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18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 06:28

Ci-dessous un article de Claire Guibert sur la situation linguistique que connaissent les Pays-Bas. On peut se demander si une dérive similaire ne va pas affecter la Belgique, où de nombreux Wallons refusent de parler flamand et où de nombreux flamands refusent de parler français. Combien de fois, il y a plus de cinquante ans, je me suis retrouvé face à des Flamands qui finissaient par me répondre quand je leur demandais mon chemin, après avoir compris que j'étais français et non belge ?

 

Aux Pays-Bas, tous les étudiants parlent anglais

 

En 2014, le président de la Vrije Universiteit d’Amsterdam a fait son discours de rentrée en anglais, après ce préambule : « À terme, l’anglais deviendra notre langue de communication. » Prémonitoire ?

 

 

Le rapport de l’Académie royale a particulièrement ému le député socialiste Jasper Van Dijk. Le Néerlandais craint que se forme « une élite intellectuelle isolée, qui, au propre comme au figuré, ne parle plus la même langue que les gens, dit-il, citant le rapport de l’Union linguistique. Bientôt l’architecte diplômé ne pourra plus expliquer en néerlandais ce qu’il attend des ouvriers ; le médecin ne sera plus en mesure d’expliquer à son patient de quelle maladie il est atteint. »

 

 

Le néerlandais est une langue vivante qui peine à garder ses 28 millions de locuteurs dans le monde. Ils résident essentiellement aux Pays-Bas, ainsi que dans quelques-unes de leurs anciennes colonies comme le Surinam et dans la partie flamande de la Belgique. Mais la génération étudiante prend une méchante habitude : elle parle anglais, la langue que l’on utilise majoritairement dans les treize universités du royaume des tulipes.

 

 

Aux Pays-Bas, le journal NRC Handelsblad vient de publier un manifeste alarmant sur le choix de l’anglais au détriment de la langue néerlandaise. Signé par des écrivains, des linguistes et des scientifiques, il révèle des chiffres et des faits sans appel.


 

 
Pays-Bas : l'anglais à la place du néerlandais comme langue officielle ?

 

L’enseignement supérieur a sauté le pas : « De 2009 à 2013, l’ensemble des matières enseignées est passé de 64 % à 80 % », constate l’Académie royale des sciences des Pays-Bas, dans un rapport écrit à la demande des députés néerlandais.

 

En 2014, le président de la Vrije Universiteit d’Amsterdam a fait son discours de rentrée en anglais, après ce préambule : « À terme, l’anglais deviendra notre langue de communication. » Prémonitoire ?

Pays-Bas : l'anglais à la place du néerlandais comme langue officielle ?

 

L’anglais, langue de la fac

 

Mises en accusation, les universités se défendent avec des arguments. C’est la faute de l’internationalisation de l’enseignement, de la recherche, des sciences. Et du succès des programmes Erasmus qui facilitent la mobilité des étudiants.

 

 

Petit pays possédant une langue peu répandue et rarement enseignée en dehors de ses frontières, les Pays-Bas ont dû ouvrir la voie à l’introduction de l’anglais, pour attirer des étudiants étrangers. Précision : les universités néerlandaises sont payées par l’État au prorata des élèves qu’elles diplôment.

 

 

 

« Par ailleurs, le recrutement des professeurs est international. Donc, si le meilleur prof de maths est américain, on l’embauche », explique l’écrivain marocain Fouad Laroui, également professeur de français à l’Université d’Amsterdam. Ce polyglotte passionné de langues, auteur d’un recueil de poème en néerlandais, sa « nouvelle langue d’adoption », précise par ailleurs qu’il n’existe pas de manuels en néerlandais, dans de nombreuses matières, en mathématiques ou en économie, notamment.

 

 

Des étudiantes afghanes et pakistanaises profitent de cours en anglais à la Vrije Universiteit d’Amsterdam. Le fossé se creuse avec les élites

 

Contrairement à la France, les Flandres n’ont pas pris soin de pérenniser leur langue. Le milieu du cinéma et de la télévision n’a jamais investi dans le doublage, par exemple. Tous les longs-métrages d’Hollywood sont diffusés dans la langue originale, sous-titrés en néerlandais.

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commentaires

U
À Wageningen, l'université reçoit des étudiants de presque toute la planète. On y enseigne notamment l'agronomie tropicale. Matière qui, pour n'avoir qu'un intérêt très relatif dans les polders, est ici une spécialité reconnue mondialement depuis le XIXe. <br /> <br /> Une mienne amie qui a fait ses études à Wageningen logeait dans un appartement étudiant de onze chambres. Avec onze nationalités. Et onze langues maternelles. Elle a peu parlé néerlandais avec ses colocs. Elle a aussi eu peu de cours en néerlandais parce qu'elle était de la petite minorité néerlandophone. <br /> <br /> Aux Pays-Bas on est plutôt bilingue que monolingue. La carte présentée dans le texte ne mentionne que par une tache grise la présence du frison, la langue parlée avec le néerlandais au nord-ouest (Frise et Groningue). Le limbourgeois, comme du reste le francique, est plutôt une langue qu'un dialecte néerlandais : il n'y a tout simplement pas intercompréhension. Il faudrait mentionner aussi la tapée de dialectes néerlandophones au sein des Pays-Bas. Je ne comprenais pas grand-chose au dialecte de Marken, île à seulement 25 km d'Amsterdam que j'habitais !<br /> <br /> Il y a aussi une tapée de minorités linguistiques liées à l'immigration [parfois fort lointaine : On trouve des pierres tombales rédigées en français jusque dans les années 1950 et ce sont les descendants de huguenots chassés de France au moment de la révocation de l'Édit de Nantes !] <br /> <br /> Il y a aujourd'hui une myriade d'écoles primaires en langue maternelle où l'on enseigne le néerlandais comme langue étrangère. Leur but est de former des élèves possédant une parfaite maîtrise du néerlandais quand ils entrent en secondaire. Sans le handicap d'apprendre à compter dans une langue encore mal maîtrisée. Les deux langues les plus importantes de ces écoles en langue maternelle sont le turc et l'arabe du Maroc. Mais on aussi le chinois et des douzaines d'autres langues dont... le français pour des enfants d'Algériens.<br /> <br /> L'auteur du texte est francophone. Si elle était néerlandophone ou anglophone, elle n'aurait peut-être pas la même vision des choses. L'anglais parlé aux Pays-Bas reste un créole même s'il est nettement meilleur que le globish qu'on entend en France. Et le néerlandais reste la langue usuelle absolument partout.
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P
.../... Pardon et merci de lire : "si les autorités belges avaient su gérer.... ".
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P
Oui, à ceci près. C'est qu'aux Pays-Bas quasi tout le monde "cause" anglais, loupiots compris. Même les discours à l'Assemblée se font en anglais. L'inverse n'est certainement pas le cas en Belgique. <br /> <br /> Enfin, et sans rentrer dans l'insupportable polémique, au plat pays, la communauté néerlandophone parle mieux et plus le français que la communauté wallonne ne parle le flamand.<br /> <br /> A l'issue de la seconde guerre mondiale, si les autorités belges avaient su géré correctement le problème linguistique qui a copieusement gangrené ce pays - tel en Suisse par exemple - les Belges n'en seraient pas là aujourd'hui. Et on ne parle même pas des cantons rédimés qui parlent allemand !<br /> <br /> En revanche, avoir laissé se dégrader la situation, sinon l'avoir insidieusement animée, a directement profité à la classe politique dans son intégralité, laquelle s'est considérablement développée. Avec les résultats qu'on connaît. <br /> <br /> Ceci étant, les Belges ne parlent pas non plus anglais et la langue n'est pas mieux enseignée dans les établissements scolaires du primaire et du secondaires au Plat Pays qu'en France. <br /> <br /> Au lieu d'avoir imposé la monnaie commune qui nous a copieusement divisés, les "pères" de l'Europe auraient été bien inspirés d'imposer une langue commune. <br /> <br /> Oui mais voilà, dans ce cas de figure, pas de dividendes à générer ...
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