Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 06:07
 
Une tribune poignante dans Libération
 
 
 
Par où commencer, quand il faut tout reprendre, tout déconstruire. Comment faire, quand on ne donne au corps enseignant que des bouts de ficelle, des demi-heures de soutien ?
 

Je suis enseignante dans un collège. C’est un collège classique, qui n’est pas classé REP, qui fait peu de bruit. On y rencontre les mêmes problématiques qu’ailleurs : des classes chaque année plus bondées, des enseignants fatigués, chargés d’heures supplémentaires, une vie scolaire clairsemée, faute de postes suffisants et de conditions de travail décentes, un personnel médico-social débordé… Et au milieu de cela, des élèves, bouillonnant d’énergie, souvent dépassés par ce qu’ils entendent, ressentent, et parfois disent, exigeants, vifs, souvent brillants.

Dans ce collège classique, les disciplines s’enseignent, les «savoirs fondamentaux» se travaillent, mais ce ne sont pas toujours ceux que l’on croit. En filigrane des matières, des mots s’échangent, des valeurs se jaugent, et il n’est pas nécessaire de tendre l’oreille pour saisir ces discours du quotidien : «Ah bon, on peut tomber enceinte en buvant du Redbull  ; «Non mais t’es gay ou quoi  ; «Et toi, avec ta jupe, t’attends qu’on te viole  Phrases parfois dites en l’air, souvent reflet du monde des adultes, qui viennent frapper ici de plein fouet des adolescent·e·s qui s’interrogent, qui se cherchent, et qui se brisent. On a alors besoin de temps, d’énergie, de ressource, pour leur permettre de se réapproprier leur corps. On a besoin de temps, d’attention et de soutien, pour réparer les dommages et restaurer les confiances. On a besoin de temps, d’heures de débats, d’écoute et de partage, pour déconstruire ce qui se passe quand l’excitation monte, que la frustration gagne et qu’on se retrouve à dire des horreurs à celle qu’on voulait probablement séduire.

Une belle idée qui n’existera que sur le papier

Mais ce temps précieux, d’autres sujets le réclament, car c’est aussi dans ce collège classique que Djibril (1) suivait ses cours l’année dernière. Djibril, ce garçon de 15 ans retrouvé dans une cave tuméfié, poignardé, victime d’une vieille guerre de quartiers qui impose que régulièrement des jeunes d’une ville s’arment de barres de fer, de battes et maintenant de couteaux pour aller fracasser leurs voisins. Le maire de la ville a annoncé qu’il préparait avec son homologue limitrophe plusieurs actions pour enrayer cette violence, en impliquant les services de police, les associations de quartiers et les établissements scolaires. Fort bien ! Il va en falloir en effet, des projets éducatifs, pour réconcilier ces deux villes ennemies, il va en falloir, de l’accompagnement consciencieux pour que nos élèves s’approchent, se parlent et s’écoutent, qu’ils apprennent finalement à vivre ensemble.

Ah, mais voilà : du temps, des heures, de la disponibilité, il n’y en a pas. Les caisses sont vides, a-t-on annoncé lors du dernier comité académique chargé de discuter de la répartition horaire globale des établissements, cette fameuse enveloppe qui dicte nos conditions de travail.

Mon collège fait peu de bruit. Il est donc placé parmi les tous derniers du département en termes d’heures rapportées au nombre d’élèves. Nous perdrons, à la rentrée prochaine, deux classes, ce qui fera monter nos effectifs à 28 minimum sur deux niveaux. Voilà de bonnes conditions pour mener des débats pertinents, pour faire dialoguer nos élèves ! Des postes seront supprimés, des enseignants qui s’étaient investis dans la vie du collège partiront et nous accueillerons des remplaçants, écartelés entre plusieurs établissements, n’ayant le temps de rien, parfois même pas de manger. Voilà de bonnes conditions pour monter des projets d’établissement ambitieux, répondre à de sanglantes guerres locales ! Nous n’aurons plus non plus d’heures pour développer des projets, même plus assez pour mettre en œuvre le fameux programme d’éducation à la sexualité dont l’application est obligatoire, mais qui ne dispose ni d’heures fléchées, ni de formation automatique des enseignants. Une belle idée qui n’existera que sur le papier, encore.

Trop de batailles

Cet après-midi, j’étais donc sous la pluie. Je distribuais des tracts pour les familles, les alertant de ce cauchemar qui se trame, année après année, de ces moyens si peu à la hauteur de leurs enfants. Je pensais à mes élèves, anciens et présents, à ces conflits qui les agitent et qui les blessent. Je pensais à leur résilience, à leur intelligence, aux débats qui les animent et qui ne demandent que de l’espace pour s’exprimer, pour un peu qu’on leur fasse confiance. Je pensais aux caisses soi-disant vides, et à mon cher ministre qui a, pour la deuxième année consécutive, rendu 200 millions d’euros à l’Etat, 200 millions budgétés pour mes élèves, pour Djibril, pour l’élève de cinquième de l’année dernière qui ne savait toujours pas lire et pour lequel nous n’avions aucune solution… J’étais là, avec mes tracts, et j’étais désespérée.

On n’imagine pas l’énergie qui est déployée par ces enfants, par les adultes qui les entourent, par un établissement. Mais même les plus grandes volontés rencontrent leurs limites quand elles mènent trop de batailles, et qu’elles sont trop seules. Par où commencer, quand il faut tout reprendre, tout déconstruire, expliquer aux enfants que ce n’est pas en poignardant un autre qu’on devient un homme, et que ce n’est pas en lui parlant de viol qu’on séduit une jeune fille ? Et comment faire, quand on nous donne, pour toutes armes, des bouts de ficelle, des demi-heures de soutien ?

C’est un combat qui broie ses combattants car en attendant, moi, je les vois tous les jours ces jupes vacillantes, ces élèves qui ressassent des mots qui les entravent et dont personne ne les libère, ces garçons qui griffonnent de leur écriture d’enfant le nom de la ville rivale, inconscients de l’engrenage qui les attrape.

Et notre ministre, dans son bureau du VIIe arrondissement, lorsqu’il rend 200 millions d’euros, rend des heures, rend du temps, les voit-il ?

(1) Le prénom a été modifié.

Nous, enseignants, sommes trop seuls pour toutes ces batailles
Partager cet article
Repost0
3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 06:11

Serge Halimi s’étonne du pouvoir acquis par les réseaux sociaux (“ Taisez-vous ”) : « Ce 9 janvier 2021, onze jours avant la fin du mandat de M. Donald Trump, et alors que même une partie de ses féaux républicains l’avaient lâché, Twitter a décidé de fermer son compte, et Facebook de le suspendre. Les méfaits de l’ancien président n’étaient pourtant pas plus meurtriers que ceux de la CIA ou d’autres chefs d’État dont les comptes n’ont jamais été menacés ; prétendre (à tort) que sa défaite électorale avait été obtenue par la fraude n’était pas plus pendable que d’avoir menacé (sur Twitter) la Corée du Nord du feu nucléaire. Et les « discours de haine » que les plates-formes électroniques reprochent aujourd’hui à M. Trump, après en avoir énormément profité, n’égalent pas la gravité extrême de ceux que ces mêmes réseaux « sociaux » ont diffusés en Birmanie ou en Inde contre les minorités musulmanes. Mais Twitter et Facebook ne se caractérisent ni par leur cohérence, ni par leur courage. Enhardis par l’incroyable mansuétude avec laquelle gouvernements et individus les ont laissés agir et grandir, ils en ont déduit que tout leur était permis. Qu’ils puissent clouer le bec au président des États-Unis donne la mesure vertigineuse du pouvoir qu’ils ont acquis. »

 

 

Qui veut la mort d’EDF, demandent Anne Débrégeas et David Garcia : « Plus que jamais, la menace du dérèglement climatique commande d’investir dans l’efficacité énergétique et le renouvelable. Mais, à Paris et à Bruxelles, la priorité reste de démanteler le service public. Dernier avatar d’une obstination à favoriser artificiellement les prestataires privés dans la fourniture d’électricité, le projet Hercule cristallise les inquiétudes. »

 

 

Pour Thomas Frank, les « paranoïas américaines » ne s’arrangent pas : « Ainsi, l’ère de M. Donald Trump est arrivée à sa conclusion, dans une apothéose d’égotisme, d’incompétence et de violence. Le président milliardaire avait gardé le pire pour la fin. Après avoir perdu l’élection du 3 novembre 2020, il a refusé de reconnaître sa défaite et engorgé les tribunaux de dizaines de recours — tous rejetés, y compris par les juges qu’il avait nommés —, prétendant que la victoire lui revenait et qu’elle lui avait été volée selon une méthode non spécifiée. Cette théorie absurde est devenue parole d’évangile pour les élus républicains, notamment les plus jeunes et les plus ambitieux, qui se sont hâtés de la colporter. Le point culminant a été atteint le 6 janvier, lorsque M. Trump a appelé ses partisans à se diriger vers le Capitole, à Washington, où les parlementaires étaient en train de certifier le résultat du scrutin. »

 

 

 

Le Monde Diplomatique (249)

Leigh Phillips s’interroge sur les “ mirages de la décroissance ” : « D’un côté, les partisans d’une frugalité volontaire, renvoyés à la « lampe à huile » par le président français Emmanuel Macron. De l’autre, des dirigeants d’entreprises polluantes débitant des gadgets destinés à alimenter l’aliénation par la consommation. Les caricatures qui structurent les débats sur la croissance ne nous privent-elles pas d’une réflexion sur les finalités potentielles de l’activité économique ? »

 

 

Philippe Descamps et Ana Otašević dénoncent le clientélisme et les vertiges identitaires au Monténégro : « Pour la première fois de son histoire, le Monténégro connaît un changement de pouvoir par les urnes. Sous la férule de M. Milo Ðukanović, l’équipe sortante a été successivement communiste, nationaliste panserbe et russophile ; indépendantiste, puis atlantiste et proeuropéenne… La nouvelle majorité n’échappe ni aux logiques identitaires ni aux pressions extérieures qui imposent un cadre étroit au renouveau attendu. »

 

 

Laura Diab et Guillaume Ptak évoquent le sort des petits épargnants ruinés en Ukraine : « Depuis 2014, l’Ukraine a purgé son système bancaire de plus d’une centaine d’établissements. Passée relativement inaperçue en raison des affrontements armés dans le Donbass, cette guerre économique a été menée au nom de la lutte contre la corruption. Mais elle a ruiné des milliers d’épargnants et a simplement rebattu les cartes à l’intérieur de l’oligarchie – sans la faire vaciller. »

 

 

Rory Scothorne est sûr que l’Écosse crève d’indépendance : « Si le Covid-19 ne perturbe pas le calendrier électoral, à l’approche du 6 mai 2021 l’Écosse se retrouvera sous les feux de la rampe dans le drame constitutionnel interminable que le Royaume-Uni offre au monde depuis quelques années. Le scénario est déjà écrit : en dépit de la pandémie, les sixièmes élections générales écossaises se joueront, plus encore qu’auparavant, autour de la question de l’indépendance. Non seulement le Parti national écossais (SNP) est promis à une quatrième victoire d’affilée, mais l’indépendance est arrivée en tête dans une série inédite de dix-sept sondages. Si, comme en 2011, le SNP emporte la majorité, il exigera la tenue d’un référendum sur la question ; dans le cas contraire, il s’appuiera sur les Verts écossais pour l’obtenir.

 

 

Selon Guillaume Long, il existe trois projets pour l’Équateur : « La dernière campagne présidentielle équatorienne avait été marquée par un projet : la continuité que M. Lenín Moreno promettait de mettre en œuvre avec le mandat de M. Rafael Correa — avant de trahir son bilan en tous points. Quatre ans plus tard, tous les candidats à la magistrature suprême s’entendent sur une urgence : rompre avec M. Moreno, qui ne se représente pas. C’est que l’Équateur va mal. La pandémie de Covid-19 y a été particulièrement sévère. Le gouvernement a recensé 13 932 victimes de la maladie en 2020. mais l’excès de mortalité par rapport aux années précédentes s’élève à près de 40 000 personnes, dans un pays de 17 millions d’habitants. Bien que l’on ne puisse pas affirmer avec certitude que toutes ces disparitions sont une conséquence du coronavirus, elles résultent néanmoins de la crise sanitaire provoquée par la pandémie.

 

 

José Natanson explique pour quoi, en Argentine, le maté survit malgré le Covid : « Si le Covid-19 tue, il transforme également le quotidien. De trop faibles capacités hospitalières face à la pandémie ont en effet imposé de rompre avec certaines habitudes. En Argentine, la journée est scandée par le partage — en famille, au travail, entre amis — d’une infusion, le maté, dans un rituel que la maladie a menacé. Un temps seulement… »

 

 

Akram Belkaïd estime que Le Caire est toujours en quête d’influence : « Tout en multipliant les violations des droits humains, le président Abdel Fattah Al-Sissi tente de replacer l’Égypte au cœur du jeu diplomatique régional. Il veut renforcer ses relations avec l’Arabie saoudite et éviter les tensions avec la nouvelle administration américaine. Le Caire n’exclut pas d’intervenir en Libye et cherche des alliés pour contrecarrer le projet de barrage éthiopien aux sources du Nil. »

 

 

Pour Maëlle Mariette, la course des producteurs de lait devient infernale : « Dans un gigantesque bâtiment de cinq mille mètres carrés, des centaines de vaches qui ne fouleront jamais l’herbe déambulent sous de grands ventilateurs-brumisateurs qui tournent silencieusement. À intervalles réguliers, de petits wagonnets parcourent le corps de ferme sur leurs rails, circulant d’un silo de stockage à l’autre, mélangeant les aliments et distribuant les rations. Dans l’étable, rebaptisée « stabulation », les vaches vont et viennent autour de quatre imposantes machines rouges. Ce sont des robots de traite. Attirées par une ration de granulés, elles viennent s’y placer à tout moment du jour et de la nuit, laissant les portes se refermer le long de leurs flancs. Le processus est entièrement automatisé : le robot commence par identifier la vache grâce à son collier électronique, puis il détecte l’emplacement de ses pis au moyen d’une caméra intégrée. Débarrassés de leurs saletés par un rouleau nettoyeur, ceux-ci sont ensuite scannés par un laser 3D rouge qui détermine la localisation des mamelles au millimètre près. La machine y place alors ses gobelets trayeurs : la traite peut commencer. »

 

 

Joël Cabalion et Delphine Thivet analyse un événement considérable dont nos médias dominants ont peu parlé, la révolte des paysans indiens : « Depuis fin novembre 2020, des centaines de milliers de paysans se sont installés aux portes de la capitale indienne, New Delhi, bien décidés à faire plier le gouvernement. Ce n’est pas la première fois que les agriculteurs occupent le devant de la scène médiatique et politique en Inde : parfois en raison de drames, comme des suicides en nombre ; parfois en raison de leurs combats contre les organismes génétiquement modifiés (OGM) ou encore contre les expropriations. Cette fois, cependant, leur nombre, leur détermination, leurs modes d’action et le ralliement d’une large partie de la société opposée à la politique du premier ministre Narendra Modi concourent à donner à ces rassemblements un caractère inédit. L’adoption de trois lois, proposées par le gouvernement début juin et votées par le Parlement à la mi-septembre, a mis le feu aux poudres dans un secteur déjà largement laminé. Sa part dans la population active est passée de 70 % en 1951 à 48 % en 2011. Si, pour Ashok Gulati, expert indien reconnu et soutien de ces réformes, il s’agit de poser les « fondations de la modernisation de l’agriculture » du pays. pour les premiers concernés ces lois marquent le début d’un démantèlement de la politique agricole et alimentaire mise en place dans les années 1960-1970. »

 

 

Peter Bengtsen évoque la condition des paysans malais qui ont du sang et des larmes sur leurs gants : « Alors que l’utilisation des gants en latex ou en nitrile explose avec la pandémie de Covid-19, les industriels de Malaisie, premiers producteurs mondiaux, profitent d’une main-d’œuvre à bon marché en provenance des pays pauvres voisins. Le piège de la dette se referme alors sur les immigrés, contraints d’emprunter pour avoir le droit de travailler. »

 

 

Philippe Leymarie demande si l’armée française doit quitter le Sahel : « Malgré huit ans de perfusion militaire et économique, les attaques se sont multipliées et étendues du nord au centre du Mali, puis dans le nord du Burkina Faso et du Niger. On a dénombré plus de quatre mille morts en 2019, soit cinq fois plus qu’en 2016, selon le Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (Unowas). Mobiles, flexibles, profitant du « vide d’État ». les groupes armés fuient les agglomérations, préférant s’établir dans les confins, les zones frontières, voies de passage des denrées, des trafiquants d’armes et de drogues, des combattants, des migrants.

Les forces déployées au Sahel depuis l’opération française « Serval », en 2013, n’ont pu venir à bout des quelques centaines ou milliers de combattants de ces katiba (bataillons), qui évitent les affrontements directs et ont su développer une stratégie d’ancrage au sein des populations sans avoir à assumer de souveraineté officielle. »

 

 

Rendant compte du dernier livre de Jean-Pierre Chevènement, Serge Halimi estime que François Mitterrand a laissé un héritage empoisonné : « Il y a un peu plus de quinze ans, M. Jean-Pierre Chevènement analysait déjà l’histoire de la gauche française et sa propre expérience au gouvernement dans les postes les plus divers : industrie, éducation, défense, intérieur. Depuis, il n’est pas redevenu ministre, ni candidat à l’élection présidentielle, mais son premier livre de Mémoires n’avait apparemment pas épuisé le sujet. L’ouvrage qui paraît aujourd’hui, un peu moins solennel et davantage rédigé sur le mode du récit, complète utilement le précédent. Le personnage de François Mitterrand y occupe une place centrale. Cela se comprend : l’homme résida quatorze ans à l’Élysée et fut tout à la fois celui qui arracha les socialistes à leurs alliances avec le centre, leur permettant ainsi d’arriver au pouvoir, puis celui qui en fit les cousins des libéraux proeuropéens incarnés par Valéry Giscard d’Estaing, que Mitterrand avait empêché d’effectuer un second septennat. M. Chevènement analyse brillamment ce retournement. Parfois, il affecte de ne pas en avoir été surpris. Ébauchant dès 1967 l’alliance de sa petite bande d’amis et de Mitterrand, il signale le peu d’enthousiasme que celui-ci leur inspirait alors : « Il avait à nos yeux quelques lacunes : il ne connaissait pas grand-chose au socialisme (…). En matière de gauche, sa rhétorique en était restée à Lamartine. (…) Sa culture économique était malheureusement nulle. » M. Chevènement fit néanmoins le pari d’aider son nouvel allié « à combler ou à tout le moins dissimuler ses lacunes ». Il admet aujourd’hui avoir péché par orgueil : « En politique, j’avais tout à apprendre, et j’ai beaucoup appris de François Mitterrand. » »

 

 

Jean-Yves Dormagen et Geoffrey Pion expliquent pourquoi les statistiques concernant les Gilets jaunes étaient fausses : « « 287 710 » : c’est, d’après le ministère de l’intérieur, le nombre de participants à la première journée d’action des « gilets jaunes », le 17 novembre 2018. Un chiffre repris en boucle dans les médias. Mais comment comptabiliser un mouvement aussi polymorphe ? Grâce à une méthodologie originale, des chercheurs sont parvenus à des résultats bien supérieurs aux données officielles. »

 

 

Lucie Tourette observe la situation des parents isolés dans le marché du travail : « En 2008, l’allocation parent isolé a basculé dans le champ du revenu de solidarité active (RSA). Depuis cette réforme, l’administration pousse avec insistance les femmes élevant seules des enfants vers le marché du travail. Alors que le nombre d’emplois aidés s’effondre, ces allocataires subissent une injonction à laquelle elles ne peuvent répondre, sans pour autant être libérées de l’obligation d’être de « bonnes mères ». »

 

 

Thierry Discepolo estime que la légende de la Pléiade est trop dorée pour être honnête : « Sur quoi l’éminence des éditions Gallimard est-elle bâtie ? Très certainement sur la « Bibliothèque de la Pléiade ». Au début des années 1930, André Gide dut « insister près de deux ans » pour que Gallimard la rachète à son fondateur, Jacques Schiffrin, car personne alors n’y trouvait quoi que ce soit de « remarquable ». Dix ans plus tard, à l’incompétence succédera la rapine.

Né en 1892 à Bakou, héritier d’un docker ayant fait fortune dans l’industrie pétrolière, Schiffrin s’installe à Florence après que l’entreprise familiale a été nationalisée par l’État soviétique. Il y travaille pour l’historien Bernard Berenson, se forme à l’édition d’art, puis s’installe dans les années 1920 à Paris, où il crée les éditions de La Pléiade (en référence à un groupe de poètes du temps d’Alexandre Pouchkine). Son idée est simple : rendre disponibles les fondamentaux de la littérature mondiale dans un « format élégant et maniable », en rassemblant une « énorme quantité de texte sous une reliure souple en pleine peau » et sur papier bible. Soit une collection populaire mais de grande qualité, « quelque chose de commode, de pratique » et de relativement bon marché. »

 

 

Anthony Galuzzo évoque le redoutable neveu de Freud, Edward Bernays, publicitaire de lui-même, l’homme qui fit fumer les femmes et qui en fut fier : « Depuis sa disparition, à 103 ans, en 1995, le publicitaire américain Edward Bernays a suscité l’essor d’un mythe : celui d’un propagandiste d’entreprise tout-puissant, capable d’induire des changements de société et de retourner l’opinion au moyen de la publicité. Sa carrière, entamée au sein du Committee on Public Information (CPI), une commission mise en place en 1917 par le président démocrate Woodrow Wilson pour légitimer l’entrée en guerre des États-Unis, se poursuit dans un secteur encore en friche : le métier de consultant en relations publiques, qu’il exerce dans sa propre agence. Grâce notamment à la parution de ses livres Crystallizing Public Opinion (1923) et Propaganda (1928), il accède entre les deux guerres à une certaine notoriété. Mais lorsque, au crépuscule de sa vie, il accorde un entretien au chercheur Stuart Ewen. personne, ou presque, ne se souvient de lui. Or voici près de vingt ans que la figure de Bernays fait un retour progressif dans nos imaginaires. Le publiciste est régulièrement désigné — ou plutôt dénoncé — comme l’inventeur des techniques nouvelles de manipulation de masse, le père de la propagande moderne et du marketing. Un portrait lui est tout d’abord consacré dans le documentaire d’Adam Curtis The Century of the Self, diffusé en 2002 par la British Broadcasting Corporation (BBC) et dont des extraits circulent depuis sur divers plates-formes et médias sociaux. En 2007, La Découverte traduit et republie son ouvrage Propaganda. Plus récemment, Arte a diffusé un documentaire de Jimmy Leipold lui aussi en bonne partie consacré à Bernays. ce qui a entraîné la publication de multiples billets et chroniques consacrés au personnage (Brut, France Inter, Télérama…). »

 

Partager cet article
Repost0
1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 06:28

 

 

Le site Communistes réfléchit aux fondements du pacte républicain et à la lutte des classes. Il analyse le concept d’islamophobie : « Dans le terme d’islamophobie, il y a l’idée de « communauté musulmane », un terme venu tout droit des conceptions anglo-saxonnes. L’État au service du capitalisme et l’idéologie dominée par les multinationales et le pouvoir à son service ont enfermé des millions de personnes en France, dans cette case, et parmi eux, nombre d’incroyants se voient étiquetés musulmans. Cette déviation politicienne, appuyée par les religieux bien sûr, a toujours été présente.

 

Sarkozy a donné un coup d’accélérateur avec la création du Conseil du Culte Musulman. Cette mesure est anti-laïque car l’État, par la loi de 1905, ne reconnaît aucun culte, n’a donc pas à se mêler de les organiser.

 

Faut-il rappeler aussi que Mitterrand a ouvert en grand l’éducation aux institutions religieuses ou plusieurs millions d’élèves sont soumis à des valeurs qui sont à l’opposé de l’enseignement que sont en droit d’attendre nos enfants, et payé par nos impôts. Elle conduit à remplacer les luttes pour l'égalité par des luttes pour la reconnaissance des identités religieuses et ethniques. Autrement dit, remplacer la question sociale et politique par une question d'identité. Ce que certains, nomment ainsi n’est rien d’autre que le bon vieux racisme. Comment interpréter autrement, par exemple, les quolibets envoyés aux femmes porteuses de burkini sur une plage de la Côte d’Azur il y a quelques années : « Rentrez chez vous ! ». Ce n’est pas le musulman qui est visé, mais la fille ou le gars d’origine maghrébine, africaine noire et, toujours spécifiquement, l’Algérien.

 

Le terme d’islamophobie est utile d'un point de vue idéologique. Il convient aux courants les plus obscurantistes de l’Islam qui essaient, par ce biais, sous couvert de "droit à la différence" de s’en prendre à la laïcité et, par exemple, au droit au blasphème et bien entendu aussi à conforter leur emprise sur une main d’œuvre devenue captive et possiblement utilisable pour tous leurs trafics.

 

Le site critique ensuite les partisans de l’islamo-gauchisme.

 

Ce qui se cache derrière, c’est l’attitude des "chevaliers" défenseurs d’une veuve et d’un orphelin appelés «communauté musulmane ». Les idéologues de la bourgeoisie avec leur boîte à idée comme l’Institut Montaigne manient l'islamo-gauchisme comme un énième hochet permettant de jouer à la révolution des mœurs. Pendant ce temps-là, on ne parle ni de laïcité, ni de lutte des classes.

 

Dans le monde, depuis toujours, le fascisme a souvent une connotation religieuse. Aujourd’hui l’organisation fasciste la mieux structurée dans le monde est celle des Frères Musulmans, qui en coche toutes les cases : direction petite-bourgeoise, utilisation de nervis sous une forme différente et guerrière (DAECH) ou faiseuse d’attentats, embrigadement total de la population là où ils sont au pouvoir, contrôle de tous les moyens de production et des media par la classe dominante et lutte à mort contre les révolutionnaires. Mais on peut également citer, notamment en Amérique et en Afrique, les fascistes évangélistes comme Bolsonaro au Brésil, ou en Argentine d’où le pape est issu après avoir soutenu la dictature et les exécutions sommaires d’opposants. »

 

 

 

Selon Le Monde, l’année 2020 aura été marquée par une hausse des faits constatés de violences sexuelles et intrafamiliales. Le bilan annuel de la délinquance présenté jeudi 28 janvier par le ministère de l’Intérieur illustre les particularités d’une année 2020 marquée par deux longues périodes de confinement, entre promiscuité inédite, occupation quasi-constante de lieux d’habitation et mobilité considérablement réduite. Le tableau chiffré des infractions dressé par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure rend logiquement compte des conséquences de ces épisodes. Il confirme également, sans surprise, une indiscutable tendance de fond : la recrudescence des violences intrafamiliales, redoutée des associations de prévention et de défense des victimes dès l’annonce du premier confinement par le président de la République le 16 mars 2020.

Revue de presse (339)
Partager cet article
Repost0
28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 06:32

 

 

… Et éventuellement par le terrorisme comme quand certain.e.s président.e.s (sic) d’université l’imposent en toute illégalité.

 

32 linguistes répertorient ses défauts.

 

 

"Outre ses défauts fonctionnels, l’écriture inclusive pose des problèmes à ceux qui ont des difficultés d’apprentissage et, en réalité, à tous les francophones soudain privés de règles et livrés à un arbitraire moral." Bien que favorables à la féminisation de la langue, plusieurs linguistes estiment l'écriture inclusive profondément problématique.

 

Présentée par ses promoteurs comme un progrès social, l’écriture inclusive n’a paradoxalement guère été abordée sur le plan scientifique, la linguistique se tenant en retrait des débats médiatiques. Derrière le souci d'une représentation équitable des femmes et des hommes dans le discours, l’inclusivisme désire cependant imposer des pratiques relevant d’un militantisme ostentatoire sans autre effet social que de produire des clivages inédits. Rappelons une évidence : la langue est à tout le monde.

 

Les défauts de l’écriture inclusive

 

Les inclusivistes partent du postulat suivant : la langue aurait été "masculinisée" par des grammairiens durant des siècles et il faudrait donc remédier à l’"invisibilisation" de la femme dans la langue. C’est une conception inédite de l’histoire des langues supposant une langue originelle "pure" que la gent masculine aurait pervertie, comme si les langues étaient sciemment élaborées par les locuteurs. Quant à l"invisibilisation", c’est au mieux une métaphore mais certainement pas un fait objectif ni un concept scientifique.

 

Si la féminisation est bien une évolution légitime et naturelle de la langue, elle n’est pas un principe directeur des langues.

 

Nous relèverons simplement ici quelques défauts constitutifs de l’écriture inclusive et de ses principes.

 

La langue n’a pu être ni masculinisée, ni féminisée sur décision d’un groupe de grammairiens, car la langue n’est pas une création de grammairiens — ni de grammairiennes. Ce ne sont pas les recommandations institutionnelles qui créent la langue, mais l’usage des locuteurs. L’exemple, unique et tant cité, de la règle d’accord "le masculin l’emporte sur le féminin" ne prétend posséder aucune pertinence sociale. C’est du reste une formulation fort rare, si ce n’est mythique, puisqu’on ne la trouve dans aucun manuel contemporain, ni même chez Bescherelle en 1835. Les mots féminin et masculin n’ont évidemment pas le même sens appliqués au sexe ou à la grammaire : trouver un quelconque privilège social dans l’accord des adjectifs est une simple vue de l’esprit.

 

Si la féminisation est bien une évolution légitime et naturelle de la langue, elle n’est pas un principe directeur des langues. En effet, la langue française permet toujours de désigner le sexe des personnes et ce n’est pas uniquement une affaire de lexique, mais aussi de déterminants et de pronoms ("Elle est médecin"). Par ailleurs, un nom de genre grammatical masculin peut désigner un être de sexe biologique féminin ("Ma fille est un vrai génie des maths") et inversement ("C’est Jules, la vraie victime de l’accident"). On peut même dire "un aigle femelle" ou "une grenouille mâle"...

 

Une écriture excluante

 

La langue n’est pas une liste de mots dénués de contexte et d’intentions, renvoyant à des essences. Il n’y a aucune langue qui soit fondée sur une correspondance sexuelle stricte. Autrement, le sens des mots serait déterminé par la nature de ce qu’ils désignent, ce qui est faux. Si c’était le cas, toutes les langues du monde auraient le même système lexical pour désigner les humains. Or, la langue n’a pas pour principe de fonctionnement de désigner le sexe des êtres : dire à une enfant "Tu es un vrai tyran" ne réfère pas à son sexe, mais à son comportement, indépendant du genre du mot.

 

 

Les formes masculines du français prolongent à la fois le masculin (librum) et le neutre (templum) du latin et font donc fonction de genre "neutre", c’est-à-dire par défaut, ce qui explique qu’il intervienne dans l’accord par résolution (la fille et le garçon sont partis), comme indéfini (ils ont encore augmenté les impôts), impersonnel (il pleut), ou neutre (c’est beau). Il n’y a là aucune domination symbolique ou socialement interprétable. Quand on commande un lapin aux pruneaux, on ne dit pas un.e lapin.e aux pruneaux…

 

 

​​​​​​​La langue a ses fonctionnements propres qui ne dépendent pas de revendications identitaires individuelles. La langue ne détermine pas la pensée – sinon tous les francophones auraient les mêmes pensées, croyances et représentations. Si la langue exerçait un pouvoir "sexiste", on se demande comment Simone de Beauvoir a pu être féministe en écrivant en français "patriarcal". L’évidence montre que l’on peut exprimer toutes les pensées et les idéologies les plus antithétiques dans la même langue.

 

 

Ces formes fabriquées ne relèvent d’aucune logique étymologique et posent des problèmes considérables de découpages et d’accords.

 

 

​​​​​​​En français, l’orthographe est d’une grande complexité, avec ses digraphes (eu, ain, an), ses homophones (eau, au, o), ses lettres muettes, etc. Mais des normes permettent l’apprentissage en combinant phonétique et morphologie. Or, les pratiques inclusives ne tiennent pas compte de la construction des mots : tou.t.e.s travailleu.r.se.s créent des racines qui n’existent pas (tou-, travailleu-).Ces formes fabriquées ne relèvent d’aucune logique étymologique et posent des problèmes considérables de découpages et d’accords.

 

 

​​​​​​​En effet, les réformes orthographiques ont normalement des objectifs d’harmonisation et de simplification. L’écriture inclusive va à l’encontre de cette logique pratique et communicationnelle en opacifiant l’écriture. En réservant la maîtrise de cette écriture à une caste de spécialistes, la complexification de l’orthographe a des effets d’exclusion sociale.Tous ceux qui apprennent différemment, l’écriture inclusive les exclut : qu’ils souffrent de cécité, dysphasie, dyslexie, dyspraxie, dysgraphie, ou d’autres troubles, ils seront d’autant plus fragilisés par une graphie aux normes aléatoires.

 

 

​​​​​​​Tous les systèmes d’écriture connus ont pour vocation d’être oralisés. Or, il est impossible de lire l’écriture inclusive : cher.e.s ne se prononce pas. Le décalage graphie / phonie ne repose plus sur des conventions d’écriture, mais sur des règles morales que les programmes de synthèse vocale ne peuvent traiter et qui rendent les textes inaccessibles aux malvoyants.

 

 

 

Ne pouvant s’imposer que par la propagande, l’écriture inclusive est excluante

 

L’écriture inclusive pose des problèmes à tous ceux qui ont des difficultés d’apprentissage

 

 

 

On constate chez ceux qui la pratiquent des emplois chaotiques qui ne permettent pas de produire une norme cohérente. Outre la prolifération de formes anarchiques ("Chere.s collègu.e.s", "Cher.e.s collègue.s", etc.), l’écriture inclusive est rarement systématique : après de premières lignes "inclusives", la suite est souvent en français commun... Si des universitaires militants ne sont pas capables d’appliquer leurs propres préceptes, qui peut le faire ?

 

 

L’écriture inclusive, à rebours de la logique grammaticale, remet aussi radicalement en question l’usage du pluriel, qui est véritablement inclusif puisqu’il regroupe. Si au lieu de "Les candidats sont convoqués à 9h00" on écrit "Les candidats et les candidates sont convoqué.e.s à 9h00", cela signifie qu’il existe potentiellement une différence de traitement selon le sexe. En introduisant la spécification du sexe, on consacre une dissociation, ce qui est le contraire de l’inclusion. En prétendant annuler l’opposition de genre, on ne fait que la systématiser : l’écriture nouvelle aurait nécessairement un effet renforcé d’opposition des filles et des garçons, créant une exclusion réciproque et aggravant les difficultés d’apprentissage dans les petites classes.

 

Outre ses défauts fonctionnels, l’écriture inclusive pose des problèmes à tous ceux qui ont des difficultés d’apprentissage et, en réalité, à tous les francophones soudain privés de règles et livrés à un arbitraire moral. La circulaire ministérielle de novembre 2017 était pourtant claire et, tout en valorisant fort justement la féminisation quand elle était justifiée, demandait "ne pas faire usage de l'écriture dite inclusive" : des administrations universitaires et municipales la bafouent dans un coup de force administratif permanent. L’usage est certes roi, mais que signifie un usage militant qui déconstruit les savoirs, complexifie les pratiques, s’affranchit des faits scientifiques, s’impose par la propagande et exclut les locuteurs en difficulté au nom de l’idéologie ?

 

 

Tribune rédigée par les linguistes Yana Grinshpun (Sorbonne Nouvelle), Franck Neveu (Sorbonne Université), François Rastier (CNRS), Jean Szlamowicz (Université de Bourgogne).

 

 

Signée par les linguistes :

 

 

  • Jacqueline Authier-Revuz (Sorbonne nouvelle)
  • Mathieu Avanzi (Sorbonne Université)
  • Samir Bajric (Université de Bourgogne)
  • Elisabeth Bautier (Paris 8-St Denis)
  • Sonia Branca-Rosoff (Sorbonne Nouvelle)
  • Louis-Jean Calvet (Université d’Aix-Marseille)
  • André Chervel (INRP/Institut Français de l’Éducation)
  • Christophe Cusimano (Université de Brno)
  • Henri-José Deulofeu (Université d’Aix-Marseille)
  • Anne Dister (Université Saint-Louis, Bruxelles)
  • Pierre Frath (Univesité de Reims)
  • Jean-Pierre Gabilan (Université de Savoie)
  • Jean-Michel Géa (Université de Corte Pascal Paoli)
  • Jean Giot (Université de Namur)
  • Astrid Guillaume (Sorbonne Université)
  • Pierre Le Goffic (Sorbonne Nouvelle)
  • Georges Kleiber (Université de Strasbourg)
  • Mustapha Krazem (Université de Lorraine)
  • Danielle Manesse (Sorbonne Nouvelle)
  • Luisa Mora Millan (Université de Cadix)
  • Michèle Noailly (Université de Brest)
  • Thierry Pagnier (Paris 8- St Denis)
  • Xavier-Laurent Salvador (Paris 13-Villetaneuse)
  • Georges-Elia Sarfati (Université d’Auvergne)
  • Agnès Steuckardt (Université Paul Valéry, Montpellier)
  • Georges-Daniel Véronique (Université d’Aix-Marseille)
  • Chantal Wionet (Université d’Avignon)
  • Anne Zribi-Hertz (Paris 8- St Denis)

 

​​​​​​​Publié dans ce blog en septembre 2020, mais on ne s'en lasse pas !

Partager cet article
Repost0
26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 06:12
Retrouvé cet article publié par Le Grand Soir le 1er avril 2016.
 
 
Attention au beurnaout si vous podcastez le ouan-mann-cho en laïv’ ou en praym’ taym à la tivi.
 

L’appauvrissement de la langue française se poursuit dans le quotidien. 


On connaît déjà l’invasion des échanges verbaux par la langue anglaise. Pendant un temps la francisation a limité les dégâts : le challenge, le gazole, le mel ont pris leur place dans la langue française.

 

Je me souviens de la participation de la maison d’enfants dans laquelle j’étais hébergé pour le « challenge du nombre » organisé par le journal l’Humanité pour les enfants de la région parisienne dans les années 50. On disait challenge. Un challenge c’était un défi, un record à battre. Il fallait être le plus nombreux possible. On aurait pu en rester là. Mais maintenant il faut dire « tchallench’ ». Le gazole, francisation de gas-oil n’est pas encore remodelé. Le mel (pour e-mail) tient le coup et même s’il a justifié le néologisme courriel.

 

L’informatique et l’internet sont un royaume pour les débarquements de mots anglais : par exemple, la play-station (dire pléstéchon) remplace la console de jeux, vidéos évidemment ; les fichiers renvoyés sont forwardés.

 

Mais les problèmes de société ou de santé trouvent une nouveauté avec les mots anglais : la dépression réactionnelle devient le burn-out (dire beurnaout), le « pétage de plombs » devient un breaking-down (brékinngdaoun), les artistes qui font un récital seuls en scène font un one-man-show (ouan-man-cho) ; les personnages publics qui révèlent leur homosexualité font un coming-out (cominngaout) ; les acteurs sont choisis au cours d’un casting tandis que les émissions de radio téléchargées sont podcastées. Et ainsi de suite…

 

En outre, l’utilisation de mots anglais à la place de mots français finit même par constituer un jargon spécifique dans certains domaines comme celui du spectacle télévisé : on annonce ainsi à la radio un ouan-mann-cho en laïv’ en praym’ taym’. Il s’agit d’un numéro ou un récital en solo enregistré en public et qui passera en début de soirée.

 

À noter que cette manière d’écrire est choquante pour les lecteurs habituels : l’intériorisation des mots en anglais est suffisamment répandue pour que l’absence de correspondance entre orthographe et phonétique spécifique de cette langue rende incompréhensible une transcription phonétique.

 

La langue vernaculaire emprunte de plus en plus de mots anglais en remplacement de mots français parfaitement adaptés. Il n’est pas rare d’entendre quelqu’un dire qu’il a fait un break (brec) pour aller au fast-food (fassfoud) car il a fait une pause dans un restaurant rapide, ou à un food-truks (fouttreuk) qui désigne une camionnette aménagée en cuisine.

 

La dernière mouture de cette invasion constitue en plus un appauvrissement par l’utilisation de mots français constituant, dans le langage, ce que les professeurs de langue appellent des « faux amis ».

 

Aujourd’hui, « incroyable » remplace systématiquement et indifféremment les mots : fantastique, extraordinaire, merveilleux, inattendu, etc. mais rarement réellement sa signification de difficile à croire. C’est la traduction du mot anglais incredible qui signifie tout cela à la fois.

 

En français, dire de quelqu’un qu’il est excité par une situation ou une idée renvoie soit à une attitude d’agitation excessive soit à une érection imminente chez un homme ou une humidification des muqueuses génitales en cours chez une femme. Aujourd’hui, être excité signifie être intéressé, vivement motivé par quelque chose ou situation. Ainsi on est « excité par une chose incroyable ». Et ce raccourci angliciste, totalement inconscient parce qu’intériorisé comme expression nouvelle, est en fait totipotent, pouvant se rapporter à n’importe quoi.

 

Et le discours est émaillé en outre de « voilà » à tout bout de champ. Il renvoie tout naturellement à cette gentille moquerie pour le parler toulousain où le « voilà » est depuis des lustres remplacé par « con », plus ou moins accolé à putain ou à boudu : c’est pas une injure, con, c’est une virgule.

 

Comptez le nombre de « incroyable », de « excité » ou « excitant » et de « voilà », vous serez surpris de la quantité d’occurrences de ces vocables et cela dans n’importe quel domaine du discours.

 

En Français, la spécificité de chaque mot est le plus souvent avérée et le vocabulaire de la langue est riche de plus de 200.000 vocables différents. Les plus courants, contenus dans le dictionnaire dit Petit Larousse sont au nombre de 35.000. Les mieux définis, dans le dictionnaire de l’Académie Française sont environ 59.000.

 

Organiser la confusion mentale

Utiliser indifféremment pour la multitude de qualificatifs possibles de tout ce qui sort de l’ordinaire par un seul qui les remplacerait tous, c’est non seulement rendre l’ensemble de ces qualificatifs obsolètes de fait, mais c’est surtout appauvrir le lexique mental de la pensée. Car même si au départ, l’assimilation de sens se fait inconsciemment avec le vocable adapté, la disparition progressive de ce vocable lui-même tend à uniformiser la pensée elle-même par indifférenciation.

 

Certes, les mots ont dans la pensée une double caractéristique : leur sens est ce qui est conscient pour le locuteur dans le moment et dans le lieu, leur signification est ce qui est commun à l’ensemble des locuteurs d’une langue déterminée. Et du coup, on peut argüer du fait que, dans une conversation, ce qui compte, c’est le sens que donne le locuteur au mot qu’il utilise au moment où il l’utilise. C’est alors le contexte du discours qui permettra à l’auditeur de comprendre, ou du moins d’approcher ce sens dans ce qu’il en reçoit. Lui aussi donne un sens personnel, conscient, au mot qu’il entend ainsi prononcer. Même avec l’utilisation de mots précis à la signification spécifique par rapport au discours tenu, on sait qu’il n’est pas certain que les deux locuteurs de la conversation entendent la même chose exactement. Là cependant, le recours possible à la précision lexicale s’impose parfois pour garder une compréhension correcte ou au moins efficace de ce que l’autre veut dire. Ce recours lexical est le plus souvent inconscient mais il exige parfois un temps de latence avant la réponse ou la compréhension.

 

Reprenons le mot incroyable. Sa signification est : qui ne peut être cru. Le sens qu’on lui donne aujourd’hui est exceptionnellement celui-là.

 

On l’utilise maintenant dans des sens extrêmement divers : 


descriptif : extraordinaire, pas courant, étonnant, teinté de qualité très positive : magnifique, fabuleux, merveilleux, fantastique, très beau teinté de qualité très négative : abominable, dégueulasse, très laid.

 

Le résultat, c’est la confusion mentale, au sens où les mots ne sont plus les éléments fixes de la construction d’une pensée. La conversation reste en apparence possible avec les autres. Les échanges verbaux superficiels restent possibles. L’absence de spécificité du propos accentue cependant le phénomène de mise en place du sens pour chacun. Le flou de sens, avec l’absence de signification avérée, accentue le risque d’un décodage inadapté. En cas de nécessité, le recours au lexique est peu efficace.

 

Mais la disparition de paroles spécifiques au profit de ces vocables totipotents, et dont le sens possible n’est plus lié qu’au contexte dans lequel ils sont utilisés, hypothèque la possibilité d’une pensée organisée. En ce sens, elle crée un décrochage de la pensée et de la langue, de la représentation et du langage. Elle interdit de fait la structuration et l’articulation des concepts. C’est cela que j’appelle la confusion mentale. Confondre tous les sens avec une seule signification elle-même détournée, c’est rendre confuses les consciences. Et même si pour le moment cette confusion ne touche que des domaines limités de la pensée, le risque que ce processus contamine d’autres domaines est évident et doit être redouté.

 

Après la novlangue, l’orthographe

Le brave Orwell nous avait averti sur le risque de dénaturation de la langue dans ce qu’il appela la « novlangue ». Il s’agit là de l’utilisation de mots dont la signification elle-même est détournée pour embrouiller la pensée de l’interlocuteur. Le chef du personnel devenu directeur des ressources humaines, la femme de ménage devenue technicienne de surface, répondent au chômeur devenu demandeur d’emploi, au patron devenu employeur, et au poste de travail devenu simplement un emploi. Le poste de travail est le lieu de la réalisation par l’individu de sa spécificité humaine de création de valeur par le travail ; en même temps, dans le système capitaliste, c’est le lieu de son exploitation. L’emploi est devient un cadeau non spécifique fait par le patron à son employé. L’ouvrier est noyé dans la masse des salariés, le salaire socialisé est devenu charges sociales, toujours trop lourdes etc… Dans une société capitaliste où seule compte la plus-value du travail devenue profit aux mains du détenteur des moyens de production, cette novlangue est un outil d’exploitation aux mains des dominants.

 

Et maintenant on s’attaque à l’orthographe. Toujours avec le souci du nivellement vers le bas. Il y a déjà longtemps que les animateurs de radio et de télévision ont adopté un style de discours qui ignore les liaisons. On parle sans problème des « zétrumin » pour les êtres humains. Et ceci n’est pas anodin. Au contraire, l’influence est très importante : aux caisses du supermarché, la caissière (pardon, l’hôtesse de caisse) vous annonce le prix de « di’euros » [quand ce n'est pas cenzeuros, BG].

 

Quelles chances y a -t-il qu’elle soit capable de l’écrire si en plus, comme c’est probable, elle est une des innombrables laissés pour compte de l’éducation dite nationale. Pour l’orthographe, on commence doucement, avec les accents circonflexes, les trémas et les traits-d’union qui sautent, le redoublements de voyelles qui disparaissent, dénommées anomalies de la langue (sic) de même que certaines orthographes spéciales comme oignon, eczéma, nénuphar qui deviennent ognon, exéma et nénufar. À quand l’analphabète (Étymologiquement a ou an : privatif, alpha et bêta, les deux premières lettres de l’alphabet grec : ne connaissant pas les lettres) devenu analfabête (de anal , relatif à l’anus, fa note de musique et bête pas très malin : imbécile qui fait de la musique avec son trou du cul) ?

 

Et pourquoi pas, très vite, demain, le langage des messages désignés par l’acronyme (acronime ?) SMS : tu sé coi ? je tem tu sé . a +.

 

Ce serait acceptable si cette modification orthographique était le fait d’une évolution de la langue dans son utilisation quotidienne. L’histoire humaine et l’histoire des langues sont liées et l’évolution d’une langue est un phénomène culturel « normal », un de ces phénomènes que nous avons pour notre part qualifiés de « naturel » tant la nature humaine est authentiquement culturelle.

 

Mais ce n’est pas le cas. Il n’y a pas d’évolution orthographique repérable. Il y a une volonté administrative de niveler les difficultés orthographiques de la langue française par le bas. J’ai cité plus haut la seule « évolution » repérable car massivement utilisée de l’orthographe dans la pratique des SMS. Cela paraissait une boutade. La réforme en cours de l’orthographe n’est qu’une amorce de transformation du « bien écrire » (orthographe) au profit du « n’importe comment écrire ». L’idée est que c’est bien suffisant pour les « jeunes qui dealent (dilent) du chit », jeune étant déjà entendu comme comme mauvais garçon des cités ghettos quel que soit son âge. Qu’avons-nous à faire de la façon dont ils écrivent. D’ailleurs ils ne savent pas ou peu écrire.

 

Sur quelle base sont mises en place ces mesures de simplification orthographique ?


« l’illettrisme … qualifie la situation de personnes qui ont été scolarisées en France mais ne maîtrisent pas la lecture ou l’écriture pour être autonomes dans des situations simples de la vie quotidienne » (INSEE enquête 2013) .

 

Ce sont ainsi 2,5 millions de personnes de 18 à 25 ans qui, en France, qui correspondent à ce critère, soit 7 % de la population testée. Ce chiffre monte à 14 % dans les ZUS (Zones Urbaines Sensibles) et à 20 % chez les allocataires du RSA. »

 

« les résultats aux épreuves terminales en écriture en 6e année montrent une augmentation du nombre d’élèves en situation d’échec entre 2000 et 2005, passant ainsi de 10 % à 20 %. Notons également que ces mêmes données (MELS, 2005) soulignent que le rendement spécifique en orthographe a connu une baisse importante passant de 8 % à 26 % entre 2000 et 2005. »

 

« la proportion globale d’élèves en difficulté de lecture à l’entrée en sixième passe de 14,9 % à 19 % entre 1997 et 2007. »

 

« cet accroissement touche particulièrement les collèges en zones d’éducation prioritaire (ZEP) où le pourcentage d’élèves en difficulté de lecture a augmenté de 20,9 % à 31,3 %…


En 2009, 32,9 % des élèves de fin de 3e sont ainsi en difficulté dans le secteur de l’éducation prioritaire, contre 17,7 % dans les collèges publics hors éducation prioritaire et 8,5 % dans les établissements privés ».

 

En ZEP, les élèves en difficulté en fin de 3éme sont un bon tiers, soit 3 fois plus que chez les élèves du privé (plus riches ?).

 

« le niveau baisse. Et par conséquent, il empire dans les zones ZEP, où nos élèves ont tout au plus 200 mots de vocabulaire. »

 

C’est pour ceux-là que l’on va « simplifier l’orthographe » au lieu de travailler pour les remettre au niveau, de compenser les difficultés que leur impose leur origine sociale. La réforme des collèges a carrément remis en cause les ZEP au profit des REP. Le résultat c’est une diminution drastique des dotations en heures d’enseignement et donc de suivi plus attentif pour ceux qui en ont le plus besoin.

 

On peut ajouter à cela le mode d’approche de la langue que constitue l’écoute de la radio ou de la télévision. Le discours de ces gens qui sont censés « parler bien » est dénué de ponctuation possible. Il est haché, scandé sans rapport avec la phrase énoncée. Il s’agit probablement de la conséquence du fait que, ne sachant pas exactement ce qu’il doit dire, le locuteur lit son texte sur un « prompteur » qui affiche les mots sans ponctuation. Du coup, la ponctuation avec son intérêt orthographique (respiration pour les virgules, changement de phrase pour les points) n’a plus aucun sens pour personne.

 

Enfin, au lieu de consacrer du temps à enseigner correctement la lecture et l’écriture (orthographe comprise) on dilue l’enseignement dans des activités diverses, dans des classes surchargées où la prise en compte des particularités de chacun est volontairement rendue impossible par les conditions dans lesquelles il est dispensé. Après avoir quasiment balayé l’enseignement de l’histoire, c’est l’histoire de la langue qui est directement visée. La lecture et l’écriture sont réduites à la portion congrue.

 

Car l’orthographe n’est pas une simple difficulté pour la lecture et l’écriture. Elle porte l’histoire de la langue par l’histoire du mot.

 

On veut simplifier.

 

Eczéma en exéma : or cela vient du latin eczema lui-même issu du grec ekhdzema, girolle vient de l’ancien provençal girolla de gir qui tourne. Quant au nénuphar c’est un mot d’origine arabe. N’est-il pas intéressant de s’intéresser à son orthographe pour identifier son origine plutôt que de balayer cette origine dans une « simplification » qui perturbera ceux qui possèdent ce mot dans leur vocabulaire et ne changera rien pour ceux qui ne le possèdent pas. Pense-t-on que ce mot fait partie des 200 possédés par les élèves de ZEP cités plus haut ?

 

Les inégalités sociales et culturelles se trouvent ainsi aggravées par la dépendance accrue des illettrés confrontés à l’omniprésence de l’écrit pour les informations. Les médias du son et de l’image suffisent bien à formater les esprits et les consciences. Le caractère univoque de ce qui est transmis par ces moyens dits d’information en dit long sur le projet qui sous-tend ces actions successives. Toutes les radios, toutes les télévisions disent la même chose au même moment avec un ensemble parfait. Ni fausse note, ni différence. Si tu sais lire, si en plus tu as le temps et la patience, et un ordinateur pour te connecter à Internet, tu as quelques chances de pouvoir te nettoyer le cerveau en allant sur des sites alternatifs. Ouvrier, employé, chômeur, éventuellement immigré en plus, tu es majoritaire parmi les illettrés, et donc condamné à ne penser qu’à travers les éléments d’information qui te sont serinés régulièrement par le son ou par l’image, éventuellement truquée.

 

Tu apprends ainsi combien tu coûtes cher à la société avec tes prétentions salariales, les charges sociales qui vont avec, les dépenses de santé que tu induis avec ton inconscience, les coûts de tes arrêts de travail injustifiés, que tu as de la chance si tu as un emploi. Et si tu es au chômage, tu sauras combien est lourde la charge des paresseux comme toi qui devraient chercher du travail et qui ne le font pas. Si tu es immigré, ou enfant d’immigré, et même si ton grand-père est né en France, si tu t’appelles Mohamed ou Aisha, tu sauras pourquoi tu dois continuer à courber l’échine dans ton HLM abandonné à sa décrépitude. On te montrera tous les jours ceux qui vivent carrément dans la rue et qui sont donc plus malheureux que toi. Et on te rentrera cela dans la tête jusqu’à ce qu’elle éclate ou que toi tu éclates et ailles te faire héberger aux frais de la société dans une pièce de 9 m2 avec 4 ou 5 autres détenus comme toi. Tu deviendras alors la proie des marchands d’illusion religieuse, des faux prophètes qui dériveront ta colère, non pas contre tes exploiteurs mais contre tes frères en misère.

 

Voilà à quoi servent les perturbations volontaires de la langue, les approximations, les changements de mots, de sens, les « simplifications » de l’orthographe.

 

Il y aura de plus en plus de distance entre ceux qui vivront avec une langue appauvrie et ceux qui continueront à dominer la société et dont la langue, elle, continuera à s’enrichir.


Alors tu seras de temps en temps « excité » par des choses « incroyables » mais le plus souvent étouffé par une réalité que tu auras peine à qualifier.

 

PS : Ajoutons en terminant que cette imposture de la part de la ministre de l’éducation nationale aurait un raison médiatique. Participant à une émission de télévision le 26 janvier dernier aux côtés d’un individu qui refuse de condamner l’autoproclamé État Islamique, elle ne réagit pas à ces propos. Mise en cause rapidement sur les réseaux sociaux, elle déterre le décret de 1990 portant réforme de l’orthographe et la « liberté d’information » faisant son œuvre, elle fait les grands titres unanimes des médias dès le lendemain. Bel exemple de complaisance des médias aux mains des plus grands capitalistes du pays et d’un gouvernement qui fait leur boulot. Comme disaient les bonimenteurs du XVIIIéme siècle : passez muscade !

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 05:59

 

 

Dans le site Anti-K, Bernard Marx estime que ce n’est pas sur une montagne de dettes publiques mais bel et bien sur un mur de dettes privées que l’économie risque de se fracasser : « Puisque le mur de la dette privée est en voie de constituer l’un des risques économiques majeurs de 2021 et sans doute également de 2022, il s’agira donc d’en faire un levier pour remettre sur la table avec force et acharnement les enjeux posés notamment par les syndicats et les associations réunis dans l’appel du printemps 2020 « Plus jamais cela!».

 

Trois enjeux au moins pourraient être associés au traitement nécessaire dur mur de la dette privée. D’abord le besoin d’apporter sans attendre plus de sécurité dans l’emploi et la formation. Ensuite la nécessité que le plan de soutien et de transformation de l’économie repose massivement sur l’investissement public et sur le renouveau des services publics de la santé de l’éducation et de la recherche, au lieu qu’ils passent encore plus à la trappe à la faveur des aides publiques supplémentaires abondant les restructurations et les annulations de dettes des entreprises. Enfin dès lors qu’il ne s’agit pas de très petites entreprises, les restructurations ou les annulations de dettes accordées, devraient être conditionnées par l’arrêt des plans sociaux, l’imposition de contreparties sociales et environnementales et par l’interdiction de verser des dividendes.

 

 

Pour Jonathan Lefevre dans Le Grand Soir, « il est temps de nettoyer les cabinets » : Les dirigeants libéraux appellent les multinationales de la consultance pour faire des coupes dans les budgets de nos services publics. Comme dans la santé, par exemple. Les consultants conseillent aux gouvernements de couper dans le personnel, le matériel. Puis, quand on se rend compte des effets désastreux pour la population de ces « conseils » mis en pratique par nos gouvernants, qui appellent ces derniers ? Ceux qui leur ont donné ces conseils... Bienvenue dans le monde merveilleux des cabinets de conseils privés. Choisir de faire appel aux cabinets de consultance privés est une manière de sous-traiter la politique. C’est surtout un choix idéologique : demander des « conseils » à McKinsey, c’est pouvoir casser nos services publics, notre sécurité sociale, etc. tout en disant « oui mais c’est pas nous, ce sont des spécialistes qui disent qu’on n’a pas le choix... » C’est pour cela que les libéraux (qu’ils portent une étiquette bleue, rose, verte ou orange) adorent donner plein d’argent public à des gens qui véhiculent l’idéologie néolibérale afin de faire passer leurs politiques antisociales. Dont la crise actuelle nous montre la pertinence… »

 

 

 

 

 

Je pourrais dire aussi les prisonniers de guerre, civils et militaires arméniens que le régime de Bakou, en dépit des lois internationales, refuse toujours de rendre à leurs familles ; raconter comment le patrimoine culturel de l’Artsakh, deux fois millénaire, va disparaître sous les bulldozers azéris. Comme ça a été le cas dans le Nakhitchevan, jadis arménien. Mais peut-être que, cette fois, M. Le Drian bravera l’enclos de la neutralité où il fait si bon vivre et veillera à ce que les prisonniers de guerre reviennent sains et saufs chez eux et que ces trésors architecturaux, qui sont le bien de l’humanité tout entière, ne soient réduits à l’état de gravats par ses « amis », comme il dit, de longue date. »

 

 

Revue de presse (338)

 

Dans L’Humanité, Simon Abkarian pleure l’Arménie, son pays d’origine : « Je pourrais parler, puisque je suis arménien, de cette fin de guerre dans le sud du Caucase, où les dictateurs multimillionnaires Erdogan, Aliyev ont fait main basse sur l’Artsakh et orchestré une guerre de 44 jours, suivie d’un nettoyage ethnique aux dépens de sa population arménienne. Ils célébrèrent leur victoire commune en grande pompe, faisant défiler, façon Moyen Âge (il ne manquait plus que les esclaves enchaînés), le matériel arménien détruit au cours de ce conflit. La victoire fut possible non pas par cette seule coalition turco-azérie suréquipée, où les mercenaires djihadistes syriens payés 2 000 euros prenaient leur part de sang avec, en prime, 100 dollars par tête d’Arménien coupée, mais aussi par le silence « pragmatique » des démocraties occidentales, gardiennes des valeurs humanistes… et économiques.

 

Je pourrais dire aussi les prisonniers de guerre, civils et militaires arméniens que le régime de Bakou, en dépit des lois internationales, refuse toujours de rendre à leurs familles ; raconter comment le patrimoine culturel de l’Artsakh, deux fois millénaire, va disparaître sous les bulldozers azéris. Comme ça a été le cas dans le Nakhitchevan, jadis arménien. Mais peut-être que, cette fois, M. Le Drian bravera l’enclos de la neutralité où il fait si bon vivre et veillera à ce que les prisonniers de guerre reviennent sains et saufs chez eux et que ces trésors architecturaux, qui sont le bien de l’humanité tout entière, ne soient réduits à l’état de gravats par ses « amis », comme il dit, de longue date. »

Partager cet article
Repost0
24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 06:13
 
Ma fille Raphaëlle a entamé cet année une double licence droit/sciences-po. Elle se plonge dans les arcanes des institutions et de la vie politique françaises.
 
Elle me demande l’autre jour si je connais Jacques Attali. « Bien sûr », lui dis-je, « nous sommes de la même génération. La différence entre lui et moi, c’est qu’il a servi avec empressement tous les présidents de la République depuis Mitterrand, à l’exception, peut-être de Jacques Chirac qui avait ce qu’il faut sous la main comme visiteurs du soir ou conseillers occultes. » Et j’ajoutais que, à un tel niveau de présence, il faut être très intelligent, en tout cas bien plus intelligent que moi.
 
Ma fille me communique alors un lien qui m’avait échappé. Nous sommes en 2004. Attali, débat avec Étienne Chouard. Pour les plus jeunes, Chouard fut ce professeur qui, en travaillant méthodiquement, de manière très pédagogique, déconstruisit le projet de Constitution européenne et contribua fortement à la victoire du “ non ” au référendum. On sait que tous les présidents de la République successifs, tous le gouvernements et toutes les assemblées traitèrent avec mépris cette expression populaire. Pour la petite histoire, j’ajouterai qu’à part Étienne Chouard, l’autre grand responsable du “ non ” fut le président d’ATTAC de l’époque, mon professeur, mon ami et mon grand frère Bernard Cassen.
 
Lorsque je disais plus haut qu’Attali avait « débattu » avec Chouard, ce n’est pas tout à fait exact. Au lieu de l’affronter réellement, argument contre argument, il se comporta en petit roquet hargneux, l’interrompant, travestissant sa pensée, l’insultant même. Cet échange fut repris par YouTube. Chouard resta digne, posé, ferme défenseur de ses convictions. Attali qui, sans le dire bien sûr, défendait les banques et l’hyperbourgeoisie, fit semblant d’en appeler au futur traître Robert Hue, se montra désobligeant, chafouin, se retranchant systématiquement, en guise de démonstration, derrière le mot « évident ».
 
Comme avec les enfants il faut toujours avoir raison, il me revint en mémoire que j’avais publié dans mon blog en 2013 une analyse du comportement mielleux et fielleux d’Attali face à Jean-Luc Mélenchon. J’expliquai à ma fille que pour être « en haut d’en haut », comme on dit en Côte d’Ivoire, il faut être prêt à toutes les bassesses.
 
PS : J'aurais sûrement pu (ou dû) ajouter que, depuis, Chouard a dérivé vers des eaux politiques plutôt fangeuses (Soral) et a soutenu des gens comme Asselineau.
 
Souvenir de Jacques Attali
Partager cet article
Repost0
18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 06:19

Dans son blog, Pierre Verhas donne une très bonne synthèse de l’affaire Olivier Duhamel : « La confession d’une famille comptant dans une classe sociale aisée, s’estimant puissante, mais en réalité loin des vrais centres de décisions, pourtant hantant les allées du pouvoir, influente dans le monde universitaire et chérie des médias. Famille de soixante-huitards adepte de la libération sexuelle se pensant dénuée de tabous,  mais où il est de bon aloi que les enfants fassent de brillantes études et conquièrent les hauts postes dans l’administration et l’université. L’idéal est sociétal et très loin d’être social. Libération des mœurs, mais pas un mot sur l’aliénation des travailleurs dénoncée il y a plus d’un siècle par Karl Marx qui est pourtant leur référence. Le féminisme de Simone de Beauvoir, mais guère de préoccupation pour les ouvrières qui se battent pour l’égalité des salaires. La liberté absolue, mais on parle peu des peuples opprimés ou des prisonniers politiques un peu partout dans le monde. En réalité, dans la belle propriété d’Olivier Duhamel à Sanary sur Mer, à l’Est de Marseille, liberté de baiser ou de se faire baiser par qui on veut, « interdit d’interdire », « sous les pavés la plage ». On connaît, merci ! Les bains de minuit à poil, bas la culotte, on pisse hommes comme femmes sur le gazon. « La liberté, les femmes, le couple, l’infidélité joyeuse, la modernité intelligente ». Quelle belle définition de ce milieu ! »

 

 

Le site Le Comptoir revient sur le “ curieux traitement médiatique ” du procès Sarkozy : « Sur le papier, rien de moins qu’un procès historique. Que l’on mesure la gravité de l’accusation : un ancien Président de la République, un ancien magistrat parmi les plus hauts placés de France, et un avocat, autrement dit trois piliers symboliques de la démocratie, accusés d’avoir, ensemble, porté atteinte à la probité des institutions dont ils sont pourtant censés être les garants. Même en période de populisme rampant, d’extrêmes menaçants et de séparatismes à l’affût, on imagine peu d’événements plus graves pour la bonne santé démocratique du pays. On attendait donc, à tout le moins, flashs spéciaux, émissions exclusives 24h/24h, débriefs et analyses, nuits des experts etc., comme cela avait d’ailleurs été si bien fait, et avec une justesse jamais démentie, lors de la si capitale « affaire Daval ». Un autre exemple de ce traitement médiatique on ne peut plus prudent. Le Canard enchainé rapportait que le jour de l’ouverture du procès, le reportage diffusé au journal de 20h de TF1 devait initialement être lancé par ces mots : « C’est la première fois qu’un ancien président de la République est jugé pour corruption ». Mais juste avant la diffusion, la hiérarchie de la chaine appartenant au groupe Bouygues tousse un peu, et l’introduction du reportage est transformée en : « Il avait promis qu’il ferait face à ses juges. Il a tenu parole ».

 

 

 

 

Revue de presse (336)

 

Communistes Hebdo estime que « Macron se sert de la situation pour renforcer l’Europe capitaliste. Il se tourne vers l’Europe pour gérer la pénurie des stocks de médicament, il se tourne également vers l’Europe pour financer le privé en annonçant se servir de doctolib pour organiser la vaccination ! Dans le domaine industriel, Macron se tourne également vers l’Europe, par exemple en favorisant la multinationale de l’automobile Peugeot-Citroën–Fiat Chrysler, dont le siège ne sera pas en France mais aux Pays-Bas, pays plus attractif financièrement. Un autre exemple, la production de pneus. Après Continental, Goodyear, c’est maintenant Michelin qui veut « délocaliser » « externaliser » pour le profit, en plein cœur de la pandémie !

 

A propos de Michelin, Berger le dirigeant de la CFDT déclare « c’est pas le bon moment ». Mais « Michelin tient ses engagements » ajoute-t-il. Il se vante d’avoir de bonnes relations avec la ministre du travail Elisabeth Borne « qui fait bouger les lignes ». Quelles « lignes » ? Elle s’attaque à la santé au travail en liquidant la médecine du Travail pour la livrer à la médecine de ville dont ce n’est pas la fonction mais cela coûtera moins cher au patronat, en libérant des profits supplémentaires ! L’accord est signé par toutes les organisations syndicales, sauf par la seule la CGT qui s’honore de ne pas apporter sa signature à cette liquidation en rase campagne de la santé au Travail !

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 06:13

 

 

Une de mes préférées : Aliénor d’Aquitaine.

 

Née en 1122. Á 13 ans, héritière de l’Aquitaine et du Poitou, elle épouse le roi de France Louis VII avec qui elle a deux filles. Elle est alors une jeune femme moderne, très à l’aise dans la compagnie des hommes. Elle favorise les troubadours, l’amour courtois (qui est un amour adultère, tout de même) et la langue d’oc, et elle participe à la deuxième croisade, un échec. Son mari est très amoureux d’elle mais, semble-t-il peu attaché aux plaisirs de la chair. La reine et ses suivantes portent des tenues jugées indécentes.

 

Le mariage est annulé au motif qu’il n’y a pas d’héritier mâle. Aliénor épouse en 1152 Henri II Plantagenêt, futur roi d’Angleterre. Ils auront trois filles et cinq garçons. Aliénor règne alors sur un empire qui s’étend de l’Espagne à l’Écosse. Mais le roi la trompe avec Rosemonde Clifford, sa maîtresse préférée.

 

La suite est dramatique. Avec ses trois fils, Aliénor ourdit un complot contre l’époux et père.  Ce complot est soutenu par les barons anglais. Mais Aliénor est capturé et l’un des fils, Richard, rejoint le camp de son père. Aliénor est emprisonnée pendant 15 ans à Chinon puis à Salisbury. Henri tente de faire annuler le mariage mais essuie un refus du nonce apostolique.

 

Á la mort du roi en 1189, Richard, le fils préféré et futur Cœur de Lion, hérite du trône et fait libérer sa mère. Celle-ci parcourt le royaume d’Angleterre, y libère les prisonniers d’Henri II et leur fait prêter serment au nouveau roi. Alors que Richard est aux croisades, Aliénor empêche son plus jeune fils, Jean sans Terre, de trahir son frère. De fait, elle va occuper les quatorze dernières années de sa vie à régler les conflits entre les deux frères.

 

Sur le chemin du retour des croisades, Richard est capturé en Autriche. Aliénor apporte elle-même au roi d’Autriche Henri VI une rançon équivalente à deux années de recette du Royaume.

 

Aliénor jette les bases du droit maritime moderne et se retire à l’abbaye de Fontevraud en 1200. Elle y meurt à l’âge de 82 ans et y repose. Son gisant en tuffeau polychrome (que j’ai vu) a quelque chose de saisissant. La reine y est représentée à l’âge d’une trentaine d’années. Ses yeux sont fermés mais elle lit un ouvrage, vraisemblablement religieux. C’est la première fois en Occident qu’une femme est représentée avec un livre.

 

Á voir le film Le Lion en hiver de 1968 avec Katharine Hepburn, Peter O'Toole et Anthony Hopkins.

 

Femmes au pouvoir (4)
Partager cet article
Repost0
11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 06:25

Sur le site du Grand Soir, Chris Hedges revient sur un épisode sordide quoi a contribué à l’incarcération de Julian Assange : « Assange venait de rentrer à Londres de Suède où il avait tenté de créer le cadre juridique nécessaire pour protéger les serveurs de WikiLeaks en Suède. Peu après son arrivée à Stockholm, ses cartes bancaires personnelles ont été bloquées. Il n’avait pas accès à des fonds et dépendait de ses partisans. Deux de ces partisans étaient des femmes avec lesquelles il avait des relations sexuelles consenties. Alors qu’il s’apprêtait à partir, les médias suédois ont annoncé qu’il était recherché pour être interrogé sur des allégations de viol. Les femmes, qui n’ont jamais accusé Assange de viol, voulaient qu’il passe un test de dépistage. Elles avaient demandé à la police de l’obliger à se soumettre à ce test. "Je ne voulais pas inculper Julian Assange", a écrit l’une d’entre elles le 20 août alors qu’elle était encore au poste de police, mais "la police tenait à mettre la main sur lui". Dans les 24 heures, le procureur général de Stockholm a abandonné l’accusation de viol, en déclarant : "Je ne crois pas qu’il y ait de raison de suspecter qu’il ait commis un viol." Assange, bien que non accusé d’un crime, a annulé son départ et est resté en Suède pendant cinq semaines supplémentaires pour coopérer à l’enquête. Un procureur spécial, Marianne Ny, a été nommé pour enquêter sur les allégations d’inconduite sexuelle. Assange a reçu l’autorisation de quitter le pays. Il s’est envolé pour Berlin. Lorsque Assange arrive à Berlin, trois ordinateurs portables cryptés contenant des documents détaillant les crimes de guerre américains ont disparu de ses bagages. »

 

 

On a tendance à l’oublier, mais The Indian Express de Bombay nous rappelle que 100 000 soldats sont cantonnés entre l’Inde et la Chine sur le toit du monde : « Les forces indiennes et chinoises déployées le long de la ligne de contrôle effectif se regardent en chiens de faïence. Ici, les sommets culminent à plus de 5 500 mètres. Le déploiement en hiver de plus de 100 000 soldats appartenant à deux armées étirées sur plus de 872 kilomètres est tout simplement sans équivalent dans l’histoire militaire. En cette période de l’année, les températures peuvent descendre entre −30 °C et −40 °C.

 

Le mal aigu des montagnes, les œdèmes pulmonaires de haute altitude, des formes sévères de thrombose veineuse, de thrombose cérébrale, des troubles psychologiques : ce ne sont là que quelques-uns des dangers qui les guettent. Avec la chute des températures viendront les gelures, l’éblouissement causé par la neige, les engelures, sans parler de la peau qui pèle à cause de l’extrême sécheresse de l’environnement. Même aujourd’hui, alors que les mois les plus durs sont encore à venir, les conditions “liées au froid” causent quotidiennement des pertes, dit-on de source militaire – beaucoup de soldats étant renvoyés en première ligne dès qu’ils sont rétablis. Si les informations sur les troubles dus à l’altitude sont confidentielles, une source officielle explique que ces pertes non létales n’ont “rien d’alarmant” et qu’elles correspondent “au taux prévu”.

 

 

 

Revue de presse (335)

 

Anti-K revient sur une lutte syndicale particulièrement vigoureuse. Gaël Quirante, militant du mouvement ouvrier, secrétaire départemental de Sud Poste 92 est de ces militants syndicaux et politiques combatifs, mobilisés dans toutes les grandes dernières batailles, des Gilets Jaunes aux grèves contre la réforme des retraites. Suite à une lutte acharnée avec sa direction (dix tentatives de licenciement et près d’un an de mises à pied cumulées) d’au moins 10 ans, il est licencié le 25 mars 2018.

 

150 facteurs, factrices des hauts de seine ont entamé une grève dès le 26 mars 2018 qui a duré près de 15 mois. Une grève qui a permis à Gaël Quirante de garder son rôle syndical, de rester auprès des travailleurs et de continuer à lutter à leurs côtés.

 

L’inspection du travail et les services du Ministère du Travail avaient pris position contre ce licenciement. Mais les patrons de La Poste ont fait appel à Muriel Pénicaud pour contourner les décisions qui rejetait le licenciement.

 

La décision de l’ex-ministre a été attaquée au tribunal administratif. Une audience au tribunal aura lieu le 14 janvier à 9h30 au tribunal de Cergy.

Partager cet article
Repost0