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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 06:47

Pour que les choses soient claires, pour savoir de quel lieu je parle, comme on disait dans les AG vincennoises du début des années 70, j’indique que mon moyen de locomotion favori dans Toulouse, ce sont mes pieds. Puis le métro.

 

Un quart de Toulouse est concerné aujourd’hui par des travaux très importants qui pourrissent la vie de 50 à 100000 personnes quotidiennement. Cela dure depuis un an, cela va encore durer deux ans pour, au final, une ligne de tramway riquiqui de 3km 800 (coût officiel : 120 millions d’euros ; combien au final ?).

 

En 2011, le Tribunal administratif de Toulouse ordonna l’arrêt des travaux de ce tronçon au motif qu’ils n’étaient pas d’intérêt général, dans la mesure où la circulation automobile ne serait pas réduite de manière significative. Le Conseil d’État a infirmé cette décision.

 

Même si j’ai une ancêtre directe qui a vécu à Toulouse au XIIIe siècle (je dis cela pour mon compatriote ch’ti Guéant), même si je connais cette cité depuis 1955, je ne réside à Toulouse que depuis six ans. Il m’est donc difficile de pouvoir poser le problème en perspective, en diachronie, comme disent les linguistes. Gouverner, c’est prévoir. On ne se lance pas dans des travaux pharaoniques pour aujourd’hui ou pour demain, mais pour après-demain. Je ne saurais dire si un projet de tracé différent déposé par une association « apolitique » eût mieux convenu. Je me méfie de l’argumentaire développé par l’opposition de droite toulousaine : depuis la fin de l’ère Baudis, la droite est médiocre, au niveaux politique et gestionnaire. Je ne sais si, comme elle le dit, cette ligne ne sera jamais rentable. Mais comme je suis un chaud partisan des services publics, peu m’importe si UNE ligne, UN moyen de transport n’est pas rentable. Ce que je puis affirmer de la manière la plus catégorique et la plus tranquille, c’est que les 800 mètres empruntés par la ligne avenue de Muret ne serviront strictement à rien. En cinq ans, je n’y ai jamais vu le moindre embouteillage, même en cas d’accident de la circulation. Il faut dire que cette large avenue était desservie par deux lignes d’autobus. Lorsque le tramway y roulera, lorsqu’il poursuivra sur le pont Saint-Michel en monopolisant à chaque fois plus de la moitié de la largeur de ces voies, alors nous connaîtrons de sérieux problèmes de circulation.

 

Pour l'heure, l'Avenue de Muret est sinistrée. Les commerçants la quittent les uns après les autres. Les ravages avaient commencé avant les travaux du tramway, le jour où la Municipalité décida de rétrécir cette artère passante et vivante. C'est une manie à Toulouse : on diminue la largeur des avenues et on accorde aux bus (qui, parfois passent une fois toutes les quinze minutes) une voie au détriment des automobiles. Les édiles actuelles disent que la vie reviendra quand les travaux seront terminés, quand le tramway irriguera ce parcours. Le doute m'habite : on ne prend pas un transport en commun pour en descendre mais pour se rendre d'un point à un autre. Construire une ligne de tramway pour aller au Palais de Justice, c'est peut-être parier sur un afflux toujours croissant de futurs condamnés...

 

Puisque nous sommes dans les questions de voirie, restons-y encore un instant. J’ai dénoncé à maintes reprises dans ce blog l’implantation perverse, aléatoire, irrationnelle de ralentisseurs dans Toulouse et le Grand Toulouse. Le plus insensé étant celui d’Espanès, une commune de 265 habitants, situé à l’écart de toute route, où il ne passe personne (link). Cette région n’a pas le monopole du « gendarme couché ». J’étais récemment en Bretagne. À Rennes, je n’ai vu aucun ralentisseur. À Brest, où les rues sont généralement sinueuses, légèrement pentues et étroites, j’en ai subi des quantités. Jumelons rapidement Brest et Toulouse, et pleurons la capitale bretonne où des dizaines de piétons sont fauchés tous les jours à cause de l’impéritie des élus qui, comme ceux de Tours n’ont pas encore découvert le cassis, cette merveille de la civilisation (link).

 

Alors, promenons-nous rue Saint-Saëns, à Toulouse. On vient de la rue Fieux, elle-même étroite, on négocie un virage à 90 degrés, et l’on tombe, après une dizaine de mètres, sur un ralentisseur. Reconnaissons qu’il appartient à cette catégorie de cassis civilisés, pas trop élevés et qui ne gênent pas les cyclistes. Empruntons la rue jusqu’au bout. Elle est en sens unique, puis à double sens, puis à nouveau en sens unique. Comme on peut se garer des deux côtés de la voie alternativement, je défie Alain Prost de dépasser le 50 km/heure dans cette rue de 250 mètres de long.

 

IMG_4821.JPG

 

Malgré cela, l’autre extrémité de cette rue est agrémentée d’un volumineux « gendarme couché » alors qu’elle débouche sur une rue à angle droit.

 

IMG_4822.JPG

Pour compléter le tableau, notons à l’entrée de la rue une piste cyclable en sens opposé à celui des voitures. C’est la grande mode à Toulouse, comme cela l’a été récemment à Paris. Dans ce cas d’espèce, il s'agit d'un cadeau aussi idiot que superfétatoire et dangereux fait aux cyclistes (dont je suis), puisque, à 50 mètres de là, se trouve la rue Cahuzac, que l’on emprunte dans le sens opposé à celui de la rue Saint-Saëns.

 

À quelques encablures se déroule la route de Seysses. Bien droite, passante. Le soir, certains motocyclistes disposent de 500 mètres, sans feux, sans ralentisseurs, pour faire pétarader les moteurs. Ils ne se privent pas pour atteindre le 100 km/heure. Et puis pensons à la toute proche rue Gamelin. Bien droite, elle aussi. En bonne logique, il faudrait installer un ralentisseur fortement ventru en son milieu, juste devant l'usine LU. Les chauffeurs de camions de 30 ou 36 tonnes qui livrent et délivrent quotidiennement l'usine connaîtraient leur bonheur. Et puis ça leur apprendrait, aux petit-beurre, à être devenus yankee !

 

Avanti, Monsieur le Maire Cohen, encore un effort ! Tant qu’il n’y aura pas, dans toutes les rues de Toulouse, un cassis tous les trente mètres,  votre mission historique n'aura pas été parachevée.

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 15:50

http://www.retourinternet.com/images/croissance-visibilite.jpgEntendu récemment sur les antennes de France Info un entretien avec une « entrepreneure avec un e à la fin du mot » (le féminin de preneur est preneuse, même pour celles qui n’ont pas de pénis). Une dame d’environ 60 ans qui s’était lancée dans le monde de l’entreprise en 1981.

 

Elle nous expliqua que quantités de ses congénères avaient envisagé, dès le 11 mai (date de mon anniversaire, les chiens !), de fuir le pays pour ne pas se retrouver écrabouillés par les chars russes. Et cette chef (cheffe ?) d’entreprise de nous expliquer que 81 avait été un « temps béni » pour ceux qui voulaient se lancer. « Les banques nous prêtaient de l’argent », dit elle, « même aux femmes ». Pensez donc, même aux femmes !

 

Bravo, me dis-je. Voilà une personne de droite (droite éclairée mais droite tout de même) qui a la reconnaissance du ventre.

 

Pour être tout à fait complète et objective, elle aurait dû ajouter que Mitterrand avait nationalisé les banques.

 

Depuis, trente ans de social-libéralisme de droite et de gauche sont passés par là.

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 07:19

http://membres.multimania.fr/acfassurances/conseiller%20ACF.JPGJe souhaiterais rebondir ici à partir d'un article très tonique qu’Ariane Walter a livré récemment au Grand Soir : “ Socialistes, on vous hait ” (link).

 

Parmi les économistes qui conseillent le candidat socialiste François Hollande figurent Élie et Daniel Cohen. S’ils ne sont apparemment pas frères biologiques, ils sont frères en social-libéralisme. Comme Hollande depuis sa sortie de l’ENA.

 

Qu’est-ce qu’un économiste social-libéral ? C’est quelqu’un qui pense – avec Alain Minc, par exemple – que le système capitaliste a besoin de crises pour ses débarrasser des canards boiteux, et surtout pour revenir à ses fondamentaux qui sont, quoi qu’on en pense, bons. C’est quelqu’un qui va convaincre un Bérégovoy, ancien ouvrier fraiseur, cheminot, Résistant, que la déréglementation du marché des biens et la libéralisation du marché des services (financiers au premier chef) sont nécessaires à la croissance et à une harmonisation durable des économies européennes. C’est quelqu’un qui pense, comme Jacques Delors, ancien syndicaliste d’inspiration marxiste, employé à la Banque de France, que la financiarisation de l’économie n’a non seulement aucun impact sur le chômage mais que des millions d’emplois résulteront de la création d’une monnaie unique. Tous ces hommes qui viennent de la gauche, qui se disent des hérauts de la social-démocratie, estiment que le capitalisme d’aujourd’hui diversifie les risques, réduit les coûts, préserve la stabilité des sociétés.

 

Ces économistes, surtout s'ils sont "de gauche", sont fiers mais modestes quand même. Ils avancent masqués. C’est pourquoi Renaud Lambert, pour Le Monde Diplomatique, les a récemment qualifiés d’économistes « à gages » (link). À gages parce qu’ils donnent des gages à l’hyperbourgeoisie, et aussi parce qu’ils touchent des gages. Comme ils ne sauraient se satisfaire des 4 à 5000 euros que reçoit un professeur des universités en classe exceptionnelle, ces brillants esprits font des ménages dans les conseils d’administration les plus prestigieux. Pour des piges bien supérieures au salaire d’un fonctionnaire, même “ haut ”, ils conseillent les princes de la finance et des affaires (jetons de présence dans les entreprises du CAC 40 : 35000 euros par an). C’est à ce titre qu’ils besognent auprès des hommes politiques de la droite et de la gauche classique, de la Commission européenne, des banquiers, des patrons de choc qui délocalisent. Comme ce sont des drogués du travail, ils prennent le temps d’écrire des livres. Un Daniel Cohen en a troussé quelques uns, plutôt remarquables, dans le genre : Richesse du monde et pauvreté des nations, où il explique que la globalisation n’est certainement pas l’une des causes de la détérioration des termes de l’échange ; La Mondialisation et ses ennemis, où il distingue (mais je n’ai pas tout compris) la mondialisation réelle de la mondialisation virtuelle ; La prospérité du vice (plus de 100000 exemplaires vendus), où il présente quarante siècles d’histoire économique et où il explique le « vice » de la manière pas du tout fumeuse et pas du tout café du commerce suivante :

 

Le revenu par tête augmente, mais le bonheur par tête n'augmente pas dans la même proportion. Les enquêtes montrent que les sentiments de plaisir ou de frustration n'évoluent pas, malgré l'élévation du niveau de vie. Il y a deux explications possibles. L'une, c'est que la consommation est comme une drogue : elle fait plaisir au début, mais cinq ans plus tard l'effet est retombé. La seconde, c'est qu'on est heureux à concurrence de la comparaison avec ses voisins. Selon la phrase d'un humoriste anglais du XIXe siècle, être heureux, c'est gagner dix dollars de plus que son beau-frère. Dans ces conditions, comment voulez-vous que la société soit pacifiée ? (link)

 

Ce surdoué qui aime « raconter des histoires » pour expliquer l’économie (on image Marx dans le story telling !) conseille-t-il Hollande (après Aubry) en tant que professeur à l’École normale supérieure où tant que senior adviser de la Banque Lazard, cet établissement aux murs capitonnés d’où il a aidé la Grèce à renégocier sa dette souveraine ? Le conflit d’intérêts était tel que le président de l’Autorité des marchés financiers, le hollandiste et furieusement social-libéral Jean-Pierre Jouyet, débauché par Sarkozy en 2007, lança cet avertissement sans frais (et sans grande conséquences) :

 

« Je conçois que quand vous conseillez la Grèce, vous avez intérêt à avoir une banque publique européenne qui émette des euros obligations pour aider les Grecs. (...) Si j’étais conseiller du gouvernement grec et payé par eux, je plaiderais aussi pour qu’une banque publique émette des obligations aux fins de financer la Grèce. »

 

Daniel Cohen a toujours consulté sans ménager sa peine : les Nations Unies, la Banque mondiale, la Banque de France, le ministère des Finances français, le gouvernement bolivien, l’Union européenne, DSK.

 

Aux dirigeants socialistes qui, depuis Jospin, ne savent plus ce qu’est la classe ouvrière et qui observent la classe salariale se désagréger sous les coups de boutoir du CAC 40 et de la Commission européenne réunies, il explique qu’il est illusoire de se croire à équidistance du monde ouvrier et du capital parce que les capitalistes ne jouent plus le jeu. Quelle surprise !

 

Cela fait bientôt trente ans que Cohen copine avec Jeffrey Sachs, le brillantissime professeur de Harvard, concepteur-projeteur de la “ thérapie de choc ” qui consiste à privatiser en un tournemain les entreprises et le service public et à libéraliser le commerce extérieur. Ce qui fut fait, par exemple, en Bolivie, en Pologne et dans l’ex-URSS (2600% d’inflation en 1992).

 

Daniel Cohen préside le Conseil d’orientation scientifique de la Fondation Jean-Jaurès, émanation du PS. Il y côtoie Aurélie Filipetti, Benoît Hamon, Pascal Lamy,  le vice-président Europe de la Banque Lazare, le Président-directeur général de BNP-Paribas Personal Finance.

 

Z’avaient qu’à pas être ouvriers, les ouvriers.

 

 

 

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 16:10
Tout part en fumée : la zone Euro contraint une ville d’Espagne à cultiver de la marijuana (Le Grand Soir)


RT

Une ville d’Espagne "moribonde" qui souffre d’un chômage massif essaie d’enrayer son déclin économique de la seule manière dont elle dispose : en cultivant de la marijuana. Le fait que l’Espagne en arrive à prendre des mesures aussi désespérées est-il un signe de ce qui attend l’Europe à mesure que la crise s’aggrave ?




Blottie aux pieds du Serra De Cardo en Catalogne, Rasquera paraît être un lieu de vie idéal. Mais frappée par la vague de chômage qui a englouti la zone Euro, Rasquera souffre d’un taux de chômage de plus de 20%.


Pour essayer de retenir les jeunes de cette petite municipalité, le Conseil Municipal de Rasquera a voté mercredi la location d’un terrain à une association de cannabis de Barcelone pour faire pousser de la marijuana.


Le projet "marie-jeanne pour survivre" est pour le moment un cas isolé mais Rasquera pourrait être le symbole du profond malaise qui est en train d’envahir toute l’Européen.


Le taux de chômage des 17 membres de la zone Euro atteignait 10,7% en janvier, le plus haut niveau de toute son histoire.


Avec plus de 23 millions de chômeurs dans la plus large Union Européenne, on ne peut que s’attendre à encore plus d’austérité.


D’autant que l’ombre menaçante d’une faillite grecque plane sur les économies terriblement endettées de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie.


Et comme l’Espagne a le taux de chômage le plus élevé de la zone Euro, un taux de 23,3%, on peut se demander s’il faut mieux faire encore des coupes dans les services sociaux à cause du manque d’argent ou s’il faut autoriser les fermiers à faire pousser du hachish pour survivre ?


De telles questions montrent que des jours étranges attendent la zone Euro de plus en plus menacée par le spectre de l’effondrement.


Pour consulter l’original : http://rt.com/news/spain-town-marijuana-farming-697/


Traduction : Dominique Muselet pour LGS

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 07:27

Dans l'Aisne, le kleiner Mann a dit : "le premier sujet de préoccupation des Français, le premier sujet de discussion [il s'est repris], hein, j'parle sous vot' contrôle, c'est la viande halal.


Ce propos (de bon sens, bien sûr), est bien la preuve que tout se construit, comme la "beauté" de la "Première dame de France".


Dessin de Baudry pour Rue 89.


 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 15:27

http://a10.idata.over-blog.com/450x600/0/26/45/26/fevrier-2011/avril-2011/juin-2011/octobre-2011/decebre-2011/les-nouveaux-chiens-de-garde-22821-2027096479.jpgSi Philippe Arnaud n'existait pas, il faudrait l'inventer. Voici ce qu'il m'écrit à propos de la taxe à 75% et de la réaction des médias et de la droite (pléonasme) à cette proposition :

 

On a beaucoup parlé, hier, de la proposition de François Hollande de  taxer à plus de 75 % la tranche de revenu, dépassant 1 million d'euros,  des contribuables qui gagnent plus de 1 million d'euros par an. Je  souhaite, à ce propos, faire quelques remarques sur la présentation, par  les médias, de cette mesure.

 

1. Première remarque. France 2 a fait un louable effort de présentation  en définissant ce qu'est une "tranche d'imposition". En effet, nombre de  Français (et ils ne sont pas aidés - c'est le moins qu'on puisse dire !  - par le gouvernement, les partis de droite ou le patronat) ne  comprennent pas du tout ce qu'est une tranche d'imposition.

 - Pour beaucoup, en effet, la "tranche" d'imposition est un seuil  au-delà duquel le _total_ [et je souligne bien sur le terme] de ses  revenus subit un nouveau taux d'imposition. Reprenons, en effet, cette  somme de 1 million d'euros annuels et supposons que la tranche  inférieure à 1 million ait, jusqu'à présent, été taxée à 50 % [ce qui  est faux, comme je l'expliquerai plus loin - mais ce que croient la  plupart des gens]. Nombre de nos concitoyens pensent, en effet, que  l'imposition obéit à la règle suivante :

 

 - Ils gagnent 999 999 euros. On les taxe à 50 %, on leur prend à peu  près 500 000 euros, il leur en reste à peu près 500 000. - Ils gagnent 2 euros de plus, et passent donc à 1 000 001 euros. On les  taxe à 75 % et on leur prend donc un peu plus de 750 000 euros et il ne  leur en reste que 250 000.

 Autrement dit, pour deux euros de gain, on leur prend à peu près 250 000  euros de plus en impôts ! Il s'agit donc d'un prélèvement  disproportionné, et, de leur point de vue, confiscatoire.

 - En réalité, cette croyance est erronée. Le revenu est divisé en  plusieurs parties (les tranches) inégales - de plus petite valeur en  commençant par le bas - auxquelles sont affectés des taux d'imposition  croissants. Autrement dit, si une personne gagne 1 000 001 euros, c'est  sur l'euro supplémentaire que porte la taxation de 75 %, soit, dans le  cas présent, 75 centimes ! Ou, pour s'exprimer autrement, il lui reste  encore 25 centimes, c'est-à-dire que, même après l'imposition, son  augmentation de revenu reste une augmentation : une augmentation de 25  centimes, mais une augmentation quand même ! Jamais l'imposition n produit un mouvement inverse du mouvement du revenu : l'augmentation  demeure toujours, mais elle est plus faible.

 2. Deuxième remarque. Les journalistes (les partis de droite, le  patronat) présentent TOUJOURS l'imposition mais ne présentent JAMAIS [je  souligne en gros caractères] ce qui reste au contribuable une fois  l'impôt prélevé, ce qui psychologiquement, fait apparaître l'impôt comme  une confiscation.

 - Reprenons donc l'exemple du gain d'un million d'euros annuels et  supposons que l'imposition à 75 % lui soit appliquée. Il reste encore à  l'intéressé, chaque mois, quelque 20.833 euros pour vivre. C'est quoi,  20 833 euros par mois ? Pour comparer, un professeur de faculté de  classe exceptionnelle, au 2e échelon, groupe E, chevron 2 (je prends ces  infos dans Wikipedia), c'est-à-dire, je présume, en fin de carrière, gagne un peu plus de 5110 euros par mois, hors primes, indemnité de  résidence et supplément familial - qu'il ne touche vraisemblablement  plus). Donc quelqu'un qui gagne 1 million d'euros par mois, et qui est  taxé à 75 %, gagne autant que quatre professeurs de faculté réunis en  fin de carrière.

 - Rappelons aussi que le salaire médian, en France, est de 1653 euros par mois, autrement dit que la moitié des Français gagnent moins de  cette somme par mois.

 - J'écoutais aussi ce matin, sur France Inter, entre 8 h 20 et 9 h,  Ernest-Antoine Seillière (ex président du Medef et ex-président des  patronats européens) s'indigner qu'on pense taxer à 75 % la tranche  supérieure à 1 million d'euros des revenus.

 3. La conclusion que j'en tire n'est pas, d'abord, d'ordre moral, mais  intellectuel. Nous avons affaire, en France, à une catégorie d'individus (les invités du dîner du Fouquet's, représentatifs des 0,01 % de  Français pour lesquels "roule" réellement le candidat Sarkozy), individus dont les capteurs psychologiques et les réactions sont aussi  déréglés qu'inadaptés. Ou, pour reprendre la très bonne définition que  donne Wikipedia des "individus ou créatures dont le comportement  surprend par ses écarts avec les normes d'une société", c'est-à-dire, en bon français, des /monstres/...

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 15:30

Merci à Pierre Verhas (Uranopole) de nous fournir cette information :

La compagnie aérienne française Air Méditerranéenée en 1997, exploitait jusqu'ici une dizaine d'avions en France au départ de Roissy, Lyon, Nantes et Toulouse. Sa filiale grecque, Hermès Airlines, assure des rotations depuis 2011 avec un appareil, mais plusieurs autres appareils doivent passer en 2012 sous le contrôle de Hermès Airlines. Air Méditerranée emploie jusqu'à 500 personnes en haute saison et travaille essentiellement pour les grands tours opérateurs français. Cependant, elle connaît des difficultés. Sa politique de sous-investissement l’a mise sur la liste noire des compagnies aériennes et le « printemps arabe » lui a été un coup dur.

 

air_mediterranee01.jpg

Air Méditerranée préfère faire respirer à ses travailleurs l'air de la Grèce. Merci la troïka !

Air Méditerranée a proposé à son personnel naviguant – pilotes, hôtesses, stewards – de passer sous le régime salarial et social grec, ce qui reviendrait à une réduction globale des rémunérations de 40 %. Concrètement, une hôtesse ou un steward gagnant le SMIC en France se voit proposer un salaire mensuel de 900 euros à Athènes et un commandant de bord payé 6.000 euros empocherait 3.700 euros en Grèce. En effet, une des mesures imposées par la « troîka » (Commission européenne, Banque centrale européenne, FMI) à la Grèce fut une réduction de tous les salaires de 30 %.

En clair, l’austérité imposée à la Grèce n’est pas perdue pour tout le monde. Voilà des travailleurs français contraints d’accepter de travailler sous le régime social grec. C’est plus fort que Bolkestein !

Meister, Air Méditerranée sont deux faces d’une même politique sociale. Réduire le travailleur à un régime de quasi esclavage en l’entraînant dans la précarité. Les fondations de notre édifice social sont en danger de destruction totale. Véronique De Keyser le dit haut et fort : « Plus que jamais en ces temps difficiles, il faut tendre à l’éveil des consciences et non à leur endormissement sous prétexte de chantage à l’emploi et à la compétition. Crise, délocalisation, salaires toujours plus bas, chômage, pauvreté… notre société est malade et il est incontournable de la repenser autrement. Fini le progrès évalué selon des critères purement économiques et financiers! Notre société a besoin de se refaire une santé en développant son potentiel culturel et intellectuel, en privilégiant l’humain, la solidarité, le bien vivre plutôt qu’un bien-être illusoire. Nous n’avons plus de temps à perdre, ou l’heure sera uniquement à la sur…vie. »

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 08:06

http://wiki.phantis.com/images/5/59/George_papadopoulos238.jpgSur le site de Rue 89, Pierre Haski nous signale un petit article publié par Libération :

 

Michel Rocard : « Il ne peut y avoir d'issue en Grèce qu'avec un pouvoir militaire »


« Personne ne le dit, mais il ne peut y avoir d'issue en Grèce qu'avec un pouvoir militaire. » Michel Rocard se lâche, dans une interview à Libération, avec, en particulier, cette petite phrase sur un pouvoir militaire en Grèce...

Pour l'ancien premier ministre, soutien de François Hollande, les mesures d'austérité – « une décroissance forcée », dit-il – imposées à la Grèce posent la question démocratique dans ce pays : « comment fait-on dans ce contexte pour maintenir des élections ? Il n'est pas possible de gouverner ce peuple en lui disant qu'il va perdre 25 % de son revenu dans les dix ans si on tient à payer toutes les dettes. Personne ne le dit, mais il ne peut y avoir d »issue en Grèce qu »avec un pouvoir militaire. »

Il ajoute :

« Il devient de plus en plus indispensable d'annuler partout une bonne partie de la dette non payable. Mais attention, la grande bulle qui menace, elle est privée ! Une éventuelle crise de la dette souveraine européenne ne serait qu'un petit détonateur. Nous sommes dans l'imbécillité politique collective. »

 

Rocard s'est accroché à des nonosses et à des hochets jusqu’au bout. Avant cela, il fut un dirigeant politique “ de gauche ” qui a soutenu tous les reculs sociaux mis en œuvre par la droite, quand il ne les avait pas impulsés lui-même.

Mais non, Rocard : pour être gérée d'une main de fer, la Grèce n'a pas besoin des militaires (te souviens-tu de leur dictature à la fin des années soixante ?). Les banquiers que tu fréquentes depuis des dizaines d'années suffisent amplement.

Adieu Rocard, tu as réussi à nous faire oublier ta marionnette des Guignols. 

 

http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/imagecache/462_ressource/2012/02/11/525057/images/ressource/Acropole.jpg

 

L'intégralité de l'interview est ici :

http://www.liberation.fr/politiques/01012393328-on-est-dans-l-imbecillite-politique-collective

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 07:12

http://reflow.scribd.com/4098e3lz9c140w92/images/image-7.jpgDans la Fonction publique française, chaque jour plus privatisée, dans l’administration, le moral n’est pas au beau fixe. Les travailleurs sont pressurés, mis en concurrence, ne trouvent plus aucun sens à leur tâche. Alors, tout va de mal en pis. Je voudrais donner ici deux exemples de ce glissement progressif vers la gabegie, l’inefficacité, le n’importe quoi.

 

 

J’habite Toulouse intra muros. J’ai reçu hier une lettre postée à Épinal il y a neuf jours. Distance entre ces deux préfectures : 920 kilomètres.

Au risque de me répéter, lorsque j’étais enfant dans les années cinquante, la France ne comptait pas d’autoroutes, il n’y avait pas de TGV, les avions postaux volaient à 600 km/h. Lorsque je postais une lettre à Hénin-Liétard, dans le Pas-de-Calais avant 8 heures du matin, mes grands-parents, qui résidaient dans le petit village Lot-et-Garonnais de Monclar (distance : 830 kilomètres), la recevait le lendemain matin avant 10 heures. Si je la postais après 8 heures, ils la recevaient le surlendemain. Pendant l’hiver terrible de 1956, le facteur, qui n’avait jamais connu cela, s’arrêta de travailler deux jours. En 1974, j’habitais Amiens. Cette ville de plus de 100000 habitants bénéficiait de deux tournées : l’une le matin (le courrier était intégralement livré avant 10 heures), l’autre, l’après midi, achevée vers 16 heures.

En 1977, il me fut donné de rencontrer longuement le ministre (de droite) des PTT. Il m’expliqua, en long, en large et en travers, comment les PTT étaient la seule administration française qui s’autofinançait. Décidé par le patronat européen, la privatisation de ce service public n’était d’aucune utilité pratique, la raison en était purement idéologique. En ce temps-là, les postiers jouissaient d'un vrai statut, n’étaient pas alourdis par des tonnes de prospectus à distribuer, et il n’y avait pas de guichets réservés aux entreprises dans les bureaux de poste.

 

Fin septembre dernier, le ministère de l’Enseignement supérieur (situé à Paris) envoie à un universitaire de l’Université du Mirail (Toulouse), un document officiel le concernant. Ce document parvient – comme le veut la règle de la voie hiérarchique – au service du personnel trois jours après avoir été posté. L’intéressé a eu ce document en main le 28 février. Le précieux papier a donc traînassé dans les services pendant cinq mois. Au lieu d’inviter la personne concernée à venir le retirer contre signature, le service du personnel l’a envoyé en recommandé avec AR, ce qui a coûté quatre euros au contribuable et a allongé l’attente de deux jours.

C’est pour cela que la privatisation des services publics peut passer … comme une lettre à la poste.

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 15:25

http://exdisciplesleblog.unblog.fr/files/2007/08/banquier.jpgLaurent Pinsolle se définit comme un "gaulliste libre". Ses consciences politiques tutélaires sont De Gaulle, Chevènement, Seguin et Dupont-Aignan. Une "certaine idée de la France", donc. Il est un analyste très fin de la vie politique de notre pays. Comme beaucoup, il est scandalisé par la financiarisation de l'Europe, de nos sociétés, de nos vies. Il dénonce ici la dernière initiative prise par la BCE (link).

 

 

1000 milliards pour les banques, l’austérité pour les peuples !

 

 

Comment ne pas être pris de vertige par les décisions prises dans cette Europe ? En un peu plus de deux mois, la BCE vient de prêter pas moins de 1000 milliards d’euros aux banques privés, au moment même où les dirigeants européens n’ont que la rigueur à la bouche.

 

La monnaie des banquiers

 

L’euro est bel et bien la monnaie des banquiers. Alors que les Etats sont étranglés par les contraintes des marchés financiers et se voient imposer des cures d’austérité monstrueuses, les banques viennent de bénéficier de deux opérations « crédit ouvert » où la BCE leur a accordé 1000 milliards d’euros de crédits à trois ans. Après les 489 milliards du mois de décembre, l’opération d’hier a porté sur la bagatelle de 529 milliards ! 10% du PIB européen en deux mois !

 

 

Il y a deux choses absolument scandaleuses à propos de ces opérations. Tout d’abord, elle se fait en absence totale de contrôle démocratique. Comment de telles sommes peuvent-elles être accordées au système financier sans la moindre consultation des peuples ou de leurs représentants ? Ensuite, cela entretient l’aléa moral incroyable de ce secteur financier car ces aides le sauvent sans la moindre contrepartie. Si les banques vont mal, elles doivent être recapitalisées !

 

Ensuite, comment ne pas être totalement outré par une telle opération alors qu’une semaine auparavant, le président de la BCE a donné une interview au Wall Street Journal, comme le rapporte Olivier Berruyer sur son blog. Mario Draghi a déclaré que « le modèle social européen est mort », que le temps de l’emploi à vie est « révolu » et appelé à tenir les objectifs budgétaires, en baissant les dépenses mais sans toucher aux impôts ! Il dit se soucier des marchés plus que du cours de l’euro…

 

La création monétaire en question

 

La décision d’hier a néanmoins un aspect positif (en cherchant bien). En effet, les 1000 milliards d’euros prêtés aux banques l’ont été par simple création monétaire de la BCE. Tout le monde comprend bien que la Banque Centrale Européenne n’avait pas cette somme là qui dormait dans ces comptes (son bilan dépassait 2700 milliards en fin d’année, en hausse de 500 milliards sur trois mois, comme le rapporte les Echos). Elle a donc créé 1000 milliards d’euros en quelques mois !

 

Dès lors, cela amène à se poser deux questions. Tout d’abord, comment se fait-il que les pères la vertu qui froncent les sourcils quand on évoque toute monétisation par l’Etat ou qui demandent l’austérité aux peuples, ne s’émeuvent pas davantage de ce laxisme à grande échelle ? Avec 1000 milliards, on pourrait faire beaucoup de choses. Pourquoi faudrait-il que cela serve à refinancer les banques ? Le bilan de la BCE a plus que doublé depuis la crise : est-ce normal ?

 

Deuxièmement, cela montre qu’il est possible de monétiser la dette publique à hauteur de 5% du PIB par an puisque ce ne représente, pour un an, que la moitié des sommes engagées en trois mois par la BCE. Et selon le contexte, cela peut ne pas être inflationniste. Mais surtout, il est incroyable que l’utilisation de la création monétaire au simple service des banques ne provoque pas un débat plus important, d’autant plus que les peuples subissent une austérité sauvage.

 

Ces opérations de la BCE sont proprement révoltantes et démontre que cette Europe ne tourne vraiment pas ronds. L’euro est au service exclusif des banques et asservit les peuples. Le seul point positif est que ces opérations le révèlent de manière transparente.

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