Mais, en face de cette Argentine déchue, bradée, fascisée, se dressaient l’équipe espagnole et sa vedette, le jeune Espagnol maroco-équato-guinéen Lamine Yamal, élevé lui aussi, depuis ses six ans, à la Masia, mais qui apparaît plutôt comme l’héritier de Maradona que de Messi. Au milieu de la lâcheté, de l’indifférence ou de la criminelle complaisance de l’UE, l’Espagne a sauvé l’honneur en condamnant le génocide et en refusant l’utilisation des bases militaires états-uniennes en Espagne pour l’agression contre l’Iran. Quant à Lamine, on l’a vu courir dans un stade en arborant le drapeau palestinien – image qui a été reprise par un mural sur un mur en ruines de Gaza. Israël, habitué à donner des ordres à (presque) toute la planète, a exigé que les autorités espagnoles condamnent ce geste ; si le Barça n’a pas moufté, Pedro Sánchez s’est déclaré solidaire de Lamine Yamal. ![]()
L’Espagne s’est trouvée devenir ainsi le champion du Sud global, et a été soutenue par une large majorité du monde, en particulier en Amérique du Sud (à l’exception bien sûr de l’Argentine) : l’engagement politique, ou plutôt éthique, a compté davantage que la géographie.
Outre l’honneur, l’Espagne a aussi sauvé le football, peut-on lire sur divers sites, tellement l’équipe argentine en finale s’est montrée pitoyable, sans autre recours qu’un anti-jeu systématique, et un jeu brutal, autorisé par un arbitre complaisant, et qui s’est même poursuivi après le coup de sifflet final. Curieusement, un film de 2013, de l’Italo-sarde Paolo Zucca, L’arbitro, chef-d’œuvre à la fois de satire et de comique, préfigurait exactement ce type de situation. L’Espagne a aussi sauvé le football des griffes de Trump, qui a fait tout ce qu’il a pu pour rétrograder le football en soccer, en modifiant les règles du foot (c’est l’épisode Balogun, dont il a fait annuler le carton rouge), en introduisant des « pauses fraîcheur », en fait pauses pub, qui multiplient les mi-temps et hachent le jeu, en faisant de la finale un show de Super Bowl bis.
Les Etats-Unis ont clairement montré qu’ils étaient inaptes à organiser un grand événement sportif. Mais le problème n’était pas seulement technique, il était avant tout moral : ce Mundial de la honte aura été pire que les JO de Berlin en 1936, car à cette date, l’Allemagne nazie n’était pas encore en guerre. Trump, lui, venait de perpétrer, en complicité avec Israël, un génocide et lancé contre l’Iran une guerre d’agression criminelle : n’oublions pas les 165 fillettes de Minab et la petite-fille de 16 mois d’Ali Khamenei, dont le petit cercueil, lors des obsèques de l’Ayatollah, faisait venir les larmes aux yeux.
Le Mondial est terminé, mais le spectacle continue : après le spectacle sportif, le spectacle guerrier, agrémenté des menaces trumpiennes d’annihiler la civilisation perse : le culte de la mort est le vrai visage de l’entertainment états-unien.
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