Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 05:50

La langue d’oïl est la langue romane qui s’est développée au nord de la Gaule, puis dans le sud de la Belgique et dans les îles anglo-normandes. L’appellation « langue d’oïl » vient de « oïl » qui a donné le français « oui ». Dans Vita Nuova, Dante repère deux groupes de langues : celui des langues germaniques dans lequel on dit « jo » et celui des langues romanes qu’il classe en trois langues : une dans laquelle on dit « oïl », l’ancien français, sorte de latin vulgaire où par exemple, l’accent tonique se place sur l’avant-dernière syllabe, avec un amuïssement progressif des voyelles post-toniques (calidus -> caldus), une dans laquelle on dit « oc », une dans laquelle on dit « sì » (l’italien ; à l'époque de Dante, on parlait quatorze dialectes en Italie). L’oïl se subdivise en plusieurs variétés. En Île de France, on parle le français ; à l’est, on parle le lorrain, le champenois, le bourguignon, au nord le picard et le wallon ; à l’ouest le gallo (parlé en Bretagne mais qui n’est pas apparenté au breton, langue celtique) ; au sud-est le franc-comtois ; au sud-ouest le poitevin-saintongeais (fortement teinté d’occitan et à qui les Québécois et les Acadiens doivent beaucoup); au sud le berrichon (« cagouille », « aga ! », « chagner », « ça pleut » ; qu'ont fait les oreilles de Chopin de ces berrichonnades ?).

 

Quand les Gaulois ont-ils cessé de parler latin ? Selon le linguiste britannique Anthony Lodge : jamais. Les historiens de la langue se sont néanmoins efforcés de différencier le « bas-latin » du « protoroman » (langue de transition par excellence) et de l’« ancien français » qui sera parlé du IXe au XIVe siècle. Les Serments de Strasbourg ont été prononcés en langue romane et en germanique (les rois Charles le Chauve et Louis le germanique étaient bilingues et ont juré dans la langue de l’autre) mais ils ont été écrits en langue romane (une langue quelque peu artificielle, le texte contenant des tournures juridiques calquées sur le latin). Les suites royales prêteront serment dans leur langue : celle de Louis en Allemand, celle de Charles en français. Les Serments constituent, selon les linguistes Bernard Cerquiglini et Claude Hagège, « l’acte de naissance de la langue française ». Frédéric Duval (Mille ans de langue française) ne parle pas de génération spontanée mais plutôt d’un lent continuum : « C’est plutôt de scissiparité qu’il s’agirait, d’une séparation progressive et graduelle entre un latin des lettrés et un latin vernaculaire ».

 

Du français (III)

 

En 813, le concile de Tours demande aux prêtres de prononcer leurs sermons dans le vernaculaire local ou dans la langue tudesque (« rusticam Romanam linguam aut Theodiscam »). Preuve que le latin n’est plus parlé ni compris par le peuple. La Séquence (ou Cantilène) de sainte Eulalie (880), qui raconte le martyre de cette jeune fille, fut le premier texte littéraire composé en langue romane.

 

Texte en roman   Adaptation française
Buona pulcella fut Eulalia.   Bonne pucelle fut Eulalie.
Bel auret corps bellezour anima.   Beau avait le corps, belle l'âme.
Voldrent la ueintre li d[õ] inimi.   Voulurent la vaincre les ennemis de Dieu,
Voldrent la faire diaule seruir.   Voulurent la faire diable servir.
Elle nont eskoltet les mals conselliers.   Elle, n'écoute pas les mauvais conseillers :
Quelle d[õ] raneiet chi maent sus en ciel.   « Qu'elle renie Dieu qui demeure au ciel ! »
Ne por or ned argent ne paramenz.   Ni pour or, ni argent ni parure,
Por manatce regiel ne preiement.   Pour menace royale ni prière :
Niule cose non la pouret omq[ue] pleier.   Nulle chose ne la put jamais plier
La polle sempre n[on] amast lo d[õ] menestier.   À ce la fille toujours n'aimât le ministère de Dieu.
E por[ ]o fut p[re]sentede maximiien.   Et pour cela fut présentée à Maximien,
Chi rex eret a cels dis soure pagiens.   Qui était en ces jours roi sur les païens.
Il[ ]li enortet dont lei nonq[ue] chielt.   Il l'exhorte, ce dont ne lui chaut,
Qued elle fuiet lo nom xp[ist]iien.   À ce qu'elle fuie le nom de chrétien.
Ellent adunet lo suon element   Qu'elle réunit son élément [sa force],
Melz sostendreiet les empedementz.   Mieux soutiendrait les chaînes
Quelle p[er]desse sa uirginitet.   Qu'elle perdît sa virginité.
Por[ ]os suret morte a grand honestet.   Pour cela fut morte en grande honnêteté.
Enz enl fou la getterent com arde tost.   En le feu la jetèrent, pour que brûle tôt :
Elle colpes n[on] auret por[ ]o nos coist.   Elle, coulpe n'avait : pour cela ne cuit pas.
A[ ]czo nos uoldret concreidre li rex pagiens.   Mais cela ne voulut pas croire le roi païen.
Ad une spede li roueret tolir lo chief.   Avec une épée il ordonna lui ôter le chef :
La domnizelle celle kose n[on] contredist.   La demoiselle cette chose ne contredit pas,
Volt lo seule lazsier si ruouet krist.   Veut le siècle laisser, si l'ordonne Christ.
In figure de colomb uolat a ciel.   En figure de colombe, vole au ciel.
Tuit oram que por[ ]nos degnet preier.   Tous implorons que pour nous daigne prier,
Qued auuisset de nos Xr[istu]s mercit   Qu'ait de nous Christ merci
Post la mort & a[ ]lui nos laist uenir.   Après la mort, et qu'à lui nous laisse venir,
Par souue clementia.   Par sa clémence.

 

On note l'utilisation d'articles (li nimini : « les ennemis », lo nom : « le nom », la domnizelle : « la demoiselle », etc.), absents du latin. Certaines voyelles finales du latin sont désormais tombées (utilisation de e ou a pour rendre le son [ǝ] : pulcella : « pucelle (jeune fille) », cose : « chose » etc.). Certaines voyelles sont devenues des diphtongues (latin bona > roman buona : « bonne »). On trouve également dans ce texte le premier conditionnel de l'histoire (sostendreiet : « soutiendrait »), formé à partir du futur et la terminaison de l'imparfait. Pour l'anecdote, on relèvera le destin du mot ”empedementz”. La forme francisée “impediments” a disparu de la langue française. La forme “latine” “impedimenta” (bagages encombrants) est peu usitée. En revanche impediment (dans le sens d'obstacle) est très courant en anglais.

Du français (III)

 

(A suivre)

Partager cet article
Repost0
21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 05:22

Au IIIe siècle, la Gaule se germanise, tant au niveau des populations que de la langue. Les Alamans (gens de toutes sortes) pillent le pays, signent un traité avec l’empereur romain et n’acceptent la paix qu’en échange d'un statut de fédérés (foederati). En même temps que les Germains (Francs, Wisigoths, Burgondes dont les dialectes ne se ressemblent pas totalement), d’autres envahisseurs frappent à la porte : des Bretons, des Vikings. Le nord-ouest de ce qui fut la Gaule est conquis par des Saxons et par les Francs dominants qui donneront leur nom au pays (Francia). Les Francs (“ hommes libres ”, peut-être originaires du Danube – mais bon sang de bonsoir, où est donc notre souche ?) sont majoritairement des agriculteurs et non des marchands ou des artisans. Le savant Sidoine Apollinaire, qui les a connus, les décrit ainsi : « Ils ont la taille haute, la peau blanche, les yeux bleus, ils se rasent entièrement le visage, sauf la lèvre supérieure où ils laissent pousser deux petites moustaches ; leurs cheveux, courts derrière et longs devant, sont d'une blondeur admirable ; leur vêtement est si court qu'ils ne leur couvre même pas le genou, et si serré qu'il laisse voir la forme de leur corps ; ils portent une large ceinture où pend une lourde épée, très tranchante ». Chateaubriand, qui ne les a pas connus, les cauchemarde de la sorte : « Parés de la dépouille des ours, des veaux marins, des aurochs et des sangliers, les Francs se montraient au loin comme un troupeau de bêtes féroces. Une tunique courte et serrée laissait entrevoir toute la hauteur de leur taille, et ne leur cachait pas les genoux. Les yeux de ces Barbares ont la couleur d'une mer orageuse ; leur chevelure blonde, ramenée en avant sur leur poitrine, et teinte d'une liqueur rouge, est semblable à du sang et à du feu. La plupart ne laisse croître leur barbe qu'au-dessus de leur bouche, afin de donner à leurs lèvres plus de ressemblance avec le mufle des phoques et des loups » (Chant de guerre des Francs, 1809). Les Francs s’assimilent généralement à la population romane, mais parfois leur langue supplante la langue romaine, comme dans la région rhénane et dans l’actuelle Belgique. S’il est admis que la Gaule compte six millions d’habitants vers l’an 500, les Francs représentent environ 20% de la population. Avec une implantation très inégale. Au nord d’Amiens, l’ancienne Samarobrive, 70% des noms de lieu sont germaniques. Un pourcentage qui chute nettement dès le sud de la Seine.

 

 

 

Hugues Capet, qui régna de 987 à 996 (et qui imposa – le malin – la monarchie héréditaire, mais ceci est une autre histoire) fut le premier roi à s’exprimer en français. Les Francs abandonnèrent progressivement leur langue, estimant, à tort ou à raison, que la culture latine était supérieure à la leur. Néanmoins, le francique perdura dans la vie de tous les jours, ce qui explique que bien des mots du vocabulaire du féodalisme sont d’origine germanique, comme « marquis » ou encore « baron » (homme libre). Sans parler du vocabulaire guerrier (« adouber », «guetter»). La Provence (provincia en latin) fut la dernière province à résister – Arles ayant même été pendant quelques années la résidence de l’empereur de Rome, avant de rendre les armes aux Francs en 536.

 

Dans le sud de la France, les populations adoptent un latin vernacularisé. Selon un processus lent et complexe, cette langue va s’imposer aux parlers autochtones. La ligne de partage oc/oïl (les premiers emplois des expressions lingua d’oc et lingua d’oïl datent de la fin du XIIIe siècle) ne correspond à aucune frontière politique ou physique. On peut néanmoins considérer que la Méditerranée, l’Atlantique, le Massif Central, les Pyrénées, les Alpes furent des barrières naturelles. Tout comme les “ marches séparantes ” entre les zones sèches et les forêts épaisses du Nord et les marais et les zones moins fertiles du Sud. La zone occitane avait été peu celtisée (selon Pierre Bec, La Langue occitane) mais profondément romanisée. Et puis le pays d’oc connut une réelle unité politique du XIe au XIIIe siècle, les comtes de Barcelone régnant de Barcelone à Rodez.

 

(à suivre)

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 05:14

L’histoire de la langue, c’est l’histoire du peuple. La langue est aussi complexe que le peuple, en synchronie, comme en diachronie. Il y a des formes de langue plus nobles que d’autres. Mes collègues anglicistes aiment à dire à leurs élèves et étudiants que toutes les catégories de la langue anglaise – régionales, sociales – se valent, mais tous s’efforcent de parler et d’enseigner l’anglais de la reine, en tout cas une prononciation standard (« received »). Allez passer l'oral de l’agrégation avec l’accent et le patois de Huddersfield, juste pour voir.

 

Quand on écoute du français de manière empirique, on se place dans une démarche identique en classant les divers français qui nous arrivent aux oreilles selon la culture dominante et selon notre propre histoire. Au sommet, on place le français écrit, peut-être pas celui de Chateaubriand, mais tout de même. Qu’on le veuille ou non, ce français est pour nous le “vrai” français. Plus bas, on trouve le français populaire, c’est-à-dire le français oral de tous les jours. L’autre jour, j’entendais un type dire à un autre : « Mon cher, je n’en ai strictement rien … à branler ». Il avait commencé comme du Roger Peyrefitte et sa phrase avait glissé dans ce qui eût été considéré il y a cinquante ans comme très vulgaire et qui n’est plus aujourd’hui que populaire. Autrement dit du relâché et du compris par tous. Plus bas dans la considération, on trouvera l’argot (on a tous entendu : « Ce n'est pas du français, c'est de l'argot », comme si l'argot n'était pas du français), le jargon. Comme le verlan des banlieues qu’utilisent de plus en plus les enfants de la bourgeoisie. Enfin, on éprouvera quelque commisération pour les patois, les dialectes régionaux. Si je dis, sur le ton de la plaisanterie, quelque chose comme « kinkcétikinkminche ? », à part Dany Boon qui comprendra spontanément cette formulation patoisante ? Pour les linguistes, ces distinctions ne reposent sur aucun critère précis.Quand on qualifie une expression de « vulgaire », on porte un jugement moral. Quand on parle de langue « populaire », on se réfère plutôt à un groupe social. 

 

L’écrit est roi, comme celui du latin qui est devenu progressivement la seule langue écrite de l’Europe occidentale, de l’Afrique du Nord, de l’Asie mineure et de plusieurs régions danubiennes. Outre l’Araméen, Jésus parlait certainement le grec, comme avec Pilate lors de son procès. Mais sûrement pas le latin, langue de l’occupant, des forces armées. Le latin était la langue du droit, de l’administration et des affaires, tout en cohabitant avec le grec. Même après la chute de l’Empire d’Occident au Ve siècle, les Germains adopteront le mode de pensée romain et la langue latine. Mais le latin n’écrasera pas pour autant les autres langues. Ainsi l’étrusque sera-t-il toujours utilisé au premier siècle de notre ère.

 

La langue gauloise restera à jamais une langue vernaculaire, c’est-à-dire une langue parlée au sein d’une seule communauté (contrairement à la langue véhiculaire qui sert à faire communiquer des populations qui n’ont pas la même langue maternelle). Parlé jusqu’au Ve siècle, le gaulois fut fort peu écrit (un peu tout de même). Jules César notait dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules que les vers appris au contact des druides ne devaient pas être écrits. Il nous reste des souvenirs dans la toponymie des arbres ou des outils agricoles. Le mot « chêne » vient du gaulois cassanus (un Cassen est un chêne qu'on n'abat pas). Tout comme « charrue » (carruca) «bief » (bedum). Ou encore « breuil » (brogilos). Une personne qui a pour patronyme « Dubreuil » est assurément bien de chez nous. Des fleuves (la Seine, l’Oise), certaines montagnes, comme les Cévennes, les villes de Lyon (Lug, rien à voir avec le roi des animaux), Brive, Rouen, Périgueux, Carpentras, portent des noms d’origine gauloise. Dans le vie de tous les jours, on a la « braguette » (braca), le « jarret » (garrito), la « ruche » (rusca, l'écorce où les Gaulois élevaient les abeilles) Et, forcément, le « béret » (birros). On sait que le gaulois avait une déclinaison à six ou sept cas, rappelant celles du grec et du latin. Les verbes étaient régis par cinq modes et trois temps.

 

Le Château Du Breuil, grande maison de Calvados. En bon français : Dubois.

 

(A suivre).

 

PS qui n'a rien à voir. La Comtesse vient de contrepéter avec mon nom, dans Mediapart (grand honneur pour moi) : des rustres dans la noce rêvent de goûter au fond de gentiane. 

 

Je n'avais pas l'intention d'évoquer les contrepèteries dans ces articles. Juste un mot pour dire que la langue française se prête admirablement à cette discipline dont le père fondateur fut indéniablement Rabelais (dans Pantagruel), auteur des immortels “ folle à la messe ” et “ A Beaumont-le-Vicomte ”.

Partager cet article
Repost0
19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 07:39

Il y a trente ans, jour pour jour, mon ami, collègue et néanmoins lecteur Jean-Charles Khalifa remportait le premier prix du grand concours de jeux de mots du défunt L'Événement du Jeudi. Il m'a autorisé à publier ce texte dans ces colonnes.

 

À lire à haute voix, naturellement !

 

 

 

Sonnet du Perroquet

 

 

Rock Perrow le marin et son vieux perroquet

Du grand port de New York un jour se perd aux quais.

Le pasteur du quartier, le très saint Père Hockey

Lui montre son chemin. « Merci mon Père, OK ! ».

« De rien, c’est 10 dollars ». Et Perrow paie, rauque, et

S’éloigne furibond, lâchant des pets, rots. « Qu’est-

Ce donc que ce lieu, éructe le Perrow, qu’est-

Ce que ce grigou ? » Dans un super hoquet

Frappant un chien errant : « Fous-moi la paix, roquet !

Seul un vieux Pair d’écosse, l’infâme Pair O’Kay

Plus rapiat fut jamais ! » Il se repère au quai,

Mais tombe dans l’Hudson. Repose en paix, Rock, hé !

Tel fut le triste sort de cette paire, hauts quais,

Rock Perrow le marin et son vieux perroquet.

 

 

Angliciste, grammairien, linguiste, auteur de nombreux ouvrages scientifiques, Jean-Charles Khalifa est également un guitariste de blues très accompli et un traducteur recherché : les aventures du commissaire Brunetti n'ont pas de secret pour lui.

Sonnet du Perroquet
Partager cet article
Repost0
10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 05:46

Cette grave question me turlupine actuellement.

 

Un de mes proches a fait l’achat de 7 ou 8 petits poissons que l’on aperçoit sur la photo ci-dessous. Tous ont une vie normale de poissons d’aquarium : ils se promènent de droite à gauche et de bas en haut (en diagonale aussi), ils mangent et s'endorment du sommeil du juste poisson lorsque la lumière est éteinte. On dit – mais je n’y connais rien – que la vie leur est plus supportable qu’au prisonnier étasunien de Midnight Express parce qu’ils n’ont strictement aucune mémoire et qu’ils sont incapables de se souvenir de ce qu’ils ont fait 10 secondes auparavant. Alors envisager un destin …

Un poisson peut-il être aliéné mental ?

En tout cas, l’un d’entre eux a un comportement complètement dérangé, et dérangeant : il se tient droit debout, toujours au même endroit et frétille inlassablement. Je ne l’ai jamais vu se nourrir ni s’arrêter de frétiller. Il doit dépenser une énergie phénoménale. Apparemment, il n’est pas plus efflanqué, plus affûté que les autres. Je ne sais à quelle vitesse bat son cœur. Contrairement aux malades victimes de la danse de saint-Guy, il ne s’évanouit jamais. Je ne sais s’il est fiévreux, s’il a été affecté par un accident vasculaire cérébral, si son intellect est détérioré, s’il souffre de son mal depuis la naissance, si cette position debout est une marque de protestation contre la loi El Khomri.

 

Le fait est qu’aucune vie sociale n’est possible pour lui : les autres poissons l’ignorent et il est perpétuellement seul. Le diable étant, chacun le sait, dans les détails, est-il lui-même une manifestation du diable ?

 

Si j’osais un néologisme, je parlerais pour lui d’anautie dans la mesure où il ne nage jamais. Mais il fait bien chaud aujourd’hui à Lyon et trop de réflexions tuent la réflexion.

Partager cet article
Repost0
9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 06:07

Le 7 août 2016, le handballeur Nikola Karabatic a déclaré sur les antennes de France Info que ça le « faisait chier » d’avoir à reparler des deux médailles d’or remportées par l’équipe de France de Handball lors des jeux olympiques de 2008 et 2012.

 

On comprend parfaitement qu’un sportif préfère se projeter vers les compétitions à venir plutôt que de se pencher avec nostalgie sur des moments de gloire passés.

 

Karabatic est un génie du handball. En matière de paris suspects, je ne me prononcerai pas. Mais pour ce qui est du langage ordurier, j'estime qu'il tient le pompon. Tout comme, d’ailleurs, le journaliste de France Info qui aurait très bien pu couper cette saillie au montage.

 

Je ne voudrais sûrement pas passer pour un ronchon bégueule mais si les radios du service public ne respectent pas les niveaux de langue, qui les respectera ? On ne s’exprime pas devant 1, 2, 3 millions d’auditeurs comme on le ferait dans sa cuisine ou dans une émission d’Hanouna.

 

 

Il y a trente ans, l’expression « faire chier » était le summum de la vulgarité. Aujourd’hui, on entend des petites filles de sept ans dire : « Je m’en bats les couilles ». Je ne suis pas contre le changement mais je me demande ce que cela peut apporter à notre langue, à notre civilisation.

 

Il y a une quinzaine d’années, ma femme enseignait à l’université de Tours. Dans un de ses cours magistraux, une de ses étudiantes arrivait systématiquement en retard en faisant bien claquer la porte de l’amphi. Un jour, ma femme se résolut à dire à cette malotrue qu’elle en avait soupé de ce petit manège. Réponse de l’étudiante : « Vous me faites chier ». Ma femme écrivit au président de l’université pour demander que l’étudiante passe en conseil de discipline. Un fonctionnaire étant tenu de respecter la voie hiérarchique, la lettre dut passer par la doyenne de l’UFR qui bloqua la demande. Lorsque ma femme l’apprit, elle demanda à la doyenne d’expliquer son refus. Réponse : « ce n’est pas si grave, elle aurait pu te casser la figure ».

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 05:50

Où l'on retombe dans les stéréotypes ...

 

 

Menu pour conquérir une fille (2010)

 

Petit déjeuner

Chocolat, thé ou café sucré avec beaucoup de lait

Pain ou biscottes sans sel avec confiture

Yaourt

Œuf à la coque

 

Déjeuner

Salade verte - vinaigrette sans sel

Poulet - haricots verts vapeur

Riz au lait

Boisson : lait ou eau minérale riche en calcium et magnésium

 

Collation

Un verre de lait ou une portion de fromage blanc

 

Dîner

Omelette - pommes de terre à l’eau et à la crème

Ceêpes sucrées

 

 

 

Pour emballer un garçon :

Petit déjeuner

Jus de fruit

Thé ou café sans lait

Pain beurre salé

Une tranche de jambon

 

Déjeuner

Avocat et maïs en salade – charcuterie

Viande rôtie – frites

Fruit

 

Goûter

Thé sans lait

Tranche de jambon - pain

 

Dîner

Salade de tomates

Poisson au four au vin blanc – Riz

Tarte

 

 

FIN

 

 

Partager cet article
Repost0
8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 05:12

On s'est rencontrés par le biais de Mediapart, où nous tenons chacun en blog. 

 

Je lui envoie de temps en temps des contrepets, et elle me répond.

 

Exemples :

 

 

Les camarades de Pétrone m'exaspèrent !!!

Réponse :

Ah, Pétrone qui mate une matrone qui pète !

 

Maquerelle, qu'est-ce que tu nous ponds !

Réponse :

Cette experte en états d'âme est tombée sur un Macron...

 

Hélas, ce maquereau n'est pas très bon... 

Ce mitron n'a même pas de bac !

Quelle crue à Mâcon !

Réponse :

Triste face, ce mec rond !

 

 

Barbarin : Faut-il vraiment perturber les masses ?

Réponse :

"Perturbations sur le massif"

Barbarin est ému par le son des choeurs

 

 

Vaut-il mieux, pour un athée, un crédit d'impôt ou un credo d'impie ?

Réponse :

Et quand les athées se battent, les abbés se taisent...

 

Elle me dit que “ Brexit ”, c'est une contrepèterie. Manquait plus que ça !

 

 

 

Pendant les vacances, je relis Guerre et Paix (merveilleuse contrepèterie ; sacré Tolstoï qui nous l'avait bien caché !).

Partager cet article
Repost0
7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 05:43

En 2004, le très sérieux institut Cooremans de Bruxelles organisait un grand repas Tintin et Milou, avec des plats typiques de quelques lieux du monde où le petit reporter promena sa bonne bouille :

 

des cornichons à la Malossol du pays des Soviets,

      un yassa de poulet du Congo,

      les fameuses papas à la huancaina du Temple du Soleil,

      le tout arrosé d'un vin jaune du Lotus bleu,

      avec des doigts de la mariée de Coke en Stock au dessert

 

 

Réaction du capitaine Haddock :

 

Accapareur, amiral de bateau-lavoir, amphitryon, anacoluthe, analphabète, analphabète diplomé, anthropophage, anthropopitèque, apache, apprenti-dictateur à la noix de coco, arlequin, astronaute d'eau douce, athlète complet, autocrate, autodidacte, aztèque.Babouin, bachi-bouzouk, bachi-bouzouk des Carpates, bandit, bayadère de carnaval, bibendum, boit-sans-soif, brontosaure, brute, bulldozer à réaction.Canaille, canaque, cannibale, cannibale emplumé, catachrèse, cataplasme, cercopithéque, chauffard, chenapan, choléra, cloporte, coléoptère, coloquinte, coloquinte à la graisse de hérisson, concentré de moule à gaufres, coquin, cornemuse, cornichon, cornichon diplomé, corsaire, coupe-jarret, cow-boy de la route, créme d'empl‚tre à la graisse de hérisson, crétin de l'Himalaya, crétin des Alpes, crétin des Balkans, cro-magnon, cyanure, cyclone, cyclotron, Cyrano à quatre pattes.Diablesse, diplodocus, doryphore, dynamiteur.Ecornifleur, écraseur, ectoplasme, ectoplasme à roulettes, Ègouste, empl‚tre, empoisonneur, enragé, épouvantail, esclavagiste, escogriffe, extrait de cornichon, extrait d'hydrocarbure.Fatma de prisunic, faux jeton, faux jeton à la sauce tartare, flibustier, flibustier de carnaval, forban, Frère de la cote, froussard.Galopin, gangster, garde-cote à la mie de pain, gargarisme, garnement, gibier de potence, gredin, grenouille, gros plein de soupe, gyroscope.Hérétique, hors-la-loi, hurluberlu, hydrocarbure.Iconoclaste, Inca de carnaval, invertébré, ivrogne.Jet d'eau ambulant, jocrisse, Judas, jus de réglisse.Kroumir, krrtchmvrtz, Ku Klux Klan.Lache, lépidoptère, logarithme, loup-garou à la graisse de renoncule.Macabè d'eau de vaisselle, macaque, macrocéphale, malappris, malotru, mamelouk, marchand de guano, marchand de tapis, marin d'eau douce, marmotte, mégacycle, mégalomane, mercanti, mercenaire, mérinos, mérinos mal peigné, mille sabords, mille millions de mille milliards de tonnerre de Brest, misérable, mitrailleur à bavette, mouchard, moujik, moule à gaufres, mousaillon, mufle, Mussolini de carnaval.Naufrageur, négrier, noix de coco, nyctalope.Olibrius, ophicléide, ornithorynque, oryctérope, ostrogoth, ours mal léché.Pacte à quatre, pantoufle, papou, papou des Carpates, paranoyaque, parasite, Patagon, patapouf, patate, vieille perruche bavarde, phénomène, phlébotome, phylloxéra, pignouf, pirate, pirate d'eau douce, pirate du ciel, polichinelle, polygraphe, porc-épic mal embouché, poussière, profiteur, projectile guidé, protozoaire, pyromane, pyrophore.Rapace, rat, ravachol, renégat, rhizopode, rocambole.Sacripant, sajou, saltimbamque, sapajou, satrape, sauvage, sauvage d'aérolithe, schizophréne, scolopendre, scorpion, serpent, simili-martien à la graisse de cabestan, sonographe, sous-produit d'ectoplasme, squelette de pantoufle.Tchouk-tchouk nougat, technocrate, tete de lard, tÍte de mule, tigresse, tonnerre, tonnerre de Brest, topinambour, tortionnaire, trafiquant de chair humaine, traine-potence, traitre, troglodyte, trompe-la-mort.Vampire, vandale, va-nu-pieds, vaurien, végétarien, Vercingétorix de carnaval, ver de terre, vermicelle, vermine, vipère, vivisectionniste, visigoth, voleur, voleur d'enfants.Zapotèque, zèbre, zigomar, zouave, zouave interplanétaire !!!

Partager cet article
Repost0
23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 05:37

C'est l'un des meilleurs restaurants de France : celui de Michel Bras, à Laguiole, aux pieds du massif de l'Aubrac. Voilà de quoi vous composer un repas pour environ 200 euros. Il ne vous est pas interdit de m'y inviter. Je vous ferai rencontrer l'esthéticienne d'Isabelle Adjani.

 

 

du mordant & des parfums :

des huîtres pochées, mouillées d'une crème de laitue.

 

les asperges nous les aimons ainsi ;

juste grillées, accompagnées de la peau de lait

et d'un jus aux truffes de Comprégnac.

 

aujourd'hui "classique" :

le gargouillou de jeunes légumes ;

graines & herbes, une huile aux graines de sésame.

 

entrées chaudes & froides,

 

tout simplement ,

les ris d'agneau de pays juste poêlés;

pommes de terre primeur  au beurre demi-sel, oseille & lard

 

dans l'esprit d'une salade tiède ,

la poitrine de pigeon sur une vinaigrette au foie et jus de grenade ;

crapaudine rôtie au sel & salade amère, valériane phu, valériane grecque

 

mémoire de voyage en terre "épicée" :

le foie gras de canard au naturel,

ponctué de pomme-poivre, carotte-curry, crapaudine-vinaigre .

 

poisson de mer, d'eau douce, crustacé,

 

juste grillé à la braise ,

le homard émoustillé de paillettes /carcasse & de zeste ;

jeunes poire aux & un consommé parfumé, mandarine calamenthis .

 

d'eau de source ;

l'omble-chevalier juste raidi au sarrasin ;

pousses de pois mange-tout, lait d'avoine au citron confit.

 

tonalité toute en parfum :

un saint pierre de St Jean de Luz poché-poêlé dans un beurre au curry doux ;

tout le navet – feuille & racine, la cuisson & jus de jambon.

 

viandes de pays,

 

 La côte de Boeuf Aubrac – pure race – rôtie à la braise ;

beurre mousseux aux légumineuses & au rance,

haricots verts plat à l'ail.

 

chez nous, on l'appelle l'oreille ;

la pièce de Boeuf Aubrac – pure race – poêlée,

gâteau de sarrasin, du jus aux truffes de Comprégnac.

 

d'origine Aveyronnaise ;

la selle d'agneau Allaiton rôtie sur os ;

lait au riz & raisins au jus épicés, pousses de choux.

 

clin d'oeil aux tout premiers primeurs :

le lobe de foie gras de canard poêlé,

haricots verts , pois & pommes, purée d'oseille.

 

 

le sucré

 

les coulant ®  de Michel Bras

le coulant, originel de 81 ;

le biscuit tiède de chocolat coulant ® ;

crème glacée à la calamintha grandiflora, caramel – cacao.

 

sur une interprétation du coulant, originel de 81 ;

le biscuit tiède coulant aux noisettes :

crème glacée aux carottes & à la badiane.

 

sur une interprétation du coulant, originel de 81 ;

le biscuit tiède coulant à l'orange sanguine ;

sorbet au vin chaud – parfumé d'épices chaudes.

 

sur une interprétation du coulant, originel de 81 ;

le biscuit tiède coulant au chocolat noir & blanc

crème glacée au poivre noir.

 

feuilles, nougatines & consorts

 

embrouillamini chocolaté :

chocolat, chocolat acide , chocolat amer ,

chocolat piquant, coulis, pralin.

 

clin d'oeil à une association d'ici ;

dans une nougatine au sarrasin,

une crème au fromage de Laguiole & des abricots au vin de Gaillac,

une crème lactée au sarrasin.

 

autour du légume & du fruit

 

provocant mais tellement gourmand …

à grignoter, une gaufrette de pomme de terre,

crème au beurre noisette & caramel au beurre salé.

 

glacé, sec… , tout est pomme :

feuilles de pomme au caramel ;

pommes givrées – curry , cardamome , piment.

 

toute la banane ;

la peau caramélisée , la pulpe & fromage blanc – citron.

 

prétexte pour se délecter

 

d'un Madère, Barbeito Malvoisie, 10 ans d'âge :

une nougatine aux olives noires et du chocolat, sirop à l'huile d'olive.

 

glacés

 une composition de cornets glacés.

 

habillée de blanc :

une boule de meringue garnie de tonalités d'amande ,

de fleur d'oranger et de vanille.

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de Bernard Gensane
  • : Culture, politique, tranches de vie
  • Contact

Recherche

Articles Récents

  • De la banalité du bien, par François Beaune
    Un récit sur l'éducation populaire vu depuis la MJC de Briançon [Diverses circonstances de vie m'ont empêché de m'établir à Briançon, mais je n'ai jamais cessé d'aimer et de m'intéresser à cette ville. BG] En 2022, l’association de la MJC (Maison de la...
  • Revenons à l’exécution d’Ann Boleyn
    Autrefois, lorsqu’une personne était condamnée à mort, il s’agissait non seulement de mettre un terme à son existence mais aussi de la faire souffrir. Dans cette optique, on ne dira jamais assez à quel point le docteur Guillotin fut un grand humaniste...
  • Il y a de tout à La France Insoumise...
    A Creil, un élu insoumis supprime Usimages, biennale de photo consacrée à la condition ouvrière contemporaine. A rebours des discours de LFI sur le service public de la culture, Omar Yaqoob, maire et président de l’agglomération, a mis fin à une aventure...
  • Le holdup des patrons en France, par Gabriel Zucman
    Avec son projet de TVA sociale défendu par plusieurs candidats à l'élection présidentielle, le Medef propose une fuite en avant dans un modèle économique à bout de souffle et qui ne trouve plus guère de soutien intellectuel même parmi les économistes...
  • Balladur et les “ affaires ”, ou : Balladur et les pin's et t-shirts
    Maintenant qu'on a bien bavé sur Balladur, "homme d'Etat" etc., rappelons une affaire bien trouble qui l'a concerné, lui et ses proches. La sincérité des comptes de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur est mise en cause à partir de 2011. La justice...
  • Revue de Presse 624
    Aujourd’hui, une revue de presse consacrée à la finance Communiste Hebdo nous dévoile les méandres de la politique monétaire : Un vif débat s’est engagé au sujet du sort à réserver aux titres de dette publique détenus par la Banque de France (plus de...
  • La police politique du banquier éborgneur
    Nicolas Shahshahani et « l’apologie du terrorisme » : au XXIe siècle la Justice ordonne la destruction d’un livre. Jacques-Marie BOURGET Pour avoir, lors d’une prise de parole en soutien à la Palestine, qualifié les membres du Hamas de « résistants »,...
  • Le Monde Diplomatique, septembre 2026
    Dans son éditorial, Grégory Rzepski rappelle que, dans huit mois, M. Emmanuel Macron quittera l’Élysée. Et, suivant la tradition du journalisme politique, comme si une heure de dissidence rachetait une décennie de révérences, les critiques fusent. L’hebdomadaire...
  • Hollywood à genoux devant l’Empire du Milieu
    Richard Gere fut longtemps l’un des visages les plus rentables d’Hollywood. Il avait incarné l’officier romantique, le milliardaire amoureux et l’élégance américaine en costume bien coupé. Puis il commit l’impardonnable : il défendit le Tibet et dénonça...
  • Le rejet de la littérature classique française au nom de l'islam
    Sur les réseaux sociaux, certaines influenceuses musulmanes appellent à délaisser des classiques de la littérature française jugés incompatibles avec leurs valeurs religieuses. À leur place, elles promeuvent une littérature “ halal ”, débarrassée de ce...