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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 06:25

Je vais citer Le Courrier Picard, quotidien que je n’ai jamais mentionné, qui fut le dernier journal français à être régi par une coopérative ouvrière. Le 27 janvier, ce fut « Ch’Picard à l’fête au Sénat. « Os sonme Charlie ». Barré de noir, c’est le cri du nº137 d’éch jornal picard Ch’Lanchron (traduction : le pissenlit ou l’herbe à lapin), publication trimestrielle adulée jusqu'en Belgique qui rendait hommage à Charlie Hebdo. Un peu plus d’un an après les massacres de 2015, le numéro spécial a été présenté salle Vaugirard au Sénat, à l’invitation des sénateurs picards. Mon ami d’enfance, le sénateur PS (personne n'est parfait) Christian Manable, s’est fendu d’une vibrante défense de la langue picarde : «  Le picard fait partie intégrante des soixante-quinze langues de France. Elle est reconnue par cinq départements et une partie de la Belgique. Deux millions de personnes sont capables de la comprendre. Le ch’ti est en fait du picard qui a réussi. » Un rappel utile quand on pense que la langue d’oil vient du picard et que le rapport sur les langues régionales, commandé par l’ex-ministre de la Culture Filipetti, l'a bizarrement oublié.

Revue de Presse (154)

Dans son blog, Gérard Filoche déconstruit le rapport Badinter consacré au Code du travail :

 

On caractérisera le rapport comme une tentative pour en finir avec un « code du travail » spécifique et le remplacer par un mélange avec le code civil, où les contrats commerciaux et les statuts d’indépendants sont mis sur le même plan que l’ex contrat de travail. La « personne » remplace le salarié. Le salarié est traité comme l’indépendant.

 

La hiérarchie des préoccupations commence aussi par la « personne », les libertés individuelles, pas par la santé, l’hygiène ni la sécurité. La mensualisation, la médecine du travail, les prud’hommes, l’indépendance de l’inspection du travail, les institutions représentatives du personnel, sont supprimés. Il n’y a même plus d’âge plancher pour le travail des enfants.

 

Le code du travail depuis 1910 était fait de sueur et de sang, de luttes et de larmes, c’état l’expression des rapports de force sociaux. Le rapport Badinter, c’est un bricolage médiocre fait de neurones badins et de préjugés aristocratiques soucieux de plaire au maitre du moment, le Medef.

 

 

Politis s’élève contre l’expulsion d’une française d’Israël, citant tout d’abord JSS News – site d’information tout ce qu’il y a de plus officiel – sur l’expulsion d’Elsa Lefort du territoire hébreu : « Engrossée par un terroriste palestinien, une employée du consulat français de Jérusalem est expulsée d’Israël ». Elsa est la fille de Jean-Claude Lefort, ex-député communiste et ancien président de l’association France Palestine solidarité. Mariée depuis 2014 à Salah Hamouri, un Franco-Palestinien condamné à sept ans de prison par un tribunal militaire israélien et libéré en 2011, elle avait obtenu un visa de service pour passer les fêtes de fin d’années en France. À son retour, Elsa Lefort, en poste à l’Institut français du Proche-Orient, rattaché au consulat, s’est vu notifier sa « dangerosité ».

 

L’Humanité reprend l’hommage de Régis Debray à Edmonde Charles-Roux en la cathédrale de Marseille le 23 janvier 2016 :

 

Ce n’est pas tous les jours que la disparition d’une personne nous donne le sentiment qu’avec elle quelque chose comme une époque, quelque chose de rare et de symbolique s’éloigne de nous. Elle a incarné la rencontre de ce qui n’était pas fait pour se rencontrer. De l’élégance la plus féminine avec un sens très viril, à l’ancienne, de la camaraderie ? De l’alliage de la politique et de la culture, un vieux couple séculaire dont le divorce semble aujourd’hui consommé. De l’honneur rendu aux belles lettres, à la lecture et au silence, dans un monde voué au bruit et aux images.

 

Qu’on puisse naître avec une cuillère d’argent dans la bouche, et se retrouver FTP à vingt ans, et à quatre-vingts, les pieds dans la gadoue à la Fête de l’Humanité, cela veut dire que le destin d’un être humain n’est pas donné par sa généalogie ni par son milieu mais par son caractère et sa volonté. Cela veut dire que le monde est ce que nous en faisons et non ce qu’il fait de nous.

 

C’est à un trait de notre civilisation que nous adressons notre salut reconnaissant. Non pour les enterrer, ces valeurs en déroute, mais dans l’espoir que ton nom seul, ton prénom, nous donnent désormais l’envie, le besoin de les voir un jour ressusciter.

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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