personnes, sans vérification contradictoire de quoi que ce soit, c’est la caractéristique du vent d’ouest qui souffle sur nos têtes, collectivement et individuellement.

C’est une marque importante de 2025 … cette année une de l’ère trumpienne que résume l’adage « Quia nominor leo ».

Regard n° 7 dans le rétroviseur 2025 Un appel … sans appel

Quand la pieuvre s’empare de nous, il devient difficile de s’en libérer … mais j’y arriverai.

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