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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 04:40

Le Comité de vigilance contre le tout à l'anglais (j'aime bien ce “ tout à l'anglais ” qui me fait penser à tout à l'égout) propose des expressions françaises simples, modernes, jeunes et dynamiques pour contrer notre colonisation linguistique. Il est preneur d'autres suggestions.

 

"Award" : Prix (ou) Palmarès (au choix...)

"Big Data" : Méga-données

"Business Model" : Modèle économique 

"Challenge" : Défi

"Cool" : Peinard (ou) "Tranquiiille" (ou) "claaasse"... etc.

"Conference call" : Audioconf'(ou)Téléconférence

"Discount" : Soldé (ou) Au rabais (et) pour "hard-discount" :Super-soldé 

"Dispatcher" :  Répartir

"Email" : Courriel

"Fast food" : Resto rapide (ou) "Point chaud" (ou) Friterie (selon cas ou choix)

"Feedback" : Retour (ou) Réaction (ou) Rétroaction (selon les cas)

"Flyer" : Tract ! (ou) Prospectus (au choix, et au besoin "Invitation")

"Forwarder" : Faire suivre

"Freelance" : Indépendant (ou) "En libéral" (au choix) !

"Fuck !" : Chiotte ! (ou) Merde ! (ou) Putain ! (ou) Bordel ! (z'en voulez d'autres ?... Putain, fait chier merde, bordel de chiotte, ce franglais vous nique la tête !!!   )

"Has-been" : Dépassé 

"Hashtag" : Mot-dièse 

"Jogging" : Survète' (et si sens = "Faire un jogging") -->"Aller courir" 

"Junk food" : Malbouffe

"Live" : Direct (pour télé ou musique ou Internet)

"Lol" : Mdr ! (Mort-De-Rire)

"Low-cost" : À bas prix

"Newsletter" : Infolettre (ou) Feuille d'info

"Networking" : Réseautage 

"On line" : En ligne

"Prime-Time" : Début-de-soirée (ou) Direct (pour "Le Prime...") (et on peut ajouter "Avant-soirée" pour "Access prime-time" !)

"Pure-player" : Tout-en-ligne ! (pour un média d'information)

"Smartphone" : Intelliphone (ou) Ordiphone

"Spam" : Pourriel

"Scoop" : Exclu' 

"Speed" : Pressé (ou) Stressé (ou) Sous-pression (selon les cas.)

"Streaming" : Flux ! (pour de la vidéo sur internet "En streaming" = "En flux")

"Thread" : Fil (de discussion) (pour les forums en ligne) 

"Trekking" : Rando ! (ou "randonnée" pour les puristes...)

"Vintage" : Rétro [ou Millésimé]

"Voucher" : Bon (pour bons de réduction ou d'échange) 

"WTF?" (What the Fuck) : CQB ? (C'est Quoi ce Bordel ? ? !)

 

"To be continued" : À suivre 

 

Et surtout pas “ See more at ”, comme on dit dans le journal L'Humanité.

 

Source : "Comité de vigilance contre le tout à l'anglais" sur Facebook

(Ne) méprisons (pas) la langue française (31)
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 05:01

Les magasins Carrefour nous fatiguent ! Les Carrefour Market, les Carrefour City et les autres.

 

La chaîne a décidé de lancer quelques affaires, quelques bons plans. Elle lance donc l'opération “ deals ”. On le sait, “ deal ”; c'est tout simplement une transaction, une affaire, un marché. C'est une donne aux cartes, d'où le “ New Deal ” de Roosevelt. “ Don't make such a big deal out of it ” : n'en fais pas tout un plat. “ A dealer ”, c'est tout bonnement un marchand, un négociant. Pas que de drogue au coin de la rue. “ My brother is Jaguar dealer ” : mon frère est concessionnaire Jaguar.

 

“ Deal ” vient d'un mot de vieil anglais qui signifiait une part, une partie, une portion (en allemand “ Teil ”).

 

Mais, évidemment, dans les magasins Carrefour où de plus en plus de produits son “ dealés ” sous des noms globish, on se tamponne le coquillard de tout cela (“ they don't give a rat's ass ”). Allons-y pour le Powder Flash, le Pomelos Drink, l'Ananas Juice (avec le mot ananas qui n'est pas traduit en anglais), le Home Clean, le Tex Baby, le Blue Sky.

 

Je suis intimement persuadé que, de même que la publicité ne sert pas vendre tel ou tel produit mais à vendre, c'est-à-dire à transformer l'individu en acheteur aliéné, donner des noms globish aux produits n'attire en rien. Regardez comment IKEA a pris le contre-pied de cette manie, en affichant des noms de produits incompréhensibles à 999 clients sur 1000. Pensons également à ce matraquage imbécile de musique, autrefois de la musique d'ascenseur, aujourd'hui de la musique de boîte de nuit à fond la caisse. Ce boum-boum débile nous déconcentre et on n'a plus qu'une envie : fuir.

 

Méprisons la langue française (30)

À noter le jeu de mots bilingue avec “ deal ” “ i ” et “ idéal ”.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 05:25

À Lyon une affiche vante l'opéra. Un opéra national subventionné par le ministère de la Culture. Par nos impôts. Mais quand elle s'adresse aux jeunes de 18 à 28 ans, on a un peu l'impression que cette vénérable institution leur propose un plan cul. En globish bien sûr :

 

CARTE OPEN
Réductions, avantages et invitations :
avec la carte Open, vous avez toujours un bon plan en poche !
- 1er spectacle acheté = 1 verre ou un livret offert,
- 3 spectacles achetés = 1 invitation
…et des offres exclusives tout au long de la saison !

Méprisons la langue française (29)

Puisque nous sommes avec les jeunes, restons-y.

 

Ô toi le djeuns qui t'éclate dans l'insouciance de tes vingt ans ! Toi  qui n'es qu'une bouche sans visage ! Toi l'illettré qui connais les trois premiers mots de la chanson la plus célèbre de James Brown, maintenant tu te calmes, tu rentres dans le rang et tu intègres la grande machine capitaliste. Tu cesses de bafouiller l'anglais et tu apprends le globish de Wall Street. En ce moment, on t'accorde 15% de réduction.

 

18 à 70 euros de l'heure. Oui, mais 97% de réussite.

 

- Do you speak English ?

- Yes, I speak Wall Street English.

Méprisons la langue française (29)

Autre réclame (just for you) :

Méprisons la langue française (29)

Pour finir (j'ai hésité tellement c'est débilitant, mais après tout …) :

Méprisons la langue française (29)
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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 05:18

Dans les années soixante-dix, les linguistes se sont beaucoup intéressés à l’alternance de code linguistique (pardon : au code-switching) et au mélange des codes (encore pardon : au code-mixing). Les enfants bilingues étant de fort utiles objets d’étude.

 

L’alternance de codes est une alternance de deux (parfois plusieurs) codes linguistiques : langues ou dialectes. Cette alternance peut avoir lieu au milieu d’un discours, voire au milieu d’une phrase. Comme dans la chanson de Renaud “ It is not because you are ” :

 

That's comme ça that you thank me

to have learned you english ?

Hé, that's not you qui m'as appris,

my grandfather was rosbif

 

À noter que, dans cet exemple, les syntaxes se fondent parfaitement.

 

Le mélange des codes consiste à utiliser des éléments d’une langue (syntaxe, lexique) dans une autre langue. Comme dans la chanson de Charles Aznavour “ For me formidable ” :

 

You are the one for me, for me, for me, formidable

You are my love very, very, very, véritable

 

La différence entre alternance et mélange n’est pas toujours très nette. Et le linguiste est un peu désemparé devant le Jabberwocky de Lewis Carrol qui, à partir de l’anglais, produit une langue qui n’existe pas mais qui renvoie sans arrêt à l’anglais et qui fait anglais.

 

T’was brilling, and the slithy toves

Did gyre and gimble in the wabe...

(Il était reveneure ; les slictueux toves

sur l’allouinde gyraient et vriblaient...)

 

Dans la publicité, la tendance aujourd’hui est de nous balancer, soit des slogans tout en anglais, soit des slogans en français, avec quelques mots d’anglais.  Lorsque les slogans sont totalement en anglais, la raison est soit idéologique (le globish, langue “ naturelle ” de la pub, des affaires, des gens branchés), soit économique (on ne se fatigue pas à traduire et à modifier en 150 langues ce qui a été conçu en globish). Nous sommes loin de la dérision (autodérision ?) de la chanson de Jacques Brel “ Le Lion ” où l’auteur, en cinq vers, fait un pauvre jeu de mots, introduit du français parlé (avec un mot d’anglais) et termine par une alternance de code. La chanson date de 1974 et a popularisé, peut-être même lancé, l’expression « c’est too much ».

 

Un lion doit être vache

Dis-lui qu´t´es en plein rush

Souviens-toi d´Paulo

Qui nous disait toujours :

“ Too much, c´est too much ”

 

Les slogans publicitaires dont je parle fonctionnent sur le mode : « Essayez Machinchose, c’est just bien (ou juste good) ».

 

 

Le dernier qui m’a interpellé est :

 

L’art de vivre by rochebobois

 

 

 

 

 

Vous me direz que dans ce slogan (j’utilise à dessein, depuis le début, le mot « slogan » car la pub n’est jamais bien loin du fascisme intellectuel), il n’y a qu’un seul mot en anglais, et qui plus est un mot-outil de presque rien du tout.

 

En fait, cette trouvaille est très aliénante. Ce « by » est l’axe du slogan, son élément le plus important. À droite, il y a la marque, intangible, (en fait, pas tant que cela puisqu’il y a quarante ans les propriétaires de l’entreprise utilisaient Rochebobois ou Boboisroche), bien française. Qu’y a-t-il de plus français que Roche et que Bobois, deux des propriétaires possédant, avant la création des magasins bien connus une boutique dénommée Au Beau Bois ? A gauche, il y a l’expression L’art de vivre. Une expression bien française (pardon : so French), qu’adorent les lecteurs du Figaro Madame, compréhensible par les snobinards de la terre entière. Une expression qui est devenue, non pas globish mais globale, tout en restant bien de chez nous.

 

« By », est bel et bien l’agent globish, par quoi Roche Bobois est un art de vivre.

 

PS qui n'a rien à voir : Depuis tout ce temps, j'adore ce qu'ils font (publicité gratuite).

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 16:48

Lu dans Le Monde : un condamné à mort sur 25 est innocent aux Etats-Unis. Le Centre d'information sur la peine capitale a dénombré 146 condamnés à mort innocentés et libérés depuis 1973, dont dix au Texas. Le Texas a exécuté plus du tiers des condamnés américains et détient le record des exécutions aux Etats-Unis avec 517 sur un total de 1 389 depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976.

 

L’Humanité nous dit que pour devenir commissaire européen, Moscovici a donné des gages écrit  aux eurodéputés : « Si un État membre n’engage pas l’“action suivie d’effet” nécessaire pour se conformer aux recommandations du Conseil, la Commission proposera d’appliquer les règles », à savoir des sanctions. Il reprenait dans ce texte la ritournelle des « défis structurels » que « doivent relever » les États membres « et qui appellent parfois des réformes profondes et difficiles ». Ces réformes structurelles ont pour noms marché du travail, retraites, services publics. L’Humanité note également que Moscovici sera bien entouré. Valdis Dombrovskis a en effet pris le portefeuille des Affaires monétaires et du Dialogue social. Dans son pays, la Lettonie, Dombrovskis a mis en œuvre une politique d’austérité inouïe : baisse générale des salaires, coupes dans les services publics. Les Lettons ont perdu 20 % de leur produit intérieur brut sur la période 2008-2009 : un résultat inégalé en Europe, mais qui a permis au pays d’entrer dans la zone euro, le 1er janvier dernier…

 

Dans Le Monde Diplomatique, Jean-Marie Chauvier revient sur le coup de force de Boris Eltsine contre le Congrès en 1993 :

En 1993, la population mesure les effets de la « thérapie de choc » imposée après l’effondrement de l’URSS par les idéologues du marché. Une majorité de députés tente d’imposer une autre voie. Mais, fort du soutien des gouvernements occidentaux, le président Eltsine lance l’assaut contre le Congrès.

Eltsine est décidé à liquider le Congrès des députés du peuple et le Soviet suprême. Le Parlement est dissous le 21 septembre et rapidement des chars de combat cernent la « Maison blanche » qui l’abrite. À l’aube du 4 octobre, les mitrailleuses crépitent. Certains commandos spéciaux refusent d’attaquer les civils. Mais, sous la conduite du ministre de la défense Pavel Gratchev, les blindés tirent au canon. Les premiers députés commencent à se rendre, tandis que l’on évacue les morts et les blessés.

Selon les chiffres officiels, il aura fallu cent vingt-trois morts pour permettre cette « victoire de la démocratie » qu’acclament nombre de responsables et de journaux occidentaux. D’autres sources évoquent un bilan beaucoup plus lourd ; le chiffre de mille cinq cents morts a souvent été cité. 25 000 personnes, dont de nombreux Caucasiens, ont été raflées.

 

 

Sur son blog, Jean-Emmanuel Ducoin estime que la question des retraites se situe au point de convergence de toute notre organisation sociale. Le pouvoir d’achat des retraités – sur lequel repose désormais une solidarité générationnelle rendue obligatoire par la crise – est dans une situation désastreuse. Au nom de la réduction des déficits publics, le gouvernement, va procéder à de nouveaux choix qui frapperont de plein fouet les familles. Hier, dans les médias dominants, vous n’avez entendu qu’une seule information: la dette publique française a franchi les 2 000 milliards d’euros. Mais vous a-t-on précisé que l’Allemagne détient toujours la plus importante dette de la zone euro, à 2 147 milliards? Pendant ce temps-là, François Hollande a préféré jouer la provocation: «Il n’y a pas de plan d’économie qui soit indolore sinon ça aurait déjà été fait. » Affligeant.

 

La Voix du Nord relate un fait divers bien singulier : Aissatou, une étudiante en droit de 20 ans, a été interpellée et placée en garde à vue avec son cousin il y a une semaine pour avoir présenté un vrai billet de 500 € au Leclerc de Douai.

« La dame à la caisse m’a dit que c’était sûrement un faux billet. La sécurité est venue et la police est arrivée. »

Assiatou et son cousin sont restés vingt heures en garde à vue. Avec presque rien à manger : « Le soir, je leur ai dit que j’avais faim, ils m’ont demandé si je mangeais du porc, je leur ai dit que non et puis... rien. Quelques biscuits et un jus de fruit le lendemain matin. »

« On m’a demandé si j’avais pas la fièvre Ebola. »

Et quand son billet a enfin été vérifié, le mardi vers 10 heures, « on m’a juste répondu qu‘ils avaient appliqué la loi... pas d’excuse, rien. »

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 05:21

Dans une démarche culturelle, chaleureuse et militante, vous voulez vous inscrire sur un blog de L'Humanité pour dialoguer. Et là, horreur, vous tombez sur la langue de l'impérialisme et du grand capital.

Méprisons la langue française (27)
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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 05:34

(ou du déterrage de scandales, en anglais muckraking).

 

Quand je suis tombé sur la photo ci-dessous, j’ai été sidéré. Quoi ! Cette mémé de 70 ans, anonyme et ordinaire dans un parking de supermarché, avait fait trembler la couronne britannique au début des années soixante, avait poussé un ministre important à la démission, avait causé indirectement le suicide d’un médecin huppé qui avait été son ami, avait contribué à la défaite du parti conservateur lors des élections législatives de 1963 !

L'affaire Profumo/Keeler, ou quand la presse britannique prit le virage du fouille-merdisme

 

Je me souviens de cette affaire comme si c’était hier. J’avais 15 ans, elle en avait 21. Mannequin et danseuse, elle était plus qu’aguichante. Elle avait fait tourner la tête du ministre de la Défense John Profumo, marié à la célèbre actrice Valérie Hobson qui avait choisi de mettre un terme à sa belle carrière en 1953 après un dernier rôle dans Monsieur Ripois aux côtés de Gérard Philippe.

 

 

L'affaire Profumo/Keeler, ou quand la presse britannique prit le virage du fouille-merdisme

 

Keeler (une tueuse, killer, ha ! ha !) est née en 1942 dans une famille très modeste du centre de l’Angleterre. Enfant, elle vit avec sa mère et son beau-père dans deux wagons désaffectés. À 15 ans, elle est employée comme mannequin dans un magasin de vêtements de Soho à Londres. À 17 ans, elle accouche d’un fils conçu avec “ Jim ”, un sergent étasunien en garnison près de Farnborough. Elle tente d’avorter par ses propres moyens. L’enfant naît prématuré et ne survit que six jours.

 

Elle monte à Londres, travaille comme serveuse dans un bar puis danseuse aux seins nus dans un cabaret où elle rencontre le docteur Stephen Ward, un des personnages les plus étonnants de l’époque. Médecin, ostéopathe, il compte dans sa clientèle Winston Churchill et Elizabeth Taylor. Peintre remarquable, il expose chez Leggatt, le galeriste agréé par la reine, des portraits du prince Philip, de la princesse Margaret ou de Sophia Loren. Il obtient du Premier ministre – fait sans précédent, la permission de croquer des parlementaires dans la Chambre des communes.

 

 

 

 

Christine Keeler s’installe chez ce “ vieil ” homosexuel de 51 ans. Au château de Cliveden, propriété de Lord Astor, Ward loue un cottage où il organise des parties fines avec force call girls, souvent mineures. Parmi elles, Chritine Keeler. Au cours d’une de ces réunions coquines, le ministre Profumo la rencontre, pour le meilleur et pour le pire. En effet, il ne sait pas que sa maîtresse entretient une liaison avec l’attaché naval soviétique en Grande-Bretagne, le capitaine Ivanov, lui aussi familier de Stephen Ward et Cliveden.

 

À un journaliste qui lui a graissé la patte, Keeler confesse que Ward lui a demandé d’obtenir de Profumo la date de livraison à l'armée allemande des ogives atomiques de fabrication étasunienne. Nous sommes au début des années soixante, en pleine guerre froide, une époque où des gens de la très haute société anglaise, ayant accédé à l’âge adulte dans les années trente, se piquent de marxisme et transmettent des renseignements confidentiels et stratégiques à Moscou. Au moment où Ward demande à Keeler ces renseignements, le MI5 fait prendre conscience à Profumo de son imprudence. Le ministre écrit à sa maîtresse qu’il cesse tout commerce avec elle. Ivanov disparaît.

 

Pendant des semaines, Profumo nie l’existence d’une liaison avec la call girl (“ je ne suis pas une prostituée, clame Christine à l'envi ”), en particulier à la Chambre des communes. Ward renseigne tous ses amis journalistes. La classe dirigeante tente de museler le médecin en le faisant condamner pour proxénétisme. Ses illustres clients se détournent de lui. Il avale des barbituriques le jour où le jury doit rendre son verdict. Il meurt sans avoir entendu sa condamnation à quatorze mois de prison (une vidéo de Ward ici). Keeler est, pour sa part, condamnée pour parjure à neuf mois de prison.

L'affaire Profumo/Keeler, ou quand la presse britannique prit le virage du fouille-merdisme

 

À l’époque, la protection de la vie privée outre-Manche était totale. Dans l’affaire Keeler, les journalistes furent longtemps tétanisés. Face à ce sulfureux scandale d’État, révélateur du laxisme politique et de mœurs de fin de règne et dont les ingrédients avaient été l’adultère, la prostitution et l’espionnage, il aurait fallu qu’un journaliste ait tenu la chandelle pour pouvoir témoigner. D’autant que la culture du secret était cultivée de manière insensée : les lois sur les Secrets officiels ne reconnaissaient même pas l’existence de services secrets. Bref, la presse devait se tenir à carreau. Mais, les lions ayant pu, cette fois-ci, être lâchés, les médias prirent leur revanche sur un scandale précédent. En 1962, des journalistes avaient été jetés en prison pour avoir refusé de révéler les sources qui leur avaient permis d’écrire qu’un haut fonctionnaire, condamné à 18 ans de prison pour avoir vendu des secrets à l’URSS, avait eu une liaison avec le ministre de l’Amirauté. Le bruit avait couru que Lord Carrington, figure importante de la Chambre des lords et futur ministre de Margaret Thatcher, avait trempé dans cette affaire de mœurs et d’espionnage.

 

 

 

 

À partir de l’affaire Profumo/Keeler, les médias se sentirent pousser des ailes, devinrent, dans leur ensemble, de plus en plus de caniveau et s’arrogèrent progressivement tous les droits. Comme, par exemple, de livrer en pâture au public le nom et l'adresse de pédophiles ayant été condamnés et ayant purgé leur peine. Au nom de la liberté de la presse et du droit à l'information, bien sûr.

 

En 1989, Michael Caton-Jones réalisa le film Scandal, qui traitait de cette affaire, largement du point de vue de Ward. Joanne Whalley interprétait Christine Keeler et John Hurt Stephen Ward.

 

En 2013, le célèbre musicien britannique Andrew Lloyd Webber (Jesus Christ Super Star) écrivit et produisit la comédie musicale Stephen Ward the Musical (budget : 2,5 millions de livres).

 

Keeler refit parler d’elle peu de temps après l'affaire lorsque le photographe Lewis Morley la fit poser pour une chaise dessinée par l’architecte danois Arne Jacobsen. La pose suggestive était le maximum de ce que l’époque pouvait accepter. Le fabricant gagna beaucoup d'argent mais la vie publique de Christine s'arrêta après cette chaise. Elle se maria deux fois et eut deux enfants.

 

 

 

Son portrait par Stephen Ward fut acquis par la National Portrait Gallery en 1984 (ci-dessous, une esquisse).

 

 

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 17:19

Guevara est mort le 9 octobre 1967.

Dernière photo de Che Guevara en vie
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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 05:20

Par Philippe Arnaud

 

David Pujadas annonce, en dissimulant à peine sa satisfaction, que le taux de 75 % d'impôts sur le revenu des personnes physiques (promis par François Hollande) allait être supprimé à compter du 1er janvier 2015. En quoi cette présentation est-elle frauduleuse ? En quoi trompe-t-elle sciemment les téléspectateurs ?

 

1. Elle les trompe en ce qu'elle vise à placer le téléspectateur "moyen" dans la peau de quelqu'un qui voit ses revenus taxés à 75 %. Imaginons un Français qui gagne 1700 euros nets par mois.

 

[N.B. Ce chiffre est important à deux titres, d'abord parce que le salaire médian des Français est de 1675 euros bruts – je précise bien "bruts" – par mois. Ce qui veut dire que la moitié des Français gagne moins que 1675 euros bruts par mois. Je préciserai plus loin en quoi ce chiffre est important à un deuxième titre].

 

Je reprends mon propos. Mettre le Français "moyen" dans la peau du contribuable taxé à 75 %, cela veut dire, pour celui qui gagne 1700 euros nets par mois (je précise que ce salaire est bien plus élevé que le salaire médian), lui faire exécuter ce calcul élémentaire : 75 % de taxation sur 1700 euros, cela donne 1275 euros d'impôts, c'est-à-dire qu'il ne lui reste plus que 425 euros par mois pour vivre. Diantre ! A ce niveau-là, on est dans la misère (le RSA est à 499 euros). Le Français "moyen" a donc de la compassion pour le Français plus riche qu'on taxe à 75 % en se disant : comme moi, il doit tirer la langue...

 

 

2. Or, et c'est ici que réside la première malhonnêteté, c'est que l'on ne vit pas avec des proportions mais avec de l'argent réel : quelqu'un qui gagne 1000 euros par mois et qu'on taxe à 75 % n'a plus que 250 euros pour vivre. Quelqu'un qui gagne 10 000 euros n'a plus que 2500 euros, quelqu'un qui gagne 100 000 euros n'a plus que 25 000 euros. Mais ce n'est pas du tout la même chose !

 

En effet, 250 euros, c'est la moitié du RSA, c'est-à-dire l'indigence complète, 2500 euros, c'est 800 euros de plus que le salaire médian, c'est un revenu correct, 25 000 euros, c'est plus de cinq fois le traitement d'un professeur de faculté en fin de carrière ! Or, les besoins des humains sont à peu près identiques et les prix les mêmes pour tout le monde. Avec 250 euros, on est dans la misère noire, avec 25 000 euros, on vit confortablement.

 

3. Où est la deuxième malhonnêteté ? Elle est en ce qu'on se garde bien de préciser que la taxation à 75 % (à partir d'un million d'euros) s'entend à partir du premier euro gagné au-dessus de un million mensuel. Celui qui gagne 1 million et 1 euro n'est taxé à 75 % que sur cet euro et pas sur le million qui précède ! [Précision : un gain de 1 million d'euros annuels, cela veut dire 83 333 euros par mois, soit plus de 16 fois le traitement d'un professeur de faculté en fin de carrière...].

 

4. Où est la troisième malhonnêteté ? Elle est en ce qu'on cherche à faire pleurer sur ces "pauvres riches" (si l'on peut dire...) alors que, si l'on imagine la supposition implicite que les journalistes cherchent à faire passer (c'est-à-dire qu'on taxe la totalité du million d'euros), que leur resterait-il ? Il leur resterait 250 000 euros par ans, c'est-à-dire 20 833 euros par mois. C'est quoi, 20 833 euros par mois ? Divisons ce chiffre par 12 : cela donne 1736 euros.

 

5. 1736 euros, c'est un chiffre proche de celui que nous avions choisi au début de ce billet (1700 euros), et qui était lui-même supérieur au montant du salaire brut (1675 euros). Donc en prenant les trois quarts des revenus de celui qui gagne un million d'euros (par an), puis en divisant de nouveau cette somme par 12, on obtient, in fine, un chiffre (1736 euros) qui ferait le bonheur de plus de la moitié des Français...

 

6. Dernière précision : le patron le mieux payé de France, Maurice Lévy, patron de Publicis, gagne 4,5 millions d'euros par an.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 05:07

Serge Halimi souhaite que la presse s’émancipe : « La presse française nourrit-elle d’autres projets que ceux de réduire ses effectifs et de chercher son salut loin du journalisme ? Une telle orientation paraît sans issue, alors que l’ambition éditoriale continue de représenter une destination d’avenir. Le 20 août 2013, Libération chercha à relancer sa diffusion flageolante grâce au slogan promotionnel suivant : « Quand tout va vite, une seule solution : aller plus vite encore. » Une mauvaise solution, apparemment. Un an plus tard, les ventes du journal poursuivaient leur dégringolade, et ses dirigeants annonçaient la suppression de plus du tiers des effectifs du quotidien. Dans le même temps, ils exigeaient que les rescapés produisent davantage de « contenus » avec moins de journalistes. Les rebelles éventuels étaient mis en garde par le nouveau directeur général Pierre Fraidenraich : « C’est ça ou la mort. » Ce sera sans doute l’un et l’autre. »

 

 

Lamia Oualalou voit les évangélistes à la conquête du Brésil : « En 2002, l’élection d’un représentant du Parti des travailleurs à la présidence du Brésil avait provoqué un séisme politique. En octobre 2014, une défaite de cette formation en déclencherait un second. Or la candidature inattendue de Mme Marina Silva parvient à rassembler les opposants à l’actuelle présidente Dilma Rousseff : une partie des classes moyennes, le patronat et les Eglises évangéliques, particulièrement puissantes dans le pays. »

 

 

Le vote à droite est une réponse à la colère sociale (Owen Jones) : « Tandis qu’en Ecosse le référendum sur l’indépendance a cristallisé le rejet de la politique austéritaire imposée par Londres, plus au sud le même sentiment gonfle les voiles de la formation antieuropéenne de M. Nigel Farage. Un nom sème l’effroi au sein de l’élite politique britannique : celui de l’UKIP (United Kingdom Independence Party, Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni). Lors des élections européennes de mai 2014, ce parti contestataire emblématique d’un populisme de droite a infligé une humiliante défaite aux trois formations dominantes : non seulement aux partis conservateur et libéral-démocrate, au pouvoir, mais également au Parti travailliste, dans l’opposition. C’est la première fois depuis un siècle qu’une formation détrône travaillistes et conservateurs lors d’un scrutin national. M. Nigel Farage, le dirigeant de l’UKIP – qui cultive soigneusement une image d’homme du peuple au verbe haut et amateur de bière –, avait prédit un « tremblement de terre politique » ; sa prophétie s’est réalisée. »

Le Monde Diplomatique (75)

Jean-Luc Racine décrit les tribulations du couple indo-afghan : « Parmi tous les acteurs régionaux en Afghanistan– du Pakistan à l’Iran en passant par la Chine –, l’Inde est le moins visible. Pourtant, les relations entre les deux pays sont anciennes. Et même si elles n’ont pas toujours été au beau fixe, elles sont devenues plus étroites après la chute du régime des talibans en 2001. New Delhi a considérablement investi, politiquement et économiquement, dans ce territoire. L’arrivée d’un nouveau président à Kaboul pour remplacer M. Hamid Karzaï ne devrait pas changer la donne. »

 

 

Sanjay Basu et David Stuckler pensent que l’austérité tue : « Rigueur ou relance ? Si, depuis le début de la crise financière de 2007, les gouvernements européens ont choisi, les experts poursuivent leurs délibérations… avec d’autant plus de prudence qu’ils font rarement partie des premières victimes des coupes budgétaires. Soumettre les politiques économiques aux critères d’évaluation de la recherche médicale permettrait toutefois de trancher la question.

 

 

Adieu aux armes en Corse (Pierre Poggioli) ? : « Le 24 juin 2014, le Front de libération nationale corse (FLNC) annonçait sa décision unilatérale d’enclencher un processus de démilitarisation et de normalisation progressive. Après le démantèlement des mouvements irlandais et basque, cette annonce signe la fin de la lutte armée en Europe occidentale. Mais pour Pierre Poggioli, responsable clandestin dans les années 1980, les solutions politiques restent bien incertaines. »

 

Pour Olivier Pironet, en Cisjordanie l’Intifada n’est pas loin : « En bombardant Gaza durant cinquante jours, les Israéliens ont provoqué des dégâts sans équivalent depuis 1967, avec plus de deux mille morts, dont cinq cents enfants. Dans le même temps, en Cisjordanie, l’Autorité palestinienne maintient sa coopération sécuritaire avec l’armée d’occupation, malgré l’absence de progrès dans la construction d’un véritable Etat. »

 

 

Jean-Marie Chauvier rappelle qu’en octobre 1993 le libéralisme russe est apparu au son du canon : « Dans la genèse d’un nouveau pouvoir autoritaire en Russie, on occulte trop souvent un épisode-clé. Dès 1993, la population mesure les effets de la « thérapie de choc » imposée après l’effondrement de l’URSS par les idéologues du marché. Une majorité de députés tente d’imposer une autre voie. Mais, fort du soutien des gouvernements occidentaux, le président Boris Eltsine lance l’assaut contre le Congrès. »

 

 

Pour Mark Weisbrot, en Argentine, les fonds vautours ont été tenus en échec : « Doit-on autoriser une poignée de spéculateurs à prendre en otage quarante millions d’Argentins ? A cette question la justice américaine vient de répondre « oui », semant le trouble jusque dans les rangs des investisseurs. En fragilisant les mécanismes qui permettent aux Etats d’alléger le fardeau de la dette, cette prise de position menace de déséquilibrer l’ensemble du système financier. »

 

 

Ibrahim Warde  explique que leplan Marshall pour les «  printemps arabes  » aura été sans lendemain : « En élisant une nouvelle Assemblée nationale le 26 octobre, les Tunisiens porteront les espoirs du « printemps arabe ». Confrontées au chaos libyen, à la guerre syrienne ou à l’autoritarisme égyptien, les populations ne se font plus d’illusions quant aux promesses des Occidentaux. Annoncée main sur le cœur dans une cité balnéaire française en 2011, l’aide économique internationale n’est jamais arrivée. »

 

 

Pour Alain Gresh, la voix de la France est désormais enfouie sous les bombes : « Il était une fois un pays. Ce n’était pas une superpuissance mais, dans un monde coupé en deux, il proclamait à la fois son attachement au camp occidental et son refus de la vassalisation. A Phnom Penh, en 1965, le président Charles de Gaulle dénonçait l’intervention américaine sans issue au Vietnam ; à Paris, en juin 1967, il condamnait l’attaque israélienne contre ses voisins arabes. Longtemps après, l’écho de cette voix résonnait encore. Chacun se souvient du discours flamboyant du ministre des affaires étrangères français Dominique de Villepin au Conseil de sécurité des Nations unies, le 14 février 2003. La France, prévenait-il, opposerait son veto à une résolution autorisant une action militaire contre l’Irak. Avec plus d’une décennie de recul, des dizaines de milliers de morts, un Etat irakien à la dérive, cette harangue sonne toujours juste. »

 

Jean Gadrey  se demande s’il fautvraiment payer toute la dette : « Impossible d’échapper à l’annonce d’une hausse de la dette publique : unanimes, les médias détaillent alors les sacrifices qui « s’imposent ». Toutefois, lorsqu’un collectif démontre que plus de la moitié de ces créances n’ont pas à être remboursées, le silence est total... »

 

 

Aux Etats-Unis, le discrimination électorale est de retour (Brentin Mock) : « Les élections de mi-mandat du 4 novembre 2014 se joueront, comme souvent aux Etats-Unis, dans une poignée de circonscriptions où les deux grands partis sont au coude-à-coude. Afin de mettre toutes les chances de leur côté, les républicains cherchent à écarter les « mauvais » électeurs des urnes. Ils usent pour cela de multiples astuces, parfois à la frontière de la légalité. »

 

 

Pendant ce temps, au Kenya, les habitants de la côte sont exclus du banquet démocratique (Gérard Prunier) : « Prisée des touristes pour ses plages et ses safaris, la côte kényane subit depuis plusieurs mois une vague d’attentats meurtriers. Ces crimes, demeurés impunis, commencent à faire fuir investisseurs et agences de voyages. La recrudescence des violences serait due au terrorisme islamiste venu de la Somalie voisine. Mais cette explication, trop aisée, masque les fractures politiques et sociales qui déchirent le pays. »

 

 

L’été de la révolte se prolonge à Hongkong (Nahan Siby) : « Comment Pékin peut-il se sortir de l’impasse démocratique à Hongkong ? Les manifestations – les plus importantes depuis la rétrocession de cette ex-colonie britannique à la Chine – ne faiblissent pas, malgré la répression. Les Hongkongais réclament l’élection au suffrage universel du chef de l’exécutif. Les dirigeants chinois en acceptent le principe… à condition de pouvoir sélectionner les candidats. »

 

Pour Carlos Pardo, le système de production cinématographique involue : « Même des réalisateurs remarqués en sont victimes... Avec l’arrivée de producteurs venus des affaires, le conformisme des sociétés de financement ne laisse guère de place à l’épanouissement de cinéastes originaux. Les nouveaux auteurs doivent oublier l’idée de vivre de leur création et apprendre la débrouille. »

 

 

Au niveau international, Stephen F. Cohen ne voit que des hérétiques et des faucons : « Nous assistons à la plus dangereuse confrontation entre la Russie et les Etats-Unis de ces dernières décennies, la pire sans doute depuis la crise des missiles de 1962. La guerre civile en Ukraine, précipitée par le changement illégal de gouvernement à Kiev en février, pourrait en effet conduire à une bataille frontale opposant l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et la Russie. Longtemps impensable, un tel scénario devient concevable. Et plusieurs éléments indiquent que cette nouvelle guerre froide serait encore plus grave que la première  – à laquelle la planète n’a survécu que de justesse. L’épicentre de la tension ne se situe plus à Berlin, mais à la frontière même de la Russie. En Ukraine, une région vitale pour Moscou, les mauvais calculs, les accidents et les provocations pèseront plus lourd que ceux dont le monde a été témoin il y a quelques décennies en Allemagne. »

 

À noter, un très intéressant supplément “ Supplément Secours populaire français ”

Pas plus que d’autres, les jeunes n’échappent aux préjugés ; dans beaucoup de discours politiques ou médiatiques, ils sont ainsi caractérisés comme consuméristes et égoïstes. La simple observation du terrain montre pourtant que nombre d’entre eux manifestent un grand sens de la solidarité. C’est le cas jusque dans les camps de réfugiés syriens du Liban ou parmi les étudiants précarisés en France. Notion relativement récente, la jeunesse fait l’objet d’appropriations déformantes qui en brouillent l’image.

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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