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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 06:00
Carrefour, l'ami américain
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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 05:55

Depuis combien d’années n’ai-je pas entendu quelqu’un me dire : « je suis ouvrier », « nous, les ouvriers », « la classe ouvrière », « en tant que fils d’ouvrier » ? En revanche, les « assistants », les « collaborateurs », les « techniciens » (surtout « techniciennes ») de surface, les « agents » pullulent.

 

Le mot « ouvrier » vient du latin operarius, celui qui fait, qui travaille avec ses mains. Dès le XIIe siècle, le mot possède la valeur qu’il a aujourd’hui et qu’il conservera pendant des siècles : « personne louant ses services moyennant un salaire et effectuant un travail manuel ». En anglais, le mot work vient d’un vocable de l’indo-européen puis du proto-germanique signifiant « œuvre, travail ». En allemand, arbeit (le travail, arbeiter = travailleur) vient du proto germanique arbaidiz signifiant « labeur » ou « souffrance ». Au moyen âge, la société connaît trois ordres : ceux qui prient (les oratores), ceux qui se battent (les bellatores) et ceux qui travaillent (les laboratores). Le verbe latin laborare signifie à la fois labourer et travailler. Pour 90% de la population active, le labeur se confond avec le labour. Jusqu’au XVIIIe siècle, ouvrier est synonyme d’artisan, voire d’artiste. Avec la Révolution industrielle apparaissent ouvrier agricole, ouvrier d’usine. L’expression jour ouvrier (XVe siècle) deviendra jour ouvré (XVIIe siècle). Ouvrier peut être utilisé comme adjectif, comme dans l’expression cheville ouvrière (articulation centrale, par extension élément clé d’un ensemble). On connaît également les abeilles ouvrières, et bien sûr la classe ouvrière, dénommée également prolétariat.

 

La définition aujourd’hui la plus communément admise du mot « ouvrier » est  « une personne qui loue ses services dans le cadre d’un travail artisanal, industriel ou agricole en échange d’un salaire. Cette définition restreint le statut du salariat au travail manuel. Elle exclut donc les employés de bureau et, semble-t-il, les caissières de supermarché. En France, l’effectif ouvrier a atteint son maximum vers 1970 (40% des emplois), époque de forte mobilisation quand le duo infernal Pompidou/Marcellin avait fort à faire. Nous en sommes aujourd’hui à environ 24%.

 

On peut se demander si ne pas se qualifier d’ouvrier signifie intérioriser une construction sociale des professions. Être un ouvrier revient-il à se dévaloriser ? En particulier dans une société où les divers modes d’expression de la classe ouvrière, les syndicats en particulier, deviennent de moins en moins audibles, quand ils ne jouent pas carrément le jeu de la collaboration de classe.

 

 

 

 

La reproduction sociale, repérée dès le début des années soixante, est de plus en plus forte, ce qui pousse de nombreux jeunes issus de la classe ouvrière à opter pour une autre représentation d’eux-mêmes. Dans ce cas, ces jeunes sont, comme disait Bourdieu, vus par « les yeux des autres ».

 

La puissance du parti communiste étant devenu dérisoire, la parole ouvrière autonome est devenue inaudible. Pour ce qui est du journal L’Humanité, la mention du lien avec le parti a été supprimée en 1999. Le quotidien est soutenu financièrement par TF1 et Lagardère.

 

 Depuis quarante ans, l’Assemblée nationale compte entre zéro et deux ouvriers dans ses rangs.

 

25% des ouvriers ont moins de trente ans. Un ouvrier sur deux travaille dans le secteur tertiaire. Les gros bataillons des grandes entreprises industrielles ont disparu. Le mirage de l’appartenance aux « classes moyennes » (concept anglo-saxon) est de plus en plus tentant. Mais rêver d’échapper au prolétariat parce qu’on est titulaire d’un Bac Pro et enfiler les petits bouleaux et les CDD nourrit une forme durable de schizophrénie.

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 05:38

 

Cet anglicisme s’est désormais totalement imposé dans la langue française, y compris dans les rangs de la gauche qui se déterminent par rapport à ce concept. Les conséquences de ce glissement sémantique sont idéologiques

 

En français, une alternative est la somme ou l’alternance de deux choix : le jour et la nuit, le chaud et le froid, les hauts et les bas, se soumettre ou se démettre. L’anglais connaît ce même sens depuis le XVIe siècle. Mais, depuis le XVIIIe siècle, un second sens s’est imposé, celui d’une possibilité autre : « There are other alternatives » (il y a d’autres possibilités). Le sens français d’alternative est rendu en anglais par le mot « alternation ».

 

Le glissement sémantique devient politique, en particulier lorsque « alternative » est utilisé comme adjectif : « an alternative job » (un boulot de remplacement), « an alternative explanation » (une autre explication), « alternative forms of transport » (de nouvelles formes de transport). Traduire dans ces cas « alternative » par « alternatif » est un appauvrissement, source de confusion. Comme lorsque, en 1997, le magazine médical L’Impatient est devenu Alternative Santé.

 

Peu de temps après son accession au pouvoir en 1979, Margaret Thatcher martela avec succès le slogan « There is no alternative » (« TINA »). Pas d’« alternative » aux privatisations, aux dérèglementations etc. Ce faisant, elle forgea une construction mentale binaire, manichéenne,  opposant le possible à l’impossible. Ce que la langue française intégra en traduisant « TINA » par « Il n’y a pas d’alternative » ou pire par « Il n’y a pas d’autre alternative ». Les « TATA » de l’an 2000 (« There are thousands of alternatives ») ne contribuèrent pas à élargir le débat, à envisager les problèmes de manière dialectique.

 

Cet anglicisme est donc propice à la « crise » car il insinue dans les esprits que l’on ne peut faire autrement que ce que l’on  fait.

 

PS : à propos de ce fait de langue, Susan George m'écrit ceci :

 

Sur “activiste” : depuis 40 ans, à l’Institut que j’ai rejoint il y a 40 ans et dont je suis aujourd’hui la présidente, [the Transnational Institute ou TNI] nous designons nos « Fellows » [membres] comme « scholar-activists »--des chercheurs militants ou tout au moins engagés dans les mouvements sociaux et politiques de leurs pays respectifs.  Je confirne que c’est nullement péjoratif ! 

Sur TINA et TATA—je crois être l’inventeur du TATA dans une critique de Margaret Thatcher, dans un bouquin.  Je crois que ça devait être A Fate Worse than Debt, « Jusqu’au Cou : enquete sur la dette du Tiers Monde » en francais.  Je l’ai écrit en anglais comme la plupart des autres et ne suis pas responsable de le traduction mais en effet, comme le texte l’indique, il s’agissait de ‘milliers’ d’alternatives. 

 

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 05:29

 

 

Sur le site du Grand Soir, Vladimir Marciac n’apprécie pas du tout la violence faite aux travailleurs d’Air France. Il en oublierait presque la chemise du DRH qui a fait le tour du monde :

 

C’est le chiffre exact : 2902. Deux types qui détalent comme des lapins et deux mille neuf cents salariés qui savent qu’ils vont perdre leur chemise, leur pantalon, peut-être leur maison et tout espoir d’études des enfants, tout en courant à Pôle emploi pour s’y faire humilier. : « Vous étiez hôtesse ? Justement on a un poste dans un bar de nuit. A Pigalle ».

 

Et comptez sur la Justice pour que quelques-uns soient punis : « lourdement » a dit Hollande en se substituant au juge. Et comptez sur les CRS pour leur cabosser la tête à la prochaine manif et faire couler leur sang sur leur chemise. Mais on s’en fiche des chemises des prolos ! Cela ne compte pas. Vous avez déjà entendu parler dans les médias d’une chemise d’ouvrier déchirée, avec ou sans le gars dedans ? Non, on s’en fiche des pue-la-sueur et des sans-dents. L’Etat PS n’a pas vocation à les protéger et à visiter l’usine où l’accident a eu lieu. L’équipe gouvernementale solférinienne visite les lieux de catastrophes naturelles et les lieux où des adhérents du MEDEF ont eu la trouille. C’est tout !

 

Air France. Comptez sur les médias pour jurer que le DRH « a failli être lynché » alors qu’il n’a pas une égratignure et qu’il n’est même pas allé voir un médecin. Peut-être un psychologue, demain. A condition qu’il le laisse travailler sans l’accabler de son mépris.

 

 

Sur le site Regards.fr, Clémentine Autain tire, elle aussi, la leçon des récents événements d’Air France :

 

« Les mots de soutien ou d’inquiétude pour les salariés promis à un vaste plan de licenciements secs sont restés introuvables dans la bouche de tous ces "responsables". Comme si la violence sociale n’était pas une violence mais une norme acceptable, et de ce fait invisible. Comme si la suppression de 2.900 postes d’ici 2017 – 1.700 emplois au sol, 900 chez les hôtesses et 300 parmi les pilotes – dans une grande entreprise française, dont l’État possède 17% du capital, n’était pas un sujet majeur d’inquiétude, de préoccupation, de révolte. Comme si le chômage de masse ne constituait pas une agression à la dignité humaine. Comme si les dirigeants d’Air France n’avaient pas été irresponsables en amenant l’entreprise à ce point de chaos. Comme si les gouvernements, incapables de lutter contre le chômage et de mener une politique industrielle digne de ce nom, ne portaient pas leur part de responsabilité dans cette situation. Comme si le patron d’Air France n’avait pas vu son salaire récemment augmenté de 70% et le comité de direction fait voter 150 millions d’euros pour garantir leur retraite chapeau. »

 

 

Dans Res Publica, François Charpentier explique que le patronat veut se désengager de la couverture sociale des salariés :

n

Avant même que les négociations reprennent sur les retraites complémentaires, Pierre Gattaz a d’ailleurs été très explicite dans une interview accordée au quotidien économique Les Échos la semaine dernière : en substance le président du Medef qui écarte toute idée de relever les cotisation ou de baisser les prestations ne voit d’autre solution que d’allonger la durée d’activité. Tout se passe donc en somme comme si Pierre Gattaz avait en vue de revenir à la retraite à 65 ans, alors que son père Yvon Gattaz s’était vu imposer la retraite à 60 ans François Mitterrand… Et d’ajouter qu’en tout état de cause, il n’y aura pas pour le Medef de signature pour la signature. En d’autres termes, il ne saurait y avoir un compromis social sur un tel sujet.

 

 

 

La revue Ballast rend hommage au poète anarchiste André Laude, décédé il y a vingt ans, en publiant son tout dernier poème :

 

Ne comptez pas sur moi
 je ne reviendrai jamais


Je siège déjà là-haut
 parmi les

Élus 
près des astres froids

Ce que je quitte n’a pas de nom


Ce qui m’attend n’en a pas non plus


Du sombre au sombre j’ai fait 
un chemin de pèlerin


Je m’éloigne totalement sans voix

le vécu mille et mille fois
 m’a brisé, vaincu.

Moi le fils des rois.

 

 

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 05:52

Maxime Vivas. Rouges, les collines de Caracas. Les Éditions Arcane 17, 2015.

 

Le nouveau roman de Maxime Vivas entre de plain-pied dans la politique la plus brûlante. Ses Collines de Caracas ne sont cependant pas un roman à thèse, ce type de texte, où, comme le disait Jacques Laurent, « les carottes sont cuites au départ ». Et ce, même si, comme c’est ici le cas, nous connaissons le résultat des courses. En effet, dans ces pages, le politique ne prime pas sur l’histoire romancée. Nous ne sommes pas en présence d’une image déformée de la réalité avec des observations plus ou moins biaisées au service d’une démonstration.

 

L'auteur part d’un constat, d’une structure : l’impérialisme étasunien et ses relais locaux, médiatiques en particulier, tente d’écraser une authentique démocratie qui entrave ses intérêts. Cette structure, l’auteur va nous la faire découvrir par le regard d’une jeune narratrice (Maxime nous laisse à lire sa part de féminité), une journaliste haute-garonnaise sympathisante du Venezuela de Chavez, mais sans plus au départ. Cette structure, ce modèle – dans l’acception que les scientifiques “ durs ” donnent à ce mot – l'auteur va le faire tourner, l’observer sous toutes ses facettes, le perfectionner pour qu’il devienne lisible aux yeux de la narratrice, et donc à nos yeux.

 

Au moment où d’aucuns croient encore en la « fin des idéologies », à l’heure du triomphe de l’individualisme et de la commodité de créations littéraires centrées davantage sur les tourments individuels que sur les peines de la collectivité, Maxime Vivas ne craint pas de s’interroger sur le rapport entre le roman et la politique, par voie de conséquence sur sa propre responsabilité en tant que créateur et citoyen. L’ancrage de l’auteur est absolument réaliste et, bien que son roman ne soit pas “ à thèse ” au sens où il n’est pas univoque, son message est clair car il démonte le fonctionnement de la société bolivarienne, imparfaite, mais tendue dans une défense maligne et héroïque contre les coups de boutoir de l’impérialisme et de la bourgeoisie comprador.

 

L’auteur ne se cache pas derrière son doigt mais il sait que, dans la fiction, l’effet politique est produit par un sujet étranger à la politique. Le romancier engagé qu’il est se montre curieux des détails concrets, des faits qui s’enchaînent inexorablement, des motivations individuelles ou collectives. C’est pourquoi il est très présent, par le biais de sa narratrice, dans chaque ligne de son texte. Sa jeune journaliste ne peut être prise en défaut parce qu’elle est toute entière dans ce qu’elle fait. Comme Maxime face au Dalaï-Lama ou à Ménard, elle colle à son sujet (parfois un peu trop) pour délimiter sa propre responsabilité. Elle ne regarde pas Rome brûler en surfant sur internet. Il n’y a pas de hiatus entre sa parole et son action. Mais chez elle comme chez Kafka, l’écriture finira toujours par l’emporter sur la vie.

 

Élisabeth Parrot (dite « Gaya » parce que « parrot » = « perroquet » = « papagaya ») travaille pour Notre Planète, un mensuel écolo, elle est séparée du père de son enfant, elle a peur en avion et elle a ses règles en des moments inopportuns. Elle s’embarque pour les 30° humides de Caracas où, c’est le moins qu’on puisse dire, la situation est loin d’être stabilisée. Les fonctionnaires ne veulent pas travailler pour le pouvoir démocratiquement élu. Ils tentent de saboter les programmes sociaux de santé, d’éducation, d’emploi et de redistribution des terres. Six millions d’armes légères circulent dans la population. À Caracas, le taux de criminalité urbaine dépasse 23 pour 100 000 habitants. Exacerbée, la lutte des classes se niche dans des recoins inattendus : les pauvres ont des ampoules blanches à basse consommation, les bourgeois ont conservé les jaunes à incandescence parce qu’ils peuvent payer leur facture. De même, les couches aisées sont plus blanches de peau que les prolétaires (comme sous l’Ancien Régime en France …).

 

Qu’est-ce que ce pays lorsque Gaya y met le pied ? Une terre de contrastes où la quasi totalité des médias (encore plus qu’en France, c’est tout dire) est entre les mains de capitalistes voyous (pléonasme ?) qui traitent le président élu de macaque ou de proxénète, où de nombreuses entreprises refusent (comme Mulliez d’Auchan) de payer des impôts, où l’on torture, où l’on enlève, où l’on viole et où l’on prépare tranquillement et sans se cacher – comme s’il s’agissait d’organiser une foire-expo, l’assassinat du président (« Chavez doit mourir comme un chien »). Sous l’œil bienveillant des médias et des politiques étasuniens. Maxime n’élude pas les contradictions du chavisme : « Mon père a fait partie de la charrette des ingénieurs licenciés en 2003 par Chavez après la grève des cadres de la compagnie du pétrole. Il lui restait quelques années à accomplir avant de partir à la retraite. Du jour au lendemain, il ne fut plus rien. » Mais il n’y a pas de journalistes en prison.

 

Mais tant que des collines de Caracas le peuple pourra dévaler en une marée rouge, la révolution bolivarienne tiendra : « Rouges les collines de Caracas. Rouges par leurs baraques de briques. Rouges par l’accoutrement des habitants, leurs banderoles, leurs engagements radicaux, leur sang mille fois offert à la mitraille au cours de l’Histoire de leur pays. »

 

Un roman d'espoir, un livre chaud. Un livre pour nous et pour celles qui connaîtront le XXIIe siècle …

 

PS : Maxime Vivas est l'auteur de 17 ouvrages, dont ces trois analyses implacables où il a eu tort d'avoir raison avant tout le monde :

 

  • La face cachée de Reporters sans frontières : de la CIA aux faucons du Pentagone (enquête), Éditions Aden, Bruxelles, 2007, 266 p. (prix « Lire la politique »)
  • Dalaï-Lama - Pas si ZEN, Max Milo, 2011, 131 p.
  •  
  • Marine Le Pen amène le pire (en collaboration avec son fils Frédéric), Editions Golias, 2014

Note de lecture (149)
Note de lecture (149)
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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 05:38

 

 

J’espérais ne pas avoir à me le coltiner, ce mot anglais en français, espérant qu’il ne passerait pas l’automne, mais puisque Le Monde  s’y met (exemple transmis par un fidèle lecteur et néanmoins ami), il faut bien dénoncer le calque ridicule « devastated/devasté ».

 

On l’a lu et entendu d’abord dans la presse pipeule, dans les publications ou émissions de télé pour djeuns. Il a désormais atteint les colonnes des organes de référence :

 

« Les uns après les autres, tous racontent la mine basse le cataclysme. En boucle, toujours le même mot qui se passe de traduction pour exprimer le malaise : les sujets du XV de la Rose se disent tous « devastated ». Dévastés par un match qu’ils avaient en main jusqu’à la 70e minute de jeu. Dévastés par une défaite face à l’ennemi héréditaire gallois qui pourrait bien les priver d’un accès aux quarts de finale. Dévastés, sans doute aussi, d’avoir raté l’essai de la gagne en fin de match. »

 

Oh que non, Messieurs et Dames du Monde colonisés dans vos têtes ! Le mot ne se passe pas de traduction. Tout doit être traduit. Et correctement, s’il vous plait !

 

Le mot « dévaster », en français, ne saurait être utilisé à la légère. Son sens est très fort. Il vient de vastus (le vide) et signifie donc « rendre désert ». D’où dépouiller, piller, ravager etc. Au sens figuré, on va trouver des expressions du style « un vieillard dévasté par l’âge », au sens où le pauvre homme est complètement délabré d’un point de vue physique.

 

L’anglais « to devastate », « devastated », vient naturellement du français. Il est entré tard dans la langue (XVIIe siècle) et n’a été couramment utilisé qu’à partir du XIXe siècle, dans le sens qu’il avait en français : « A succession of crual wars had devastated Europe ». Le sens “ moderne ” d’« anéanti » date de la seconde moitié du XXe siècle. Et c’est bien sûr cette version abâtardie que nos grands journalistes serinent à tire-larigot. Lorsqu’on lit Le Monde (ce qui ne sert plus à grand-chose, je vous le concède et peut même vous faire attraper le bubon de la pensée libérale), on apprend que l’aviation française a « frappé » (calque de l’étasunien « to strike ») des cibles de Daesh avec quelques victimes collatérales genre femmes et enfants, et que, dans le même temps, les afficionados du XV de la Rose sont « dévastés » par la défaite face au Pays de Galles. Utilisation très ciblée de la langue pour produire l’idéologie impérialiste.

 

À noter que les anglophones sont eux-mêmes victimes de la paresse médiatique puisque « devastated » est utilisé, en recouvrant leur sémantisme varié, à la place de mots comme « shattered », « shocked », « stunned », « overwhelmed », « distressed » etc.

Méprisons la langue française (39)
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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 05:40

Simon Gouin, du site Bastamag, revient sur la France et la misère du monde : « A chaque fois que l'on entend jusqu'à la nausée cette sempiternelle phrase : "La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle a à prendre sa part" on doit répondre que la France est une des principales responsable de toute la misère de monde.

 

Pollution des eaux et des terres, manque de consultation des populations, appauvrissement des ressources alimentaires, division des communautés indigènes : un nouveau rapport du CCFD et du Secours Catholique critique les activités de deux entreprises françaises, Perenco et Maurel et Prom, en Amazonie péruvienne. Il met en évidence les conséquences désastreuses de l’industrie pétrolière sur les peuples et l’environnement de la région. Les responsabilités des entreprises et de leurs actionnaires, dont la Macif, sont mises en avant, au côté de celle de l’État français accusé de privilégier la défense de ses intérêts économiques au détriment des droits humains et environnementaux. »

 

Dans Le Grand Soir, Jean Ortiz nous rappelle comment la France accueillit les réfugiés républicains espagnols :

La « grande presse » française se déchaînait contre ces « hordes d’envahisseurs » espagnols. La semaine même où des milliers de combattants de la liberté, de femmes, d’enfants, épuisés, affamés, bombardés en permanence, arrivaient à la frontière de ce qu’ils croyaient « le pays des droits de l’homme », l’éditorialiste du « Patriote des Pyrénées » écrivait : « En un siècle où ne règne que la force, où la moindre faiblesse se paie par le sang, il est déjà bien que nous n’ayons pas refoulé la « horde wisigothique ». Pagès dénonçait « le danger de contagion morale et physique, sans compter les femmes, plus indésirables que leurs compagnons, qui vont rôder dans tout le sud-ouest ». La France vit les événements d’Espagne par procuration. La guerre idéologique fait rage. L’opinion publique, chauffée à blanc, est majoritairement hostile à « l’invasion », avale la xénophobie officielle et l’austérité pour les « classes dangereuses ». Seules la CGT, beaucoup de mairies de gauche, le parti communiste, des militants d’autres partis de gauche, le Secours Rouge, le Comité international pour l’aide à l’Espagne républicaine, des intellectuels comme Paul Langevin, le libertaire comité « Solidarité internationale antifasciste », etc. sauvent l’honneur de la France en organisant, par solidarité de classe ou simple humanisme, un accueil solidaire.

 

 

Dans Libération, Thierry Leclère réfléchit au concept du « Blanc » :

Définir le Blanc – comme le Noir ou le Jaune – se révèle un casse-tête sur lequel sont venues se heurter toutes les théories des races du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Après la victoire sur le nazisme, le problème semblait réglé : plus aucun scientifique n’osait utiliser le mot race, qu’elle soit blanche ou pas. Les dernières découvertes de notre XXIe siècle sur le séquençage du génome confirment d’ailleurs l’ineptie du concept de race : des biologistes ont démontré que la couleur de peau ne concerne qu’une infime part de notre patrimoine génétique, quelques gènes sur quelques dizaines de milliers. La couleur de peau n’est donc pas opérante pour classer les individus et déterminer leur origine. Et pourtant la lecture raciale de la société française est plus forte que jamais : représentation des minorités visibles à la télévision, statistiques ethniques, quotas dans l’équipe nationale de football… La question raciale est partout.

 

Dans le Monde Diplomatique d’Octobre, Serge Halimi explique pourquoi, dans les luttes, il faut aussi « faire sauter le verrou médiatique » :

Les tentatives de rupture avec les politiques néolibérales se multiplient. Après l’espérance grecque, l’élection de M. Jeremy Corbyn au Royaume-Uni, demain peut-être le réveil de l’Espagne… Ces essais ne sont pas toujours transformés, on l’a mesuré à Athènes en juillet dernier. Mais quelques-uns des obstacles sont dorénavant bien identifiés : les marchés financiers, les multinationales, les agences de notation, l’Eurogroupe, le FMI, la BCE, la politique monétariste allemande et ses caudataires sociaux-libéraux. La puissance de ces agents ainsi que la convergence de leurs préférences expliquent pour partie les prudences et les capitulations des uns, les souffrances et les hésitations des autres. Bien que pertinent, un tel diagnostic est incomplet. Car y manque un élément décisif : cet élément a révélé sa nocivité à Athènes ; il s’est d’emblée déchaîné à Londres contre le nouveau dirigeant travailliste  ; on l’observera à Madrid si Podemos l’emporte en décembre prochain. Enfin, depuis six mois, il se reconfigure méthodiquement à Paris. De quoi s’agit-il  ? Du perfectionnement d’un verrou médiatique susceptible de disqualifier tout projet contraire au pouvoir des actionnaires.

 

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 06:00

 

La livraison d’octobre s’ouvre en bonne logique sur Jeremy Corbyn, l’homme à « abattre » pour les dirigeants de l’UE. Il n’est pas si fréquent qu’un homme de gauche prenne la tête d’un parti social-démocrate :

 

Après la victoire de M. David Cameron aux élections de mai 2015, les éditorialistes britanniques avaient tranché : son adversaire travailliste Edward Miliband avait erré trop à gauche. Les adhérents du Labour en ont jugé autrement en lui choisissant un successeur bien moins timoré. Incarnant l’aile la plus progressiste du parti, M. Jeremy Corbyn a bénéficié d’un mouvement de masse. Parlementaires et apparatchiks n’entendent toutefois pas lui faciliter la tâche.

 

 

Qui accueille vraiment les réfugiés, demande Hana Jaber :

 

Les gouvernements occidentaux font semblant de découvrir l’ampleur du chaos syrien avec l’afflux de réfugiés des dernières semaines. Mais seule une infime minorité des onze millions de Syriens fuyant la guerre civile arrive à atteindre l’Europe au terme d’un voyage périlleux. Pour l’essentiel, ils trouvent refuge dans une autre région de leur pays, en Turquie, au Liban et en Jordanie, où cette présence massive perturbe les équilibres socio-économiques et politiques.

 

 

Serge Halimi explique pourquoi il faut aussi « faire sauter le verrou médiatique » :

 

Les tentatives de rupture avec les politiques néolibérales se multiplient. Après l’espérance grecque, l’élection imprévue de M. Jeremy Corbyn au Royaume-Uni, demain peut-être le réveil de l’Espagne… Ces essais ne sont pas toujours transformés, on l’a mesuré à Athènes en juillet dernier. Mais quelques-uns des obstacles sont dorénavant bien identifiés : les marchés financiers, les entreprises multinationales, les agences de notation, l’Eurogroupe, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE), la politique monétariste allemande et ses caudataires sociaux-libéraux. La puissance de ces agents ainsi que la convergence de leurs préférences expliquent pour partie les prudences et les capitulations des uns, les souffrances et les hésitations des autres. Bien que pertinent, un tel diagnostic est incomplet. Car y manque un élément décisif, souvent analysé dans ces colonnes mais largement ignoré ailleurs, en particulier par les forces politiques qui devraient s’en soucier au premier chef.

 

 

A propos de la “ réconciliation colombienne ”, Olivier Bailly rappelle que même la guerre a ses lois :

 

Avant de rechercher le chemin de la paix à Cuba, la guérilla et le gouvernement colombiens se sont durement affrontés. Même dans les guerres civiles, un code subsiste pour protéger les populations : le droit international humanitaire. Bien que malmené par la « guerre contre le terrorisme », il empêche les parties d’agir totalement à leur guise face à un ennemi diabolisé.

 

 

Pour Emilie Frenkiel, l’actuel président chinois est le plus puissant depuis Mao :

 

Alors que la Chine cherche à faire face à la crise en valorisant la consommation et en ouvrant son secteur financier, l’agitation désordonnée du gouvernement a mis la finance internationale en émoi cet été. Il n’est pas sûr que les autorités parviennent à gérer un « atterrissage en douceur » de l’économie. Politiquement, le président Xi Jinping contrôle tous les rouages du pouvoir. Cela suffira-t-il à calmer le mécontentement ?

 

 

Un long article très documenté (qui m’a rajeuni de 27 ans) de Vladimir Cagnolari sur le nouveau paradoxe ivoirien : la Croissance sans réconciliation :

 

Alors qu’au Burkina Faso voisin les élections générales ont dû être repoussées en raison d’un coup d’Etat manqué, la Côte d’Ivoire prépare dans le calme le scrutin présidentiel du 25 octobre. Mais cette tranquillité pourrait n’être qu’apparente. Car la guerre civile de 2002-2007, puis l’affrontement sanglant qui a opposé le chef de l’Etat Laurent Gbagbo à son rival Alassane Ouattara en 2010-2011 ont laissé des traces.

 

 

Pour Bachir El-Khoury, la courses au gaz en Méditerranée est lancée :

 

Les récentes découvertes de gaz naturel dans les eaux territoriales de l’Egypte viennent confirmer l’importance des ressources de la Méditerranée orientale. Une telle manne pourrait bouleverser l’économie des pays riverains, longtemps dépendants de leurs importations. Mais l’absence de frontières maritimes claires représente une nouvelle source de conflit, notamment entre Israël et le Liban.

 

 

En Grèce comme ailleurs, selon Philippe Lamberts, la thérapie de choc exige l’opacité :

 

Les électeurs grecs viennent de redonner à M. Alexis Tsipras une majorité pour gouverner en lui faisant crédit de sa combativité. Mais l’imposition d’un troisième plan d’ajustement, le 13 juillet dernier, après l’étranglement des banques déconsidère le fonctionnement de la zone euro. Cette dérive antidémocratique inquiète jusqu’aux partisans les plus convaincus de la construction européenne aux rangs desquels figure le chef des écologistes au Parlement de Strasbourg.

 

Le Monde Diplomatique (87)

Amélie Canonne et Johan Tyszler décrivent les résistances au Gra,d marché transatlantique :

 

Avalisées par le Parlement de Strasbourg le 8 mai 2015, les tractations secrètes en vue d’établir un grand marché transatlantique (GMT) se poursuivent entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Mais, face aux dangers de ce traité de libre-échange, une résistance s’organise des deux côtés de l’Atlantique, jusqu’au cœur des collectivités territoriales.

 

 

Pour Elizabeth Rush, en Louisianne, l’avenir est au ras de l’eau :

 

Lors d’une visite en Alaska début septembre 2015, M. Barack Obama a souligné la nécessité de lutter contre le changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Le cas de la Louisiane, dont le quotidien des habitants se trouve profondément affecté par la disparition des bayous, montre pourtant que cette solution ne suffira pas : pour limiter la montée des eaux, c’est l’ensemble du modèle américain de développement qu’il faut revoir.

 

 

Christophe Ventura nous emmène en Uruguay, le pays des conquêtes syndicale :

 

Il existe mille et une façons d’améliorer les conditions de vie des salariés. Souvent délaissée par les pouvoirs politiques (y compris progressistes), l’une d’entre elles consiste à leur permettre de se défendre eux-mêmes, à travers leurs syndicats. C’est la voie qu’a choisie un petit pays latino-américain, l’Uruguay. Avec un succès qui rayonne désormais bien au-delà des lieux de travail.

 

 

Au Chili (Leila Miñano & Julia Pascual ), l’avortement n’est toujours pas dépénalisé :

 

Le droit à l’interruption de grossesse résulte d’une lutte âpre et de l’engagement d’une avant-garde éclairée, comme en témoigne le parcours de Sylvie Rosenberg-Reiner en France. Au Chili, la présidente socialiste Michelle Bachelet s’apprête à dépénaliser l’avortement pour certaines situations dramatiques (viol, malformation, etc.). Mais la loi en préparation renvoie toujours à la clandestinité des dizaines de milliers de femmes.

 

 

Toujours à propos d’avortement, à lire un souvenir de Sylvie Rosenberg-Reiner :

 

Ce que je vais vous exposer est une expérience militante que j’ai vécue avec un engagement très fort, et donc avec toute ma subjectivité. On entend souvent dire que la libéralisation de la contraception puis de l’avortement allait dans le sens de l’histoire. Mais parler d’une victoire quasi certaine de nos idées occulte la violence des luttes idéologiques qui ont opposé les partisans de la contraception et de l’avortement libre et gratuit à leurs adversaires. On ne rappellera jamais assez l’attitude inqualifiable de nombre de médecins hospitaliers : à leur arrivée à l’hôpital, les femmes qui avaient tenté de mettre fin à une grossesse étaient insultées, humiliées ; des curetages étaient pratiqués sans anesthésie…

 

 

Un document exceptionnel : les carnets d’Ivan Maïsky, ambassadeur soviétique à Londres de 1932 à 1943 :

 

On imagine l’allégresse de l’historien Gabriel Gorodetsky quand il eut accès aux 1 500 pages de notes manuscrites rédigées par Ivan Maïsky, ambassadeur d’Union soviétique à Londres de 1932 à 1943. Tout concourait à rendre un tel document exceptionnel : l’importance de la mission diplomatique de Maïsky, entamée alors que la probable accession de Hitler au pouvoir annonçait la guerre en Europe ; le contexte soviétique marqué par des purges qui décimeraient le corps des officiers et des diplomates ; le personnage de l’ambassadeur, enfin : homme de culture et de caractère, ce militant révolutionnaire n’hésitait pas à prendre du temps pour rédiger une pièce en vers.

 

 

Les saltimbanques sont-ils des fauteurs de trouble (Evelyne Pieillier) ? :

 

Jadis, on reprochait aux comédiens de témoigner de bien peu de moralité. Ils appartenaient majoritairement à la marge, à la bohème, sinon à la canaille. Aujourd’hui, on les appelle intermittents, ce qui les associe à un aimable dilettantisme. Jouer, ce ne serait pas travailler. Ils se sont quand même progressivement définis comme des citoyens, avec un rôle social et des droits.

 

 

Il y a cinquante ans, Mehdi Ben Barka était assassiné sur le sol français (Omar benjelloun) :

 

Idéologue prolifique, travailleur acharné, rassembleur charismatique, Mehdi Ben Barka ne pouvait pas disparaître si facilement. En tout cas pas dans les consciences de générations de militants. La mort de l’opposant marocain ne pouvait pas effacer la vie d’une figure de proue, et sans tache, du mouvement anti-impérialiste, victime de l’un des crimes politiques les plus marquants du XXe siècle.

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 05:31

Sur le site CQFD, Emmanuel Sanséau revient sur les tristement célèbres « contrats zéro heure » au Royaume-Uni après la nette victoire des conservateurs lors des dernières élections législatives :

 

En mai dernier, un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) démontrait le poids écrasant des contrats précaires dans la chute du chômage britannique, et leur impact sur la polarisation des revenus qui fait, petit à petit, disparaître la classe moyenne. La récente réélection des conservateurs, désormais débarrassés de leurs partenaires de coalition libéraux démocrates, a réduit à néant tout espoir de contrôle des contrats zéro heure. Ils ont seulement promis d’interdire les clauses d’exclusivité utilisées par certaines entreprises pour empêcher leurs salariés de cumuler plusieurs emplois. C’est donc sans surprise que, en avril dernier, le secrétaire d’État au Travail et des Retraites, Iain Duncan Smith, affirmait, telle une Marie Antoinette, vouloir les rebaptiser « contrats à heures flexibles ».

 

Alors que les conservateurs s’apprêtent à réduire les dépenses sociales de 12 milliards de livres d’ici 2018, une enquête de l’association Citoyens du Royaume-Uni démontrait en avril dernier que la culture du bas salaire fait débourser chaque année 11 milliards de livres à l’État en allocations de travail. La violence déployée à l’encontre des classes populaires et les privilèges accordés aux plus riches sont quotidiennement masqués derrière la « lutte contre la fraude aux allocations sociales » et un discours politique de plus en plus xénophobe. Cinq années supplémentaires de gouvernement Cameron, tout aussi radical que la Dame de fer, n’augurent rien de moins qu’une catastrophe sociale organisée.

 

 

Politis rapporte un fait, heureusement très rare, dans l’Éducation nationale : deux professeurs du collège Gay-Lussac de Colombes (Hauts-de-Seine) sont convoqués devant le conseil de discipline pour leur participation en décembre 2014 à une grève de trois semaines, contre la sortie de leur établissement du réseau éducation prioritaire.

 

Pour protester contre cette convocation, deux tiers des enseignants de l’établissement sont en grève reconductible depuis vendredi 18 septembre et les deux professeurs concernés par la procédure ont entamé lundi après-midi une grève de la faim.

 

 

Le site Critique Sociale déplore la faiblesse de la classe ouvrière européenne :

 

La faiblesse de Syriza face à l’UE et aux gouvernements européens, ce n’est pas la faiblesse de la Grèce, ce n’est pas un problème grec, c’est la faiblesse politique des travailleurs au niveau de l’UE. Gageons que le refus de la rigueur ou de l’austérité au niveau européen, par les travailleurs en Allemagne, en France et en Italie dont le pouvoir d’achat s’est érodé depuis quinze ans, dans des formes coordonnées et internationales, donnerait une autre force aux travailleurs en Grèce face à la Troïka. La pression sur les salaires en Allemagne depuis les plans Schröder des années 2000 est une partie de l’équation qui a abouti à la crise de la dette en Europe, par la concurrence à la « compétitivité ». Ce dont nous avons besoin pour sortir de cette crise, ce n’est pas de souverainismes et d’impasses nationales, mais d’internationalisme à la base et de conflictualité « européenne ». Nous avons besoin de poser au sein de l’UE, non comme institution mais comme espace réel, ouvert, les questions sociales, environnementales et politiques de l’heure.

 

 

Même Paris Match s’en prend désormais au big business voyou :

 

Martin Shkreli, un investisseur américain, a racheté à travers sa compagnie un médicament luttant contre la toxoplasmose ou encore la malaria… et augmenté les prix de 5000%. L’homme le plus détesté d’Amérique s’appelle Martin Shkreli. Cet homme de 32 ans a choqué le pays en augmentant de plus de 5000% le prix d’un médicament utilisé depuis 60 ans dans le traitement de la toxoplasmose, le Daraprim. Ce produit était notamment très prescrit pour des patients séropositifs qui développent cette maladie en raison d’un système immunitaire affaibli. Il a été racheté en août dernier par Turing Pharmaceuticals, la société gérée par Martin Shkreli. Du jour au lendemain, le trentenaire a décidé de passer le prix du cachet de 13,50 dollars à 750 dollars.

Revue de presse (138)
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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 06:36

J'ai trouvé ce charmant poème sur Twitter, apparemment l'œuvre d'un certain Henri Martin. J'adore :

 

 

Le PS à la sauce La Fontaine
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