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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 07:09

Dans son éditorial, Paul Ariès dénonce la loi solférinienne sur la métropolisation, qui va permettre d’en finir « avec une page essentielle de notre histoire politique démocratique. » Il donne un exemple concret : « Une des premières mesures de la Métropole marseillaise serait de supprimer, par souci d’égalité de traitement (sic) la gratuité des transports en commun urbains instaurée à Aubagne. La métropolisation constitue une machine de guerre contre le droit aux expérimentations locales pourtant reconnu dans la Constitution française. »

 

 

Jean Gadrey pousse un cri d’alarme : « Le dépassement écologique » mondial est atteint :

 

C’est en effet (à peu près) le 20 août dernier que l’humanité a « consommé » toutes les ressources naturelles renouvelables que la planète peut produire en 2013. Depuis, après avoir dépensé notre « budget » de l’année, nous vivons à crédit auprès de la « banque de la planète », celle qui renouvelle à son rythme les ressources naturelles utiles à la vie humaine, et d’autres écosystèmes. C’est-à-dire que nous pompons dans le stock, le patrimoine, les « fonds propres », en les épuisant chaque année un peu plus et un peu plus vite.

Ce titre n’a pas fait la « une » des grands médias. Il a certes besoin d’être décrypté, comme tout ce qui se fonde sur des indicateurs bourrés de conventions et de marges d’erreur, PIB en tête. Mais même avec ses limites, il a du sens et il devrait nous alerter, bien plus que les chiffres de la croissance, et autant que les chiffres du chômage, de la pauvreté d’un très grand nombre, et de l’extrême richesse d’un tout petit nombre. Car ce n’est pas tant « l’humanité » qui provoque l’épuisement des biens communs naturels vitaux qu’une fraction, pour l’instant dominante, celle qui prend les décisions de surexploitation et qui mène la danse de la démesure au nom de la « mystique de la croissance », pour reprendre le titre du livre récent de Dominique Méda.

 

 

Thierry Brugvin relie le problème de l’empreinte carbone et écologique à la concurrence des riches contre les pauvres :

Il y a urgence à redéfinir un nouveau pacte social, à écrire de « nouveaux jours heureux ». Ils doivent lier justice sociale et écologie.

 

 

Alain Cuénot explique comment les multinationales ont déstructuré le paysage agricole français :

L’agriculture française repose sur un modèle de développement pour le moins catastrophique pour l’homme et la nature. Que constate-t-on sur le terrain ? Que pourrait être une agriculture écologiquement et socialement responsable ?

 

Nicolas Sersiron et Robin Delobel nous offrent quatre portraits de résistants du Sud face aux catastrophes écologiques et humaines :

Les Zindigné(e)s s’indignent chaque fois qu’on entend dire qu’il faudrait être riche pour s’intéresser à l’écologie. Nous sommes du côté d’une écologie des pauvres contre l’écologie des riches. Pour preuve ces quatre portraits qui nous viennent du Sud.

 

 

 

Après le débat sur la « démondialisation » : où en est-on aujourd’hui, demande Louis Weber ?

Le débat sur la démondialisation1 a eu, il y a deux ans maintenant, un grand écho dans la presse. L’élément déclencheur été la prise de position d’Arnaud Montebourg au cours de la primaire socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2012. Mais, contrairement à ce qu’on a pu croire – ou tenté de faire croire –, il n’a évidemment pas inventé le sujet, il l’a « instrumentalisé » le temps d’un été et d’une campagne pour ne plus guère en reparler ensuite.

 

 

En Grèce, le pire est à prévoir avec Aube Dorée :

Peu de temps avant l’assassinat de Pavlos Fyssas par les néo-nazis d’Aube dorée sous les yeux d’une police complice, une atmosphère de plus en plus lourde laissait présager le pire...

 

 

Pour Thierry Paquet, il faut mettre les tours en échec dans les grandes métropoles :

Le capitalisme globalisé, de Shanghai à Sao Paolo, du Cap à Londres, de Mumbaï à Paris, de Moscou à Chicago, mise sur l’édification de tours pour marquer sa puissance, tant économique que médiatique. Au-delà de la spéculation et de la corruption qui l’accompagnent, ce choix irraisonnable d’un point de vue énergétique, accroît la ségrégation urbaine et condamne à mort l’esprit des villes. Il est temps de s’y opposer, il s’agit d’un choix politique contre une société clivée.

 

 

Aurélien Bernier s’en prend une nouvelle fois aux aberrations de la monnaie unique :

Comme le protectionnisme, fût-il écologique et social, la sortie de l’euro n’est pas un but en soi. Elle n’est pas une réponse magique qui résoudrait instantanément la crise.

 

 

Antonin Moulard demande ce que fait le politique face à la déferlante des écrans publicitaire :

Les écrans publicitaires continuent de se répandre à travers le monde. En 2012, pas moins de 12 000 écrans avaient été installés par la seule entreprise JC Decaux. Le lobbying forcené de JCDecaux1 auprès des politiques, notamment dans le cadre du Grenelle 2, montre que les écrans publicitaires sont sa principale source d’expansion pour les années à venir. Sans résistance, le temps d’attention de l’individu sera encore d’avantage sollicité par la grande industrie.

 

 

Bonne analyse de Jérôme Thorel sur la fabrique du consentement :

Le capitalisme a besoin de notre consentement. Servitude volontaire du forçat de la consommation, servitude volontaire du forçat du travail. Servitude volontaire de l’adepte du sarkozysme de droite comme de gauche. Servitude volontaire au nirvana sécuritaire.

 

 

Laurent Paillard pense que le numérique et l’internet sont un enjeu social central :

Laurent Paillard, philosophe 
Le réseau internet est devenu un vecteur majeur de la circulation des connaissances et de la création. Parallèlement, la numérisation des biens culturels et la dématérialisation de leur transmission fait de l’informatique un enjeu social central.

 

 

Yves Cohen réfléchit sur la question des chefs en politique, du côté de la gauche :

La gauche est toujours un peu embarrassée avec le discours du « chef ». Sa posture la plus courante est le persiflage ou l’ironie. N’est-ce pas de gauche, et même d’extrême gauche que vient le cri « À bas les chefs ! » qui fleurit dans les grèves ouvrières du dernier tiers du xixe siècle ?

 

Michel Lepesant se fait le défenseur des BesoinS politiqueS de la décroissance :

Et si la « décroissance » cessait de n’être qu’un slogan ou un mot pour ambitionner de s’imposer dans toutes les discussions politiques, par des propositions à la fois enthousiasmantes et pragmatiques. Non pas pour se contenter de dire « objection », « adieu » ou « halte » à la croissance mais bien pour demander comment « dé-croître » : comment passer démocratiquement du monde de la croissance à d’autreS mondeS possibleS, ceux de l’a-croissance ?

 

 

Yann Fiévet suggère une écologie du regard pour changer le monde :


Et si le changement pour un monde plus juste et économe de ses ressources vitales était d’abord une affaire de regard, le choix des actions à mener ou des décisions à prendre s’imposant ensuite naturellement. Si notre monde va si mal dans ses dimensions écologiques, sociales, économiques, politiques et spirituelles n’est-ce pas avant tout en raison du fait que nous le regardons fort mal ?

 

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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Adario 10/11/2013 11:14

Ce qui vient de se passer aux Philippines est la dure et atroce réalité et, malgré tout, combien de temps dureront nos indignations et notre émotion ? Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, reportons-nous au pamphlet d'Yves Paccalet paru en 2006, - ce qui fait déjà - tout de même - 7 ans - "L'Humanité disparaîtra, bon débarras" suivi de "Sortie de secours" en 2007. (Ces 2 ouvrages font débourser 10 euros).

Le refrain d'une chanson (1935) "Quand un vicomte " de Mireille et Jean Nohain, que nos grands-parents et parents fredonnaient avant les horreurs qu'ils ont connues peu après, ne vient-il pas - presque irrésistiblement - à l'esprit :

"Chacun sur terre
Se fout, se fout
Des p'tites misères
De son voisin du d'ssous
Nos p'tites affaires
À nous, à nous
Nos p'tites affaires
C'est c'qui passe avant tout
Malgré tout c'qu'on raconte
Partout, partout
Qu'est-ce qui compte en fin d'compte
C'qui compte surtout, c'est nous
Chacun sur terre
Se fout, se fout
Des p'tites misères
De son voisin du d'ssous."

Quoi ! Quentends-je ? "Changer l'échelle de nos valeurs. Opter pour la décroissance et le partage, faire triompher notre désir d'égalité, d'altruisme et de solidarité", (Y. Paccalet "Sortie de secours") ? Quel beau programme qu'on ne peut que cautionner mais... attendons demain, aujourd'hui est trop chargé par nos petits soucis !

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