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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 05:24
Insupportable et intolérable boucherie !
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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 05:37

 

 

Je reprends ici de larges extraits d’un article de Mathieu Slama paru dans Figarovox

 

 

« Une gare, c'est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Parce que c'est un lieu où on passe. Parce que c'est un lieu qu'on partage ».

 

 

Cette petite phrase d'Emmanuel Macron, prononcée dans le cadre d'un discours sans note et manifestement improvisé, est sans aucun doute une maladresse de langage qui n'est en rien comparable avec l'expression «sans dents» que l'on attribue à l'ancien chef de l'État. La suite de la phrase, que nous avons indiquée, l’atteste. Cependant elle révèle une vérité cachée, une arrière-pensée qui dit énormément du Président de la République et de ses habitudes de langage - qui sont aussi et surtout des habitudes de pensée.

 

 

Le gouvernement Macron est le gouvernement de la classe dominante élu par la classe dominante. Cela n'est pas une interprétation abstraite du phénomène En Marche mais une constatation vérifiée par les études de sociologie politique réalisées lors de l'élection présidentielle et des élections législatives. Et l'on sait aussi, grâce à une enquête remarquable du Cevipof, que les députés En Marche issus de la société civile sont dans leur immense majorité des cadres dirigeants et des managers, dont beaucoup travaillent dans les métiers des ressources humaines et de la communication. On sait, enfin, que l'entourage du chef de l'État compte un nombre anormalement élevé de personnalités issues du monde de l'entreprise, dont certains ont exercé en tant que lobbyistes de grands groupes du CAC 40. Le renouvellement dont on parle tant est incontestable : il marque la prise de pouvoir et l'hégémonie de cette nouvelle bourgeoisie managériale dont les principes directeurs sont le pragmatisme, le management et l'efficacité.

 

 

Les nouveaux députés En Marche ont eux-mêmes été recrutés par le biais d'un processus de recrutement identique à celui d'une entreprise : envoi d'un CV et d'une lettre de motivation, travail sur des cas une fois le premier « round » de recrutement passé. Et la séance de formation aux us et coutumes de l'Assemblée nationale s'est également inspirée des séminaires de coaching des entreprises, sessions de « media training » (entraînement à la parole publique, très courant en entreprise) comprises.

 

 

Le phénomène Macron ne se résume pas à la transposition, au sein du monde politique, des méthodes propres au monde des entreprises. C'est aussi l'esprit même de l'entreprise qui est transposée à la sphère politique. La victoire de Macron est celle d'un habitus spécifique qui appartient à la sphère de l'entreprise. Dans cette sphère, il y a ceux qui sont efficaces et ceux qui ne le sont pas, il y a ceux qui bénéficient de promotions et ceux qui sont laissés sur le côté, ceux qui gagnent et ceux qui perdent. Il y a la « gestion des ressources humaines » et la mise en place, par le management, d'une organisation faussement égalitaire et empathique qui, en réalité, introduit une couche supplémentaire d'inégalité et de hiérarchie à l'intérieur d'une société déjà minée par les injustices sociales. Le monde de l'entreprise n'est pas un monde d'épanouissement et de réussite mais souvent un monde de souffrance, de ressentiment, au sein duquel la compétition des uns avec les autres est organisée de telle sorte que le système non seulement se perpétue mais se renforce.

 

 

Dans ce monde, on parle de nouvelles frontières technologiques, d'innovation, de disruption, d'inclusion ou encore d'industrie du futur. On y partage une même foi dans la culture et les valeurs d'entreprise, dans l'individualisme, dans l'ouverture au monde, dans la technologie et la connexion permanente. Le modèle de cette bourgeoisie managériale, ce sont les patrons d'Uber et de Facebook. Ses théoriciens sont des « coaches » en leadership comme Simon Sinek. Cette bourgeoisie n'a que faire de ces vieilles lunes que sont le sentiment national ou la justice sociale. Les représentations de cette nouvelle classe dominante sont tout entières définies par les codes de l'entreprise et du management, codes qui, sous couvert de tolérance et de modernité, sont profondément hiérarchiques et inégalitaires.

 

 

C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la petite phrase de Macron. Par « ceux qui ne sont rien », Emmanuel Macron entendait certainement « les exclus et les laissés pour compte ». Mais l'habitus managérial a pris le dessus à cette occasion, et l'a amené à formuler une arrière-pensée : ne pas réussir, au sens économique du terme, c'est « être rien ». Gagner beaucoup d'argent, exercer un poste à haute responsabilité et manager des équipes : c'est cela la réussite dont parle Macron. Rappelons-nous de sa formule « Les jeunes Français doivent avoir envie de devenir milliardaires ».

 

 

« Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien » : ce que révèle la petite phrase de Macron

Avec cette petite phrase, c'est en réalité toute la présidence Macron, ce qu'elle représente et signifie comme rupture, qui est définie. Gouvernement des classes dominantes, gouvernement du fossé qui se creuse avec les classes populaires, et de la sortie de ces dernières du champ politique. Jamais cette rupture n'a été aussi grande. Rappelons-nous : même Adolphe Thiers, le grand persécuteur de la Commune, avait le soutien d'une partie du monde paysan. Macron, lui, n'a ni le monde rural, ni le monde ouvrier, ni le monde des petits employés. Ceux « qui ne sont rien » n'ont, aujourd'hui, aucun représentant capable de peser politiquement sur le cours des choses. Ils sont à la merci, par exemple, d'une ministre du Travail, ancienne directrice des ressources humaines d'une multinationale de l'agroalimentaire, qui déclarait récemment que le « Code du travail n'est fait que pour embêter 95 % des entreprises ». D'un Premier ministre qui est l'ancien lobbyiste d'un géant français de l'énergie. D'un Secrétaire d'État à l'économie qui est l'ancien directeur des affaires publiques d'un leader mondial de l'immobilier commercial. Quelle place reste-t-il pour la politique dans un tel contexte ? Comment ne pas s'inquiéter d'une soumission totale ou partielle du monde politique au monde économique, là où c'est du contraire dont nous avons besoin ?

 

 

La crise politique révélée par la prise de pouvoir de Macron n'est pas institutionnelle ou encore idéologique: elle est avant tout sociale. Et sans le savoir, Emmanuel Macron a désigné dans sa formule malheureuse le vrai clivage de la société française. « Le vrai rideau de fer c'est entre riches et les miteux… les questions d'idées sont vétilles entre égales fortunes… » écrivait Céline. Nous y revoilà.

 

Source 

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 05:24

 

A l'occasion de la fête nationale, j'ai été frappé – plus que les années précédentes – par l'insistance des journalistes sur le défilé du 14-Juillet à Paris, sur son caractère ordonné, réglé, discipliné, hiératique et hiérarchique (en un mot, militaire), c'est-à-dire sur tout le contraire de ce qui fut à l'origine de cette cérémonie : la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789.

 

[Certes, des esprits ergoteurs feront valoir que le 14 Juillet fêté est celui de la commémoration de la Fête de la Fédération, le 14 Juillet 1790, censée célébrer l'union retrouvée des Français après les événements violents de 1789. Mais il s'agit d'une argutie : que se serait-il passé si, après la prise de la Bastille, le roi avait réprimé la révolte parisienne – comme Thiers le fit de la Commune, en 1871 ? Eh bien, il n'y aurait rien eu du tout, donc pas de fête de la Fédération l'année suivante. Et la preuve que certains sentirent qu'un événement décisif, bouleversant, renversant s'était produit, c'est que le comte d'Artois, frère du roi (et futur Charles X) émigra dès le 17 juillet 1789, trois jours après la Bastille, alors que la royauté ne devait être renversée que trois ans plus tard, le 10 août 1792...]

 

1. Le 14 juillet, tel qu'il est célébré, met en honneur l'armée, c'est-à-dire l'ordre, la hiérarchie au service du pouvoir, contre l'étranger... mais aussi contre le peuple lui-même. On y voit des soldats impeccablement vêtus, aux uniformes bien repassés, propres, sans un pli de travers, marcher du même pas et exhiber leurs dernières armes, des chars aux avions. Or, en 1789, ce fut tout le contraire qui se passa : ce furent des sujets qui se révoltèrent contre l'autorité, des civils contre l'armée – laquelle, en les personnes des Gardes françaises, mit crosse en l'air, passa du côté des émeutiers, et aida à prendre la Bastille. Le 14 Juillet 1789 fut donc un témoignage de désordre, de rébellion, d'insoumission, de renversement des valeurs et des hiérarchies, d'anarchie – même si celle-ci ne fut que temporaire.

 

Le 14 Juillet dévoyé, par Philippe Arnaud

2. Symboliquement, le 14 Juillet 1789 eut lieu à l'est de Paris, dans un quartier populaire de petits artisans, dans un quartier de ruelles étroites, de maisons entassées, où les soldats entraient difficilement et où les émeutiers et révolutionnaires avaient la partie belle (comme dans le reste de Paris), comme ils le firent sentir à l'autorité lors des journées de juillet 1830 et de février 1848. En revanche, le 14 Juillet de la Cinquième République est célébré à l'ouest de Paris, dans des quartiers bourgeois, riches, près de l'Arc de Triomphe, sur l'avenue des Champs-Élysées, avenue large, rectiligne (conforme à l'esprit du baron Haussmann et de la bourgeoisie du second Empire), avenue où il est difficile de dresser des barricades, et où les insurgés peuvent être balayés par les charges de cavalerie et les tirs de canons (et, aujourd'hui, les tirs de mitrailleuses et de canons rotatifs des hélicoptères).

 

- Symboliquement aussi, contrairement au lacis de ruelles de l'ancien Paris, l'avenue des Champs-Élysées est droite, rectiligne : sa forme inspire le défilé, la station debout, le garde-à-vous, le spectacle devant le maître (comme le Cirque devant la tribune de l'empereur à l'époque romaine). Bref, en 230 ans, l'esprit de 1789 a été pire que détourné, il a été inversé : de subversif, il est devenu conformiste, de révolté soumis, de spontané guindé, de populaire bourgeois, de révolutionnaire conservateur, de démocratique nationaliste.

 

- Une célébration du 14 juillet conforme à son esprit devrait être plus être un 1er Mai-bis que la parade des horse-guards de la reine qu'est devenue la fête nationale : elle devrait fourmiller de drapeaux rouges, de slogans revendicatifs et vindicatifs, de mots d'ordre subversifs, de chants révolutionnaires, de cris de colère et de grands patrons et de capitalistes pendus en effigie.

 

3. Un autre aspect de la fête nationale mis en avant par les médias est celui auquel j'assiste en ce moment, par télévision interposée : celui des chants, des bals, des concerts et des feux d'artifice, où le potentiel de violence et de révolte du peuple est dégradé en carnaval et son aspiration de transformation sociale en fièvre patriotarde. Deux siècles après, les classes dominantes, comme des boas, ont avalé la révolte du peuple, l'ont malaxée, triturée, digérée et régurgitée sous forme de Pierre Servent et de Stéphane Bern.

Le 14 Juillet dévoyé, par Philippe Arnaud
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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 05:19

 

 

… et de TF1, M6 et autres chaînes.

 

On a tort – moi le premier – de ne pas regarder les interminables séries étasuniennes archi-nunuches (sans parler des brésiliennes) du style Les Feux de l’amour ou Amour, gloire et beauté. De vrais problèmes de société y sont posés avant même que la société s’en empare, et les réponses apportées sont parfois très subversives.

 

 

Je regardai un jour d’un œil distrait, sur la chaîne FR3 et dans sa version française, un épisode de Dynasty, à l’époque le pendant de Dallas. Un père friqué, propriétaires de puits pétroliers, avait une discussion grave avec son fils, futur friqué. Soudain, le jeune homme dit à son géniteur : « Papa, je suis malade ». Le visage du père s’assombrit, sa bouche se tord, un peu de haine apparaît dans ses yeux. Il ne demande pas à son fils de quelle maladie il souffre. J’avoue que je ne comprends pas de quoi il retourne. Je passe à autre chose, puis je reviens vers mon écran de télévision. Un personnage féminin qui semble être la femme du père dit : «Steven est malade ». Puis une jeune femme apparaît qui pose sur mode très inquiet la question : « Steven est malade ? » Je suis un peu perdu d’autant que ce que je lis sur les lèvres de ces acteurs quand le mot « malade » apparaît ne correspond ni à ill (une maladie sérieuse) ou sick (une maladie moins grave).

 

 

Je parle de ce douloureux problème à un de mes amis, véritable encyclopédie vivante des séries étasuniennes. Il me dit que Steven vient de sortir du placard en utilisant le mot gay. Cette censure de FR3 me sidère : être à la traîne des chaînes étasuniennes pourtant bien prudes est une honte. Dynasty fut programmée outre-Atlantique en 1981 par ABC. La série fut reprise en 1983 par FR3. ABC avait assurément fait bouger les lignes dans la mesure où, à une heure de grande écoute, un feuilleton mettait en scène quatre personnages homosexuels, l’un étant le fils du personnage principal. Jusqu’alors des personnages homos étaient des pervers, des malades, des gens très négatifs. Á la rigueur des amuseurs, comme dans Cabaret. Nous étions cette fois-ci en présence de personnages normaux, et même sympathiques.

 

 

Cela dit, les scénaristes avaient fini par mettre un peu d’eau dans leur whisky. On vit en effet Steven perdre sa virginité avec une jeune fille de 17 ans. Son interprète, l’acteur Al Corley, n’apprécia pas ces compromissions et se retira de la production au bout de deux saisons.

 

Années 80 : les pudeurs de gazelle de FR3
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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 05:14

 

 

Á plusieurs reprises, le président de la République française a fait des déclarations officielles en anglais. Cela pose évidemment de nombreux problèmes. Rien ne l’y obligeait. Le français est une langue officielle dans les instances internationales et, plus généralement, il est d’usage, dans la diplomatie, que les chefs d’État s’expriment dans leur propre langue. Sauf si, par courtoisie (voir De Gaulle au Mexique) ils veulent faire plaisir à des peuples qui les reçoivent chaleureusement. Par delà sa petite vanité personnelle (« Écoutez, moi l’ancien élève de la Pro à Amiens, comme je parle bien anglais »), Macron affiche sa soumission à l’hégémonie impérialiste étasunienne et à celle de l’argent. On note cependant qu’il parle de manière très sourde, un peu comme s’il avait honte, et de son anglais dont il sait qu’il n’est pas parfait, et de son obédience.

 

Face à ces allocutions, la merdiacratie française a fait des flaques, admirant ce «formidable coup de com’ », ce « discours appelé à rester dans les annales ».

 

Je me crois autorisé à évaluer la pratique de l’anglais de Macron : j’ai enseigné cette langue pendant quarante ans et j’ai siégé aux jurys du CAPES et de l’agrégation interne.

 

Écoutons ici et ici.

 

 

« Today, the President of the United States, Donald (a prononcé à la française) Trump, announced (pas correctement diphtongué) his decision to withdraw the United States from the Paris agreement (le a de Paris n’est pas assez ouvert et la syllabe Pa n'est pas assez accentuée). It is a mistake, both (le o n’est pas diphtongué) for the United States and for our planet. If we do nothing, our children will know (le o n'est pas assez diphtongué) a world of migrations, of wars (le a n’est pas assez fermé), of shortages, a dangerous (le an n’est pas diphtongué) world.

 

 Make our planet great again. France (il prononce France à l’américaine alors que son accent est bien plus anglais qu’étasunien) will not (le o est prononcé à la française) give up the fight. I call you (tournure bizarre, calque du français ; un anglophone aurait dit « I urge you ») to remain confident. We will succeed (syllabe pas assez accentuée). Because we are (le r est prononcé à la française) fully committed (accentue la première syllabe au lieu de la seconde). Because wherever (accentue la première syllabe au lieu de la seconde) we live, whoever (on n’entend pas le h) we are, we all share the same responsibility (ce dernier mot est plutôt bien prononcé, ce qui est rare chez les locuteurs français) ».

 

 

Bien sûr, nous sommes à cent coudées au-dessus de la pratique sarkozyste invraisemblable de l’anglais (on se souvient de Merkel, bouche bée devant Sarkozy qui, lui montrant le soleil, lui dit : « Beautiful time, isn’t it ? ») et celle très médiocre de Hollande qui avait dû sécher les cours d’anglais à l’ENA. L’anglais de Macron est globalement bon pour un homme politique français mais il commet typiquement les fautes des Français pour qui la langue de Shakespeare – hum !, disons celle des affaires) n’est pas et ne sera jamais naturelle. Des fautes commises il y a 25 ans n’ont pas été corrigées et se sont fossilisées. On note en particulier les erreurs de diphtongues, dont la langue française n’est pas friande, et d’accentuation qui, comme aurait dit George Orwell, le « marquent en tant que Français au fer rouge sur la langue »).

L’anglais de Macron
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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 05:31

Disons, pour simplifier, que si le concept de politiquement correct aux Etats-Unis est né dans les milieux d’extrême gauche il y a une cinquantaine d’années, il vit et prospère aujourd’hui dans les milieux d’extrême droite.

 

La très populaire chanteuse, compositrice (pardon : chanteure,  compositeure) Katie Perry vient d’en subir les ravages à son corps non défendant.

 

Les tresses de la honte de Katie Perry (Katie Perry's Shameful Plaits)

 

La société étasunienne a les débats politiques qu’elle veut et qu’elle peut. Fait rage actuellement la notion d’appropriation culturelle. Cette notion ne fonctionne que dans un sens, celui de l’appropriation par un groupe dominant de codes appartenant à un groupe dominé. Si à Lyon, en pleine canicule, une femme blanche (pardon : caucasienne – la notion de caucasien a été inventée par un anthropologue allemand qu'on peut difficilement qualifier d'antiraciste et qui considérait que dans la Caucase vivait la plus belle des races humaines, les Géorgiens qui constituaient, selon lui, le berceau de la race humaine) décide de se rendre à une soirée en sari, c’est mal. Si à Lyon, en plein hiver, un Noir (pardon : un Afro-Européen) se promène en moufles fourrées, c’est bien. Un jeune bourge lyonnais avec un sweat (pardon : un swit) à capuche, c'est mal. Un djeuns de Vaux-en-Velin en doudoune Napapijri, c'est bien. Voilà où nous en sommes.

 

Pharell Williams, qui n’est pas blanc, a dû s’excuser pour avoir posé en Indien sur la couverture d’un grand magazine féminin. La chanteuse Beyoncé, qui est encore moins blanche que son collègue, a été vilipendée pour s’être déguisé en déesse indienne.

 

Les tresses de la honte de Katie Perry (Katie Perry's Shameful Plaits)

 

Ce que les politiquement corrects étasuniens ne veulent pas voir, c’est leur vrai racisme, ce pourquoi ils sont authentiquement d’extrême droite. Une culture n’est pas la seule dépositrice (dépositeure ?) de ce qu’elle crée. Sinon, il n’y a plus qu’à interdire à un pianiste de jazz afro-étasunien de jouer la “ Pathétique ” de Beethoven. Aucune culture n’a jamais évolué en vase clos. Ou alors nos ancêtres les Celtes ne seraient jamais devenus gallo-romains. La richesse culturelle vient de l’échange, de l’inspiration-aspiration, de la réinterprétation, de la transformation. Les mazurkas de Chopin visent à l’universel parce qu’au départ des paysans polonais un peu patauds ont dansé devant les yeux et les oreilles du génial Frédéric (pardon : Fryderyk).

 

Lorsque, dans les années 80, l’actrice Bo Derek nous offrait ses tresses originales, participait-elle à un vol, à un viol, à une exploitation néocolonialiste de peuples qui avaient beaucoup souffert ? S’il est vrai que, à la même époque, des militants du parti des Panthères Noires coiffés de tresses furent victimes de discrimination à l’emploi, entre autre parce qu’ils arboraient des tresses, force est de reconnaître que ces mêmes tresses datent de 20 000 ans et que, bien avant l’Égypte des Pharaons, la Vénus (autrichienne) de Willendorf et, avant elle, la Dame (landaise pur sucre) de Brassempouy avaient vraisemblablement inventé la plus ancienne coiffure au monde.

 

Les tresses de la honte de Katie Perry (Katie Perry's Shameful Plaits)

 

Katie Perry s’est donc excusée d’avoir porté des tresses. Il faut dire que la brave Katie est une maîtresse es contrition. En 2014, son clip promotionnel pour Dark Horse avait été taxé de satanisme. Suite à une pétition lancée par un internaute musulman britannique, elle avait accepté de couper un passage où un médaillon portant le nom de Dieu était détruit.

 

La courageuse Katie connaît-elle ce chef-d’œuvre d’Auguste Renoir ?

Les tresses de la honte de Katie Perry (Katie Perry's Shameful Plaits)
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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 05:21

Je continue à emprunter généreusement à la revue Frustration. Elle s'intéressait en avril à l'aspect télévangéliste de notre nouveau Président-Soleil. Larges extraits :

 

 

 

Pourquoi les mots si creux et les énoncés si consensuels d'Emmanuel Macron déclenchent des tonnerres d'applaudissements durant ses meetings ? Nous avons passé trois heures dans l'univers surprenant du nouveau télévangéliste des classes supérieures françaises, lundi 17 avril à Bercy. Macron parle à toutes celles et ceux qui évoluent dans le monde des cadres supérieurs, des gens aisés et ambitieux qui n’ont jamais été contrôlés par la police ou galéré avec des CDD sous-payés et dont il est un des plus ardents défenseurs.

 

Comme beaucoup, nous sommes depuis des semaines perplexes face à la place de favori de Monsieur Macron dans les sondages. N’est-ce pas quelqu’un qui veut radicaliser la loi Travail,  à laquelle s’opposaient près de 2 français sur 3 ? Ne veut-il pas généraliser le Crédit Impôt Compétitivité, ce pack d’exonérations de cotisations sociales dont le très sérieux organisme France Stratégiea montré dans un rapport qu’il n’avait eu aucun impact sur l’emploi mais qu’il avait augmenté les marges et les dividendes ? N’est-il pas l’ancien secrétaire général puis ministre de l’économie du président le plus impopulaire de la Vème République ? Lui, ses discours creux et ses enfonçages de portes ouvertes, comment peut-il susciter autant d’adhésion ? Nous avons eu la réponse grâce à l’un d’entre nous qui a assisté, courageusement, à son discours de Bercy, le 17 avril dernier. Son discours impeccablement vide et sans aspérité ne dit rien de la société. Il rassure toutes celles et ceux qui ne veulent rien entendre à ce sujet, qui nient la violence qui la traverse car cette société leur convient.

 

Pas un programme, un projet

 

Le fameux « projet » est le mot phare du discours de Macron, et il le répète aussi souvent qu’il peut, comme s’il participait à une sorte de concours. « C’est notre projet » « nous allons mener ce projet » « car c’est ce projet qu’il faut pour la France », et la récurrence de ce terme sans définition me fait penser à mon éphémère passage au catéchisme en classe de 5ème, quand le père Bigot nous lisait de longs passages du Nouveau Testament où Jésus et ses apôtres serinaient à leur entourage cette « bonne nouvelle » qu’il fallait à tout prix annoncer à tout le monde. C’est la même chose avec Macron : il a un projet, mais il se garde bien de dire clairement de quoi il s’agit. Et on le comprend : c’est certain que l’harmonisation vers le bas de la fiscalité du capital ou le détricotage de l’impôt de solidarité sur la fortune n’est pas un projet très populaire en France, alors autant dire « le projet », c’est moins douloureux. Quand on sera tous dans la rue après un an de sa présidence il aura beau jeu de nous dire « ah mais c’était ça mon projet ! Surprise ! ».

 

Pas de classes sociales, des « générations »

 

Le discours de Macron s’adresse à tout le monde et à personne à la fois. Ce  lundi à Bercy il n’a quasiment pas prononcé des noms de métiers ou de catégories socio-professionnelles (ouvriers, employés, cadres...) et n'a même pas mentionné la fameuse « classe moyenne », marotte des politiques qui s’essayent à parler de la classe sociale à laquelle le plus de monde s’identifie. Non, Macron va plus loin que ça dans le consensuel, il parle de « génération » : le terme apparaît au moment où il évoque dans son discours toute notre histoire contemporaine, de façon disons… synthétique : « Il y a eu une génération, après la guerre, qui a reconstruit et libéré le pays ! Ensuite il y a eu mai 68, et une génération qui a voulu plus de liberté, et qui a fait aller son souffle jusqu’à faire chuter le mur de Berlin en 1989!». Ni classes sociales, ni politique, ni conflits, non, « une génération ». Et maintenant, nous dit-il ensuite, « nous sommes cette génération qui va à son tour reconstruire son pays, une génération débout, une génération en marche !!! ». On ne sait pas quelle génération crie le plus fort, car il y en a pourtant plusieurs dans la salle, de la génération ORTF à la « minikeum génération » en passant par la génération Hélène et les garçons, mais ça n’a pas d’importance parce que «génération » est un terme flou, non conflictuel, qui désigne tout le monde et personne à fois, et qui ne blesse ni n’exclut donc qui que ce soit.

 

Pas le peuple, la « société civile »

 

Dans le même genre, Macron multiplie les références à la « société civile », terme qui déclenche les applaudissements nourris du public, en opposition avec la «vieille classe politique » qui suscite des moues de désapprobation. Car Macron veut la renouveler et la sortir de ses vieilles routines, et veut que « chacun et chacune » puisse prendre part aux décisions du pays. Il veut donc rendre le pouvoir au peuple ? Non ! A la « société civile » ! Le terme est séduisant, car la «société civile », ça peut être vous et moi, ça peut être Bernard Arnault ou Philippe Martinez, mais il ne faudra pas non plus s’étonner si « la majorité parlementaire composée pour la moitié de membres de la société civile » que Macron appelle de ses vœux compte plus de Bernard Arnault que de Philippe Martinez. Quand on s’étonnera de la surreprésentation de cadres, de patrons et d’avocats à l’Assemblée Nationale (comme c’est déjà le cas, puisque 81% de nos députés sont cadres et professions intellectuelles supérieures), Il aura beau jeu de nous dire : « ah mais c’était ça ma société civile ! Surprise ! ».

 

Des termes vides de sens ? Pas pour tout le monde

 

On pourrait croire que la juxtaposition de ces termes creux, entrecoupée de déclarations d’une platitude quasi insultante pour les spectateurs qui ont fait le déplacement (Macron annonce d’un air exalté qu’il veut porter « la confiance contre la défiance, l’unité contre la division, la lucidité contre les chimères, la générosité contre la cupidité, l’espoir et le courage contre la résignation ») devrait susciter ennui et rejet, y compris de la part de ses fans s’ils avaient un peu d’honnêteté intellectuelle. Mais non, le public de Bercy, dont une bonne partie arbore un tee-shirt « En marche ! » ou « Emmanuel Macron président » dans des tons jaunes délavés, roses pâles ou bleus ciel (qui évoquent les couleurs des glaces en pot de cantines scolaires), agite ses drapeaux européens et ses pancartes aux couleurs vives sans tiquer sur le vide du discours qu’on leur tient.

 

Et c’est compréhensible : pour les plus fervents supporters de Macron, ces termes creux sont chargés de sens, ils sont autant de codes qui peuplent leurs quotidiens et qui rythment leurs vies de citadins qualifiés du secteur tertiaire. Un monde où les «workaholic » du marketing ou de la com’ multiplient le nombre de « projets », un monde où l’important est de mettre en scène sa créativité et sa capacité à « innover» et où donc le projet est un concept phare auquel tout le monde doit s’identifier, de gré ou de force. Cette idéologie du projet s’étend à tous les corps de métiers, et envahit les lycées et les universités, où les étudiants sont sommés de réaliser des affiches et des exposés sur leur « projet professionnel », histoire de leur donner l’illusion que tous finiront par travailler eux aussi dans un open space bien décoré au dixième étage d’une tour en verre ou dans un atelier reconverti avec goût.

 

Dans ce monde, être un « acteur de la société civile » est une sorte de titre honorifique qui salue l’appartenance à un univers où la mondialisation est un atout, où de nombreuses « opportunités » sont à saisir et où rien n’est pire que «s’enferrer dans sa petite routine » ou de travailler à un guichet. Ce monde des cadres et des créatifs des centre-villes, la majorité de la population n’en fait pas partie, mais il constitue le modèle que les médias, la fiction et la publicité nous montrent le plus, et Macron en est le stéréotype.

 

Un journaliste de l’émission Quotidien, Hugo Clément, disait le 4 février dernier, à propos des participants aux meetings de Macron  : « En fait, pour résumer mon impression : Macron attire des gens heureux, qui réussissent. Pas de colère ni de hargne dans ses meetings ». 

 

Ne nous y trompons donc pas : les discours de Macron ne sont pas creux, ne sont pas vides, ils sont saturés de signaux clignotants à destination de ce monde des cadres riches et heureux, content d’eux-mêmes parce qu’ils « créent » et qu’ils «innovent ». Ces gens aisés qui jusqu’à présent votaient tantôt PS  – pour la beauté du geste – tantôt UMP – pour la santé de leur portefeuille – la moindre des syllabes des discours de Macron tentent de leur dire « venez me soutenir, je suis votre candidat ! ». Car, à eux, Macron promet monts et merveille, moins d’impôts et plus d’argent, moins de syndicats et plus de décisions par ordonnances, moins de régulations et plus de libre-échange. Aux autres, il réserve seulement quelques tirades compatissantes et un programme de guerre sociale sur fond d’ubérisation de la société. Espérons que les seconds, majoritaires dans notre société, ne se laissent pas duper par les mots creux pour beaucoup mais en réalité profondément bourgeois d’Emmanuel Macron.

 

Les mots de Macron

Dans ce monde, être un « acteur de la société civile » est une sorte de titre honorifique qui salue l’appartenance à un univers où la mondialisation est un atout, où de nombreuses « opportunités » sont à saisir et où rien n’est pire que «s’enferrer dans sa petite routine » ou de travailler à un guichet. Ce monde des cadres et des créatifs des centre-villes, la majorité de la population n’en fait pas partie, mais il constitue le modèle que les médias, la fiction et la publicité nous montrent le plus, et Macron en est le stéréotype.

 

Un journaliste de l’émission Quotidien, Hugo Clément, disait le 4 février dernier, à propos des participants aux meetings de Macron  : « En fait, pour résumer mon impression : Macron attire des gens heureux, qui réussissent. Pas de colère ni de hargne dans ses meetings ». 

 

Ne nous y trompons donc pas : les discours de Macron ne sont pas creux, ne sont pas vides, ils sont saturés de signaux clignotants à destination de ce monde des cadres riches et heureux, content d’eux-mêmes parce qu’ils « créent » et qu’ils «innovent ». Ces gens aisés qui jusqu’à présent votaient tantôt PS  – pour la beauté du geste – tantôt UMP – pour la santé de leur portefeuille – la moindre des syllabes des discours de Macron tentent de leur dire « venez me soutenir, je suis votre candidat ! ». Car, à eux, Macron promet monts et merveille, moins d’impôts et plus d’argent, moins de syndicats et plus de décisions par ordonnances, moins de régulations et plus de libre-échange. Aux autres, il réserve seulement quelques tirades compatissantes et un programme de guerre sociale sur fond d’ubérisation de la société. Espérons que les seconds, majoritaires dans notre société, ne se laissent pas duper par les mots creux pour beaucoup mais en réalité profondément bourgeois d’Emmanuel Macron.

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 05:20

 

 

Ci-dessous de larges extraits d'un article du blog Descartes :

 

 

L’élection de François de Rugy à la présidence de l’Assemblée nationale devrait provoquer l’indignation de tous les hommes d’honneur, de tous ceux pour qui la parole donnée a encore une valeur, de tous ceux pour qui la politique est autre chose qu’une course aux places.

 

 

Et je ne dis pas ça parce que Rugy n’est pas de mon bord idéologique. Non, le problème est tout différent : Rugy est un homme sans honneur, un homme qui a renié publiquement à sa signature pour aller à la soupe.

 

 

Le 15 décembre 2016, François de Rugy dépose sa candidature aux « primaires de la belle alliance populaire » – nom complet des primaires organisées par le Parti socialiste et ses alliés. Le dépôt de candidature nécessite la signature d’une charte de bonne conduite ainsi que de la promesse ainsi libellée : « Je m’engage à soutenir publiquement le ou la candidate qui sera désignée à l’issue des élections des Primaires citoyennes et à m’engager dans sa campagne. ». Le 28 janvier, le deuxième tour de la primaire désigne François Hamon candidat de la « belle alliance populaire ». Le 22 février, six semaines à peine après avoir signé l’engagement de « soutenir le candidat désigné par la primaire et de s’engager dans sa campagne », Rugy déclare soutenir et s’engage dans la campagne d’Emmanuel Macron.

 

 

Comment justifie-t-il son reniement ? « Je préfère la cohérence à l’obéissance »… On voit mal où est la « cohérence » quand on renie un engagement six semaines après l'avoir signé. Mais peut être faut-il entendre par « cohérence » une forme de continuité : tout au long de sa carrière, Rugy est allé là où la soupe était la meilleure. En quittant Hamon pour Macron, il ne fait que se placer dans cette continuité.

 

   

L’engagement pris par Rugy n’est pas un engagement de nature politique, c’est un engagement personnel, la promesse de se lier à une certaine éthique. C’est aussi un engagement contractuel : c’est en échange de cette promesse que les organisateurs de la primaire ont permis à Rugy de disposer des moyens et de l’espace médiatique pour faire campagne.

 

 

Et ce personnage est maintenant président de l’Assemblée nationale. Par la grâce de Macron, certes. Mais surtout, par l'inertie d’un groupe de parlementaires godillots qui semblent insensibles aux questions morales et éthiques, et incapables de peser par eux-mêmes. Après avoir choisi comme président de leur groupe un homme qui a profité de son poste de président d’une mutuelle pour faire faire une bonne affaire à son épouse, ils ont fait d’un homme sans honneur le quatrième personnage de l’État.

  

Descartes 

 

Á noter que Ganelon, l'archétype du félon, eut une fin douloureuse :

 

François de Rugy : un nouveau Ganelon ?

PS qui n'a rien à voir. Ce matin, un journaliste neuneu de France Info interroge un industriel de la pâte à mâcher (chewing gum) :

 

— Au niveau du packaging, enfin, je veux dire de l'emballage...

 

[…] 

 

— Concernant les parfums, quel est le blockbuster, la chlorophylle ?

 

Pauvre connard...

François de Rugy : un nouveau Ganelon ?
François de Rugy : un nouveau Ganelon ?
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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 05:38

 

 

Pour Serge Halimi, nos démocraties sont friandes d’entourloupes démocratiques : « Auréolé d’une élection remportée avec trois millions de suffrages de moins que sa concurrente, le président Donald Trump a choisi l’Arabie saoudite pour y dénoncer l’absence de démocratie… en Iran. Puis, à Miami, devant des rescapés d’une équipée militaire ratée montée en avril 1961 par la Central Intelligence Agency (CIA) contre le gouvernement de Fidel Castro, il a prétexté la « liberté du peuple cubain » pour durcir les sanctions américaines contre la population de l’île. »

 

 

Fatiha Dazi-Héni  évoque la drôle de guerre qui se poursuit dans le Golfe : « La traditionnelle rivalité géopolitique entre l’Arabie saoudite et l’Iran prend un tour belliqueux, sur fond d’affrontements indirects en Syrie et au Yémen. Confortés par les États-Unis, où ils disposent d’un influent groupe de pression, les Saoudiens entendent dicter leur ligne de conduite à leurs voisins arabes. Et gare à ceux, comme le Qatar, qui ne rentrent pas dans le rang. »

 

 

 

Pour Guillaume Pitron, « la Chine se présente en champion de la lutte contre le réchauffement climatique. Dans le pays le plus pollué de la planète, le pouvoir central voit d’un bon œil les initiatives des défenseurs de l’environnement… à condition de ne pas être lui-même remis en cause. »

 

 

 

Pierre Rimbert traque ceux qui sont au mieux malvoyants, au pire malfaisants : « En 2016, sondeurs et journalistes ont donné M. Donald Trump battu, prédit le « non » au Brexit, promis la victoire à M. Alain Juppé. Raté, raté, encore raté. Cette assiduité dans l’erreur s’explique-t-elle par une malchance insigne ou par la pesanteur des préjugés ? L’agenda politique du début de l’année 2017 offre une situation quasi expérimentale pour trancher cette alternative : le traitement médiatique comparé de deux dirigeants sociaux-démocrates, M. Martin Schulz outre-Rhin et M. Jeremy Corbyn au Royaume-Uni. »

 

 

Pierre Musso   nous rappelle que l’industrie naquit dans les monastères : « Faire de l’entreprise le cœur des sociétés : ce projet, claironné par M. Emmanuel Macron, est d’ordinaire identifié au néolibéralisme contemporain. Il marque en réalité l’aboutissement d’une longue histoire. Celle de la rationalisation du travail et du temps, qui commence dans les monastères au XIIIe siècle. Celle aussi de l’édification d’une croyance commune dans le salut par le progrès industriel. »

 

 

Le Monde Diplomatique (108)

 

 

 

Florence Beaugé  est partie à la recherche du modèle écologique suédois : « Incapables de mettre en place une taxe carbone ou un plan sérieux d’efficacité énergétique dans les logements, les dirigeants français se permettent de donner des leçons aux États-Unis sur le réchauffement climatique. Pendant ce temps, les pays d’Europe du Nord avancent concrètement dans la transition écologique depuis un quart de siècle, comme on peut s’en rendre compte auprès de ceux qui la mettent en œuvre en Suède. »

 

 

 

Pour Gérard Prunier, cela va de mal en pis au Soudan : « Six ans après son indépendance, le Soudan du Sud est ravagé par la guerre civile. Les médiateurs se portent, en ordre dispersé, au chevet du petit pays pétrolier d’Afrique centrale. Mais aucune paix durable n’est envisageable sans écarter les simplifications médiatiques : le conflit n’est pas « ethnique » mais politique. Ses racines remontent à la colonisation britannique. »

 

 

 

Au Maroc, le Rif défie le roi, selon Aboubakr Jamaï : « La persistance de la contestation populaire dans le nord-est du Maroc et ses revendications de mieux-être social mettent en relief l’échec des programmes de développement économique et des projets d’infrastructure pilotés par la monarchie. Malgré la répression, l’ampleur des manifestations pose la question d’une nouvelle réforme constitutionnelle sur des bases plus ambitieuses qu’en 2011. »

 

 

Marie Kostrz croit en l’indéfectible creuset des élites libanaises : « Cet établissement prestigieux vieux d’un siècle et demi a su résister aux turbulences qui ébranlent de manière régulière le pays du Cèdre. Incubateur politique et lieu de débats, l’Université américaine de Beyrouth a longtemps offert une tribune à la cause palestinienne. La dégradation de la situation économique locale en fait désormais un viatique pour poursuivre ses études à l’étranger. »

 

 

 

Peut-on être arabe en Amérique latine (Lamia Oualalou) : « Le racisme existe en Amérique latine. Il touche le plus souvent les populations noires, ainsi que les migrants boliviens, péruviens ou colombiens. Les communautés arabes, en revanche, ne souffrent que rarement des stigmates qui leur sont associés en Europe. Expliquer le phénomène implique d’observer les modalités de l’arrivée de ces personnes dans la région et les positions sociales qu’elles occupent. »

 

 

 

Daniel Lazare évalue a redoutable influence de Riyad à Washington : « Tièdes durant la dernière présidence de M. Barack Obama, les relations entre l’Arabie saoudite et les États-Unis se sont réchauffées depuis l’entrée en fonctions de M. Donald Trump. Une amélioration surprenante quand on connaît la virulence des attaques de ce dernier contre la monarchie wahhabite avant son élection, mais qui doit beaucoup à l’efficacité du lobby américain prosaoudien. »

 

 

 

Marina Da Silva montre à l’envi que l’art est têtu à Bagdad : « Malgré la violence, le manque de moyens et d’infrastructures, la capitale irakienne foisonne de projets culturels. Théâtre, danse et même cinéma refusent avec opiniâtreté toute résignation et entendent défendre une vision progressiste de leur société. Des ponts sont construits avec la France pour mieux faire connaître les œuvres et contribuer à assurer la formation des jeunes comédiens. »

 

 

 

N’en soyons pas surpris, les sociaux-démocrates allemands sont sans boussole (William Irigoyen) : « Les élections législatives allemandes du 24 septembre prochain ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices pour le Parti social-démocrate. Au-delà de ses déboires électoraux lors des derniers scrutins régionaux et de ses alliances acrobatiques, le noyau même de son idéologie paraît désintégré. Dans les municipalités, les militants déconcertés cherchent en vain une ligne claire. »

 

 

 

Rachel Knaebel démontre comment l’extrême droite mène la bataille des idées : « Imposer ses thèmes dans le débat public, mener la bataille culturelle parallèlement au combat politique : en Allemagne comme ailleurs, les formations national-conservatrices veillent à remplir cette double tâche. Cela passe par la création de revues, de maisons d’édition ou de journaux. Exemple avec un hebdomadaire allemand qui a connu un essor fulgurant ces dernières années. »

 

 

 

Un fait de langue rare : la langue sans nom des Balkans (Jean-Arnault Dérens & Simon Rico) : « L’éclatement de la Yougoslavie et l’exacerbation des différences nationales ont eu des conséquences linguistiques : il convenait de parler le bosnien à Sarajevo, le croate à Zagreb, le serbe à Belgrade ou le monténégrin à Podgorica. Tout en identifiant des variantes régionales, les linguistes reconnaissent pourtant à ces peuples une même langue, que certains souhaitent retrouver en partage. »

 

 

 

Dieter Grimm met en garde contre le pouvoir des juges en Europe (Quand le juge dissout l’électeur) : « La justice de l’Union européenne est devenue un terrain d’affrontement insoupçonné pour les entreprises et les gouvernements, sur fond de construction du Marché commun. Au fil du temps s’est ainsi élaborée en dehors de tout contrôle une jurisprudence qui contribue à délégitimer l’Union. Dès les années 1970, la Cour constitutionnelle allemande avait détecté ce déficit démocratique. »

 

 

 

Danièle Linhart imaginer un salariat sans subordination : « Espérant amadouer les opposants à sa réforme du code du travail, le gouvernement a planifié pas moins de quarante-huit réunions avec les syndicats d’ici à septembre. Mais consulter n’est pas négocier et encore moins coécrire la loi. Le temps n’est-il pas venu de prendre un autre chemin pour en finir avec les rapports de subordination propres au contrat de travail, tout en renforçant les droits sociaux ? »

 

 

 

Bernard Dujon prévient que nous sommes tous des mutants : « Faut-il modifier le vivant en changeant l’information que les organismes se transmettent d’une génération à l’autre : leur patrimoine génétique ? On dispose désormais d’outils permettant d’intervenir sur les génomes d’une manière dirigée et précise, ce que la nature fait de manière aléatoire. Plutôt que l’extase ou l’effroi, cette perspective appelle une réflexion rationnelle : pour qui et pour quoi faire ? »

 

 

 

Jacques Testart lance un sombre avertissement : Dernier pas vers la sélection humaine : « Le terme « eugénisme » a été inventé à la fin du XIXe siècle par Francis Galton, un anthropologue cousin de Charles Darwin, pour définir la « science de l’amélioration des races ». L’infanticide, la gestion des mariages, la stérilisation, l’extermination ou l’avortement risquent bientôt d’apparaître comme de bien piètres moyens pour améliorer la qualité humaine au regard des apports de la génétique moléculaire, alliée à l’informatique et à la biologie cellulaire. »

 

 

Catherine Dufour  se demande si la science-fiction est dépassée : « Déplier les possibilités incluses dans le présent et rêver l’avenir qui le travaille obscurément sont des tâches majeures de la science-fiction. Longtemps considérée comme un foyer d’élucubrations juvéniles, elle est aujourd’hui saluée pour sa valeur prospective. Mais que va-t-elle pouvoir anticiper, quand la science et la technologie semblent l’avoir rattrapée ? »

 

 

 

Pour Raphaël Kempf, tous les Français sont désormais suspects : « Au soir du premier tour des élections législatives, le 11 juin dernier, le premier ministre Édouard Philippe interprétait la victoire de son parti d’adoption. Les Français, expliquait-il, auraient manifesté « sans ambiguïté » leur soutien à « l’adaptation de notre droit aux nouvelles exigences de sécurité liées au risque terroriste ». La formule faisait référence au projet de loi « renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure » présenté le 7 juin au conseil de défense par le gouvernement. Ce texte ambitionne de transférer dans le droit commun des mesures d’exception rendues possibles par la déclaration de l’état d’urgence au soir des attentats du 13 novembre 2015 : sur la base d’un simple soupçon, le préfet et le ministre de l’intérieur peuvent ordonner assignations à résidence, perquisitions administratives, placements sous bracelet électronique… »

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 05:42

 

 

George Orwell avait remarqué que les Britanniques hésitaient entre six appellations différentes pour nommer leur pays : l’Angleterre, la Bretagne, la Grande-Bretagne, les Îles britanniques, le Royaume-Uni et Albion. Lui, dont le nom de plume était on ne peut plus anglais, mais dont le vrai patronyme était d’origine écossaise, utilisa presque toujours “England”, l’Angleterre.

 

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il écrivit trois essais restés célèbres sur sa relation intime à l’Angleterre : “ L’Angleterre, votre Angleterre ”, “ Le Peuple anglais ” et “ My Country Right or Left ”, qui peut se traduire par “ Mon pays, de droite comme de gauche ” ou “ Mon Pays, qu’il ait raison ou tort ”.

 

 

Son pays, Orwell l’aimait encore plus sous les bombes qu’en temps de paix. Lorsqu’il l’évaluait, il précisait par honnêteté le lieu d’où il parlait : « Je suis né dans la frange inférieure de la bourgeoisie anglaise ». De ce point de vue, les Anglais étaient pour lui doués d’un « patriotisme inconscient » et étaient frappés d’une « inaptitude à penser de manière logique ». Il comparait – avec gentillesse – ses compatriotes à des bulldogs, « obstinés, laids et stupides ». Le sentiment revendiqué d’insularité était une saine défense contre les étranges étrangers : « la plupart des Anglais d’origine ouvrière trouvent efféminé de prononcer un mot étranger correctement ». Dans son essai “ Le Déclin du meurtre à l’anglaise ”, il regrettait que les « gentils empoisonneurs » aient été remplacés par des tueurs brutaux inspirés par Hollywood.

 

 

Pour Orwell, l’antimilitarisme était consubstantiel aux Anglais : on ne verrait jamais des soldats anglais défiler au pas de l’oie car « cela ferait rigoler tout le monde ». Les Anglais, ajoutait-il, sont le seul peuple au monde capable de commémorer ses défaites : La Corogne, Gallipoli, Dunkerque. Le poème de guerre le plus émouvant (“ La Charge de la brigade légère” d’Alfred Tennyson ») racontait l’extrême déconvenue d’une « brigade qui chargea dans la mauvaise direction ».

 

 

Orwell détestait l’arrogance, le sentiment de supériorité de la classe dirigeante britannique. Il qualifiait les aristocrates de « parasites », « moins utiles à la société que des puces à un chien ». Mais lui qui avait longtemps vécu sur le continent, qui connaissait parfaitement le français, l’espagnol et le latin et dont la mère était d’origine française, méprisait « l’intelligentsia européanisée ». Ne méritaient pas non plus le qualificatif d’anglais : les « végétariens en sandalettes », les antialcooliques, les adorateurs de Jésus. Rien ne valait une bonne bière au pub ou une bonne tasse de thé bien fort siroté près de la cheminée.

 

 

Les migrants qui, par centaines de milliers chaque année, souhaitent s’installer en Grande-Bretagne, sont bien sûr en quête de meilleures conditions de vie, de travail, mais aussi des qualités sociétales qu’Orwell chérissait : l’intimité de la vie privée, le respect de la loi, le progrès qui ne balaye pas la tradition, un patriotisme intelligent. En moins d’une génération, le migrant appréciera ce qui n’existe nulle part ailleurs, comme le Monty Python ou les “ Folly Towers ”, ces centaines d’extravagances architecturales qui ne servent strictement à rien, sûrement pas de tour de défense ou de château d’eau, et dont certaines furent construites au XIXe siècle pour donner du travail aux paysans ruinés lors des grandes famines.

 

De l’anglicité

 

L’immigré devra se coltiner les délices de la monnaie anglaise, savoir qu’un penny (qui a aujourd’hui la valeur d’un centième de livre mais qui, avant 1971, en valait le deux cents quarantième) peut être divisé en quatre sous (farthings). Il n’oubliera pas que 2 shillings (traduction du latin solidus) font un florin (frappé autrefois à Florence), que 5 shillings font une couronne, que 20 shillings font une livre et que 21 shillings font une guinée (qui n’est plus utilisée sauf pour exprimer certains montants). Á bas l’euro !

 

 

La monnaie n’est rien comparée aux volumes. Mot d’origine hollandaise, le firkin (que l’on pourrait traduite en français par « petit fût ») est un quart de tonneau de bière, équivalent à 72 pintes ou 9 gallons (en gros 40 litres). Son grand-frère, le kilderkin, vaut 18 gallons.

 

 

Les distances d’outre-Manche valent également le détour. Le furlong (long sillon, en français) vaut 201,168 mètres ou 220 yards. Pourquoi cette longueur ? Parce qu’elle représente ce qu’une paire de bœufs peut labourer sans s’arrêter. Mais ceci n'est qu'un début. Soyons complets :

 

 

De l’anglicité

 

Demandez à un Anglais combien il pèse. Malgré 45 ans de système décimal, il ne vous répondra pas en kilos. Il répondra en stone, sachant qu’une stone vaut 14 livres ou 6,35029318 kilos. Il ne mettra pas d’s au pluriel à stone (10 stone 3). L’Étasunien vous donnera son poids en livres. Pour les petits poids (une dose de farine dans la pâtisserie, par exemple), l’anglais s’exprimera en onces (28,349 grammes).

 

Il est difficile de s’imaginer à quel point les Britanniques sont des buveurs de thé. Depuis la Seconde Guerre mondiale, tout véhicule blindé (tank ou autres) doit embarquer un nécessaire à thé.

 

De l’anglicité

 

Imaginons ces braves bidasses contraints de s’arrêter devant le premier salon de thé qui n’a pas été rasé par leurs soins. Impossible !

 

Les Brits sont aussi de formidables buveurs de bière pour qui le plaisir de la dégustation tranquille passe avant tout. Comme l’a récemment démontré le Liverpuldien Paul Armstrong lors des attentas terroristes de Londres. Il fit l’admiration de dizaines de milliers d’abonnés à Twitter pour ne pas avoir lâché sa pinte.

 

De l’anglicité

Toujours pendant les attentats, il y eut cette affiche placardée ici et là, à Londres :

De l’anglicité

 

Nous rappelons poliment à tous les terroristes qu'

ICI, C'EST LONDRES

Et que quoi que vous fassiez

Nous boirons du thé

Et continuerons à coup sûr à vivre comme avant

Merci

 

 

Orwell vantait les bonnes manières, la décence du peuple anglais.  En revanche, le flegme, la stiff upper lip, la lèvre supérieure qui ne frémit en aucune circonstance, ne le branchaient pas vraiment. Ce flegme britannique n’est pas un mythe. En 1982, des cendres volcaniques bloquèrent les quatre moteurs d’un Boeing 747. Le commandant de bord brancha le pilote automatique en position descente puis fit la déclaration suivante : « Bonsoir Mesdames et Messieurs. Ici votre commandant de bord. Nous avons un petit problème. Les quatre moteurs de l’avion sont à l’arrêt. On fait tout ce qu’on peut pour les faire repartir. Croyez-moi, la situation n’est pas si grave que cela ». Après 15 minutes de chute libre (de 37 000 à 12 000 pieds), les moteurs purent repartir, les cendres s’étant solidifiées.

 

 

Les Anglais commémorent leurs défaites, mais ils ont tout de même conquis le monde, même si, aujourd’hui, comme l’avait repéré Salman Rushdie en 1983, l’Empire a contre-attaqué. 90% des terres du globe furent, à un moment ou à un autre, envahis par les Britanniques qui régnèrent sur un empire « où le soleil ne se couchait jamais ». Il en est resté toutes sortes d'échanges culturels, humains, absolument déterminants. Le thé anglais vient de Chine. Le cricket fut exporté dans des colonies qui, une fois indépendantes, jouèrent bien mieux que les anciens maîtres. Comme d’autres pays asservis par les Britanniques, l’Inde se dépêcha, en 1947, d’adopter le système parlementaire anglais. Sans parler de la langue anglaise, langue officielle de 54 pays. Plus les Britannique sont rentrés chez eux, plus ils ont façonné le monde à leur image (pensons à l’Union européenne : on n'en a pas fini avec le Brexit, croyez moi).

 

 

Mais il est une chose qu'ils n'ont pas encore réussi à enseigner au reste du monde : l'art de faire la queue.

De l’anglicité

 

Parce qu'il faut bien finir, on reviendra sur l'arrogance de la classe dominante. En 1945, souhaitant la défaite de Churchill dont il avait admiré l'action pendant la guerre, Orwell écrira que les Anglais n'avaient pas souffert pendant cinq ans pour que les gens à particules continuent à se pavaner dans leur Rolls-Royce avec leur Pékinois sur les genoux. 

 

 

Durant cette guerre, le ministère du Travail s’efforça de réquisitionner un maximum d’adultes pour la défense passive, le transport des enfants, le déblaiement des ruines après les bombardements. Il s’adressa en priorité aux riches qui pourraient peut-être libérer quelques serviteurs pour le bien public. Il écrivit au 10ème duc du Devonshire, l’homme le plus riche du royaume à l’époque, pour solliciter son aide : « Votre Grâce, nous comprenons parfaitement que vous ayez besoin de  conserver 15 jardiniers, 12 gardiens, 14 palefreniers, le responsable de votre haras, le responsable de la meute des chiens, 5 hommes à tout faire, votre jardinier en chef, 5 garde chasse, votre couturière, vos pages, vos femmes de chambre, vos suivantes, vos cuisinières, vos blanchisseuses, vos nurses, vos filles de cuisine, votre garçon de hall, vos valets de pied, votre valet personnel, votre précepteur, votre gouvernante, vos chauffeurs, votre majordome, votre cuisinier, mais nous pensions que vous pourriez faire quelques petites économies. Votre Grâce a-t-elle réellement besoin de deux chefs pâtissiers ? »

 

 

Ce à quoi le duc répondit, la lippe tordue par une morgue ancestrale : « Merde à vous ! Et si j’ai besoin d’un biscuit ? »

 

 

 

 

Merci à Adolph Haleter de m’avoir fait découvrir le site quora.

 


 

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