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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 10:31
Il s'agir d'un des plus beaux airs traditionnels qui soit. Il nous vient du fin fond de l'Ecosse et s'intitule "Auld Lang Syne" dans un des dialectes des Highlands.
 
Je vous le propose ici avec le non moins célèbre "Land of Hope and Glory" :
 
 
Should auld acquaintance be forgot
And never brought to mind?
Should auld acquaintance be forgot
And days of auld lang syne?
Refrain
For auld lang syne, my dear
For auld lang syne
We'll take a cup o'kindness yet
For auld lang syne
We twa hae run about the braes
And pou'd the gowans fine
But we've wander'd mony a weary fitt
Sin' auld lang syne.
We twa hae paidl'd in the burn
Frae morning sun till dine
But seas between us braid hae roar'd
Sin' auld lang syne.
And there's a hand, my trusty feire
And gie's a hand o' thine
And we'll tak a right gude-willie waught
For auld lang syne.
And surely ye'll be your pint-stowp
And surely I'll be mine
And we'll tak a cup o'kindness yet
For auld lang syne.

Traduction moderne

Faut-il oublier les amis
ne pas s’en souvenir ?
Faut-il oublier les amis
les jours du temps passé ?
Refrain
Les jours du temps passé, ami
les jours du temps passé
Buvons ensemble à la tendresse
aux jours du temps passé.
Nous avons voyagé tous deux
chaque jour d’un cœur léger
Tours et détours un long chemin
depuis le temps passé.
Nous avons galéré tous deux
du lever au coucher
Océans nous ont séparés
depuis le temps passé
Voici ma main ami fidèle
donne ta main à l’amitié
Et nous boirons encore longtemps
aux jours du temps passé.
Et tu offres le premier verre
et j’offre ma tournée
Buvons ensemble à la tendresse
aux jours du temps passé.

 

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 06:35

Cela dit, au XVIIIe siècle, les jardiniers d’outre-Manche se sont généralement effacés devant la nature afin, selon Michel Baridon, de « plier leur art aux caprices de sa main » (Le jardin paysager anglais au dix-huitième siècle, 2000). On observe que l’âge d’or du jardin à l’anglaise fut aussi celui de la poésie du paysage et de la nuit. En ce siècle, la conception des jardins est une activité esthétique, un art authentique dont le statut est aussi élevé que celui de la peinture ou de la poésie. Selon Baridon, lorsque les jardins anglais apparaissent, « les poètes se servent de plus en plus du mot “ excursion ” et les peintres du mot “ tour ”, tandis que les romanciers recourent au genre dénommé “ novel of the road ”, c’est-à-dire une forme de fiction dans laquelle les personnages quêtent au hasard des chemins qui sont aussi libres que ceux de l’antique campagne anglaise. » La composition du jardin invite à la promenade, sa matière invite au dépaysement. Par ailleurs, les constructions, les ruines qui renvoient à l’Antiquité ou au Moyen-Âge illustrent ce que Foucault appelait une “ hétérotopie universalisante ” (“ Des espaces autres ”, dans Dits et écrits 1954-1988, Gallimard, Paris, 1994). Le jardin devient musée, mémoire – très subjective et sélective – du monde. Dans le jardin anglais, la nature, plus exactement sa reproduction factice, inscrit l’homme dans le temps. Mais un temps destructeur et instable.

 

 

Par ailleurs, le XVIIIe siècle est une époque où l’Angleterre règne sur le commerce mondial car son industrie et son économie sont déjà en pointe. La classe dirigeante anglaise se sent dominatrice et sûre d’elle-même. Elle chante le nouvel hymne à la puissance de la mère-patrie :

 

Règne Britannia, règne sur les mers

Jamais les Bretons ne seront esclaves.

 

L’hymne affirme que la Grande-Bretagne est un pays béni et qu’elle est maîtresse de la terre et du ciel. Une fois n’est pas coutume, ce sont les continentaux qui vont chercher leurs idées outre-Manche, dans ce pays-phare, auprès de Locke ou de Newton. Hostile à l’innéisme, John Locke prône le primat de l’intuition, des sens, qui nous permettent d’avoir une vraie connaissance de nous-mêmes et de dieu. Isaac Newton, esprit largement aussi religieux que scientifique, croyait en un monde immanent, avec ce que Voltaire appellera un Grand Horloger : « L’admirable uniformité du système planétaire force à y reconnaître les effets d’un choix. » (Principes mathématiques de la philosophie naturelle).

 

Les classes dirigeants, aristocratie traditionnelle et gentry, ne veulent plus de la monarchie absolue depuis la “ Glorieuse Révolution ” de 1688. Sous cette élite, els classes moyennes, fortement marquées par le puritanisme, prônent la liberté religieuse. Au niveau de l’inconscient collectif, l’idée s’insinue que l’Angleterre va devenir une nouvelle Rome.

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 06:21

 

Le jardin “ à l’anglaise ” a au moins autant d’importance que le château ou le manoir. Ainsi, l’une des fonctions des arbres est de masquer les constructions que l’on veut cacher à la vue, comme une ferme ou un cimetière. Le jardin doit paraître illimité. D’où la construction – en trompe-l’œil si possible – de terrasses qui dégagent la vue.

 

 

 

Et d’où aussi un usage particulier de la végétation qui vise à cacher des espaces trop évidemment ruraux. Mais, comme par jeu,  il est recommandé de faire paître des vaches dans les parties les plus éloignées des jardins afin d’éviter une rupture brutale avec la nature :

 

 

 

Le jardin doit donc être allusif et illusoire. Parfois on déboise sans vergogne pour dégager des perspectives, parfois on reboise massivement pour rappeler à soi le souvenir d’une nature qu’on a trop domestiquée. A Longleat, Lord Weymouth fera planter 50 000 arbres, dont un fort lot importé des Antilles ou des colonies américaines. 300 hectares furent dessinés par le très célèbre Capability Brown, « le plus grand jardinier anglais ». Les architectes anglais endiguent des rivières (alors que dans les jardins à la française on dessinait des plans d’eau artificiels) pour créer des cascades ou des petits lacs dont la taille est proportionnée à celle du château et non à celle du jardin. Et sur ces petits lacs, on implante parfois des ilots boisés. Le comble de la sophistication dans la recherche pouvant être Wimpole Hall où Lord Hardwicke avait fait ériger (par l’incontournable Capability Brown) un faux château en ruine :

 

 

 

Dans ce château, Brown avait prévu une véritable maison pour l’usage des domestiques. Une double mise en abyme du prolétariat de l’époque ! La réaction antifrançaise débouchant sur le maniérisme (de tradition plutôt toscane – voir le jardin de la villa Medicis ou celui de la villa Bottini à Lucques), on verra que dans certains jardins anglais prétendument respectueux de la nature tout pouvait être faux : ponts, ruines, rivières, grottes, chaumières, animaux.

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 06:25

Un mot sur Gérard de Nerval qui ne se suicida pas par "folie" mais parce qu’il était dans le dénuement le plus complet. Il se pendit à une grille après avoir subtilisé un cordon de tablier à sa tante. « Ne m’attendez pas ce soir car la nuit sera noire et blanche », furent les mots d’adieu qu’il lui écrivit. Il avait 47 ans.

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

 

Dans le même ordre d’idée, Gérald Neveu, né en 1921, se suicida à 38 ans en avalant des barbituriques. Il fut proche des surréalistes et adhéra au parti communiste en 1947. Il fonda en 1950 la revue Action Poétique. Il vécut toute sa vie dans une grande pauvreté et dans un grand mal être.

 

Lorsqu’on le découvrit mort, il y avait à son chevet un livre de Pavese, autre suicidé célèbre. Il avait aussi écrit ce poème :

 

Plus de cheveux

Plus de dents (2ème incisive droite)

Plus d’argent

Plus de femme

Plus d’appartement

Plus de temps

Plus de feu

Plus de poids

Bilan du 28 février 1960

Plus de signature G.N

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

Né en 1888, Nguyễn Văn Thinh, s’est suicidé le 10 novembre 1946 à Saïgon. Il fut le premier président de la République autonome de Cochinchine. Citoyen français, il avait fondé le parti démocratique cochinchinois en 1937. Le 1er juin 1946, l’amiral Thierry d’Argenlieu, haut_commissaire de France en Indochine, suscite la proclamation d’une république autonome de Cochinchine sous la présidence de Nguyễn. En violation d’un accord préalable. Nguyễn est alors considéré par beaucoup comme un traître.

 

Egalement lâché par les Français, l’homme se pend à l’espagnolette de sa fenêtre avec un fil de cuivre le 10 novembre 1946. Hô Chi Minh commentera de manière perfide : « La perte d’un excellent médecin comme le docteur Thinh est regrettable. »

 

(Pudor)

 

 

 

Athina (dite Tina) Niarchos (de son vrai nom Athina Mary Livanos Onassis Spencer-Churchill Niarchos) connut l’existence très douloureuses de certaines femmes de milliardaire.  Née en 1929, elle était la deuxième fille du grand armateur Stavros Livanos. Elle épousa tout d’abord un autre richissime armateur : Aristote Onassis, à qui elle donnera deux enfants, Alexandre et Christina. Après des années de dépression, elle cède son mari à Maria Callas.

 

En 1961, elle épouse John Spencer Churchill, marquis de Blanford, cousin germain de Sir Winston et cousin éloigné de Lady Diana. Un divorce surviendra au bout de dix ans.

 

En 1971, elle épouse le vrai-faux meurtrier de sa sœur, le richissime Stavros Niarchos. Son fils Alexandre, alors âgé de 24 ans, se tue dans un accident d’avion.

 

Trois ans plus tard, le 10 octobre 1974, elle meurt à Paris d’une dose mortelle de somnifères.

 

(Impatienta doloris)

 

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 06:54

Cette étudiante, Bac+ 3,5 donc, est française et inscrite en linguistique française.

Bonsoir,
Je viens par la présente vous solliciter de bien vouloir répondre à ma
demande.
En fait, je suis étudiante en M1 sciences du langage, vue les problèmes
personnels, de santé et le travail j'ai pas pu assiter à vos cours.
Ainsi, la secrétaire m'a informer que l'examen est prévu pour le jeudi 12 de ce
mois,
Je voudrai avoir le nom de votre groupe pour le rejoindre et avoir accès aux
cours, mais aussi l'heure et la salle d'examen s'il vous plait pour pouvoir
rattraper le retard et travailler cette semaine et examiner. 
Dans l'attente d'une réponse de votre part, je vous prie Madamme d'agrer mes
salutationsdistinguées
Cordiallement
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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 15:45

 

Contre la France, l’Angleterre remit en cause la dénaturation de la nature et trouva, grâce au modèle chinois, une nouvelle conception s’inspirant de la nature dans ce qu’elle pensait être sa vérité.

 

Le jardin anglais n’est plus un espace de rupture par rapport à la nature, il cherche à donner l’impression qu’il se fond dans le paysage en respectant les lignes et les harmonies. Les murs de frondaison qui enserraient le jardin à la française et le séparaient nettement de l’espace ambiant son remplacés par des haies basses, enfoncées dans le sol, les fameux « ha-ha » ou sauts de loup :

 

 

 

Les plans d’eau géométriques seront remplacées par des rivières ou des lac sinueux, les « serpentines » – comme celui de Hyde Park – coulant entre des bosquets, des prairies, voire même des champs labourés.

 

 

 

 

Ces jardins seront agrémentés de petites constructions, comme des bergeries ou des moulins. Parce qu’il sublime l’eau et le vent, le moulin est un objet absolument positif. Comme il est constitué d’une roue, il symbolise l’éternel recommencement, le cycle des saison, la naissance, la mort, la renaissance.

 

En France, le promeneur Jean-Jacques Rousseau se fera, avec Ermenonville, le défenseur de ce type de jardin. Le philosophe s’y fit inhumer dans l’Île des Peupliers. Ces jardins, créé au milieu du XVIIIe siècle selon une inspiration très anglaise, offraient une transition très douce vers la campagne. La promenade y était ponctuée de constructions romantiques. Rien de rectiligne, mais des surprises, des cascades, un temple de la Philosophie. L’idée du concepteur du château, le marquis de Girardin, était de creuses des marais, de planter des landes, d’améliorer la nature, de « composer des paysages sur le terrain ». Ci-dessous, un des lieux les plus célèbres de ces jardins, le Désert :

 

 

 

On peut dire que dans toute l’Europe le romantisme des jardins a précédé le romantisme littéraire.

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 06:31

 

Les Anglais seront les premiers à régir contre la mode française. Ils iront jusqu’en Chine chercher une conception du jardin leur permettant de prendre le contre-pied du mode de pensée français.

 

 

 

En Chine, les jardins étaient depuis fort longtemps considérés comme des lieux de réflexion., des œuvres humaines en même temps que des dons du ciel, des lieux de vie, de divertissement et des lieux magiques où chacun est en quête d’une nature idéale, symbolique. Alors que les jardins à la française tendaient vers la démesure, l’immensité, le jardin à la chinoise, dans une perspective bouddhiste, vise à donner une expression du monde en miniature, du « monde dans un grain ». Ce qui est petit est beau. Plus la reproduction s’éloigne de la réalité, plus le jardin devient mythique. En concentrant un maximum d’essences dans un minimum d’espace, on s’éloigne de la réalité, surtout si on a réduit ces essences au niveau du quasi nanisme.

 

Le jardin chinois est un lieu où la méditation est alimentée par la contemplation d’objets silencieux, multiples et divers. Les allées ne sont jamais rectilignes, l’important n’étant pas d’aller d’un point à un autre par le chemin le plus court ou le plus rationnel mais de renouveler perpétuellement une création personnelle par la déambulation grâce à un parcours aux possibilités infinies. La symétrie, exploitée sous toutes ses formes dans le jardin à la française, n’est pas recherchée par les Chinois, qui visent plutôt l’harmonie d’ensemble, la sublimation d’un monde réécrit par l’artiste aux fins de mieux le comprendre. Pas au sens cartésien du terme, mais dans une optique sensorielle, combinatoire, à l’aide d’objets uniques et d’images mythiques. Les formes se font et se défont sous les yeux du contemplateur et s’épuisent d’elles-mêmes.

 

L’eau et la pierre ont un rôle fondamental. Les pierres peuvent être accumulées pour donner une image de montagne. Les rocailles peuvent aider à constituer des perspectives, contribuant ainsi à donner l’illusion d’espaces plus vastes. La beauté des rochers est proportionnelle à leur forme tourmentée. Les formes complexes signifient l’équilibre précaire de la terre, en surface comme en ses profondeurs. Les cavités symbolisent les yeux du dragon qui, lui-même, atteste la vitalité, la force de la terre et de l’univers et n’a aucune connotation négative.. L’eau est le pouls de la terre. Son calme symbolise le calme et aide à la méditation. Bénéfique, l’eau est dotée de vertus supérieures. C’est pourquoi les fontaines ou les sources sont placées au centre des jardins. Pour Lao Tseu, ce qui est mou triomphe de ce qui est dur. Les quatre fleurs idéales sont le chrysanthème, l’orchidée le bambou et le prunier.

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 06:41

Lucien Morisse. Toute une époque, que les moins de 40 ans …

 

Il était né en 1929 à Paris. Directeur des programmes d’Europe I (la radio qui monte à l’époque et casse tous les styles), il découvre Dalida (elle aussi suicidée) en 1956. “ Bambino, Bambino ” (enregistré en une nuit), “ Les gitans ”, “ Come prima ”. Une relation plus que professionnelle les unit. Elle devient immensément populaire. Au bout de cinq ans, Dalida accepte d’épouser Morisse par reconnaissance mais elle aime le peintre et acteur Jean Sobieski. Lucien et Yolanda divorcent en 1962.

 

Morisse reprend le principe étasunien de la “ playlist ” qui consiste à diffuser une chanson jusqu’à satiété pour en faire un tube. Il trouve le premier disque de Johnny Halliday nul et le casse en direct. Et puis c’était une reprise d’une chanson de Dalida…

 

Il suscite la création de l’émission Pour ceux qui aiment le jazz de Daniel Filipacchi et Franck Ténot, de Musicorama et de Salut les Copains.

 

Il se suicide au moyen d'une arme à feu, le 11 septembre 1970 dans son appartement parisien, après une nuit passée chez Castel et une grosse dispute avec sa femme.

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

 

Destin assez classique dans un pays totalitaire que celui de Renate Müller. Hitler tombe fou amoureux d’elle. Il lui déclare son amour en exécutant le salut nazi. « Je peux tenir mon bras étendu pendant des heures », lui dit-il. « Des gens prétendent que j’ai un appareil dissimulé dans ma tunique, mais c’est faux. Je m’exerce régulièrement à tenir mon bras raide et immobile. » Renate devient pour un temps la maîtresse du futur dictateur raide mais entretient une relation avec un industriel juif.

 

Renate, qui avait suivi les cours de Max Reinhardt, refusera de tourner dans les films de propagande du parti nazi. Goebbels fera tout pour ruiner sa carrière. Elle devient très célèbre en 1930 avec le film Aimé des dieux. Elle chante également à merveille.

 

Placée sous la surveillance permanente de la Gestapo, elle sombre dans l'alcool, se drogue et souffre d’épilepsie. Elle se défenestre à Berlin le 7 octobre 1937 à trente ans. Elle meurt 14 jours après sa chute. La Gestapo l’a peut-être aidée à sauter. La profession a interdiction d’assister à ses obsèques, filmés par la Gestapo. Sa propriété est confisquée alors que ses parents et sa sœur y vivent encore.

 

(Æquivocus)

 

 

 

 

Néron. Pas un tendre, ce massacreur, débauché et matricide. Il naquit le 15 décembre 37 et mourut le 9 juin 68, assisté de son scribe Epaphrodite qui lui enfonça une épée dans la gorge, alors qu’il devait être exécuté de manière beaucoup plus violente.

 

Malgré tout le mal qu’on a dit de lui, Néron n’avait pas que des défauts : il améliora le sort des esclaves et encouragea les arts et les lettres. Selon la légende, il joua de la lyre pendant que Rome brûla. Mais il semble qu’il ait offert son palais aux sans-abris. Il fallait trouver des boucs-émissaires pour cet incendie. Ce furent les Chrétiens (secte juive à l’époque) que l’on jeta aux lions ou que l’on crucifia en les brûlant comme des torches. Tacite narra cet épisode en ces termes :

 

« Pour apaiser ces rumeurs, Néron offrit d'autres coupables, et fit souffrir les tortures les plus raffinées à une classe d'hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. Réprimée un instant, cette exécrable superstition se débordait de nouveau, non seulement dans la Judée, où elle avait sa source, mais dans Rome même. On saisit d'abord ceux qui avouaient leur secte ; et, sur leurs révélations, une infinité d'autres, qui furent bien moins convaincus d'incendie que de haine pour le genre humain. On fit de leurs supplices un divertissement : les uns, couverts de peaux de bêtes, périssaient dévorés par des chiens ; d'autres mouraient sur des croix, ou bien ils étaient enduits de matières inflammables, et, quand le jour cessait de luire, on les brûlait en place de flambeaux. Néron prêtait ses jardins pour ce spectacle, et donnait en même temps des jeux au cirque, où tantôt il se mêlait au peuple en habit de cocher, et tantôt conduisait un char. Aussi, quoique ces hommes fussent coupables et eussent mérité les dernières rigueurs, les cœurs s'ouvraient à la compassion, en pensant que ce n'était pas au bien public, mais à la cruauté d'un seul, qu'ils étaient immolés. »

 

Le Sénat finit par démettre Néron.

 

Apprenant que les sénateurs allaient lui imposer le supplice des parricides (le supplice étrusque du cuellus : recouvert d'une cagoule, cousu dans un sac de cuir dans lequel étaient introduits des animaux – coq, chien ou renard – le supplicié est jeté dans le Tibre), il fut contraint au suicide : abandonné de tous, il se réfugia dans la maison de campagne de Phaon, son fidèle affranchi et se poignarda à la gorge. Eglogue et Alexandrie, ses nourrices, ainsi qu’Akté, sa concubine, réunirent 200 000 sesterces pour réaliser son incinération et ensevelir ses cendres dans un mausolée qui se trouve aujourd'hui dans la Villa Borghèse.

 

(Subtractio).

 

 

Ses derniers mots furent Qualis artifex pereo !: « Quel grand artiste périt avec moi ! ».

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 07:08

Le jardin de Versailles est l’exemple le plus connu et impressionnant du style « français ». Il s’agit d’une immense construction de verdure, d’eau, de marbre et de bronze. Les premières esquisses datent de 1630, sous Louis XIII, à l’ouest du château. En 1662, après la chute de Fouquet et la captation de Vaux-le-Vicomte, Louis XIV se concentre sur Versailles, avec l’aide de l’équipe de Fouquet (Le Vaux, Le Brun, Le Nôtre). Due à Le Vau, l’Orangerie profitait de la pente naturelle de la colline au sud du château. La grotte de Thétis, au nord, participait de la métaphore solaire. À partir de 1665, Louis XIV fit aménager une débauche de fontaines et de bosquets. La symbolique d’Apollon fut également exploitée. En 1668, Louis XIV fit creuser le Grand Canal (longueur 1 500 mètres, largeur 62 mètres). En 1674, il commanda 24 statues, exécutées sous les directives de Le Brun.

 

Sous Louis XVI, les jardins subirent d’importantes transformations. Ils furent totalement replantés en 1774, sous l’inspiration des philosophes rationalistes, l’idée étant de se rapprocher du jardin à l’anglaise.

 

L’art s’est progressivement et positivement substitué à la nature. L’homme a pleinement imposé sa loi. Mais le système a subsisté, le dogmatisme étant atténué par des statues allégoriques et des jeux d’eau inspirés de Byzance, les jardins de Byzance ayant par ailleurs inspiré les jardins d’Islam. Souvenons-nous que les Byzantins étaient des experts dans la  manipulation de l’eau et du feu : ils inventèrent avec le feu grégeois (dont le secret fut gardé pendant des siècles au point que sa composition exacte fut perdue) une préparation inflammable capable de brûler au contact de l’eau.

 

Seule le sculpteur Coysevox prit quelques libertés avec les schémas extrêmement rigoureux de l’architecte Le Brun. Il réalisa des copies de marbres antiques mais les autres artistes se coalisèrent, à la demande de Colbert, responsable des bâtiments nationaux, pour éliminer toute fantaisie italienne.

 

Après Versailles, le style du jardin à la française inspira l’Europe entière, en particulier l’Angleterre et l’Allemagne, comme celui-ci près de Hanovre :

 

 

Ce faisant, il n’échappa pas au maniérisme, la nature étant mise en coupe réglée de façon de plus en plus artificielle. On en a un bon exemple avec les jardins du château de La Ballue près du Mont-Saint-Michel :

 

 

 

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 07:25

 

Aménagée à partir de 1544, la Villa d’Este, à Tivoli, près de Rome, comprenait cinq terrasses. La Villa fut un des premiers « giardini delle meraviglie » (jardin des merveilles) et servit de modèle pour d’autres jardins en Europe. Le cardinal à l’origine de ce projet s’inspira du palais de l’empereur Hadrien tout proche et pilla une grande quantité de marbre pour la construction. Il reprit les techniques d’approvisionnement en eau des Romains de l’Antiquité pour alimenter les fontaines. La villa comprenait cinq terrasses. Le décor végétal y jouait un rôle fondamental : les jeux d’eau, les grottes, les escaliers étant très subtilement intégrés aux cyprès et aux chênes centenaires.

 

 

Au cours de la Renaissance, l’art des jardins italiens sera acclimaté à la France. Dans les châteaux de la Loire, on verra des jardins ressembler à des tapisseries qui auraient été tendues autour des palais. On remarquera une nouvelle utilisation des plans d’eau qui se substitueront aux parterres.

 

Le premier jardin dit « à la française » sera celui du château de Vaux-le-Vicomte, propriété de l’homme à l’époque le plus riche de France, le surintendant des Finances Nicolas Fouquet. Celui-ci chargea Le Nôtre de modifier le jardin d’origine. Il canalisa une rivière, allongea le Parterre de la Couronne, agrandis les trois parterres situés devant le château. Une cascade sera construite et des grottes seront sculptées en 1660. A Vaux-le-Vicomte, la perspective est vertigineuse, les plans sont immenses, la dénivellation très faible. Du château, le regard porte loin, jusqu’à un canal terminé par une statue d’Hercule. Remarquable exemple d’une géométrie très conceptualisée, le jardin fait penser, vu du château – et c’est de là qu’il est censé être contemplé dans sa totalité – à une clairière de raison dans une forêt impénétrable. Vaux fut assurément le premier jardin en France à symboliser, au milieu du XVIIe siècle, le triomphe de l’esprit humain sur la nature.

 

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