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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 08:36

 

 

 

 

 

 

 

La photo date de 2008. L'inénarrable Kouchner s'enthousiasme : "À travers nous, près de 800 millions d'êtres humains se retrouvent en paix ; à travers nous, un rêve est en passe de se réaliser".

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 08:15

Par Sejo Vieira, pour Le Grand Soir

 

Actuellement, des 5 millions 8 cents mille actifs, presque 3 millions sont des précaires ou travaillent irrégulièrement pour des salaires de qui peuvent descendre à 2 euros de l’heure. Des 900 mille chômeurs, 750 mille ne reçoivent aucune allocation de chômage. On répertoria plus de 3 millions de personnes dont les revenus se situent entre 7 euros et 15 euros par jour.

 

Depuis fort longtemps, les alertes et les critiques prédisaient la mort de la nation. La stagnation de l’économie portugaise commença longtemps avant l’éclatement de la crise actuelle. Ayant été un des pays où la CEE injecta plus d’argent per capita, le Portugal est celui qui profita le moins de cette manne. Pendant les vingt-six années d’« aides » reçues afin de le préparer et adapter aux exigences de la communauté européenne, les fonds furent entièrement dilapidés au fur et mesure qui entraient dans les coffres de l’État. Ils servirent, essentiellement à créer une classe de parasites qui firent main basse, en toute impunité, sur des sommes colossales.

 

 

 

 

Les fonds structurels d’aide au développement eurent comme contrepartie l’endettement des gouvernements portugais auprès des banques du centre de l’Europe (Allemagne, Benelux et Autriche). En effet, le financement des fameux projets, élaborés par Bruxelles obligeait le Portugal à participer avec des fonds propres (entre 15 et 25% de la totalité) obtenus, évidemment, à des taux usuraires. Une manière très astucieuse d’amener le pays à s’endetter auprès des banques. À peu près 121 milliards d’euros (41% de la dette actuelle portugaise) proviennent de ces emprunts.

 

Avec un des PIB le plus bas de l’Europe et une dette souveraine très préoccupante, la crise mondiale ne pouvait qu’aggraver la situation économique et sociale du Portugal.

 

Faute d’élites compétentes et honnêtes, tout le long de ces années de « démocratie », les portugais ne purent forger les armes nécessaires pour affronter, efficacement, les économies avancées de l’Europe. Et, du fait de son entrée dans l’Union Européenne, en 1986, le Portugal dut abandonner un grand nombre de secteurs productifs essentiels, modestes mais capables néanmoins de relancer sa capacité exportatrice et d’assurer à son peuple un minimum d’autosuffisance. Presque tout l’essentiel à la survie de ses populations est, depuis lors, importé des autres membres de l’Union Européenne.

 

Lire la suite ici.

 

Lire également ceci sur la situation des enfants portugais.

 

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 14:12

Publiant toujours le bon article au bon moment, Le Grand Soir revient sur le discours totalement mensonger de la classe dirigeante sur les retraites.

Moi, ma grand-mère, elle a vécu pendant des années de la réversion de la pension de son mari, instituteur. Modestement, mais décemment. Elle est morte en 1988. Il y a un siècle à l'échelle solférinienne.

 

Contrairement à la propagande du capital, la part du salaire actif et celle des investissements augmentent. La population augmente beaucoup moins vite que le PIB...

 

Ça fait bien longtemps que je suis à la retraite, tu sais ! Je plains les jeunes d’aujourd’hui qui vont avoir bien du mal ! Tu crois vraiment qu’ils vont supprimer la retraite par répartition ?

 

Pas tout à fait. Margaret Thatcher a essayé de convaincre les ouvriers anglais de cotiser à des fonds de pension, mais ils n’y ont pas cru. Ceux qui pouvaient économiser ont acheté des maisons. Pour le capital, ce n’est pas le bon circuit. Cette tentative a convaincu les intellectuels du capital que, pour développer les fonds de pension, il faut maintenir, a minima, une retraite par répartition. Ils la veulent trop faible pour vivre, une sorte de minimum vieillesse. D’après leurs calculs, les fonds de pension comme complément à la retraite sont plus convaincants pour les salariés que s’ils représentaient la principale source de revenus. Bernard Friot explique ça dans son livre « L’enjeu des retraites ». Je vais tout à l’heure te citer des chiffres, c’est de ce livre que je les tire.

 

 

Mais tu vois bien qu’il y a de plus en plus de retraités, et que les gens vivent plus longtemps qu’avant ; alors forcément, les retraites vont coûter de plus en plus cher. Il faut bien une solution !

 

C’est vrai, le poids des pensions va s’accroître dans les années qui viennent. Mais il n’y a aucune inquiétude à avoir. Regarde : en 1950, les pensions représentaient 5 % du PIB. En 2000, elles en représentent 13 %. On estime qu’en 2050, ce devrait être environ 18 %. Mais le PIB lui-même double tous les cinquante ans ! Donc en 1950, le PIB était de 1.000 milliards d’euros : 50 pour les pensions (5 %), 950 pour les salaires, les investissements et les profits ! En 2000, il était de 2.000 milliards d’euros, soit 260 milliards pour les pensions (13 %) et donc 1.740 milliards pour le reste. En 2050, le PIB sera de 4.000 milliards d’euros dont 720 milliards pour les pensions et 3.280 pour le reste. Tu vois que, contrairement à la propagande du capital, la part du salaire actif et celle des investissements augmentent. La population augmente beaucoup moins vite que le PIB : on était 42 millions en 1950, on est 65 millions aujourd’hui, on sera sans doute environ 70 millions en 2050.

 

 

La suite ici.

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 09:12

Cette question qui revient en ce 30 août 2013 dans la presse : qui va vraiment payer pour la réforme des retraites ? Libération a refait les comptes, et dénonce une manipulation...



 

"La grosse manip", c'est le gros titre de Libération... Le quotidien rappelle l'une des promesses de François Hollande : ne pas toucher aux petites pensions. Pourtant, selon Libération, tous les retraités, même les plus modestes, même les bénéficiaires du minimum vieillesse, seront concernés et vont bel et bien perdre du pouvoir d'achat.

 

Explication : le décalage de la date de revalorisation des pensions. Date déjà reportée depuis 2009 du 1er janvier au 1er avril. Avec la nouvelle réforme, la date de revalorisation va passer au 1er octobre. Officiellement comme l'affirme Jean-Marc Ayrault, un simple "décalage"...

 

 

Pas vraiment souligne Libération : la mesure reviendra concrètement à priver les retraités chaque année de la revalorisation de six mois de pensions.

 

Exemple : l'an prochain, avec une inflation à 2 pour cent, un retraité avec une pension de 1200 euros par mois touchera 144 euros de moins. Même chose l'année suivante.

 

Une mesure loin d'être indolore, et loin d'être négligeable : elle devrait même contribuer de façon importante à l'équilibre recherché pour 2020, en rapportant 600 millions d'euros dès l'an prochain et 1,4 milliard en 2020.

 

Source : le blog de Diablo.

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 07:30

Par David Swanson 

 

À la une du Los Angeles Times, le titre suivant: «Les États-Unis se préparent à l’éventualité de frappes de représailles contre la Syrie », bien que la Syrie n’ait attaqué, ni les États-Unis, ni aucun de ses territoires occupés, ou aucune de ses forces impériales, et n’ait aucune intention de le faire.

 

Comme le dit l’article:

 

« Le Président n’a pris aucune décision, mais le sujet a été abordé à très haut niveau, tandis qu’au même moment le Pentagone reconnaissait avoir mis en place des forces armées dans la région ».

 

Je vous prie de m’excuser, mais qui, dans cette « situation normale, c’est le bordel », a pris la décision? Le commandant en chef a-t-il simplement voix au chapitre? Est-ce qu’il lui revient de faire des discours pour expliquer à quel point attaquer la Syrie constituerait une erreur terrible, d’avoir des réunions avec des officiers du plus haut niveau, qui en sortent pour préparer des attaques contre la Syrie, avant d’entrer dans l’histoire pour s’être désengagé de sa propre politique, voire s’y être opposé?

 

Menacer d’attaquer la Syrie, et mettre une flotte en position de le faire, constituent des actes d’une grande portée, immoraux autant qu’illégaux. Le Président peut bien déclarer que la décision d’appuyer sur le bouton n’était pas la sienne, il ne peut prétendre avoir aussi peu d’influence sur les préparatifs en cours pour le faire, que sur la météo. Ou plutôt, il ne pourrait pas, si les journaux faisaient leur travail.

 

(Illégaux, parfaitement. Lisez la Charte des Nations Unies:

 

Dans leurs relations internationales, tous les Membres s’abstiendront d’avoir recours à la menace d’utiliser, ou à l’utilisation de, la force, pour porter atteinte à l’intégrité territoriale, ou à l’indépendance politique d’un état, quel qu’il soit, ainsi qu’à tout autre procédé qui contreviendrait aux Objectifs poursuivis par les Nations Unies ».)

 

Le soi-disant Ministre de la Défense a déclaré : « Il est de la responsabilité du Ministère de la Défense, de proposer au Président plusieurs choix, afin qu’il puisse faire face à toutes les éventualités », mais est-ce qu’une seule de ces éventualités concerne la défense des États-Unis? Est-ce qu’une seule d’entre elles évoque la signature d’une paix? Si tel n’est pas le cas, n’est-il pas inexact de mentionner « toutes » les éventualités ?

 

En fait, Chuck Hagel détient cette « responsabilité », uniquement parce qu’Obama lui a donné pour instruction, non pas de lui proposer tous les choix, mais tous les choix militaires.

 

Les rebelles syriens comprennent que, dans le cadre de toutes les politiques que les États-Unis sont susceptibles de mener, ils ont de bonnes chances d’obtenir des armes s’ils simulent l’utilisation d’armes chimiques contre eux, tandis qu’il y a de fortes chances qu’on ignore leur existence, comme celle de Bahreïn (Ba-qui ?), s’ils décident d’adopter une stratégie de résistance non violente.

 

D’après le L.A. Times, « Obama a également appelé David Cameron, le Premier Ministre britannique, pour discuter des évènements syriens. Tous deux sont ‘unis’ dans leur opposition à l’utilisation d’armes chimiques, selon les termes d’une déclaration que la Maison Blanche a faite à la suite de la communication téléphonique ». Oui … à l’exception du phosphore blanc, ou encore du napalm. Ces armes chimiques sont de gentilles armes chimiques, d’ailleurs le gouvernement est contre les méchantes armes chimiques, donc votre quotidien ne vous raconte aucun mensonge.

 

Qu’a déclaré Obama, sur C.N.N. jeudi dernier?

 

« Il arrive qu’on accorde trop d’importance à l’idée selon laquelle les États-Unis pourraient résoudre, d’une manière ou d’une autre, à l’intérieur même de la Syrie, un problème complexe, motivé par le sectarisme ».

 

Nan, tu crois?

 

Chris Cuomo (le fils de Mario), journaliste à C.N.N., plaida en faveur de la guerre:

 

« Plus on attend, plus il risque d’y avoir de morts, ne pensez-vous pas, monsieur le Président? »

 

Obama répliqua qu’il continuait à vérifier les dernières conneries sur les armes chimiques. Cuomo repoussa l’objection:

 

« Il existe des preuves solides qu’ils les ont déjà utilisées, même si c’était par le passé ».

 

Obama ne répondit pas à ce mensonge, se contentant de débiter une rhétorique inepte quelconque.

 

Cuomo, peut-être parce que sa soif de chair syrienne morte était un peu contrariée, se saisit du John McCainisme ordinaire. Il déclara que le sénateur McCain pense que les États-Unis perdraient leur ‘crédibilité’ si la Syrie n’est pas attaquée. (Et si le gouvernement des États-Unis devait tout à coup déclarer n’être pas une institution ayant pour but le massacre, avant de joindre l’acte à la parole – qu’adviendrait-il alors de sa crédibilité?).

 

Obama ne se laissa pas décourager, et commença à prêcher contre ce qu’il s’apprêtait à faire : « Parfois, on s’aperçoit que les gens exigent une action immédiate, ils démarrent au quart de tour, puis les choses tournent mal, nous nous retrouvons embourbés dans des situations délicates, ce qui a pour conséquence de nous entraîner dans des interventions coûteuses, économiquement autant qu’humainement, qui ne font qu’engendrer un ressentiment plus fort dans la région ».

 

Cuomo se mit à geindre, mais vous aviez promis que l’utilisation d’armes chimiques équivaudrait à franchir la Ligne Rouge !

 

Obama rétorqua qu’il fallait se soumettre à la législation internationale. (À l’intention des non-initiés : en fait, la législation internationale interdit que l’on attaque les gouvernements d’autres nations, pour les renverser – même celui de la Lybie). D’ailleurs, ainsi qu’Obama le fit remarquer, l’option militaire n’est pas la seule envisageable.

 

Ah bon?!

 

J’ai remarqué que, dès qu’Obama commence à parler avec la voix de la raison, comme ici, cela veut dire qu’en réalité il part à toute allure dans la direction opposée. Plus il passe de temps à expliquer à quel point une attaque contre la Syrie serait injuste, illégale, stupide, et immorale, plus vous pouvez être sûrs que c’est précisément ce qu’il s‘apprête à faire.

 

Telles que je les ai déjà publiées auparavant, voici les 10 raisons principales pour ne pas attaquer la Syrie, même dans le cas où les derniers mensonges en date sur l’utilisation d’armes chimiques seraient, en fait, des vérités :

 

1. Un tel prétexte ne rend pas une guerre légale. On ne le trouve, ni dans le Pacte Kellogg-Briand, ni dans la Charte des Nations Unies, ni même dans la Constitution des États-Unis. Il figure, en revanche, dans la propagande de guerre des États-Unis, millésime 2002. (Qui prétend que notre gouvernement ne fait pas campagne en faveur du recyclage ?).

 

2. Les États-Unis possèdent, et utilisent eux-mêmes, des armes que la législation internationale condamne, notamment le phosphore blanc, les bombes à fragmentation, et l’uranium appauvri. Vous pouvez faire l’éloge de ces pratiques, éviter d’y penser, ou vous joindre à moi pour les condamner, peu importe, elles ne peuvent servir de justification, légale ou morale, à une nation étrangère quelconque pour nous bombarder, ou pour bombarder tout autre nation où l’armée des États-Unis effectue des opérations. Tuer des gens, pour leur éviter d’être tués par le mauvais type d’armes, une telle politique ne peut provenir que d’une forme quelconque de dérangement mental. Appelez le trouble de stress pré-traumatique.

 

3. Si la guerre s’intensifiait en Syrie, elle pourrait s’étendre à la région, voire au monde, et ses conséquences échapperaient à tout contrôle. La Syrie, le Liban, l’Iran, la Russie, la Chine ; les États-Unis, les états du Golfe, les états de l’O.T.A.N., . . . cela ressemble-t-il au type de conflit que nous appelons de nos vœux? À un conflit qui laissera des survivants? Pourquoi diable prendre un tel risque?

 

4. La simple mise en place d’une « zone d’exclusion aérienne », ne s’effectuerait qu’au prix du bombardement de secteurs urbains, et donc, inévitablement, d’un grand nombre de morts. C’est ce qui s’est produit en Lybie, et nous avons détourné le regard. Mais en Syrie, cela se produirait sur une échelle bien plus grande, étant donnés les emplacements des sites destinés à être bombardés. Créer une « zone d’exclusion aérienne » ne revient pas à faire une annonce, mais à lâcher des bombes.

 

5. En Syrie, les deux camps utilisent des armes épouvantables, commettent des atrocités épouvantables. Je suis sûr que, même ceux qui s’imaginent qu’on devrait tuer des gens pour leur éviter de se faire tuer par des armes différentes, sont capables de comprendre ce qu’il y a de dément à armer les deux camps, afin que ces deux camps se protègent l’un de l’autre. Dès lors, pourquoi ne semble-t-il pas tout aussi dément, d’armer un camp dans un conflit au cours duquel les eux camps ont commis des exactions similaires?

 

 

Lire la suite ici.

 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 09:48

Celui qui lui tient l'épaule. Petite question pour vieux (et moins vieux) militants de la cause des indépendances de l'Afrique.

 

 

Qui est le camarade de Jacques Vergès ?
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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 06:32

 

Il est 17 heures. Une mère fait ses courses dans un grand magasin parisien en compagnie de son petit garçon âgé de cinq ans. Soudain, elle s’aperçoit que l’enfant n’est plus dans son champ de vision. Elle l’appelle. En vain.

 

Elle a le bon réflexe de se rendre immédiatement à la direction du magasin pour expliquer ce qui se passe. Dans la seconde, le directeur ordonne la fermeture automatique de toutes les issues.

 

La recherche commence.

 

Elle ne durera que quelques minutes.

 

L’enfant est retrouvé dans une cabine d’essayage en compagnie d’un homme d’une trentaine d’années qui a déjà eu le temps de raser la tête de sa victime, de lui administrer un soporifique par piqûre et de lui faire enfiler une grosse doudoune.

 

L’homme refuse de décliner son identité au directeur du magasin (il connaît ses droits) mais il vient à l’évidence d’un ancien pays communiste, plutôt méditerranéen.

 

Là-bas, on a besoin d’organes.

 

Ne jamais oublier :

 

- les mafias qui ont surgi après la chute du Mur existaient avant le Mur.

 

- Moins un système (communiste ou capitaliste) est démocratique , plus il est facile aux mafias de se développer et, pour finir, de contrôler ce système.

 

PS : Ceci n'est pas un canular

Rien à voir avec la rumeur d'Amiens, dans les années soixante, que j'ai vécue en direct live et qui, comme celle d'Orléans, n'était qu'une rumeur sur un éventuel trafic de prostituées. Je savais avec la plus grande précision de quel lycée c'était parti, et même de quelles classes. Les parents de petites nanas fantasmaient sur la réussite de commerçants juifs (deux ou trois, à tout casser), dans l'habillement, à une époque où les grandes surfaces commençaient à s'installer.
Ici, le type n'était pas Rom.

 

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 12:45

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 06:51

Professeur de sciences politiques à Londres, Philippe Marlière n'est pas du genre à se laisser abuser par le discours dominant. Dans un article au vitriol  mais aussi très rigoureux, il explique, sur son blog Mediapart, comment les grands médias français sont en train de fabriquer un Solférinien présentable pour la prochaine élection présidentielle. Marlière détaille ce à quoi Valls se "conforme".

 

Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, est politiquement insignifiant. Rien dans son parcours politique passé ou son action ministérielle présente ne justifie la position éminente qu’il occupe au cœur du gouvernement. Ses propositions sont ultra-minoritaires à gauche. Elles ont reçu le soutien de 5,7% des électeurs de gauche lors de la primaire socialiste. Comme Ségolène Royal en 2007, Dominique Strauss-Kahn et François Hollande en 2012, Valls est le produit d’un concours de circonstances.

 

Contrairement aux refrains médiatiques, Manuel Valls ne doit pas son ascension politique à son profil de « social-démocrate moderne » ; figure métonymique usée qui renvoie dans les faits à un projet antisocial et à une surenchère droitière. Le ministre n’est pas plus une « forte tête » ou un avant-gardiste de la politique. Au contraire, Valls s’applique depuis vingt ans à épouser laborieusement le prêt-à-penser médiatique de l’époque. En résumé, Manuel Valls est un conformiste. Comme le personnage principal du roman d’Alberto Moravia (porté à l’écran par Bernardo Bertolucci), Valls est l’homme de la « normalité » ; le porte-voix du discours des dominants.

 

Une stratégie personnelle

 

Manuel Valls est par atavisme un political wannabe ; celui qui se place dans la roue des puissants du moment et qui ne la lâche plus : hier Rocard, puis Jospin, ensuite Royal, brièvement Strauss-Kahn, et, tardivement, Hollande. Deuxième et Première gauche, gauche caviar, gauche New Age et gauche démocrate. Valls s’est mis au service de tout le monde, sans aucun état d’âme.

 

 

 

Si Manuel Valls accentue toujours plus sa rhétorique droitière, c’est qu’il est persuadé qu’il s’agit d’une stratégie payante. C’est le discours que ses conseillers à Euro RSCG (l’officine des socialistes losers de la présidentielle) et les sondeurs susurrent quotidiennement à son oreille. Un nombre croissant de ses collègues au gouvernement l’a compris : Valls évolue dans le champ politique au gré de ses intérêts personnels. La balise est déjà à l’horizon : Élysée 2017.

 

Car tel est bien le cœur du problème. L’improbable ascension de l’ex-maire d’Évry n’est compréhensible que si on la resitue dans le contexte de la séquence présidentielle ratée de 2012 (l’affaire Sofitel suivie de la campagne présidentielle trop centriste de Hollande qui a failli lui coûter la victoire) et le catastrophique début du quinquennat hollandais (signature du pacte budgétaire européen sans contrepartie, incapacité à imposer la taxation à 75%, abandon de la taxation sur les transactions financières, réforme néolibérale du marché du travail, réforme bancaire vidée de son contenu, affaire Cahuzac, vaine réduction de la « dette publique », et même ambiance islamophobe et anti-Roms que sous le sarkozysme avec, ici, le concours actif de Manuel Valls). Un président Hollande orienté à gauche, qui aurait décidé d’en découdre avec les marchés et Angela Merkel, n’aurait jamais confié un poste ministériel à un personnage aussi droitier.

 

Lire la suite de l'article ici.

 

Pour mémoire, je renvoie à un article que j'avais publié dans les colonnes du Grand Soir en 2010.

 

Du coup, je vais en profiter pour relire le roman de Moravia.

 

 

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 10:12

Publiée par le site Ragemag

Les décisions que j’ai prises en 2010 sont nées de mon inquiétude pour mon pays et pour le monde dans lequel nous vivons. Depuis les événements tragiques du 11 septembre, notre pays est en guerre. Nous sommes en guerre contre un ennemi qui a choisi de ne pas nous affronter sur un champ de bataille traditionnel, et de ce fait, nous avons dû modifier nos méthodes de combat contre les risques encourus qui pèsent sur notre pays et sur notre mode de vie.

Dans un premier temps, j’ai approuvé ces méthodes et j’ai volontairement choisi de défendre mon pays. Mais une fois en Irak et en lisant quotidiennement les rapports militaires secrets, j’ai commencé à m’interroger sur la moralité de ce que nous faisions. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que (dans) nos efforts pour affronter les risques posés par nos ennemis, nous en avons oublié notre humanité. Nous avons sciemment choisi de dévaloriser la vie humaine à la fois en Irak et en Afghanistan. Quand nous nous confrontions à nos ennemis, nous avons aussi tué des civils innocents. Et à chaque fois que nous avons tué des civils innocents, au lieu d’en accepter la responsabilité, nous avons choisi de nous cacher derrière le voile de la sécurité nationale et des documents classés top secret, afin d’éviter toute responsabilité publique.

 

Dans notre zèle à tuer l’ennemi, nous avons débattu en interne sur la définition de la torture. Nous avons retenu des prisonniers à Guantanamo pour une durée indéterminée. Nous avons délibérément fermé les yeux sur les tortures et les exécutions du gouvernement irakien. Et nous avons commis d’innombrables autres actes au nom de notre guerre contre le terrorisme.

Le patriotisme est souvent invoqué lorsque des actes à la morale douteuse sont défendus par ceux qui sont au pouvoir. Quand cet élan de patriotisme noie toute contestation basée sur la logique, ce sont généralement les soldats américains qui ont l’ordre de mener quelques missions mal conçues.

Notre nation, au nom des vertus de la démocratie, a eu des heures sombres similaires – La Piste des larmes, l’affaire Dred Scott, le Maccarthysme, et les camps d’internements americano-japonais, pour en citer quelques uns. Je suis convaincu que plusieurs actions menées depuis le 11 Septembre seront un jour vues de la même manière.

Comme l’a dit le regretté Howard Zinn une fois, « Il n’y a pas de drapeau assez large pour couvrir la honte de tuer des personnes innocentes ».

Je comprends que mes actions aient pu violer la loi ; je le regrette si elles ont porté atteinte à qui que ce soit ou menacé les États-Unis. Cela n’a jamais été mon intention de blesser quiconque. Mon seul souhait était d’aider les gens.

Quand j’ai choisi de divulguer des informations classifiées, je l’ai fait par amour pour mon pays et par sens du devoir envers les autres.

Si vous refusez ma demande de grâce, je purgerai ma peine tout en sachant que parfois, il faut payer le prix fort pour vivre dans une société libre. Je payerai ce prix avec fierté si cela signifie que nous pourrons avoir un pays qui soit vraiment conçu suivant le principe de liberté et dédié à la règle que toutes les femmes et tous les hommes sont créés égaux.

 

Boîte noire
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