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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 08:27

Il fait trop chaud, alors nous allons faire un peu dans la fraîcheur et la légèreté.

IL y a quelques jours, France Info proposait dans une émission d’été un bobino sur la chanson Qué será será. Un énorme succès des années cinquante créé par Doris Day. Cette chanson avait été commanditée à Ray Evans et Jay Livingston par Alfred Hitchcock pour son film L’Homme qui en savait trop, avec James Stewart et la même Doris Day. Elle intervenait deux fois dans le cours du film : d’abord au début, de manière tranquille mais terriblement indicielle, dans un hôtel de Marrakech, en présence de l’espion français Louis Bernard et du docteur McKenna, Doris et son fils répétaient le début de la chanson. Puis à la toute fin du film. Après la tentative ratée d’assassinat contre un Premier ministre étranger lors d’un concert de musique classique au Royal Albert Hall (les cymbales, quel moment de cinéma !), Doris et son mari étaient invités à une soirée à l’ambassade d’un pays de l’Est où l’enfant était retenu prisonnier secrètement. Le Premier ministre britannique demandait alors à la chanteuse d’interpréter son succès favori. Dans un étage de l’ambassade, la geôlière de l’enfant, prise de remords, lui demandait de siffler quelques notes de la chanson, ce qui allait accélérer les retrouvailles.

 

 

Les paroles de la chanson originale sont anxiogènes à souhait. Une gamine demande à sa mère de lui décrire comment elle sera plus tard  « Qui serai-je, serai-je jolie, serai-je riche ? » Réponse fataliste de la mère : « Ce qui sera sera, nous ne pouvons appréhender notre avenir. » La petite grandit, rencontre son chéri et lui demande si leur avenir ensemble sera fait d’arcs en ciel. La réponse du chéri reprend mot pour mot celle de la mère. Pour clore la circularité, la jeune femme a maintenant des enfants qui lui posent les questions qu’elle posait à sa propre mère. Toujours la même réponse.

 

 

 

When I was just a little girl

I asked my mother, what will I be

Will I be pretty, will I be rich

Here's what she said to me.

 

Que Sera, Sera,

Whatever will be, will be

The future's not ours, to see

Que Sera, Sera

What will be, will be.

 

When I was young, I fell in love

I asked my sweetheart what lies ahead

Will we have rainbows, day after day

Here's what my sweetheart said.

 

Que Sera, Sera,

Whatever will be, will be

The future's not ours, to see

Que Sera, Sera

What will be, will be.

 

Now I have children of my own

They ask their mother, what will I be

Will I be handsome, will I be rich

I tell them tenderly.

 

Que Sera, Sera,

Whatever will be, will be

The future's not ours, to see

Que Sera, Sera

What will be, will be.

 

La chanson sera adaptée (je crois pour Jacqueline François, puis par environ 90 autres chanteurs !) par Eddy Marnay. Pendant quarante ans, Marnay fut l’un des plus prolifiques et talentueux paroliers français. Parmi d’innombrables succès : « Les Amants de Paris », « Java, qu’est-ce que tu fais là ? », « Chiens perdus sans collier », « Planter café », « Les Moulins de mon cœur » (on se souvient peut-être davantage de la chanson de Marnay et Legrand que du film L’Affaire Thomas Crown), « La Ballade irlandaise », « Un Jour un enfant », « Coucouroucoucou Paloma ».

 

 

Eddy Marnay ne traduisit pas la chanson « Qué será será » : il l’adapta. Il la sortit du film et en atténua l’inexorable circularité. Il en fit un comte de fée dans lequel le destin est, certes, plus fort que les individus, mais où tout est ouvert. « Qui vivra, verra » est tout de même moins implacable que « Qué será será », « Laissons l'avenir, venir » moins circonscrit que « The future's not ours, to see ».

 

 

 

Dans le berceau d'un vieux château

Une promesse vient d'arriver

Une princesse toute étonnée

A qui l'on vient chanter :

 

Qué será será

Demain n'est jamais bien loin

Laissons l'avenir, venir

Qué será será

Qui vivra, verra

 

On vit grandir et puis rêver

La jeune fille qui demandait :

"Dis-moi ma mie si j'aimerai"

Et sa maman disait :

 

Qué será será

Demain n'est jamais bien loin

Laissons l'avenir, venir

Qué será será

Qui vivra, verra

 

Quand vint l'amant de ses amours

La demoiselle lui demanda :

"M'es-tu fidèle jusqu'à toujours ?"

Et le garçon chanta :

 

Qué será será

Demain n'est jamais bien loin

Laissons l'avenir, venir

Qué será será

Qui vivra, verra

 

Quand elle chante à son enfant

Dans un sourire, cet air charmant

C'est pour lui dire que dans la vie

Rien n'est jamais fini

 

Qué será será

Demain n'est jamais bien loin

Laissons l'avenir, venir

Qué será será

                 Qui vivra, verra

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Published by Bernard Gensane - dans culture
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commentaires

dr oz and garcinia cambogia 24/03/2014 13:25

It was refreshing to find the details about Eddy Maeney who was one of the most prominent member of the ballad in the olden days. I too remember a lot about him that my grandmother had told about.

Adario 28/07/2013 18:48

En voyant la (jolie) tête de Doris Day, me sens tout de même plus dans l'" implacable qué sera sera" que dans "laissons l'avenir, venir" d'Eddy Marnay ! Question de génération sans doute qui se rappelle "Chiens perdus sans collier", bouquin de Gilbert Cesbron + film ! "Le temps s'en va ! Le temps s'en va ma dame ! Le temps, non, mais nous nous en allons..."

Me reste qu'à fredonner dans cette période de soif estivale cette chanson désabusée que j'entendais chanter à la radio, à peine môme, au début des années cinquante ! Voyons ! il y a... terrifiant !!

"J'ai bu / J'ai joué et j'ai tout mis sur le tapis" :

http://www.youtube.com/watch?v=W8oWsGj7o-0

Bon début de semaine quand même et... à l'eau ! Pour ceux et celles bien sûr qui peuvent se mouiller !

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