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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 11:10

http://pictures2.todocoleccion.net/tc/2010/03/03/17890505.jpgUne des grandes voix de l’Amérique latine, Miguel Ángel Asturias fut un poète, diplomate guatémaltèque, prix Nobel de littérature (1967). Né à Guatemala en 1899, il est mort à Madrid en 1974. Il a été inhumé à Paris, au cimetière du Père-Lachaise.

Indien par sa mère, il puisa une bonne partie de son inspiration dans la culture maya.

Influencés par le surréalisme, ses romans relèvent d’un genre qu’il a beaucoup contribué à promouvoir : le réalisme magique.

Il connut l’exil de 1954 à 1961.

 

 

LITANIES DE L’EXILÉ

 

 

Être de passage, toujours de passage,

ne pas avoir d’ombre mais des bagages,

toaster bien que la fête ne soit pas la nôtre,

partager un lit qui n’est pas le nôtre,

Un lit et « notre pain » qui n’est pas le nôtre,

raconter des histoires qui ne  sont pas les nôtres,

prendre, laisser des toits qui ne sont pas les nôtres,

travailler à des tâches qui ne sont pas les nôtres,

parcourir des villes autres que la nôtre,

et dans les hôpitaux qui ne sont pas les nôtres

faire soigner des maux qui ont leur guérison

ou du moins leur soulagement. Mais non le nôtre,

qui ne peut guérir que par le retour…

 

Et toi, l’exilé :

Être de passage, toujours de passage,

à moins que demain, demain ou jamais…

le temps des horloges est un temps factice

qui au lieu du temps mesure l’absence.

Vieillir à coups d’anniversaires

qui ne sont pour nous qu’années décomptées

sur un agenda qui n’est pas le nôtre,

mourir sur une terre qui n’est pas la nôtre,

entendre pleurer ceux qui ne sont pas les nôtres,

et voir un autre drapeau que le nôtre,

recouvrir un bois qui n’est pas le nôtre,

couvrir un cercueil qui n’est pas le nôtre

et des fleurs et des croix qui ne sont pas les nôtres,

dormir dans une fosse qui n’est pas la nôtre,

se mêler à des os qui ne sont pas les nôtres,

être au bout du compte l’homme sans patrie,

un homme sans nom, un homme sans homme…

 

Et toi l’exilé :

 

Être de passage, toujours de passage,

avoir la terre pour auberge,

avoir pour tout bien des choses d’emprunt,

ne pas avoir d’ombre, mais des bagages,

à moins que demain, demain ou jamais…

 

(Rome, hiver 1966)

 

Poèmes indiens, NRF, Poésie/Gallimard

Traduction : Claude Couffon et René L.F.  Durand 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 07:09

http://www.qcm-de-culture-generale.com/fiches_images/2621.jpgOn connaît tous cette anecdote concernant Picasso. Le grand Pablo est au restaurant avec des amis. Machinalement, il crayonne un dessin sur la nappe de la table. Le patron se rue sur lui :

 

 

   Monsieur Picasso, vous me signez ce dessin et je vous offre le repas, ainsi qu’à vos amis.

 

Et Picasso de répondre :

 

   Si je signe, je prends le restaurant.

 

Jean-Baptiste Corot n’était pas comme ça. Vers la fin de sa vie, le célèbre caricaturiste Daumier avait quasiment perdu la vue. Il se rend chez son ami Corot, très gêné, et lui demande de lui avancer le prix d’un mois de loyer. Corot lui achète illico  une maison à Auvers-sur-Oise. Il restait au créateur du célèbre Don Quichotte sept ans à vivre. En ce temps-là, comme peut-être demain chez nous, il était de grands artistes qui ne pouvaient pas se soigner et qui finissaient leur existence dans la misère la plus noire.

 

Corot aida ses amis, mais aussi des anonymes. Pour secourir quelques peintres débutants, il lui arriva de signer leurs toiles. Il avait d'ailleurs choisi une signature en majuscules facilement imitable. En 1871, il donna 20000 francs aux pauvres de Paris pendant le siège des Prussiens. En 1875, il donna 10000 francs à la veuve de Jean-François Millet pour l’aider avec ses enfants. Il offrit également une aide financière à un centre pour jeunes déshérités à Paris.

 


 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 07:23

Depuis quelques jours, je broute sur internet dans un domaine que je connais moyennement bien : la peinture. Je suis tombé sur un tableau dont je n’avais jamais entendu parler, mais que tous les spécialistes connaissent : Le lit défait de Delacroix. Comme son titre l’indique, ce tableau représente un lit … défait. Le peintre a forcément travaillé les plis des draps. Mais, contrairement à quantités d’autres de ses prédécesseurs qui avaient accordé aux plis en général un statut noble (plis des robes de princesses, plis des draps de velours etc.), Delacroix nous a proposé des draps tout à fait banals, limite propres, couvrant un lit sans intérêt, dans une chambre vide de meubles et de personnages.

 

Mais, en regardant de plus près, on découvre, au milieu des draps, quelques chose de terrifiant : la tête d’une Méduse. Singulier endroit pour une telle rencontre ! Et alors là, je me suis souvenu d’un écrit de Sacha Guitry, repris dans Cinquante ans d’occupation, un ouvrage où, à côté de la narration de ses rencontres avec quelques grands peintres qu’il a bien connus, il se garde bien d’amorcer la moindre autocritique sur sa posture (ne parlons pas de son rôle) pendant l’occupation allemande de la France. Le grand et beau Sacha raconte qu’il fut à deux doigts d’acheter ce tableau lors d’une vente aux enchères mais qu’il en fut dissuadé par un ami qui lui expliqua qu’aucun des propriétaires de cette aquarelle quasi monochrome n’avait jamais pu la conserver. Selon la légende, la Méduse, bien évidente au milieu des plis désordonnés, serait responsable de cet état de fait. Du coup, Guitry n’enchérit ni ne renchérit.

 

http://1.bp.blogspot.com/_U6kCOhPCoM8/TQVEK6y-6JI/AAAAAAAAEAM/qIIw72m5o_0/s1600/delacroix+le+lit+defait.jpg

 

Lit2.jpg

 


 

Puisque nous sommes dans les bizarreries picturales, je propose aux lecteurs de ce blog une énigme qui me dépasse complètement. Il est un tableau du grand siècle hollandais que j’adore, intitulé L’Enfant malade (Het zieken kind). Sur certains sites, il est répertorié comme étant l’œuvre de Jan Steen. Sur d’autres, il est dit avoir été peint par Gabriel Metsu, un contemporain de Vermeer qui fit du Vermeer toute sa vie. Ce qui me touche dans ce tableau, c’est que l’enfant aux yeux tristes regarde à peine le peintre (donc nous) tandis que sa mère (ou sa nounou) sourit légèrement. Pour elle, il y a de l’espoir, alors que l’enfant (une fille ou un garçon ?) est complètement enfermé dans sa souffrance.


(Je ne peux proposer une illustration car la reproduction du tableau est protégée par toutes sortes de droits).

 

À noter, sur le même thème, cette composition d’Edvard Munch : link

 

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 10:17

http://a4.idata.over-blog.com/260x300/3/78/56/22/maunick-edouard-J-jpgÉdouard Maunick est né dans une famille métisse de l’Île Maurice (« Quant aux valeurs des différentes civilisations, n’oubliez pas que métis est mon état-civil », a-t-il proclamé). Il s’installe à Paris en 1960, où il collabore à la Coopération radiophonique. Il publie des articles pour Présence africaine. Il devient ensuite diplomate mauricien à Paris, après l’indépendance du pays.


Influencé par Césaire ou Senghor, Il écrit une poésie où il transmet son sentiment d’isolement et rappelle les persécutions subies par les Africains (Les Oiseaux du sang en 1954,  Les Manèges de la mer en 1964, Mascaret ou le livre de la mer et de la mort en 1966). Il écrit Fusillez-moi en 1970 pour protester contre la guerre du Biafra.


Il publie ensuite Africaines du temps jadis en 1976, En mémoire de mémorable, puis Jusqu’en terre Yoruba en 1979.


Le prix Guillaume-Apollinaire lui est attribué en 1977 pour Ensoleillé vif, puis le grand prix de la Francophonie en 2003.


Dans En mémoire du mémorable (1979), dont sont tirés les vers qui suivent, Maunick mêle intime et universel. L’oralité créole est fortement présente :

 

 

D’EXIL EN MÉMOIRE

 

En mémoire du mémorable

Ne pas craindre de bondir

Sur les mots les plus créoles

Ils ont goût de petit piments verts

Mais aussi saveur de mangue que l’on tête

[…]

 

en mémoire du mémorable

ouvrir toute grande sa gueule

d'insulé en rupture de malédiction

pour réciter Rimbaud à la sauce séga

crever toutes les baudruches à crocs perdus

dire à cette race de je-je-tu-tu accablée

sous le poids séculaire de ses livrées d’emprunt

que le vocabulaire est un don des entrailles

et qu’elle ferait mieux de marronner Molière

 

en mémoire du mémorable

relire l'Histoire à notre façon

pagayer en amont jusqu'à l'écorchure

réveiller tous les morts mal enterrés

entasser cendre sur cendre en plein midi

Ratsitatane hé Zulu, hé Boukman hé Nat Turner !

Il est temps de déserter tous les musées

Qui ne sont pas bois païens de chaire et d’os

Lumumba hé Malcolm X hé King hé Cabral hé Biko !

 

En mémoire du mémorable

Compter ses absents debout

Parce qu’ils ne sont pas morts

De leur propre mort mais en fraude

Des noms certes des noms grands fétiches

Et pourquoi pas quand l’Apartheid s’engraisse

Pourquoi pas fêler nos gorges jusqu’à la déchirure

En une plaie d’appels plus clairs que discours d’État

Nous sommes depuis longtemps pourquoi rêver d’être

 

En mémoire du mémorable

Toucher de nos doigts toucher

Ceux qui ne seront jamais cadavres

Ce peuple né n’a cure de légendaire

Il est bien planté dans la chair du temps

Il ne sera pas il est depuis longtemps déjà

A Soweto c’est aujourd’hui que meurent les enfants

Parce qu’ils en ont assez d’attendre l’avènement

Le nègre est de toute éternité il n’est pas à venir

[…]

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 09:17

http://www.dessinateur.biz/blog/wp-content/uploads/2012/10/1057c_bar_des_amis.jpgEn français, une héroïne est une personne exceptionnelle ou un personnage de roman. C'est aussi une substance très toxique.


Même chose en anglais sauf que la personne s'écrit heroine et la substance heroin.


Ça n'a pas raté : dans l'intitulé – de deux lignes – d'une épreuve du tout récent Capes d'anglais, heroin a remplacé heroine.


Un collègue et ami attristé m'écrit ceci :

 

“ C'est complètement désolant, on peut toujours se dire que les concepteurs/correcteurs étaient sous l'emprise de quelque chose d'assez violent, mais même comme ça, ça ne me fait pas rire. C'est assez symbolique de toute l'importance attachée au concours de recrutement d'enseignants, et du statut que notre société postmoderne accorde aux enseignants. ”

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 07:02

Holger.jpgJe suis retombé un peu par hasard sur ce poème que je n’avais pas lu depuis plus de quarante ans. C’est grand, c’est fort, c’est beau. Certes, j’ai toujours préféré Éluard à Aragon, mais il s’agit d’un autre débat. Publié dans l’ouvrage Le Crève-cœur, ce poème a été écrit en 1940, comme quatre autres textes directement consacrés à la campagne de France de mai et juin 1940.

 

Il parut en 1941. Aragon utilisa à son sujet l’expression « poésie de contrebande », car il relevait – comme Les Yeux d’Elsa – de la production ayant précédé son passage à la clandestinité le 10 novembre 1942, jour de l’invasion de la zone non-occupée par les troupes allemandes et italiennes.

 

Aragon a recours ici à la grande tradition française du vers rimé, qui plus est de l’alexandrin, ce qui peut surprendre de la part d’un ancien surréaliste. Il se justifia en ces termes (cités par Sandra Brovini) :

 

« Le dégoût de la rime provient avant toute chose de l’abus qui en a été fait dans un but de pure  gymnastique, si bien que dans l’esprit de la plupart des hommes, rimer, qui fut le propre des poètes, est devenu par un étrange coup du sort, le contraire de la poésie. [...] La dégénérescence de la  rime française vient de sa fixation, de ce que toutes les rimes sont connues ou passent pour être connues, et que nul n’en peut plus inventer de nouvelles, et que, par suite, rimer c’est toujours  imiter ou plagier, reprendre l’écho affaibli de vers antérieurs. »

 

Mon vieil (dans tous les sens du terme) ami, l’universitaire allemand Holger M. Klein, s’est longuement penché sur ce poème dans un article publié dans les années quatre-vingt. Holger soulignait l’originalité de la forme : des strophes de longueur inégale, le « Je n’oublierai jamais » survenant de manière asymétrique. Une complexité dynamique renforcée par l’absence de ponctuation. Une syntaxe très classique. Des variations rythmiques : la première strophe est majestueuse, la seconde est rapide puis lente, la troisième lente puis rapide. La quatrième est de plus en plus lente, jusqu’à ce que le poème s’immobilise avec le vers dramatique « On nous dit ce soir que Paris s’est rendu ».

 

Thématiquement, la première strophe expose la situation ; la deuxième est tout en cris, couleurs et stridence ; la troisième décrit la débâcle en quelques images bien choisies ; la quatrième strophe – l’apex du poème – rend compte de la déroute ; la cinquième strophe est celle de la circularité, des fleurs du début.

 

L’opposition voulue entre les fleurs et les chars crée l’incongruité, tout comme celle de l’ordre (le « cortège ») et du chaos (la « panique », la « peur », les « vélos délirants »). Opposition également entre la lumière du premier jour (« le soleil ») et les « soirs », les noirs « ramages », « l’ombre ». La mort est omniprésente : « métamorphoses », « juin poignardé », « cortège », « sang », « mourir ». Les fleurs sont d’abord des offrandes d’amour (les lilas), puis elles résistent (les roses), enfin elles symbolisent les deux pays.

 

Le « Je » devient toujours plus conscient de lui-même (« je ne sais pourquoi »). Il s’efface derrière le « nous » collectif des soldats et de la population entière.

 

Le poème compte trois strates temporelles : celle de mai et juin, puis le temps présent de l’énonciation (« Mais je ne sais pourquoi » », « Je n’oublierai jamais »), puis celle du futur (« ceux qui vont mourir »). Aragon nous parle d’un peuple qui n’a pas perdu tout espoir, ce que Pierre Daix exprimera fort bien un peu plus tard :

 

Le retentissement des “ Lilas et les roses ” fut immense. La poésie venait d’ôter à la France son bâillon. Il était permis de parler de la douleur du pays sans courber la tête sous le joug. » (Aragon : une vie à changer).

 

“ Les lilas et les roses ”, selon Holger Klein, est un poème historique au sens où tout ce qui est relaté est connu. Son objectif est de sortir le peuple de France de sa stupeur, de sa sidération. L’histoire dans ce poème, c’est l’histoire d’un choc collectif. Aussi celle d'une beauté présente et à venir.

 

Ô mois des floraisons mois des métamorphoses

 

Mai qui fut sans nuage et

Juin poignardé

Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses

Ni ceux que le printemps dans les plis a gardés

 

Je n’oublierai jamais l’illusion tragique

Le cortège les cris la foule et le soleil

Les chars chargés d’amour les dons de la Belgique

L’air qui tremble et la route à ce bourdon d’abeilles

Le triomphe imprudent qui prime la querelle

Le sang que préfigure en carmin le baiser

Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles

Entourés de lilas par un peuple grisé

 

Je n’oublierai jamais les jardins de la France

Semblables aux missels des siècles disparus

Ni le trouble des soirs l’énigme du silence

Les roses tout le long du chemin parcouru

Le démenti des fleurs au vent de la panique

Aux soldats qui passaient sur l’aile de la peur

Aux vélos délirants aux canons ironiques

Au pitoyable accoutrement des faux campeurs

 

Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d’images

Me ramène toujours au même point d’arrêt

À Sainte-Marthe Un général De noirs ramages

Une villa normande au bord de la forêt

Tout se tait L’ennemi dans l’ombre se repose

On nous a dit ce soir que Paris s’est rendu

Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses

Et ni les deux amours que nous avons perdus

 

Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres

Douceur de l’ombre dont la mort farde les joues

Et vous bouquets de la retraite roses tendres

Couleur de l’incendie au loin roses d’Anjou

 

Louis Aragon, Le Crève-coeur, 1941

 

En photo : Holger ou Louis ?

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 10:44

 

http://imstars.aufeminin.com/stars/fan/adriana-karembeu/adriana-karembeu-20061225-190707.jpgCe soir, France 2 programme une émission choc au titre quelque peu putassier : “ Les pouvoirs extraordinaires du corps humain ”. Pour nous prouver que le corps humain possède des capacités insoupçonnées (plus je vieillis, plus je me dégrade et plus j’en suis convaincu), le médecin médiatique Michel Cymes a prétendument « escaladé le Mont-Blanc » en compagnie d’Adriana Karembeu (pourquoi science et jolie femme serait-elle incompatibles ?). Dans les faits, les deux vedettes se sont fait déposer par hélicoptère à 4300 mètres, au col de la Brenva. Avec l’autorisation du maire adjoint de Chamonix. La supercherie a été dénoncée par le maire de Saint-Gervais (m’est avis que ces deux maires de droite ne partent pas souvent en camping ensemble).

 

Pour avoir fait de la rando en montagne à plus de 3000 mètres d’altitude alors que j’étais plus jeune que ne l’est aujourd’hui Cymes, je sais très bien que le simple fait de terminer à pied, sur 500 mètres de dénivelé, l’escalade du Mont-Blanc est un exercice en soi très difficile.

 

Le problème n’est pas dans cette petite polémique. Il est, comme toujours, dans la com’, dans l’image. Pourquoi est-il nécessaire, pour expliquer, vulgariser des réalités scientifiques intéressantes, d’aller chercher une femme de 41 ans plus célèbre pour sa beauté, la longueur de ses jambes (1m26) que pour sa connaissance du corps humain, même si elle a accompli trois années d’études de médecine dans sa jeunesse en Tchécoslovaquie ?

 

Que fait Adriana Karembeu aujourd’hui ? Elle est l’égérie des magasins de décoration Atlas, elle a introduit sa société de « diffusion » en bourse et elle présente un documentaire-réalité (toujours ces trucs à la limite du faux) sur M6 qui traite des difficultés de la vie de couple (« Allo Adriana, ici c’est M6. Dis donc, depuis que toi et ton footballeur avez divorcé, tu serais pas un peu experte en vie de couple ?).

 

Cela fait des années que le Mont-Blanc est un boulevard. Cela dit, je partage l’opinion du maire de Saint-Gervais – dont j’aime beaucoup la ville – qui « déplore la banalisation du Mont-Blanc et condamne avec la plus grande fermeté toutes ces actions d'ego ou toutes celles commerciales qui poursuivent des objectifs uniquement personnels et mercantiles. »

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 07:01

http://europeanastatic.eu/api/image?type=VIDEO&uri=http://images1.noterik.com/domain/euscreen/thumbs/7/3/EUS_738EFABE5A7047CFA369F2B13CD2A1DA.jpg&size=FULL_DOCNé en 1934 dans l’île de Thasos, Vassilis Vassilikos passa son adolescence à Thessalonique où il fit des études de droit. Il devint journaliste, mais dut s’exiler en France en 1967 pour ses idées politiques.

En 1961, il avait obtenu l’équivalent du prix Goncourt pour Trilogie, un recueil de nouvelles. En 1967, il écrivit Z, qui relate l’assassinat du député de gauche Lambrakis, récit que Costa-Gavras portera à l’écran avec le succès que l’on sait.

Lors du rétablissement de la démocratie en Grèce, Andreas Papandreou lui demanda de devenir directeur des programmes à la télévision en 1981, un poste qu'il occupa jusqu’en 1984. Il a également été responsable de la délégation grecque à l'UNESCO.

C’est en France qu’il écrivit de nombreux poèmes d’exil.

 

 

EN BUVANT DE L’OUZO « SANS RIVAL »

 

En buvant de l’ouzo« Sans rival »,

Je me suis rappelé

De très anciens villages,

Des phrases ianchevées

Faites d’olives, de pastourma,

Et d’un peu de fromage de Kynthio.

L’odeur du rez-de-chaussée,

Et la clé des cabinets

Toujours dans les mains du propriétaires

 

Stratos, Procope, Kostis,

Et Vaghia, originaire de Kozani,

Qui tant voulait, dans la capitale,

Devenir metteur en scène. Tous mes amis

Qui ne peuvent boire

Et les autres qui boivent désormais sans moi.

 

Je me suis rappelé tout cela,

Comme un poème de Kavafis en traduction,

Quand tu n’as pas l’original, quand,

Ne pouvant plus résister

A l’embrasement de la mémoire,

Tu mets beaucoup d’eau, tu mets de la glace,

Et tu bois alors un liquide

Blanc , doux et nostalgique.

 

POST-SCRIPTUM

Peu de feuilles,

Beaucoup d’arbres.
Peu d’amis,

Trop de souvenirs.
Clairsemés les amis,

Foule les souvenirs.

En amour, peu de sentiment,

Beaucoup d’actes.

 

 

(Traduction Dominique Grandmont).

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 07:08

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0e/Pablo_Neruda_Ricardo_Reyes.jpeg/220px-Pablo_Neruda_Ricardo_Reyes.jpegDe la biographie de Neruda (son vrai nom était Neftalí Ricardo Reyes Basoalto), on retiendra qu’il était né en 1904 au Chili. En 1971, il obtient le prix Nobel de littérature. Fidèle soutien du président Allende (celui que Pompidou appelait « le docteur Allende » car il n'avait jamais considéré son élection comme légitime), Neruda rédige en 1972 Incitation au Nixoncide et éloge de la révolution.

 

Lors du coup d’État du 11 septembre 1973, les livres de Neruda sont brûlés. Il meurt le 23 septembre 1973, officiellement d’un cancer de la prostate. Malgré la surveillance de l’armée, son enterrement fut une grande manifestation contre la dictature.

 

En 1974, paraît son autobiographie J’avoue que j’ai vécu, où il écrit :

 

Je veux vivre dans un pays où il n'y ait pas d'excommuniés.
Je veux vivre dans un monde où les êtres soient seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette.
Je veux qu'on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries.
Je veux qu'on n'attende plus jamais personne à la porte d'un hôtel de ville pour l'arrêter, pour l'expulser.
Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie.
Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos.
Je veux que l'immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s'épanouir.

 

Sur l’exil, on pourra retenir cet extraordinaire petit poème :

 

L'EXIL EST UN ROND

 

L’exil est rond

Un cercle, un anneau :

tes pieds en font le tour,

tu traverses la terre,

Et ce n’est pas la terre

Le jour s’éveille et

Ce n’est pas le tien,
la nuit arrive :

Il manque tes étoiles

Tu te trouves des frères,

Mais ce n’est pas ton sang.

 

(Chants libre d’Amérique latine)

 

http://schabrieres.files.wordpress.com/2010/05/pablo_neruda.jpg

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 07:06

Ignace, évêque d’Antioche d’origine syrienne, fut condamné par l’empereur Trajan à être dévoré par des lions. Ça tombait bien, il n’aspirait qu’à mourir pour le Christ. Il considérait cette mort comme une libation : « Laissez-moi me délecter de ces lions, que je souhaiterais beaucoup plus cruels qu’ils ne sont . » Pour Trajan, exécuter Ignace devait freiner l’expansion du christianisme. Raté.

 

(Jactatio)

 

http://exprimezvotrepotentiel.files.wordpress.com/2011/10/saint_ignace_dantioche_et_les_lions_h300.png

 

 

 

Quand les révolutions broient leurs enfants… Né en 1883, Adolf Abramovitch Joffe choisit le camp de Lénine et de Trotski en1917 contre Zinoviev et Kameniev. En 1926, Staline décide une première purge de ses opposants. En 1927, Joffe est gravement malade. Staline refuse de le faire soigner à l’étranger. Le 12 novembre, Joffe se suicide. Il laisse à Trotski ces quelques mots : « Ma mort est l’acte de protestation d’un combattant convaincue de la justice de la voie que vous avez choisie, Lev Davidovitch. » Sur sa tombe, Trotski dira (et ce sera sa dernière intervention publique en URSS) : « Sa vie, non son suicide, doit servir de modèle à ceux qu’il a laissés derrière lui. La lutte continue. Chacun reste à son poste. Que personne ne déserte ! »

 

(Jactatio)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/ba/Grave_of_Adolph_Joffe,_2011.jpg/80px-Grave_of_Adolph_Joffe,_2011.jpg

 

 

Irene Lentz (ou Irene), 1900-1962, fut la plus grande costumière d’Hollywood. Proche de Doris Day, elle habilla également Dietrich, Taylor, Turner, Garland. Elle abusa un peu de l’alcool et des calmants.Son grand problème fut son amour éperdu, mais non partagé, pour Gary Cooper. L’acteur mourut en 1961. Quelques mois plus tard, Irene se tailla les veines, mais rata son coup. Elle se jeta alors d’une chambre d’hôtel au 14ème étage. Elle laissa quelques lettres pour sa famille, pour son mari malade et pour les résidents de l’hôtel à qui elle demanda de l’excuser pour le grabuge causé par sa mort.

 

(Impatienta doloris)

 

http://p2.storage.canalblog.com/23/67/466416/53387458.jpg

 

 

Enfant des bas-fonds, né en 1952, Eugene Izzi écrivit de nombreux romans policiers (souvent sous le pseudonyme de Nick Gaitano) situés dans les bas-fonds. Avec un réel succès. Le 7 décembre 1996, Izzi est retrpuvé pendu dans son bureau de travail du centre de Chicago. Une mort très troublante.

 

La porte était fermée de l’intérieur. Il portait un gilet pare-balles. Dans ses poches, des menottes, une bombe de gaz paralysant et une disquette d’un roman inachevé. Que racontait ce roman ? Un protagoniste, auteur de romans policiers, enquête sur les milices paramilitaires de l’Indiana. Il a revêtu un gilet pare-balles et est armé. Un soir, la milice entre dans son appartement et tente de le pendre. Heureusement, il s’échappe.

 

La famille d’Eugene accepta la version du suicide, mais certains affirmèrent que l’auteur avait infiltré un groupe de partisans de la suprématie de la race blanche et qu’il s’apprêtait à leur consacrer un livre.

 

(Tædium vitæ)

 

http://3.bp.blogspot.com/__lZhex01AAg/S3Nxrc7E8ZI/AAAAAAAADtI/EU3s0am9d9I/s320/izzi2.jpg

 


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