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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 09:15

Sur le site de Sauvons l’Université !, j’ai repéré cette prise de parole d’un collègue du nom de Joël Pothier, que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam :

 

Je vais me faire bien voir, mais je pense qu'il faudrait plutôt des diminutions de salaires pour ceux qui enseignent peu ou mal, et ne passent pas un minimum de temps à chercher…Et ce n'est pas de la provocation (ou à peine… ;-), car, AMHA, souvent on diminuerait alors le salaire de ceux qui ont des primes, justement.

 

Pour le reste, si on trouve qu'on est mal payé, on peut juste jeter un coup d'œil derrière soi. Au 9e échelon, un maitre de conf classe normale est quasiment dans le décile supérieur des salaires, vérifiez sur http://www.inegalites.fr/spip.php?page=salaire (ne pas oublier de rajouter la MGEN à votre salaire net :-))

 

Et je ne parle pas des profs classe exceptionnelle qui finissent dans les 3% les mieux payés (5154€). C'est en effet exceptionnel ! (au moins pour ceux auxquels je pense :-).

 

On peut enfin se souvenir qu'on parle de personnes – nous – dont les longues études ont été payés par les impôts de leurs concitoyens, souvent moins payés… :-( (et ceci même si on a fait ses études en étant salarié à côté).

 

Augmenter le point d'indice ? Pourquoi pas, mais de manière inversement proportionnelle au salaire alors. Je n'ai toujours pas compris pourquoi certains auraient plus de besoins que d'autres...

 

Amicalement,

 

Joël

 

 

Je suggère à Joël Pothier de quitter l'Éducation Nationale et d’aller travailler comme mineur de fond au Lesotho. Lui qui aime tant regarder « derrière lui » regardera alors sous lui. Cesseront alors ses privilèges scandaleux et son sentiment de culpabilité.

 

Est-il besoin de rappeler que le MCF débutant (Bac + 8) est le meilleur rapport qualité prix de la Fonction publique, que si le salaire d'un prof en classe exceptionnelle est exceptionnel (en fait, il ne l'est pas, il y a beaucoup mieux dans la FP d'État), c'est que l'on est en présence d'un niveau de technicité exceptionnel, que l'écart entre les salaires des enseignants et les salaires ouvriers n'a cessé de se réduire depuis trente ans – en tirant vers le bas, bien entendu, que le métier d'universitaire est de plus en plus secondarisé, que les gens de mon âge appartiennent à la dernière génération qui aura connu une réelle liberté dans leur travail d'enseignant et de chercheur (pauvre Joël qui ne connaîtra pas cela, par sa faute !), qu'un EC qui ne veut pas couler est obligé de travailler 70 heures par semaine, en concurrence permanente avec ses collègues, sous l'œil de l'administration et des patronats locaux qui ont pris le pouvoir dans les établissements ?

 

Cette dégradation extraordinaire en si peu de temps n'a été possible que parce que les facs ont été investies par des dizaines de Joël qui acceptent tout.

 

Pauvres de nous !

 

PS : 17 présidents d'université viennent de lancer un appel à nos gouvernants pour dénoncer la situation budgétaire gravissime des établissements. Bravo à ces 17, mais que 17 ! Beaucoup de Joël Pothier chez les non-signataires. Par parenthèse, 4 parmi les 17 sont d'origine musulmane. Et 5 sont des femmes. Les choses bougent. Au niveau du symbole, pas de la misère.

 

 

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 08:33

Une de mes filles fréquente un collège situé dans un quartier populaire. Pour parler clairement, dans sa classe, elle est la seule fille d’origine 100% européenne. Dans ce collège, les conditions d’enseignement sont très bonnes : 24 élèves par classe (30 dans un établissement privé du voisinage), enseignants motivés, du matériel pédagogique en quantité suffisante.

 

Une enseignante de mathématiques est en congé de maternité. L’Inspection académique a trouvé un remplaçant jusqu’au 30 novembre. Après, plus personne.

 

L’association des parents d’élèves, dont je suis solidaire même si je n’en suis pas une cheville ouvrière, se démène tant qu’elle peut.

 

Je lui suggère ceci : faire observer aux autorités que si nous étions au collège Fermat (hé oui, Pierre de Fermat était de la région), le collège de l’hypercentre bourgeois toulousain, il n’y aurait pas de problème de remplacement d’un prof de math.

 

 

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 06:22

L’Humanité : Le travail du dimanche et de nuit ne profite pas aux salariés

En voie de concentration sans cesse accentuée (en dix ans, les grandes surfaces ont gagné 15 points de parts de marché), le secteur se heurte cependant aux limites du marché, particulièrement en cette période de crise. Et ouvrir le dimanche « ne stimule pas la croissance, car les budgets des Français ne sont pas extensibles », rappelle-t-on au Credoc. C’est dans ce contexte qu’intervient la compétition entre les groupes. «Il faut des perdants pour qu’il y ait croissance du chiffre d’affaires chez d’autres», soulignait il y a quelques mois, dans nos colonnes, Claude Jacquin, expert du cabinet Apex. Les enseignes usent de deux armes, expliquait-il : l’extension du réseau et des ouvertures de plus en plus amples d’une part, une pression grandissante sur les fournisseurs, de l’autre. Cependant, accroître les amplitudes horaires entraîne des charges supplémentaires. «Alors, poursuit l’expert, pour s’offrir de telles amplitudes horaires, la première mesure porte généralement sur le coût salarial et le temps de travail ultraflexible. Et c’est ainsi que la recherche obstinée d’un petit supplément d’activité arraché à la concurrence conduit à un système socialement low cost ».

 

 

Travailler six semaines gratos pour Leclerc : j’ai craqué (Rue 89)

Grégory Roumier, Chercheur d'emploi

 

Un Leclerc Drive a ouvert ses portes le 20 août à Auxerre. Je devais y travailler six semaines, sans que cela ne coûte un centime à Leclerc. J’ai tenu six jours.

Tout a commencé lorsque j’ai répondu à une offre sur le site de Pôle emploi. La semaine suivante, je décroche un entretien dans leurs locaux, avec un de leurs conseillers et une personne de chez E. Leclerc.

C’est là qu’on m’explique qu’avant d’être embauché, je dois faire six semaines de formation. Je demande quelle sera la rémunération. Le conseiller me répond que je continuerai à percevoir mes indemnités, en Allocation de solidarité spécifique, soit 477 euros ce mois-ci. Mis à part cela, je ne pourrai prétendre qu’à des indemnités de frais de repas : 6 euros par jour ! Leclerc me promet un CDI à l’issue de ces six semaines de formation.

 

L’Humanité :

Au cours de son histoire, la France a connu des explosions de rejet de l’étranger. L’historien Jean-Noël Jeanneney rappelait ce vendredi matin sur France Inter le massacre de 150 Italiens travailleurs de la compagnie des Salins à Aigues-Mortes en 1883 par les villageois et les ouvriers français. Les Roms livrés à la vindicte populaire, 130 ans après le Italiens d’Aigues-Mortes, c’est du pain béni pour Mme Le Pen. C’est surtout un recul historique des valeurs de la France des Lumières et de la République. Après les Roms, à qui le tour ?"

 

Sur son blog, Jean-Emmanuel Ducoing dit Adieu à Plantu :

Adieu Plantu: le bloc-noteur n’a pas été le seul à penser spontanément à ces mots, cette semaine, en découvrant l’un de ses dessins en une du journal le Monde –qui du coup nous est tombé des mains tout aussi spontanément. Plantu, encore Plantu, fidèle à sa désormais célèbre vulgarité boboïsante des dernières années, capable cette fois de dresser un parallèle entre un islamiste qui interdit à une jeune fille d’aller à l’école et un syndicaliste qui interdit à une salariée d’aller travailler le dimanche… Est-ce donc cela, la caricature, un mélange de bêtise innommable, ambiguë et carrément populiste, fameux travers qu’il prétend combattre chaque jour? Dangereux récidiviste, Plantu. Multirécidiviste même. Contre les salariés en lutte, contre la CGT héritière du CNR, contre les communistes et le Front de gauche, contre bien des idées qui ne parcourent pas fréquemment la rive gauche. De quoi Plantu est-il dorénavant le nom? De l’ultradroitisation des bien-pensants qui s’amusent du climat pourri comme on joue avec le pire. Avouons-le, ce dessin aurait pu être signé par Nicoléon, par Buisson ou par l’un des sbires de fifille-la-voilà, autant de chiens de garde du capitalisme auxquels Plantu prête la main en alimentant l’islamophobie et l’antisyndicalisme de caniveau, allant jusqu’à assimiler l’obscurantisme religieux à des syndicalistes qui se battent pour l’intérêt général et contre la régression sociale. Honte à lui! Pendant la présidentielle, il avait osé associer la fille de papa-nous-voilà à Jean-Luc Mélenchon. Le procédé était déjà ignoble et scandaleux, nous nous étions alors promis de ne plus y retourner. S’engager, c’est se souvenir. Fors l’honneur! Adieu Plantu.

 

Le Monde nous en apprend une bien bonne. En 1938, c'est l'immense chercheur italien Enrico Fermi qui reçoit la distinction suprême pour, je cite, "sa découverte de nouveaux éléments radioactifs, développés par l’irradiation des neutrons, et sa découverte à ce propos des réactions de noyaux, effectuées au moyen des neutrons lents". Le communiqué explicite cette découverte ainsi : “Fermi a en effet réussi à produire deux nouveaux éléments, dont les numéros d’ordre sont 93 et 94, éléments auxquels il a donné le nom d’ausénium et d’hespérium.” Seulement voilà, d'ausénium et d'hespérium il n'y avait en réalité point dans l'expérience du savant transalpin. Fermi s'était trompé dans son interprétation et il avait néanmoins eu le prix Nobel pour la découverte de deux éléments imaginaires...

Revue de presse (73)
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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 06:00

La Grande-Bretagne thatchérienne fut la plus duale depuis Disraeli qui avait fondé le concept de « Deux nations » dans son roman à thèse de 1845. Aggravées, les inégalités n’étaient pas un phénomène nouveau. Déjà en 1966, 7% de la population possédaient 84% des biens privés. L’atténuation de la pression fiscale chère à Madame Thatcher ne bénéficia guère aux couches les plus populaires. Si, pendant deux ans, 1 300 000 foyers furent exemptés d’impôts, ce qui leur rapporta 4 livres par semaine, ce cadeau fut annihilé par l’augmentation massive de la TVA, une inflation de 19% en 1979 et le relèvement du taux des hypothèques. Mais en 1986, la Grande-Bretagne aura l’impôt sur les sociétés le plus bas d’Europe (35% contre 50% en France) tandis que le taux maximum sur le revenu des personnes physiques aura été ramené de 65 à 50%.

 

Lorsque les inégalités s’accroissent, il est difficile de préserver la paix sociale. Pendant l’été 1981, alors que le monde entier n’avait d’yeux que pour le mariage du prince Charles et de Lay Diana, de très violentes émeutes éclatèrent dans les banlieues populaire. Ces émeutes ne venaient pas de nulle part. Le harcèlement, la brutalité policière faisaient désormais partie du quotidien des banlieues. De nombreuses aides sociales avaient été supprimées. À Londres, des assistants sociaux se virent signifier qu’ils ne seraient désormais plus payés. Le 2 mars 1981, une Journée d’action des populations noires rassembla 20 000 personnes. L’été 1981 fut marqué par de véritables émeutes, souvent autour d’événements musicaux. À Southall, un concert rassemblant divers groupes skinhead se termina pare de graves affrontements avec des Asiatiques de cette banlieue. On assista également à des scènes de pillage, de destruction, spontanées mais violentes où se mêlaient, dans une même détestation de Margaret Thatcher, des jeunes d’origines étrangères et des Blancs.

 

 

Selon Bernard Cassen, alors universitaire spécialiste de civilisation britannique, cette profonde exaspération était provoquée par cinq facteurs différents (Le Monde Diplomatique, août 1981). Le manque de mobilité dans la société britannique frappait particulièrement la classe ouvrière qui s’auto-reproduisait, et dont la dernière génération subissait de plein fouet les conséquences de la désindustrialisation. Par ailleurs, depuis les années cinquante, il s’était créé parmi les générations successives de jeunes Britanniques différentes sous-cultures : teddy-boys, rockers, skinheads, punks (voir mon livre de 1971 L’autre Angleterre). Ces sous-cultures s’exprimaient systématiquement en marge des canaux et des canons traditionnels. Un autre facteur était à rechercher dans les vingt années d’immigration conçue sur le mode défensif. Sans oublier le laisser-aller urbaniste (critiqué par le prince Charles en personne !) qui, dans les grandes villes, conduisit à l’opposition entre les ghettos des centres et la relative aisance des banlieues. Enfin, Cassen estimait que, depuis les années soixante, aucun gouvernement ne s’était révélé capable de définir un projet de société susceptible d’accueillir les nouvelles composantes de la nation britannique. Si « mal anglais » il y a, il réside avant tout, selon Cassen dans le vieillissement de l’appareil productif qui s’est accompagné d’une “ pétrification ” de la classe ouvrière. 75% des ouvriers de la génération précédente ont vu leurs enfants devenir ouvriers contre 50% aux Etats-Unis et 40% en France. Le prolétariat britannique est le plus “ héréditaire ” du monde occidental. L’ouvrier des années 80 avait toutes les chance de se retrouver ouvrier ou chômeur et la fille d’ouvrier d’épouser un ouvrier ou un chômeur. Les perspectives de promotions offertes par un système scolaire très ségrégatif étaient très limitées pour les enfants des travailleurs manuels.

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 15:13

 

Sophie Tissier se bat pour les intermittents (L’Humanité):

L'intermittente a été rayée des effectifs de D8 pour avoir dénoncé une baisse de salaire des techniciens dans l'émission de Cyril Hanouna. Elle raconte sa lutte contre les pratiques salariales à l'encontre des précaires dans les grands groupes d'audiovisuel.

 

Rappel des faits:

 

Mi-septembre, la direction de D8 a signifié à Sophie Tissier qu’elle ne travaillerait plus pour le groupe Canal Plus. La jeune femme était intervenue le 30 mai dernier dans l’émission de Cyril Hanouna Touche pas à mon poste, sur D8, devant l’invité Jean-Luc Mélenchon pour dénoncer une baisse de 22 % des salaires des techniciens. La direction de D8 avait alors usé d’un subterfuge pour changer de convention collective, sans négociations avec les salariés concernés.

 

Sophie Tissier a pris acte le 30 août de la décision définitive du groupe : elle est désormais persona non grata sur D8 et Canal Plus. Elle a demandé à la directrice des ressources humaines ce qu’il en était du soutien affirmé à l’antenne de Cyril Hanouna : la DRH affirme n’avoir reçu aucune demande en ce sens de l’animateur. Aujourd’hui, la jeune femme travaille pour France Télévisions. Croisé par la jeune femme sur un plateau, l’animateur Patrick Sébastien, de France 2, a envoyé un SMS à Hanouna : « Le business, c’est bien, mais pour durer, c’est l’humain avant tout. »

 

 

 

Sur son blog, Gérard Filoche nous parle des « centimiers » (des patrons qui rognent sur chaque centime du salaire de leurs ouvriers) :

Comment « économiser » sur la vie, la sueur, le salaire de ses salariés ? Une catégorie de patrons du bâtiment innove. Ce sont les patrons de la « démolition ».

 

C’est un secteur de travail pénible, un de ceux les plus risqués, avec le plus de pénibilité et le plus d’accidents. A tel point qu’il y a eu des négociations qui ont abouti à une convention collective appropriée avec des compensations modestes mais réelles auprès des salariés. Horaires, salaires minimaux, indemnités de repas, de petits déplacements, primes d’insalubrité, de nuisance, de pénibilité, ont été concédées dans ce secteur bien précis.

 

Les ouvriers effectuant les travaux présentant un caractère de pénibilité énumérés ci-dessous bénéficient suivant les cas d’une ou de plusieurs interruptions quotidiennes de travail égales à 10 % du temps de travail pénible effectué. Cette interruption est rémunérée et considérée comme du temps de travail effectif. Les travaux concernés sont :

 

- Travaux de montage et démontage occasionnels d’échafaudages volants, d’échafaudages de pied, de grues, de sapines, à une hauteur supérieure à 10 mètres au bord du vide, mesurée à partir de la surface de réception ou, à défaut, du sol (…/…)

 

- Travaux dans plus de 25 cm d’eau,

- Travaux avec utilisation manuelle d’un marteau-piqueur ou brise-béton,

- Travaux effectués dans des vapeurs d’acide,

- Travaux dans les égouts en service et dans les fosses d’aisance,

- Travaux dans des excavations dont l’ouverture est inférieure à deux mètres et à une profondeur supérieure à six mètres…

 

Ces patrons ont décidé qu’ils ne feraient plus de démolition, mais du « curage », de la « déconstruction » en amont de la démolition, en se rattachant à la convention du nettoyage, bien moins avantageuse pour les salariés.

 

 

Marianne se pense sur le triste sort d’intellectuels de gauche qui ont appelé à voter Hollande en 2012 et qui font comme si leur engagement avait été une erreur de jeunesse :

 

D'après Roland Gori, c'est au Bourget que la campagne a basculé et que tout le monde «s'est fait avoir» : «Au Bourget, il a invoqué le diable pour nous faire croire au caractère évangélique de sa parole politique. Il a dit ces mots-là, mais je ne crois pas qu'ils témoignent de sa pensée profonde, que je crois enlisée dans un réformisme européen.» La suite est connue : nuit de liesse place de la Bastille le 6 mai 2012, et puis, bien vite, trop vite, le soufflé retombe. Et les intellectuels disparaissent brutalement du champ.

Un président qui montre les muscles, c'est aussi ce qu'attendaient un grand nombre d'économistes qui avaient placé leurs espoirs dans le candidat de la gauche, le chantre des «75 %», le héraut, pensaient-ils, du «Grand Soir fiscal». En tête de la fronde, Thomas Piketty. Le cofondateur de l'Ecole d'économie de Paris livre son ressentiment en une phrase lapidaire : «Je n'étais pas très optimiste avant l'élection, mais, là, je trouve qu'on est en dessous des anticipations les plus basses. Il n'y a aucune vision, aucune ambition.» Une réponse qui résume toute la déception de l'auteur de Pour une révolution fiscale, un programme livré clés en main, aussitôt remisé au placard par le candidat devenu chef d'Etat.

 

 

Je finirai – et je m’en excuse – par une note publiée par moi-même sur mon blog : “ L’hôpital Rangueil de Toulouse ne répond plus. ”

Une amie, atteinte d’un cancer en phase terminale ou préterminale, je ne sais trop, appelle mercredi l’hôpital Rangueil où elle a déjà été hospitalisée.

Elle souffre atrocement, vomit le moindre verre d’eau. Elle ne peut subir de chimio car le cancer a progressé dans une zone très sensible. Elle est médecin et a pleinement conscience de ce qui se passe.

 

Elle demande à être hospitalisée immédiatement.

 

– Ce n’est pas possible avant lundi, lui répond-on au téléphone.

 

Elle pense, peut-être à tort, que lundi elle sera morte.

 

 

Revue de presse (72)
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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 05:52

Les Zindigné(e)s – La vie est à nous prend donc officiellement la suite du Sarkophage, avec Paul Ariès, encore et toujours comme ange tutélaire. Décidément, je ne me ferai jamais à la désinence « é(e)s » (pas plus qu’à la sénateure et à l’auteure), mais enfin passons.

 

Dans son éditorial, Paul Ariès désigne clairement les ennemis :

Les Z’indigné(e)s ne feront aucune concession ni avec Hollandréou ni avec ceux qui confondant décroissance et récession sont devenus les fossoyeurs de l’écologie. Nous pensons au contraire qu’il est possible d’écrire de nouveaux « jours heureux » et de susciter le désir pour construire un nouveau pacte social plus émancipateur. Les chroniqueurs du journal appartiennent à toutes les familles de pensée qui depuis des siècles s’opposent sur le choix du bon chemin pour accomplir la révolution, héritiers de Marx comme de Proudhon ou d’Orwell, militants syndicalistes, féministes, régionalistes… Nous remercions la société « Les Temps Mauvais » - éditrice entre le 14 juillet 2007 et septembre 2013 du bimestriel La vie est à nous !/Le Sarkophage – de nous avoir autorisé à reprendre comme complément de titre « La vie est à nous ! » en signe de continuité politique.

Nous lançons donc ce mensuel dans un contexte paradoxal, avec d’un côté la difficulté à construire du peuple et d’un autre côté, mille et une révolutions positives et la volonté de faire converger les forces de l’écologie sociale, en faisant une richesse de notre diversité. Nous vous donnons donc rendez vous chaque mois pour faire gagner ensemble le pari qu’il est possible de faire vivre un journal d’analyse politique accessible au plus grand nombre, avec des textes courts, incisifs, polémiques. Je souhaite bon vent à toutes et à tous même si nous sommes encore pour longtemps au cœur de la tempête ! Première escale : le samedi 26 octobre à 
Grigny (Rhône) pour le 3e Forum national de la désobéissance ! Pour penser un Buen vivir à la française et faire la fête ! Nous vous disons à bientôt dans les colonnes de cette nouvelle publication. Merci d’avance pour votre soutien.

 

Pierre Descottes, militant de la pédagogie Freinet, nous parle de l’école du “ bien-vivre ” :

La refondation de l’école a occupé les premières lignes de l’agenda des socialistes au pouvoir. On sait aujourd’hui que la montagne annoncée en grandes pompes a accouché une nouvelle fois d’une timide petite souris, boiteuse de surcroît. Peut-on refonder l’école, comme toutes les institutions en crise, sans toucher à l’essentiel : la place de l’humain ?

 

Khaled Gaiji dénonce le « dangereux conditionnement publicitaire à l’école » :

L’extension des espaces marchands nuit à la neutralité de l’école publique. Les éléments signés y sont toujours présents. Pire, les firmes remplacent ou forment de plus en plus les professeurs. Les activités du marketing à l’école ont été pensées en parallèle du mécanisme du mécanisme de privatisation de l’éducation, fruit d’un projet politique des entreprises pour capter ce marché.

 

Jean-Claude Paye se demande si le grand marché transatlantique sera un OTAN économique, un État supranational, si comme on le promet, il engendrera des gains évalués à 100 milliards d’euros par an et surtout si, ce qui est nettement plus certain, il débouchera sur un nouvel ordre politique.

 

 

Aurélien Bernier dénonce les « aberrations de la monnaie unique » :

Dans le monde merveilleux de l’ultralibéralisme, c’est bien connu, les marchandises et les capitaux doivent pouvoir circuler sans entraves. Sans cette liberté de commercer, de faire des bénéfices et de les rapatrier dans des paradis fiscaux, les peuples se haïraient et les États se bombarderaient joyeusement pour les plus chanceux à coups de bombes atomiques. […] En imposant l’euro, les capitalistes allemands ont réalisé une prouesse : un coup d’État monétaire simultané dans dix-sept pays.

 

Eva Lacoste a enquêté sur la « violence oubliée au Honduras :

Depuis le coup d’État de juin 2009 qui déposait le président Manuel Zelaya, une dictature sévit dans le silence assourdissant des médias pour le plus grand bénéfice de l’oligarchie sans foi ni loi et des multinationales. Intimidations, enlèvements, assassinats d’opposants et de leaders communautaires se poursuivent dans un climat d’impunité.

 

Bernard Legros analyse les « zones d’ombre de la décroissance » :

Elle recèle ses zones d’ombre, ses tabous, ses angles morts et ses concepts en voie de « dégagement ».

 

Pour l’oncologue Nicole Delépine, le cancer est exploité « à des fins commerciales » :

La plus grande source de profit dans le monde, en dehors peut-être du marché opaque des armes et du pétrole, est l’industrie pharmaceutique. De son côté, le marché hospitalier a vu son chiffre d’affaires passer de 3 à 6 milliards d’euros de 2002 à 2011. Où est la crise ?

 

Pour Patrice Bouveret et Christine Bergé, il faut « ouvrir le débat du désarmement nucléaire » :

Un certain nombre de responsables politiques, militaires et parlementaires poursuivent leur réflexion en faveur du désarmement nucléaire. Aujourd’hui, 146 pays soutiennent un projet de convention pour l’élimination des armes atomiques. La France pourra-t-elle longtemps maintenir une doctrine jugée « obsolète » ?

 

Pour Jean Gadrey, « quand on veut noyer ses vieux », on fait une réforme des retraites. Il faut délibérer des la vie après celle du travail et des autres activités et moments qui font que la vie vaut d’être vécue.

 

« Pas dans nos slips, la prostitution », clame Gérard Biard.

Des hommes pour l’abolition de la prostitution. L’idée n’est pas si incongrue que ça. Tout dépend de la société dans laquelle on souhaite vivre. La prostitution n’a pas sa place dans un État de droit.

 

Pour Laurent Paillard, « le concept d’opinion est une construction médiatique » :

Si on postule qu’une personne est le résultat d’un processus de socialisation jamais achevé, on doit reconnaître que le fait de passer un quart de son temps à être le spectateur d’une représentation déformée du réel a des effets sur le jugement.

 

Pour Christian Jakse, « l’emploi vert, le filtre diesel, le tri sélectif sont des cautères sur une jambe de bois si l’objectif visé est la préservation de la vie. »

 

Yannis Youlountas réfléchit à « ce que cache le mot crise » :

Comment un élément de langage détourné de son sens premier (un moment positif et parfois même nécessaire) contribue à la résignation.

 

Pour le politologue Gaël Brustier, « l’idée du déclin nourrit la pensée occidentaliste » :

De nouvelles formes de régulation voient le jour. Les « dictatures de l’identité » au Sud, les citadelles identitaires dans certains secteurs de nos société et, évidemment, l’occidentalisme qui est l’idéologie de notre époque.

 

« Détrompons-nous », recommande Yann Fiévet :

En butant bientôt sur les limites physiques indépassables, le capitalisme s’approche dangereusement du possible effondrement global. D’emblée nous devons envisager le trompe-l’œil dans une double intention.

 

Eva Lacoste nous révèle le plat préféré de Paul Ariès : la barbue cauchoise (ah, le pays de Caux, cher à Maupassant !). Paul arrose ce poisson d’un Mâcon-Igné blanc, pour son « charme insolent ».

 

On sait vivre à Lyon !

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 05:48

De nombreux monétaristes anglais, ceux de l’Institute for Fiscal Studies, par exemple, pensaient que les bases économiques de la société britannique étaient saines, que si la stabilité monétaire était rétablie et que le pays continuait de s’ouvrir à l’économie mondiale, il réussirait à s’adapter, au besoin en fermant des industries  et en devenant une nation prestataire de services (c’est un peu la logique sur laquelle reposait la logique économique de Giscard et de Barre). Les économistes progressistes pensaient au contraire que le déclin du pays n’avait été relatif et supportable que parce qu’il était advenu dans une phase d’expansion économique mondiale (les années cinquante et soixante). Dès lors qu’à partir de 1973 cette phase fut terminée les défauts structurels de l’économie britannique apparurent d’autant plus nettement que Madame Thatcher ne fit rien pour y remédier : de nombreux secteurs industriels demeurèrent archaïques, la balance commerciale resta nettement déficitaire (au début des années 80, 55% des voitures achetées dans le pays provenaient de l’étranger), des postes par centaines de milliers étaient supprimés dans l’industrie, la productivité était basse. Les exportations de produits finis (le fameux made in England) ne parvenaient plus à couvrir les importations de produits alimentaires et de matières premières. Les difficultés sérieuses que rencontrait le pays furent fortement atténuées par le pétrole providentiel de la Mer du Nord (en 1999, 6 millions de barils de pétrole brut et 280 000 000 m³ de gaz naturel par jour, dont une bonne partie pour le Royaume-Uni). Cette exploitation créa de nombreux emplois et permit l’autosuffisance énergétique.

 

Avant de dresser un bilan global des premières années du règne de Madame Thatcher, un mot sur la fausseté (théorique) de la théorie monétariste. Le monétarisme veut en effet que l’accroissement excessif de l’offre de monnaie soit la cause principale de l’inflation. Il vaut mieux penser que l’offre de monnaie n’est pas à l’origine de la demande des biens et des services mais que la demande de monnaie a toujours été le reflet de la demande de marchandises. C’est l’expression du niveau général de la production qui a rendu rentable le développement de la production de monnaie-marchandise (l’or ou les coquillages) parallèlement à celui des marchandises en général.

 

 

Margaret Thatcher a remporté quelques succès. Facilités par les « efforts » de ses prédécesseurs travaillistes (la continuité entre ces clans est étonnante : voir les Solfériniens en France ou l’actuel chef du parti travailliste Ed Milliband qui se qualifie de « marxiste raisonné »). La réduction des dépenses publiques avait commencé dès 1976 sur injonction du FMI. Durant les premières années du gouvernement Thatcher, la dette publique passa de 6 à 2,5% du PIB. L’inflation, qui avait dépassé les 20%, retomba à moins de 5%. Le taux de croissance tourna autour de 3%. En 1984, le déficit budgétaire était au plus bas depuis dix ans et la productivité industrielle avait retrouvé son niveau de 1979. 300 000 postes de travail nouveau furent créés, le plus souvent du travail à temps partiel non qualifié, cela dit.

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 08:42

Qu’est-ce donc que le monétarisme ? Une théorie dont le fondement principal est la stabilité de la monnaie. Selon Milton Friedman, l’offre de monnaie doit être déterminée par la banque centrale. La demande de monnaie doit être stable. L’inflation est « partout et toujours un phénomène monétaire dû à l’augmentation trop rapide de la masse monétaire. Enfin, il existe un taux de chômage “ naturel ” en dessous duquel l’économie ne peut pas descendre durablement. Selon cette théorie, l’inflation est donc un fardeau pour le marché et fausse les échanges entre les individus. Parce qu’ils étaient partisans de la réduction de la demande, parce qu’ils étaient contre le consensus social en ce qu’il avait donné trop de pouvoirs à l’État et aux syndicats sur les entreprises, parce qu’ils estimaient qu’il était possible de résoudre le problème du chômage en se soumettant aux conditions du marché mondial, c’est-à-dire à la division internationale du travail, les monétaristes prirent totalement à contre-pied les adeptes de Keynes pour qui les mouvements monétaires étaient la conséquence de phénomènes économiques. C’est la raison pour laquelle, le président Reagan, en bon disciple de Friedman, n’a rien fait pour freiner la montée du dollar, ce qui, en 1984, a augmenté les importations des Etats-Unis de 15%, a fait baisser les exportations étasuniennes de 15% et qui a occasionné 2 millions de chômeurs de plus.

 

 

Le thatchérisme a donc voulu mettre en pièces la pensée keynesienne dont s’était inspirée la social-démocratie européenne (ainsi que le New Deal de Roosevelt) pendant une quarantaine d’années, selon laquelle, en période de sous-consommation – comme pendant l’entre-deux guerres – il faut relancer la demande populaire aux dépens des taux de profit et de la plus-value. En réaction, la politique de Thatcher visa à accroître le taux d’exploitation. Ce qui entraîna une dégradation des conditions permettant de dégager cette plus-value. En effet, une politique de déflation se traduit par une capacité non utilisée et par une baisse des taux de profit, à moins que les exportations s’accroissent (ce qui n’était pas le cas). À noter que cette déflation améliora la position concurrentielle du pays, ce qui posa de vrais problèmes aux autres grandes puissances exportatrices. Inversement, on sait que l’augmentation des dépenses publiques facilite la réalisation de profits à court terme mais elle entrave leur production à long terme alors que des compressions de dépenses peuvent contribuer à la création de profits à long terme.

 

En 18762, l’économiste allemand Adolph Wagner expliqua que « plus la société se civilise, plus l’État est dispendieux ». En d’autres termes et en théorie, la part des dépenses publiques dans le PIB augmente avec le niveau de vie. Pour Wagner, l’augmentation des dépenses publiques se justifie par l’apparition de nouveaux besoins qui amène l’État à investir plus en infrastructures publiques. Un cercle vertueux, à ceci près, aux yeux des Friedmaniens, que la consommation des biens dits supérieurs (éducation, santé, loisirs) augmente plus vite que le revenu de la population.

 

Illustration : Milton Friedman en compagnie de Pinochet.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 05:54

Dans ce numéro d’octobre 2013, Serge Halimi s’interroge sur la  crédibilité des perroquets :

 

N’importe qui peut dire et écrire n’importe quoi. En particulier sur les États-Unis. En moins de six mois, ce pays vient donc de passer du statut de Phénix remplumé (reprise économique, indépendance énergétique, domination des multinationales de l’informatique, résurrection de l’industrie automobile) à celui d’empire déclinant, amoindri par le comportement jugé velléitaire de son président.

Désormais, disserter sur l’« étrange faiblesse de l’Amérique (2) » est devenu une petite industrie. Dans le cas de la Syrie, le président Barack Obama aurait en effet nui au crédit de son pays en ne lançant pas, comme l’espéraient passionnément Paris et quelques stratèges de génie (lire « Cinglante débâcle de la diplomatie française »), une opération militaire supplémentaire contre un État arabe. Le terme choisi par tous les perroquets est celui de « crédibilité ».

 

 

Évelyne Pieiller décortique les Les embrouilles idéologiques de l’extrême droite :

 

L’absence d’ambitions de la gauche, ou son incapacité à les réaliser, encourage l’extrême droite à la détrousser de ses idées les plus porteuses. Quitte pour celle-ci à y injecter sa véhémence, son acrimonie, ses obsessions nationales ou religieuses. Dans ce registre qui entremêle sans relâche « gauche du travail et droite des valeurs », Alain Soral est devenu une vedette du Net.

 

 

Faut-il posséder ou partager, demandent Martin Denoun et Geoffroy Valadon ?

 

Et si l’usage ne correspondait pas nécessairement à la propriété ? Soucieuses d’en finir avec l’hyperconsommation d’objets qui ne servent que très rarement, confrontées à un pouvoir d’achat en berne, de nombreuses personnes s’organisent pour partager et troquer. Un mouvement en pleine expansion que les groupes privés ont vite détourné pour élargir le cercle… des acheteurs.

 

 

Grâce à Anne Vigna, faisons connaissance avec le Bouygues du Brésil :

 

En juin 2013, le mécontentement social conduisait les Brésiliens à manifester en masse dans les rues du pays. Parmi leurs cibles, les inégalités, des conditions de transport indignes, la corruption et... la multinationale Odebrecht : aux yeux de beaucoup, l’entreprise incarne les dérives d’un capitalisme de connivence.

 

 

Christophe Ventura nous dit ce que sont devenus les douaniers :

 

Le vaste mouvement de réorganisation du commerce international place les institutions douanières et leurs agents au point d’impact de deux forces contradictoires. Celle du contrôle, de la réglementation et de la sécurité, prérogatives régaliennes par excellence. Et celle de la fluidité et de la vitesse, dictée par la circulation de la marchandise. Mais, progressivement, les missions de service public s’effacent...

 

 

La ville de Detroit est en déshérence (John Nichols) :

 

Empêtré dans un nouveau bras de fer budgétaire entre le président et le Congrès, Washington abandonne les collectivités locales. Pourtant victime de la désindustrialisation, la ville de Detroit a déjà fait faillite en juillet dernier. Et, quelques mois plus tôt, le comté de Jefferson en Alabama avait connu le même sort à cause d’emprunts toxiques. Du Rhode Island à la Californie, les banqueroutes municipales s’enchaînent, révélant les carences des politiques urbaines.

 

 

Pendant ce temps-là, Google et Microsoft nous mentent (Dan Schiller) :

 

Pendant des années, les autorités américaines ont rudoyé les États — Chine et Iran en tête — qui imposaient à leurs citoyens des restrictions sur l’accès à Internet et à son utilisation. Les révélations de M. Edward Snowden sur l’ampleur du système de surveillance des télécommunications mondiales mis en place par Washington n’ont fait que renforcer les doutes qui pesaient déjà sur la sincérité de ces reproches. Mais le problème va bien au-delà de la simple hypocrisie.

En 2010, une commission d’enquête du ministère américain du commerce a pointé l’inquiétude des principaux acteurs du numérique. Dans leurs rapports à la commission, ces derniers se sont employés à dénoncer la politique des États-Unis concernant la Toile, non sans prendre de multiples précautions — ils n’ont par exemple jamais mentionné directement le programme Prism de la National Security Agency (NSA).

 

 

Un article très originales de Julie Boeri. Pour un autre monde, il faut faire vivre de nombreuses langues :

 

Dans les forums sociaux, des traducteurs bénévoles permettent les échanges entre les centaines de militants venus du monde entier. Cependant, le manque de moyens conduit parfois à privilégier certaines langues au détriment de cultures dites minoritaires, suscitant des incompréhensions et des tensions. En outre, le vocabulaire altermondialiste pose des problèmes inattendus aux interprètes.

Gestion responsable des ressources et des déchets, démocratie participative, commerce équitable, logiciels libres... un forum social doit refléter dans sa propre organisation les changements qu’il appelle de ses vœux. Il doit en particulier assurer le droit des participants à communiquer dans la langue de leur choix ; car, dans ce domaine, on n’échappe pas aux mécanismes de domination. Après le recours à un service conventionnel d’interprétation simultanée en espagnol, portugais, français et anglais pour les séances plénières des deux premières éditions du Forum social mondial (FSM) à Porto Alegre, en 2001 et 2002, des centaines de militants se mobilisent pour la diversité linguistique et pour assurer l’interprétation lors du premier Forum social européen (FSE) à Florence. Ainsi naît le réseau international Babels, présent lors de la plupart des forums organisés ces dix dernières années.

 

 

L’indépendance de la Catalogne, c’est pour quand (Jean-Sébastien Mora) ?

 

Peu impressionnée par le succès de la chaîne humaine organisée le 11 septembre 2013 par les partisans de l’indépendance, la Commission européenne a réaffirmé qu’une Catalogne souveraine sortirait de facto de l’Union. Même si la décision finale appartiendra aux États membres, Bruxelles jette ainsi le doute sur la stratégie des indépendantistes, largement basée sur les bénéfices tirés du Marché unique et de ses mécanismes de solidarité.

 

 

La Centrafrique agonise (Vincent Munié) :

 

Deux cent trente mille déplacés internes, soixante-deux mille réfugiés dans les pays voisins… Depuis le coup d’État du 24 mars, la Centrafrique s’enfonce dans le chaos. Les cris d’alarme lancés durant l’été par les Nations unies semblent enfin tirer les chancelleries de leur torpeur. Il est probable que la résolution préparée par Paris pour le Conseil de sécurité de la fin septembre ne suffira pas.

 

 

À lire un fort dossier sur la crise syrienne :

 

En quelques jours, on est passé de la perspective de bombardements américains et français en Syrie  Cinglante débâcle de la diplomatie française ») à des négociations entre Washington et Moscou. Téhéran, jusqu’ici enfermé dans son soutien inconditionnel à Damas, laisse entrevoir de possibles ouvertures  Damas, l’allié encombrant de Téhéran »). Ce chassé-croisé reflète les changements de l’ordre international, qui peine à se recomposer depuis la fin de la guerre froide, chahutant même les règles de la sécurité collective  Sécurité collective recherche bons avocats »). L’ampleur des conflits qui secouent le Proche-Orient et le Maghreb ainsi que l’affaissement des États (voir « Affaissement des États, diffusion du djihadisme) devraient pourtant redonner sa place à la diplomatie. S’ils cherchent toujours à contenir l’Iran et à rassurer Israël comme l’Arabie saoudite, les États-Unis regardent de plus en plus vers l’Asie, avec en ligne de mire la Chine (« Le grand écart de Washington »).

 

 

 

Si les images peuvent être propres, les guerres demeurent sales (Philippe Leymarie) :

 

Irak, Libye, Mali : la communication des militaires en temps de guerre s’est professionnalisée. Plutôt que de retrouver ses réflexes de Grande Muette, l’armée préfère ne pas tout dire. Ou dire qu’elle ne peut rien dire. Les militaires veulent établir leurs règles du jeu. La consigne est de ne pas mentir, pour échapper aux accusations de manipulation et de désinformation.

 

 

Une bonne question : que regardent les téléspectateurs chinois (Jordan Pouille) ?

 

Dans les transports en commun comme à la maison, nombre de Chinois sont penchés sur leur écran : en différé ou en direct, ils regardent leurs programmes préférés, qui n’ont rien à envier à ceux diffusés en Occident. Si autrefois les séries historiques occupaient le devant de la scène, désormais les émissions de téléréalité font un tabac… mais sous l’œil vigilant du Parti communiste.

 

 

Serge Halimi se penche avec gravité sur l’avenir de la presse écrite :

 

La presse écrite sera-t-elle morte en 2032 ? M. Jeff Bezos l’avait annoncé l’an dernier. Il vient pourtant de racheter le Washington Post. Une contradiction ? Pas vraiment. Quand on possède Amazon, quand 1 % de sa fortune suffit pour acheter un titre qui, deux décennies plus tôt, en valait dix fois plus, on peut s’offrir quelques fantaisies. Détenir les clés du quotidien qui a révélé l’affaire du Watergate coûtera tout juste un peu plus cher à M. Bezos que son projet d’enfouir cent cinquante mètres sous terre au Texas une horloge qui donnera encore l’heure dans dix mille ans. La presse écrite sera-t-elle vraiment morte alors ?

Les journaux ne se vendent pas bien, c’est certain, et on les achète pour une bouchée de pain. En cinq ans, leur diffusion a baissé de 13 % en Amérique du Nord, de 24,8 % en Europe de l’Ouest et de 27,4 % en Europe de l’Est. Comme les recettes publicitaires, attirées par la Toile, se portent encore plus mal, la valorisation des titres qui en dépendaient s’est effondrée. Aux États-Unis, elle a été divisée par dix en vingt ans, inflation non comprise. Cette dégringolade pourrait constituer une bonne nouvelle si elle permettait de débroussailler le paysage idéologique des médias de marché, assurément trop nombreux.

 

 

Pour Louis-Charles Sirjacq, Ibsen demeure une superstar :

 

Quand un auteur rencontre le public en donnant forme aux préoccupations et aux débats de son temps, c’est que son propos trouve un écho dans l’imaginaire collectif. Mais l’engouement qu’il suscite à nouveau, un siècle plus tard, signifie-t-il que nous serions, avec un certain décalage, ses contemporains ?

 

 

Qu’est-ce qui compte dans le vin : le terroir ou la marque (Sébastien Laparque) ?

 

« Les Romains ont été les premiers globalisateurs », observait naguère Pierre Legendre. A eux, donc, le règne, la puissance et la gloire, ainsi que Pline l’Ancien, naturaliste de langue latine né en 23 de l’ère chrétienne, s’en félicitait avec l’enthousiasme d’un Jacques Attali en toge et sandales : « Il n’est personne, en effet, qui ne pense qu’en unissant l’univers, la majesté de l’Empire romain a fait progresser la civilisation, grâce aux échanges commerciaux et à la communauté d’une heureuse paix, et que tous les produits, même ceux qui étaient auparavant cachés, ont vu leur usage se généraliser. »

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 10:03

Oui, répond Pascal Maillard dans son blog Mediapart :

 

La coupe de l’excellence est pleine, Madame la Ministre, et les caisses des universités sont vides !

 

Mais puisque la ministre ne veut rien voir, ni savoir, opposons-lui les faits. Ils sont têtus. Ci-dessous quelques exemples documentés des conséquences de son excellente politique qui poursuit le massacre néo-libéral et applique les directives européennes qui obligent à la fusion des opérateurs publics à des fins d’économies. La liste n’est pas exhaustive et l’on pourra la compléter utilement par les 63 chroniques du blog de Pierre Dubois sur les budgets des universités ou par les analyses bien informées de Yann Bisiou.

 

- 11 millions de déficit à Aix-Marseille Université, récemment fusionnée : le gigantisme a son prix ! Les méga-universités, comme Strasbourg, Bordeaux ou les grandes parisiennes ne sont pas épargnées par les restrictions budgétaires, malgré la manne du Grand Emprunt qui sert de plus en plus à boucher les trous des crédits récurrents.

 

Paris 1 est sous tutelle du rectorat, Paris 6 dans les limbes, etParis 13 en enfer.

 

- L’Université de Lorraine, jeune colosse aux pieds d’argile, a décidé de geler 180 postes sur trois ans pour pouvoir commencer à investir. Comme si – terrible ironie - les « Investissements d’avenir » avaient pour vocation et pour seul effet de tuer l’emploi !

 

- L’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines qui a les meilleurs résultats de France dans la progression des étudiants en Licence, supprime des parcours pour réduire son déficit de 5,2 millions. Elle supprime, bien sûr, des parcours de licence.

 

- Le site universitaire de Béziers est sacrifié sur l’autel de l’austérité, dans un acte de protestation, aussi courageux que désespéré, de la présidente de Montpellier 3.

 

 

L'intégralité de l'article ici.

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