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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 15:13

http://media.paperblog.fr/i/132/1326764/cuisine-italienne-histoire-dune-culture-L-4.jpegLorsque l’on séjourne dans un hôtel en pension complète pendant quelques jours, on vit des moments passionnants au moment des repas.

 

Il y a d’abord le fait qu’avec les autres clients, on se regarde, ou on ne se regarde pas. C’est comme dans la vie de tous les jours, mais avec une plus grande urgence : on accroche ou on n’accroche pas. On ne saurait expliquer le pourquoi du comment. Quand, de plus, on est loin de chez soi, entouré d’autochtones et d’étrangers, on manque de repères. On éprouve beaucoup de difficultés à savoir qui est qui, qui fait quoi.

 

Alors, en particulier pour meubler le temps entre les plats, on regrette de ne pas avoir été romancier ou scénariste, et l’on invente des vies pour nos voisins d’infortune. Du délire à l’état pur, des élucubrations qui ne servent strictement à rien, un vif sentiment de honte si l’on a l’occasion de vérifier que l’on s’est complètement trompé. Notre seule consolation est alors de se dire que l’Autre est un ennemi pour nous car il s’est également adonné aux mêmes âneries que nous, à notre égard.

 

Dans cette salle de restaurant, une tablée de Slovènes. Mes premiers Slovènes. Ils sont huit : papa, maman, une sœur de maman et cinq enfants de dix à dix-huit ans. Le père et ses deux fils ressemblent étrangement au roi Ottokar d’Hergé. Quant aux femmes, croyez bien que la honte m’habite, mais je dois dire qu’elles sont toutes « baducs ». Est-ce une caractéristique slovène ? Datant d’avant ou d’après la chute du Mur de Berlin ? Sans cette chute historique, je n’aurais en tout cas pas connu ces chutes de rein. Nous décidons donc de les appeler les Cubains. Après tout, ils sont citoyens d’un pays qui fut autrefois socialiste. Ils parlent italien mais se confinent dans leur bulle familiale. On ne tirera rien d’eux.

 

Juste en face de nous, une splendide gazelle noire. Comme je connais assez bien l’Afrique de l’Ouest, je l’imagine sénégalaise. Dans les faits, elle appartient au peuple lebou, originaire de Dakar. Elle est noire comme charbon et mesure un bon mètre quatre-vingts. A sa gauche, sa petite fille, métis, dans une chaise pour enfant. Lui faisant face, une Italienne très laide d’une cinquantaine d’années. Les maris de la splendeur et de sa belle-mère doivent être au travail. Par le biais de la gamine, nous lions conversation. La gazelle, parfaitement bilingue français-italien, est un ancien mannequin qui s’est reconvertie avantageusement en épousant une agence de mannequins appartenant au père de son mari. Elle nous explique qu’en ce moment, c’est vraiment la crise (je pense en mon for intérieur que Carlita est partie au bon moment) et que, pour la première fois depuis trente-six ans, il n’a pas été possible de verser leurs salaires aux employés.

 

-        Les employés ont menacé de faire grève, nous dit-elle. Alors, on a fait comme en Afrique : on leur a dit « fort bien, on vous donne votre mois et vous déguerpissez ». Du coup, ils sont restés.

 

C’est vrai, quoi ! Des employés à 1000 euros par mois ont une trésorerie. Mais pas des patrons qui brassent des affaires depuis trente ans et plus et qui roulent en Cherokee. La gazelle a beaucoup baissé dans notre estime. Je me suis demandé si j’allais lui parler de Togliatti.

 

Il y a ensuite cette famille allemande que Mélenchon aurait aimée. Monsieur et Madame, 40 ans, un fils d’une dizaine d’années. Lui est doté d’un physique et d’une corpulence normaux. Mais il est plus flasque que la moyenne des quadras. Elle, je l’ai tout de suite surnommée Claudia Schiffer. Elle est énorme, avec des cheveux de walkyrie qui ont peut-être, autrefois, été d’un joli blond. Lui a un visage poupin d’éternel adolescent. Sa femme, c’est carrément Franz-Joseph Strauss. Ils ont pour véhicule un 4X4 Mercedes (50 000 euros). Je les ai appelés « Süd Deutsche Zeitung », du nom du quotidien de centre gauche allemand. De même que certains surfent toute la journée sur internet, Monsieur lit son journal du début jusqu’à la fin, et cela lui prend quatre ou cinq heures. Quant à elle, sa lecture unique consiste en romans de gare. Leur gamin les regarde et attend que ça se passe. Mélenchon adorerait cette famille qui compte moins d’enfants que d’adultes.

 

La famille du géant n’est pas mal non plus. Des Allemands également. Le père mesure 2m20. Il est admirablement proportionné, donc sa haute taille est naturelle. Sa femme doit mesurer 1m58. Je fantasme sur les jeux érotiques que cette différence (ce différentiel, comme on dit maintenant) peut engendrer. Avec eux, deux ados de sexe féminin. Leur fille qui, à quinze ans, mesure déjà 1m80, et une jeune Etatsunienne, en séjour linguistique j’imagine, qui ne parle ni allemand ni italien. Ces deux nanas traversent un fort moment hormonal. Ce n’est donc que gloussements, rires et sourires en coin à l’adresse des serveurs qui n’en ont pas grand-chose à cirer.

 

Un mot sur « Do et Frédo ». Pour des raisons familiales sur lesquelles je ne saurais m’étendre, c’est ainsi que je les ai surnommés. Deux Italiens. L’élément mâle a trente-cinq ans. Il est bien bronzato (comme disait Berlusconi d’Obama). L’élément femelle a vingt-cinq ans. Tout à fait bianca. Discrètement, ils se taquinent : et que je te cache la salière, et que je t’asperge la chaise. Eux aussi s’intéressent aux serveurs, qui n’en ont pas plus à cirer que des deux lolitas parce qu’ils trouvent leur bonheur à la discothèque locale.

 

Une cliente d’une bonne soixantaine d’années me fait pitié. Pas seulement parce qu’elle est seule (situation  unique dans cet hôtel-restaurant très pension de famille), mais parce qu’elle s’acharne à se composer un personnage. Tantôt elle s’installe furtivement, comme si de rien n’était, « naturellement », avec l’air de dire : « ne vous occupez pas de moi, tutto va bene » ; tantôt elle se meut avec componction, avec une majesté qu’un tic à la commissure droite des lèvres neutralise. Ce tic fut-il rédhibitoire dans sa quête des hommes ? Le soir, elle quitte l’hôtel et marche trente minutes en faisant le tour du quartier. Puis elle monte dans sa chambre. Bref, elle est seule et c’est insupportable.

 

Je ne saurais oublier « Jean-François Kahn ». C’est ainsi qu’on l’a appelé parce qu’il est le sosie du journaliste. A lui et à sa femme, il aura fallu trois jours pour se dérider, alors qu’il fréquente cet établissement depuis dix ans. Nous découvrons qu’ils sont lorrains. Puisque je suis dans le stéréotype depuis le début de ce texte et que j’ai tous les droits, je pose cette grave question : tous les Lorrains sont-ils aussi glaçons et balais dans le cul que « Jean-François Kahn » et Madame ?

 

Et puis, il y a la manager allemande. Tous les jours, à 13 heures 35, après le repas, elle relève son courrier électronique à l’ordinateur commun de l’hôtel. Je m’étonne qu’une femme aussi précise et organisée ne dispose pas de son propre matériel. Elle a sûrement tout ce qu’il faut dans sa chambre mais sa psychorigidité l’amène quotidiennement dans ce coin.

 

La seule tablée avec laquelle j’ai vraiment sympathisé était constituée d’un grand-père de 56 ans et de son petit-fils. Un Français en fauteuil roulant et un gamin de 13 ans que mes filles ont tout de suite trouvé « craquant ». Je découvris que, très bon joueur de guitare et de piano, ce handicapé avait été sélectionné aux jeux paralympiques de 1976 en escrime. Peu de temps après avoir été frappé à l’âge de 18 ans par une polio alors qu’il avait été vacciné (trois cas par an en France, me dit-il). Il a résolu de prendre la vie du très bon côté. Il travaille dans une banque. Il donne des concerts de rock à un niveau quasi professionnel. Son petit-fils l’adore car il a, à l’évidence, établi une relation très riche avec lui.

 

Un septuagénaire de petite taille, discret, que je n’avais pas remarqué. Ma fille me dit qu’il s’agit d’un savant. Pourquoi donc, demandé-je ? Parce qu’il lit des livres écrits petit. Il lit ou écrit, du matin au soir. Je le vois ancien professeur à l’université de Bologne, autrefois collègue d’Umberto Eco. Après une brève enquête, je sais tout. Il est effectivement de Bologne, mais médecin et psychanalyste. Depuis toujours, il fait des recherches pour soigner par l’homéopathie et non par des remèdes traditionnels. Je regrette que mon italien quasi nul m’empêche de profiter de la science et de l’expérience de ce savant.

 

Il n’y a pas que les Sénégalo-Italiennes abreuvées de libéralisme montien qui constituent la nouvelle Europe. A côte de ma table : papi, italien ; mamie, norvégienne parlant parfaitement l’italien ; leur fille, de nationalité norvégienne, parlant italien, norvégien, français, anglais ; le gendre, suédois, parlant un peu de tout ; un petit garçon parlant italien, norvégien, suédois et français car il fréquente une crèche de Bruxelles.

 

Je me dois de terminer par Vampirella. Elle nous vient directement d’Amarcord. Un phénomène (j’ai dû expliquer le sens de ce mot à mes filles qui ne perdent jamais une occasion de s’instruire), un monstre. 130 kilos de laideur, la petite cinquantaine. Un chignon qui part dans tous les sens, des yeux dont le maquillage outrageux et outrancier ne parvient pas à cacher que cette personne trimballe une pharmacie d’antidépresseurs aussi grosse que son ventre. Elle est accompagnée de sa fille d’une vingtaine d’années, qui n’en est tout de même pas à ce stade de relâchement même si elle n’est guère avenante, et d’un récent quadra. Je me dis que, d’une manière générale, sous Berlusconi, les Italiennes n’ont pas maigri. Une question me taraude : dans ce trio, qui couche avec qui ? Je pense d’abord que le quadra est le compagnon de la jeune femme. Mais je découvre Vampirella papouillant son « gendre » à la piscine. Gendre qui porte une alliance contrairement à sa « femme ». Alors, nous ne sommes peut-être plus dans du Fellini mais dans un film avec Sordi. J’imagine que le « gendre » a quitté provisoirement sa très belle femme pour venir contenter ces deux horreurs, contre rémunération et par tératophilie.

 

5485.jpg

 

Dans cette salle de restaurant : pas un Anglais (à la plage, les annonces sont faites exclusivement en italien et en allemand). Les riches Grands-Bretons vont à Moustique, les pauvres à Blackpool-les-Flots. Pas un Belge. Pas un Néerlandais. Beaucoup d’Allemands. Mais on me dit que les Tudesques désertent progressivement le côté italien de l’Adriatique pour l’ancienne Yougoslavie. Sans parler de ceux qui font le grand saut vers les hôtels de luxe à bas prix de l’Albanie. Sacré Enver Hodja ! Comme si les réseaux occultes (en italien : maffie) qui tiennent son pays avaient surgi de manière spontanée après la chute du Mur de Berlin.

 

Le patron du restaurant est très sympathique. C’est un Napolitain d’origine espagnole. Sa femme enseigne le catéchisme.

 

Une dernière petite remarque qui signifie peut-être plus qu’il n’y paraît : chez les adultes de moins de quarante ans, ceux qui ne portent pas de tatouage sont désormais une petite minorité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 10:31

http://www.philippecarrese.com/wp-content/gallery/dessins-divers/massage.jpgIls le font un tout petit peu exprès à La Dépêche du Midi !

 

“ Le kiné de Montcuq avait les mains baladeuses ”. Même pas l’excuse d’une contrepèterie. D’accord, le kiné, trentenaire n’était pas diplômé et exerçait donc illégalement. Mais Morano, elle avait un diplôme de députée ? D’accord ce pseudo kiné était soupçonné de « graves agressions sexuelles sur une mineure de moins de 15 ans et sur des patientes adultes. » Ce n’est tout de même pas de sa faute s’il était de Montcuq. De fait, le « cuq » de Montcuq signifie « mont ». Ils ne se sont pas foulés pour trouver un nom à leur village, les Moncuquois !

 

Et puis, il n’a exercé que trois jours (du 8 au 10 août 2011). Ça n’a pas dû être bien formidable, les balades manuelles. D’autant que, dès septembre, il est allé exercer illégalement dans les Deux-Sèvres (à Faye-l'Abbesse? Notez la contrepèterie svp). Bon, d’accord, il a caressé les seins d’une mineure, mais, a-t-il argumenté, « je suis prêt à reconnaître mes responsabilités, mais on ne peut pas me prêter une intention qui n'est pas la mienne. J'ai peut-être fait preuve de négligence. Je n'ai pas accompli de palpations sadiques, dégueulasses. C'était dans un contexte où je manquais de professionnalisme ». Voilà ! C’est le contexte ! Ne jamais sous-estimer le contexte.

 

Par ailleurs, il avait un problème « lié à l’alcool ». C’est dire que, lorsqu’il massait en état de biturage avancé, il ne se rendait même pas compte de ce qu’il faisait, il n’en profitait même pas. La preuve, c’est qu’il a massé des « femmes d’un certain âge ».

 

La présidente du tribunal n’y est pas allé de main morte (sic). Considérant la circonstance aggravante d’abus de confiance, l’homme a été condamné à 3 ans de prison assortis d'une mise à l'épreuve de 24 mois et de l'interdiction d'exercer son métier pendant un an.

 

Rappelez-moi le nom de ce ministre de droite qui massait avec les pieds…

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 05:31

C'est une photo saisissante prise par Luciole. Quel a été le long chemin de cette personne jusqu'à ce banc ? Peut-elle encore rêver ? Peut-elle encore vivre ?

 

 

 

Montreuil 007.JPG

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 14:27

http://www.artactif.com/bdd/oeuvre/g_69255.jpgEntre la Bourgogne et Paris. En face de moi, un type au visage en lame de couteau. Il somnole, mais on le sent aux aguets. Je me mets à fantasmer qu’il s’agit d’un proxénète serbe. Son portable sonne. Il décroche et se met à parler fort. Je ne connais pas la langue serbe, mais je peux la reconnaître. Gagné ! C’est un Serbe, avec plusieurs dents en or. Je me fais mon film : il les a arrachées à des Croates qu’il a torturés. Je ne comprends pas ce dont il parle, mais avec une grande assurance, il donne des ordres brefs, comminatoires. On sent qu’à l’autre bout de la communication, la personne ne peut pas répondre. Il raccroche et somnole de nouveau.

 

À côté de lui, une femme noire d’une quarantaine d’années. Son visage est dur. Son portable sonne. Pas plus que le Serbe, elle n’a la courtoisie d’aller converser dans le sas. Son français est très fluide, très rapide au point qu’elle avale une voyelle sur deux. Elle donne une bonne dizaine de consignes à son correspondant. Des consignes banales. Là non plus, pas de discussion possible. Aucune chaleur. Dans sa main droite, une Bible portable, dans un étui en cuir rouge, qu’elle continuera de dévorer jusqu’à sa destination.

 

De l’autre côté de la rangée, un Français, blanc, d’une quarantaine d’années. De nature anxieuse. L’intérieur de ses oreilles est rouge d’eczéma. Dans la passagère qui lui fait face, il vient de retrouver une vieille amie, par le plus grand des hasards. Elle est noire, je pense d’origine camerounaise. Elle sourit volontiers à chacune des phrases de son interlocuteur. Je suis absolument persuadé qu’ils ont vécu quelque chose ensemble. Lui est intermittent du spectacle, dans la production. Il sort de son sac une mince brochure en quadrichromie avec les derniers spectacles qu’il a montés. Elle est admirative, emballée. Comme si de rien n’était, il pose sa main droite sur la cuisse gauche de cette femme qui l’admire. Elle se raidit un tiers de seconde et demande : « Ta femme et tes enfants vont bien ? ». « Tout baigne », répond-il. Il laisse sa main sur la cuisse mais il sait qu’il ne doit pas aller plus loin. En gare de Melun, il nous quitte. Ils se reverront.

 

Je devrais prendre le train plus souvent.

 

*En illustration : un tableau de Linda Mouffadil.

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 06:13

http://dreamindemonwp.dreamindemon.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/Carlos-DeLuna-Wrongly-Executed-For-Another-Mans-Crime.jpgEn l'occurrence, est-ce ainsi que les hommes meurent ? Au Texas, un État qui exécute à tour de bras. Y compris des innocents.

Philippe Bilger, pour Marianne.fr, revient sur l'exécution en 1989 de Carlos de Luna qui eut l'infortune de ressembler à un autre Carlos, meurtrier de Wanda Lopez, une jeune mère célibataire hispanique, poignardée dans la station-service où elle travaillait. Il fallut une enquête de cinq ans d'un professeur de droit et de ses étudiants pour révéler les tenants et les aboutissants de cette fâcheuse méprise.

Les auteurs ont identifié les « nombreuses erreurs, les indices perdus, les occasions manquées qui ont conduit les autorités à accuser de Luna de meurtre, malgré les preuves non seulement qu'il n'avait pas perpétré le crime mais qu'un autre individu, Carlos Hernandez, l'avait commis », souligne leur enquête de quelque 780 pages. Le rapport, intitulé « Los Tocayos Carlos: Anatomy of a wrongful execution » (Les sosies Carlos: anatomie d'une exécution arbitraire) , a refait l'enquête, près de 30 ans après les faits.

 

 

L'enquête a permis d'établir que Carlos Hernandez était un sosie du premier, qu'il demeurait dans la même région, qu'il avait un casier judiciaire chargé avec notamment des agressions et un vol à main armée. Son passé judiciaire n'a jamais empêché qu'il soit traité étrangement par les autorités du Texas avec indulgence.

 

Le comble, c'est que Carlos De Luna n'avait pas cessé de protester de son innocence tandis qu'Hernandez à plusieurs reprises a avoué être l'auteur de cet homicide. Incarcéré à nouveau en 1996, ce dernier est mort en 1996.

 

Ces deux hommes se ressemblaient tellement que même leurs proches les confondaient. Le jour des faits cependant, un témoin avait fourni un signalement vestimentaire et physique - moustachu et une chemise grise- qui correspondait à Hernandez mais non à De Luna: rasé, avec une chemise blanche.

 

La certitude de l'existence dans le même secteur de ces deux jeunes gens si similaires d'apparence n'avait pas dissuadé le procureur, lors du procès, de prétendre «qu'Hernandez n'est qu'un fantôme né de l'imagination de DeLuca».

 

Les deux sont morts mais l'un dans la honte, en ayant réclamé justice sans l'avoir jamais obtenue, l'autre en se sachant coupable mais en n'étant pas cru.

 

Le défaut de conscience, de vigilance, de compétence, quelle catastrophe!

 

Mais la peine de mort, quelle horreur !

 

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 13:50

 

Comme des millions de téléspectateurs, je viens d’assister à la télévision à une scène assez étrange : l’apparition de Carla Bruni au bureau de vote du XVIe arrondissement, où elle et son mari allaient remplir leurs devoirs de citoyens français. Un mot sur lui : il était égal à lui-même, c’est-à-dire toujours aussi incorrect, aussi peu présidentiel. On le vit en effet se passer longuement la main dans les cheveux, qu’il avait à peu près propres, juste avant de la tendre au responsable du bureau.

 

Quant à elle, quel tableau ! Des cheveux gras, pas lavés depuis huit jours, des cuisses de mamma bien moulées dans un pantalon à deux balles, une veste informe, une espèce de maillot cachant mal un bon ventrounet bien flasque.

 

Qu’aurait tiré de cette apparition le grand Roland Barthèssss (comme dit le kleiner Mann) ? Que signifie ce délabrement chez une professionnelle de l’apparence ? Je me perds en conjectures face à cette conjoncture.

 

Lecteur sarkozyste (je dois bien en avoir un), aide-moi !

 

PS : On me dit que DSK a glissé son bulletin dans la fente et que l'urne était consentante !

 

PPS : Au moment précis où j'écris ce petit texte (14h50), nous sommes des millions à connaître les premiers sondages de sortie des urnes. 

 

 

Nicolas and Carla Sarkozy

 

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 15:05

Toujours Luciole, bien sûr ...

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 14:03

Une de mes amies m’écrit ceci :

 

« Ci-dessous un petit échange avec ma tante (sœur aînée de mon défunt père) qui confirme une histoire que je croyais sortie de mon imagination : c'est mon grand-père paternel, Maurice V., commandant de gendarmerie, ex-prisonnier de guerre, que je n'ai jamais connu puisqu'il est mort à 53 ans (deux ans avant ma naissance), qui a conduit Pétain à sa première prison, dans les Pyrénées, au Fort du Portalet, en août 1945, juste après le jugement de celui-ci et sa condamnation pour haute trahison et pour tout ce qui s'en est suivi d'abominations au cours du sinistre régime de Vichy.

 

Ma grand-mère m'avait aussi bien souvent raconté que, bien qu'entretenant le jour des rapports nécessairement corrects avec la Kommandantur locale, mon grand-père partait parfois des nuits entières porter des informations aux résistants dans les montagnes toutes proches d'Oloron Sainte-Marie (qui était en zone occupée, comme Bordeaux) où il était en poste. 

 

Un petit moment d'histoire familiale, petite parcelle de la grande Histoire. Cela ressemble sans doute à beaucoup d'autres, mais il importe de collecter de tels fragments, de ne jamais oublier.

 

Oui papi avait conduit Pétain au Portalet en fourgon blindé. Nous étions présents puisque le Convoi s'est arrêté devant l'église Notre- Dame à Oloron . C'et alors que  papi l'a pris en charge et l'a conduit au Pourtalet. C'était assez impressionnant. »

 

http://madatana.com/colline/ambohimanga/ranavalona-III.jpgCette histoire a réactivé chez moi un vieux souvenir. Le seul de mes quatre arrière-grands-pères que j’ai connu a, durant son service militaire, gardé en prison pendant quelques semaines, la dernière reine de Madagascar Ranavalo III (link). En 1897. Mon aïeul avait 27 ans. Il nous disait, dans son accent picard à couper au couteau, que la seule personne noire qu’il ait jamais rencontrée était une reine ! Il était de Bonnières, dans l’Oise. Tout près, dans le petit village de La Neuville-Vault (L'Neuville-Weu, comme on dit là-bas), résidait le grand poète Philéas Lebesgue (link). Lui et mon aïeul avaient des champs mitoyens. Ils avaient quasiment le même âge. Philéas, qui se vivait comme un paysan poète et non comme un poète paysan, considérait mon arrière-grand-père Demarseille comme son collègue. Un collègue presque illettré qui ne put jamais savourer la beauté de la poésie de son voisin. Philéas Lebesgue eut la gentillesse de nous accueillir, mes parents instituteurs et moi-même (âgé d’environ 5 ans) à deux ou trois reprises chez lui. Je me souviens de l’âtre (visible ici link) de la salle à manger et de sa grande barbe blanche. C’est à peu près tout.

 

http://a7.idata.over-blog.com/0/30/38/90/p.lebesgue.jpg

 

De Lebesgue, j’aime bien ceci :

La bicyclette

 

 

Toi, tu me plais.

Tu es agile,


Tu es fine et nerveuse

Comme l'hirondelle et comme les chevreuils;

Tu franchis vallons et collines;

Tu es ivre du moindre rayon de soleil matinal;

Tu es heureuse d'être libre,

Et de fuir par la campagne.

Souple et vive

Tu bois l'espace!...

Tu me plais, et je veux que tu sois ma compagne;

Avec tes muscles d'acier,

Tes roues

Qui agrippent le gravier,

Tu t'élances sur la route :

Les pierres du sentier

N'arrêtent point ta course,

Ni le clair filet d'eau qui jaillit de la source,

Ni les feuilles mortes des bois,

Ni la pelouse....

Je te vois jaillir de la forge,

Métal brûlant et rouge aux reflets bleus;

Je te vois peu à peu prendre forme....

Que le mécanicien ajuste la brasure ;

Qu'il tende tes rayons de la jante au moyeu;

Qu'un féal cortège de billes

Arme contre l'usure

La tige

De chaque essieu;

Que chaque écrou, d'un tour de clef habile,

Prenne sa place la plus sûre,

Et que le pédalier soit bien réglé de jeu!

Or le voici bien d'aplomb et gracile,

Avec son nickel qui brille,

Et où le soleil fait feu !

Te voici comme un jeune oiseau qui rêve :

L'air entassé captif en la prison des pneus

Te soulève!

A l'homme maintenant d'avoir du cœur!...

 

Et ceci :

 

Mon père

 

Mes pas dans les tiens, mon Père,

Etouffent leur bruit mou, ce soir,

Dans la bruyère

Où tu vins si souvent t’asseoir,

Pour y bercer ton rêve austère ;

Mes pas dans les tiens,

Mon père, Je me souviens...

Voici le ruisseau, mon Père,

Où nous buvions, loin des regards,

La belle eau claire ;

Voici la prairie aux grisards ;

Voici le sentier aux fougères.

J’entends le ruisseau, Mon Père,

Dans un sanglot...

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 13:47
J'aimerais tant marcher deux heures en sa compagnie...

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 05:44

http://www.rfi.fr/actufr/images/086/hospital_pointenoire432.jpgEn temps réel, on pourrait être 100000 chaque jour à apporter un témoignage comme celui qui suit.

 

Une de mes amies, âgée de 80 ans subit une opération au pied. Pas gravissime, mais c’est embêtant : il y a plein d’os et le pied, ça fait toujours mal une fois qu’on a été opéré. 36 heures après l’opération, ils la virent. Manque de place. Elle est peut-être rentrée chez elle à cloche-pied.

 

 

En ce moment, à Marseille comme ailleurs, c’est le printemps. La nuit qui a suivi l’opération, mon amie a découvert qu’elle dormirait sans couverture. Non seulement, elle a eu très mal au pied cette nuit-là, mais en plus elle s’est bien gelée. Cette opération avait été repoussée d’une semaine, à cause d’une panne dans le service.

 

 

Un dernier pour la route. Je ne donne pas le nom de l’hôpital car il y a eu mort d’homme. Le père d’une amie. 82 ans. Vit en maison de retraite avec un léger Alzheimer. Il fait une mauvaise chute. Le responsable de la maison de retraite le fait transférer à l’hôpital le plus proche. Le service d’urgence est débordé. Après plusieurs heures, notre homme est soigné. Dans les règles. Comme l’univers hospitalier est pour lui très anxiogène, il s’énerve, panique quelque peu. On lui administre une forte dose de calmants. Forte, mais normale. Sa fille, pharmacienne, est présente et le constate. Au lieu de le garder en observation 48 heures, ce qui aurait été le cas avant que le kleiner Mann ne s’occupe de l’hôpital public, on le renvoie à la maison de retraite. Il est alimenté, mais il ingère mal la nourriture qui passe par le mauvais tuyau. Comme il est sous calmants, il ne réalise pas bien ce qui se passe et ne réagit pas, par exemple en se mettant debout, en toussant, en se faisant vomir. Il défaille. On le renvoie à l’hôpital où il meurt peu de temps après d’une pneumopathie.

 

PS : Pendant ce temps, Bertrand, le ministre de la Santé continue de favoriser les médecins scélérats qui s'engraissent et de tuer à petit feu les mutuelles. Je cite Marianne.fr :

 

Avec la plus grande des discrétions, le ministre vient de faire publier au JO un décret et un arrêté instaurant l'option de coordination renforcée qui oblige les assureurs et mutuelles à rembourser aux patients des dépassements d’honoraires plafonnés à 50 % au-dessus du tarif Sécu en ce qui concerne il concerne trois spécialités : la chirurgie, l’anesthésie-réanimation et la gynécologie-obstétrique 

Vers un grand krach sanitaire ? 

C'est assez probable dans la mesure où après le doublement de la taxe sur les contrats de santé solidaires et responsables des complémentaires santé, qui devrait, selon la Mutualité française, entraîner une hausse des tarifs de 4,7% en moyenne en 2012, on voit mal les assureurs et mutualistes ne pas répercuter, une fois de plus, la nouvelle obligation de remboursement ! 

Quelle efficacité sur la hausse permanente des dépassements d'honoraires ? 

Visiblement aucune expliquent les organisations de consommateurs qui expliquent : « (...) les médecins pratiquant de gros honoraires en secteur 2 avec une bonne clientèle n'ont aucun intérêt à passer dans le secteur optionnel. Quant à ceux qui dépassent peu vont augmenter leurs prix puisqu'in fine, le dépassement sera pris en charge par les mutuelles (...) » 

Ce que la Mutualité française qualifie, à juste titre, comme un formidable effet d'aubaine ! 

Plus précisément détaille Le Monde, cité par la Mutualité française : « (...) Avec ce dispositif, les mutuelles et les associations de consommateurs craignent que dans les grandes villes et les régions où les dépassements d'honoraires sont élevés (Paris, Paca, Rhône-Alpes…), le plafond de 50% du tarif opposable ne soit trop bas pour attirer les candidats, et que dans les zones où les tarifs du secteur 2 étaient peu élevés, les médecins ne soient tentés d'augmenter leurs prix jusqu'à 50% (...) » 

Ajoutons à celà, que Selon Le Monde : « (...) le ministre de la Santé ne compte pas s'arrêter là et pourrait faire publier, avant la présidentielle, un nouveau décret, qui obligerait cette fois les complémentaires à prendre en charge les dépassements plafonnés à 20% des autres spécialités (...) » 

Conséquence 

Une nouvelle pénalisation de la santé des français qui ne disposent pas de complémentaire santé que UFC Que Choisir chiffre de façon précise : « cela signifiera que les 4 millions de Français dépourvus de complémentaire devront assumer seuls le poids écrasant de ces nouveaux dérapages tarifaires » 

Face à cette décision de Xavier Bertrand, les syndicats de salariés et la Mutualité française réclament : 

« un strict encadrement des dépassements d’honoraires comme première mesure d’urgence ;
- L’ouverture immédiate de négociations avec l’ensemble des acteurs concernés pour fixer une juste rémunération des actes médicaux » 

Mais il est plus que probable, compte tenu de l'urgence avec laquelle cette mesure a été prise, que le ministre reste sourd à ces demandes et préfère sacrifier la santé d'au minimum 4 millions de français, afin d'obtenir le vote massif du corps médical pour le président candidat ! 

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