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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 05:41

Jacques V Stuart (Stuart signifie gardien de la maison, intendant) d’Écosse régna de 1513 à  1542. Il fut le dernier roi d’Ecosse dont la langue maternelle était le gaélique écossais. Il épousa Madeleine de France (1520 – 1537) qui mourut la même année d’une phtisie à l’âge de 16 ans. Il se remaria avec Marie de Guise dont il eut trois enfants (dont Mary qui sera couronnée reine d’Ecosse). Henri VIII s’était intéressé à Marie de Guise qui avait repoussé ses avances en lui faisant observer qu’elle « n’avait pas le cou assez long » (fine allusion à la décapitation d’Anne Boleyn).

 

Jacques V eut neuf enfants illégitimes de diverses maîtresses, dont trois engendrés avant l’âge de 20 ans. Trois finirent dans les ordres. Une de ses bâtardes s’appelait Elisabeth Béthune (pourquoi pas Hénin-Liétard ?).

 

 

 

 

Maintenant, du sérieux  : Elisabeth 1ère d’Angleterre. Virgo intacta, disait-on. Elle ne s’est pas mariée et n’a pas eu d’enfants. Elle régna de 1558 à 1603. Comme il faut bien que le corps exulte, elle eut quelques amants.

 

Le plus persévérant fut assurément Robert Dudley. Sa première femme Amy chuta dans un escalier d’une manière aussi douteuse que, a-t-on dit, le mari d’une ministresse de Giscard. Il demeura dès lors un soupirant très soupirant. Pendant 18 ans, il espéra que la reine lui accorderait sa main. En désespoir de cause, il finit par se remarier à Lettice (pour Laetitia) Knollys. La reine et Lettice se haïssaient. Lettice fut banni de la cour et elle perdit son seul enfant, ce qui assombrit les dernières années de Dudley.

 

Robert Devereux fut, un bon moment, le favori de la reine. La reine le fit arrêter après une campagne militaire ratée en Irlande. En 1601, il tenta un coup d’Etat et il fut décapité à la hache pour trahison. Le bourreau s’y reprit à trois fois pour détacher la tête du cou.

 

Sir Walter Raleigh fut l’un des hommes les plus extraordinaires de son temps. Poète, explorateur, officier, il introduisit le tabac et la pomme de terre (Parmentier enfoncé !) en Angleterre, ce que John Lennon lui reprocha dans « I’m so tired » :

 

I'm so tired,

I'm feeling so upset

Although I'm so tired

I'll have another cigarette

And curse Sir Walter Raleigh

He was such a stupid git.

 

Il épousa secrètement une des filles d’honneur de la reine et fit la conquête du cœur royal contre Robert Devereux, dont il hâta la fin. Cet athée, qui avait contribué à la défaite de l’Invincible Armada, fut jeté en prison par le Jacques Ier, le successeur d’Elisabeth. Il y passa douze ans durant lesquels il écrivit une Histoire du monde. Il tenta de se refaire en colonisant la Guyane mais, ayant coulé plusieurs navires espagnols, il fut emprisonné à son retour à la demande de l’Espagne, condamné à mort et exécuté en 1618.

 

 

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 06:22

Jacques IV fut un bon fils. Il était le fils de Jacques III d’Ecosse et de Marguerite de Danemark. Peu populaire, son père fit l’objet de diverses rébellions. Durant la dernière, le roi fut tué et les rebelles firent du fils leur chef. Agé de 15 ans, le jeune homme fut couronné. Lorsqu’il comprit le rôle qu’il avait joué à l’insu de son plein gré dans la fin tragique de son père, il décida de faire pénitence et de porter, lors du Carême, une chaîne de fer autour de sa poitrine.

 

En 1503, il épouse Marguerite Tudor dont il a six enfants. Ses quatre maîtresses lui donnèrent de nombreux petits bâtards. Celle qui fit l’objet des plus longues faveurs du roi, Janet Kennedy, eut des relations suivies avec d’autres hommes.

 

La comtesses Lady Agnes de Buchan eut avec le roi une fille, Lady Jane, qui sera la favorite du roi Henri II de France. Le couple aura un fils, Henri de Valois-Angoulême, « le fils aîné le plus favorisée du roi ». Il sera légitimé et deviendra le « Grand Prieur de France, Gouverneur de Provence, et Amiral de la mer du Levant. » Henri participera au massacre de la Saint-Barthélémy et sera tué en duel en 1586.

 

Après la mort de Marie de Guise, Jane demanda au Conseil privé la permission de quitter l’Écosse avec son fils, Le Seigneur Henry de Valois, le 22 août 1560. Henri participa au massacre de la Saint-Barthélémy et fut tué en duel en 1586. C’est cette Lady Jane, ou peut-être Jane Seymour, la troisième femme d’Henri VIII, qui aurait inspiré les Rolling Stones en 1966. Mais rien n’est moins sûr. Cela dit, Brian Jones jouant du dulcimer, c’était quelque chose :

 

My sweet lady Jane, when I see you again
Your servant am I, and will humbly remain
Just heed this plea, my love
On bended knees my love
I pledge myself to lady Jane

My dear lady Anne, I've done what I can
I must take my leave, for promised I am
The play is run, my love
Your time has come my love
I pledge my soul to lady Jane

Oh, my sweet Marie, I wait at your ease
The sands have run out, for your lady and me
When love is nigh, my love, her station's right my love
Life is secure with lady Jane

 

Tout cela nous amène à l’immense Henri VIII (1491-1547). Ce fin lettré, excellent musicien, répudia deux femmes, en décapita deux autres et en vit une autre morte en couches. Seule la dernière lui survécut d’un an.

 

Il épousa donc cinq femmes et ne compta pas ses maîtresses. Par exemple, Elisabeth Blount, dont il eut un fils (Henri Fitzroy), qu’il reconnut, avant de tomber amoureux de Mary Boleyn (sœur de sa future première femme). Avant cela, Mary avait été la maîtresse du roi de France François Ier (qui la décrivit comme « la plus grande, la plus infâme ou la plus célèbre de toutes les putains ») et d’autres gentilshommes français, ce qui motiva son retour vers l’Angleterre où elle devint dame de compagnie de la reine Catherine d’Aragon.

 

 

 

A noter, pour rester complètement people, que Mary Boley eut dans sa descendance plusieurs personnalités du XXe siècle : Winston Churchill, l’écrivain P. G. Wodehouse, Élisabeth Bowes-Lyon (mère de la reine Elisabeth), Diana, Princesse de Galles et Sarah, duchesse d’York, première épouse du troisième enfant de la reine d’Angleterre et du prince Philippe.

 

Puis le roi Henri prit pour maîtresse la sœur de Mary, Ann Boleyn, qu’il épousera après avoir divorcé de la reine Catherine. Henri et Anne engendreront la future reine Elisabeth Ière. Puis Anne mourra décapitée à l’épée, suite à une accusation d'adultère, vraisemblablement infondée.

 

 

 

Henri eut quelques autres maîtresses, dont Margaret Shelton, cousine des soeurs Boleyn . Il connut également une mystérieuse « dame de Tournai » lors de ses séjours en France en 1513.

 

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 05:12

Édouard IV d’Angleterre (1442-1483) fut le plus grand roi d’Angleterre (1 m 93). Il régna de 1461 à 1470. Sa vie maritale fut assez compliquée.

 

Il fut le premier roi de la maison d’York (ah, la guerre des deux Roses !). Il était né à Rouen. Sa mère s’appelait, comme tout le monde Cécile Neville. Elle fut mère de deux rois, lui-même et Richard III. Les cours royales étaient en fait des petites entreprises.

 

En 1461, il épousa secrètement la veuve Lady Éléonore Talbot et il se remaria, avant la mort de sa femme, avec Élisabeth Woodville, qui lui donna dix enfants.

 

Il se maria secrètement en 1461 avec Lady Éléonore Talbot (1435-1468) qui était veuve, et se remaria avant que sa femme ne meure avec Élisabeth Woodville (1437 – 1492) avec qui il eut dix enfants dont deux fils. Pour résumer, il fut géant, bigame et un chef militaire très compétent (il détruisit la maison de Lancastre).

 

Cette bigamie ne fut pas sans conséquence. Son fils aîné, connu sous le nom d’Édouard V, lui succéda. Le conseil de régence fut saisi du problème de la bigamie. L’évêque de Bath reconnut avoir célébré le mariage d’Édouard avec Élisabeth. Les enfants furent alors déclarés illégitimes. Édouard V fut déposé le 25 juin 1483 et enfermé à la Tour de Londres en compagnie de son frère Richard de Shrewsbury. Un autre Richard (le duc de Goucester) fut couronné sous le nom de Richard III. On ne revit jamais les deux enfants, qui furent vraisemblablement (on n’a aucune preuve irréfutable) assassinés dans la Tour.

 

 

 

 

 

 

Le roi eut également pour maîtresse, entre autres, Jane Shore qu'il décrivit comme « la plus gaie, la plus rusée et la plus sainte des catins du royaume ». Le roi exigea d’elle qu'elle fasse pénitence publique pour ses mœurs légères. Elle dut parcourir les rues un dimanche, vêtue d'une robe de bure, tenant à la main un cierge. Imaginons un instant que cette délicieuse coutume ait perduré jusqu’à nous en Angleterre … ou en France !

 

 

 

 

Jane vécut jusqu’à l’âge de 92 ans, après de très nombreuses heures de vol.

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 05:47

 

Robert II (Stuart) d’Écosse (1316-1390) régna du 22 janvier 1371 au 19 avril 1390. Il est donc devenu roi à l’âge de 55 ans. Juste après son intronisation, son fils aîné John fut reconnu comme son héritier. À vingt ans, il épouse en premières noces Élisabeth Muir de Rowallan. Elle lui donne dix enfants.

 

En 1355, il épouse en secondes noces Euphemia de Ross, veuve depuis neuf ans. Elle lui donne quatre enfants, dont l’un sera décapité pour avoir comploté dans l’assassinat du roi Jacques Ier. Le roi aura par ailleurs de nombreux enfants illégitimes (au moins sept, dont quatre avec sa favorite Mariota de Cardeny). Certes, ils n’avaient que cela à faire, mais quelle santé, tout de même chez certains souverains !

 

 

 

David II (Stuart) d’Écosse (1324-1371) régna de 1329 à 1371. Il succède à son père à l’âge de cinq ans en 1329. Il est le premier roi d'Écosse à être oint, en vertu de la bulle du Pape Jean XII, consécutive au traité d’Édimbourgh-Northampton de 1328 qui reconnaîtl’indépendance et le statut des rois d’Écosse. Par ce traité, David épouse le 17 juillet 1328 Jeanne d’Angleterre, fille d’Édouard II d’Angleterre et d’Isabelle de France. Il a quatre ans, elle en a sept (la cougar !). Il est couronné trois ans plus tard. Jeanne mourra de la peste en 1362.

 

En 1340, David épouse en seconde noce Marguerite Drummond qui avait été sa maîtresse. Avant cela, il avait partagé sa royale couche avec Catherine Mortimer, assassinée en 1360 par des nobles écossais. Elle avait été enterrée – debout – dans l’abbaye de Newbattle. Mais le roi n’a toujours pas d’enfants. Il prend une seconde maîtresse, Lady Agnès Dunbar, la couvre de cadeaux et d’argent, projette de l’épouser, mais il meurt soudainement en 1371.

 

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 05:49

Pauvre Philippa de Hainault ! Elle était douce (les six bourgeois de Calais lui doivent la vie) et aimante : elle donna douze enfants à son mari le roi Édouard III. Née à Valenciennes, elle était aussi cultivée que sa mère Jeanne de Valois qui répandit la culture française dans la cour de Hainault. Et pourtant, une femme laide (mais on ne possède aucun portrait d’elle) et méchante allait lui pourrir la vie en devenant la maîtresse de son mari. Fille d’un carreleur et d’une prostituée, née pendant l’épidémie de peste de 1348, Dame Alice Perrers de Windsor était entrée à la cour royale à l’âge de quinze ans comme dame de compagnie (l’expression anglaise est beaucoup plus réaliste : « la dame qui attend »). Le roi en fit immédiatement sa maîtresse alors qu’il avait été parfaitement fidèle jusque là. Lorsque Philippa mourut six ans plus tard, le roi lui donna une partie des bijoux de sa femme.

 

 

Elle épousa (sans que le roi soit au courant) Sir William Windsor, lieutenant royal en Irlande, donc souvent absent. Du roi, elle eut trois enfants, tous bien casés. Par sa grande intelligence, sa cruauté, son esprit d’entreprise, elle devint la femme la plus riche du Royaume. La plus détestée, aussi. Elle possédait cinquante-six manoirs dans la région londonienne. Et des bijoux pour une valeur de 20 000 livres (environ 5 millions d’euros).

 

Elle inspira Chaucer qui la représenta sous les traits de « la femme de Bath » dans ses Contes de Cantorbéry.

 

Elle assista à la mort de son souverain, ce qui lui permit de le dépouiller de quelques bijoux qu’il portait en cette circonstance.

 

Après la mort du roi, elle fut condamnée pour corruption et fut bannie du royaume. Elle put revenir ensuite dans le pays excipant que la plupart de ses propriétés avaient été acquises légalement par elle-même et non reçues en cadeau.

 

Le roi l’avait surnommée « la Dame du Soleil ».

 

Alice fut enterrée dans l’église paroissiale d’Upminster. Avant de mourir, elle avait légué, comme cela se faisait fréquemment, une partie de sa fortune aux pauvres de sa commune et elle avait vendu son bœuf le plus vigoureux pour payer sa tombe.

 

On pourra se reporter à The King’s Concubine d’Ann O’Brien.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 05:31

Édouard II d’Angleterre convola avec Isabelle de France qui lui donna quatre enfants. Mais Édouard préférait ses favoris. Isabelle avait beau être belle et intelligente, Édouard n’en avait que pour le comte de Cornouailles, le Béarnais Pierre de Gabaston (ou Gaveston). D’après les chroniqueurs, Édouard aima Pierre « au-delà de toute mesure ». Ce qui déplut énormément à la noblesse établie. Gaveston fut capturé par le comte de Warwick, puis exécuté par Thomas de Lancastre, percé par l’épée, puis décapité. Son cadavre fut acheminé chez les Dominicains d’Oxford qui recousirent sa tête avant de l’embaumer. Un rubis d’une valeur de 1000 livres de l’époque (environ 2 millions d’euros) avait été récupéré sur son cadavre.

 

La douleur du roi fut incommensurable. Il resta plusieurs jours auprès du cadavre de son ami. Il fallut l’en séparer par la force. Dix ans plus tard, il le vengea en faisant exécuter le comte de Lancastre, son cousin.

 

 

 

Édouard eut également un enfant illégitime, Adam Fitzroy (le « fils du roi ») qui mourut à l’âge de cinq ans en 1310.

 

 

Insatiable, Édouard II eut un second favori en la personne d’Hughes le Despenser à qui il attribua le comté de Gloucester. Le roi et son favori devinrent les maîtres absolus du royaume en décidant qu’ils ne se soumettraient plus à la volonté du Parlement.

 

Les barons n’en pouvaient plus (l’histoire de la monarchie anglaise, c’est aussi cet équilibre très difficile à trouver entre le pouvoir royal et celui des barons). En 1326, la reine revint en Angleterre, aidée de Roger Mortimer, comte des Marches galloises. Le roi ne réussit pas à lever une armée pour repousser les impudents. Édouard et son amant quittèrent Londres qui sombra dans le chaos. Le père d’Hughes, qui s’était enrichi de manière éhontée grâce à la liaison de son fils avec le roi, fut pendu puis décapité à Bristol.

 

Henri de Lancastre, comte de Leicester, fut alors envoyé au pays de Galles afin d'en ramener le roi et son amant et, le 16 novembre, Henri s'empara d'Édouard et de Despenser. Despenser fut envoyé auprès d'Isabelle à Hereford, tandis que le roi fut amené à Kenilworth, dans le Warwickshire, par son propre cousin.

 

Il fut reconnu coupable de haute trahison et condamné à être pendu, traîné sur une claie et écartelé.

 

Il fut supplicié en public le 24 novembre 1326. D’après certains chroniqueurs, ses organes génitaux furent coupés puis incinérés avant le vrai supplice. Détaché avant de succomber à l'asphyxie, Despenser fut éviscéré puis finalement décapité devant Isabelle et Mortimer (non pas à la hache mais au couteau). Sa tête fut exposée à Londres, et son corps, découpé en quatre parties, fut envoyé à Bristol, Douvres, York et Newcastle. En 1330, sa femme rassemblera ce qui pouvait être récupéré et enterrera le tout dans le cimetière familial.

 

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 05:53

Tournons une grande page people  pour ce blog. Je m’étais déjà intéressé aux grandeurs et petitesses de la famille royale britannico-germanique, ce qui m’avait valu d’être scandaleusement censuré par nouvelobs.com.

 

Je vais encore descendre d’un cran en me plongeant dans les remugles des coucheries de cette grande famille multiséculaire. La liste ne sera pas exhaustive. D’abord, on ne nous dit pas tout. Et puis, je laisserai de côté les liaisons qui n’eurent aucune incidence sur le cours de l’histoire. J’évoquerai évidemment ceux des bâtards qui occupèrent une place éminente dans les palais royaux et leurs annexes.

 

Henri Ier d’Angleterre (mort à Lyons-la-Forêt en 1135) était le plus jeune fils de Guillaume le Conquérant. Il réunit le duché de Normandie à la couronne d’Angleterre en 1106. Il épousa Mathilde d’Écosse en 1138 dont il eut un seul enfant légitime, Guillaume Adelin, du viel anglais Ætheling, « fils du roi ».

 

Henri est, de tous les rois d’Angleterre, celui qui reconnut le plus grand nombre d’enfants illégitimes, une bonne vingtaine, qu’il eut avec une dizaine de femmes.

 

Il fut un homme à la fois sage et débauché, vaillant et cupide. Il était très cultivé et fonda plusieurs monastères, donc celui de Reading.

 

 

 

 

Henri II eut pour femme la célébrissime Aliénor d’Aquitaine. Mariage très politique qui se conclut par huit enfants légitimes (cinq filles et trois filles en treize ans). Elle avait eu précédemment deux filles avec le roi de France. Elle connaissait la musique, la chasse, le latin (sur son gisant, elle tient un livre) et l’amour courtois (le fin amor). Aliénor n’apprécia guère les infidélités de son époux. Son premier fils Guillaume naquit en même temps qu'un bâtard d’Henri. En 1170, elle gouverna le duché d’Aquitaine et s’établit à Poitiers. Elle passa les dernières années de sa vie à l’abbaye de Fontevraud et mourut à Poitiers à l’âge de 82 ans.

 

Henri éleva ses bâtards (le mot bâtard avait été attribué comme surnom à Guillaume le Conquérant qui le popularisa) en compagnie de ses enfants légitimes. La maîtresse d’Henri fut Rosamond Clifford, qui ne joua apparemment aucun rôle politique. Elle fut peut-être assassinée sur l’ordre d’Aliénor.

 

Sur sa pierre tombale, on lit ceci :

 

Hic jacet in tumulo Rosa Mundi non Rosa Munda ;

Non redolet sed olet quia redolere solet

 

Ci-gît dans cette tombe une rose du monde, et non une rose pure

Elle n'embaume point, mais sent ce qu'elle a coutume de sentir.

 

Pour l'Église, pas vraiment putain, mais pas loin.

 

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 05:57

Henry Percy, 8ème comte de Northumberland, nous donne un très bon exemple du dérèglement des sens dû à la religion. Il vient d’une famille catholique et se convertit au protestantisme. Comme tel, il fait partie des troupes d’Élisabeth I qui terrasse l’insurrection écossaise de 1567 menée par son frère. Il le livre à ses bourreaux qui l’exécutent. Bourré de remords, il revient vers le catholicisme et offre ses services à la reine Marie Stuart emprisonnée. Il est jeté en prison, une fois, deux fois, trois fois. Le 21 juin 1585, il craque et se tire une balle en plein cœur. Les catholiques européens crient à l’assassinat. Les protestants qualifient ce suicide de châtiment divin.

 

(Subtractio).

 

 

 

 

Pétrone inventa le suicide dans la jouissance différée. On a dit de lui qu’il avait été le seul « à faire venir la mollesse et la nonchalance dans sa mort » (Saint-Évremond). On ne sait pas avec certitude s’il fut l’auteur du Satyricon car onze auteurs latins ont porté le nom de Pétrone. Pétrone fut accusé à tort d’avoir conjuré avec Pison contre Néron. Imaginant que l’empereur allait le condamner à mort, il commanda un banquet magnifique et, entouré de ses amis, il écouta des chansons et des poésies légères. En même temps, il se fit trancher les veines des poignets, puis se les fit bander ou ouvrir à volonté. Il mourut à 46 ans après avoir dégusté un repas d’une grande finesse. Pison s’était également suicidé en s’ouvrant les veines.

 

Eunice, sa maîtresse, ancienne esclave, choisit de mourir avec lui.

 

Avant de mourir, il avait lu à ses convives la lettre écrite à Néron :

 

« Je sais, divin César, que tu m'attends avec impatience, et que, dans la fidélité de ton cœur, tu languis après moi jour et nuit. Je sais que tu me couvrirais de tes faveurs, que tu m'offrirais d'être préfet de ta garde, et que tu nommerais Tigellin gardien de mulets dans celles de tes terres dont, après l'empoisonnement de Domitia, tu héritas, – office pour lequel il semble avoir été créé par les dieux.

« Mais, hélas ! ! il faudra m'excuser. Par le Hadès, et en particulier par les mânes de ta mère, de ta femme, de ton frère et de Sénèque, je te jure qu'il m'est impossible de me rendre auprès de toi. La vie est un trésor, mon ami, et je me flatte d'avoir su extraire de ce trésor les bijoux les plus précieux. Mais dans la vie il est des choses que je m'avoue incapable de supporter plus longtemps.

« Ne va pas penser, je t'en conjure, que m'a rebuté l'assassinat de ta mère, de ta femme, de ton frère, que je suis indigné de l'incendie de Rome, que je suis outré du procédé consistant à expédier dans l'Erèbe tous les honnêtes gens de ton empire...

« Eh bien ! non, très cher petit-fils de Chronos ! La mort est l'hoirie commune des êtres sublunaires, et l'on ne pouvait, du reste, s'attendre à te voir agir autrement.

« Mais, de longues années encore, me laisser écorcher les oreilles par ton chant, voir tes jambes domitiennes – tes échalas – se trémousser en la danse pyrrhique, t'entendre jouer, t'entendre déclamer, t'entendre dire des poèmes de ta façon, pauvre poète des faubourgs ! ... ah ! vraiment, semblable perspective était au-dessus de mes forces. Et j'ai senti en moi l'incoercible besoin d'aller rejoindre mes pères. Rome se bouche les oreilles, l'univers te couvre de risées. Et moi, je ne veux plus rougir pour toi. Je ne veux plus, je ne peux plus ! Le ululement de Cerbère, même semblable à ton chant, mon ami, serait moins affligeant pour moi, car je n'ai jamais été l'ami dudit Cerbère, et n'ai point le devoir d'être honteux de sa voix.

« Porte-toi bien, mais laisse là le chant ; lue, mais ne fais plus de vers ; empoisonne, mais cesse de danser ; incendie des villes, mais abandonne la cithare. Tel est le dernier souhait et le très amical conseil que t'envoie l'ARBITRE DES ÉLÉGANCES. »

 

(Subtractio)

 

 

 

 

 

 

Il avait charitablement prévenu les siens : de sa famille, il ne resterait qu’un champ de ruines.

 

Née en 1926, Jacqueline Roques rencontre Picasso en 1952. Françoise Gilot, la femme du peintre, vient de quitter le foyer avec leurs deux enfants, Claude et Paloma. Picasso et Jacqueline se marient en 1961. Jacqueline va protéger son génie de mari avec la plus grande vigueur (parfois en lâchant les chiens), y compris contre ses enfants et petits enfants.

 

En 1986, treize ans après la mort de Pablo, Jacqueline ne tremble toujours pas et se suicide d’une balle dans la tempe.

 

(Impatienta doloris).

 

 

 

 

 

 

Petit-fils de Pablo, « Pablito » (en fait Pablo) Picasso naît en 1949. Jacqueline Roques lui interdira systématiquement la maison de son grand-père et l’empêchera d’assister aux obsèques. Celui qui n’avait pas coûté un centime à son grand-père puisqu’il travaillait comme postier, craque après cette ultime humiliation. Il ingère du chlorure de potassium. Son estomac et un de ses poumons sont perforés. Il ne peut plus manger et meurt trois mois plus tard, le 11 juillet 1973, à l’âge de 24 ans, à l’hôpital d’Antibes.

 

(Impatienta doloris)

 

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 06:01

Les premiers papiers hygiéniques furent fabriqués en Chine il y a 2200 ans.

 

Au VIIe siècle, les Japonais utilisent des bâtons en bois pour nettoyer le canal anal. À la même époque, les Européens ne connaissent pas le papier toilette. Ils utilisent le bidet, des pierres, des végétaux, de la neige, des coquillages, du chanvre, des plumes d’oisillon.

 

Les Grecs et les Romains utilisaient le tersorium, une éponge accrochée à un bâton. Après utilisation, le tersorium était rincé à l’eau salée. Ils pouvaient également se servir de fragments de céramiques ovales. Ces bouts de terre cuite étaient appelées ostrakon, peutêtre à l’origine du verbe “ ostraciser ”.

 

Dans les pays musulmans, on utilise la main gauche pour se nettoyer. La main droite pour manger.

 

La première usine de fabrication industrielle de papier hygiénique date de 1857, aux États-Unis, bien sûr.

 

Le papier toilette a été introduit en France au début du XXe siècle. Les gens de ma génération savent que, jusqu’en 1960, le papier journal était beaucoup usité que le PQ. La ouate de cellulose l’a emporté sur le papier crêpé vers 1970.

 

 

 

 

Des toilettes (7)
Des toilettes (7)
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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 17:58

Ce très grand universitaire britannique vient de mourir à l’âge de 96 ans. Il fonda, dans les années cinquante, les cultural studies, en compagnie de Raymond Williams et Stuart Hall.

 

Il était né en 1918 dans un quartier ouvrier de la ville industrielle de Leeds. Un jour, par facétie, je lui posai la question suivante :

 

  • Il me semble que votre patronyme signifie quelque chose de franchement populaire.
  • Bien vu, Bernard, me répondit-il. Il signifie en effet « gardien de cochons ». Le peintre William Hogarth portait à l’origine le même nom que moi.

 

Hoggart perdit sa mère alors qu’il n’avait que huit ans. Il fut élevé par une de ses grands-mères dans une maison minuscule. Sa tante Ethel repéra ses capacités intellectuelles et l’encouragea à tenter le lycée. Il put poursuivre ses études grâce à diverses bourses. À l’époque, un enfant sur 200 seulement en bénéficiait.

 

En 1939, il obtient une licence en littérature anglaise à l’université de Leeds. Il fait la guerre dans l’artillerie, puis, de 1946 à 1959, enseigne la littérature anglaise dans des cours pour adultes à l’université de Hull.

 

Il publie en 1957 ce qui allait devenir l’un des livres les plus importants du XXe siècle : The uses of Literacy (publié en France en 1970 sous le titre La Culture du pauvre). Dans cet ouvrage nourri de sa propre vie, il analysait, de l’intérieur, la culture populaire anglaise, ses modes de fonctionnement, son discours, ses résistances face à la culture bourgeoise et aristocratique. Il avait voulu saisir cette culture au moment précis où la classe ouvrière accédait aux médias de masse (en en devenant peu ou prou prisonnière) et où elle s’américanisait. Cet ouvrage, à la fois érudit, touchant et profondément honnête, était celui d’un très grand moraliste, ce que crurent lui reprocher certains sociologues pur sucre.

 

Hoggart enseigna ensuite, comme maître-assistant, la littérature anglaise à l’université de Leceister (de 1959 à 1962). Il fut ensuite nommé professeur à l’université de Birmingham où il exerça de 1962 à 1973 (pas question, à l’époque, qu’un fils de prolo – il ne connut quasiment pas son père mort de brucellose – soit recruté à « Oxbridge »). Il y fonda en 1964 le Centre d’études des cultures contemporaines. Il fut ensuite directeur adjoint de l’UNESCO de 1971 à 1975. En 1976, il fut nommé directeur du Goldsmith College de l’université de Londres où il acheva sa carrière universitaire en 1984.

 

 

Il fut, avec E.M. Forster, l’un des témoins principaux du « procès du siècle » (pour les Britanniques) qui opposa la justice aux éditions Penguin lorsqu’elles publièrent L’amant de Lady Chatterley. Face à un procureur qui osait affirmer qu’il ne permettrait pas à sa femme ou à sa bonne de lire un tel livre, Hoggart démontra de magistrale manière que, malgré l’usage répété du verbe fuck et malgré une ou deux scènes de sodomie, la valeur artistique du livre était considérable. Il expliqua par ailleurs, ce qui en surprit plus d’un, pourquoi D.H. Lawrence était en fait un … puritain. Penguin eut gain de cause (j’ai relaté cet épisode insensé de l’histoire de la justice britannique dans mon livre Censure et libertés au Royaume-Uni).

 

Son humour était aussi chaleureux que cinglant. Sa compagnie était une merveille.

 

Il eut la grande gentillesse de préfacer mon livre sur Orwell et d’y écrire deux ou trois choses que je ne méritais pas.

 

Richard Hoggart a beaucoup compté pour moi.

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture
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