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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 06:11
Du récit national, par Marie-Jean Sauret

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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 06:32

 

Mathilde de Toscane naît en 1045. Elle est la fille du marquis Boniface III assassiné d’un coup de lance empoisonnée quand elle n’a que six ans. Sa mère, Béatrice de Lorraine, se remarie sans l’autorisation de l’empereur Henri III dont elle est la vassale. Lors de sa descente en Italie en 1055, Henri III entre en Toscane et emmène Béatrice et ses enfants avec lui en Allemagne. Mathilde et sa mère sont retenues à la cour impériale de Spire. Les deux princesses ne sont libérées qu'après la mort de l'empereur en 1056.

 

Après les morts mystérieuses de sa sœur aînée et de son frère, Mathilde devient l’héritière du château de Canossa, du marquisat due Toscane et d’une partie de la Lombardie et la Lorraine.

 

Elle étudie le latin, le français, l’allemand, mais aussi l’équitation, le maniement de la lance, de l’épée et de la hache. Sans parler de l’art de la guerre en général. Elle mène ra sa première campagne en 1067 en repoussant les Normands hors du Latium.

 

En 1057, Béatrice retourne enToscane, accompagnant le pape Victor II. Accompagnée de Godefroid II (le Barbu), le second mari de sa mère, ils font élire comme pape Étienne, le frère de Godefroid. Mais où est donc Jésus dans tout cela ? En 1069, Mathilde épouse le fils de son beau-père, né du premier mariage de ce dernier, connu sous le nom de Godefroid III le Bossu.

 

En 1073, le moine Hildebrand est élu pape sous le nom de Grégoire VII. Il entend purifier l’Église selon des normes grégoriennes : affirmer l’indépendance du clergé, imposer (mais oui !) le célibat des prêtres, créer un collège de cardinaux et interdire la simonie. Grégoire veut mettre fin au pouvoir de nomination des évêques par les princes. Dans cette querelle des Investitures, Mathilde le soutient totalement. L’empereur est excommunié. Mathilde lui propose de rencontrer le pape qui s’est réfugié dans son château de Canossa.

 

Bismarck inventa donc l’expression « aller à Canossa » (s’agenouiller devant son ennemi) en hommage à Mathilde de Toscane et à son château de Canossa. Bismarck se référait à l’épisode de la pénitence de Canossa par l’Empereur du Saint-Empire romain germanique Henri IV en 1077 qui vint s’agenouiller – après trois jours en tunique de pénitent – devant le pape Grégoire VII pour que celui-ci lève l’excommunication qui le frappait. Après la mort de Grégoire VII, Mathilde soutient son successeur Victor III, réfugié au Mont Cassin, contre l’antipape impérial Clément III (mais où donc est Jésus dans tout cela ?). Après la mort du pape, une quarantaine d'évêques et d'abbés, réunis sous la protection des milices de Mathilde, élisent l'évêque d’Ostie sous le nom d’Urbain II (un Français du nom de Eudes de Châtillon, à l’origine de la première croisade et instaurateur de la prière de l’angélus pour la conversion des musulmans).

 

En 1089, Mathilde se remarie à 43 ans avec Welf II de Bavière (dit “ Welf le gros ”), un ado de 17 ans. Le couple se séparera six ans plus tard, Welf ayant choisi le parti de l’empereur.

 

En 1077, Mathilde avait cédé, pour après sa mort, l’ensemble de ses États à la papauté. Cette donation sera à l’origine d’un conflit de 100 ans entre les papes et les empereurs (la “ lutte des Guelfes et des Gibelins ”).

 

Mathilde meurt en 1115. Elle est enterrée dans l’église de Saint-benoît de Polirone. En 1632, le pape Urbain VIII fait transférer sa dépouille dans la basilique Saint-Pierre où Bernini lui consacre un monument funéraire grandiose.

 

 

Femmes au pouvoir (3)
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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 06:03
 

La journée du 6 janvier 2021 devait être celle de la confirmation officielle, par le Congrès des États-Unis, présidé par le vice-président Pence, du nombre de grands électeurs attribués par le suffrage de chacun des 50 États. En général, cette séance est une formalité, où, cinquante fois, on se contente d’énumérer des chiffres. Or, cette séance ne fut pas une formalité.

 

En effet, l’actuel président Trump qui, depuis le mois de mars, refusait d’envisager une défaite et qui, depuis le 4 novembre, ne cessait de clamer – sans preuves – qu’il avait été victime d’une fraude, avait appelé ses partisans à manifester devant le Capitole, siège du Congrès, pour faire pression sur les élus, afin que ceux-ci invalident le vote du 3 novembre (au moins dans les Etats-bascules, sinon dans tous les États). Résultat : vers les 18 h, heure française, les manifestants, chauffés à blanc par les propos de Donald Trump et par leurs propres slogans, ont envahi le Capitole, vandalisé les portes et les vitres, chassé les parlementaires, et détruit du matériel de journalistes.


Je ne décris ces événements (désormais connus de tous) que pour les rapprocher d’un événement de l’Histoire de France, qui parlera peut-être à ceux qui s’intéressent à la vie politique de la Troisième République.

 

1. Le 6 février 1934, à la suite d’événements proches et lointains (Grande crise de 1929, chômage, scandales politico-financiers, affaire Stavisky, mutation au Maroc du préfet de police Chiappe, très populaire à l’extrême-droite), une grande manifestation fut organisée par l’extrême-droite à Paris. On y trouva plusieurs groupements de cette mouvance politique, l’Action française, les Camelots du roi, les Jeunesses patriotes, une Ligue d’Anciens combattants... Tous furent appelés à se rassembler place de la Concorde, face au Palais-Bourbon, siège de la Chambre des députés. La manifestation se solda par 14 morts et plus de 600 blessés et eut comme conséquences lointaines (de façon indirecte), deux ans après, la victoire du Front Populaire, et, six ans après, le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

 

2. En quoi ces deux événements peuvent-ils être rapprochés ? D’abord en ce que tous deux viennent de l’extrême-droite : le président Trump, de droite extrême sur les plan sociétal et social, refuse le libre jeu de la démocratie parlementaire, et avait appelé ses partisans à manifester. Et, parmi ces manifestants, se trouvaient des groupes armés extrémistes et quelque peu "déjantés", tels que les Proud Boys ou des complotistes, comme les QAnon.

 

3. Ces événements le sont aussi en ce que, tous les deux, ils prennent pour cible non le siège de l’exécutif (l’Hôtel Matignon, la Maison Blanche), mais le siège du législatif (le Palais Bourbon, le Capitole), empli de parlementaires réputés inefficaces, profiteurs, gavés et corrompus – ce qui est une des antiennes de l’extrême-droite.

 

4. Ils le sont enfin du fait du manque de perspective, de vue claire des événements, de plan concerté des organisateurs : le 6 février 1934, les organisateurs étaient multiples, divisés, sans vision d’ensemble (le colonel de la Rocque et ses Croix de Feu s’éclipsèrent rapidement), sans chef reconnu par tous. Ils voulaient renverser le gouvernement : mais pour mettre qui à la place ? Et pour y faire quoi ? De même, le 6 janvier 2021, le président Trump avait bien chauffé, excité, galvanisé ses partisans, en leur demandant de se rassembler devant le Capitole. Mais qu’espérait-il ? Que les Représentants et Sénateurs, pris de peur, refuseraient le verdict des urnes du 3 novembre ? Qu’ils lui offriraient quatre ans de présidence supplémentaire par un invraisemblable tour de passe-passe constitutionnel ? Il semble qu’il ait cru, que, comme par magie, tout le monde allait croire à son histoire de fraude et le maintenir au pouvoir...

 

5. Ce n’est que lorsqu’il vit que les choses se gâtaient, que les événements lui échappaient, qu’il demanda à ses partisans de se disperser et de rentrer chez eux. Mais cette attitude ressemble à celle d’un parfait irresponsable, à celle d’un chef de parti, à celle d’un chef de bande, mais certainement pas à celle d’un chef d’État : il agit comme quelqu’un qui, après avoir arrosé un feu de cheminée avec un camion-citerne d’essence, chercherait à l’éteindre avec un arrosoir...

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6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 06:19

 

 

Tout a commencé il y a une trentaine d’années environ quand on a cessé de parler de chandail pour adopter une horreur inspirée de la langue anglaise et imposée par l’impérialisme langagier zunien “ sweater ”.

 

Par ignorance, par contamination et par paresse, sweater est devenu sweat, et on l’a prononcé [swi:t], comme sweet qui signifie bonbon. « T’as pas vu mon sweat ? » est passé très facilement dans la langue.

 

Sweater vient du substantif sweat qui signifie sueur et du verbe to sweat qui signifie suer. Sweat se prononce [swet].

 

Un sweater est donc un habit de laine qu’on enfile pour suer, pour transpirer. Ce qui est beaucoup moins ragoûtant que chandail, le tricot que portaient les marchands d'ail bretons. Par aphérèse, le “ mar ” a sauté. C’est un bonnetier d’Amiens qui adopta le mot chandail pour désigner les sweaters qu’il fabriquait. Utiliser des mots français, c’est baigner dans notre culture et dans notre histoire. L’histoire de la langue c’est la langue de l’Histoire. Adopter des idiomes improbables fait de nous des barbares. Un marchand de sweet/sweat ne vendra pas un article de plus parce qu’il se coule dans le moule de l’acculturation.

 

Stricto sensu, un sweater est un gilet en mailles, à manches longues, boutonné devant. J’aime bien l’origine du mot tricot. Il vient du verbe tricoter (XIVe siècle) qui signifie remuer vivement. Lorsque l’on dit d’un cycliste qu’il tricote des jambes, c’est littéralement vrai. Le verbe a donné le substantif. Les linguistes appellent celui-ci un déverbal (quand le nom est tiré du verbe). Un tricot implique que l’objet a été fabriqué avec deux aiguilles, sauf lorsqu’il est rond et que trois ou quatre aiguilles sont disposées en circuit fermé. Dans l’entre-deux-guerres, outre-Manche comme chez nous, on utilisait sweat-shirt pour signifier un survêtement d’athlète.

 

La culture du pauvre ou, plus précisément, la culture pour les pauvres, c’est toujours l’imprécision, le flou, l’amalgame, la frime.

Un bonbon ou un chandail ?
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1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 05:55

Hergé, le père de Tintin se raconte, Hors série des Cahiers de la BD, Paris : 2020.   

 

S’il y a un  créateur qui a conçu un personnage qui ne lui ressemblait vraiment pas, c’est bien Hergé. Tintin, c’est non seulement une version supérieure de lui-même, mais aussi une projection fantasmée et idéalisée : « Tintin est certainement né de mon désir inconscient d’être parfait, d’être un héros », disait le créateur. Heureusement pour nous les enfants de 7 à 77 ans (fichtre, il ne me reste que cinq ans de lecture !), celui qui fut sa vie durant un être dépressif, bourré de contradictions, a créé un personnage lisse, plein d’allant, sans réels problèmes, avec un visage qui n’en était pas un (son visage est un masque disait Hergé), sans aucune appétence pour l’alcool, sans sexualité alors que celle de son créateur dut enchanter les psys qu’il consulta. Les relations d’Hergé avec les femmes furent placées – nous rappellent les auteurs de cet ouvrage – sous le double signe de l’infantilisme, l’impossibilité de comprendre son rapport profond à sa mère, et du mythe de la petite fille. Et nous devons toujours garder en mémoire que le père d’Hergé était le fruit d’une union illégitime entre une servante et un comte chez les parents duquel travaillait la domestique. Certains évoquèrent même un géniteur dans la famille royale.

 

Contrairement à Tintin sans cesse en mouvement, Hergé ne quitta guère Bruxelles, ce qui ne l’empêcha pas d’imaginer et de recréer le monde comme peu de dessinateurs surent le faire. Un peu comme Blaise Cendrars qui affirmait que l’important n’était pas qu’il se fût rendu dans les pays de ses reportages mais que nous ayons cru, en le lisant, qu’il y était allé…

 

Après son service militaire en 1927, son retour à Bruxelles fut marqué par sa rencontre avec l’abbé Wallez, son père d’adoption, la « rencontre de sa vie », selon ses dires. Un curé nationaliste, catholique, conservateur, réactionnaire et qui adhéra au nazisme en 1940. Il rencontra le Duce et l’admira éperdument. Il fut l’éminence noire de Léon Degrelle, négationniste après la guerre et nazi jusqu’à sa mort sous le chaud soleil de Malaga. Wallez rêva d’une Belgique qui se serait unie à la Rhénanie pour donner naissance à un État autoritaire au nord de l’Europe. Au début de sa carrière, Hergé voulut envoyer Tintin en Amérique, mais l'abbé lui imposa la destination africaine pour faire l'apologie de la colonisation belge. L'abbé n'aimait pas les États-Unis réputés protestants, où la société était infectée par l’argent du capitalisme « judéo-américain ». De ce catholicisme, il ne restera rien. Dieu est absent des albums de Tintin, tout comme, à de rares exceptions près, la lumière du soleil (cherchez les ombres, il n’y en a guère).

 

En tant que créateur, Hergé ne venait bien sûr pas de nulle part. Ses influences furent Alain Saint-Ogan (Zig et Puce), son ami le sculpteur Tchang Tchong-jen, Benjamin Rabier (Gédéon, “  La Vache qui rit ”), Charlie Chaplin, Jerome K. Jerome, George McManus (La famille Illico), l'illustrateur René Vincent.

 

Bien que de droite toute sa vie, Hergé ne fut pas monolithique. Sous l’influence de son ami Tchang, il soutiendra la Chine contre le Japon, futur puissance due l’Axe. Il saura prendre le parti d’étudiants républicains espagnols lors d’une manifestation à Genève. Ses héros Quick et Flupke (pour lesquels Hergé eut toujours un petit faible) sauront défier l’autorité et se moquer des éditions Rex dirigées par Léon Degrelle. Tintin prendra la défense de Zorrino dans Le Temple du soleil et des romanichels dans Les Bijoux de la Castafiore.  Ces romanichels qui lui tireront une des très rares larmes de sa saga. Mais au début de la guerre, Hergé se rangera du côté de ceux qui voulaient être « embochés », faire vivre la BD car la collaboration était un moindre mal. Après la guerre, Hergé sera quelque temps interdit de publication avant que son dossier soit classé sans suite par la Justice.

 

Enfant, Hergé fut très probablement abusé sexuellement par son oncle maternel. Dans les albums, on remarque une hantise du corps poilu : le savant délirant dans Le Manitoba ne répond plus, le premier Haddock à la barbe folle, le singe Ranko, le yéti. Sans parler de cette scène extraordinaire – rêvée – de viol (Le Crabe aux pinces d’or, p. 34) où un Haddock hirsute, aux dents terrifiantes, viole Tintin avec un tire-bouchon.

 

La mère d’Hergé meurt aliénée en 1946. Jusqu’en 1959, alors qu’il est en pleine gloire, il va vivre une longue période dépressive, interrompant, par exemple, la saga lunaire pendant un an.

 

Les retrouvailles avec Tchang, cinquante ans plus tard seront décevantes. Sculpteur, Tchang est toujours dans l’académisme alors qu’Hergé a abandonné le réalisme pour se tourner vers le non-figuratif. Il soutient le Tibet quand son ami lui explique que cette province est chinoise depuis 2 000 ans.

 

Á l’École de recherche graphique, Tchang montre ses œuvres. Hergé, atteint d’une leucémie, n’est pas là. Tchang fait admirer ses talents de calligraphe et se fend d’une délicieuse pirouette. Il lit ce que son pinceau a tracé : « Travail donne Travail et produit de la Patience. Patience donne Patience et produit de la Force. » Les spectateurs méditent ce proverbe chinois, jusqu’à ce que Tchang les surprenne par un : « C’est une pensée de Rodin. »

 

Devrais-je le cacher plus longtemps ? Je considère Hergé comme l’un des quatre ou cinq grands génies créatifs du XXe siècle, au niveau de Charlie Chaplin ou Picasso.

 

Note de lecture (193)
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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 06:18

 

 

Végan

 

Un anglicisme, bien sûr. Le véganisme correspond au végétalisme intégral qui consiste à ne consommer aucun produit animal (nourriture, et aussi cuir des animaux pour les chaussures ou laine pour les tricots).  Dons pas de viande, pas de poisson, pas de lait, pas de miel, pas de beurre dans les épinards.  Pas de caviar non plus. Pas de médicaments ou de produits cosmétiques testés sur des animaux. Cette démarche s’inscrit dans l’antispécisme, « une philosophie selon laquelle l’espèce d’un individu n’est pas un critère pertinent pour définir la considération morale à accorder à cet individu » (Wikipédia). C’est Israël qui compte proportionnellement le plus grand nombre de végans au monde – on les trouve surtout parmi les partisans de la paix au Proche-Orient – peut-être parce que, consciemment ou non, ces adeptes ont en mémoire que Kurt Franz, dernier commandant du camp d’extermination de Treblinka, était boucher et cuisinier de formation.

 

Comme le mot “ Végan ” est un emprunt direct de l’anglais (“ vegan ” datant de l’après Deuxième Guerre mondiale), il y a flottement au niveau des dictionnaires. Le Robert préscrit “ végane ” au masculin comme au féminin alors que le Hachette préfère “ végan(e), selon le genre. Le Grand dictionnaire terminologique du Québec a choisi “ végétalien(e) intégral(e) ”. De même que FranceTerme  (ministère de la Culture).

 

Le mot “ Végan ” est apparu en France au début des années soixante mais n’est devenu populaire qu’au XXIe siècle.

 

Le végétalisme intégral n’a pas vraiment pris en France (moins de 0,5% de la population. Il a un peu plus de succès en Allemagne (1% de la population). Parmi les végétaliens célèbres, on compte : Pamela Anderson, Nathalie Portman, Aymeric Caron, le pilote Lewis Hamilton, l’ancien boxeur Mike Tyson, James Cameron, Greta Thunberg, de nombreux acteurs de la série Game of Thrones.

 

Aux élections européennes de 2019, le Parti animaliste, soutenu par Brigitte Bardot et Sylvie Rocard, a obtenu 2,17% des voix, presque autant que le parti communiste.

 

On peut dire que, dans notre pays, le véganisme a supplanté le macrobiotisme qui eut son heure de gloire dans les années 60 à 80. Au XIXe siècle, nous avions connu le mouvement légumiste, originaire des Indes via le Royaume-Uni.

 

Á noter que, dans le monde de l'automobile, la Tesla est entièrement végane, tout comme le véhicule utilitaire sport (pardon : SUV) électrique de chez Volkswagen dont les sièges sont fabriqués à partir de cuir de pommes, tandis que la Zoé de Renault l'est en partie : les ceintures de sécurité sont fabriquées à partir de bouteilles en plastique recyclées. Ford étudie la possibilité de construire ses voitures largement en bambou. Les pandas risquent de crever de faim. Il faut choisir...

 

 

 

 

 

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (31)
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25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 06:35

 

 

Le tsunami est une vague qui peut être monstrueuse, jusqu’à 100 mètres de haut. En France, on n’a jamais connu cela. Ni même 30 mètres. Je me souviens du tsunami qui, suite à l’effondrement, en 1979, d’une partie du remblai de l’aéroport de Nice, avait inondé plusieurs quartiers d’Antibes sous 3 mètres d’eau. Un de mes amis, jeune ingénieur, avait annoncé cela dans sa thèse de Troisième cycle deux ans auparavant. Il n’eut aucune difficulté pour trouver du travail par la suite.

 

Ce mot, qui signifie « vague de port » en japonais, est entré dans la langue française en 1915 alors que « raz-de-marée », qui ne signifie pas tout à fait la même chose selon les dictionnaires, date de 1680 (en ancien français, un raz est un courant d’eau violent : le raz de Barfleur ; il a la même origine que le mot anglais race : course). L’onde d’un tsunami, engendrée par un phénomène sismique, une éruption volcanique, voire à un glissement de terrain, peut atteindre facilement 800 km/heure.

 

Le plus terrifiant de tous les tsunamis de l’ère moderne se produisit en 2004, suite à un tremblement de terre en Indonésie. Une vague gigantesque d’une trentaine de mètres de hauteur fit au moins 250 000 morts dans tout l’océan Indien.  Mais l’intérêt du tsunami est ce que nous en faisons, nous les francophones, au sens figuré.

 

On note ces dernières années l’effacement de raz-de-marée au profit de tsunami (celui-ci est utilisé 300 fois plus souvent que celui-là). Mais aussi l’adjectif substantif « déferlante », qui qualifie ces vagues redoutables – le mot lui-même fait peur – qui s’enroulent sur elles-mêmes.avant de se briser en écume, ou d’être brisées, dans le cas de manifestations qui déferlent, par des services d’ordre surarmés. Autrefois, on aurait dit que «la vague conservatrice a tout emporté sur son passage ». Désormais, on parlera de tsunami, ce qui est à la fois plus ampoulé, plus amphigourique, et surtout plus exotique. Bref, ce qui ne veut plus dire grand-chose. L’important est de mettre tsunami à toutes les sauces : tsunami de la croissance, tsunami de la misère, tsunami des soldes.

 

Les mots chéris des médias et des politiques (30)

PS : Raphaëlle et Rébecca me voient comme ça. Je n'y peux rien...

Les mots chéris des médias et des politiques (30)
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22 décembre 2020 2 22 /12 /décembre /2020 05:58

 

 

Boadicée en français, Boudica en anglais. Née en 30, elle occupe dans la mythologie d’outre-Manche la place qu’occupe Vercingétorix (dont l’existence est mise en doute, comme Hercule Vercingétorix pourrait être la synthèse née plusieurs chefs) chez nous.

 

Elle est issue d’un peuple celte (les Icéniens) de l’Est-Anglie. En 60, elle devient la reine de son peuple à la mort de son mari Prasutagos qui, pour se faire bien voir de Néron, lègue la moitié de son royaume à sa femme et à ses deux filles et l’autre moitié aux Romains. Le peuple Icénien est néanmoins humilié, Boadicée étant flagellée en public et ses deux filles violée par des légionnaires.

 

Boadicée lance alors une révolte contre l’occupation romaine après avoir recruté une armée de 120 000 hommes. Elle déclare qu’« elle ne vient pas, fière de ses nobles aïeux, réclamer son royaume et ses richesses; elle vient, comme une simple femme, venger sa liberté ravie, son corps déchiré de verges, l'honneur de ses filles indignement flétri » et conclut que « femme, c'est là ma résolution : les hommes peuvent choisir la vie et l’esclavage. »  Elle remporte des victoires à Camulodunum (Colchester), Verulanium (St Albans) et met le feu à Londres. Selon Tacite, 70 000 citoyens romains perdent la vie.

 

Les Romains se réorganisent et remportent la bataille de Watling Street (dans le Warwickshire actuel). 80 000 partisans (hommes et femmes) de Boadicée meurent ce jour-là. Tous les druides sont massacrés. Le pays comptait un maximum de 2 millions d’habitants à l’époque.

 

La reine s’enfuit. Peut-être se suicide-t-elle par le poison avec ses filles. Le lieu de sa sépulture est inconnu. Plusieurs hypothèses : Stonehenge, Colchester, Londres.

 

Au XIXe siècle, sous la reine Victoria, Boadicée devient le symbole du courage anglais.

 

Des structures géologiques présentes sur la planète Vénus ont été nommées Bodicea. Alan Stivell lui a dédié une chanson en 2018. Les mangas l’ont adoptée. Last but not least, Boadicea (sigle pour Breast and Ovarian Analysis of Disease Incidence and Carrier Estimation Algorithm) est un algorithme informatique permettant de prédire le risque de développer un cancer du sein ou de l’ovaire.

 

Femmes au pouvoir (2)
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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 06:16

Je ne vais pas parler ici de trans, de bi, de ter, de quatro, mais des erreurs que nous commettons – moi le premier – en pensant, par exemple, que “ tentacule ” est du féminin, peut-être parce qu’il y a un e au bout du cul. Tout comme pour “ testicule ” qui sont les “ témoins ” de la vérité. Mais, manque de chance, “ ovule ” est masculin. On commet ces erreurs parce qu’elles sont fossilisées avec le temps. Dans ce domaine comme dans d’autres, l’anglais est peinard : il n’hésite pas entre le Covid et la Covid (je préfère « le » dans ce cas car le d est celui de « disease » qui est neutre en anglais, donc culturellement masculin en français).

 

Un problème sérieux est qu’un même mot, ayant deux sens différents, a deux genres différents. C’est le cas de “ la mi-temps ” au football et “ le mi-temps ” auquel sont contraints de nombreux travailleurs. Ou encore “ une enseigne ” de magasin mais “ un enseigne militaire ”.

 

Franz Schubert a écrit 1009 œuvres fort belles mais le facteur Cheval a laissé dans son jardin un œuvre bien singulier.

 

J’hésite souvent (j’ai mes faiblesses) avec l’échappatoire. C’est bien un mot féminin.

 

Je sais bien que “ soldes ” est du masculin mais je l’écris spontanément au féminin. Après je corrige et me repens. En revanche, je ne me trompe pas avec “ orgues ”, qui est du masculin mais qui passe au féminin lorsqu’il est utilisé au pluriel (“ des grandes orgues ”).

 

De même que l’on dit « une bite », on dit « une orbite ». Même si Proust l’utilise au masculin : « dans l'orbite particulier où elle se mouvait ».

 

Confusion possible avec hymne qui peut être au féminin lorsqu’il est religieux mais qui est masculin lorsqu’il est profane : « l’hymne national ». Tout comme “ clope ” qui est plutôt du féminin quand il s’agit d’une cigarette et du masculin lorsqu’il s ‘agit d’un mégot.

 

“ Après-midi ” peut être masculin ou féminin. “ C’taprème ”, c’est comme on veut. Tout comme “ gens ” : «des gens valeureux », « des bonnes gens ».

 

Grâce à la pub des années 70, on sait qu’“ enzyme ” est masculin (« les enzymes gloutons »).

 

Malgré leur douceur euphonique, “ pétale ” et “ alvéole ” sont du masculin.

De la confusion des genres
De la confusion des genres
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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 06:09

 

Á propos d’Hélène de Portes, maîtresse officielle du président du Conseil Paul Reynaud et qui avait très nettement outrepassé ses droits en devenant une présidente-bis, De Gaulle aurait dit, alors que cette personnalité venait d’être décapitée dans un accident de voiture : « C’était une dinde, comme toutes les femmes qui font de la politique. » Churchill l’appelait le perroquet car elle répétait à tout le monde ce qu’elle entendait, y compris aux Conseils des ministres auxquels elle participait, coupant la parole à certains, rabrouant d’autres.

 

Tout cela pour dire que, pendant longtemps, en France, comme presque partout ailleurs, les femmes qui ont essayé de sortir la tête hors de l’eau ont fait face à de farouches oppositions, à des sarcasmes, à de la haine. C’est peut-être Françoise Giroud – dont  le fond de commerce n’était pas dans la misandrie – qui a peut-être le mieux résumé le problème de l’inégalité femmes-hommes en déclarant dans une interview de 1983 : « La femme serait vraiment l’égale de l’homme jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. » On peut dire que le banquier éborgneur a vérifié ce postulat…

 

Je commence aujourd’hui une nouvelle série sur des femmes qui ont détenu du pouvoir. Je vous épargnerai les classiques bien connues : Margaret Thatcher, Catherine de Médicis, Élisabeth de Russie, Indira Ghandi, Golad Meir, Hillary Clinton, Angela Merkel, pour m’intéresser à des personnalités plus confidentielles mais souvent très fascinantes.

 

Je commencerai par une reine qu’un de mes arrière-grands-pères, petit paysan picard, a côtoyée car il fut quelques jours – en qualité de conscrit – son geôlier à Alger où elle avait été exilée : Ranavalona III.

 

Née le 22 novembre 1861, elle mourut le 23 mai 1917 et fut la dernière reine de Madagascar, succédant à Ranavalona I et Ranavalona II (qui fit de Madagascar un pays officiellement chrétien). Toute sa vie de reine, elle résista aux visées colonialistes de la France dans son pays. Par exemple, en renforçant les relations avec les États-Unis et la Grande-Bretagne. Elle ne put empêcher la prise du palais royal en 1895. C’en fut fini de l’autonomie de ce royaume centenaire.

 

Dans un premier temps, Ranavalona est autorisée à rester dans son palais. Mais, suite à un mouvement insurrectionnel, les Français l'exilent sur l’île de La Réunion en 1897. Après la mort de son mari, Ranavalona est transférée dans une villa à Alger avec une partie de sa famille et de ses domestiques. Une allocation confortable lui est allouée. Quelques escapades à Paris lui sont autorisées. Mais le gouvernement français refusera qu’elle retourne dans son pays.

 

La reine meurt d’une embolie à l’âge de 55 ans en 1917. Ses restes seront rapatriés à Madagascar en 1938.

 

L’île accèdera à l’indépendance en 1960. Elle est aujourd’hui dirigée par un président autocratique et technocratique.

Femmes au pouvoir (1)
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