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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 05:31

Ci-dessous de larges extraits d'un article de Pierric Marrissal, Loan Nguyen et Lola Ruscio paru dans L'Humanité.

 

 

La marche forcée vers la privatisation des services publics depuis bientôt trente ans a signé la fin des investissements, la hausse des prix, la dégradation des prestations. Les effectifs ont drastiquement baissé et les conditions de travail se sont détériorées… 

 

«Je dis aux syndicats : n’ayez pas de craintes illégitimes, la SNCF restera publique, ce sera dans la loi et les cheminots resteront cheminots », a encore une fois promis Emmanuel Macron lors de son passage au JT de 13 heures de Jean-Pierre Pernaut, sur TF1. Sauf que les syndicats n’ont pas la mémoire courte. Ils se souviennent de Paul Quilès, qui disait à propos de France Télécom en 1990 : « Le service public est notre bien commun, tout idée de privatisation est totalement étrangère à ma démarche et celle du premier ministre. » Et de Nicolas Sarkozy, promettant en 2004 qu’« EDF-GDF ne sera pas privatisé ». Ou encore de Christine Lagarde, qui jurait en juillet 2008 que « La Poste restera, et ce n’est pas négociable, une entreprise publique ». Chaque fois, le schéma est le même. Ouverture du secteur à la concurrence, ouverture du capital du service public, transformé en société anonyme, et désengagement progressif de l’État jusqu’à la privatisation complète.

 

1 Des prix en hausse et un service rendu en baisse

 

« Depuis 2004 et l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence, et le passage de GRDF en société anonyme, le prix du gaz a augmenté de 70 % pour tous les Français et de 30 % pour l’électricité. Résultat, aujourd’hui, 12 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique », assure Cédric Liechti, secrétaire général de la CGT énergie à Paris. « Sur les 25 dernières années, la part de la facture des télécoms dans le budget des ménages est passée de 3 % à 6 % », confirme Thierry Franchi, délégué syndical central (DSC) adjoint CGT chez Orange. Autre exemple, si les autoroutes n’ont jamais été des infrastructures publiques à 100 %, mais des sociétés d’économie mixte, la privatisation totale des concessions en 2006 a entraîné une hausse des tarifs de plus de 20 % en douze ans. Vinci et Eiffage se sont partagé le gros du gâteau.

 

Les pratiques commerciales ont été bousculées. Engie, par exemple, est en contrat avec Darty, l’enseigne d’électroménager proposant des prestations de l’énergéticien – d’autant que toutes les anciennes boutiques EDF-GDF auront fermé fin 2019. 

 

2 Moins d’emplois et un travail dégradé

 

« Pour faire partir les gens, la direction de France Télécom utilisait le même graphique que les médecins qui traitent des patients incurables, celui où la phase de désespoir précède l’acceptation de son sort, se souvient Thierry Franchi. C’était terrible, on faisait des minutes de silence à chaque comité d’entreprise pour les collègues suicidés. » Si, depuis 1990, les gouvernements successifs ont promis que l’ouverture à la concurrence allait favoriser l’emploi, c’est tout l’inverse qui s’est produit. « La direction disait aux managers : il faut que tu fasses partir ton équipe, mais on te prévient, tu es aussi sur la liste ! » raconte le DSC adjoint CGT d’Orange. En quinze ans, l’entreprise a perdu plus de 84 000 fonctionnaires, beaucoup sont partis car ils ne se reconnaissaient plus dans le service public qu’ils avaient connu. Le secteur a détruit plus de 70 000 emplois. La Poste aussi fait la chasse aux moindres coûts. Le deuxième employeur public de France (224 000 salariés) a supprimé en dix ans 100 000 postes, selon les syndicats. « Son objectif n’est plus de servir la population, mais de servir au maximum ses profits en réduisant les coûts », dénonce Nicolas Galépides, secrétaire général de SUD PTT. 

 

Le changement de statut des entreprises crée en outre un véritable dumping social en leur sein, où plusieurs conventions collectives cohabitent. Chez Orange, il n’y aura plus de fonctionnaires en 2025. Il n’y a plus que 10 % de statutaires chez Engie. La grande tendance est de recruter à travers des filiales, pour ne pas se voir soumis aux conventions collectives de branche jugées encore trop favorables aux employés…

 

Avec la fermeture des lieux d’accueil physiques, les centres d’appels et plateformes téléphoniques prennent une place prépondérante. Chez Engie, 95 % de ses plateformes sont sous-traitées, pour la majorité au Maroc et à Madagascar, et plus récemment au Sénégal et en Côte d’Ivoire. « On se retrouve avec des gens exploités dans des pays à bas coût qui vont gérer des factures d’abonnés en France. On est au bout de ce système », déplore Cédric Liechti.

 

Libéralisations. Les grands mensonges de l’ouverture à la concurrence

 

3 Baisse de la Qualité des réseaux et de la sécurité

 

La réduction des effectifs liée à la privatisation a d’énormes conséquences sur la qualité des réseaux. « Avant 2000, les plans d’alerte en cas de gros incident de gaz comme des coupures du réseau, cela n’existait pas, à part ceux que l’on déclenchait en exercices de simulation. Aujourd’hui, à Paris, on en a trois ou quatre par an. Le réseau est pourri à cause du sous-investissement », explique Cédric Liechti. Les fuites de gaz sont désormais assignées en trois catégories, selon leur urgence présumée… 30 000 kilomètres de conduites de gaz en fonte grise datant des années 1950 devaient être remplacés dans les dix ans, s’étaient engagés les dirigeants du service public dans les années 1990. Sauf que la privatisation est passée par là entre-temps. Depuis, il y a eu plus de vingt morts. « Ils savaient que c’était dangereux, mais une grosse partie de l’argent est allée à l’actionnariat et pas à la rénovation du réseau », poursuit le syndicaliste gazier.

 

Après une tempête, tous les énergéticiens du territoire français sont mobilisés. « Demain, avec l’ouverture à la concurrence, si c’est Bouygues Énergie qui gère le réseau sur la zone sinistrée, pourquoi les salariés de Total Énergie iraient aider leurs concurrents ? C’est aussi ce qui attend la SNCF », prévient Cédric Liechti.

 

La sécurité des travailleurs pose aussi question. Les accidents graves se multiplient sur les réseaux d’électricité et de gaz. « Des techniciens disent qu’ils craignent d’aller travailler pour leur sécurité », assure Cédric Liechti. Et si les chiffres des blessés du travail ont diminué chez Orange, c’est que 95 % des interventions sur le réseau sont sous-traitées.

 

4 La financiarisation contre l’investissement

 

« Cette année, Enedis a remonté 659 millions d’euros à EDF, c’est 83 % de son résultat net qui part en dividendes pour les actionnaires de la maison mère », explique le secrétaire général de la CGT énergie de Paris. Pour maintenir son taux de marge supérieur à 14 %, la filiale emprunte à EDF, avec des taux d’intérêt. « C’est absurde, on crée de la dette, et après la maison mère explique : vous êtes trop endettés, on fait un plan social », déplore Cédric Liechti, alors que plus de 2 000 nouveaux emplois sont sur la sellette. GRDF a de son côté rapporté 550 millions d’euros à Engie. En près de quinze ans, l’ancien service public de l’énergie a reversé 60 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires. Des milliards qui ne sont pas allés dans le renouvellement du réseau, ni dans la recherche sur les énergies alternatives et renouvelables.

 

La même logique financière prévaut chez Orange. « Résultat, on prend un retard phénoménal sur l’installation de la fibre optique, le plan très haut débit est repoussé d’année en année », explique Thierry Franchi. Ce technicien a été embauché chez France Télécom à la fin des années 1970, lorsqu’un investissement massif a été consenti pour raccorder tout le territoire, sans exception, au réseau cuivre. Ce qui n’est plus possible avec la privatisation. « On est à la remorque dans le domaine de la recherche, aussi. On avait inventé la fibre optique, la commutation asynchrone, la tablette tactile… Aujourd’hui, plus rien, déplore-t-il. Avec Alcatel et Sagem, le service public entretenait un tissu industriel florissant, qui s’est effondré. J’ai peur qu’il n’arrive la même chose à Alstom sans le soutien d’un acteur public comme la SNCF », conclut le DSC CGT d’Orange.

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9 mai 2018 3 09 /05 /mai /2018 15:58

Un tout petit peu moins de monde que pour Macron de Rothschild sur les Champs Élysées.

 

Mais Bernard, tu n'as rien compris : tous ces braves et pauvres gens ont été amenés là de force, drogués, enchaînés !

Venezuela : Nicolás Maduro en campagne
Venezuela : Nicolás Maduro en campagne
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9 mai 2018 3 09 /05 /mai /2018 05:31

 

 

Pour les cheminots, la lutte continue. Ils se battent pour eux, et aussi pour nous, usagers – pardon : « clients » – de ce qui doit demeurer un service public, et pour nous citoyens face au capitalisme financier qui nous aliène et nous bouffe la vie. Il faut les aider matériellement. Pour ma part, c’est fait, et ce sera, si nécessaire, fait de nouveau.

 

Quels sont les enjeux ?

 

Au premier chef, empêcher la privatisation de cette société, voulue par Macron, après que d’autres – la droite, les faucialistes – ont privatisé La Poste, France Télecom, Air France et d’autres fleurons qui appartenaient à l’État, c’est-à-dire au peuple.

 

Macron a choisi la méthode des ordonnances, dans le cadre d’un calendrier accéléré pour faire ratifier son projeeeet avant la fin juin. Il veut soumettre le rail à la concurrence, ce qui n’est en aucune manière une obligation de la réglementation européenne, quoiqu’en disent la Macronie et les médias à sa botte. Nous sommes ici dans un choix purement idéologique. Il veut changer le statut de la SNCF, qui deviendrait une société anonyme, l’État devenant un actionnaire parmi d’autres (comme pour Air France, EDF, GDF). Promesse sera faite que l’État restera majoritaire mais il ne se passera pas dix ans avant qu’il devienne minoritaire.

 

Concomitamment, le projeeeet implique la suppression du statut des cheminots qui, dans la logique d’une société d’État, garantit la continuité du service public. Il implique également la suppression de milliers de kilomètres de lignes secondaires, non « rentables ». 200 gares, au moins 50 lignes sont condamnées. Il reviendra aux régions, si elles le peuvent et le souhaitent, de pallier les déficiences, l’absence de l’État.

 

La SNCF compte 100 000 cheminots de moins qu’il y a trente ans. 25 000 suppressions d’emplois sont prévues dans les cinq ans à venir. Les médias à la botte ont fait courir divers mensonges sur les « privilèges » des cheminots :

 

  • les agents ne sont employés à vie que s’ils sont recrutés avant l’âge de 30 ans.
  • ils ne partent pas en retraite à l’âge de 50 ans mais entre 50 et 52 ans pour les conducteurs, 55 et 57 ans pour les autres employés. La durée de cotisation ayant été allongée depuis 2008, ils subissent une décote telle qu’ils ont intérêt à partir vers 62 ans s’ils veulent bénéficier d’une retraite à peu près décente.
  • Les salaires à la SNCF n’ont rien d’exorbitants : 60% des agents gagnent moins de 3 000 euros brut par mois. La prime « escarbille de charbon dans l’œil » a été supprimée au début des années 70.  La prime pénibilité, après 25 ans en 3X8, est de 26 euros par mois. Ce qui  se situe loin des émoluments de tel ou tel membre du gouvernement actuel ayant traîné ses bottes dans les instances dirigeantes de la Société. Les cheminots bénéficient de 28 jours de repos annuel et de 10 jours de RTT.

 

Le statut des cheminots n’est pas un mille-feuilles d’avantages : il permet d’adapter les conditions de travail aux besoins du service public, 24 heures sur 24, 365 jours par an.

 

La dette de la SNCF est de 53 milliards d’euros. Elle est due pour une bonne part aux investissements considérables exigés par l’État pour financer les lignes à grande vitesse. L’État français ne finance que 32% des besoins de l’entreprise, contre 50% pour l’État allemand et 90% pour l’État suédois. Chaque année, la SNCF paye 1 milliard 700 millions d’euros d’intérêt aux banques, par exemple à la banque Rothschild, chère à notre banquier national. Le déficit n’est nullement causé par le statut des cheminots.

 

Perpétuellement endettée, la SNCF a recours à de la sous-traitance privée, dont les coûts, en particulier en RH, sont moindres. La SNCF a même dû entretenir des filiales qui sont en concurrence directe avec elle, comme Géodis pour le fret par camion (ancienne entreprise privée rachetée par la SNCF et qui a acquis en 2015 pour 800 millions de dollars l'entreprise étasunienne de logistique Ozburn-Hessey Logistics dont le chiffre d'affaires est de 1,2 milliard de dollars).

 

Les projets de construction de l’entreprise se feront dans le cadre de partenariats publics privés (les PPP). La ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux va coûter 8 milliards d’euros. Vinci assurera 10% du financement. Mais ses bénéfices seront garantis par l’État grâce à un droit de péage de chaque passager.

 

 

 

SNCF : faisons le point

 

Ouvrir à la concurrence transformera plus que jamais les employés en variables d’ajustement. Elle va faire grimper les tarifs, comme cela a été observé en Grande-Bretagne (30%). Les Britanniques dépensent six fois plus que les Français pour leurs transports ferroviaires (14% de leurs dépenses mensuelles). Á noter que, dans le sud de l'Angleterre, 80% des trains arrivent en retard.

 

Les services publics ne sont pas des marchandises. Tout privatiser, c’est – à terme – nous priver de tout. « Nous » étant, pour commencer, les « clients » de la France profonde, où il n’y a déjà plus de médecine de proximité, de maternités, de crèches publiques, de bureaux de postes, de gendarmeries.

 

La fin de la SNCF en tant que service public, c’est l’accroissement des inégalités entre les Français.

 

C’est cela, le projeeeet « citoyen » du macronisme.

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 05:31

 

Particulièrement ignoble, celle-là. Colportée, entre autres, par une certaine Dominique Verguin, qui fut de mes « amies » sur Facebook. On s’entendait plutôt bien, elle et moi, on s’échangeait aimablement des considérations qui ne mangeaient pas de pain. J’avais pu repérer chez elle une certaine sensibilité de gauche. Et puis, la semaine dernière, j’ai publié sur FB cette photo, prise devant l’Hôtel de ville de Lyon lors de la manif’ de Ruffin.

 

Encore une rumeur concernant Jean-Luc Mélenchon

 

Question brutale de cette Dominique : « Tu soutiens qui ? »

Surpris, je réponds que je soutiens ceux qui font cuire le pot-au-feu. Évidemment, sinon je ne me serais pas déplacé et n’aurais pas pris cette photo.

Dominique enchaîne : « Si tu soutiens ce violeur, ôtes-toi de mon soleil ».

Je vacille : « C’est quoi cette affirmation ? Mélenchon a violé qui ? », demandai-je.

Dominique décide de frapper : « Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Je te bloque. »

Sur Facebook, on peut empêcher tout membre du club de suivre son propre fil.

Je tente une dernière démarche : « Pourquoi ne réponds-tu pas à la question ?

Aucune réponse, et je constate que je suis bloqué.

Cela a été dit mille fois, voilà un des dangers des réseaux sociaux. : on peut y lancer n’importe quelle rumeur et autre fausse nouvelle, elles sont reprises à très grande vitesse par n’importe qui, n’importe comment. On y a gagné sa minute de gloire warholienne et on peut aller se coucher en paix, sûr de son bon droit, sûr d’avoir fait acte de justice.

 

Encore une rumeur concernant Jean-Luc Mélenchon
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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 05:31

Je reprends ici de larges extraits d'un article d'Hadrien Mathoux de Marianne.  Il y expose l'activisme délirant de jeunes qui sont en train d'installer le paradigme du racialisme dans la société française. Ils sont manifestement inspirés par les Indigènes de la République, dont on a du mal à comprendre en quoi ils sont “ indigènes ” et en quoi ils sont “ républicains ”. Les discours tenus dans des enceintes universitaires par cette frange de la jeunesse se nourrit de frustrations sexuelles et d'une hostilité insensée vis-à-vis des homosexuels (appelés par eux les “ transpédégouines ”). Les appels à peine déguisés au viol et les relents d'antisémitisme ne masquent pas une haine atrabilaire contre la vraie gauche, c'est-à-dire celle qui lutte  contre le seul ennemi qui vaille : le capitalisme financier qui dépouille et aliène plusieurs milliards d'individus sur cette terre.

 

On pensait que, soixante-treize ans après la fermeture d'Auschwitz on en avait fini en Europe avec la question  des races, hé bien non !

 

 

Le 23 avril dernier, des militants proches du Parti des indigènes de la République donnaient une conférence à l'université de Nanterre, en plein blocage. Le texte de leur intervention a été publié sur un blog. Le contenu évoque "l'homoracialisme", "l'impérialisme gay" ou encore "l'extrême gauche blanche"...
 
Le 31 mars dernier, l'équipe dirigeante d'Act-up démissionnait avec fracas. Les anciens coprésidents de l'association de lutte contre le sida dénonçaient notamment l'entrisme de "jeunes militants déjà politisés et expérimentés dans d'autres luttes, notamment antiracistes". Cette stratégie d'infiltration politique a également cours à l'université : lors du mouvement de blocage des facs, des activistes proches du Parti des indigènes de la République (PIR) ont profité de l'effervescence pour faire avancer leurs idées parmi les étudiants. La méthode était simple : organiser des conférences. A Tolbiac, on annonçait ainsi le 20 avril, à 15h dans l'amphi J, une réunion portant sur "les angles morts de l'extrême gauche blanche".
 
Une conférence similaire, vraisemblablement animée par les mêmes personnes a eu lieu le 23 avril à Nanterre. Deux militants ont pris la parole : Max Fraisier-Roux, qui se présente comme un "antiraciste politique et décolonial", ainsi que Yannis, un jeune étudiant "militant au Collectif décolonial lyonnais". Reprenant à l'envi les obsessions identitaires et racialistes de la porte-parole du PIR Houria Bouteldja, les deux hommes plaident pour que la pensée indigéniste s'impose à tout le mouvement social. 
Quand l'université de Nanterre accueille une conférence contre "l'impérialisme gay"

 

Max Fraisier-Roux introduit la conférence, en se plaignant de la polémique qu'a pu créer l'organisation d'une conférence ayant pour thème "l'extrême gauche blanche" ou encore "l'impérialisme gay". Le militant déplore que "des antifas, autonomes, extrêmes de l’extrême gauche relaient les mêmes accusations a priori nous concernant sans même prendre le temps de chercher à nous connaitre, nous accusant d’emblée sur les réseaux sociaux de diviser la lutte (...)".

Le fond du propos constitue une attaque en règle contre "la gauche blanche et l'homoracialisme". Il commence par clairement distinguer "deux acteurs : la gauche blanche d’un côté, le camp politique indigène de l’autre. " La séparation qu'il dresse entre les deux renverrait à "la fracture raciale qui scinde notre société, entre d’un côté la blanchité et de l’autre le statut de l’indigénat. L’indigénat étant entendu comme le statut sociopolitique des sujets postcoloniaux." C'est-à-dire des "Noirs Arabes, et Asiatiques". La "gauche blanche", que le militant décolonial fait aller "de la France Insoumise jusqu’aux communistes et anarchistes", serait "marquée par un antilibéralisme ou un anticapitalisme qui ne se préoccupe pas des intérêts politiques des non-Blancs."

Cette obsession pour la couleur de peau des uns et des autres constitue le fil directeur de la conférence. Le dénommé Yannis se livre à une critique au vitriol de... la défense des droits des LGBT. Une position pour le moins surprenante à l'extrême gauche. Lors de son intervention, la pensée de Houria Bouteldja et consorts est exprimée de manière particulièrement crue : "(...) La gauche blanche 'pro-LGBT' enjoint aux non-Blancs de s’identifier comme homosexuels, de choisir entre le placard ou le coming-out, de choisir entre la honte ou la fierté homosexuelle, déplore Yannis. Au détriment d’autres identités, et spécifiquement celle d’indigène." Partant de là, et dénonçant le fait que "la majorité blanche du Nord impose sa vision de la sexualité, qu’elle prétend être universelle et émancipatrice, à l’intégralité de la population non-blanche du Sud, laquelle ne lui a rien demandé", le décolonial développe deux concepts : "l'homoracialisme français", et "l'impérialisme gay"...

La première idée consiste en "l’instrumentalisation par le pouvoir blanc, y compris par la gauche, de nos sexualités, contre nos familles et contre nos quartiers." Or, d'après Yannis, s'insurger contre les discriminations subies par les LGBT dans certaines zones d'habitat populaire, ce serait perpétuer le colonialisme. "Le clivage politique entre LGBT/indigénat est un élément constitutif de l’Occident moderne. C’est parce que l’indigénat est réputé sauvage et patriarcal que les transpédégouines non-Blancs devraient en être sauvés par l’Occident." Faire passer l'émancipation des homosexuels au second plan, pour soi-disant privilégier celle des "racisés" : tout le dévoiement de l'intersectionnalité mis en oeuvre par le PIR se retrouve dans ces propos. De quoi rappeler les positions d'Houria Bouteldjat, qui considère que "si une femme noire est violée par un noir, c'est compréhensible qu'elle ne porte pas plainte pour protéger la communauté noire". 

Quant à "l'impérialisme gay", il est pour Yannis la version supérieure du "comportement néocolonial de l'Occident", qui utiliserait "la promotion de l’homosexualité comme identité politique". Conclusion de l'indigéniste : une telle stratégie "conduit les populations du Sud global à redoubler d’homophobie, mettant ainsi en danger la vie des transpédégouines qui y habitent."

La conclusion du membre du Collectif décolonial lyonnais est limpide : le terme "progressisme" devrait être abandonné, car "il n’a aucun sens pour les non-Blancs." L'objectif politique est, plutôt logiquement, celui du repli identitaire : "Notre priorité, en tant que militants décoloniaux issus de l’immigration coloniale, est de reconstituer notre lien social communautaire, et cela autour d’identités que nous considérons comme nôtres et authentiques ." Hors de "toute ingérence blanche", donc.

 

PS : on annonce une conférence réservée aux non-Blancs ce mois-ci à la Bourse du travail de Bobigny avec, comme intervenantes, Rokhaya Diallo et Houria Bouteldja. Le problème avec Bouteldja – je me place à son niveau racialiste – c'est qu'elle est blanche (les Arabes sont blancs). Á son grand désespoir, peut-être. Je ne suis pas en mesure de vérifier la véracité de cette annonce. Si cette réunion est en préparation, elle doit être interdite car elle est en contravention avec les lois de la République. Si elle a tout de même lieu, cela fera jurisprudence et la fachosphère pourra organiser des réunions réservées aux Blancs.

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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 05:43

 

Le 2 mars dernier, je me demandais si les Chinois n’allaient pas se délester d’une partie de leurs avoirs dans l’aéroport de Toulouse.

 

 

Il semble que cela ne soit pas tout à fait à l’ordre du jour et que, pour le moment, ils veuillent maximiser les profits et les dividendes. les gestionnaires chinois veulent encore maximiser les profits et les dividendes. Selon La Dépêche du Midi, en changeant de méthode comptable ils ont fait plus que tripler les bénéfices de l'année 2017. Casil, l'actionnaire majoritaire chinois, a décidé d'allonger de plusieurs années la durée d'amortissement comptable des installations de l'aéroport. Une décision comptable qualifiée de « logique » selon un proche du dossier puisque la vie d'un aéroport s'apprécie sur plusieurs décennies. En revanche, la conséquence immédiate est une majoration mécanique du bénéfice de la société aéroportuaire. De 5,8 M€ en 2016, le bénéfice devrait bondir à près de 24 M€ en 2017 ! Comme l'an dernier, les Chinois de Casil Europe pourraient demander la distribution de l'intégralité de ce résultat sous forme de dividendes.

 

 

L’État a fait savoir qu'il ne comptait pas vendre « pour l'instant » les 10,01 % qu'il détient encore au capital de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. La Banque Populaire serait prête à investir massivement dans l’aéroport. Eiffage et Vinci sont également prêts à bondir.

 

Gageons que nos chaînes nationales sauront nous faire partager l'émotion des Toulousains lorsqu'il s'agira d'adopter “ Dominique Baudis ” comme nouveau nom pour cet aéroport.

 

 

Le capitalisme, c’est de la poésie à l’État pur.

 

Source

 

Á Toulouse comme ailleurs, Les communistes chinois sont les meilleurs capitalistes au monde
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28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 05:39

Tous les excès, toutes les initiatives sont possibles. Il ne faut pas s’étonner qu'en Allemagne, comme dans des temps pas si anciens que cela, des enfants aient paradé en uniforme en portant des armes (factices) dans une mosquée turque, gérée par l’Union turque Ditib, émanation du pouvoir central d’Ankara. Selon la mosquée, il s’agissait de commémorer la victoire des Dardanelles. Tandis qu’Angela Merkel souhaite que les négociations entre l’UE et la Turquie reprennent dare-dare, les religieux purs et durs ne font donc rien pour intégrer leurs ouailles. Tout récemment, un historien allemand, spécialiste de l’histoire du Vatican, ayant affirmé que « l’islam ne fait pas partie de l’histoire de l’Allemagne » – les membres du gouvernement ne sont pas à l’unisson sur ce sujet – a été empêché par Facebook d’utiliser son compte pendant trente jours. En réaction à l'identitaire islamiste, le ministre-président bavarois (CSU) a décidé que tous les bâtiments publics devraient être ornés d'un crucifix, « symbole d'identité culturelle ». Rappelons que l'Allemagne n'est pas un pays laïc. Il est ainsi demandé aux candidats à des emplois publics de préciser leur religion (ou absence de) dans leur CV.

 

 

La Constitution des États-Unis garantit totalement la liberté d'expression (la seule limite étant un propos performatif du genre : « je pense que cet homme doit mourir, donc je le tue »). Des étudiants remettent actuellement en cause cette liberté en demandant que l'université devienne une zone neutre, un espace sécurisé (“ safe space ”) où aucun propos hostile ne pourrait être tenu à l'encontre de minorités raciales ou sexuelles. Selon Libération, « cette évolution est perçue par les professeurs jusque dans les salles de classe au quotidien. Les étudiants s’attendent de plus en plus à être prévenus quand le contenu d’un cours peut les choquer. Certains vont jusqu’à quitter la salle lors des discussions de groupe, pour ne pas entendre des opinions qui les blessent. Les universités sont embarrassées face aux pétitions des élèves, car certaines dépassent le débat sur le 1er amendement et remettent en cause le programme scolaire : faut-il ne plus lire Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee [œuvre globalement anti-raciste, prix Pulitzer 1961, 4 millions d'exemplaires vendus, enseignée dans toutes les écoles] parce que le mot « nigger » y revient trop souvent ? Ne plus montrer d’images lors des cours d’histoire sur le Ku Klux Klan ? »

 

 

Chez nous, la sociologue Christine Delphy estime la non-mixité indispensable aux minorités « pour que leur expérience de discrimination et d’humiliation puisse se dire, sans crainte de faire de la peine aux bons Blancs ». Elle souhaite exclure de certains débats – pour permettre aux « opprimés » de s’émanciper d’une domination raciale ou masculine qui les oppresse, et de prendre librement la parole – ce qu'elle appelle les « groupes dominants », pour elle les hétérosexuels, les hommes, les personnes de couleur blanche. Apparemment pas les banquiers et les actionnaires du CAC 40. La LICRA a nettement critiqué cette approche : « des étudiants contre la sélection à l’université Paris organisent un “ atelier en non mixité raciale ”. Combien de temps encore l’université française va-t-elle supporter le rétablissement de pratiques racistes dans ses murs ! » Cette approche raciale (raciste, on ne sait comment dire ?) fait se rejoindre les extrêmes. C'est ainsi que la chaîne de télévision AJ+français, apparemment branchée et progressiste alors qu'elle est une émanation directe du très conservateur Qatar, critique d'un point de vue racial le choix du ministère des Sports qui a nommé comme ambassadeur contre le racisme Antoine Griezmann (un choix plutôt légitime, si l'on se place à ce niveau dans la mesure où le père de Griezmann est d'origine allemande et sa mère d'origine portugaise) : « Le ministère des Sports a choisi le footballeur Antoine Griezmann comme ambassadeur pour incarner la lutte contre le racisme dans le foot. Pas Blaise Matuidi. Pas Ousmane Dembélé. Pas Paul Pogba. Antoine Griezmann. » Griezmann étant blanc, il ne saurait promouvoir la lutte contre le racisme. Même s'il est un excellent footballeur, par ailleurs très populaire. Ce raisonnement (on passe sur le fait que, pour cette chaîne, Élisabeth Badinter est raciste avant d'être féministe) rejoint la fine analyse d'extrême droite d'un le Pen pour qui, la France étant majoritairement blanche, elle devrait être représentée par une équipe nationale de footballeurs moins colorée. On notera que, contrairement à ceux qui excipent du primat de la race, le cinéma français compte de plus en plus d'acteurs et de metteurs en scène de talent d'origine maghrébine, sans discrimination positive, sans piston de la mosquée. Simplement parce qu'ils sont très bons. On compte même désormais des comédiens originaires d'Afrique du Nord jouant des rôles de chtis ou d'auvergnats.

 

 

Dans les cités, dans les quartiers (mais aussi en milieu bourgeois), être homosexuel est de moins en moins une sinécure, que ce soit en famille, dans les immeubles ou sur internet. Nous sommes en plein tabou. Dans un supermarché, une jeune femme déverse un chapelet d’injures sur un client homosexuel : « pédé, tarlouzes, sales chbeb [enculé], une honte pour la France qui mérite de mourir, en Algérie, les mecs comme vous, on les égorge. » Les associations SOS et Stop homophobie s’étant constituées partie civile, cette femme devra répondre devant la justice. Il y a une dizaine d’années, Braïm Naït-Balk sortait du placard avec son récit Un homo dans la cité : La descente aux enfers puis la libération d'un homosexuel de culture maghrébine. Dans ce livre d’un très grand courage, il décrivait son calvaire. Libération rendit compte de l'ouvrage en ces termes : « Brahim aborde l’épisode terrible de viols subis dans la cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois, il y a vingt ans. Des types, qui avaient, selon son expression, « flairé » son orientation sexuelle, l’ont entraîné dans une cave, à tour de rôle. Il est l’un des premiers à témoigner ouvertement de cette histoire. La honte, toujours. Il n’en a soufflé mot à personne. Il ne reste pas trace de cette histoire, pas plus que de témoins. A l’époque, il n’a pas porté plainte, de peur d’être catalogué homo. « Les filles qui subissent des tournantes, elles ne portent pas plainte non plus », se justifie Brahim. Il rêve que cette situation évolue. « Quand il a commencé les émissions à la radio, il parlait de sport et ne se disait pas homo. Mais on sentait une souffrance, on ne savait pas ce que c’était exactement », explique Sylvain, chroniqueur, qui le connaît depuis sept ans. Un ami de vingt ans : « Ça nous paraît un peu irréel qu’il sorte cela dans un livre, mais s’il l’a fait, c’est qu’il devait en avoir besoin. » Contacté par téléphone, son frère dit que s’il savait pour l’homosexualité, il n’était pas au courant pour les viols. Brahim explique qu’il ne voulait pas passer pour une victime. » Comme, en plus, Brahim n’est pas croyant et vote plutôt à droite, rien ne doit être simple pour lui. L'ironie dramatique de cette effroyable désintégration de nos rapports sociaux est que, selon le linguiste Robert Chaudenson, « Le paradis musulman est, de toute évidence, gay ! La sourate 76, l’Homme (El-Insan – verset 19 indique que « Et là autour d’eux circuleront des enfants à l’éternelle jeunesse ; quand tu les verras, tu penseras que ce sont des perles éparpillées ». Aux vierges promises s’ajoutent donc sans conteste des éphèbes, comme on le constate à la sourate 56, l’Evénement (El-Waqi’ah) – verset 17, qui est sans ambiguïté : « Autour d’eux, des éphèbes toujours jeunes, avec des coupes, des aiguières et un verre rempli d’une liqueur de source ».

Pendant ce temps, Henda Ayari, à qui son mari avait imposé le port du jihab et du niqab, n’a reçu le soutien d’aucune association féministe après une plainte déposée contre Tariq Ramadan pour violences sexuelles.

 

 

Je n’évoquerai pas, car ce serait sans fin, les multiples altercations ayant opposé des personnels hospitaliers à des maris musulmans refusant que leur femme soit examinée par des hommes. Je préfère terminer en disant qu’une certaine forme de résistance – l’application pure et simple de la loi – se fait jour. Un maire a récemment refusé d’inscrire à l’état civil un garçon sous le nom de Jihad (les musulmans de France verraient-ils d’un œil favorable qu’un petit Blanc blond aux yeux bleus soit prénommé “ Bataille de Poitiers ” ?). Certes, en soi, le nom de Jihad (effort, résistance) n’a rien de pendable. Mais dans le contexte actuel, ce choix relevait d’une provocation très malveillante. Jihad a été transformé en Jahid et tout est rentré dans l’ordre. Mais un ordre malfaisant, où le remède est pire que le mal puisque les langues sémitiques sont à base triconsonnantique. Autrement dit, sur la racine, ici J-H-D, quand on fait varier les voyelles, on obtient un autre mot du même paradigme. Ici, ce sur quoi débouche notre juge, qui aurait mieux fait de se renseigner, c'est l'impératif du verbe (donc, en gros “ fais la guerre sainte ”, ou “ fais l'effort sur toi-même ”, si l'on prend la version optimiste).

 

Á Vaux-en-Velin, près de Lyon, le centre d’Assistance médicale à la procréation de la clinique a fermement rappelé que « le visage des patientes doit être découvert » et que « les couples doivent serrer la main de tous les praticiens ». Ces personnels de santé se sont ainsi conformés à un arrêt de principe du Conseil d’État selon lequel « le refus d’une femme de serrer la main d’un homme lors de la cérémonie d’accueil dans la nationalité française signe son défaut d’assimilation. »

 

PS : pour ma part, j'ai pris conscience de ces phénomènes il y a une quinzaine d'années. Je me retrouvais pour des raisons familiales dans un chef-lieu de canton du Lot-et-Garonne, une bourgade que je connais depuis 1954 et où la piscine olympique (inaugurée par Christine Caron) dans laquelle je barbotais quand j’étais ado fut incendiée un beau jour d’avril 1999 par des esprits facétieux et désœuvrés, après avoir été fermée parce que saccagée par ces mêmes esprits. J'étais installé à la terrasse d'un café. Á deux mètres de moi, trois ados d'origine maghrébine dont deux avaient incontestablement moins de seize ans et auraient dû être en classe. J'écoutais d'une oreille distraite quand, soudain, je notai ce qu'avait d'incongru leur parler. Ces gosses nés dans ce canton, comme leurs parents et leurs grands-parents (dans ce département, l'immigration nord-africaine date d'avant la guerre d'Algérie), ces gosses, qui n'avaient jamais été plus loin qu'Agen ou Villeneuve-sur-Lot, parlaient avec l'accent des banlieues, un univers totalement inconnu d'eux. Face à ces ados désintégrés, dont les parents et grands-parents s'exprimaient en français avec l'accent du Lot-et-Garonne, je me dis que nous avions tout raté et que réparer nos erreurs prendrait plusieurs générations.

 

 

Le paradigme islamiste s’impose au monde (II)
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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 05:27

 

Lyon intra muros. Il fait un temps superbe, une magnifique journée de printemps, chaude et ensoleillée. Deux adolescentes d’une quinzaine d’années se promènent. L’une porte un jeans tailladé selon cette mode qui est en train de se démoder. Elle a de longs et beaux cheveux très blonds qu’elle laisse flotter au vent. L’autre est brune. Elle porte un short qui laisse apparaître un début de bronzage. Un homme d’une vingtaine d’années, disons de type méditerranéen, les siffle. Pas en signe d’admiration, même s’il exprime par là sa frustration. Il s’agit d’un sifflet d’autorité qui veut dire « vous êtes des traînées ». Les deux jeunes filles ne demandent pas leur reste et s’esquivent rapidement. La prochaine fois qu’elles se promèneront en ville, elles s’habilleront et se coifferont peut-être différemment. Je pense à faire remarquer à ce type que je ne me permettrais pas de siffler sa sœur ou sa femme voilées des pieds à la tête. Ce serait en pure perte, donc je ne dis rien. Je suis dans le renoncement.

 

 

Simplifions : dans la deuxième agglomération de France qui, pour d’aucuns (pas pour moi qui ne suis pas croyant), est la capitale des Gaules, une certaine pratique de l'islam dicte sa loi morale et comportementale. Il en va de même, en pire, dans tout le monde occidental : de Vancouver à Bruxelles, de Stockholm à Naples. Des centaines de millions de gens sont tétanisés devant les exigences – non pas de l’islam – mais d’un caïdat rigoriste qui, avec la complicité du capitalisme financier, est un train de transformer le monde en un immense champ de communautarismes divers et déflagrateurs.

 

Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d'État, remarquait tout récemment que les contentieux liés au principe de laïcité avaient fortement décru pendant l'entre-deux-guerres et quasiment disparu depuis le milieu du XXe siècle. Ils ont ressurgi, dans notre société « divisée, voire fracturée »avec la question du port des signes religieux.

 

 

Les grandes puissances occidentales ont choisi leur camp : celui des pays où l’on coupe les mains des voleurs, où l’on pend les homosexuels quand on ne les précipite pas du haut d'un immeuble, des pays qui balancent des armes chimiques sur les populations civiles yéménites. Des pays arabo-musulmans sont attaqués de front, non parce qu’ils ne sont pas parfaits, mais parce qu’ils sont – plus ou moins – laïques. Ce fut le cas de la Libye de Kadhafi. C’est le cas de la Syrie de Bachar al-Assad. Comme son père avant lui (personne n’a oublié les massacres de Hama en 1982, des représailles d’une extrême férocité en réponse aux exactions des Frères musulmans), Bachar a du sang sur les mains. Beaucoup de sang. Mais, comme Kadhafi, il avait réussi à épargner à son pays le moyen âge mental dans lequel il risquait de sombrer. La Syrie est une République qui ne connaît pas la Charia. Les femmes ont les mêmes droits que les hommes dans le domaine de l’éducation. Le port de la burqa est déconseillé. La communauté chrétienne représente environ 10% de la population, en baisse, cela dit (sept papes étaient d’origine syrienne). Pendant et après la guerre impérialiste étasunienne contre l’Irak, la Syrie a accueilli 1 500 000 ressortissants de ce pays. En 2010, la dette publique syrienne représentait 30% du PIB et le pays ne s'était pas obéré auprès du FMI.

 

Nous vivons un paradoxe extraordinaire : les pays qui se sont libérés du danger islamiste sont de moins en moins des modèles pour des musulmans qui tirent parti de la liberté et du bien être en Occident (quand on pense que, même en Arabie saoudite, les choses bougent !). Et ces musulmans rigoristes n’ont de cesse d’imposer leurs mœurs, d’envoyer dans les cordes des pratiques démocratiques séculaires et d’amener à résipiscence des populations qui ne se défendent même plus par mauvaise conscience. Á ce niveau, la Grande-Bretagne est une championne.

 

 

Outre-Manche (où, dans certaines rues, les trottoirs de gauche sont réservés aux hommes juifs et ceux de droite à leurs femmes), une éducation religieuse facultative est dispensée dans les écoles d’État. Des enseignants progressistes ont récemment qualifié de « racistes » des parents qui refusaient que leurs enfants suivent des cours d’islam. Selon ces enseignants, on ne saurait préparer les jeunes au monde moderne sans cet enseignementJamais ces mêmes enseignants n’ont fustigé les parents qui refusaient à leurs enfants des cours d’éducation religieuse à tonalité anglicane. Toujours au Royaume-Uni, une femme réfugiée d’origine sri-lankaise (non musulmane), qui n'a fait aucun effort pour apprendre des rudiments d’anglais, ne savait pas allaiter son enfant. L’enfant souffre désormais de séquelles sérieuses (paralysie cérébrale). La justice estime que les sages-femmes auraient dû s’attaquer à la « barrière de la langue » (suivre des cours accélérés de cinghalais ou de tamoul ?), mais pas la mère, ni le père. La mère va recevoir plusieurs millions de livres de dommages et intérêts de l’ÉtatLe Royaume-Uni est devenu un agrégat de communautés vivant les unes à côté des autres, sans intégration des différents groupes et individus qui ne souhaitent pas relever d’une identité britannique qui n’existe plus car elle s’est effacée derrière les exigences des religions. Contre l’avis de la Cour européenne des Droits de l’Homme, un motard sikh n’a pas l’obligation de porter un casque sur – ou à la place – de son turban (à noter qu’au Québec, où le port du casque est obligatoire, il est permis aux élèves sikhs d’aller à l’école avec leur poignard)Le primat de la religion, couplé au capitalisme le plus débridé qui soit – outre-Manche, nombre d’écoles primaires publiques sont gérées comme des entreprises privées – ont considérablement augmenté la violence : les attaques à l’acide, au poignard, à la machette, les viols collectifs impunis et la prostitution en bande organisée sont devenus monnaie courantesmoins cependant, proportionnellement, qu’en Suède, pays qui a décidé en 1975, de devenir multiculturel. Un des résultats de cet éclatement est qu'en 2017 l'administration responsable de l'environnement du travail a reçu 450 notifications de violence sur des enseignants. Les syndromes d'épuisement se multiplient dans la profession. 70% des municipalités suédoises ont renforcé la sécurité dans les écoles.

 


 

Le paradigme islamiste s’impose au monde (I)

 

En Écosse, le SNP (parti national écossais), pour sa part, demande aux enseignants de ne plus évoquer en cours les « valeurs britanniques » car cette expression « offense et peut radicaliser » les élèves musulmans. Or, jusqu’en 2007, la gauche écossaise était fière de défendre ces mêmes valeurs « britanniques » (et non « anglaises » (« liberté, démocratie, dignité du peuple »), comme gages d’unité et d’identité commune. Le gouvernement écossais propose d’utiliser l’expression « valeurs partagées » et déconseille fortement de lancer en classe des débats sur le terrorisme : « Le concept est problématique, il peut offenser et faire le jeu des groupes qui cherchent à affirmer qu’il y a un conflit inhérent entre le fait d’être britannique et celui d’être musulman. » Les enseignants sont priés de ne pas utiliser les expressions « guerre contre le terrorisme », « terrorisme islamiste », « djihadisme ». Dans une Écosse constamment au bord de la tentation sécessionniste, ne plus parler de « valeurs britanniques » peut contribuer à la désintégration du pays alors que de nombreuses autorités écossaises musulmanes revendiquent ces valeurs britanniques qui, affirment-elles, ne sont nullement en contradiction avec leur foi.

 

Le chirurgien britannique Peter Duffy, exerçant dans le cadre public du Système national de santé (NHS), élu “ docteur de l'année dans son hôpital ”, a été obligé de démissionner après avoir été accusé de racisme par trois de ses collègues, Kalinda Madhra, Ashtosh Jaïn et Saleel Nassem. Il avait déclaré au tribunal avoir signalé que l'un de ces médecins était incapable d'utiliser un échographe, qu'il avait mal soigné plusieurs cancers et qu'il jouait au golf au lieu de soigner un patient en état de septicémie avancée. Duffy avait également affirmé que ces praticiens étaient impliqués dans des affaires de fraude aux heures supplémentaires. Ses accusations n'étaient en rien racistes.

 

Après la maladie, la mort. Après une plainte déposée au nom de la Loi sur l'Égalité et les Droits Humains, un magistrat (sikh) a décidé que les pompes funèbres ne traiteraient plus les enterrements en fonction du principe “ premier arrivé premier servi ” mais feraient passer les défunts juifs et musulmans avant les chrétiens ou les athées (agnostiques, adorateurs de Vishnu etc.) en raison de leurs « croyances religieuses profondes ». Le maire (musulman) de la ville de Londres s'est félicité de cette décision.

 

 

De manière plus anecdotique (mais tout se tient), en Grande-Bretagne il est devenu difficile de se raccrocher aux branches. Des jardiniers ont ainsi affirmé que les espèces invasives étrangères végétales, comme la renouée du Japon, étaient une menace pour le pays. Elle a certes été inscrite à la liste des 100 espèces les plus préoccupantes de l’Union internationale pour la conservation de la nature car elle peut grandir de quatre mètres en deux mois. Des scientifiques ont répondu aux jardiniers que, comme ils ne s’en prenaient pas aux plantes invasives indigènes, ils faisaient preuve de racisme ! Voilà où en sont les débats de fond dans ce pays !

 

 

La mauvaise conscience taraude également des  éminences de gauche françaises. Edwy Plenel, le journaliste sans cravate, a toujours soutenu Mehdi Meklat qui appela à tuer Charb et la rédaction de Charlie Hebdo (« après l’avoir enculé avec des couteaux Laguiole »). TéléramaLes Inrockuptibles, France Inter ou Christiane Taubira semblent avoir regretté leur soutien. Quand, comme Plenel, on voit dans l’islam rigoriste un substitut aux luttes prolétariennes (de sa jeunesse), tout est possible.

 

 

Á Paris, le 17 avril 2018, dans l’université en grève de Tolbiac, des étudiants ont organisé un « atelier en non-mixité raciale ». En contradiction formelle avec les principes constitutionnels de la République française mais la droite ligne des horaires dans les piscines en non-mixité sexuelle qui existent depuis plusieurs années. 

 

 

De manière plus modérée mais franchement grotesque, la garde rapprochée de Macron de Rothschild se contorsionne comme elle peut. Interrogé sur le voile islamique, Christophe Castaner se défausse en prétendant qu’il y a quelques années, « toutes les femmes étaient voilées en France. » Les gens de ma génération savent que c’est archi-faux. Des femmes portaient la mantille ou un fichu à l’Église, lieu privé où l’obligation pour les femmes de se couvrir la tête a cessé en 1983. Á l’extérieur, dans les usines ou dans les champs, des femmes pouvaient porter un fichu pour se protéger les cheveux contre les machines ou la saleté.

 

 

En Belgique, la communauté musulmane représente environ 7% de la population totale, principalement dans la région bruxelloise. Á l’intérieur de cette communauté – constituée au départ d’ouvriers marocains arrivés dans les années soixante – la frange particulièrement activiste regroupée autour du parti – pour l'instant très minoritaire dans les sondages – Au chœur d’Islam (« Intégrité, Solidarité, Liberté, Authenticité, Moralité »), veut instaurer la Charia en Occident. Concrètement, cela passerait, par exemple, par des bus où les hommes montent à l’avant et les femmes à l’arrière ou par l’abattage privée, au domicile des individus, des animaux à consommer. Lors d'un débat télévisé, Redouane Ahrouch, conseiller communal à Anderlecht et employé d'une compagnie de transport public, a refusé de serrer la main des femmes présentes, d'être maquillé par une femme et même de regarder ses contradictoires pendant le débat. Au nom de ses préférences culturelles. La chroniqueuse Emmanuelle Praet s'est dite « choquée et offusquée par son comportement, c’est terrible à voir et humiliant à vivre. On se sent comme une moins que rien et ce qui fait peur, c’est que je ne pense pas que ce soit un jeu de sa part ».

 

Tout récemment, outre-Quiévrain, un réfugié syrien ayant violé une femme de 27 ans a bénéficié d’une mansuétude toute religieuse : le tribunal lui a infligé un an de prison au lieu de trois car il avait invoqué la « différence culturelle ».

 

 

En Italie, la population immigrée – en situation régulière – a triplé entre 2001 et aujourd’hui. On l’évalue aujourd’hui à 4 millions sur une population totale de 60 millions. Les immigrés sont principalement concentrés dans le Piémont, en Lombardie, en Toscane et dans le Latium. Les musulmans sont nettement moins nombreux en Italie qu’en France (2,5% contre 5% de la population totale). Mais il leur arrive d’exprimer lourdement leur présence. Récemment, à Savone, la communauté musulmane s’était réunie en congrès dans le théâtre communal de la ville. Au centre de cette salle trône la statue d’un homme nu. L’un des participants s’empressa de recouvrir la moitié basse du corps d’un drap symbolisant pour lui les « dunes du désert ». Les responsables musulmans de Ligurie refusèrent qu’on les accuse de censure : « nous avons couvert cette statue, seulement pour quelques heures ; notre islam est modéré ». Mais en Italie on va jusqu’à devancer des exigences musulmanes pas même exprimées. On se souvient qu’en 2016, à l’occasion de la venue du président iranien, les statues romaines de la mairie de Rome avaient été recouvertes de boites tandis que le Premier ministre Matteo Renzi avait accepter d’enlever le vin de sa table (François Hollande avait annulé un repas officiel pour ne pas avoir à se soumettre à ce diktat).

 

(Á suivre)

 

 

 

 

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26 avril 2018 4 26 /04 /avril /2018 04:59

Pour moi, le punctum barthésien, c'est le doré des pelles.

Pas la liberté de s'enrichir, j'espère ?
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25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 05:38
Détente et politique (22)
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