Le
commerce est – aussi – une machine à décerveler et à déculturer.
Depuis quelques années, on vend en France diverses nourritures à base de, ou parfumées à, la cranberry. Même dans les échoppes de quartier : ce matin, mon boulanger m’a proposé une tarte à la cranberry.
Ce qui m’horripile, c’est qu’il existe un mot français pour nommer cette sorte d’airelle que les Canadiens ou les Scandinaves utilisent pour agrémenter la viande de renne ou certains volatiles : il s’agit de la canneberge.
Le mot cranberry n’est d’ailleurs pas anglais mais allemand : il vient de kranbeere. Il est apparu dans les pays de langue anglaise en 1672. Le mot canneberge, dont l’origine est inconnue, est apparu en France en 1665.
Il faudra que j’en touche deux mots à mon boulanger.