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16 mai 2025 5 16 /05 /mai /2025 05:01

Elle est née vers 1773 dans le comté de Charles City (ainsi nommée en l’honneur du futur roi Charles Ier). Elle est morte en 1835 à Charlottesville (hommage à Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, épouse du roi George III.

 

Esclave de son métier. Sa mère travaillait pour John Wayles, le père de Martha Wayles, épouse de Thomas Jefferson, décédée avant que celui-ci ne devienne le troisième président des États-Unis. Á noter que la mort du père de Martha apporta aux Jefferson 20 000 hectares de terre et 135 esclaves, ce qui fit doubler la fortune du futur président. Avec le remariage de Martha Wayles avec Thomas Jefferson, Sally passe au service de l’illustre planteur de Virginie.

 

Après la mort de Martha, vraisemblablement de diabète, Thomas Jefferson s’installe à Paris comme ambassadeur des États-Unis. Il y fait venir Sally, qui voit donc du pays. De retour aux États-Unis, Jefferson meurt en 1826. Sally s’installe à Charlottesville.

 

Jefferson était contre le métissage, tout en ayant eu – très vraisemblablement – un enfant avec Sally. Il écrivit : « La fusion des Blancs et des Noirs produit une dégradation à laquelle aucun amoureux de son pays, aucun amoureux de l'excellence du caractère humain, ne peut innocemment consentir. »

 

Les historiens hésitent sur la nature des relations entre le président Jefferson et Sally. Certains pensent qu’il abusa d’elle, d’autres estiment que les relations furent consenties. En particulier Dumas Malone, auteur d’une biographie de Jefferson en six volumes (Jefferson and His Time, prix Pulitzer) qui estiment que l’on manque toujours d’indices probants, dans un sens ou dans l’autre.

 

Des rumeurs plus ou moins folles commencèrent à courir. Le journaliste crapoteux James T. Callender écrira en 1802 : « Tout le monde sait que [Jefferson] eut pour concubine une de ses esclaves, du nom de Sally. Le nom du fils aîné de Sally est Tom. Il ressemble comme deux gouttes d’eau au Président. Il a aujourd’hui entre 10 et 12 ans. »

 

En 1873, Madison Hemings, l’un des fils de Sally, déclara que tous les enfants de Sally étaient de Jefferson. Le film de James Ivory Jefferson à Paris (1995) corrobore cette version des faits. Tout comme, avant lui, le roman de Barbara Chase-Riboud, La Virginienne (1979).

 

Comme ses frères et sœurs, Madison fut affranchi par le Président. Mais selon certains historiens, le père des enfants de Sally serait Randolph, planteur de son état, le plus jeune frère de Thomas Jefferson. Les questions de bâtardise qui parcourent l’histoire de France ont dû inspirer les Zuniens de la classe supérieure !

 

 

En 2017, des archéologues découvrent, à l’occasion de travaux dans la maison de Thomas Jefferson à Monticello, une pièce cachée où Sally aurait vécu en compagnie de ses enfants. L’historien Winthrop Jordan affirma que Jefferson séjournait à Monticello pour la conception de chacun des enfants de Sally…

 

Connaissez-vous Sally Hemings ?

PS : États-Unis : La police de l’immigration poursuit sa campagne de terreur dans tout le pays

Encouragée par Trump et les démocrates qui le laissent faire, la police de l'immigration à travers les États-Unis opère dans une impunité sans foi ni loi en menant ses opérations d’expulsion fascistes. Dans les États gouvernés par les républicains comme par les démocrates, les agents fédéraux relevant du ministère de la sécurité intérieure (DHS) – y compris les brutes de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) et leurs complices de la Customs and Border Protection (CBP) et des Homeland Security Investigations (HSI) – arrêtent des parents, des enfants et même des fonctionnaires sans motif, sans mandat et sans procès équitable.

Chaque jour, les médias sociaux diffusent des vidéos montrant des images horribles de brutes masquées et lourdement armées qui déchirent des familles, les menottent et les font disparaître dans des véhicules banalisés. Les personnes détenues sont gardées dans un réseau de prisons à but lucratif pendant des semaines, voire des mois, avant d'être exilées vers un pays « d'origine », qui peut aller d'une méga-prison salvadorienne à un donjon libyen, en passant par un pays où la personne n'est pas allée depuis des années ou dont elle n'a aucun souvenir, parce qu'elle est arrivée aux États-Unis alors qu'elle était enfant et qu'elle y a grandi.

Incapable de procéder à des « expulsions de masse » avec les forces dont il dispose actuellement, Donald Trump a ordonné vendredi au ministère de la sécurité intérieure d'embaucher 20 000 agents supplémentaires. Cherchant à expulser un million de personnes d'ici la fin de l'année, l'administration Trump fait appel à la police des États pour participer aux opérations.

Dans le Tennessee, sous direction républicaine, la Tennessee Highway Patrol s'est associée à l'ICE pour procéder à des perquisitions et enlèvements illégaux de résidents. L'opération raciste et ciblée a débuté le 3 mai et s'est concentrée sur les quartiers latinos de Nashville. Au petit matin, la police de l'État a commencé à effectuer des centaines de contrôles routiers avec des agents de l'ICE. Les immigrants soupçonnés d'être sans papiers ont été arrêtés et rapidement embarqués dans deux bus nolisés pour être envoyés en Louisiane.

Depuis le 3 mai, la patrouille routière du Tennessee a effectué près de 600 contrôles routiers de ce type, et les agents de l'ICE ont arrêté 103 personnes pour des infractions présumées à la législation sur l'immigration, selon l'Associated Press. Cette rafle fasciste a provoqué une colère générale dans l'agglomération de Nashville, qui compte plus de 2 millions d'habitants.

Samedi, un match de la Major League Soccer organisé au Geodis Park de Nashville a été boycotté par des milliers de résidents locaux. La Brigada De Oro, le groupe de supporters latino-américains officiellement reconnu du Nashville SC, a annulé toutes ses activités le jour du match, tandis que de nombreux spectateurs ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Nous ne sommes pas tous là » et « No estamos todo aquí » en espagnol.

Dans une vidéo publiée sur sa page Instagram tôt dimanche matin, la chanteuse de rock Monte Mader a indiqué qu'il y avait eu de multiples perquisitions dans le centre-ville de Nashville pendant qu'elle se produisait.

« Nous avons travaillé dans le centre-ville de Nashville, sur le Broadway Strip et il y a eu des descentes de l'ICE sur Broadway dans les bars ce soir. Les établissements fermaient leurs cuisines plus tôt que prévu, renvoyaient leur personnel chez lui et affichaient des panneaux disant “Privé. Ne pas entrer”. »

« Et que ce soit clair », a-t-elle poursuivi. « Ces “policiers fédéraux” masqués qui ne s'annoncent pas, qui n'ont pas de motif valable et qui n'ont pas de mandat violent la loi. [...] Il s'agit d'un enlèvement et d'un trafic d'êtres humains. »

 

Par Jacob Crosse (World Socialist Website)

Connaissez-vous Sally Hemings ?
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11 mai 2025 7 11 /05 /mai /2025 05:01

Bon, d'accord, je m'intéresse de nouveau à l'individu peut-être le plus connu et important de l'histoire de l'Humanité. Après ce texte, je me calme ! Je reprends ici un extrait d'un texte de Christian Brohet.

 

L’évangile de Jean décrit les circonstances de la mort de Jésus sur la croix. Deux caractéristiques ont intrigué les commentateurs : d’une part la courte survie de Jésus sur la croix, d’autre part la nature de la plaie de côté.

Après trois heures de lutte contre l’étouffement progressif causé par sa position, Jésus, tourmenté par la soif atroce du crucifié, demande à boire. Un soldat trempe une éponge dans une cruche remplie de vin aigre (posca), la fiche sur une branche d’hysop (arbuste méditerranéen) et la tend à Jésus. Celui-ci, s’étant humecté les lèvres pousse un grand cri, incline la tête et expire. Peu après, les soldats s’approchent des condamnés pour leur briser les jambes, car il faut se hâter, le soir va tomber et il ne convient pas que des cadavres restent pendus à leur croix alors que va commencer le sabbat des juifs et la fête de Pâque qui suit. Arrivé à Jésus, l’un des soldats s’aperçoit qu’il est déjà mort. Au moyen de sa lance, nous raconte Jean, il le frappe au côté et aussitôt sortit de la plaie du sang et de l’eau.

Jean ne spécifie pas de quel côté le coup de lance a été donné, mais le linceul montre qu’il s’agit du côté droit. En fait, le soldat a appliqué le règlement, il a donné le « coup de grâce » de façon à s’assurer de la mort de la victime. Le côté droit est choisi, comme cela est enseigné dans les écoles de gladiateurs, ce côté n’étant pas protégé par le bouclier. La forme en ellipse de la plaie permet même d’identifier l’arme utilisée, la lancea, courante dans l’armée romaine, de longueur variable et dont le fer plat est en forme de laurier. Les bords de la plaie sont restés écartés de 1,5 cm environ, ce qui prouve que Jésus était déjà mort au moment du coup de lance.

Jean, qui est un témoin oculaire, présent au pied de la croix avec Marie et deux des Saintes femmes, est si bouleversé par ce qu’il voit qu’il insiste dans son évangile sur la véracité de son récit. Le fait qu’il écrit que sortit de la plaie du côté « du sang et de l’eau » ne signifie pas que ce soit un ordre chronologique car la traduction grecque met en premier lieu le terme qui parait à l’auteur le plus important, ici le sang…En réalité, les premiers manuscrits décrivent « …de l’eau et du sang », ce qui paraît plus conforme à la réalité des choses. En effet, la lame de la lance, glissant entre la 5e et la 6e côte, a transpercé les plèvres pariétale et viscérale, ensuite le poumon droit, pour atteindre la cavité péricardique distendue, l’oreillette droite et la veine cave supérieure, éventuellement le ventricule droit. L’écoulement d’une quantité peu importante d’eau représente sans doute le liquide des épanchements pleuraux et péricardique dont l’abondance est faible à cause de l’état de déshydratation. L’écoulement qui a suivi d’une quantité plus importante de sang représente le sang de l’oreillette et du ventricule droit, à moins qu’il ne s’agisse d’un hémopéricarde.

 

Causes de la mort de Jésus

Beaucoup d’hypothèses ont fait florès autour de la mort de Jésus au terme de la crucifixion. Tout d’abord, on a eu droit à des théories farfelues déniant la réalité de cette mort. Certains ont même suggéré que d’autres, Simon de Cyrène, ou même Barrabas auraient été crucifiés à la place de Jésus et que Jésus se serait en quelque sorte « échappé » du tombeau ! David Strauss (1808-1874) a répondu que Jésus était certainement mort parce-qu’il était impossible d’imaginer l’apparition d’un « Christ en gloire », après qu’il ait eu à subir un tel supplice ! Il y a actuellement consensus quant à la réalité de la mort de Jésus. De plus en plus l’unanimité se dégage quant aux causes médicales de cette mort.

Récapitulons la synthèse des faits majeurs concernant la Passion de Jésus de Nazareth. Très affaibli par les sévices administrés lors de ses interrogatoires, surtout la séance de flagellation qui aurait pu le tuer, le couronnement d’épines et le chemin de croix, Jésus arrive en état de choc hypovolémique lorsqu’il se voit encloué brutalement, ce qui provoque de nouvelles hémorragies. Alors commence l’agonie avec la lutte incessante pour respirer en s’arc-boutant sur les clous des quatre membres, les crampes musculaires, les douleurs fulgurantes, la soif dévorante, le développement d’une acidose respiratoire et métabolique. L’estimation d’une perte de sang d’environ deux litres pendant le temps allant de la flagellation à l’agonie sur la croix, d’un litre supplémentaire lors du coup de lance et de deux litres lors de la descente de croix explique que Jésus était pratiquement exsangue au moment de la mise au tombeau… La mort pouvait tout simplement être causée par l’état d’épuisement qui amène le crucifié à cesser de lutter, ce qui provoque inévitablement la mort par asphyxie. Les évangiles nous disent qu’au moment d’expirer Jésus lança un grand cri « Tout est achevé ». Nous pouvons donc nous demander si ce cri n’indique pas un dernier événement catastrophique, par exemple un arrêt cardiaque par arythmie ventriculaire ou un infarctus du myocarde avec rupture cardiaque. Il est également possible que dans de telles circonstances des végétations thrombotiques se soient constituées et aient embolisé dans les artères coronaires. Il n’en reste pas moins que l’hypothèse de la mort par asphyxie est la plus souvent retenue : 28 auteurs sur 42, d’après un article tout récent de Habermas et coll (6).

Ce qui paraît certain, c’est que Jésus est bien mort sur la croix, que la mort avait déjà fait son œuvre au moment du coup de lance et que la rigidité cadavérique était déjà présente au moment de la descente de croix.

 

 

De la mort de Jésus

 

 

PS qui n'a rien à voir : pourquoi ne me reste-t-il qu'un an pour lire Tintin ?

De la mort de Jésus
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9 mai 2025 5 09 /05 /mai /2025 05:01
Lettre d'un général italien à Mussolini

Cette photo montre le général italien Alexandro Luzano devant le cadavre d’un enfant serbe près de l’école de Prebiloci. Ci-dessous des extraits d’une lettre envoyée au Duce :

Cher Duce,

La dévotion sans limites que je vous porte me permet, je l’espère, de m’écarter du strict protocole militaire. Raison pour laquelle je m’empresse de vous décrire un événement auquel j’ai personnellement assisté il y a trois semaines.

En visite dans la région de Dubrovnik, nos responsables du renseignement m’ont informé que les oustachis de Pavelic [https://fr.wikipedia.org/wiki/Oustachis] avaient commis un crime dans le village de Prebilovsi la veille et que, lorsque le fait fut connu :es Serbes des environs en furent bouleversés.

Les mots me manquent pour décrire ce que j’ai découvert. Dans la grande salle de classe, j’ai trouvé une maîtresse massacrée et 120 de ses élèves. Aucun enfant n’avait plus de 12 ans ! Le mot crime est ici inadéquat et naïf. Il dépasse toute folie.

De nombreuses victimes avaient été décapitées, leur tête ayant été déposées sur des tables d’élèves. Les Oustachis avaient arraché les entrailles et, tels des rubans de la Nouvel Année, les avaient étirés sous le plafond et les avaient fixés dans les murs avec des clous. Les essaims de mouches et la puanteur insupportable ne nous avaient pas permis de rester plus longtemps.

Je remarquai un sac de sel déchiré dans le coin et fut choqué de trouver qu’ils les assassinaient lentement en enfonçant du sel dans leur coup ! Comme nous quittions les lieux, nous entendîmes un enfant grogner sur le siège arrière. J’envoyai deux soldats voir ce qu’il en était. Ils dégagèrent l’un des élèves qui vivait encore. Il respirait la gorge tranchée en deux. J’emmenais ce pauvre enfant dans ma voiture jusqu’à notre hôpital militaire, je le réanimai et appris de sa bouche la réalité de cette tragédie.

Les criminels, en premier lieu, chacun leur tour, violèrent Stana Arnautovic, une institutrice serbe, puis ils la tuèrent devant les enfants. Ils violèrent également des gamines de huit ans. Pendant tout ce temps, des musiciens gitans, amenés sur les lieux par force chantaient et jouent du tambourin !

Pour notre honte éternelle, un pasteur de l’Église catholique, un homme de Dieu, participa à tout cela ! Le garçon que nous sauvâmes récupéra rapidement. Dès que sa blessure fut guérie, il profita de notre inattention pour s’échapper de l’hôpital et retourner dans son village à la recherche de sa famille.

Nous envoyâmes en vain une patrouille à sa recherche. Elle le retrouva à l’entrée de la maison des gens massacrés. Des mille habitants que comptait le village, il n’en retsait plus un seul ! Le même jour, nous découvrîmes que, plus tard, un crime ayant été commis à l’école, les Oustachis avaient capturé 800 autres habitants dans le village de Prebilovci. Ils les avaient jetées dans une fosse et les avaient tués comme des animaux.

300 hommes seulement furent sauvés en parvenant à franchir les lignes oustachis autour du village et en s’enfuyant dans les montagnes ! Ces 300 survivants étaient plus forts que la division d’lite de Pavelic. Ils avaient perdu tout ce qui était à perdre : enfants, femmes, mères, sœurs, maisons, terres.

Ces massacres des Serbes ont atteint de telles proportions que de nombreuses sources d’eau ont été polluées. De la source de Popovo Polje, près de la fosse dans laquelle 4 000 Serbes avaient été jetés, coulait une eau rougeâtre, comme j’ai pu par moi-même m’en rendre compte ! Une tache indélébile va marquer la conscience de l’Italie et de sa culture si nous ne parvenons pas à nous désolidariser des Oustachis et si nous n'empêchons pas que notre soutien à cette folie nous soit attribué.

 

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5 mai 2025 1 05 /05 /mai /2025 05:01


 

Dans Le Grand Soir, Gerald Posner se demande quelle est la nature du Vatican : une cité, une cité-Etat, une nation ou une banque :

 

Beaucoup de gens ne considèrent la Cité du Vatican que comme le siège du gouvernement des 1300 millions de catholiques romains du monde. Quelques athées critiques y voient une holding capitaliste jouissant de privilèges spéciaux. Cependant, ce petit bout de terre au centre de Rome est également une nation souveraine, qui dispose d’ambassades diplomatiques appelées nonciatures apostoliques dans plus de 180 pays, et possède le statut d’observateur permanent auprès des Nations Unies. Cela étant, le Vatican diffère radicalement des autres pays. Pour le comprendre, il faut connaître l’histoire de sa souveraineté. Depuis plus de 2 000 ans, le Vatican est une monarchie non héréditaire. Le pape est son chef suprême, investi du pouvoir décisionnel exclusif sur toutes les questions religieuses et temporelles. Il n’y a pas de pouvoir législatif, judiciaire ou de système de contrôle et d’équilibre des pouvoirs.

 

Même les pires papes – sachant qu’il y en a eu de vraiment terribles – sont sacro-saints. Il n’y a jamais eu de coup d’État, de démission forcée ou d’assassinat avéré d’un pape. En 2013, le pape Benoît XVI est devenu le premier pape à démissionner en 600 ans. Les problèmes de déclin cognitif sont balayés sous le tapis. En investissant un seul homme d’un pouvoir illimité, le modèle gouvernemental du Vatican se rapproche de celui d’une poignée de monarchies absolues comme l’Arabie saoudite, Brunei, Oman, le Qatar et les Émirats arabes unis.

 

L’OBS explique comment Gérald Darmanin recrute les surveillants de ses futures prisons de haute sécurité : Prime de 1 500 euros, anonymisation, sécurisation :

 Le premier établissement destiné à accueillir les narcotrafiquants les plus dangereux doit ouvrir le 31 juillet à Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Le deuxième, à Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, sera opérationnel le 15 octobre. La vague d’attaques que vient de subir l’administration pénitentiaire renforce les nécessités d’une sécurité sur mesure.

 

Combien de volontaires pour devenir surveillant dans l’une des deux nouvelles prisons de haute sécurité lancées par le ministre de la Justice Gérald Darmanin ? Comment insuffler auprès des agents la motivation et la fierté d’intégrer des unités en première ligne face au narcotrafic ? Comment éviter qu’ils ne soient « mis à l’amende » par des délinquants qu’on sait peu encombrés de scrupules ? Et avec quels moyens les protéger, autant des attaques extérieures que des tentatives de corruption ?

 

Ces questions étaient déjà au cœur du premier comité de pilotage relatif à la création des prisons de haute sécurité, destinées à accueillir les plus importants trafiquants de drogue, que le garde des Sceaux a réuni, le 7 avril, place Vendôme en présence de son collègue de l’Intérieur, Bruno Retailleau, et, plus discrètement, des responsables de la pénitentiaire, de la police, de la gendarmerie et des services de renseignements.

 

Dans le World Socialist Website, Jacob Crosse rapporte que Trump a prononcé, pour célébrer ses 100 premiers jours à la Maison Blanche, un discours aux accents fascistes lors d'un rassemblement clairsemé à Warren, Michigan. L'arène, qui peut accueillir jusqu'à 5 000 personnes, n'a jamais été remplie plus qu’à moitié.

Un fait pratiquement ignoré par les médias patronaux : plus de gens ont manifesté à l'extérieur du site pour s'opposer à Trump et à ses attaques contre les immigrés, les étudiants, les fonctionnaires et les droits démocratiques, qu'il n'y en avait pour l'acclamer à l'intérieur. Les manifestants brandissaient des pancartes faites à la main dénonçant le piétinement de la Constitution et les aspirations de Trump à devenir un « Führer américain ».

 

Selon les derniers sondages, Trump est largement impopulaire. Un sondage ABC News/Washington Post/Ipsos publié cette semaine donne à Trump un taux d'approbation de 39 %, le plus bas pour un président à ce stade depuis 80 ans. 

 

Défendant son invocation de l'Alien Enemies Act et les disparitions d'immigrés et d'étudiants pour des délits de pensée et des tatouages, Trump a qualifié à plusieurs reprises tous les immigrés de violeurs et de meurtriers. Reprenant la théorie suprémaciste blanche du « Grand Remplacement », il a accusé « l'administration précédente d’avoir organisé une invasion massive des frontières, permettant aux gangs, aux cartels et aux terroristes d'infiltrer nos communautés et de violer et d'assassiner nos concitoyens, et c'est être gentil que d’en parler ainsi ».

Il s'est vanté d'avoir interdit les aides sociales aux «illégaux» et signé un décret mettant fin au droit du sol, inscrit dans le quatorzième amendement de la Constitution. 

Revue de Presse 557
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27 avril 2025 7 27 /04 /avril /2025 05:01

Il était né en 1715, dans un petit village près d’Arras.

Il fut enrôlé dans l’armée avant d’être réformé. Il trouve un emploi comme serviteur dans une université. Il est licencié avant même d’avoir commencé à travailler.

Pour son entourage, il est quelqu’un de très instable, ce qui expliquerait ses sautes d’humeur violentes et imprévisibles.

Il décide d’assassiner le roi Louis XV. Alors que ce dernier allait entrer dans son carrosse, Damiens se jette sur lui et le poignarde à plusieurs reprises. Il n’avait aucune chance de tuer le roi. La lame de son canif faisait 8 cm et le roi était chaudement habillé. Damiens ne tente pas de fuir et se laisse appréhender.

Dans un premier temps, alors que le chirurgien Lamartinière examine la blessure, le roi demande qu’on épargne Damiens. Il changera d’avis par la suite.

Bien qu’aucun organe royal n’ait été touché, le roi va garder la chambre pendant une dizaine de jours. Il en profite pour faire son examen de conscience. Il affirme vouloir assumer une pratique religieuse plus régulière, renoncer à ses maîtresses et préparer le dauphin à sa succession.

Comme c’était prévisible et normal en ces temps, Damiens va subir de longues séances de torture, pour l’aider à parler.

Ses jambes vont subir le supplice des “ bottes malaises ” ou brodequins. L'accusé était assis sur un fauteuil. Deux planches étroites et solides étaient alors attachées de part et d'autre de chaque jambe, et une corde liait étroitement les quatre planches entre elles. Des coins étaient ensuite enfoncés à coups de marteau entre les deux planches centrales, ce qui, en resserrant les planches autour des jambes de l'accusé, leur imprimait une force cruelle. Le nombre de coins variait : quatre pour la question ordinaire, huit pour la question extraordinaire. Généralement, l’intérieur des bottes étaient hérissées de pointes de clou Souvent, les os éclataient.

Damiens fut naturellement condamné à mort. Plus de vingt bourreaux furent convoqués pour cette occasion historique.

Sa main régicide fut attachée à une barre perpendiculaire fichée le long de la table. Dans les doigts on fixa avec une chaîne le couteau dont il s’était servi pour frapper le roi. Cela fait, le bourreau Sanson posa sous cette main le réchaud de soufre enflammé. Le feu était médiocre mais la douleur fut grande. Elle fit pousser à Damiens un cri qui domina tous les bruits de la place de Grève.

Du plomb et de la cire fondues furent versées dans les plaies et de l’huile bouillante fut répandue sur tout le corps.

Gabriel Sanson comprit qu’il n’aurait pas la force nécessaire pour le tenaillement. C’est son adjoint Soubise qui devait procéder à cette partie du supplice. Mais Soubise était saoûl. Plusieurs valets refusèrent de le remplacer. Finalement, André Legris accepta la tâche.

 

Sanson l’entraîna vers l’échafaud, et lui mit entre les mains des tenailles d’acier longues d’un pied et demi. Legris commença par tenailler Damiens au gras des jambes, puis au gras des bras. Son instrument mordit également les cuisses. De là il remonta aux mamelles, qu’il traita de la même façon. Un des adjoints de Sanson fit un témoignage précis de la torture : « Cet exécuteur, quoique très robuste, a eu beaucoup de peine à arracher les morceaux de chair qu’il prenait dans ses pinces. Cela était si dur à arracher qu’il était obligé de tourner ses pinces deux ou trois fois du même côté ; et ce qu’il emportait formait à chaque partie une plaie de la grandeur d’un écu de six livres. »

 

Damiens hurlait. La mutilation des mamelles fut ce qui parut le faire le plus soufrir. De temps en temps, son confesseur lui donnait le crucifix à baiser. Ses lèvres s’en approchaient avidement. Le tenaillement terminé, André Legris fit un signe à un valet. Celui-ci s’avança, une sorte de marmite à la main. Dans cette marmite il y avait du plomb fondu, de l’huile bouillante, de la cire et de la poix de résine en fusion. André Legris plongea une cuiller de fer dans cette mixture et en répandit sur chacune des plaies de Damiens. La chair grésilla avec un bruit strident sous l’action du liquide enflammé. Les yeux de Damiens sortirent de leur orbite. On eut le spectacle d’un damné, écumant, crispé, rouge, sanglant, rugissant.

 

Legris arrosait les jambes, les cuisses, les bras, excepté les mamelles. Il ne fallait pas que le cœur risquât d’être atteint ; il ne fallait pas que le condamné pût mourir sitôt et tout d’un coup.

 

On laissa respirer Damiens pendant quelques instants. Il y avait trois quarts d’heure que son supplice durait. Le greffier Le Breton profita de ce moment pour s’approcher de lui.

 

— Avez-vous quelque chose à dire ? lui demanda-t-il.

— Grâce pardon, mon Dieu ! murmurait Damiens.

— Messieurs les présidents et messieurs les commissaires sont prêts à se transporter auprès de vous.

— J’ai tout dit.

— Songez-y, reprit le greffier, dans un instant vous allez mourir.

— Oh ! faites-moi donc mourir bien vite !

— Ce que vous avez souffert n’est rien en comparaison de ce qui vous reste à souffrir encore.

— Parlez... au nom de votre famille...

— Ma famille ? répéta Damiens avec émotion ; grâce pour elle.

— Révélez vos complices, continua le greffier.

— Qu’on me donne la mort, je vous en prie ! Hâtez-vous !

— C’est votre dernier mot ?

— Seigneur, mon Dieu ! la force ! la forcie ! s’exclama Damiens.

 

Lorsqu’ils furent convaincus que les efforts du greffier avaient été inutiles, les bourreaux préparèrent le nécessaire à écartèlement.

 

On amena dans l’enceinte quatre chevaux jeunes et vigoureux.

 

Les bourreaux avaient obtenu la permission de dépecer le condamner.

 

Les chevaux furent encore excités et lancés. Alors, quand les membres de Damiens furent tendus à point, les deux bourreaux coupèrent les nerfs aux jointures des cuisses. Cela ne se fit pas sans peine. Le sang jaillit en abondance. « Oh ! hurla Damiens ; ayez-pitié de moi, Seigneur ! Jésus, secourez-moi ! » Les couteaux fouillaient sa chair, ne s’arrêtant que devant les os. « Voyons maintenant », dit Henri Sanson. Les chevaux tirèrent.

 

Cette fois une cuisse se détacha, la cuisse gauche. Le peuple battit des mains. Après de nouvelles secousses des chevaux, l’autre cuisse partit.

 

Restaient les bras. Henri Samson et Legris recommencèrent le jeu de leurs couteaux à l’endroit des épaules et aux aisselles. On aurait dit deux bouchers travaillant dans la même viande. Ils n’épargnaient aucun nerf. « Grâce ! grâce ! » criait toujours Damiens. Le bras droit tomba. Damiens ne perdit pas encore connaissance.

 

Enfin, les chevaux emportèrent le dernier bras. Il n’y eut plus sur la table basse qu’un tronc qui vivait encore et une tête dont les cheveux venaient de blanchir tout à coup. Il vivait ! Pendant qu’on détachait les chevaux et qu’on ramassait ses quatre membres, les confesseurs se précipitèrent vers lui. Mais Henri Samson les arrêta en leur disant que Damiens venait de rendre le dernier soupir.

 

Pendant une heure et demie que dura ce supplice, personne ne songea à quitter sa place, ni aux fenêtres ni sur le pavé.

 

Un bûcher avait été préparé à quelque distance de l’échafaud, avec des fagots et de la paille. On y jeta d’abord les quatre membres du supplicié, et ensuite le tronc. Pas un spectateur, pas une spectatrice n’avait déserté la place de Grève. Tout le monde voulait assister jusqu’au bout à ce drame unique.

 

Les pièces de chair et le tronc mirent quatre heures à brûler. Les cendres furent jetées au vent, selon la formule du jugement.

 

Damiens fut la dernière personne en France à être exécutée par écartèlement.

 

Après sa mort, sa maison natale fut rasée avec interdiction de rebâtir. Sa femme, sa fille et son père furent bannis du royaume et le reste de sa famille fut contraint de changer de nom.

 

 

Cette horreur en a peut-être inspiré une autre. Le vice-gouverneur de Bohême-Moravie, Reinhard Heydrich, fut assassiné à Prague le 27 mai 1942. La Gestapo estima, à tort, que les assassins de Heydrich étaient originaires du village de Lidice parce que plusieurs officiers tchèques exilés en Angleterre étaient originaires de ce lieu. Le 9 juin 1942, les Allemands massacrent la population du village : 199 hommes sont tués, 195 femmes déportées au camp de concentration de Ravensbrück et 95 enfants sont fait prisonniers. 81 des enfants sont ensuite tués dans des camions à gaz dans le centre d’extermination de Chełmno, huit sont adoptés par des familles allemandes dans le cadre du programme Lebensborn. Les ruines de Lidice sont rasées. Le sol du village sera nivelé par-dessus les cadavres sans sépulture.

Robert-François Damiens, presque régicide
Robert-François Damiens, presque régicide
Robert-François Damiens, presque régicide
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23 avril 2025 3 23 /04 /avril /2025 05:01

Elle avait 16 ans quand elle tua plus de 100 soldats allemands en les empoisonnant. Dénoncée, capturée par la Gestapo, torturée, elle subtilisa l’arme du soldat qui l’interrogeait et le tua d’une balle dans la tête. En tentant de s’enfuir, elle tua deux autres soldats.

 

Elle était née en 1926 à Leningrad dans une famille ouvrière. Elle intégre les Kosmosol lors de l’invasion de son pays. En 1941, elle séjourne chez sa grand-mère à Vitebsk. Elle se lance dans la résistance en distribuant des tracts soutenant l’action de l’armée soviétique et en organisant des caches d’armes pour l'armée. Elle apprend la confection et le maniement d’explosifs et participe au sabotage de la centrale électrique et de l’usine de briques de la ville.

 

 Elle est scandalisée par le spectacle de soldats frappant son aïeule et lui confisquant son bétail.

 

Elle décide alors d’empoisonner la nourriture de la garnison allemande pour laquelle elle travaille. Immédiatement soupçonnée, elle ingurgite de cette nourriture pour prouver aux Allemands qu’elle n’y avait pas mis de poison. Elle s’en sort en vomissant, en buvant abondamment et en avalant force petit-lait. Comme elle ne retourne pas travailler, les Allemands comprennent qu’elle est coupable de l’empoisonnement et partent à sa recherche.

 

Pour éviter d’être arrêtée, elle rejoint une unité partisane. Elle est capturée en janvier 1944. C’est à cette occasion qu’elle tue l’enquêteur de la Gestapo et deux soldats. Elle tente de s’enfuir mais est rapidement rattrapée.

 

Elle est torturée mais ne livre aucun renseignement.

 

Elle est assassinée le 15 janvier 1944. Elle avait 17 ans.

 

Le 1er juillet 1958, elle est déclarée Héroïne de l’Union soviétique et décorée de l’Ordre de Lénine.

Zinaïda Portnova : une héroïne russe (et soviétique)
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11 avril 2025 5 11 /04 /avril /2025 05:01
Anaïs Duchet, traductrice interprète

Elle est la fille de mes amis Jean-Louis et Bénédicte. Elle devait avoir quatre ou cinq ans quand je l'ai connue. Time passes…

 

On vient toujours de quelque part : père professeur de linguistique anglaise et grand connaisseur de la langue albanaise, mère traductrice anglais-français. Mais Anaïs s'est faite toute seule. Elle est actuellement l'une des traductrices les plus recherchées dans le domaine de la comédie musicale.

 

Ci-dessous, elle nous livre quelques secrets de son art.

 

 

Bordelaise depuis trois ans, je suis ravie d’avoir trouvé une communauté de fans-geeks à peu près aussi dingos que moi autour de notre chère prof et chorégraphe Muriel, car j’ai maintenant la chance de pouvoir m’adonner à ma passion pour la comédie musicale dans ma vie privée... en plus de mon travail !


J’ai pu réaliser mon rêve de faire rimer en français les sous-titres des chansons de films comme La La Land, Dear Evan Hansen, Tick Tick Boom!, Wonka, West Side Story, In the Heights/D’où l’on vient, Bob’s Burgers : Le Film, mais aussi sur les séries SMASH et High School Musical, ou tout récemment le biopic sur Bob Dylan, Un parfait inconnu.

 

Intraduisible, entends-je dire dans l’assistance ? Heureusement que non, sinon je ferme la boutique et vous n’avez pas de VOST ! Simplement, il faut comprendre que ce qu’on traduit, ce ne sont pas des mots, mais du sens, un esprit, et à plus forte raison en chanson ou dans un musical, où l’on peut se prévaloir de la fameuse "licence poétique".

 

Parce que vous croyez que dans la langue d’origine, c’est un hasard que les vers riment, que c’est juste bien tombé parce que la langue est faite comme ça ? Que nenni/Hell no!  Ça a demandé aux auteurs un travail énorme de recherche, de rythmique, de scansion, de synonymie, d’homonymie, de paronymie, d’allitérations, d’assonances et mille autres figures de style. Alors en tant que traductrice, qui ai en plus le statut d’autrice, il est de mon devoir de rendre justice à ce travail d’écriture en me creusant les méninges tout autant.

 

Voici les quelques lignes de conduite que je me suis fixées au fil de mes expériences, sous forme de commandements (en hommage au Dieu suprême Lin-Manuel Miranda dans Hamilton) illustrés d’exemples :
 

1er commandement : le mot-à-mot tu oublieras

 

Premier commandement et chose que je rabâche le plus souvent pour essayer de faire comprendre mon métier au monde entier : JE NE TRADUIS PAS DES MOTS MAIS DU SENS ! Souvent, la meilleure traduction d’une phrase est tout sauf celle qui consiste à superposer un mot sur un autre dans sa traduction basique. Ce n’est pas comme ça que marchent les langues, ce sont des expressions, des groupes de mots, des connotations, des glissements, et surtout, surtout, DU CONTEXTE.

 

Exemple : DEAR EVAN HANSEN (You Will Be Found)

 

Have you ever felt like you could disappear
Like you could fall, and no one would hear?

 

On pourrait croire en lisant ou traduisant rapidement mot à mot que la première phrase signifie "As-tu déjà eu envie de disparaître ?", en prenant le sens de "to feel like" comme "avoir envie de", ce qui est parfois juste. Mais avec la suite, on comprend que c’est "As-tu déjà pensé que si tu disparaissais ou que si tu tombais, on ne t’entendrait pas ?". Là-dessus, hop, une petite moulinette de rimes et de synonymes, et on a :

 

As-tu déjà eu le sentiment
D’être transparent ?
Que si tu tombais
Personne ne t’entendrait ?

 

Remarque un peu basique de ma relectrice de l’époque : « Mais on n’entend plus "disparaître" en français ! ». Je respire un grand coup et j’explique que ce ne sont pas les mêmes mots, mais que TOUT est là, "transparent" traduit parfaitement ce que ressent Evan, n’est-ce pas ? Et on a les rimes, ce qui est également primordial dans la traduction de l’esprit, et que l’on aurait pu perdre en traduisant littéralement.


Il y avait évidemment plein de façons de rendre ces deux vers, il existe une infinité de traductions pour une même phrase, c’est ce qui fait la beauté des langues et de ce métier.


 

2e commandement : sur l'image tu t'appuieras

 

Le chocolat appelé "Silver lining" dans le film vient de l’expression "Every cloud has a silver lining" qui veut dire "Il y a toujours un bon côté aux choses", littéralement "Tout nuage a un reflet argenté [donc du soleil derrière]".

 

Pour rendre au mieux le côté poétique et accrocheur d’un nom de confiserie, il était utile de revenir à la source, l’image, qui représente ce chocolat sous la forme d’un nuage gris avec un éclair. L’expression imagée qu’on a la chance d’avoir en français, "Après la pluie, le beau temps", était idéale pour restituer l’esprit et le visuel, et la première partie "Après la pluie", suffit pour un nom accrocheur !

 

 

3e commandement : les rimes et le rythme tu suivras

 

Comme je le disais en introduction, ce n’est absolument pas une coïncidence si les vers ou certains mots riment dans l’œuvre originale, et en comédie musicale comme dans toute musique ou poésie, la forme et le style sont au moins aussi importants que le fond, sinon plus.

 

Exemple : WONKA
The greedy beat the needy, Mr. Wonka.

 

Il faut bien reconnaître qu’ici, l’anglais est merveilleusement concis et percutant : "greedy/needy" (cupide/indigent) se font parfaitement écho, et en rime riche. Mais en français, on sait se défendre aussi, avec des mots composés et imagés tout aussi parlants, il suffit de se creuser un peu (beaucoup dans ce cas, je m’en souviens encore, mais il ne faut rien lâcher !).

 

Résultat :
Les âpres au gain l’emportent sur les crève-la-faim, M. Wonka.

 

D’expérience, je me suis aussi rendu compte que les rimes en sous-titres marchaient généralement mieux si on les voyait dans un seul et même sous-titre, plutôt que de devoir se rappeler quelle était la finale du sous-titre précédent. Trop de boulot pour le spectateur, on s’y perd, et il faut que le film reste agréable à suivre.


Donc sans suivre forcément l’alternance exacte des rimes, l’idée est que l’on sente que ça rime, qu’on entende la musicalité, même à l’écrit. (Cf exemple plus haut Dear Evan Hansen).

 

 

4e commandement : les expressions et références tu adapteras

 

Toujours dans l’idée de traduire le sens ou même l’esprit plutôt que les mots, les références culturelles ont parfois besoin d’être explicitées, même si on a moins tendance qu’autrefois à les transposer (dans les années 80 en doublage, le Madison Square Garden pouvait sans problème devenir le Parc des Princes, alors qu’on était à New York ! Different times…)

 

Exemple : D’OÙ L’ON VIENT/IN THE HEIGHTS (Breathe)


Just me and the GWB
Asking: Gee, Nina, what’ll you be?

 

Un New-Yorkais voit tout de suite ce qu’est le GWB, un Français, beaucoup moins. 😅


Donc pour traduire sans trahir, pour garder la réf sans perdre le spectateur, il a déjà fallu sacrifier l’allitération magnifique de "Gee, What’ll you Be" (Lin-Manuel, ce génie absolu) qui fait écho à GWB. Mais il y a toujours un moyen de s’amuser avec des mots dans la restitution.

 

Le pont George Washington
Me questionne
« Alors, Nina
Que vas-tu faire de toi ? »

 

On explique sans être non plus en mode note de bas de page, on garde la belle image du pont qui s’adresse à Nina, on a les rimes… et c’est déjà pas mal ! 😜

 

5e commandement : l'esprit d'origine tu respecteras

 

Dans West Side Story, les chansons n’étaient pas compliquées en soi, mais les mots utilisés sont extrêmement simples, afin d’évoquer la pureté absolue de l’amour entre les deux personnages. On n’a donc que très peu de marge de manœuvre pour "tricher " ou créer des rimes imagées, puisqu’on est plutôt dans du premier degré, du sens propre.

 

Exemple : WEST SIDE STORY


Tonight, tonight
The world is full of light

 

Pas de bol, en français, aucun mot lié à la lumière ou la brillance pour traduire "light" ne rime avec "night/soir", et c’est même le mot contraire, "noir", qui en est la meilleure rime ! Mais du coup, même pas peur, il n’y a qu’à l’intégrer en tordant un peu le vers :

 

Ce soir, ce soir
Le monde brille dans le noir


6e commandement : avec les mots tu t'amuseras

 

Forcément, selon les langues, les homonymes (mots qui s’écrivent pareil avec des sens très différents) ne sont pas les mêmes, mais ce n’est pas pour ça qu’il ne faut pas s’en servir dès qu’on sent une ouverture lorsque cela s’y prête dans le contexte.

😊

Exemple : WONKA
We’ll cease to exist
On repartira chocolat

 

Pour exploiter tous les sens et expressions en français liés au mot "chocolat" dans Wonka, il aurait été dommage de ne pas placer « être chocolat » (frustré, privé d’une chose sur laquelle on comptait), qu’on a la chance d’avoir en français. Sur ce vers relativement neutre en anglais, c’était idéal, d’autant que ça restait cohérent avec les autres rimes en a.

 

Exemple : D’OÙ L’ON VIENT/IN THE HEIGHTS
Today’s all we got so we cannot stop
Le présent est notre seul présent


 

7e commandement : des petits clins d'oeil tu glisseras

 

Connaissez-vous ce petit jeu consistant à cacher des indices d’une œuvre dans une autre, tels des œufs de Pâques (on appelle d’ailleurs ça des Easter eggs en anglais)  ? Un peu comme Damien Chazelle qui s’est amusé dans le film Babylon à disséminer des petits clins d’œil au film Chantons sous la pluie tout au long du film, ce qui lui servira plus tard dans l’histoire… mais je ne spoile pas. 


Eh bien la traductrice, à ses heures perdues, peut parfois se laisser aller à ce petit jeu aussi, parce que pourquoi pas ?

 

Exemple : UN PARFAIT INCONNU


The vagabond who’s rapping at your door
Le vagabond qui tambourine à ta porte

Il s’agit de la chanson It’s All Over Now, Baby Blue, mais l’occasion était trop belle de placer ce mot "tambourine", qui colle exactement au sens de ce vers, et fait un écho lointain à une autre chanson emblématique de Dylan, Mr. Tambourine Man. En se disant que si l’auteur original avait eu cette occasion dans sa langue, il l’aurait saisie sans le moindre doute !

 

8e commandement : à la triche tu recourras  😇 

 

Exemple : LA LA LAND


- A rush
- A glance
- A touch
- A dance

 

Des rimes croisées, que des mots d’une syllabe : le défi s’annonçait immense ! Pour le coup, il était plus intéressant de garder les rimes croisées, et ça allait tellement vite qu’il était facile pour le spectateur de suivre. 


Après mille contorsions dans tous les sens, quand aucune solution ne coche toutes les cases, on peut se résoudre à une petite triche, avec deux mots dans un des vers. Il faut savoir parfois rendre les armes quand la contrainte est trop forte…

 

- Un impact
- Un regard intense
- Un contact
- Une danse

 

9e commandement : les chansons par coeur tu connaitras

 

Déjà, parce qu’on n’a pas le choix, à force de les passer et repasser en boucle toute la journée pour s’en imprégner, elles finissent même par me réveiller la nuit quand je travaille sur un film !

 

Mais cela peut s’avérer très utile plus tard, quand par exemple tu intègres un cours de comédie musicale et qu’au cours de l’année, ta prof adorée décide de travailler sur la chanson d’ouverture de La La Land, Another Day of Sun ❤️ La boucle est bouclée !

 

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Et si vous aussi, vous vous y essayiez pour le fun ? Peut-être que, sur certains des exemples donnés, vous avez une inspiration ou une idée de traduction qui fonctionne ?

 

Anaïs DUCHET

Anaïs Duchet, traductrice interprète
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3 avril 2025 4 03 /04 /avril /2025 05:01

 

 

Dans son éditorial, Benoît Bréville l’internationale des censeurs : « Un axe étrange prend forme. Non pas celui du « Mal » qui rassemblerait les « ennemis » de l’Occident. Ni celui qui irait de M. Donald Trump à M. Vladimir Poutine. Mais une alliance plus large, aussi courue que méconnue : l’Internationale des censeurs, où se coudoient autocrates, démocrates et bureaucrates.

Bâillonné par les plates-formes numériques à la fin de son premier mandat, M. Trump avait promis de rétablir la liberté d’expression aux États-Unis. Il galvanisait ses supporteurs, dont les opinions, souvent outrancières, se voyaient traquées dans les campus progressistes et sur les réseaux sociaux. Six jours après sa seconde investiture, il interdit à l’US Air Force d’enseigner à ses recrues l’histoire des aviateurs noirs de la seconde guerre mondiale. Trois jours plus tard, tandis que certains mots disparaissent des sites des administrations (diversité, exclusion, genre, socio-économique, sous-représenté…), un décret cible les étudiants étrangers qui affichent leur soutien aux Palestiniens, assimilé à un « soutien au djihad ». « Nous allons vous retrouver et vous expulser », menace la Maison Blanche. Depuis, la police a arrêté un étudiant de l’université Columbia, M. Mahmoud Khalil.

 

 

Y a-t-il une menace russe, demande Hélène Richard ? « La France n’est pas une île », mettait en garde M. Emmanuel Macron le 20 février dernier sur les réseaux sociaux. « Strasbourg-l’Ukraine, c’est à peu près 1 500 kilomètres, ce n’est pas très loin. » L’Alsace après le Donbass ? L’alarmisme surjoué du président français a peut-être fait sourire son ministre de la défense Sébastien Lecornu, qui, comme la plupart des gens sérieux, exclut ce scénario : « Être une puissance dotée de l’arme nucléaire ne peut, en toute logique, nous mettre dans la même posture qu’un pays qui en est dépourvu.  » Un de ses prédécesseurs, M. Hervé Morin, s’interrogeait dans Le Journal du dimanche du 9 mars : « Est-ce qu’on a besoin d’inquiéter excessivement nos compatriotes en leur disant grosso modo que la menace ultime aux frontières de la France, c’est la Russie ? »

 

 

Sébastien Gobert analyse la problématique de la démocratie en temps de guerre : « La Maison Blanche et le Kremlin espèrent trouver un successeur à M. Volodymyr Zelensky plus enclin aux compromis. Pas sûr cependant qu’un autre président soit mieux disposé à entendre leurs exigences. En Ukraine, l’union sacrée se fissure, mais l’organisation d’un scrutin demeure, dans un pays en guerre, un casse-tête pratique et démocratique.

Depuis 2022, en Ukraine, il n’y a plus de personnalités politiques, il n’y a plus d’électeurs. Il n’y a plus que des citoyens qui remplissent, ou non, leurs devoirs envers leur pays. » M. Oleksiy Kovjoune compte parmi les consultants politiques les plus réputés du pays. Avant la guerre, il a travaillé avec des dizaines de candidats pour façonner leurs campagnes et a consacré à la politique une bonne partie de sa vie. En temps normal, il aurait eu de quoi faire : le mandat de M. Volodymyr Zelensky est arrivé à terme en mai 2024, alors que celui des députés de la Verkhovna Rada (Parlement) a expiré en juillet. Les élections municipales, cantonales — à l’échelle des raïons — et régionales devraient se tenir à l’automne 2025. Le régime de loi martiale, en vigueur depuis l’invasion russe du 24 février 2022, a pourtant repoussé sine die le renouvellement des représentants par les urnes. »

 

 

Faut-il faire la guerre pour faire l’Europe, demande Pierre Rimbert ? « Plan de financement ReArm Europe, Livre blanc sur la défense, achat centralisé de matériel militaire, pression de la Commission sur les gouvernements : le projet européen jusqu’ici axé sur la paix se réinvente en marché unique de la guerre. Mais, avec leurs intérêts stratégiques divergents et leur allégeance déçue à Washington, les États membres gagnent-ils au change ?

Mardi 11 mars 2025, les pourparlers bilatéraux entre Russie, États-Unis et Ukraine reprennent en Arabie saoudite : à cinq mille kilomètres de Bruxelles. Pour la première fois depuis le printemps 2022 s’ouvrent la perspective d’un cessez-le-feu et, peut-être, celle de la paix. Écartés des discussions, déboussolés par la conduite de leur turbulent papa américain, obnubilés par leur grand réarmement, les dirigeants du Vieux Continent assistent en spectateurs aux discussions qu’ils ont refusé d’engager. Pourtant, ce jour-là, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen parade en séance plénière du Parlement européen : « C’est le moment de l’Europe. »

 

 

Anne-Cécile Robert se demande si l’Europe possède une défense commune : « Beaucoup de fantasmes prévalent dans les débats sur une défense intégrée, en particulier celui d’une Europe unie ripostant aux menaces géopolitiques. Sauf que l’Union européenne ne joue pas le premier rôle. Alors que le Royaume-Uni l’a quittée en 2020, le premier grand sommet consécutif au rapprochement américano-russe se tient à Londres le 2 mars. Aux côtés de onze États membres, sur vingt-sept, trois autres pays tiers participent à la réunion de Lancaster House — la Norvège, le Canada et la Turquie, membre de l’Alliance atlantique confinée depuis quarante ans dans l’antichambre de l’adhésion. Le 11 mars, les discussions d’un éventuel plan de paix, organisées à Paris, réunissent quant à elles trente-sept chefs d’état-major du Vieux Continent. »

 

 

Jeffrey Sachs tente une géopolitique de la paix : « Cela fait trente-six ans que je suis de très près l’Europe centrale et orientale, la Russie et l’Ukraine. J’ai conseillé le gouvernement polonais en 1989, l’équipe économique du président Mikhaïl Gorbatchev en 1990 et 1991, celle du président Boris Eltsine de 1991 à 1993, puis celle du président ukrainien Leonid Koutchma en 1994. Après Maïdan, en 2014, le nouveau gouvernement ukrainien m’a fait venir à Kiev. Je suis en contact avec les dirigeants russes depuis plus de trente ans et je connais très bien leurs homologues américains. Je parle donc en toute connaissance de cause. Après la chute de l’Union soviétique, les États-Unis ont décidé que l’élargissement de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) de Bruxelles à Vladivostok s’effectuerait étape par étape, sans aucune limite. Ce serait le monde unipolaire américain. Le ministre des affaires étrangères allemand Hans-Dietrich Genscher et le secrétaire d’État américain James Baker s’étaient pourtant mis d’accord avec Gorbatchev début février 1990 : l’OTAN ne s’étendrait « pas d’un pouce vers l’Est  ». L’engagement n’est pas pris lors d’un échange informel, mais dans un contexte juridique et diplomatique. Il conditionne les négociations qui visent à mettre un terme à la seconde guerre mondiale et à ouvrir la voie à la réunification de l’Allemagne.

 

 

Serge Halimi demande si l’Alliance atlantique n’est pas menacée par un schisme occidental : « Guerre commerciale, guerre d’Ukraine, progressisme culturel, censure : les sujets de désaccord se multiplient entre les deux moitiés du bloc occidental. La plupart des États européens s’étaient toujours soumis aux exigences de Washington et empressés de donner des gages d’obéissance à leur parrain américain. La brutalité du président Donald Trump ouvre-t-elle la voie à un divorce atlantique ? »

 

 

Pour Anne Jourdain, le privé est l’école de la sécession : « Alors que l’affaire de Bétharram suscite l’émotion, des députés appellent à mieux protéger les élèves et l’État entend davantage superviser le privé. Car, malgré les moyens publics à sa disposition, l’école « libre » rend peu de comptes. Ni sur ses dérives pédagogiques ni sur l’entre-soi qu’elle favorise. Violences sexuelles sur des enfants décrites comme un phénomène « massif » ; 30 % d’entre elles commises dans des écoles et internats catholiques. En 2021, après deux ans d’enquête, la commission sur les abus sexuels dans l’Église remettait son rapport aux autorités ecclésiastiques. Le secrétaire général de l’enseignement catholique, nommé par la Conférence des évêques de France, faisait acte de contrition. M. Philippe Delorme demandait « pardon à toutes les victimes et à leurs familles, dont l’institution a trahi la confiance » (La Croix, 6 octobre 2021). Quelques années plus tard, voilà le même moins porté au repentir. Interrogé par RMC le 20 février 2025 sur les violences pédocriminelles à Notre-Dame-de-Bétharram — un établissement privé sous contrat des Pyrénées-Atlantiques —, M. Delorme bataille : « Toute la société est responsable. Il n’y a pas que l’école, il n’y a pas que l’école catholique. » L’État, pourtant alerté à de multiples reprises, n’a jamais vraiment exercé son pouvoir de contrôle. Mais en quoi consiste-t-il ? Quel rapport l’éducation nationale entretient-elle avec une école qui se veut libre ? Et libre de quoi ? »

 

 

Philip S. Golub décrit les masques du “ soft power ” aux États-Unis : « Le président Donald Trump ne comprend pas le “soft power” », déplorait récemment Joseph Nye, l’inventeur de la notion de « puissance douce ». Ce pouvoir d’influence, notamment culturelle, dont useraient les États-Unis pour subjuguer le monde a lui-même séduit nombre d’intellectuels. Son succès tient notamment à ce qu’il recouvre d’un aimable gant de velours le poing d’acier de la coercition.

En s’attaquant à l’Agence américaine pour le développement international (Usaid), M. Donald Trump vise une institution conçue pour lutter contre le communisme et, plus récemment, contre des régimes dits « illibéraux », en diffusant une image avantageuse du « monde libre ». À la volonté de gagner les cœurs et les consciences se substituent désormais les rapports de forces avec les grandes puissances (Chine, Russie) et de domination brute envers les « faibles » (Panamá, Colombie, Palestine, etc.). « Les forts font ce qu’ils peuvent et les faibles endurent ce qu’ils doivent » : la formule des Athéniens rendue célèbre par Thucydide sied à la diplomatie trumpienne. »

 

 

Pierre Daum nous emmène sur les routes du Népal : « Le Népal vient d’annoncer qu’il ne comptait pas huit mais quatorze sommets de plus de huit mille mètres — la promesse d’un nouvel afflux de « conquérants de l’inutile » et l’espoir d’une manne touristique. Dans les vallées, celui de voir les maoïstes transformer la société a, lui, été déçu. De sorte que la population regarde moins vers les cimes que vers l’étranger.

En 2023, le Népal a accueilli plus d’un million de touristes, dont 53 % d’Asiatiques (principalement indiens, chinois ou coréens), retrouvant son niveau d’avant la pandémie de Covid-19. Parmi eux, 14 % sont venus marcher en montagne, et cinq cents ont tenté d’atteindre le sommet désormais encombré de l’Everest. Mais les déboires des trekkeurs ou les exploits d’un Inoxtag — le jeune influenceur ayant décidé de gravir le Toit du monde et d’en tirer un documentaire — restent très éloignés des préoccupations des Népalais. « Le percement de la piste a complètement changé notre vie ! », s’enthousiasme Mme Laxmi Pun Magar, une habitante de Thabang. »

 

 

Clara Menais décortique les contradictions irlandaises au miroir de la Palestine : « L’Irlande affiche depuis longtemps sa solidarité avec la Palestine. Son histoire l’a sensibilisée aux affres de la colonisation, de l’occupation et de la partition. Derry évoquerait Gaza, et Londres, Tel-Aviv. Mais quel soutien effectif peut s’autoriser une île transformée en enclave économique américaine au sein de l’Union européenne ?

La tradition perdure. Depuis les années 1950, en mars, la Maison Blanche est pavoisée aux couleurs de l’Irlande. Washington a même pris le pli, sous la mandature de M. William Clinton, d’accueillir le « taoiseach » (premier ministre irlandais) à la Saint-Patrick. Lorsque, en 2024, M. Joseph Biden, cravate verte, shamrocks(« trèfles ») à la boutonnière, reçoit M. Leo Varadkar, ils abordent la guerre au Proche-Orient. « Le peuple irlandais est profondément troublé par la catastrophe qui se déroule sous nos yeux à Gaza, déclare le premier ministre lors de leur conférence de presse conjointe. Quand je voyage, les dirigeants me demandent souvent pourquoi les Irlandais éprouvent autant d’empathie pour le peuple palestinien. La réponse est simple. Nous voyons notre histoire dans leurs yeux. Une histoire de déplacement, de dépossession, une identité nationale dont les questions sont niées, d’émigration forcée, de discrimination et maintenant… de famine. » Une référence à la « grande famine », un épisode traumatique de l’histoire de l’île qui, au milieu du xixe siècle, a provoqué la mort de 1,5 million de personnes à la suite d’une contamination de la récolte de pommes de terre, et a inauguré l’émigration massive d’Irlandais vers l’Amérique. »

 

 

Lilith Verstrynge nous dit que Madrid s’insurge contre les massacres à Gaza : « Le soutien de Madrid à la Palestine s’explique par l’engagement de longue date des forces qui composent la coalition au pouvoir dans ce domaine. Mais il puise également dans une tradition historique singulière, qui a par exemple vu les courants fascistes prôner l’enseignement de l’arabe à l’école.

Dès le début de la guerre dévastatrice lancée par Israël à Gaza en réponse aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023, Madrid défend les Palestiniens et s’attire les foudres du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. L’Espagne s’impose ainsi comme un acteur diplomatique singulier en Europe. La coalition qui dirige le pays se distingue dans le paysage européen. Au sein de l’exécutif, le président du gouvernement Pedro Sánchez, issu du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), s’appuie sur Sumar, à sa gauche, soit le regroupement d’Izquierda Unida (IU, Gauche unie), du Parti communiste d’Espagne (PCE) et de divers partis progressistes régionaux. Sa majorité parlementaire inclut Podemos — au gouvernement de 2020 à 2023 mais qui a rompu avec Sumar — et des formations indépendantistes basques et catalanes. Toutes ces forces, selon des modalités et des niveaux d’engagement différents, soutiennent la résistance du peuple palestinien en raison de leur appui à toutes les luttes de décolonisation. »

 

 

Romain Migus estime que la Chine s’amarre au Pérou : « Inauguré à Lima le 14 novembre 2024 par la cheffe d’État péruvienne par intérim Dina Boluarte et M. Xi Jinping, président de la République populaire de Chine, le méga-port de Chancay doit devenir la pièce maîtresse du dispositif logistique et commercial de la puissance asiatique en Amérique du Sud. Mais, sur fond d’inquiétude de la population locale, Washington ne l’entend pas de cette oreille.

C’est dans la baie de la ville de Chancay, située à environ quatre-vingts kilomètres au nord de Lima, que l’opérateur minier péruvien Volcan Compañia Minera a imaginé en 2013 poser les fondations d’un méga-port qui relierait directement l’Amérique du Sud à l’Asie, en particulier à la Chine, premier partenaire commercial de tous les pays de la région. Le lieu n’a pas été choisi au hasard. Les eaux profondes du site autorisent l’accueil de porte-conteneurs transportant jusqu’à 18 000 EVP (conteneurs équivalent vingt pieds). Sa localisation permet de tracer une parfaite ligne droite de 17 000 kilomètres jusqu’à Shanghaï. En vingt-trois jours, soit douze de moins qu’actuellement, l’épicentre du commerce mondial est en vue. Un gain de temps et en coûts logistiques (— 20 % pour chaque traversée) qui se répercute sur le prix des marchandises qui entrent et sortent. Les routes existantes obligent les transporteurs sud-américains à rejoindre la Chine — leurs cales gorgées de produits agricoles (céréales) et miniers — par les nœuds portuaires nord-américains de Manzanillo au Mexique ou de Long Beach en Californie. »

 

 

Lahouari Addi raconte comment l’armée algérienne défit le Hirak : « En février 2019, l’Algérie a connu un véritable soulèvement populaire, suivi durant plus d’un an de marches hebdomadaires pacifiques. Dès les premières semaines de ce qu’on nommera très vite « Hirak » (mouvement), les manifestants font reculer l’armée. Cette dernière doit lâcher le président Abdelaziz Bouteflika, qui brigue un cinquième mandat lors du scrutin d’avril 2019. Les décideurs militaires ne s’attendaient pas à une protestation de cette ampleur, qui, au fil des semaines, radicalise ses slogans. Après quelques mois de flottement et de divergences palpables entre officiers supérieurs, la hiérarchie se ressaisit. Elle fait montre d’une solidarité de corps qui sauve le régime hérité de l’indépendance en 1962. »

 

 

Pour Lakhdar Benchima, la surenchère monte entre Paris et Alger : « Se dirige-t-on vers une rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et la France ? Impensable il y a encore six mois, une telle perspective n’est plus exclue par les diplomates des deux camps qui s’affairent à apaiser, ou du moins à faire retomber d’un cran, les tensions entre les deux pays. L’histoire des relations franco-algériennes depuis 1962 a connu nombre d’épisodes tumultueux mais jamais d’une telle intensité. Comme dans la majorité des disputes, les torts sont partagés, mais le point de départ demeure la décision française de reconnaître la « marocanité » du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole que les Nations unies considèrent encore comme un territoire à décoloniser. Par une lettre du président Emmanuel Macron au roi du Maroc Mohammed VI, Paris a acté cette reconnaissance de souveraineté le 30 juillet 2024. Alger a immédiatement réagi en « retirant » son ambassadeur à Paris. Quelques semaines plus tard, le président de la République enfonçait le clou devant le Parlement marocain : « Le présent et l’avenir de ce territoire s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine. »

 

 

Johann Chapoutot revient sur la fin de la République de Weimarr, quand la droiteb choisit le nazisme pour en finir avec la gauche : « Installer, à titre de transition, Adolf Hitler et ses affidés au pouvoir pour mieux imposer aux Allemands un modèle libéral et autoritaire, tel fut le plan mis en œuvre par le centre et la droite au début des années 1930. On connaît la suite, moins les compromissions, les calculs d’apprentis sorciers et surtout les approximations du « bloc bourgeois », qui méritent aujourd’hui d’être rappelés. »

 

 

Ian Urbina nous met en garde contre le grand herbier que l’on saccage : « Personne ou presque n’en a jamais entendu parler, et pourtant c’est l’un des endroits les plus essentiels à la survie de notre planète. Immergé dans l’océan Indien entre l’île Maurice et les Seychelles, distant des côtes de plus de trois cents kilomètres, le banc de Saya de Malha, d’une superficie comparable à celle de la Suisse, compte parmi les plus grands herbiers marins du monde. On le qualifie parfois d’île invisible, car il fait partie d’un vaste plateau qui, par endroits, n’est recouvert que d’une dizaine de mètres d’eau.

Il y a plus de cinq siècles, des navigateurs portugais lui ont donné son nom : « jupe de maille » fait référence au tapis d’herbes qu’ils voyaient onduler sous la surface. Longtemps, ses variations imprévisibles de profondeur ont incité vaisseaux marchands et explorateurs à se tenir à bonne distance de cette contrée fantasmagorique, de celles que les cartes désignaient autrefois par les mots « Hic sunt dracones » (Ici se trouvent des dragons). On y croise aujourd’hui des créatures et des embarcations d’un tout autre acabit — des chasseurs d’ailerons de requin aux pêcheurs égarés, en passant par les chalutiers de fond, les navires d’extraction minière, les yachts de luxe et même les projets de villes flottantes pour libertariens en rupture de ban. »

 

 

François Bégaudeau décrit comment les relations professeurs-parents d’élèves sont en train d’évoluer : « lundi 12 mars 2024 à 21 h 41 un message de trois lignes arrive dans la boîte mail d’Elsa Ragon, professeure de lettres certifiée, 37 ans, intolérante au gluten, ascendant Sagittaire.

« Bonjour,

Je suis en train de faire un point sur votre liste de lectures pour la 4e B. Juste une petite interrogation sur Les Trois Mousquetaires. L’édition que vous recommandez est une version abrégée de cent pages, or vous la signalez dans la catégorie intégrale. Ne faudrait-il pas rectifier afin de dissiper la confusion ? Merci a vous.

Bien cordialement. »

Le message est signé Estelle Demongeot, mère de Marius Demongeot, élève au collège Robert-Badinter.

Dix ans plus tôt ce message n’aurait pas été possible. En 2014, le collège numérique ne fournissait pas encore aux parents les adresses mail professionnelles des enseignants, pratique devenue courante après que la période dite du Covid eut significativement intensifié l’activité distancielle de l’espèce humaine. De fait, le message d’Estelle Demongeot à Elsa Ragon offre un bon exemple de collaboration vertueuse entre un parent et un enseignant, l’un signalant une approximation sur la liste de lecture que l’autre n’aura qu’à rectifier d’un coup de clavier, pour le plus grand bénéfice de Marius, dont la réussite est leur préoccupation commune. Elsa Ragon devrait doublement se réjouir : de l’attention qu’une maman porte au contenu de ses cours, et de sa vigilance qui lui permet d’affiner sa séquence et la soulage d’une partie de la responsabilité pédagogique. La réussite de Marius est un coworking. »

 

 

Évelyne Pieiller se demande si nous assistons à la fin de la culture du service public : « Elle« assume ». Ce n’est pas bien original, de nombreux politiques adorent « assumer », ça vous a un côté courageux, quasiment martial, et en plus ça coupe court à toute discussion. Un vocable épatant, quoique sournoisement agressif. Donc, elle assume, Mme Christelle Morançais, présidente du conseil régional des Pays de la Loire. Mais qu’assume- t-elle donc ? Sa décision de baisser de 62 % le budget de la culture, comme les motifs de cette décision. De fait, le gouvernement demande aux collectivités des économies, tout en diminuant les dotations qu’il leur verse, et les place donc dans des situations extrêmement difficiles. Mais, pour Mme Morançais, c’est l’occasion de montrer son sens des responsabilités dans l’adversité puis, dans l’élan, de s’attaquer au principe même des subventions au secteur. La vice-présidente du parti Horizons est d’une clarté éblouissante : « Quelle est la pérennité d’un système qui, pour exister, est à ce point dépendant de l’argent public ? (…) Un système dont on constate, en plus, qu’il est, malgré les subventions dont il bénéficie, en crise permanente ! N’est-ce pas la preuve que notre modèle culturel doit d’urgence se réinventer ? » (X, 12 novembre 2024). »

 

 

Renaud Lambert a suivi Arte au Tibet : « Il arrive que le monde flirte avec l’abysse sans même s’en rendre compte. La télévision française vient ainsi de passer à deux doigts de la catastrophe, dans la plus grande discrétion.

Tout commence lorsque Jean-Michel Carré – auteur d’une cinquantaine de documentaires, nommé aux César 1977 et lauréat d’une quinzaine de prix internationaux –décide de s’intéresser au Tibet. Une thématique balisée dont tout journaliste peut exposer les enjeux depuis son bureau. Le Tibet, « un monde de paix », de « sérénité » et de spiritualité, a connu un âge d’or avant la violente invasion chinoise de 1950. Contraint de fuir vers l’Inde en 1959, le dalaï-lama tente depuis d’arracher l’autonomie à un envahisseur déterminé à écraser la culture et la langue locales. Cette image d’Épinal fait du Tibet l’une des plus célèbres causes du combat en faveur des droits humains engagé par le « monde libre » depuis les années 1980. Initialement contre l’hydre communiste puis contre tous les ennemis de la démocratie libérale et de son compagnon de route : le capitalisme à l’américaine.

 

Á noter enfin une double page sur le monde de l’édition, avec une bonne question : «Qui possède quoi ? ». De grosses surprises…

Le Monde Diplomatique, avril 2025
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24 mars 2025 1 24 /03 /mars /2025 06:01

Le World Socialist Website revient sur le massacre récent de plus de 400 hommes femmes et enfants dans une série de bombardements frappant Gaza. « Israël a lancé par là une nouvelle phase du génocide mené dans le territoire palestinien, visant à achever l'extermination ou le déplacement systématique de toute la population restante. Le massacre a été commis dans l'une des journées les plus meurtrières d'un génocide qui dure depuis 18 mois et a tué 61 700 personnes, selon le bureau des médias de Gaza, et a rasé toute une région. Il s'est déroulé dans le cadre d'un blocus total de la nourriture, de l'eau, de l'énergie et de l'électricité dans l'enclave.

Le bombardement a été effectué avec des bombes américaines en coordination avec l'administration Trump, qui a reconnu lundi avoir été informée à l'avance. En d'autres termes, le meurtre de masse était une opération conjointe Trump-Netanyahou.

Le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré : « tous ceux qui cherchent à terroriser non seulement Israël, mais aussi les États-Unis d'Amérique, auront un prix à payer : l'enfer se déchaînera. »

Dans Le Grand Soir, selon Caitlin Johnstone, « Israël fait sa déclaration d’intention génocidaire la plus explicite à ce jour. Le ministre israélien de la défense, Israël Katz, a publié une déclaration explicite d'intention génocidaire à l'égard de la population de Gaza, menaçant les civils de l'enclave d'une punition collective sous la forme d'une dévastation totale s'ils ne trouvent pas le moyen de renverser le Hamas et de libérer tous les otages israéliens. La déclaration de M. Katz se lit comme suit : « Résidents de Gaza, ceci est votre dernier avertissement. Le premier Sinwar a détruit Gaza, et le second Sinwar entraînera sa ruine totale. L'attaque de l'armée de l'air israélienne contre les terroristes du Hamas n'était que la première étape. Ce qui suivra sera bien plus dur, et vous en supporterez tout le coût. »

 

Le Grand Soir revient sur une citation de Ramsey Clark, ministre de la Justice des Etats-Unis sous la présidence de Lyndon Johnson : « Le plus grand crime depuis la deuxième guerre mondiale a été la politique étrangère des Etats-Unis. »

 

ResPublica rend compte de l’ouvrage de Michel Delmas et Charles Malauzat. Il conclut en ces termes : « « L’islamisme, maladie de l’islam […] [comme le cléricalisme catholique au temps de sa toute-puissance] n’a qu’un but, celui d’imposer une contre-société totalitaire ».

« La loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République […] n’est pas un glaive pointé contre les religions mais un bouclier pour les protéger toutes »(1). Nous pourrions préciser que c’est un bouclier pour toutes les options spirituelles : athéisme, agnosticisme, indifférence aux religions (près de 60 % des Français et Françaises se reconnaissent dans l’une de ces trois options) et religieuses, quelles que soient les croyances. »

 

L’Obs constate que « Le nombre de femmes diplômées dans les formations scientifiques et techniques stagne en France, les biais sexistes sont pointés. Dans un rapport sur le sujet, le cabinet Global Contact estime que le premier frein à l’inclusion des femmes dans ces secteurs est lié à un retour des biais sexistes qui les détournent de ces filières. Il observe que « la féminisation des formations au numérique s’améliore un peu au niveau cycle court et licence mais stagne ou se détériore dans les niveaux de formation en ingénierie.

 

Enfin selon le site capital.fr, il y aurait du rififi à Monaco : « Au moins 7 millions d’euros ont été virés sur des comptes en Suisse par Claude Palmero, ex-administrateur des biens du prince Albert de Monaco. Ces transferts d’argent considérables font l’objet d’une enquête financière. Selon un rapport de l’Autorité Monégasque de Sécurité Financière (AMSF),

Après son licenciement en juin 2023, Claude Palmero, qui est depuis visé par plusieurs enquêtes judiciaires, redoutait-il une saisie prochaine de ses biens ? En août 2023, le prince Albert a en effet porté plainte contre son ex-argentier pour abus de confiance et prise illégale d’intérêt. »

 

 

Revue de Presse 552
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15 mars 2025 6 15 /03 /mars /2025 06:01

… avant de le diffuser en ligne (par Pauline Demange-Dilasser, de Télérama).

Extraits

Prévu le dimanche 16 mars sur France 5, le film de Claire Billet “Algérie, sections armes spéciales”, sur le gazage des combattants pendant la guerre d’Algérie, a été déprogrammé. Trop explosif dans un contexte tendu ? Le groupe se défend de toute censure.

Dimanche 16 mars devait être diffusé à 23 heures, sur France 5, le documentaire de Claire Billet “ Algérie, sections armes spéciales ”. Un film rigoureux et implacable sur l’utilisation par l’armée française d’armes chimiques pendant la guerre d’Algérie. Mardi 11 mars, un communiqué de la chaîne annonçait sa déprogrammation « en raison de l’actualité ». À la place, deux documentaires sur les États-Unis et la Russie. En première partie de soirée devait être diffusé Syrie : la chute du clan Assad, d’Édith Bouvier, immédiatement reprogrammé le dimanche 23 mars. Mais pour “ Algérie, sections armes spéciales ”, la chaîne n’a pas indiqué de nouvelle date.


Hasard du calendrier, c’est dans ce contexte que le documentaire de Claire Billet vient révéler une nouvelle part sombre de la guerre de décolonisation en Algérie. Si les tortures commises par l’armée française sont aujourd’hui relativement connues du grand public, la réalisatrice, accompagnée par l’historien Christophe Lafaye, met au jour dans cette brillante enquête le gazage à l’aide d’armes chimiques des populations réfugiées dans les grottes. Un secret bien gardé, révélé grâce aux archives et aux témoignages édifiants d’anciens combattants ou civils, derniers témoins et victimes de cette guerre.

France Télé déprogramme un documentaire sur la guerre d’Algérie
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