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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 05:01

 

Lisez, ou plutôt, écoutez ceci :

« Vers 1650 résidait sur ses terres, entre Compiègne et Pierrefonds, un riche gentilhomme, nommé Bernard de Montragoux, dont les ancêtres avaient occupé les plus grandes charges du royaume ; mais il vivait éloigné de la Cour, dans cette tranquille obscurité, qui voilait alors tout ce qui ne recevait pas le regard du roi. Son château des Guillettes abondait en meubles précieux, en vaisselle d'or et d'argent, en tapisseries, en broderies, qu'il tenait renfermés dans des garde meubles, non qu'il cachât ses trésors de crainte de les endommager par l'usage ; il était, au contraire, libéral et magnifique. Mais en ces temps-là les seigneurs menaient couramment, en province, une existence très simple, faisant manger leurs gens à leur table et dansant le dimanche avec les filles du village. Cependant ils donnaient, à certaines occasions, des fêtes superbes qui tranchaient sur la médiocrité de l'existence ordinaire. Aussi fallait-il qu'ils tinssent beaucoup de beaux meubles et de belles tentures en réserve. C'est ce que faisait M. de Montragoux. 

 

Son château, bâti aux temps gothiques, en avait la rudesse. Il se montrait du dehors assez farouche et morose, avec les tronçons de ses grosses tours abattues lors des troubles du royaume, au temps du feu roi Louis. Au-dedans il offrait un aspect plus agréable. Les chambres étaient décorées à l'italienne, et la grande galerie du rez-de-chaussée, toute chargée d'ornement en bosses, de peintures et de dorures. »

 

Cela coule de source, c’est parfaitement construit, très harmonieux, d’une précision totale. En un mot, c’est de l’Anatole France (Les Sept femmes de Barbe-Bleue).

 

Tenez, plus court : « Elle sentit une contraction douloureuse de l'estomac, un étouffement à la gorge, une brûlure de sang aux joues, une angoisse indicible. » Pas de chichi, pas d’emphase, mais on a atrocement mal avec cette personne (Jocaste et Le Chat maigre).

 

Je ne comprends pas pourquoi, depuis plusieurs décennies, Anatole France a, non seulement, été placé sous une lourde chape d’oubli, mais a également fait l’objet d’un dénigrement scandaleux de la part des autorités littéraires et politiques françaises. Quand il mourut, France était presque aussi populaire que l’avait été Victor Hugo en son temps (il disait que la gloire, c’est de pouvoir aller à l’opéra en pantoufles).

 

Il fut un écrivain immense et d’un très grand courage.

 

Prenons-le par le biais de l’étranger. George Orwell qui, en tant que critique littéraire, avait un jugement très sûr, écrivit en 1943, pour l’hebdomadaire socialiste Tribune, une étude vigoureuse sur le très populaire écrivain étatsunien Mark Twain : “ Mark Twain – The Licensed Jester ”, que l’on peut traduire par “ L’amuseur sous licence ”, avec cette idée que Twain était devenu la figure de référence patentée, autorisée de l’humour d’outre-Atlantique. À l’auteur de Huckleberry Finn, Orwell oppose fort justement celui de Crainquebille ou encore celui qui, à l’occasion de l’affaire Dreyfus, avait forgé le mot “ xénophobe ”. Que disait l’auteur de 1984 ? Que Twain put avoir des prétentions à la critique sociale, à la philosophie, même ; qu’il y avait chez lui quelque chose d’iconoclaste, peut-être de révolutionnaire mais que tout cela fit long feu ; qu’au lieu d’être un héraut de la démocratie, il se contenta du rôle de figure publique, de people dirait-on aujourd’hui. Comme Anatole France, Twain était un athée, convaincu de la cruauté des hommes. Mais France, nous dit Orwell, était infiniment plus cultivé, plus civilisé que Twain. Et surtout, il fit preuve d’infiniment plus de courage. Il ne se satisfit point du rôle du jester, de l’aimable amuseur d’autorité : il attaqua frontalement ses ennemis et prit les problèmes à bras le corps. Il osa défier les autorités, y compris l’Église, tandis que Twain ne s’en prit que très rarement aux croyances établies. Y compris celle qui veut que le succès soit synonyme de valeur morale. Les romans dont Monsieur Bergeret est le héros sont une vigoureuse critique globale de la société française à la fin du XIXe siècle. En quelques pages, dans Crainquebille, France dénonce de manière spectaculaire l’injustice … de la Justice et des forces de l’ordre. Ce, du point de vue d’une certaine partie de la classe ouvrière. Sur la pierre blanche, publié en feuilleton dans L’Humanité en 1905, offre – à l’époque de l’affaire Dreyfus – une dénonciation du racisme et de l’antisémitisme et, à une époque où les nationalismes reprenaient du poil de la bête, réfléchit à la possibilité d’États-unis du monde.

 

Anatole France fut un radical au sens propre du terme. Pas un socialiste, même s’il lui arriva fréquemment de se faire l’avocat d’idéaux socialistes et de ceux qui avaient le front de se battre pour eux. Alors que sa dépouille n’était pas encore froide, cet homme d’un grand courage fut l’objet de lâches attaques particulièrement haineuses, du même registre que celles que Zola avait dû subir. Il faut dire qu’il avait soutenu la cause de Dreyfus, s’était permis de démythifier Jeanne d’Arc de manière rationaliste et avait écrit une histoire de France satirique en quatre volumes. Il ne pouvait qu’être détesté par les cléricaux et les revanchistes.

 

François-Anatole Thibault (le dessinateur Chaval avait inventé que l’auteur de L’Île aux penguins s’était trouvé un nom de plume en lançant des fléchettes sur un planisphère !) naquit à Paris en 1844 et mourut quatre-vingts ans plus tard à Saint-Cyr-sur-Loire, trois ans après avoir reçu le Prix Nobel de littérature. Son père fut un sous-officier royaliste jusqu’à la Révolution de 1830, date à laquelle il démissionna pour devenir libraire et défendre les idéaux de la Révolution française. Les dieux ont soif (1908) doivent beaucoup à ces contacts précoces du jeune Anatole avec la Révolution. Dans cet ouvrage, le personnage de Brotteaux, ancien noble conscient des dérives révolutionnaires, représente peu ou prou le point de vue de l’auteur.

 

Au collège Stanislas, institution privée catholique où De Gaulle fut élève, France souffrit d’être de condition modeste parmi les riches. Au milieu des années soixante, il fut proche de Leconte de Lisle et de sa conception de la poésie : travail de la forme, idéal antique de la beauté, primat de la raison sur les sentiments, absence d’engagement en tant qu’écrivain.

 

Je n’insiste pas sur la vie privée d’Anatole France : amour déçu, puis mariage, puis liaison tumultueuse avec la célèbre égérie de la littérature française Léontine de Caillavet dont il dira : « sans elle, je ne ferais pas de livres », puis divorce prononcé à ses torts.

 

France aborde le genre romanesque assez tard, avec Le crime de Sylvestre Bonnard (1881), couronné par l’Académie française. Il devient ensuite le critique littéraire du Temps, un journal de centre-gauche. Il est élu à l’Académie française en 1896.

 

Au sommet de sa gloire, il soutient de nombreuses causes minoritaires : il dénonce le génocide arménien et, à l’inverse de tous ses collègues académiciens, rejoint Zola dans la défense du capitaine Dreyfus. Il participe à la création de la Ligue des droits de l’homme et du citoyen, il quitte L’Écho de Paris antidreyfusard, et rejoint Le Figaro, quotidien de droite mais dreyfusard. En 1898, il rend sa Légion d’honneur parce qu’on avait privé Émile Zola de la sienne. Il soutient l’auteur de Germinal pendant son procès. Il refusera de siéger à l’Académie pendant seize ans.

 

Il se rapproche de Jean Jaurès et de son Parti socialiste français. Il prône vigoureusement la séparation de l’Église et de l’État, milite pour les droits syndicaux et dénonce les bagnes militaires.

 

Au début de la Première Guerre mondiale, il écrit des textes patriotiques qu’il reniera, puis milite pour la paix entre Français et Allemands, ce qui lui vaudra des menaces de mort. En 1919, il se prononcera, dans L’Humanité (quotidien auquel il avait collaboré depuis sa création), contre la « paix injuste » du Traité de Versailles. En 1922, il publie un “ Salut aux Soviets ” dans le quotidien communiste avant de dénoncer les premiers procès faits aux Socialistes révolutionnaires. Il est alors interdit de publication dans les journaux communistes.

 

Son regard sur le monde devient alors plus pessimiste, comme l’atteste Les dieux ont soif (1912), sa critique de la Terreur sous la Révolution française.

 

En 1922, juste après avoir été couronnée par le Nobel, son œuvre fait, en totalité, l’objet d’une condamnation papale.

 

Lors de la victoire du Cartel des gauches en mai 1924, il reçoit un hommage triomphal lors d’une fête en son honneur au Trocadéro. Il s’éteint paisiblement en octobre. Alors qu’il les avaient refusées, des obsèques nationales sont organisées à l’instigation du président de la République Gaston Doumergue. Paul Valéry est élu à son fauteuil à l’Académie française. Il ne prononcera pas une seule fois le nom de son prédécesseur durant son éloge.

 

Anatole France fut reconnu par des écrivains qui savaient lire : Proust, à qui le personnage de Bergotte, dans La recherche, doit beaucoup ; Marcel Schwob, Georges Bernanos.

 

Peu après sa mort, il fut courageusement assassiné par certains surréalistes. Le tract collectif “ Un cadavre ” posa la question « Avez-vous déjà giflé un mort ? ». Joseph Delteil dit de France qu’il n’était qu’un « hors-d’œuvre ». Drieu La Rochelle (qui n’était pas encore sympathisant nazi mais qui était déjà bien de droite) prophétisa : « Ce n'est qu'une France qui vient de mourir, il y en a plusieurs, il y en a qui naissent, étranges et terribles ». Parce qu’il était le fils naturel d’un préfet et qu’il avait du mal à tuer les pères en littérature, Aragon évoqua en Anatole France « le littérateur que saluent à la fois aujourd'hui le tapir Maurras et Moscou la gâteuse » ; il ajouta que tout admirateur de France était « un être dégradé » et que le grand écrivain fut « un exécrable histrion de l’esprit », bel exemple de « l’ignominie française ».

 

Ces godelureaux très mal dans leur peau avaient réduit Anatole France au statut d’écrivain officiel – ce qu’il était sûrement au moment de sa mort – aussi médiocre que son personnage Monsieur Bergeret.

 

Pourquoi j'aime Anatole France
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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 06:01

 

Flamingo Heroes. Les héros du flamant ?

 

Le mot anglais « cocktail » (la queue du coq) se traduit en français par « cocktail ». L’orthographe « coquetel » est québécoise. Pourquoi pas ?

 

« Lime ». Ce n’est rien d’autre que du citron vert.

 

On écrit « « œuf » et non «oeuf ».

 

« Bitters ». Sur les cartes de nombreux cafés, on trouve « amers » ou « amers de cocktail ».

 

Fly me in the Moon. On connaît tous la chanson « Fly me to the Moon » (Emmène-moi vers la Lune). « Fly me in the Moon » est sémantiquement impossible.

 

« « St Raphaël » et non St Raphaêl ».

 

« Brandy de Xérès » et non « Brandy de xérès ».

 

« Oloroso » et non « olorosso ». J’en ai bu dans une cave de Jerez de la Frontera. Cela vaut le déplacement.

 

Spiced Doctor. Le spiced rhum est-il meilleur que le rhum épicé ?

 

El Luchador. Cette fois, « Raphaêl » a droit à « Saint » en toutes lettres.

 

Chocolat « aztèque » et non « Aztec ». « Aztec » est l’orthographe anglaise ». Et on rappelle qu’en français, les noms de peuple adjectivés ne prennent pas la majuscule : « j’ai vu un tenancier de bar lyonnais qui parlait à un Lyonnais ».

 

Anablanca. J’adore le mot-valise (pardon : « portmanteau word ») « Chambéryzette ».

 

Qui Oui Killer. Très bon jeu de mots bilingue avec « Qui Oui ». « Killer » était-il nécessaire ?

 

 

 

Tenir un bar (pardon : être un « bartender ») et bousiller les langues française et anglaise

Mon ami P.G., linguiste à l'ouïe très fine m'a fait passer quelques récents exemples de Franglish, tout de son cru :

 

C'est nonsensique.

Daech va être rebrandé (comprendre : va changer de nom)

Tours 'nman (nom d'un triathlon)*

Rock n'roulettes

le turntablisme

Créative school indépendant

Les empreintes digitales avaient matché

une fashion weeks

Arrivage collection summer

Avec les German day's

Ice cream en vente ici

Father's day (surtout éviter de dire Fête des pères)

Le lin is beautiful

Merci au journaliste de nous avoir initié au off boarding, au home
boarding et au rehire (prononcer "riz ailleurs")

un niveau élevé en raison des rankings mis en place par la fédération

des tiny houses (prononcer tailleni aouz) ; il s'agit de petites maisons
contruites par une association pour héberger les sans-abri

 

*Les triathlons les plus connus, et les plus durs, s'appellent "ironman" (homme de fer en bon français). Comme ça ne suffisait pas, les triathlètes disent maintenant “ 'nman ”. D'où, à Tours, le désormais célèbre Tours 'nman.

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27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 06:01

Je crois que c'est le journaliste et romancier canadien Pierre de Grandpré qui a dit que l'expérience n'était pas transmissible.

 

Je ne suis donc pas étonné de ne pas pouvoir transmettre à mes deux dernières comment j'ai vécu l'extraordinaire effervescence de la musique populaire (la “ pop music ”) dans les années soixante. Elle a façonné ma vie et conditionné une partie de ma recherche universitaire.

 

Il ne se passait pas une semaine sans qu'une création originale, que l'on se mettait instantanément à fredonner, puis à déchiffrer (je ne serais peut-être pas devenu prof d'anglais sans les Beatles et Dylan), nous tombe dessus, complètement inattendue, inimaginée plus qu'inimaginable. Á chaque fois, non seulement des nouvelles sonorités, mais aussi une approche nouvelle de la vie, une vista, c'est-à-dire une vision du monde mais aussi une clairvoyance, un résumé de l'avant et une anticipation de l'après.

 

Ci-dessous, les "120 plus grandes chansons des années soixante". Si l'on ne s'en tient qu'aux trois premières ("Hey Jude", "Satisfaction", "Like a Rolling Stone"), elle seront encore présentes, chantées et jouées dans 100 ans. Mais, bien sûr, cette liste – impérialisme culturel anglo-saxon oblige – a un gros défaut : elle ne compte pas une seule chanson française ("Et maintenant"), belge ("Ne me quitte pas"), et la seule chanson italienne présente est la version, en anglais, par Elvis Presley, d'"O sole mio". Pas une chanson du monde hispanique ou russe. 

Mais ne boudons pas notre plaisir...

 

PS : Á propos des Beatles.Toutes leurs chansons, les plus grands succès au premier chef, sont désormais pour nous des œuvres “ évidentes ”, au même titre que “ La Petite musique de nuit ” ou le “ Ständchen ”. Jouons au jeu suivant : nous venons de la planète Mars et nous ne savons rien des Beatles et de leur musique. Un groupe de musiciens et chanteurs très talentueux, les Analogues, a entrepris d'interpréter sur scène un certain nombre de leurs œuvres en respectant au millimètre leurs orchestrations, leurs harmonies etc. On a donc, grâce à eux, les chansons des Beatles comme au premier jour. En faisant semblant de croire que les Analogues ont créé ces œuvres, on se dit qu'à l'évidence elles sont d'une inventivité phénoménale. Ici les exemples de “ A Day une the Life ” ou “ Golden Slumbers ”. Ici, une heure en compagnie des Analogues.

 

Est-il besoin de préciser que les Analogues sont néerlandais, que leur anglais est parfait et qu'il est impossible de détecter leur origine “ étrangère ” ?

 

Et puis, une petite séquence pour la route : un “ flashmob ” de trois grands succès des Beatles, Place Plumereau à Tours, à deux pas de l'endroit où Raphaëlle et Rébecca ont vécu leurs premières années.

 

 

Plein mes oreilles, il y a cinq décennies
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23 février 2022 3 23 /02 /février /2022 05:42

On sait qu’en France, le prénom Kevin, avec ou sans accent aigu, a acquis une forte popularité ces trente dernières années par le biais de personnages de séries télévisées populaires en provenance des États-Unis et du Royaume Uni. Dans la foulée, Brandon a connu et connaît encore son heure de gloire. Chez les filles, Jennifer ou Kimberley ont raflé le pompon des prénoms qui, dans trente ou quarante ans, stigmatiseront celles qui les portent aujourd’hui.

 

Pourquoi le prénom Kev m’intéresse-t-il ? Parce que, dans les diminutifs, le français aime les structures binaires selon un schéma consonne-voyelle. Valéry a pu donner Va-ly, ou Va-va, Va-lou. Robert est diminué en Ro-Ro. Isabelle est souvent réduit à I-sa.

 

En toute logique, Kevin aurait pu donner Ké-ké.

 

Et c’est là que l’impérialisme culturel zunien a fondu sur le malheureux Kev. Dans le monde anglo-saxon, les diminutifs sont généralement construits selon le schéma consonne-voyelle-consonne, la consonne de fin étant fermée. C’est ainsi que l’on a Pat pour Patricia, Nat pour Nathan, Mat pour Martin ou Matthew, Pat pour Patrick, Beth pour Elizabeth, Phil pour Philip, Val pour Valerie, Kim pour Kimberley, Cat pour Catherine, Alex pour Alexander ou Alexandra, Meg pour Meghan, Chris pour Christopher.

 

En choisissant Kev – pour une ou des raisons que je ne connais pas – l'acteur a, en le sachant ou sans le savoir, utilisé le schéma anglo-saxon. Ce qui n’est pas le cas des journalistes français qui s’amusent à charrier le grand décathlonien Kevin Mayer avec le surnom Kéké la Braise.

 

Le plus drôle – même s’il n’y a pas de quoi se tordre les boyaux – c’est que je suis moi-même victime de cette aliénation puisque, depuis toujours, j’appelle, dans les deux sens du terme, mes deux cadettes Raph et Reb alors que mon aînée a toujours été pour moi Zab (pour Isabelle).

 

 

Á propos du prénom de Kev Adams
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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 06:12

Comme les opposants au système dans 1984 de George Orwell, le prix Nobel Luc Montanier, décédé à l'âge de 90 ans, a disparu dans un “ memory hole ”. Pas un mot d'hommage sur son décès dans Le Monde, Le Figaro, Libération. Pas le début du commencement d'un embryon d'hommage du côté du ministère de la Santé et, bien sûr, de la présidence de la République qui, ordinairement, dégaine plus vite que son ombre quand il s'agit d'honorer des “ grands Français ”.

 

Le professeur Luc Montanier n'a jamais existé !

 

Tout simplement parce qu'il s'est placé en opposition au pouvoir médiatico-politique à propos du Covid.

 

L'avenir proche nous dira s'il avait raison.

 

En janvier, Luc Montagnier faisait partie des scientifiques auditionnés par les députés du Luxembourg au sujet de la vaccination anti-Covid, expliquant le rôle que, selon lui, cette vaccination jouait dans l’apparition de nouveaux variants.

 

En 1981, une maladie très étrange semble ne toucher que les homosexuels. Luc Montanier montrera que cette maladie est un groupement de virus qui peut frapper tout le monde et que l'on nommera le syndrome immunodéficitaire acquis, ou SIDA.

 

Il faudra un quart de siècle pour que la découverte du VIH par Luc Montagnier lui vaille le prix Nobel de Médecine, partagé avec Françoise Barré-Sinoussi (en 2008).

 

Depuis une vingtaine d'années, Luc Montanier faisait l'objet de sérieuses critiques.

 

Celles-ci ont commencé avec la papaye fermentée comme traitement de la maladie de Parkinson. Il en propose au pape Jean-Paul 2, gravement atteint, non comme remède mais comme “ complément alimentaire seulement en conjonction avec le traitement prescrit par le médecin ”. Peu après, Jean-Paul II apparait aux Journées Mondiales de la Jeunesse de Toronto dans une forme qu’on ne lui avait plus vue depuis longtemps. À la surprise générale, il parle distinctement, ne tremble plus ! Cette fois, les journalistes prompts à changer d’avis se mettent à faire courir le bruit que c’était l’extrait de papaye fermentée qui guérissait Parkinson. Luc Montagnier exprima un avis mesuré qui ne fut bien sûr pas repris : « Cette amélioration (de la santé de Jean-Paul II), était-elle le résultat direct de mon traitement ? J’ai toujours dit que c’était possible sans pouvoir l’affirmer avec certitude. Ce pouvait être les antioxydants, le ciel, un miracle [Montanier était agnostique], un autre traitement… »

 

En 2009, il défend l’idée qu’un bon système immunitaire permet de se débarrasser du VIH «en quelques semaines» et qu’une bonne alimentation riche en anti-oxydants permet de ne pas être infecté de manière chronique par le VIH. Cette même année, il soutient l’idée que l’ADN peut imprimer une empreinte électromagnétique aux molécules d’eau. Il soutient également que l'autisme est d’origine bactérienne et peut se traiter par antibiotiques. En 2017, il défend plusieurs thèses anti-vaccinales, comme le lien entre vaccination et mort subite du nourrisson, ce qui n'a jamais été prouvé. Un collectif de 106 académiciens de médecine et sciences lui avait alors reproché de «diffuser, hors du champ de ses compétences, des messages dangereux pour la santé, au mépris de l’éthique qui doit présider à la science et à la médecine». Au cours de la crise du Covid-19, il s’était également opposé à la vaccination, jugée dangereuse. Là, évidemment, il s'attaquait à beaucoup plus fort que lui au pays des 11 vaccins obligatoires.

 

Depuis la crise du Covid, Luc Montagnier était devenu hors-la-loi.

 

Il lui fut violemment reproché d'avoir suggéré la plausibilité d’une origine artificielle du SARS-CoV-2.

 

On lui a reproché d'avoir émis des doutes sur la non-dangerosité des vaccins ARNm alors qu'il travaille sur la transcriptase inverse depuis les années 197O.

 

Alors, Luc Montanier : savant fou ou pas si fou que ça ? Ayant enseigné principalement la littérature anglaise, je n'ai pas autorité pour répondre. Mais de là à l'enterrer en catimini comme un pestiféré...

 

Un prix Nobel tombé dans un trou de mémoire

                                                   

                                 *                                                             *

 

Pour parler d'autre chose, les limites du militantisme inclusif le plus échevelé sont repoussées chaque jour. Il n'y a pas de raison que les murs de Lyon se fasse damer le pion (admirez la métaphore osée). Jusqu'où s'arrêteront-ielles ?

Un prix Nobel tombé dans un trou de mémoire

Cela dit, il n'y a malheureusement pas de statistiques fiables. Selon diverses sources, 28% des femmes sont marié.es alors qu'elles sont mineur.es. La misère que connaît le pays, privé d’aide au développement depuis la prise du pouvoir par les Talibans, pousse des familles à marier leurs filles mineures afin de rembourser des dettes ou pour se nourrir. Il semble que les autorités tentent de freiner cette tendance qui vise à sacrifier les jeunes femmes.

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16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 07:00

Un beau texte, une belle analyse de Danny Kuperberg sur Facebook.

 

Also I’m making these observations as a reasonably successful working musician/pianist/arranger/educator who has worked with many artists and bands in lots of studios over the last three decades. But I’m also STILL a Beatles’ super fan after all these years who has loved them since he was a wide-eyed eight year old listening enrapt to Live At The Hollywood Bowl on an 8-track cartridge in the back of my Dad’s car travelling around French Jazz Festivals in 1981!

Here is a link to Beatles songs on piano and discussing the points made below. If you like it, hit the Subscribe button.

I will happily play any of your Beatles requests, obviously for free. I love the band that much 😊

https://youtu.be/nrKnlOA-Lt0

Please comment there too if you’d like.

Anyway, here we go…

1. They had a unrivalled sense of humour compared to any other band I’ve ever seen or heard of. They could have been a 4-man scouser Marx Brothers if they had put their minds to it!

2. The Beatles had a work ethic unlike any other band in history. Not just the 8 hour Kaiserkeller sets, nor often 2 gigs a night during their touring years. When they wrote, they clocked in and out with a ton of overtime. Anyone who’s worked in the music biz knows that this normally doesn’t happen, certainly not to that degree.

3. Musically they were generically way more open than their contemporaries. Take Clapton and Cream as an example. They were blues-obsessives, and as George would admit during the Get Back sessions, Eric was a more technically gifted player than him. However, George could inflect country styles and Indian sitar patterns into his playing. Clapton simply didn’t have that range. And Paul? Ha! There was no style he couldn’t make his own; not folk, English Music-Hall, kids music, reggae, hard rock. Music just poured out of him. As he himself said, he had way more musical DNA by his teens than most musicians in an entire lifetime. All credit to his dad Jim here.

4. They could individually swap instruments with ease according to what was needed for the song. Paul shifts to piano, John to bass, George to drums. Even Ringo could play piano! This enhances the songwriting process and always leads to a more interesting arrangement.

5. Ringo.

Without Ringo, the Beatles would only have been half the band they were. Think about it. How often do you get a drummer in a band with that much patience, calm, understanding etc?

I was astonished and impressed with his rock-solid temperament in Get Back. He was quietly adapting and arranging his drum part so that it was moulded perfectly to suit the song. So many drummers I’ve worked with want to put flashy fills in, almost as show-off moves. Ringo was the opposite. Also his style was unique. Without wanting to get too technical, he knew how to lay back BEHIND the beat and not ahead of it. Most drummers do the latter or desperately try and keep metronomical time. Ringo was different and his rhythmic feel defines their sound, probably more so than other musical element. Hats off to your Ringo (and I’m not just talking about hi-hats). He was SUCH a humble guy too. Watching him accompany Macca on boogie woogie piano during the Get Back sessions was such a joy to watch.

6. They never got old. By this I mean that every member was under 30 when they split up. Just let that sink in. They had achieved musical immortality at the point when most (including me) have barely worked out what they want to achieve in life, never mind actually carrying it though.

7. They were culturally unique yet loved across all generations. I was a child jazz pianist. I used to tour around jazz festivals in France from around 8-17 years old. I remember performing Beatles standards like Michelle, Obladi-oblada, Yesterday and Let It Be in restaurants, bars and bandstands. The next day, I’d be wandering around town with my parents - and grandpas, aunts, dads, teens, young kids etc would come up to me and say ‘Le Petit Beatle!’ It felt great and it also made me realise that ALL generations loved them equally - not just rebellious teens. Suffice to say, whenever I see a piano and there are people around, I always start with Hey Jude, Let It Be or Yesterday. Always a winner 😊👍🏼.

I will happily play any of your Beatles requests on subsequent Beatle shows, specially for you, and obviously for free. I love the band that much 😊

8. They were ludicrously prolific. When one considers that they rehearsed, recorded and released Help, Rubber Soul, Revolver and Pepper all in just over two years, one realises that this is prolific writing on a par with the likes of Mozart - and that’s not hyperbole. It’s no coincidence that Mozart had also written most of his good stuff by the age of thirty too! The likes of Sheeran and Coldplay take roughly three years for every (very very mediocre) album…

9. The Beatles had three, not just one, genius songwriters in a band. Most bands are tremendously lucky to have just the one. These days, the art of popular music songwriting has become virtually lost and so diluted as to make it hardly the most important factor in an act’s eventual success. So much investment is put into so few artists these days that record companies can only rely on the most catchy hooks to justify the huge marketing budgets that they’re gambling on. So they have to play safe. I call it the ‘McDonalds’-isation of music. It’s become beyond commodified and beige, and we’ve sadly got to the point when no one even realises what we lost in the process.

10. Finally, The Beatles defined a decade that no artist has ever matched before or since. Western society transformed more radically and at a more breakneck pace between 1962 and 1969 than at any time in human history. Without The Beatles, this cultural shift would never have happened.

 
Pourquoi les Beatles
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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 06:06

En furetant dans une brocante improbable du Tarn-et-Garonne, j’ai découvert quelques numéros de l’hebdomadaire La Baïonnette. Cet hebdomadaire satirique (moins que Le Canard Enchaîné) fut publié de 1915 à 1920. Les numéros que j’ai feuilletés dataient tous de 1917. Le prix était de 15 centimes pour 16 pages. Le magazine changea d'éditeur le 8 juillet 1915.

 

Vendu d'abord 20 centimes, le prix passe ensuite à 25 centimes. La maquette, la férocité de certains dessins, ainsi que le choix des dessinateurs, rappelaient, selon Wikipedia,  L' Assiette au Beurre, comparaison peu pertinente à mes yeux dans la mesure où le magazine fondé par Samuel Schwarz était nettement plus transgressif que la conformiste Baïonnette, nourrie du discours dominant avec tous ses poncifs. L' Assiette au Beurre pouvait publier ce type de charge, ce qui n'était pas le cas de La Baïonnette :

 

 

La Baïonnette

Parmi les collaborateurs de La Baïonnette, on relève Poulbot, le créateur du célèbre titi parisien.

 

La Baïonnette fut fondé par l’illustrateur et homme de théâtre toulousain Henri Maigrot, dit « Henriot », père du très prolifique critique littéraire Émile Henriot.

 

En 1899, Maigrot dirige Le Charivari, organe satirique républicain hostile à la monarchie de Juillet, avec comme collaborateurs Nadar, Daumier, Doré. Proche des milieux musicaux, il écrit des textes pour Jules Massenet ou Paul Delmet. Et puis il est l’auteur du questionnement historique “ Comment vas-tu yau de poêle ? ” paru dans l’Almanach Vermot.

 

Nous sommes en 1917. La guerre bat son plein. L’armée allemande n’est pas vaincu mais elle doute. Dans le pays, on se requinque, d’où cette surprenante publicité pour une cure d’embonpoint :

 

La Baïonnette

La Baïonnette va jouer sur ce doute en soutenant le moral des combattants et des Français en général et en se permettant de critiquer les profiteurs de la guerre, les bourgeois repus qui s’empiffrent dans des restaurants de choix pendant que les polius connaissent l’enfer des tranchées. L'hebdo est à l'écoute de Moscou où l'ordre réactionnaire tsariste vacille.

 

Bref, en 1917, La Baïonnette ne fait pas semblant de croire que nous sommes sortis d'affaire et elle souffle le chaud et le froid.

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6 janvier 2022 4 06 /01 /janvier /2022 06:05
 

Décidément, tout se complique et ce ne sont pas les propos orduriers du banquier emmerdeur ou les mouvements de galoche du sergent-chef Véran qui vont nous rasséréner. Ni d'ailleurs calmer les doutes des personnels soignants : 35 000 d'entre eux préfèrent abandonner leurs fonctions plutôt que de se faire vacciner. Un texte interessant repris du blog de Zola.

 

Les chiffres d’omicron commencent à tomber, et “on peut discuter de tout, sauf des chiffres ». Les chiffres ne mentent pas et ne sont pas tendres avec la stratégie du tout vaccin. Certains propos de scientifiques complotistes concernant le cumul des doses avec baisse des défenses, semblent se confirmer (également confirmé par les autorités britanniques). Quant au « vaccin », si on peut appeler cela un vaccin, avec une injection tous les 3 mois, ce n’est plus un vaccin, mais cela devient une thérapeutique génique, qui ressemble trop à ces chimiothérapies que l’on répète aux cancers stades terminaux, en attendant la fin. En espérant qu’ici, quand on parle de fin, c’est celle de l’épidémie, qui arrivera en 2022, l’histoire de ces grandes épidémies depuis des siècles étant toujours la même, avec ou sans traitement. 

 

De plus on continue de « vacciner » avec un produit dépassé, fabriqué à partir d’une souche qui a plus de 2 ans, avec nombre de modifications depuis. Les responsables savent très bien qu’ils obligent à vacciner avec un produit qui ne marche pas sur le dernier variant.

 

La vague Omicron, est plus forte dans les pays les plus vaccinés

 

France, Danemark, Islande, Royaume Uni font partie des pays les plus vaccinés, l’Afrique du Sud des moins vaccinés

Chez nous, on aura peut-être du mal à décrocher si on continue de booster, d’autant plus que :

 

OMICRON SEMBLE PRÉFERER LES VACCINÉS

 

Voici ce que donne le site officiel d’Islande. Plus on a reçu de doses, plus omicron s’intéresse à nous, ce qui n’était pas le cas avec les variants précédents.

 

Cette courbe sur 6 mois, montre qu’avec delta, les adultes non-vaccinés étaient plus sensibles que les vaccinés, l’incidence passant de 500/100 000 chez les vaccinés à 800 chez les non-vaccinés. Avec omicron, c’est l’inverse, l’incidence est deux fois plus importante chez les vaccinés : 2 800/ 100 000 contre 1 500 pour les non-vaccinés. De 2 fois moins, on passe à 2 fois plus, soit un rapport de 1 à 4.

 

Source : https://www.covid.is/data

 

Autre courbe qui concerne plus omicron, montrant que depuis mi-décembre, plus on a de doses, plus l’incidence est élevée : les triple doses sont 3 fois plus sensibles, les doubles dose 2 fois plus, que ce soit chez les adultes ou les enfants.

 

 

Ces constatations se confirment dans nombre de pays où commence à se développer omicron, et ce selon les sources les plus officielles. Ainsi l’agence Reuter signale qu’aux Etats-Unis on retrouve la même chose avec les premiers cas. Il y a 15 jours, le Centre américain de Contrôle et de prévention des maladies (CDC), signalait que, sur les 43 premiers cas signalés, 34 personnes étaient entièrement vaccinées. Dans la population générale, les vaccinés représentent 61%, mais 75% chez les personnes touchées par omicron, dès les premiers cas.

 

79% des Danois qui avaient contracté Omicron au 15 décembre étaient entièrement vaccinés. C’est ce qui ressort d’un rapport publié mardi par le Statens Serum Institut (SSI), ministère danois de la santé qui suit les variantes suspectes du COVID-19. Sur les 17 767 infections par Omicron enregistrées au 15 décembre, depuis la déclaration du premier cas le 22 novembre, plus de 14 000 concernaient des personnes ayant reçu une double vaccination.

 

C’est repris par la presse étrangère, mais pas par la France, où paradoxalement 90% des contaminés par omicron ne seraient pas vaccinés, à entendre les pro-vaccins qui ne s’informent pas.

 

Dans l’Ontario, pour les nouveaux cas depuis mi-décembre, 4 vaccinés pour 1 non-vacciné.

 

https://covid-19.ontario.ca/data/case-numbers-and-spread

En Belgique, c’est une fête de soignants, 33 participants doubles et triples vaccinés, 21 contaminations ! Contrairement à la France, la presse se pose des questions sur le sens du pass sanitaire en voyant de tels résultats chez les porteurs du pass ! Chez nous, rappelez-vous  ce discours officiel bien relayé par ceux qui accusent les autres de colporter des fake news : un non-vacciné a 12 fois plus de chance qu’un vacciné d’être contaminé !

 

En Allemagne, l’Institut Robert Koch, dans son dernier rapport hebdomadaire, daté du 30 décembre, rapporte à propos des cas omicron : 95,6% de complètement vaccinés (avec 28% de rappels !), soit 4,4% de pas vaccinés (taux de vaccination dans la population : 71%). En France, on ne publie pas ces chiffres, mais on met les déboires de la gestion de la crise sur ces seuls moins de 5% de non-vaccinés qui vont autant encombrer les hôpitaux que quand ils étaient 100% (l’an dernier), et ce avec un virus beaucoup, beaucoup moins virulent ! Bêtes ou menteurs ?

 

En France, il y a pourtant de très nombreux témoignages, tous les jours, dans toute la presse. Ainsi dans Ouest France, qui le lendemain va suggérer le contraire avec des infos en contradiction avec ce que l’on constate dans le monde entier.

 

Omicron, un virus très faiblement létal

 

Une fois établi cet échec du vaccin contre omicron, avec en plus une certaine affinité pour les doubles et triples vaccinés, la faible létalité d’omicron se précise dans les premiers pays touchés. À tel point que plusieurs pays, comme Israël ou l’Islande, commencent à se poser des questions sur la possibilité d’une immunité collective qui pourrait être obtenue grâce à omicron, alors que cela a été un échec avec ces campagnes vaccinales. En France, nous allons dans l’autre sens, en faisant tout pour vacciner, quitte à diminuer les défenses immunitaires avec le risque de créer d’autres variants ou des formes plus graves. Même l’OMS, qui a poussé aux vaccins au début, n’est pas favorable à cette multiplication de doses.

 

S’il est difficile de comparer un pays à l’autre du fait de nombre de biais possible, il est plus facile de comparer l’Afrique du Sud à l’Afrique du Sud, pour montrer cette faible létalité.

 

L’Afrique du Sud a connu 4 vagues très marquées, avec beta, epsilon, delta, et omicron. C’est un pays pas ou très peu vacciné (26%), ce qui ne vient pas perturber les résultats de chaque variant. Les variants sont de plus en plus contagieux.

 

Je vous avais écrit ce qui allait se passer dès le 30 novembre (Je veux de l’omicron), et le 5 décembre (Actualisation) que les décès allaient doubler, cela a été le cas, doublement par rapport au plus bas sur 2 ans. A part beta ces variants baissent en létalité. Beta a été 30% moins létal qu’epsilon, omicron l’est 7 fois moins que delta, et 10 fois moins qu’epsilon (ceci au pic, encore plus en volume quand on voit la cloche). 

Comme on peut le voir sur cette courbe qui réunit les cas et les décès : il y a eu 4 vagues de virus, mais pas de quatrième vague de décès ! (Nous sommes à 15 jours du pic de cas, nous devrions être à peu près au pic de décès.

Certains (comme O. Véran), vous diront qu’on a cette cloche courte en Afrique du Sud car c’est l’été. Pourtant son voisin le Bostwana a le même climat, a vu apparaître Omicron le même jour (peut-être même avant, et qui représente 100% des cas ce jour), ne décroche pas et continue de monter. La seule différence ? Presque 2 fois plus de vaccinés, et a augmenté massivement les vaccinations avec l’arrivée d’Omicron. Résultat : effet contraire, comme en France.

Bostwana/Afr du Sud : avec Omicron, 2 fois plus de vaccinations = 2 fois plus de cas, mais pas plus de décès

 

Omicron plus fort que le vaccin, dont il n’a que faire. 

Omicron plus fort que le vaccin pour obtenir une immunité collective, plus forte et plus durable. 

Omicron plus fort que le vaccin pour diminuer les formes graves : 7 à 10 fois moins. 

Quant à Omicron + Ivermectine qui réduit encore plus hospitalisations et décès (de 75% selon le rapport d’Andrew Hill pour l’OMS), c’est le Nirvana, on va avoir des naissances au lieu de décès.

 

Dans ces conditions, Omicron est le mieux placé non seulement pour vous souhaiter une bonne année 2022, mais contrairement aux autres souhaits hypocrites que vous recevrez, il est, lui, capable de les réaliser.

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29 décembre 2021 3 29 /12 /décembre /2021 06:08

Je suis né à 15 kilomètres de là. Et à deux kilomètres de la catastrophe de Courrières de 1906 qui fit plus de 1000 morts. Deux drames qui auraient pu, qui auraient dû être évités. La première fois que j'ai lu Germinal, j'étais en terrain de connaissance. Quand j'avais 6 mois, mes parents habitaient une petite maison de coron en face de la cokerie de Drocourt. Quand ils faisaient sécher les draps sur la corde à linge, ils les récupéraient secs mais jaunes.

 

On se souvient que le Le 27 décembre 1974, un coup de grisou emportait 42 mineurs à Liévin, dans le Pas-de-Calais. C'était la plus grande catastrophe minière de l'après-guerre en France. 


Il était 6 h du matin le 27 décembre 1974, c'était la reprise du travail devant le puit numéro 3 à Liévin dans le Pas-de-Calais. 42 hommes ont été tués par le coup de grisou : la plus grande catastrophe minière de l'après-guerre en France... 


Les 42 victimes de la catastrophe de Liévin : 
BARAN Alphonse - BERNARD Roger - BERTINCHAMP Pierre - BLANCHARD Klébert - BRASSEUR Louis - DELPLANQUE Jean - DELVAUX Émile - DELVAUX Jean-Michel - DHEILLY Raymond - DUPUY Edouard - FASSEAU Gilbert - FAYEULE Henry - GODART Pierre - GRANDIN André - GUILBERT Raymond - JOLIE Jean-Marie - KACZMAREK Edmond - KRZYCH Julien - KUBIAK Jean - LEFRERE François - LEGRAND Jules - LENFANT Roland - LHERMITTE Émilien - LORENSEN Jean - MARTIGNY Roger - MATUSZEWSKI Victor - MICHEL Georges - NAGY Joseph - OBERT Henri - OUCHLIH Ahmed - PILCH Paul - PITON André - PRUVOST Adrien -RAMEZ Daniel - SEREUSE Alfred - SZYMANSKI Czeslaw  - THERY Jacques - VANDENABEELE Paul - WALAWENDER Édouard - WARIN Georges - ZAVODSKI Joseph - ZIELEWSKI Joseph

 

SOURCE : Facebook 

Le 27 décembre 1974, la catastrophe 

(évitable)

de Liévin

HOMMAGE [publié en 2014]
par PIERRE OUTTERYCK
PROFESSEUR AGRÉGÉ D’HISTOIRE
 
 
Il y a quarante ans, au fond d’une galerie de la fosse 3, dite Saint-Amé du siège 19 du groupe de Lens-Liévin, 42 mineurs ont trouvé la mort. Un drame qui n’était pas dû à la fatalité.
 

« Les organisations syndicales ont décidé l’arrêt de travail pour le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. En ce qui concerne notre fédération nationale du sous-sol CGT hier nous avons appelé les mineurs de France à rendre le jour des obsèques un dernier hommage aux victimes et à exiger plus d’hygiène et de sécurité dans les mines… Nous ne croyons pas à la fatalité. Quand il y a une catastrophe comme celle que nous avons connue hier, une véritable tragédie, il y a incontestablement des causes. Nous voulons qu’elles soient décelées, recherchées afin que pareille tragédie ne se reproduise plus. Mardi prochain, lors des funérailles des victimes, les mineurs du Nord-Pas-de-Calais et de nombreux mineurs d’autres bassins vont rendre, par une grève de vingt-quatre heures, hommage aux victimes. » Achille Blondeau, secrétaire de la fédération des travailleurs du sous-sol CGT, a le ton grave.

 

La veille, le 27 décembre 1974, à 6 h 30 du matin, un violent souffle dévasta à 710 m de profondeur une part de la fosse 3, dite Saint-Amé de Lens-Liévin, à Liévin. Une cinquantaine d’hommes se trouvaient au fond, exécutant des travaux préparatoires pour l’exploitation future de ce chantier. Quarante-deux gueules noires y laissèrent leur vie, le plus jeune avait vingt-cinq ans, le plus âgé cinquante-quatre : à cet instant, cent quarante enfants devinrent orphelins ! L’émotion fut considérable. La catastrophe de Liévin en ce Noël 1974 était la plus grande tragédie que connaissait le bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais depuis les 1 099 victimes de la tragédie de Courrières en mars 1906.

 

Tout d’abord les responsables évoquèrent un coup de poussier. L’utilisation du marteau-piqueur et plus encore des haveuves mécaniques augmentait considérablement la présence de fines particulières de carbone dans les mines. Hautement inflammables, elles favorisaient les explosions dévastatrices. Mais, très vite, les experts acquirent une autre conviction. Les 42 corps remontés du fond avaient été autopsiés : les autopsies révélèrent la présence de grisou. L’accident était donc lié à un coup de grisou. Composé de 90 % de méthane, inodore et invisible, le grisou était le gaz redouté des mineurs. Bien sûr, comme d’habitude, les responsables des Charbonnages de France évoquèrent la fatalité… Mais, pressés par l’émotion qui a saisi le monde de la mine et l’opinion publique par la mobilisation des organisations syndicales, le ministre de l’Industrie, le comte d’Ornano, doit promettre une commission d’enquête impartiale… À Liévin, l’émotion ne retombe pas. Pas question de faire payer les lampistes ! L’instruction judiciaire est confiée au juge Pascal, le « petit juge » qui avait défrayé la chronique lors du sordide assassinat d’une adolescente à Bruay-en-Artois. Très vite les langues se délient… La surveillance des chantiers aurait laissé à désirer ; plus grave encore, les mesures de grisoumétrie n’ont été que partiellement effectuées… Michel Halipré, agent de maîtrise CGT, accompagnera le juge Pascal dans la fosse ; il pointera ces manquements, la suppression de la vérification du site par un gazier et l’installation d’une bascule d’aérage sans autorisation. Nous sommes en pleine période de récession minière ! Dans le Nord-Pas-de-Calais les fosses ferment les unes après les autres malgré une brève reprise en 1973, le prix du pétrole ayant fortement augmenté. Dans son intervention, Achille Blondeau a fortement insisté en exigeant le maintien des mesures de sécurité, y compris dans les fosses dont la fermeture était programmée… Les interventions du juge polarisent les médias, elles risquent aussi d’enfermer l’instruction dans l’impasse d’une dénonciation politicienne. Les organisations syndicales ne cèdent pas. En 1975, l’ingénieur, responsable du siège, Augustin Coquidé est inculpé. Le renvoi du juge Pascal n’arrêtera pas la procédure. En effet, les mineurs, leurs syndicats, en particulier la CGT, veulent la vérité… En 1978, l’ingénieur est renvoyé devant la chambre correctionnelle. Le jugement définitif sera rendu en janvier 1981… Encore trois ans à attendre ! La décision du tribunal de Béthune est fondamentale. Une condamnation des Houillères permettrait une augmentation de la pension trimestrielle accordée aux veuves et orphelins. Une condamnation mettrait pour la première en cause le patronat minier lors d’une catastrophe. Le 23 janvier, le jugement définitif du tribunal est sans aucune ambiguïté. ses conclusions sont sans précédent : pour la première fois dans l’histoire de la mine en France, une société exploitante, celle des Houillères du bassin du Nord-Pas-de-Calais, est reconnue civilement responsable du drame. Elle est condamnée pour « faute inexcusable ».

 

 SOURCE : L'Humanité.fr

 
La catastrophe de Liévin
La catastrophe de Liévin
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26 décembre 2021 7 26 /12 /décembre /2021 06:38

Mon poissonnier me met régulièrement en garde contre le saumon en provenance de Norvège. Il est bourré de médicaments, d’un insecticide, le diflubenzuron, non reconnu par l’Europe. Et autres joyeusetés. Les Français sont les seconds consommateurs de saumon au monde. Donc les seconds empoisonnés puisque 80% de notre consommation vient de Norvège. On ne trouvera pas de saumon sauvage de Norvège chez nos poissonniers car c'est une denrée de luxe, très chère, qui n'est pas exportée et qui est réservée à quelques Norvégiens privilégiés.

 

En photo d'illustration, un saumon d'élevage attaqué par des poux. Absolument banal.

 

Ci-dessous un article de Jérôme Henriques publié par Le Grand Soir.

 

 

Le saumon est considéré comme un produit phare des fêtes de fin d'année et une majorité de français s'apprêtent à en consommer. Pourtant, derrière son image festive et conviviale, ce produit cache une réalité bien plus glauque.

60% de la production mondiale provient de l’élevage.

Il existe deux sortes de saumons : le saumon du Pacifique et le saumon d’Atlantique. Le premier est essentiellement péché en mer (Alaska, Russie, Japon ...) tandis que le second provient essentiellement de fermes d’élevage (Norvège, Chili (1), Royaume-Uni...) (2). A elle seule, la Norvège assure environ 60 % de la production mondiale (totale) et 90% de la production Atlantique. La France, elle, est le deuxième consommateur mondial (après le Japon). Elle importe environ 120 000 à 130 000 tonnes de saumon chaque année, dont 66% en provenance de Norvège.

Un poisson migrateur ... dans quelques mètres carrés

Les conditions de vie en élevage n’ont pas grand chose à voir avec celles de l’animal sauvage. Déjà, le saumon étant un animal anadrome (vivant naturellement en mer mais remontant les rivières pour pondre), il s’agit de simuler artificiellement cet environnement. Ainsi, les saumons naissent généralement sur la côte, dans une écloserie (en eau douce), avant d’être placés au bout d’un an dans une ferme de grossissement. Là, ils passeront environ deux ans, dans des enclos (en mer) ou des bassins (alimentés en eau de mer) avant d’être abattus.

Des poissons modifiés génétiquement et hormonalement

En élevage, seule la logique économique compte. Ainsi, parce qu’elles grossissent plus vite, les éleveurs font croître des femelles stériles. La stérilisation est obtenue par la technique dite de "triploïdisation", une modification génétique au stade embryonnaire permettant d’obtenir 3 chromosomes au lieu de 2. Quant à la "femellisation", elle est obtenue en ajoutant à la nourriture des jeunes saumons, de la methyltestosterone, une hormone ayant pour effet de transformer l’ovaire en testicule.

Des conditions de vie sordides

Environ 25 % des saumons d’élevage meurent avant d’avoir atteint l’âge adulte. La surpopulation notamment (entre 50 et 100 kg de poisson par m3) engendre stress, maladies et blessures. Si les cas de cannibalisme ne sont pas rares (insuffisamment nourris, certains poissons attaquent la pupille de leurs congénères), c’est surtout l’infestation par des poux rouges qui constitue le fléau des élevages. Partout sur leur corps, les saumons présentent alors de larges plaques roses (plaies ouvertes), des cloques, signe que les saumons sont littéralement rongés vivants par ces parasites (3).

Des traitements douloureux

Pour s’en débarrasser, les élevages utilisent plusieurs techniques : les jets d’eau haute pression, les bains haute température ou encore le traitement à l’eau oxygénée. Toutes ces techniques causent stress, douleurs et blessures aux saumons et nombre d’entre eux n’y survivent pas. Notons que des techniques plus douces existent (comme l’emploi de "poissons nettoyeurs" se nourrissant précisément de ces parasites) mais celles-ci restent ultra-minoritaires.

L’utilisation de produits toxiques

A cela, s’ajoute les traitements chimiques. Certains se souviennent sans doute du scandale du diflubenzuron en 2011-2012, du nom de ce pesticide interdit dans l’UE mais utilisé en Norvège (hors UE) pour lutter contre le poux rouge. Un produit "hautement toxique pour les organismes aquatiques et capable d’avoir des effets à long-terme sur l’environnement aquatique" selon sa propre notice. A l’époque, l’affaire avait fait grand bruit ... mais depuis, silence radio. Le produit est vraisemblablement toujours utilisé aujourd’hui, mais il est difficile de savoir dans quelle proportion (4).

Nourriture chimique

La nourriture, elle non plus, n’a pas grand chose de naturel. Au programme : farines animales (poissons, cochons, poulets ...), farines végétales (soja ...), huiles de poisson, huiles végétales, glucides, vitamines, minéraux ... et un pigment de synthèse, l’astaxanthine, qui permet de donner au saumon sa couleur rose (en liberté, il l’obtient naturellement en mangeant des crevettes). Plus problématique, l’utilisation d’éthoxyquine (un conservateur censé éviter l’oxydation des saumons pendant le transport), lui aussi classé toxique (5).

Contamination de l’environnement

Bien évidemment, ces substances toxiques se retrouvent dans l’environnement. A cela s’ajoute une contamination par les fèces : un élevage type (plusieurs centaines de milliers de têtes) génère autant qu’une ville moyenne (50 à 100 000 habitants) ; or, ces fèces participent à l’eutrophisation du milieu (croissance d’algues), appauvrissant ainsi la faune et la flore. Autre contamination, celle par les poux : rejets d’eau, évasions ... ces parasites finissent par toucher les populations sauvages, déjà fortement en baisse (elles ont chuté de plus de moitié en 20 ans) (6).

Des actes de cruauté

On peut ajouter à ce tableau (déjà bien noir), des cas de maltraitance caractérisés, filmés ici ou là par des associations animalistes. Une maltraitance provenant d’actes gratuits (poissons balancés sur le sol ou dans des poubelles tels des ballons de basket ...) (7) ou des conditions d’élevage et d’abattage elles-mêmes, induisant la plupart du temps une agonie prolongée (asphyxie dans une eau insalubre, asphyxie à l’air libre, paralysation/asphyxie au CO2, bain électrique, assommage manuel, saignée sans étourdissement préalable...)

Les poissons, ces êtres sentients

De récentes études ont montré que les poissons ressentent la douleur, et ce, d’une manière très similaire à la nôtre. D’autres ont montré qu’ils étaient dotés d’une véritable vie intérieure, qu’il s’agisse de ressentir des émotions, mémoriser des expériences, ou encore élaborer des comportements stratégiques. Rien ne nous oblige à participer, de par notre alimentation, à la souffrance de ces êtres sentients (ni d’ailleurs à celle des autres animaux). Pour les accros, il existe de très bonnes alternatives végétales (à base d’algues etc.). Et si vous essayiez le Solmon pour Noël ?

Notes

(1) Comme sa localisation ne l’indique pas.
(2) Une ferme d’élevage contient typiquement plusieurs centaines de milliers de saumons (jusqu’à un million).
(3) D’autres maladies touchent les saumons d’élevage, parmi lesquelles des maladies virales (orthoréovirus pisciaire, alphavirus des salmonidés ...), bactériennes (vibriose, furonculose ...), parasitaires (henneguya salminicola, gyrodactylus salaris ...).
(4) Il faut ajouter à cela l’utilisation de nombreux antibiotiques pour lutter contre les infections bactériennes ; à noter qu’en Norvège, la mise en place d’une vaccination à la naissance a permis de limiter fortement leur usage.
(5) Le saumon (d’élevage et sauvage) contient en outre des quantités relativement élevées de métaux lourds, pesticides, PCB, dioxine ... Etant un prédateur (assez haut dans la chaîne alimentaire) et un poisson gras, il les accumule d’avantage que d’autres poissons.
(6) Egalement des cas de contamination virale (orthoréovirus pisciaire ...), lesquelles contribuent à décimer les populations sauvages.
(7) Généralement des poissons jugés non rentables (malades, affaiblis, déformés ...) et traités comme des déchets.

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