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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 05:33

 

Depuis Vatel (qui s’empala sur son épée) plane sur les grands cuisiniers qui ratent quelque chose ou qui perdent une étoile une véritable malédiction. Avant Bernard Loiseau, on a ainsi vu le grand chef Alain Zick se suicider en 1966 à l’âge de 38 ans.

 

Zick eut pour clients le duc de Windsor et Jean-Paul Belmondo. Après avoir été rabaissé – de manière totalement injuste à ses yeux – par le Guide Michelin, Zick se tua d’une décharge de fusil de chasse dans la poitrine. Benoît Violier, grand cuisinier français exerçant en Suisse,  se tua en 2016 à l’âge de 44 ans, en partie pour la même raison.

 

(Pudor)

 

 

 

 

 

 

Né en 1913, Sándor Zöld  fut ministre de l’Intérieur dans la Hongrie communiste de 1950 à 1951 après avoir été l’un des dirigeants de la résistance communiste contre les nazis. Le 19 avril 1951, à l’occasion du congrès du parti, Mátyás Rákosi, critique violemment son ministre. Sans faire son autocritique, Zöld, le lendemain, abat à coups de revolver sa femme, ses trois enfants et leur gouvernante avant de se tuer. Il fut renvoyé du gouvernement à la date du jour de sa mort.

 

(Jactatio)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un de mes deux ou trois écrivains préférés : Stefan Zweig. Plongez-vous dans son Joseph Fouché ou Le Monde d’hier, que je relis une fois tous les deux ans. En 1934, les nazis organisent l’autodafé de son œuvre. Face à la violence institutionnelle, il ne peut pas lutter, ni intellectuellement, ni physiquement. Il retourne la violence contre lui-même. Humaniste, anti-mitariste (il fut l’ami de Romain Rolland, voir leur Correspondance), dire de ce juif qu’il était assimilé ne rime à rien puisqu’il était et se sentait plus allemand que les Allemands. A sa première femme Friderike, il avait proposé un suicide partagé, qu’elle avait refusé. En 1941, la défaite des Britanniques en Indonésie l’achève. Dans Le Monde d’hier, qui sera publié peu de temps après sa mort, il est au désespoir : « Né en 1881 dans un grand et puissant empire [...], il m'a fallu le quitter comme un criminel. Mon œuvre littéraire, dans sa langue originale, a été réduite en cendres. Étranger partout, l'Europe est perdue pour moi... J'ai été le témoin de la plus effroyable défaite de la raison [...]. Cette pestilence des pestilences, le nationalisme, a empoisonné la fleur de notre culture européenne. »

 

Il se réfugie au Brésil. Il croyait en ce pays pour qui il écrivit Brésil terre d’avenir et en qui il voyait un contrepoids à la folie fasciste. Il a encore la force d’écrire Le Joueur d’échecs. Sa seconde épouse, Lotte, est malade. Il est moralement détruit par le cours des événements. Des amis proches de Zweig se sont déjà suicidés, dont Walter Benjamin. Il rend visite à George Bernanos qui ne parvient pas à lui redonner le moral. Le 22 février 1942, il se tue, en compagnie de Lotte, en s’empoisonnant au Véronal. Les Brésiliens lui accorderont des funérailles nationales alors qu’il avait expressément demandé à ne pas en bénéficier.

 

Juste avant le grand voyage, il écrivit pour ses amis ce texte bouleversant : « Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j'éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m'a procuré, ainsi qu'à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j'ai appris à l'aimer davantage et nulle part ailleurs je n'aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l'Europe, s'est détruite elle-même. Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d'errance. Aussi, je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde. Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir l’aurore, après la longue nuit. Moi, je suis trop impatient, je pars avant eux. »

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

 

 

FIN

 

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 05:49

 

David Foenkinos. Le Mystère Henri Pick. Paris : Gallimard, 2016.

 

David Foenkinos continue de faire entendre une petite musique qui, mine de rien, en dit long sur notre société. L’argumentaire de son nouveau roman est original et n’aurait sûrement pas été renié par le Borges de Pierre Ménard, auteur du Quichotte, pour qui le réel était « une forme de chaos régi par une vérité occulte » (Annick Louis), ou l’Oulipien Marcel Benabou (Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres). Dans la presqu’île de Crozon, vers la fin des terres bretonnes, un bibliothécaire recueille tous les livres refusés par les éditeurs. Sort du lot un livre exceptionnel écrit par un vendeur de pizzas du nom d’Henri Pick, mort deux ans auparavant et qui, selon sa veuve n’a jamais rien écrit à part, peut-être, la liste des commissions. L’ouvrage devient un énorme phénomène littéraire jusqu’à ce qu’un chroniqueur, licencié par Le Figaro Littéraire, furète sérieusement dans cet étrange miracle.

 

Le tropisme qui caractérise peut-être le plus l’œuvre de Foenkinos, c’est le flottement perpétuel entre fiction, réalisme, réalité et réel. Son jeu sur ces catégories fonde son appréhension du monde. Ces hésitations peuvent déboucher sur des lieux communs : Berlin, « cette ville à la fois moderne et marquée par les cicatrices du passé ». Foenkinos ne chronique plus la littérature, mais le monde de la littérature, comme lorsqu’il narre cet épisode mille fois rapporté du ratage de Gallimard et de Gide refusant La Recherche du temps perdu. On peut aussi regrette ses maniérismes quand il impose au lecteur des notes infrapaginales qui servent à authentifier un récit qui n’a, évidemment, jamais besoin de l’être puisque nous sommes dans du roman. Par ailleurs, il use et abuse de l’intertextualité, sans qu’on sache toujours s’il s’agit d’une exigence de réalité ou d’une franche ironie. Ainsi, un de ses personnages « fut à l’origine de la publication de la publication du premier roman de Laurent Binet, HHhH, extraordinaire livre sur SS Heydrich ». Cela peut être franchement maladroit quand, par exemple, il oriente le travail du lecteur, son imaginaire, bref lorsqu'il travaille à sa place : « Si Magali avait connu Pasolini, elle aurait pu penser au film Théorème, à son héros qui fait vaciller les âmes par la simple puissance de sa présence fantomatique. » Ou quand il évoque Julliard, « le fameux [sic : anglicisme] éditeur qui avait publié Bonjour Tristesse » (pourquoi, allusion ostensible à des noms connus oblige, ne pas évoquer – autre exemple – Les Grandes familles de Maurice Druon ?).

 

Dans ce texte comme dans d’autres, l’ironie permet à Foenkinos de dénoncer gentiment. Ici, les codes, l’entre-soi et les magouilles du monde de l’édition. Comment ne pas sourire, mais aussi se scandaliser, quand un roman écrit par un pizzaiolo inculte devient, de manière parfaitement plausible, le phénomène littéraire du moment ? Le succès littéraire est aussi affaire de marketing, comme quand Foenkinos, par une double mise en abyme, se sert, lui qui est publié par Gallimard, de l’éditeur de chez Grasset Jean-Paul Enthoven ou de l’incontournable et prescripteur François Busnel qui traverse la moitié de la France pour interviewer la veuve de Pick pour son émission “ La Grande Librairie ” tandis que lui, Foenkinos, participera à cette même émission la veille de la sortie de son roman. C’est une des faiblesses du livre : ces figures médiatiques ne sont, justement, pas médiatisées par l’auteur ; elles sont importées telles qu’elles – leur image publique en tout cas – dans le texte. Quand le récit est branché sur le ou sur du réel, le style devient journalistique : « Sabine Richer, responsable de la région Touraine et férue de littérature américaine, parla du roman de Richard Brautigan qui était à l’origine de cette idée. » Lorsque Foenkinos passe de la fiction au réel, le récit cesse d’être pris en charge par le narrateur et l'est par une instance, une figure de l’auteur : « Pour l’instant, on le [l’enquêteur viré du Figaro Littéraire] retrouve dans une note de bas de page, mais bientôt, il aura une importance capitale dans cette histoire. » Un procédé moderne chez les grands romanciers anglais du XVIIIe siècle, mais un peu lourd en ce troisième millénaire.

 

 

 

 

Malgré quelques réserves, il apparaît rapidement que ce roman donne du sens à ce qui semble être, de prime abord, de simples faits. Il dénonce les stratégies systémiques de l’illusion, l’industrie du fard, du faux, du falsifié. Du bourdonnement (le buzz). Si un grand éditeur publiait le catalogue d’Ikea, il le hisserait au niveau de Pouchkine, suggère Foenkinos qui, par ailleurs, dénonce la télé-réalité, le quart d’heure warholien dont nous sommes tous susceptibles d’être un jour la victime même si nous ne recherchons aucune célébrité. La domination de la forme sur le fond est désormais « totale ». Un roman se retrouve en tête de gondole dans les supermarchés parce qu’il a été « refusé 32 fois » et parce que Jack Lang a l’idée d’instaurer la « Journée des auteurs non publiés ».

 

Rouche, l’enquêteur, est un vrai personnage de roman. Contrairement à Enthoven ou Nora, il n’existe pas dans la réalité. C’est lui qui va meubler les silences de cette civilisation du brouhaha et du paraître. C’est lui qui va déminer le monde piégeux où un Begbeider peut se permettre d’exister en livrant la chronique au titre racoleur “ Pick, c’est moi ”. Un faux événement a pu déstabiliser des êtres et une communauté, l’enquêteur remettra de l’ordre dans le chaos borgésien. Il n’y a pas de mystère Henri Pick car tout s’explique.

 

PS : Mes autres notes de lecture consacrées à des livres de David Foenkinos :

Charlotte

Je vais mieux

Lennon

 

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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 05:41

La première est de Malick Sidibé, formidable photographe malien qui vient de nous quitter. Son cliché apporte la preuve que toutes les femmes sont voilées en Afrique. Pas comme en France !

Deux photos de vie

 

 

La seconde est celle d'un grand champion qui nous dit la chose suivante : je n'ai pas gagné le Tour de France, je ne me suis pas dopé, je ne suis pas mort, je pense souvent à Jacques Anquetil, je suis heureux et je viens de fêter mes 80 ans.

 

 

 

Deux photos de vie
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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 05:47

Depuis mon enfance dans les années cinquante, durant laquelle j’ai côtoyé de nombreuses “ gueules cassées ”, je bénis la chirurgie plastique qui répare les êtres, leur physique, donc leur mental. Il y a une quarantaine d'années, j'ai bien connu une femme admirable dont la moitié du visage avait été emporté par une décharge de chevrotine tirée par son mari. La chirurgie plastique avait fait ce qu'elle avait pu. Pas les collaborateurs du cinéaste Cayatte qui lui avaient – en vain – couru après pour faire un film sur son drame. Mais j’avoue avoir du mal à comprendre l’essor fulgurant, ces deux ou trois dernières décennies, de la chirurgie esthétique. Chez les célébrités (artistes, politiques), mais aussi chez les anonymes. Keynes l’a dit en son temps : nous allons tous mourir. Et j’ajoute que nous allons tous vieillir ensemble, sous le regard des autres et de nous-mêmes.

 

C’est beau, un visage de vieux (non, non, ne regardez pas la photo à la droite de ce texte). D’abord parce que, dès l’âge de 40-45 ans, on a la tête qu’on mérite. Et puis parce qu’il s’y lit notre vie, notre parcours avec ses joies et ses peines. Notre visage de vieux, c’est notre visage, pas celui d’un autre, pas celui d’un fantasme. Alors pourquoi vouloir lisser nos traits jusqu’à ne plus nous ressembler, ni ressembler à personne ? Les frères Bogdanov ont passé une partie de leur enfance à Auch. Je connais des Auscitains qui les ont fréquentés enfants. Tous ont le souvenir de gosses particulièrement mignons. Ils sont devenus de tels monstres, au sens étymologique du terme (prodiges que l’on montre), que je me demande parfois si, lorsqu’ils mourront, il n’y aura pas un cercueil pour leur corps d’avant et un autre, plus petit, pour les implants.

 

De la chirurgie esthétique

 

 

La chirurgie esthétique d’aujourd’hui n’est pas motivée par les conséquences d’une maladie (ablation d’un sein ou d’un œil) mais par les conséquences naturelles et inéluctables du vieillissement. L’intervention la plus fréquente est le ravalement du visage, son resurfaçage, communément appelé lifting (en vrai anglais facelift). Il y a aussi la chirurgie des paupières qui ont tendance à tomber avec l’âge (blépharoplastie), les implants capillaires, le remodelage des seins (ou leur redrapage – mastoplexie), l’aspiration de graisse, le remodelage du nez (Aznavour, Gréco furent des pionniers en la matière). Pour les citoyens français, ces interventions doivent être effectuées en France, par des spécialistes et dans des structures agréées. Elles ne sont pas prises en charge par la sécurité sociale. Légalement parlant, la chirurgie esthétique ne saurait être “ effractive ”, au sens où il ne doit pas y avoir effraction de la peau ou d’une muqueuse. Elle ne peut pas non plus utiliser des substances non résorbables.

 

Bien sûr, la chirurgie esthétique pose le problème de l’image que nous avons de nous-même, une image en partie constituée au travers du regard des autres. Une image négative peut entraîner un sentiment de victimisation, un état dépressif, un sentiment de culpabilité ou de honte. Si elle peut aider à réparer, elle peut aussi – et c’est ce qui motive mon billet d’aujourd’hui – permettre de changer d’apparence. Il ne s’agit plus de revenir sur ce qui a défiguré mais de figurer autrement. Souhaite-t-on devenir autre parce qu’on est mal dans sa peau ? Le visage est-il un bouc émissaire qui va être trituré pour ne pas parler des vrais problèmes ? Souffre-t-on de dismorphobie, une pustule sur le nez ou des bourrelets aux hanches constituant une obsession délirante – et donc jouissive – faisant écran et détruisant toute confiance en soi ? Le problème n’est pas simple mais certainement pas insurmontable. S’il n’est pas affronté pour ce qu’il est, il peut mener à une issue fatale. Pensons à la destinée d’Eve Valois, connue sous le nom de Lolo Ferrari. Encouragée par son mari, elle subit – c’est le cas de le dire – 25 opérations de chirurgie esthétique : remodelage du visage, gonflage des lèvres et, surtout, pose d’énormes implants mammaires, chacun de ses seins pesant 2,8 kg et contenant 3 litres de sérum. Sa volonté de changer de physique allait de pair avec le souhait de devenir une artiste célèbre. Elle endura de réelles souffrances, cessa de prendre l’avion par crainte d'explosion mammaire et sa carrière fut aussi pitoyable que courte. Elle mourut dans des circonstances peu claires à l’âge de 37 ans après de longues années de dépression.

 

Jeune et jolie, l'actrice Catherine Deneuve parvenait à faire passer de profondes choses avec une grande économie d'expressions du visage (comme sa sœur d'ailleurs). Après quelques resurfaçages, l'un ayant rendu une de ses lèvres asymétrique, elle a beaucoup plus vieilli qu'au naturel et présente un masque assez étrange, pour le coup totalement inexpressif.

 

 

De la chirurgie esthétique

 

Elle fut belle, elle aussi. Mais après quelques interventions malencontreuses, Carla Bruni a les yeux écarquillés (parvient-elle à les fermer pour dormir ?), les pommettes surélevées, le nez écrasé. Je ne parle pas des nombreux implants dentaires qui font de sa bouche une fausse perfection.

De la chirurgie esthétique

 

Emmanuelle Béart fut la seule à regretter publiquement de s'être fait charcuter. Elle serait sûrement toujours très belle aujourd'hui sans une opération voulue à l'âge de 27 ans.

De la chirurgie esthétique

 

La reine de la couillonnade chirurgicale restera incontestablement la Duchesse d'Albe. Elle fut la personne la plus titrée sous un régime qui reconnaît les titres : cinq fois duchesse, dix-huit fois marquise, vingt fois comtesse, vicomtesse, comtesse-duchesse et connétable, quatorze fois Grand d'Espagne. De son vrai nom : María del Rosario Cayetana Paloma Alfonsa Victoria Eugenia Fernanda Teresa Francisca de Paula Lourdes Antonia Josefa Fausta Rita Castor Dorotea Santa Esperanza Fitz-James Stuart y Falcó de Silva y Gurtubay. Tout de même. Qu'est-ce qu'il lui prit de se faire massacrer de la sorte ? Peut-être se sentait-elle dans le trop et le bidon ? Elle en aurait alors remis quinze couches. Yo no sé.

De la chirurgie esthétique

 

La plus grande couillonnade commise par un homme fut l'apanage, à répétition, de Mickey Rourke qui, non content de se faire rectifier le portrait sur des rings de boxe, subit le massacre de la chirurgie esthétique. Il y a sûrement chez lui un très fort penchant morbide. Ainsi, il a fait une demande en mariage en menaçant sa douce de se faire hara-kiri. Il s'est par ailleurs fait tatouer une tête de tigre sur l'épaule gauche, un crâne de taureau sur le biceps droit, un trèfle sur le bras droit et des babioles sur les doigts des deux mains.

De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique

 

Pour revenir à des transformations moins spectaculaires, on mentionnera la surprise des journalistes de France Info qui accueillirent un beau matin un personnage politique méconnaissable, un peu irréel, tendu, luisant, lisse : Rachida Dati.

De la chirurgie esthétique

 

Pourquoi Meg Ryan, vers la quarantaine, a-t-elle voulu devenir une poupée gonflable, après de nombreuses opérations, tandis que sa carrière était déjà déclinante ?

De la chirurgie esthétique

 

Même Sophia Loren s'y est mise, à pas d'âge (elle n'a que 82 ans). Il est vrai que son vrai nom est Scilicone !

 

De la chirurgie esthétique

 

Elle affola récemment une bonne partie de la représentation nationale française mais elle avoue ne plus se reconnaître. Pauvre Pamela Anderson !

De la chirurgie esthétique

 

Donatella, la sœur du couturier Gianni Versacce, est devenue, à coups de pulpes dans les lèvres et quelques lissages de peau, un créature irréelle. Elle fait plus que son âge (60 ans).

De la chirurgie esthétique

 

Autrefois, on allait voir le film D'où viens-tu Johnny ? Maintenant, on se demande où va Johnny. J'ai toujours peur que, durant un concert, vu qu'il est tiré de la bouche aux oreilles, tout explose.

De la chirurgie esthétique

 

On terminera sur ces quelques massacrés (pardon : massacré-e-s) plus ou moins célèbres. Le dernier exemple est celui d'un mannequin coréen qui s'est administré lui-même des produits frelatés pour avoir la peau la plus lisse possible :

De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique

 

 

PS : vous ne voudriez tout de même pas, j'espère, que les sharpeïs se fassent eux aussi ravaler !

 

 

 

PPS : avec la mauvaise foi qui le caractérise, l'ami Maxime Vivas a publié dans les colonnes du Grand Soir un exemple de transformisme édifiant qui m'aurait échappé. Il est vrai qu'un banquier de chez Rothschild peut devenir ministre de l’économie d’un président socialiste, voire devenir lui-même président socialiste (du courant MEDEF).

De la chirurgie esthétique
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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 05:41

 

Georges Brassens. Premières chansons (1942-1949). Prologue de Gabriel Garcia Marquez. Edition établie et annotée par Jean-Paul Liégeois. Paris : Le Cherche Midi, 2016.

 

Jean-Paul Liégeois et les éditions du Cherche Midi continuent leur exploration de l’œuvre de Georges Brassens. Cet ouvrage est le septième de la collection “ Brassens d’abord ”. J’avais, en son temps, rendu compte de la somme consacrée par Jacques Vassal à la vie et l’œuvre du Sétois.

 

Brassens ne fut pas Rimbaud, et n’a jamais prétendu l’être. Ces textes de chanson, écrits entre 1942 – Brassens avait 21 ans (l’âge où Rimbaud avait tout dit) – et 1949, le prouvent. Issu d’un milieu très populaire, Brassens fut un extraordinaire autodidacte qui, seul, apprit la versification et s’éveilla à l’esthétique de la poésie en dévorant Villon, Hugo, Verlaine et beaucoup d’autres classiques, en les réécrivant pour s’imprégner de leur art, un peu comme les peintres en herbe copient les œuvres des maîtres dans les musées. Par goût, il dénicha des auteurs inconnus (souvenons-nous d’Antoine Pol, de ses “ Passantes ” et des douze années de labeur obstiné de Brassens pour les mettre en musique). Il écrivit comme un fou. Les premiers jets de certains de ses poèmes – ou de ses chansons, car il composa très tôt avant même de maîtriser vraiment le piano et la guitare – pouvaient faire 40 pages. Il organisa ses textes en recueils et fut admis à la SACEM en 1942.

 

Brassens voulait donc être écrivain. Sa carte d’identité de l’époque portait la mention “ homme de lettres ”. Dans ces œuvres de jeunesse, comme le reconnaît Claude Richard, auteur de l’introduction de ce livre, on ne retrouve pas « l’orfèvre des mots couronné par l’Académie française. » La marque, tellement personnelle de Brassens n’est guère présente, même avec le recul. Le fond et la forme étant la même chose, cela tient peut-être au fait que Brassens écrit beaucoup sur lui-même, sans vraie distance, sur ses amourettes, ses déceptions, ses émois adolescents. On cherche en vain une armure qui serait fendue, un sens du tragique. Où sont la guerre, le STO, où sont les privations ? Brassens est dans sa bulle d’innocence. A Basdorf, en Allemagne, il écrit “ A l’auberge du bon Dieu ”, “ Autour d’un feu de camp ”, “ L’amour est optimiste ” (« Belle amoureuse, pourtant votre amoureux vous aime. Et vous l’aimez, je crois, de même »). En cherchant bien, on peut trouver une vague allusion aux malheurs quotidiens des Parisiens dans “ Paris s’est endormi ” (« Paris n’a point souci des gros nuages gris qui crèvent. Car il est endormi sous une étrange pluie de rêve »). Où sont les anarchistes que Brassens a commencé à fréquenter en 1945 ? Mais ce que l’on trouve toujours, c’est l’exigence compulsive du ciseleur de mots, de celui qui veut faire de la poésie chantée, influencé par Jean Tranchant ou Charles Trenet, qui va droit au but, dans la plus grande simplicité :

 

On s’est connu un jour de fête

Y avait du soleil dans les cieux.

Y avait du bonheur sur les têtes

Et de l’amour dans tous les yeux

 

(“ Qu’est-elle devenue ? ”, première chanson déposée à la SACEM en 1942)

 

 

 

 

La rigueur n’empêche pas, au contraire, le jeu avec les mots et les formes, comme l’enjambement avec rejet qu’il utilisera maintes fois dans son œuvre :

 

Son cœur se mit à palpiter quand je

Pris sa bouche en vainqueur,

Ce qui devait se passer

Finalement se passa.

Depuis ce jour, fait étrange,

Ell’ ne peut plus s’en passer,

C’est ça.

 

(“ Vendanges ”)

 

 

En 1942, Léo Marjane crée “ Seule ce soir ”, un des très grands succès de la période d’occupation. Subjugué, Brassens écrit “ Je pleure ” :

 

Je pleure,

Car je suis seul ce soir,

A l’heure

Où elle venait me voir.

 

Heureusement, la fadaise est sauvée par cette fulgurance :

 

Je songe

A nos serments émouvants,

Mensonges

Qu’emporta le premier vent.

 

 

Cette concision, ces retournements, on les retrouvera à foison :

 

Le passé m’échappe,

Alors enchanté.

Le terne présent se drape de réalité.

 

(“ Le passé m’échappe ”)

 

 

Assez rarement, Brassens ose le délire formel, comme dans “ La ligne brisée ” :

 

Sur la sécante improvisée

D’une demi-sphère céleste,

Une longue ligne brisée,

Harmonieuse, souple et leste,

Exécut’ la dans’ de Saint-Guy […]

 

 

Ou, autre figure géométrique de tous les possibles :

 

 

Deux beaux amants de roman,

Perpendiculairement

Au calme pur d’une grève,

Poursuivaient un joli rêve,

En riant de leurs tourments

Perpendiculairement.

 

(“ Perpendiculairement ”, italiques de Brassens)

 

 

Et il ose la transgression, ce qu’il fera ensuite jusqu’à sa mort :

 

Le diable s’est logé dans ma bourse.

Sans me demander la permission

Le diable s’est logé dans ma bourse

Avec de mauvaises intentions.

 

 

Mettre en scène les galipettes interlopes d’un étudiant et d’une directrice d’école, il fallait le faire à l’époque :

 

Et c’est dans la salle de musique

Qu’ils firent pendant plus de deux mois

La culture morale et physique

Qui procure de si doux émois.

 

 

Et puis, déjà et à jamais, cet humour, un peu de biais comme quand, sur scène, il se tournait vers son complice le contrebassiste Pierre Nicolas :

 

Comme il redout’ que des canailles

Convoit’ des rabots des tenailles,

En se couchant il les install’

Au milieu du lit conjugal.

Et souvent la nuit, je m’réveille

En rêvant aux monts et merveilles

Qu’annonce un frôlement coquin.

Mais ce n’est qu’un vilebrequin !

 

(“ La chanson du bricoleur ”)

 

 

Dès lors, il ne lui reste plus qu’à oublier Trenet, Tranchant, Asso, Mireille et Jean Nohaint.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 05:43

Pas génial, le dernier repas terrestre de Gagarine avant son envol historique

 

A 3 h 30, le médecin Karpov entre dans la chambre où Youri Gagarine et sa doublure (son doublure ?) Guerman Titov dorment.

 

 “ Il est l'heure de se lever ”, leur dit-il. Puis ils se rendent au gymnase pour une mise en train, puis toilette et déjeuner “ à la cosmos ”. Au menu :

 

 purée de viande,

 café,

 marmelade de cassis

 (tout cela en tubes)

 

 

 

Au début des années soixante, le sourire ravageur de Gagarine, sa gentillesse, sa simplicité, firent beaucoup pour la popularité en Occident d'une URSS qui se déstalinisait lentement mais sûrement.

 

Les Zuniens furent mortifiés par cette réussite des “ commies ”.

 

Rapidement, Gagarine court les jupons et les bistrots. Il a vingt accidents de voiture en sept ans.

 

Le 27 mars 1968, il s'écrase à bord d'un MIG-15 après avoir demandé la permission de rentrer à la base. Dans un premier temps, la thèse officielle, complètement fausse, est que  Gagarine, victime d'une défaillance de son avion, ne s'est pas éjecté pour éviter que son MiG-15 s'écrase sur une école. Il semble qu'il ait voulu éviter un ballon-sonde ou qu'il ait été gêné par un autre avion. Il avait 34 ans.

 

Orthodoxe pratiquant, Gagarine n'a nullement prononcé, pendant son vol, une phrase qu'on lui a longtemps prêté : “ Je ne vois aucun Dieu là-haut ”. Croyant mais pas débile !

A table ! (12)
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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 05:41

Brève note de blog pour un un lundi de Pâques.

 

Qui est cet homme à droite du trait rouge, un homme mesurant six pieds et quatre pouces ? Il était effectivement très grand (1 m 93).

De quoi cette ombre est-elle le nom ?

Il s'agit d'Abraham Lincoln, quelques dizaines de minutes avant son assassinat.

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 05:52

La nourriture suédoise n'est pas si mauvaise que cela. Comme partout, c'est la sauce qui fait le poisson. Voici donc ce qu'Albert Camus dégusta lorsqu'il reçut le prix Nobel de littérature en 1957.

 

Truite de rivière à la parisienne
 Sauce verte

 

Faisan au Porto


Laitue romaine



Poires au Cognac

Fine Champagne


Crème frappée

 

VINS


Johannisberger Riesling, 1955


Château Lescadres
 Deinhardt Cabinet, Brut


Café


Cognac Rémy Martin V.S.O.P.


Cointreau Liqueur

 

 

En prime, voici son discours d'acceptation :

 

 

 

« En recevant la distinction dont votre libre Académie a bien voulu m’honorer, ma gratitude était d’autant plus profonde que je mesurais à quel point cette récompense dépassait mes mérites personnels. Tout homme et, à plus forte raison, tout artiste, désire être reconnu. Je le désire aussi. Mais il ne m’a pas été possible d’apprendre votre décision sans comparer son retentissement à ce que je suis réellement. Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d’une œuvre encore en chantier, habitué à vivre dans la solitude du travail ou dans les retraites de l’amitié, n’aurait-il pas appris avec une sorte de panique un arrêt qui le portait d’un coup, seul et réduit à lui-même, au centre d’une lumière crue ? De quel cœur aussi pouvait-il recevoir cet honneur à l’heure où, en Europe, d’autres écrivains, parmi les plus grands, sont réduits au silence, et dans le temps même où sa terre natale connaît un malheur incessant ?

 

 J’ai connu ce désarroi et ce trouble intérieur. Pour retrouver la paix, il m’a fallu, en somme, me mettre en règle avec un sort trop généreux. Et, puisque je ne pouvais m’égaler à lui en m’appuyant sur mes seuls mérites, je n’ai rien trouvé d’autre pour m’aider que ce qui m’a soutenu, dans les circonstances les plus contraires, tout au long de ma vie : l’idée que je me fais de mon art et du rôle de l’écrivain. Permettez seulement que, dans un sentiment de reconnaissance et d’amitié, je vous dise, aussi simplement que je le pourrai, quelle est cette idée.

 

 Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n’ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S’il m’est nécessaire au contraire, c’est qu’il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l’artiste à ne pas s’isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent, apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. L’artiste se forge dans cet aller-retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger. Et, s’ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d’une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne régnera plus le juge, mais le créateur, qu’il soit travailleur ou intellectuel.

 

 Le rôle de l’écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou, sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d’hommes ne l’enlèveront pas à la solitude, même et surtout s’il consent à prendre leur pas. Mais le silence d’un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l’autre bout du monde, suffit à retirer l’écrivain de l’exil, chaque fois, du moins, qu’il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence et à le faire retentir par les moyens de l’art.

 

 Aucun de nous n’est assez grand pour une pareille vocation. Mais, dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s’exprimer, l’écrivain peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d’hommes possible, elle ne peut s’accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir – le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression.

 

 

 

 Pendant plus de vingt ans d’une histoire démentielle, perdu sans secours, comme tous les hommes de mon âge, dans les convulsions du temps, j’ai été soutenu ainsi par le sentiment obscur qu’écrire était aujourd’hui un honneur, parce que cet acte obligeait, et obligeait à ne pas écrire seulement. Il m’obligeait particulièrement à porter, tel que j’étais et selon mes forces, avec tous ceux qui vivaient la même histoire, le malheur et l’espérance que nous partagions. Ces hommes, nés au début de la première guerre rnondiale, qui ont eu vingt ans au moment où s’installaient à la fois le pouvoir hitlérien et les premiers procès révolutionnaires ont été confrontés ensuite, pour parfaire leur éducation, à la guerre d’Espagne, à la deuxième guerre mondiale, à l’univers concentrationnaire, à l’Europe de la torture et des prisons, doivent aujourd’hui élever leurs fils et leurs œuvres dans un monde menacé de destruction nucléaire. Personne, je suppose, ne peut leur demander d’être optimistes. Et je suis même d’avis que nous devons comprendre, sans cesser de lutter contre eux, l’erreur de ceux qui, par une surenchère de désespoir, ont revendiqué le droit au déshonneur, et se sont rués dans les nihilismes de l’époque. Mais il reste que la plupart d’entre nous, dans mon pays et en Europe, ont refusé ce nihilisme et se sont mis à la recherche d’une légitimité. Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l’instinct de mort à l’œuvre dans notre histoire.

 

 Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. Héritière d’une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire la servante de la haine et de l’oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer à partir de ses seules négations un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d’établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu’elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d’alliance. Il n’est pas sûr qu’elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que, partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l’occasion, sait mourir sans haine pour lui. C’est elle qui mérite d’être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie. C’est sur elle, en tout cas, que, certain de votre accord profond, je voudrais reporter l’honneur que vous venez de me faire.

 

 Du même coup, après avoir dit la noblesse du métier d’écrire, j’aurais remis l’écrivain à sa vraie place, n’ayant d’autres titres que ceux qu’il partage avec ses compagnons de lutte, vulnérable mais entêté, injuste et passionné de justice, construisant son œuvre sans honte ni orgueil à la vue de tous, toujours partagé entre la douleur et la beauté, et voué enfin à tirer de son être double les créations qu’il essaie obstinément d’édifier dans le mouvement destructeur de l’histoire. Qui, après cela, pourrait attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales ? La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu’exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d’avance de nos défaillances sur un si long chemin. Quel écrivain dès lors oserait, dans la bonne conscience, se faire prêcheur de vertu ? Quant à moi, il me faut dire une fois de plus que je ne suis rien de tout cela. Je n’ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d’être, à la vie libre où j’ai grandi. Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes, elle m’a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m’aide encore à me tenir, aveuglément, auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent dans le monde la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs.

 

Ramené ainsi a ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer, pour finir, l’étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m’accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui, partageant le même combat, n’en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. Il me restera alors à vous en remercier, du fond du cœur, et à vous faire publiquement, en témoignage personnel de gratitude, la même et ancienne promesse de fidélité que chaque artiste vrai, chaque jour, se fait à lui-même, dans le silence. »

 

Une petite pour la route (si je puis dire) : la veille de sa mort, Camus envoie à trois femmes le même télégramme : “ A demain ”.

 

PS : Camus, qui fut un magnifique utilisateur de la langue française, aurait été horrifié, j'en suis sûr, par les “ étudiant-e-s ” et autre “ proviseure ”. Je suis récemment tombé sur une nouvelle horreur (horreure ?) : au parlement français, les rapporteurs de commission femmes sont des “ rapporteures ”. “ Rapporteuses ” n'aurait pas convenu car renvoyant à l'immémorial “ petites rapporteuses ” de nos cours d'école. Le beurre, l'argent du beurre, les testos symboliques à défaut des testos réels. Mais aujourd'hui, la chirurgie peut faire bien des choses.

 

PPS : Un ami blogueur hébergé par Nouvelobs.com (où j'ai été censuré naguère et que j'ai quitté avec pertes et fracas) vient d'être censuré (pas pour la première fois) car, dans une note anodine, il avait cité le titre de ce chef-d'œuvre de la littérature étasunienne : La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole (A Confederacy of Dunces). Les deux “ dunces ” illettrés qui gèrent ce site ont bondi à la lecture du mot “ imbécile ”. Camus fut rédacteur en chef de Combat. La presse de centre gauche n'a pas vraiment évolué depuis sa mort. Les incultes y règnent en maîtres.

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 06:26

 

Après avoir rédigé la recension du roman de mon cher Pierre Lemaitre, Trois jours et une vie, comme j’avais cinq minutes devant moi et que je suis facétieux, j’ai tapé « Trois jours » sur Google. Comme tout le monde, je savais que le chiffre trois a quelque chose de magique dans bien des cultures et des religions de ce monde. Je vous livre un florilège de ce que j’ai trouvé.

 

 

Tous les jours, après la classe, le lapin Touneuf court voir son arrière-grand-père Ordage, vieux lièvre ridé, que Touneuf aide dans ses travaux de jardinage. Si Ordage est si vieux, c'est qu'il a commandé trois jours de vie en plus à chacun de ses anniversaires.

 

 

Victime d'un malaise cardiaque mercredi, le père de famille de 58 ans avait été sauvé grâce à la réactivité de son fils qui n'avait pas hésité à aller chercher de l'aide en vélo au milieu de la nuit. À peine trois jours plus tard, il a mis fin à ses jours à son domicile. Son fils de 5 ans venait de le sauver. Un homme, rescapé mercredi après un malaise cardiaque grâce à son petit garçon parti chercher des secours à vélo en pleine nuit, s'est suicidé à son domicile dans la nuit de samedi à dimanche à Saint-Pierre-la-Cour, près de Rennes, a indiqué lundi la mairie de la commune. Joint par téléphone par Le Figaro, la municipalité n'a pas souhaité en dire davantage sur cet homme de 58 ans.

 

 

Trois jours dans la vie de Thomas Mann :

Un roman nous plonge dans la tête de l’écrivain entre le 31 janvier et le 2 février 1936, quand il hésite à rompre avec l’Allemagne nazie.

Publié dans le magazine Books, octobre 2014.            



Envoyer la lettre à son éditeur et couper définitivement les ponts avec l’Allemagne nazie ? Ne rien faire et profiter à la fois de son exil suisse (involontaire mais très confortable) et du lucratif lectorat allemand ? Thomas Mann hésite, trois jours durant – du 31 janvier au 2 février 1936. Il faut dire que c’est un virtuose de la tergiversation. Littérature ou politique ? Spiritualité ou engagement dans l’action ? Guerre ou paix (en 1914, il a soutenu la guerre, mais aujourd’hui il s’en veut) ? Anti ou philosémite ? Amours masculines ou féminines ? Pendant ces trois jours, il passe d’un extrême à l’autre, écrit sa lettre, la remet à l’éditeur, la reprend, demande un délai de réflexion, envisage même de solliciter des autorités nazies une étrange « mise en congé de l’Allemagne », qui n’entraînerait pas l’interdiction de ses livres… La Hollandaise Britta Böhler retrace, dans son premier roman, ces atermoiements avec expertise, « mêlant adroitement, dans le monologue intérieur de Thomas Mann, les faits historiques et biographiques, en un portrait lucide de sa personnalité », lit-on dans Dagblad van het Noorden.

 

 

 

 

Expérience quantique. Les trois jours qui ont changé ma vie

 

Auteur : BRETHES Alain

 

Editeur : Le Temps Présent

 

 

 

Ces trois jours qui ont changé la vie des femmes

Année de production : 2014

Réalisateur : Philippe Lallemant

Genre : Débat

Durée : 60 min

Casting : Danielle Gaudry , Emmanuelle Devos , Jocelyne Girault-Laurence

SYNOPSIS

Après la diffusion du téléfilm, Julian Bugier anime, en présence de la comédienne Emmanuelle Devos, un débat dans lequel il donne la parole à des femmes qui ont avorté dans la clandestinité, il y a plus de 40 ans, au péril de leur vie. Témoignent aussi des médecins qui, à l'époque, pratiquaient en secret des avortements. En plateau, un gynécologue, un représentant du Planning familial, des militantes qui se sont engagées pour le vote du texte évoquent le contexte historique de la loi Veil, mais font également le point sur l'IVG aujourd'hui.

 

 

Apocalypse 11. « A cause d'eux les habitants de la terre se réjouiront et seront dans l'allégresse, et ils s'enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes ont tourmenté les habitants de la terre. Après les trois jours et demi, un esprit de vie, venant de Dieu, entra en eux, et ils se tinrent sur leurs pieds; et une grande crainte s'empara de ceux qui les voyaient. Et ils entendirent du ciel une voix qui leur disait : Montez ici! Et ils montèrent au ciel dans la nuée; et leurs ennemis les virent.…

 

 

 

Question : « Où était Jésus pendant les trois jours entre Sa mort et Sa résurrection ? »

 

Réponse : 1 Pierre 3:18-19 dit, « Le Christ lui-même est mort une fois pour les péchés, lui juste, pour des injustes, afin de nous mener à Dieu. Mis à mort selon la chair, Il a été vivifié selon l'esprit. C'est en cet Esprit qu'Il s'en alla même prêcher aux esprits en prison. Notre seigneur a ramené Son esprit au Père, est mort et à un moment entre la mort et la résurrection, a visité le royaume des morts où Il a délivré un message aux êtres d'esprit (probablement des anges déchus; voir Jude 6) qui ont été d'une façon ou d'une autre reliés à la période d’avant l'inondation, du temps de Noé. Le versert 20 dit cela de façon claire. Pierre ne nous a pas dit ce qu'Il a proclamé à ces esprits emprisonnés, mais cela ne pouvait pas être un message de rachat puisque les anges ne peuvent pas être sauvés (Hébreux 2:16). C'était probablement une déclaration de victoire sur Satan et ses hôtes (1 Pierre 3:22; Colossiens 2:15). Éphésiens 4:8-10 semblent aussi indiquer que le Christ est allé “ au paradis ” (Luc 16:20; 23:43) et a pris au ciel ceux qui avaient cru en Lui avant Sa mort. Le passage ne donne pas une grande quantité de détails sur ce qui est arrivé, mais la plupart des biblistes reconnaissent que c'est ce qui est signifié par “ tirer le captif de sa captivité. ”

Ainsi, pour tout dire, la Bible n'est pas entièrement claire sur ce qu'a exactement fait le Christ pendant les trois jours entre Sa mort et Sa résurrection. Il semblerait, cependant, qu'Il a prêché la victoire sur les anges déchus et/ou les non croyants. Ce que nous savons à coup sûr c’est que Jésus ne donne pas de deuxième chance aux personnes pour le salut. La Bible nous dit que nous devons faire face au jugement après la mort (Hébreux 9:27), elle ne nous donne pas une deuxième chance. Il n'y a pas vraiment une réponse définitive claire sur ce que Jésus a fait de son temps entre Sa mort et Sa résurrection. C’est peut-être l’un des mystères que nous comprendrons une fois que nous atteindrons la gloire.

 

 

 

 

Trois jours dans la vie de Viktor Tchnernichev

Drame réalisé en 1967 par Mark Ossepian 

 

Synopsis :

 

Indifférent au monde qui l’entoure, un jeune ouvrier se laisse entraîner par les voyous de son quartier à des actes de petite délinquance. Portait d’une jeunesse désenchantée, filmé dans les rues de Moscou (on peut apercevoir, encore en construction, le quartier du Nouvel Arbat). “ Mark Ossepian s’inspire des expériences des fondateurs de la Nouvelle École de New York, John Cassavetes et Shirley Clark. ” Martine Godet

 

 

 

Les trois jours d'obscurité :

 

« Nous vous disons ceci : les trois jours de nuit auront effectivement lieu. Ce sera un moment extrêmement pénible pour l’humanité. Tous, y compris ceux qui se seront préparés, auront un moment de difficulté, d’adaptation, un choc. Pour ceux qui se seront préparés, cela durera très peu de temps, ils referont vite surface et sauront parfaitement gérer cette expérimentation. Certains ont pu croire que les trois jours ne nuit n’auraient pas lieu. Nous tenons à vous dire que c’est totalement d’actualité et fait partie de la transition.

 

Bien au-delà de votre conscience humaine, bien au-delà de la conscience que vous pouvez avoir de vous-mêmes, vous subissez une grande, une très grande préparation. Questionnez-vous lorsque vous vous réveillez le matin très fatigués, plus fatigués que lorsque vous vous êtes couchés ou avec une envie de ne pas commencer votre journée de vie, de rester à un endroit dont vous n’avez plus souvenance. Un travail colossal se fait pendant le repos de votre corps mais également pendant vos moments de veille. Pendant ces moments-là vous êtes trop préoccupés pour vous en rendre compte. Parfois cependant, par un profond ressenti ou un décalage avec la réalité, vous savez qu’il se passe quelque chose. Le monde accélère d’une façon considérable sa mutation, sa transformation.

 

Faudra-t-il garder les animaux à l’intérieur ?

 

« Absolument, les animaux seront beaucoup plus perturbés que vous, il faudra les rassurer. »

Est-ce qu’après ces trois jours d’obscurité, certains d’entre nous seront capables d’utiliser leur merkabah pour aller sur une autre sphère ?

 

« Pas tout de suite, mais plus tard ! Ces trois jours génèreront de grandes capacités, l’unité entre la conscience humaine et la conscience spirituelle mais pas encore l’unité entre la conscience humaine et la conscience Divine.

 

Vous avez conscience de votre Divinité, mais le pont n’est pas encore créé. Si vous aviez réellement conscience des pouvoirs de votre Divinité, vous feriez miracle sur miracle ou ce qui pourrait paraître comme tels. En fait ce ne serait pas des miracles mais simplement l’utilisation de vos potentialités, de vos possibilités. »

 

 

 

“ Jennifer Lawrence : trois jours dans les mêmes habits, un nouvel homme dans sa vie ? ”

Voilà un moment que la belle Jennifer Lawrence n’a pas eu d’homme dans sa vie. Et si c’était pour bientôt ?

 

Il arrive qu’une femme ne pense pas à prendre un vêtement de rechange lorsqu’elle va coucher chez son homme. Résultat, elle porte sa tenue deux fois de suite. C’est ainsi que certaines stars ont été grillées en revenant d’un flirt. Serait-ce le cas de Jennifer Lawrence ?

 

Il serait temps de se changer non ?

 

En effet, voilà pas moins de trois jours que la jeune femme a été vue dans les mêmes vêtements. Un jean troué, une paire de basket grise et un sac noir à clou, la voilà prête pour sa journée. Alors, a-t-elle découché pour retrouver un homme ? 

 

 

 

François Hollande décrète un deuil national de trois jours et convoque le Congrès

 

ATTENTATS - Au lendemain des attaques qui ont visé la capitale et fait au moins 128 morts, le président de la République a pris une nouvelle fois la parole pour appeler au deuil et à l'unité face à un « acte de guerre préparé, organisé planifié de l'extérieur avec des complicités intérieures ».

 

« J'ai pris un décret pour proclamer le deuil national pour trois jours », a-t-il annoncé ce samedi depuis l'Elysée tout en promettant que tous les dispositifs de sécurité ont été « renforcés à l'échelle maximale ».

 

TF1 : Trois jours après les attentats terribles qui ont touché Paris, la vie reprend progressivement dans la capitale et dans les quartiers endeuillés. Les rues Bichat, de Charonne ou encore le boulevard Voltaire ont été de nouveau rendus accessibles au public. Les riverains et les commerçants sont encore sous le choc et sortent dans la rue la boule au ventre, mais avec la volonté de lutter contre le terrorisme.

 

 

 

 

Simone Pacot (Famille chrétienne): « Chaque existence doit traverser les trois Jours saints pour parvenir à la résurrection » (1/2)

 

À l’approche du triduum pascal, l’auteur de « L’Évangélisation des profondeurs », en s’appuyant sur sa propre expérience, décrit le passage qui peut se faire du soin psychothérapique à la conversion. Via, justement, la succession de ces trois jours saints aux tonalités bien distinctes.

 

Nous traversons, dans le quotidien, des passages, des étapes qui nous mènent du désordre de la mort sous quelque forme qu’elle se présente à la vie. Notre existence présente une analogie avec deux Pâques saintes : d’abord, la Pâque des Hébreux, cette sortie d’Égypte qui symbolise le fait de quitter l’oppression de l’esclavage, les captivités intérieures (Ex 12), avec cette longue marche dans le désert où se dévoilent toutes les résistances intérieures de l’être humain (Ex 15, 40). Enfin, l’entrée en terre promise (Jos 1, 7), avec un ultime combat contre la peur de l’inconnu, le doute. Puis la Pâque de Jésus, avec ses trois « Jours saints » : le Vendredi saint, temps de la déstabilisation, du choc, de la « blessure », du traumatisme. Le Samedi saint, temps de l’œuvre de Dieu dans les profondeurs de l’être, jusque dans nos enfers. Enfin, le dimanche de Pâques, temps de la vie qui rejaillit lorsque l’on quitte l’ancien, en s’élançant vers le nouveau. « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui est vivant ? » (Luc 24, 5)

 

 

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 06:44

Allons faire un tour à la Tour d'Argent en 1950. La vue sur Notre-Dame est unique. Au XXe siècle, la famille Terrail s'y est particulièrement illustrée.

 

En 1940, les nazis prennent possession des lieux. Claude Terrail a le temps de cacher plusieurs centaines de milliers de bonnes bouteilles avant de s'engager dans la division Leclerc.

 

En 1996, Claude Terrail perd sa troisième étoile au Michelin. En 2006, il perd sa seconde étoile et devient aveugle à la suite d'un AVC avant de décéder à l'âge de 88 ans.

 

Devise de la Tour d'Argent : « Il n'est rien de plus sérieux que le plaisir ». Spécialité de la maison : le "canard Tour d'Argent", élevé à Challans en Vendée.

 

Dans la cave du restaurant, on trouve des Bordeaux de 1845 et un Cognac de 1788.

 

John Pierpont Morgan y a dérobé une bouteille de cognac « Fine Napoléon ». Le restaurant, qui n'en possédait que deux, a accepté la lettre d'excuses du banquier voleur (pléonasme ?) et lui a retourné le chèque en blanc qu'il leur avait adressé en guise de dédommagement.

 

J'ai juré d'offrir un repas à la Tour d'Argent au millionième lecteur de mon blog (je ne risque pas grand-chose, mais sait-on jamais ?).

 

La Tour d’Argent (1950) restaurant fondé en 1582

 

Barquettes des Tournelles

——

Quenelles de Brochet

——

Canetons "Tour d'Argent"

Pommes soufflées

Les cuisses grillées

Salade Roger

——

Fromages

——

Poires Bourdaloue

——

 

Porto

Xérès

Cocktails

Chablis-Moutonne

Grands Echezeaux 1938

Fine Champagne 1893

 

 

A table ! (10)
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