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24 juillet 2026 5 24 /07 /juillet /2026 05:01

Soraya Manutchehri, née en1951 et décédée en 1986, fut lapidée à mort dans le village de Kuhpayeh, en Iran, après avoir été prétendument reconnue coupable d’adultère.

 

Des témoins anonymes ont déclaré que son mari, Ghorban-Ali, un gardien de prison ayant un passé criminel, souhaitait se débarrasser d’elle pour épouser une jeune fille de 14 ans. Ne voulant ni subvenir aux besoins de deux familles ni restituer la dot de Soraya, il a donc répandu des rumeurs selon lesquelles elle aurait commis l’adultère.

 

Ali sait que si Soraya venait à mourir, il n’aurait plus à payer de pension alimentaire non plus. Ali et le mollah du village lancèrent une rumeur sur son infidélité afin de la faire accuser d’adultère.

 

Ali traîna Soraya dans les rues, la frappa et déclara publiquement qu’elle avait été infidèle.

 

Un procès eut lieu. Seuls les hommes, y compris le père de Soraya, furent autorisés à y assister. Soraya fut rapidement condamnée.

 

 

C'est au père de Soraya qu'on remit la première pierre à lancer, mais il rata son coup à plusieurs reprises. Une femme dans la foule implora le maire, affirmant que ces pierres manquées étaient un signe de l'innocence de Soraya, mais aucun des hommes ne l'écouta. Ali prit des pierres et les lança lui-même. Ses deux fils furent également contraints de lancer des pierres.

 

Soraya fut lapidée jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Une lapidation ordinaire en 1986
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22 juillet 2026 3 22 /07 /juillet /2026 05:01

Nadine de Rothschild est née en 1932, de père inconnu, en Picardie, dans un milieux franchement défavorisé, et franchement de gauche. Elle est aujourd’hui âgée de 94 ans. Pour la petite histoire, elle inspira à Georges Brassens, éconduit, la chanson “ Une jolie fleur dans une peau de vache ”. Elle épouse en 1963 Edmond de Rothschild qui l’introduit dans les sphères de la grande bourgeoisie d’affaires. Elle se convertit au judaïsme.

 

Nadine de Rothschild est surtout connue pour ses livres de savoir-vivre, des arts de la table, des conseils pour la vie de couple. En 1984, elle rédige, avec l’aide de la célèbre journaliste Guillemette de Sérigné, son autobiographie : La baronne rentre à cinq heures. Son livre Le Bonheur de séduire, l’art de réussir, le savoir-vivre du xxie siècle, paru en 1991, est réédité en 2001. Il s’en est vendu près de 200 000 exemplaires. Comme quoi, elle put avoir passé son enfance dans un deux-pièces sans eau courante, appartenir à une famille de résistants communistes, avoir doublé Martine Carol dans une scène de nu dans le film Caroline Chérie, l’extraordinaire désir de réussite qui l’animait la fit grimper au sommet de l’échelle sociale. Avec quelques petits barreaux brisés toutefois, comme quand sa belle-fille ne la fit pas figurer sur le faire-part de décès de son propre fils, emporté par une crise cardiaque en 2021 à l’âge de 57 ans.

 

Venons-en à William Richard Henry. Né le 2 septembre 1989 à Bristol, il est ce qu'on appelle un coach en étiquette. À ce titre il est surtout connu pour son podcast “ Help I Sexted My Boss ” qu’il coanime avec Jordan North. Il anime également “ The Luxury Podcast ” avec l'aide de Jonathan Vernon-Smith. William est propriétaire de The English Manner, une entreprise spécialisée dans le coaching en matière d'étiquette et de protocole.

 

Le père de William est promoteur immobilier et sa mère responsable des ventes chez House of Fraser, un groupe de grands magasins britannique d'origine écossaise comptant plus de 60 établissements à travers le Royaume-Uni et l'Irlande. Il a été interne au Clifton College, une école privée de Bristol, avant d'étudier à l'université de Manchester.

 

William a rejoint the English Manager en 2008. Il en est devenu le propriétaire en 2019. En collaboration avec son co-animateur Jordan North, il a lancé le podcast “ Help I Sexted My Boss ” qui l’a fait connaître dans tout le pays. En novembre 2019 il a été invité à l'université du Qatar où il a enseigné les règles de l'étiquette. Son podcast “ The Luxury Podcast ” a connu 114 épisodes à la date du 12 août 2025. En mai 2026, il a été annoncé que William rejoindrait la distribution de la comédie musicale “ Titanique ” dans le rôle de Ruth DeWitt Bukater pour une série de représentations de 6 semaines au Criterion Theatre de Londres à partir du 9 juin 2026. Le premier roman de William, A Fatal Forking (Une bifurcation fatale), devrait paraître le 20 mai 2027.

 

William a révélé son homosexualité à l'âge de 16 ans. Il a épousé Michael Worrall le 16 septembre 2022.

 

Pour notre plus grand bonheur, nous pouvons écouter et voir William par exemple quand il mange une banane, quand il ne pose pas ses coudes sur la table, quand il prend le 5 o’clock tea. Et lorsqu’on aura bien suivi tous ses conseils, nous pourons honorer une invitation à Buckingham Palace.

Connaissez-vous William Richard Henry Hanson ? Il fait mieux que la baronne de Rothschild 

PS : Quand tu as repris du dessert et que tu es bloquée dans le toboggan...

Connaissez-vous William Richard Henry Hanson ? Il fait mieux que la baronne de Rothschild 
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21 juillet 2026 2 21 /07 /juillet /2026 05:01

Selon les responsables de la météorologie nationale en Grande-Bretagne (le Met Office), les températures qui étaient généralement considérées comme extrêmes vont devenir de plus en plus normales.

 

2025 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée au Royaume-Uni. Les 4 dernières années sont parmi les cinq plus chaudes du XXIème siècle. Depuis 1980, les températures moyennes ont augmenté d'un quart de degré par décennie. La période 2016-2025 a été plus chaude de 1,3° que la période 1961-1990.

 

Les vagues de chaleur concerne désormais les régions du Nord comme le Yorkshire ou le Lancashire où il fait aussi chaud qu'à Londres en 1960. Dans les années 1980, des températures moyennes annuelles de 11° étaient pratiquement inconnu dans le pays mais, depuis 2025, ces valeurs concernent désormais 1/5 du pays. Le nombre de jours à plus de 30° à quadruplé dans le Grand Londres. Il est désormais certain que, globalement, le climat du XXIème siècle sera fort différent du climat du XXème siècle.

 

• 2025 a été l’année la plus chaude depuis 1884.

 

• 2025 a connu le printemps et l’été les plus chauds du Royaume-Uni jamais enregistrés.

 

• La décennie 2016-2025, a été plus chaude de 0,51° que la période 1991-2020, et plus chaude de 1,33° que la période 1961-1990.

 

• Le nombre de jours supérieurs à 30°C et de nuits supérieures à 18°C a plus que quadruplé dans le Grand Londres au cours de la décennie 2016–2025 par rapport à la décennie 1961–1990.

 

• Au printemps 2025, la majeure partie de l’Angleterre et du Pays de Galles a reçu moins de la moitié des précipitations moyennes de 1991 à 2020, et a connu son printemps le plus sec depuis plus de 100 ans.

 

• 2025 a été l’année la plus ensoleillée depuis 1910.

 

Le débit total des rivières en Angleterre entre mars et août 2025 a été le plus bas depuis 1961 à l’exception de 1976 qui fut caniculaire dans toute l'Europe de l'Ouest.

 

Depuis 1901, le niveau de la mer autour du Royaume-Uni a augmenté d’environ 20 cm.

 

Source : Met Office

Royaume Uni : ça va chauffer !

 

PS : J'ai vécu plusieurs années à Amiens autour de 1970. Ce qui est décrit dans ce qui suit eût été alors impensable, même dans mes rêves les plus fous. Sacrée Samarobrive...

Nudité, poursuite, et coups de couteau : scène surréaliste d’une tentative de meurtre à Amiens.
 
Dans la nuit du 8 au 9 juillet 2026, un homme a été poignardé à neuf reprises après avoir été poursuivi nu dans la rue Emile Francfort. La suspecte a été mise en examen et placée en détention provisoire.
 
Une scène surréaliste : un homme nu, poursuivi dans la nuit, par une femme nue elle aussi, et armée d’un couteau. Les deux mis en cause venaient de sortir d’une habitation où l’altercation avait éclaté. Selon nos informations, l’homme a été atteint de neuf coups de couteau. Il a été évacué dans un état grave à l’hôpital d’Amiens. La suspecte, elle, sera interpellée sur place, alors qu’elle essayait de se cacher derrière un buisson.
 
La suspecte est une transsexuelle. L’affaire trouverait son origine dans une prestation sexuelle tarifée qui a mal tourné. La suspecte de nationalité péruvienne et âgée de 28 ans, aurait indiqué aux enquêteurs avoir été agressée dans un premier temps, expliquant avoir été soumise à certaines pratiques sous la menace d’un couteau. Selon ses explications, elle aurait réussi à se saisir de l’arme et c’est dans ce contexte que les coups auraient été portés. « L’intention d’homicide est formellement contestée », commente son avocat, Me Geoffrey Gimeno, son avocat.
 
Ci-dessous une rue typique d'un faubourg populaire d'Amiens.
Royaume Uni : ça va chauffer !
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14 juillet 2026 2 14 /07 /juillet /2026 05:01

Au moment où en France, et dans d’autres pays, une sinistre petite musique se fait entendre pour le rétablissement de la peine de mort, on peut – et c’est un exemple malheureusement parmi d’autres – revenir sur le destin de James Hanratty, pendu en Angleterre alors qu’il était peut-être innocent.

 

L’affaire du meurtrier de l’A6 a longuement nourri les médias britanniques. Le procès de James Hanratty, âgé de 25 ans, fut le plus long de l’histoire juridique anglaise. Avant d’être exécuté – en dépit d'une pétition en sa faveur signé par 90 000 personnes – Hanratty protesta une dernière fois de son innocence auprès de sa famille : « Je meurs demain, innocentez-moi ». Hanratty fut l’un des huit derniers exécutés au Royaume-Uni avant l'abolition de la peine de mort en 1969 en Angleterre, et en 1973 en Irlande du Nord.

 

Hanratty fut condamné pour avoir assassiné par arme à feu le scientifique Michael Gregsten, âgé de 36 ans, dans le Bedfordshire, au lieu prédestiné “ Deadman’s Hill ” (la colline de l'homme mort). Á noter que Hanratty signifie “ maraudeur ” en gaélique ! Valerie Storie, la compagne de Gregsten, également scientifique, fut, quant à elle, violée, reçut trois balles et demeura paraplégique à vie.

 

Pendant trois décennies, la famille et les amis de Hanratty ont mené campagne pour que le condamné soit innocenté. Après la mort du père de Hanratty et l’Alzheimer de sa mère, ses frères reprirent le flambeau. Geoffrey Bindman, l’avocat qui représentait la famille Hanratty, déclara : « Nous demandons un renvoi devant la Cour d’appel. Le policier chargé d’examiner l’affaire a estimé qu’il était innocent. De toute évidence, sa condamnation devrait être annulée par la Cour d’appel. »

 

Quatre livres et des émissions de télévision ont contribué à la réouverture du dossier. Dans une de ces émissions, en 1992, le réalisateur demanda que des tests ADN fussent effectués. Malheureusement l’ADN récupéré après exhumation du corps joua en défaveur de Hanratty, même s'il n’était pas de bonne qualité.

 

Après son exécution, on découvrit que Hanratty disposait d’un alibi. Quatorze témoins affirmèrent qu’il était à Rhyl, à 400 kilomètres du lieu des crimes. Le problème est que les souvenirs de Hanratty étaient plutôt flous :  il déclara s'être trouvé à Rhyl, mais aussi à Liverpool.

 

Hanratty fut exécuté en avril 1962. Les doutes sur sa condamnation jouèrent un rôle important dans la décision des députés d’abolir la peine capitale.

 

John Lennon et Yoko Ono rencontrèrent les parents du condamné le 10 décembre 1969.

 

Ici, une réflexion de Lennon sur l’affaire Hanratty et sur la peine de mort en général.

 

 

L’affaire James Hanratty
L’affaire James Hanratty

PS : Le boy de Rothschild fait cuire en plein soleil les chefs des forces armées, et des enfants, alors qu'il est à l'ombre avec Lecornu.

Après tout, quand tu es militaire, tu obéis. Et puis le boy ne doit pas savoir ce qu'est un enfant.

L’affaire James Hanratty
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3 juillet 2026 5 03 /07 /juillet /2026 05:01

Je croise ce petit camion (un “ van ” ?) qui affiche sa raison sociale en anglais : « Circular services at work ».

 

Je me rends sur le site de l'entreprise et je découvre les renseignements suivants : 

 

« Leader des services circulaires au travail, Elis veille à ce que ses clients bénéficient d'une hygiène, d'un bien-être et d'une protection optimale – partout dans le monde, tous les jours et de manière durable.

Nos services circulaires aident nos clients à concentrer leurs efforts sur leur cœur de métier et leur permettent de réduire leur empreinte environnementale.

Nos services circulaires inspirent notre engagement : ils créent un lien entre nous, nos clients et notre planète et unissent nos collaborateurs dans le monde entier. »

 

Or il n'y a pas plus français que cette entreprise fondée en 1969 et spécialisé dans le domaine du nettoyage et de l'hygiène. Elle est l'héritière des Grandes Blanchisseries de Pantin installées en 1883 à Pantin par la famille Leducq. En 1968, l'entreprise rassemble ses activités au sein d'un seul groupe qui prend le nom d’Elis, abréviation d'Europe linge services. En 1996, Elis reprend la majorité des blanchisseries du groupe Localinge.

 

Après avoir été sous le contrôle de BC Partners (un fonds d'investissement spécialisé dans le rachat par LBO de sociétés européennes, principalement italiennes, espagnoles, allemandes et françaises), puis de PAI partners (anciennement Paribas Affaires Industrielles), un fonds d'investissement français qui gère et conseille des fonds alloués aux opérations de LBO (leveraged buy-out : ou rachat avec effet de levier permettant le rachat d'une entreprise en ayant recours à beaucoup d'endettement), elle gère un portefeuille de participations pour un montant total en capital investi de plus de 14 milliards d'euros). L'entreprise, dont le chiffre d’affaires est de 950 millions d’euros, en 2006, est reprise, en 2007, par Eurazeo (qui se définit comme un « acteur de référence en Europe de la gestion d’actifs dans les marchés privés »).

 

Début 2015, Elis, alors endettée de deux milliards d'euros, prépare son introduction à la Bourse de Paris avec pour but de lever 750 millions d'euros pour rembourser ses dettes. Le groupe compte alors 18 500 salariés, répartis dans dix pays. Son CA s'élève à 1,33 milliard d'euros et son EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) à 429 millions d'euros. L'opération d'entrée en bourse est achevée courant 2015.

 

Dans la seconde moitié des années 2010, la société de blanchisserie industrielle poursuit sa croissance externe en Europe et dans le continent sud-américain, notamment.

 

En mai 2017, Elis, qui affiche un CA de 1,7 milliard d'euros, annonce une OPA sur Berendsen, entreprise britannique positionnée sur le même secteur. L'offre d'Elis valorise celle-ci à environ 2,4 milliards d'euros. Le rachat de ce concurrent européen est finalisé en septembre de la même année.

 

En 2019, Elis emploie 45 000 salariés, répartis dans vingt-huit pays. Son CA en 2018 s'élève à 3,1 milliards d'euros, pour une capitalisation boursière de 3,7 milliards d'euros. La même année, en février, la filiale de Quimper de la blanchisserie Elis est condamnée pour avoir licencié, en 2014, deux salariés qui se présentaient aux élections professionnelles sous l’étiquette CFDT.

 

En 2020, pour faire face à la crise économique engendrée par le COVD, Elis met en place une stratégie d'économie des coûts et réalise un plan de sauvegarde de l’emploi (comme on nomme désormais les plans de licenciement) à son siège social qui se solde par la suppression de 52 postes et la fermeture du site de Bry-sur-Marne en région parisienne..

 

Actionnaires

Nom

Actions

% (mars 2019)

Canada Pension Plan Investment Board

24 181 181

11,0

Predica SA

14 562 562

6,62

Threadneedle Asset Management Ltd.

13 376 376

6,08

Eurazeo Capital

12 525 525

5,70

Fidelity Management & Research Co.

12 249 249

5,57

Wellington Management Co. LLP

5 377 377

2,45

Banque centrale de Norvège

4 989 989

2,27

The Vanguard Group, Inc.

4 984 984

2,27

Wellington Management International Ltd.

4 178 178

1,90

Alken Asset Management Ltd.

3 393 393

1,54

 

 

 

ELIS, ou comment ne plus laver son linge sale en famille

PS : PEUT ÊTRE RAFRAICHISSANT, mais le mot “ technic ” n'existe pas en français. Et il n'existe pas non plus en anglais. L'entreprise ignare viole donc deux langues en un seul mot !

ELIS, ou comment ne plus laver son linge sale en famille
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18 juin 2026 4 18 /06 /juin /2026 05:01

Il fut certainement le seul ancien président des États-Unis à ne pas posséder une ou plusieurs résidences flamboyantes. Il passa les dernières années de sa vie dans une maison très modeste qu'il quittait pour aller faire ses courses au supermarché du coin.

 

Après avoir quitté la Maison Blanche, il s'installa dans une maison valant 167 000 dollars. Ses meubles étaient ceux qu'il avait hérité de ses parents.

 

Il touchait une pension annuelle de 217000 dollars. Il garda pendant plus d'un quart de siècle la même Ford Taurus d'occasion. Il n'utilisait jamais de jets privés, voyageant toujours en classe économique.

 

Il fonda le Centre Carter auquel il alloua trente millions de dollars pour lutter contre l'onchocercose (ou cécité des rivières) et la maladie du ver de Guinée, et pour promouvoir la résolution des conflits à travers le monde. Il fit construire avec son argent des maisons pour familles à faible revenu et mit souvent la main à la pâte comme maçon ou charpentier.

 

Il reversera une bonne partie de ses honoraires de conférenciers à des œuvres caritatives, pour plusieurs centaines de milliers de dollars.

 

Il mourut à 100 ans, chez lui, le 29 décembre 2024, d'un mélanome de stade IV au cerveau, oublié du tout Washington politique et médiatique. Son épouse l'avait précédé dans la mort trois semaines plus tôt.

Pauvre Carter
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31 mai 2026 7 31 /05 /mai /2026 05:01

Emmanuel Carrère. V13, chronique judiciaire. Paris, P.O.L., 2022.

 

Dieu de dieu, que j’aime lire Emmanuel Carrère ! L’adversaire, La Moustache, D’autres vies que la mienne, ça c’était quelque chose. Ou encore Le Royaume.

 

J’en veux un peu aux miennes de ne pas m’avoir offert V13, Chronique Judiciaire à sa sortie en 2022. Je les critique comme je peux...

 

Pendant neuf mois, Carrère suivit le procès des terroristes du 13 novembre 2015, responsables de la mort de 130 personnes. Et puis d’innombrables blessés, meurtris dans leur chair et dans leur esprit. Un dossier haut de 53 mètres ! Un procès hors de toutes les normes, qui était de déplier, 9 mois durant, sous tous les angles, du point de vue de tous les acteurs, ce qui s'est passé cette nuit-là.

 

Des fous de Dieu ou fous tout court (« ça commence où le pathologique ? », demande Carrère sans répondre à la question à 1800 victimes. Comme la plupart des autres journalistes, il se rend à ce procès comme un aveugle dans un tunnel : « On ne sait pas ce qu’on attend, on ne sait pas ce qui arrivera. On y va. » Quitte à se coltiner le pire des grotesques, comme quand une dame demande réparation parce que les attentats ont pourri sa soirée d’anniversaire, préparée de longue date et qui lui avait coûté bien cher.

 

Comment pourrait-on mettre en balance les souffrances des uns et des autres ? Un avocat du principal terroriste jugé – rappelons que les assassins les plus efficaces sont tous morts et qu’on juge de la piétaille – dénonce la surveillance vidéo dont son client est l’objet 24 heures sur 24. Un père répond : « Maître, depuis sa soirée Au Bataclan, ma belle-fille est aussi sous surveillance vidéo 24 h sur 24 à l'hôpital. Cette situation ne la perturbe pas car elle est dans un coma profond. Elle ne perturbe pas non plus mon fils qui repose au cimetière. Je respecte votre travail et vos convictions mais il y a des limites face aux gens qui souffrent. »

 

Souvenons-nous du carnage. 123 corps entiers et 17 fragments de corps. Pour certains ces fragments de corps sont ceux de leur enfant de l'homme ou de la femme qu'ils aimaient. D'autres mots à apprendre : lacération, démembrement, polycriblage par les écrous. Zone de dispersion : cela veut dire qu'on retrouve des débris humains jusqu'à 50 mètres de l'épicentre d'une explosion. 15 jours après on a encore trouvé la jambe d'un des terroristes. Il y avait 30 orifices sur une victime. Des tirs avec un calibre de 7,62 mm, ce n'est pas pareil qu'avec du 9 mm. Avec le 9 mm, on a des orifices avec une entrée et une sortie, avec le 7,62, on est sur des plaies très délabrantes, avec des crânes explosés, des grands fracas faciaux.

 

Comment échapper aux tueurs par tous les moyens ? Thibault nous dit : « Après les premières rafales j'ai vu un homme athlétique qui tirait vers le sol. Il avançait tranquillement, un ou deux pas, un tir, un ou deux pas un tir. Il ne portait pas de cagoule. C'est en me rendant compte de ça, qu'il avait le visage à découvert, que j'ai compris qu'on allait tous mourir. » Gaëlle détaille : « J'ai compris que j'avais été grièvement blessée en voulant retirer de mon visage la chaussure d'une personne au-dessus de moi. Je me suis aperçue que ma joue était entièrement détachée et pendait le long de mon visage. J'ai enfoncé ma main droite à l'intérieur de ma bouche pour retirer mes dents pour que je ne les avale pas parce que ça risquait de me faire tousser et d'attirer l'attention des terroristes. » Édith perd la tête : « Il y a eu des confettis de chair partout. J'ai pensé qu'il n'y avait plus de lait dans le frigo et que je n'avais pas payé la cantine de ma fille. » Et tout de suite un début de solidarité. Loin de la lâcheté du chacun pour soi de la lutte à mort pour une place sur les canaux de sauvetage du Titanic. Ici très peu. À moins d'imaginer que se soit plus ou moins consciemment construite parmi les rescapés du Bataclan une fiction collective de noblesse et de fraternité – ce qui est possible – on est impressionné audience après audience, par ces exemples d'entraide, de solidarité de courage.

 

Il faudra une bonne fois pour toutes militer pour une justice restaurative. Comme au Rwanda. Une justice qui permet le dialogue entre victimes et bourreaux si les deux parties le désirent :  après le procès, sans enjeu pénal, sans publicité, sans autre témoins que les gardiens de prison, le seul objectif étant que chacun puisse dire sa vérité et progresser dans sa reconstruction si elle est possible. En se souvenant de la parole de Vladimir Yankélévitch : « L'amour du méchant n'est pas l'amour de sa méchanceté, ce serait une perversité diabolique. C'est seulement l'amour de l'homme lui-même de l'homme le plus difficile à aimer ».

 

Comment peut-on demeurer en vie quand tous les autres sont morts ? Comment peut-on ne pas mourir lors d'un événement qui aurait pu ou dû être mortel ? Emmanuel Carrère cite le cas d'un l'homme de 21 ans à l'époque, dont on espère qu'il pourra un jour échapper à la mort intérieure qui est la sienne : « Pendant 3 ans, dissociation totale. Aucun souvenir. Mais un malaise, l'impression que les gens le regardent bizarrement. Idées noires mais floues. Cauchemars sans images. Silhouettes indistinctes, à la périphérie du champ de vision. Gueule de bois perpétuelle, qu'il soigne par l'alcool. Impression d'avoir fait quelque chose de mal, mais quoi ? Au bout de 3 ans, il fait de l’EMDR [Eye Movement Desensitization and Reprocessing, désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires en bon français]thérapie qui maintenant sert pour tout mais qui a été inventé pour le stress post-traumatique. Tout revient, d'un coup. Il sait ce qu'il a fait de mal. Pour atteindre la sortie, il a poussé, écrasé, piétiné. Il est devenu une machine à survie qui se foutait de tout le reste. Les êtres qui lui sont les plus chers, il s'en serait servi comme bouclier si c'était le prix pour vivre. »

Note de lecture 194
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23 mai 2026 6 23 /05 /mai /2026 05:01

Pendant la guerre, à Arras, mes grands-parents paternels avaient beaucoup de difficultés à se procurer de la viande. Arras était situé dans un département géré directement par les occupants, nombreux et doués d'un bon appétit, et donc enclins à rafler – en la payant, korrekt, nicht wahr ? – toute nourriture passant à leurs portée. Mes grands-parents avaient trois enfants, dont un malade de Berck. Le plus vigoureux, ou le moins chancelant, était mon père qui, chaque semaine, effectuait une virée à vélo de 160 kilomètres pour se procurer des légumes chez des cousins à la campagne. Eventuellement un poulet, quand la maréchaussée, française, ne le lui subtilisait pas sur le chemin du retour pour fait de “ marché noir ”.

 

Mes grands-parents avaient acheté un porcelet qu'ils élevèrent dans leur buanderie pendant un an avant de le – désolé, petit cochon – mettre à mort et de le déguster. Mon père, grand ado à l'époque, crevant littéralement de faim, fut chargé de cette mise à mort. Il n'avait naturellement jamais tué de cochon. Le plus difficile était de ne pas le faire hurler pour ne pas éveiller les soupçons d'amis empressés de l'occupant. Il s'acquitta de la tâche en flanquant un grand coup de poing sur le groin de la bête qui, m'a-t-on dit, mourut instantanément. La dégustation fut une fête. Mes grands-parents et leurs enfants gardèrent les meilleurs morceaux et donnèrent le boudin à leurs voisins immédiats.

 

La taille du cochon était autrefois un art collectif, familial et amical. Rien ne se perdait dans le cochon. On gardait la soie pour en faire des brosses et les vessies pour fabriquer des lanternes. Au Moyen-Âge, les vessies de porc (ou de bœuf) étaient séchées pour servir de récipients, et pouvaient être utilisées comme lanternes bon marché. Il était facile de faire croire aux naïfs que ces vessies étaient de vraies lanternes. On pouvait aussi prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages…

 

 

Comme l'a chanté Bob Dylan, “ The Times They Are A-Changing ”.

Ce petit cochon sans lequel je n'aurais peut-être pas vu le jour
Ce petit cochon sans lequel je n'aurais peut-être pas vu le jour
Ce petit cochon sans lequel je n'aurais peut-être pas vu le jour
Ce petit cochon sans lequel je n'aurais peut-être pas vu le jour
Ce petit cochon sans lequel je n'aurais peut-être pas vu le jour
Ce petit cochon sans lequel je n'aurais peut-être pas vu le jour
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15 mai 2026 5 15 /05 /mai /2026 05:01

 

L'affaire a fait grand bruit dans le pays de la gastronomie, je veux parler de ce fait divers sur le fast food Master Poulet dans la ville de Saint-Ouen. Pour résumer, le maire de la ville est littéralement en guerre contre ce restaurant trouvant qu'il y a déjà trop de fast-food dans la ville. La France n'est plus le pays des bistrots et des petits restaurants familiaux qu'on trouve au coin d'une rue. Si cela existe encore heureusement, c'est clairement une culture et une façon de vivre qui disparaît progressivement, tout comme les cafés.

La France est aujourd'hui le pays du fast-food, même si on a du mal à l'admettre et que cela fait mal aux fesses si je puis dire. La France est ainsi devenue le second pays où l'on trouve le plus de fast-food par habitant au monde juste après les EU. Alors, bien évidemment, quand on parle de fast-food, on pense naturellement aux grandes enseignes étasuniennes, Mac Donald, KFC ou encore Starbucks. On y voit tout de suite l'influence des EU sur nos habitudes alimentaires et l'on pourrait alors diagnostiquer ce problème comme étant un problème lié à l'influence de l'Empire. Sauf que ce ne sont pas nécessairement ces enseignes qui ont le plus progressé dans notre pays. Ainsi Master Poulet est une enseigne française, même si elle vise un public musulman, parce que s'affichant ouvertement hallal. Nous y reviendrons plus tard, mais nous voyons ici probablement un séparatisme culinaire qui rejoint en définitive un séparatisme spatial et matrimonial qui saute de plus en plus aux yeux.

 

Mais il n’y a pas que cette enseigne, on pourrait parler de O'Tacos, qui réussit l'exploit de faire à la fois insulte à la cuisine française et mexicaine. D'un point de vue calorifique, on pourrait même se demander si certaines de ces enseignes 100% françaises ne sont pas pires que les fast-food étasuniens par moment. Je ne vais pas faire ici une liste exhaustive de toutes les enseignes qui sont apparues depuis 20 ans et qui marquent la transformation de la France en un sous-État nord-américain sur le plan de la gastronomie, mais c'était juste pour souligner la gravité et l'importance du phénomène. Mon but est de comprendre le phénomène et de voir ce qu'il serait susceptible de faire pour l'inverser. Car, non ce n'est pas une bonne manière de se nourrir même si l'on exclut la simple question de l'identité culturelle française qui s'étiole dans ce brouhaha gustatif qu'est devenu la restauration en France.

 

Et, soyons honnêtes, cette affaire ne concerne pas que la restauration rapide. On le voit en faisant simplement nos courses. Il y a un appauvrissement massif de la variété de denrées que l'on peut acheter dans les grandes surfaces. Les rayons abats, très abondants encore il y a trente ans, ont pratiquement disparu de même que les viandes secondaires comme le cheval, le lapin, les pigeons et toutes ces productions qui garnissaient autrefois nos étals commerciaux. Les rayons viandes se résument généralement aux morceaux nobles et aux viandes hachées pour les plus modestes. Et ne parlons pas de l'invasion des plats préparés. Bref, ce que camoufle l'augmentation massive des fast-food, c'est qu'en réalité toute la tradition culinaire française s'effondre avec les nouvelles habitudes alimentaires. Alors on pourrait y trouver rapidement des explications économiques comme l'inflation, sauf que les abats par exemple sont généralement nettement moins chers que le bifteck au kilo, et de loin. Pourtant c'est difficile par exemple de se procurer dans les grandes surfaces du cœur de bœuf ou de la langue de porc.

 

 

L'autre explication est la facilité d'emploi. Les viandes moins communes nécessitent souvent un savoir-faire qui n'a sans doute pas été transmis. Comme les jeunes n'y ont jamais été habitués dans leur enfance, il est probable qu'ils n’ont pas le réflexe d'achat à l'âge adulte. Je suis vieux maintenant, étant né à la fin des années 70. Mais, grâce à ma famille, j'ai eu accès justement tout jeune aux produits traditionnels, même si certains n'étaient pas forcément à mes goûts comme la viande de cheval. Dans les années 80, les fast-food étaient déjà largement implantés en France, mais les jeunes avaient quand même encore accès à la culture culinaire traditionnelle. Aujourd'hui, j'ai l'impression que ce n'est plus du tout le cas sauf exception dans les grandes villes. Il y a eu comme une rupture de transmission, sans doute par facilité. Il est plus simple de faire du préparé et de faire un steak que de faire de la langue qui doit mijoter un bon moment.

 

Pourtant, parallèlement à ce phénomène de fast-food il y a aussi d'autres orientations qui montrent qu'une partie de la population essaie de faire encore des efforts. Ainsi le succès d'entreprises qui proposent des kits de repas comme Hello Fresh montre qu'il y a une demande pour cela. Mais, bien souvent, les recettes ne sont pas françaises et les Français lorgnent souvent pour les recettes exotiques venant du Mexique ou de pays d'Asie. Tout n'est donc pas forcément perdu et la paresse gastronomique peut sans doute être inversée, surtout que la population a quand même une grande hantise du surpoids dans une société qui continue malgré tout à promouvoir la vie en bonne santé, et les physiques avantageux, comme le prouve le succès du fitness.

 

L'évolution de la gastronomie en France est donc liée à plusieurs facteurs. Le premier est la modernisation économique, le fait que les femmes sont de plus en plus nombreuses à travailler a clairement cassé la transmission traditionnelle qui se faisait au sein des familles. Les femmes n'ont plus le temps de cuisiner comme avant. Cependant, dans des pays comme le Japon, le système de restauration a en quelque sorte pris le relais. Dans ce pays, les gens mangent beaucoup dehors et la tradition culinaire a été largement transmise. Les fast-food japonais font très japonais comme l'enseigne SUKIYA, des franchises qui n'ont rien à envier aux fast-food étasuniens en termes de fréquentation dans le pays. Chez nous, le système de la restauration n'a pas réussi cette transition. La gastronomie française est devenue graduellement l'apanage d'un petit groupe d'esthètes qui ont en quelque sorte muséifié la culture culinaire française. Un phénomène qu'on peut comparer à la mort progressive du cinéma populaire de notre pays, jadis pourtant très riche dans ce domaine.

 

L'autre facteur est le peu d'attachement des Français pour leur culture et leur pays. On dit souvent les Français chauvins. C'est en réalité tout le contraire dans la gastronomie, comme dans l'économie et la politique. Ils sont les premiers à tomber dans la xénophilie délirante et à préférer toujours l'étranger au local. Le dernier point est bien évidemment le changement de population de plus en plus visible. Les Français ayant perdu le goût de leur propre art culinaire, comme en vouloir aux immigrés de fraîche date de n'y trouver aucun intérêt ? Pire que cela, une grande part de notre art culinaire tourne autour du porc et de sa transformation. La réussite de l'intégration des immigrations en France aurait produit logiquement plutôt un Master Pig qu'un Master Poulet. Le hallal et le rejet du porc forment un duo de rejet de la culture nationale assez radical et dont les Français n'ont probablement pas vraiment conscience. Le repas est une forme de socialisation, surtout dans notre pays. Il est désormais bien tard et l'on voit bien plusieurs peuples habitant côte à côte, et cela se traduit par ces phénomènes de séparation dans la restauration elle-même.

 

Alors que faire ? Je n'ai pas de solution miracle, mais déjà peut-être faire un effort sur l'éducation des plus jeunes, en particulier à l'école puisque c'est le seul endroit où la collectivité peut réellement agir. Peut-être faudrait-il des cours de cuisine dans les écoles. Après, j'ai bien conscience que l'école a déjà d'énormes problèmes en particulier concernant la transmission des savoirs essentiels et que ceci n'est peut-être pas une priorité. La taxation des fast-food et de la malbouffe est aussi à prendre en compte. Il faut favoriser des comportements plus sains sur le plan nutritionnel, mais il s'agit là quelque part quand même d'un aveu d'échec. Nous devons surtout revaloriser notre patrimoine en utilisant tous les moyens modernes. Nous évoquions récemment les chaînes de télévision publiques. Revaloriser la culture culinaire française en la modernisant et en la présentant sous des formes nouvelles pour la jeunesse, voilà une véritable mission de service public.

 

Par Yann, sur le site Le Bon Dosage

 

Ce que l’explosion des fast-food dit de la France actuelle
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11 mai 2026 1 11 /05 /mai /2026 05:01

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Time's the king of men ; he's both their parent, and he is their grave, and gives them what he will, not what they crave.

 

William Shakespeare (Périclès, prince de Tyr)

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