Originaires de Nazran en Ingouchie – république russe au cœur des montagnes du Caucase – les Mogouchkov (papa, maman et les enfants) fuient leur pays en pleine guerre de Tchétchénie. Après des passages en Pologne et en Belgique, le père, Iakub, diplômé de l’enseignement technique russe, son épouse Khiadi et leurs quatre enfants arrivent en France en 2008 et déposent une série de demandes d’asile, toutes déboutées. L’Ingouchie n’a été affectée qu’à la marge par la guerre et les Mogouchkov, ne peuvent pas faire valoir un risque réel pour leur vie dans leur pays d’origine. Mais ils vont profiter de la politique très laxiste d’accueil de la France à l’époque. Le jeune Mogouchkov est arrivé en France à l’âge de cinq ans ; c’est donc dans notre pays que la radicalisation de cet assassin (présumé) a eu lieu.
Ce qui, en revanche, n’a pas eu lieu, c’est l’enracinement dans un pays : ce jeune Tchétchène n’est pas russe et ne connaît rien du pays de Poutine et, islam aidant, il n’a jamais essayé de s’intégrer à notre pays et de devenir authentiquement français. Nous avons donc affaire à un jeune homme complètement déraciné, hors sol.
Le profil de la famille va rapidement susciter des questionnements de la part des autorités françaises. Le père, deux de ses fils, mais pas la mère ni la fille, font preuve d’un vrai fanatisme religieux, exacerbé par les affrontements russo-tchétchènes. L’Europe va servir de refuge à ces Tchétchènes vaincus, la plupart musulmans.
Le 13 octobre, le jeune homme qui a décidé de frapper un pays qui lui a tout donné en matière d'asile et d'accueil, s'empare de 2 couteaux achetés sur internet et s'infiltre dans la cité scolaire Gambetta-Carnot d'Arras. Il poignarde à mort le professeur Dominique Bernard et blesse trois autres membres du lycée dont il fut lui-même élève. Á l'une des victimes, il crie : “ qui te donne l'air que tu respires, qui est le seul Dieu? ”.
En novembre 2020, une professeure du lycée Gambetta avait été agressée verbalement et physiquement par un élève de sa classe alors qu'elle abordait la mémoire de Samuel Paty assassiné quelques semaines plus tôt. Cet élève, exclu du lycée, était en lien avec Mohamed Mogouchkov, ce qui avait motivé un signalement de l'Éducation nationale. Plus tard, la même enseignante avait déposé plainte après avoir été suivie jusqu'à son domicile par Mogouchkov qui avait tenté de l'intimider à plusieurs reprises.
Et puis ? Rien.
Fin décembre 2020, Mohamed Mogouchkov avait pénétré dans la salle de classe de l'enseignante à la fin d'un cours. En février 2021, il était alors inscrit au fichier des personnes radicalisées. Par la suite, un nouveau signalement avait été déposé en avril 2022 – alors que Mogouchkov était étudiant en BTS – pour absentéisme et pour des propos en classe tels que “ mon nom se prononce comme Kalachnikov. Est-ce que cet outil peut tuer ou est-ce que ce mélange est explosif ? ”
Et puis ? Rien.
Pour ce que vaut ce témoignage, selon le père du terroriste d'Arras, son fils est passé à l'acte à cause de la folie la politique française contre l'islam et le fait que la mère de Mohamed s'est éloignée de l'islam et a retiré son voile.
La sœur et la mère de l'assassin présumé sont anéanties, elles qui n'ont pas suivi le parcours de leur père et mari et de leurs frères et fils. Pourquoi ce collège, pourquoi ce professeur, demandent-elles depuis ?
Pour rien.
En fait, pour quelque chose. Pour la mondialisation qui permet qu'un jeune Tchétchène improbable défigure une ville française de culture, tranquille, modérée. La ville où mes parents se sont connus où mon grand-père a exercé comme instituteur pendant 30 ans et où je passais mes vacances quand j'étais tout enfant.
PS : si la photo est bonne, comme disait Barbara. Elle est bonne.
Ici, le père de l’assassin (présumé) rend la France responsable de la dérive mentale de son fils.
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