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5 juillet 2022 2 05 /07 /juillet /2022 05:01
 

Ci-dessous un texte plutôt polémique de Gilles Questiaux, mais avec tellement de grain à moudre !

 

Que faut-il "cesser de faire", pour renouer avec la classe ouvrière? Les points sur les « i » !

 

Que faut-il donc « cesser de faire » pour cesser de braquer préalablement les ouvriers contre ses discours et pour avoir une petite chance d'être entendu par eux?

Cesser de participer à la lutte antiraciste bourgeoise. L’éradication du racisme passe par la constructions du socialisme international, la dénonciation moralisatrice du racisme dans le cadre capitaliste ne fait que le renforcer et le diffuser dans de nouveaux peuples et de nouveaux groupes sociaux . L’antiracisme convenu et bien pensant consiste à le dénoncer partout sauf précisément où il se manifeste actuellement en réalité. En cette saison, c’est le racisme antirusse qui est à la mode, mais pas de le combattre. Les seules victimes de mépris raciste en définitive, ce sont les prolétaires exploités quelque soit la couleur de leur peau, leur religion ou leur origine.

Cesser de prôner le féminisme bourgeois  qui ne sert qu’à offrir des places privilégiées à des femmes de pouvoir particulièrement perverses qui appartiennent à des réseaux bourgeois. Cesser de cautionner la délation et le lynchage moral pratiqué par le mouvement « me too » , comme si de mauvais procédés pouvaient servir une bonne cause. Le mouvement féministe américain a ainsi lâché la proie pour l'ombre, le droit à l'avortement pour les contorsions sémantiques.

Cesser de participer politiquement à la « marche des fiertés », le droit à différence étant un acquis, il faut cesser de suivre les surenchères des groupuscules prétendant représenter les minorités, sexuelles ou autre. Si tant est qu’on veut qu’il demeure un acquis.

Cesser de prêcher la critique du genre, c’est à dire déconstruire l’identité sexuelle et la polarité homme femme qui structure naturellement l’humanité (on remarquera que la nature qui est portée aux nues par le discours écologique est déconstruite et annihilée par les mêmes dans le domaine de l’humanité). Quand on permet à des enfants de dix ans de changer de sexe, comme en Espagne, on est déjà sorti de l’humanité.

Cesser de ranimer les querelles de mémoire. La mémoire identitaire ce n’est que des discours de ressentiment qui se nourrissent mutuellement, et qui sont en grande partie mythiques. Et s’ils ne sont pas inventés ça ne change rien : le culte mémoriel de la Shoah n’a fait que renforcer l’antijudaïsme et l’antisémitisme partout.

Ne plus marcher dans les coups culturels de la culture postmoderne. L’art et la culture du capitalisme à son nouvel age est une escroquerie, bonne à jeter à 100 % (et ironiquement, il le reconnaît lui même). Lorsque sur la bourse du travail d’une petite ville où l’on vient d’inaugurer un dispendieux centre d’art contemporain, où le tissu économique est sinistré et la pauvreté galopante, la CGT arbore pendant des mois le grand calicot « la culture en danger », on comprend d’un coup la déréliction où est tombée la classe ouvrière.

Remettre en question le militantisme associatif éthique qui couvre tout le spectre moral qui va de la naïveté à l’hypocrisie en passant par le narcissisme, qui se caractérise par sa totale propension à se faire récupérer par les campagnes impérialistes, et qui ne sert en fait qu’à recycler les politiciens battus dans les urnes et à placer les enfants incompétents ou paresseux de la bourgeoisie.

Et faire tomber du cocotier le syndicalisme étudiant qui ne sert absolument à rien à part gêner par des parodies de mouvements sociaux les études des étudiants d'origine populaire, fournir des cadres aux bureaucraties politiques de la gauche bourgeoise et à prôner les illusions sur la fin du travail. Sauf tout le respect dû aux étudiants, et aux lycéens, ceux qui n’ont pas encore d’expérience de la vie ne doivent pas s’imaginer pouvoir donner des leçons politiques au monde entier, s’ils veulent être respectés et pris au sérieux.

Cesser d’invoquer le réchauffement climatique chaque fois que le thermomètre dépasse 35 degrés. Là non plus aucune action écologique globale et rationnelle ne sera menée avant que le socialisme n’ait pris le dessus sur le capitalisme au niveau mondial.

Cesser de d'insulter la police en bloc à chaque bavure et d’accepter pendant ce temps là que les quartiers populaires se fassent gangrener infiltrer et dominer par les dealers dans la complète indifférence.

Cesser de défendre les sans papiers. Les ouvriers intégrés de toute origine ne les aiment pas, ils disent : « j’ai des papiers, alors pourquoi pas eux ? » et donc cesser d’encourager les migrations qui ruinent le Tiers Monde et la classe ouvrière. Il n’y a absolument rien de progressiste à aider les gens à venir se faire exploiter en Europe et à encourager de nouveaux candidats au mode de vie occidental à périr en mer ou sur les barbelés.

Il y a d’ailleurs une différence entre défendre des travailleurs sans papier qui exigent leur légalisation et qui font grève pour cela, ce qui peut être discuté, et faciliter l’entrée illégale de main d’œuvre comme le font les activistes gauchistes avec leur arrogante bonne conscience.

Cesser de participer à l’Union sacrée autour du régime fasciste de Kiev. Ce n’est pas parce que des nazis sont gay frendly, philosémites, artistes postmodernes et vegan (au moins devant les caméras mainstream occidentales) qu’ils ne sont pas des nazis et des criminels. La banalité du mal s’habille aujourd’hui en jaune et bleu. Quand la gauche s’aligne sur la bataillon nazi Azov tous les repères sont perdus.

On pourrait penser que les soi-disant « antifas » seraient satisfaits de voir la Russie dénazifier l’Ukraine par l’action directe ; mais pas du tout ! Sans doute sont-il frustrés de ne pas pouvoir le faire eux-mêmes ?

On voit que pour régénérer la gauche ouvrière et révolutionnaire il faudrait la purger de bon nombre de ses militants actuels. Mais ça s’est déjà fait dans le passé. Et le retour du réel y pourvoira.

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commentaires

A
La conclusion fait froid dans le dos, vous ne trouvez pas ? Quand j’entends un communiste pur et dur en appeler à une purge dans les rangs de la gauche, je me dis que le pire est à craindre, surtout quand il fait allusion au passé ô combien glorieux du communisme dans ce domaine. Par ailleurs, je ne vois pas comment un régime communiste (ou autre, d’ailleurs) pourrait en finir avec l’antiracisme et le féminisme (forcément bourgeois), les marches des fiertés, la critique du genre, l’art postmoderne, le militantisme associatif éthique, le syndicalisme étudiant et autres fléaux responsables comme chacun sait de tous les malheurs de la classe ouvrière et des scores à un chiffre du PCF à toutes les élections depuis 30 ans, autrement qu’en ayant recours à des moyens brutaux et résolument répressifs. Ça promet !
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A
Oui, sans doute pour beaucoup de ce qui est listé ici mais " le culte mémoriel de la Shoah ( qui n'aurait fait ) que renforcer l’antijudaïsme et l’antisémitisme partout." c'est taper à côté. Je dirais sur ce sujet que c'est plutôt l'instrumentalisation de la Shoa qui pose problème car elle a une visée essentiellement sioniste. C'est d'ailleurs plutôt douloureux car elle vient de ceux qui devraient en faire un sanctuaire mémoriel. <br /> C'est dommage - pour employer un terme mesuré - que cette expérience douloureuse n'est aucune influence sur la politique suivie par les descendants de ces victimes sinon à contrario. Quoique ce n'est pas nouveau dans l'Histoire ! <br /> Quant à l'état des lieux de notre temps et aux changements qui sont suggérés il y manque la dimension médiatique. Que serait le FN sans le pilonnage quotidien des faits divers dans la presse locale ? Ou bien l'effacement des sujets structurants dans cette même presse ou sur les plateaux télé ?<br /> On va répétant que l'éducation du citoyen repose sur l'école et l'information. C'est vrai mais pour ce qui concerne l' information il faudrait que celle-ci ait d'autres objectifs que ceux qu'on lui connaît.<br /> Devant cette impossibilité on se met alors à rêver à une situation décrite en son temps par Henri Miller : <br /> " « Il n'y a pas plus grande, plus extraordinaire bénédiction que l'absence de journaux, l'absence de nouvelles sur ce que peuvent inventer les humains aux quatre coins du monde pour rendre la vie vivable ou invivable. Si seulement on pouvait éliminer la presse, quel grand pas en avant nous ferions, j'en suis sur ! La presse engendre le mensonge, la haine, la cupidité, l'envie, la suspicion, la peur, la malice. Qu'avons nous à faire de la vérité, telle que nous la servent les quotidiens ? Ce qu'il nous faut, c'est la paix, la solitude, le loisir... <br /> Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas voir de journal, ne pas entendre de radio, ne pas écouter de commérage, s'abandonner absolument, complétement à la paresse, être absolument, complètement indifférent au sort du monde, c'est la plus belle médecine qu'on puisse s'administrer.»<br /> (Le Colosse de Maroussi)<br /> Un exemple actuel de l'influence médiatique dans l'hypothèse où celle-ci resterait à démontrer : il est question ces derniers jours de harcèlement. Sur le site du ministère de l'éducation et de la jeunesse, le harcèlement est défini comme suit : Le harcèlement se définit comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. Cette violence se retrouve aussi au sein de l’école. Elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre.<br /> Dans cette définition chaque mot a évidemment son importance mais je retiendrais celui de " répétée. Par conséquent en dehors de toute autre considération il faut que cette action soit répétée c'est-à-dire qu'elle se poursuivre durant un temps relativement long. Il y a donc confusion volontaire entre une drague, à condition qu'elle ait eu lieu dans ces conditions, lourde et pénible circonscrite en un temps très limité - une partie de soirée - et une mécanique de destruction ou de domination qui se poursuit sur une durée plus ou moins longue. Sans compter la confusion entretenue entre harcèlement et agression qui sont toutes les 2 répréhensibles mais qui sont de degrés de gravîtes différents.
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