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13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 06:18

 

 

Si la transparence est tellement revendiquée, c’est bien qu’elle ne règne pas sur le monde. Il existe même une organisation fondée en 1993 par un Allemand, “ Transparency International ”, dont l’objectif est de lutter contre la corruption des gouvernements et institutions internationales. Mais comme les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés, cette ONG doit beaucoup à des multinationales anglo-saxonnes ou à des organes de presse très conservateurs comme The Economist, ou encore au Forum économique mondial. De droite comme de gauche, il a été reproché à cette organisation de ne pas évaluer la corruption en termes économiques, se contentant d’élaborer un « indice de perception de la corruption ».

 

Est transparent ce qui laisse passer la lumière (apparaître à travers). Raison pour laquelle aucune plante n’est transparente. En économie, une transaction organisée est généralement plus transparente qu’un marché de gré à gré. En matière de finance, la transparence fiscale (chacun pouvant, sans les rendre publics, connaître les avoirs de son voisin) fut longtemps décrié par la droite. Lorsqu’une opération financière, une gestion ne sont pas transparentes, on flaire l’opacité, la magouille. En revanche, si une comptabilité est transparente, c’est qu’elle est pleinement vérifiable. En politique, une élection transparente – si elle ne va pas de soi – n’est, après tout qu’une élection régulière. D’où, symboliquement, la présence depuis quelques années d’urnes en plexiglass, comme si les urnes en bois pouvaient posséder des doubles fonds ou des dispositifs diaboliques. La transparence des urnes est le commencement d’une vérité sans altération. Tout doit être limpide, comme, selon Stendhal, le cœur des jeunes filles allemandes. Ou comme la glasnost (littéralement «publicité [des débats] », le glass n’ayant rien à voir avec le verre) apparue en Union soviétique lors de la catastrophe de Tchernobyl, puis systématisée par Gorbatchev.

 

Transparent, c’est plus fort que translucide car un verre translucide laisse passer la lumière mais nous empêche de voir. Tout comme diaphane qui renvoie au cristal mais a un petit côté maladif. Limpide est bien aussi, mais il connote moralement, avec une notion d’innocence, de pureté, loin de la politique, donc. Attention à certains propos transparents, surtout les allusions qui, mine de rien, sont conçues pour être devinées. Sans parler de ces personnages qu’on dit transparents car on peut passer à côté d’eux sans les remarquer.

 

 

 

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (29)
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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 06:13

 

Encore une histoire d’émigrés, racontée par le site hongrois index.hu : “ Ces Hongrois qui ont fait Hollywood” : « Adolph Zukor et Vilmos Fuchs ont révolutionné l’industrie du septième art en créant la Paramount et la 20th Century Fox. Coup de projecteur sur leur parcours à l’occasion de la parution de leurs biographies traduites en magyar.

 

“Il ne suffit pas d’être hongrois, mais ça peut aider.” Voilà ce qu’on pouvait lire dans le bureau du magnat hollywoodien d’origine magyare Adolph Zukor. Avec son compatriote Vilmos Fuchs, plus connu sous le nom de William Fox, il a quitté Ricse et Tolcsva, dans le nord-est de la Hongrie, pour poser les jalons de sa fabuleuse carrière en Amérique. Associés à la naissance de deux studios mondialement célèbres, la Paramount Pictures et la Twentieth Century Fox, les deux hommes assumaient fièrement leurs origines. La littérature américaine spécialisée les considère comme les pères fondateurs d’Hollywood.

 

 

Dans son blog, Régis de Castelnaud brosse un bilan sans concession des tendances autoritaristes de l’Éxécutif en France : "La nouvelle initiative liberticide d’Emmanuel Macron vient de se fracasser sur la réalité de la situation dans notre pays. Son pouvoir est depuis l’origine parfaitement illégitime. Il est rentré à l’Élysée à la suite d’une opération organisée par la haute Fonction publique d’État s’appuyant sur l’oligarchie française et favorisée par un coup d’État judiciaire. Cette illégitimité est son péché originel, et sa gouvernance ne peut se faire qu’en brutalisant les institutions, et en s’appuyant sur les appareils policier et judiciaire qui se sont mis totalement à son service notamment face aux mouvements sociaux en général, et celui des gilets jaunes en particulier. Cette gouvernance est donc elle aussi illégitime."

 

 

Sur le site d’El Diablo, le docteur Christophe Prudhomme s’exprime sur le vaccin contre le Covid : « Si le vaccin constitue une arme supplémentaire contre le coronavirus, il ne s’agit pas de l’arme absolue. En effet, le vaccin permet de se protéger contre la maladie mais n’élimine pas le virus qui continue à circuler. Le meilleur exemple est celui de la variole qui a pu être définitivement éradiquée en 1980 alors que le premier vaccin a été mis au point par Edward Jenner en 1796 ! Il est donc nécessaire de continuer à utiliser les autres armes à notre disposition, que sont les mesures barrières et les tests, tant que le virus sera présent, ce qui peut durer encore plusieurs années. L’histoire nous en apprend beaucoup sur ces épidémies. L’actuelle ressemble fortement à celle de la grippe russe qui a sévi pendant plusieurs années à la fin du 19e siècle avec la même cinétique que celle du coronavirus actuel, à savoir des pics brutaux puis une régression tout aussi brutale, sans que nous n’ayons d’explication encore aujourd’hui.

 

D’autre part, au regard de la suspicion vis-à-vis des vaccins qui existe dans notre pays, un débat très large est nécessaire afin de répondre aux interrogations légitimes de la population. Un vaccin est un médicament avec des effets bénéfiques et des effets secondaires, potentiellement graves. Il est donc toujours nécessaire d’examiner le rapport bénéfices/risques de son utilisation pour les différents groupes de population auxquels il est destiné. Par ailleurs la rapidité des processus d’homologation peut susciter des interrogations. Ce d’autant que l’opacité des laboratoires pharmaceutiques concernant l’accès à leurs résultats, sous couvert du fameux « secret des affaires », ne peut qu’inquiéter. Il faut se rappeler le drame des premiers vaccins contre la polio dans les années 1950 avec un laboratoire qui avait mis sur le marché un lot de produits qui a inoculé la maladie aux enfants vaccinés. »

 

 

L’Indépendant de Perpignan exprime la stupéfaction des professeurs du collège de Lézignan : «Considérés comme grévistes le jour de la rentrée dernière, alors même qu’ils étaient présents et avaient assuré leurs cours, en plus de la préparation de l’hommage à Samuel Paty, les professeurs sont en colère, et dénoncent une décision "honteuse".

 

C’est avec grande surprise et incrédulité que les professeurs du collège Joseph-Anglade de Lézignan ont appris qu’une journée de salaire leur était retirée au titre du lundi 2 novembre dernier, jour de l’hommage à leur collègue Samuel Paty, décapité pour avoir exercé son métier d’enseignant.

 

Croyant à une erreur administrative, ces professeurs se sont adressés à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale de l’Aude et au rectorat de Montpellier. Leur stupéfaction a été totale devant la réponse de la hiérarchie académique qui leur a confirmé qu’il ne s’agissait pas d’une erreur… Mais d’une "retenue sur salaire justifiée en application de la réglementation »."

 

PS  qui n'a rien à voir : une vraie question (la réponse est oui). La veuve de Giscard va-t-elle toucher une pension de réversion ?

Revue de presse (330)
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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 06:13

 

 

Pour Serge Halimi, qui présente un dossier sur les États-Unis, la victoire des démocrates aux EU est « amère » : « Les premiers choix de M. Joseph Biden pour les postes-clés de son administration (politique étrangère, finance, environnement) risquent de décevoir ceux qui espèrent des changements profonds à Washington. Pourtant, même une politique peu ambitieuse se heurtera à un Parti républicain qui n’a pas subi la déroute attendue. »

 

 

Timothée de Rauglaudre et Maïlys Khider nous disent ce qui se passe dans les réseaux féministes du CAC40 : « Aussi discrète qu’efficace, l’action de réseaux de patronnes a permis l’adoption en 2011 d’une loi imposant la quasi-parité dans les conseils d’administration des grandes entreprises françaises. Mais l’influence des femmes d’affaires auprès du gouvernement évince les associations féministes, tandis que leur activisme permet à des multinationales peu soucieuses des droits des salariées de redorer leur image. »

 

 

Un article très intéressant de Benoît Bréville sur la revanche des campagnes : « Une maison avec jardin, à l’abri du stress des grandes villes… L’idée séduit de nombreux citadins échaudés par la crise sanitaire. Mais à quelle « revanche des campagnes » assiste-t-on exactement ? Impossible de les manquer dans le métro parisien. « Alès, la capitale qui ne manque pas d’air », « Sologne, de l’air », « Seine-et-Marne, le vrai grand pari »… : depuis mai, ces publicités s’affichent dans les couloirs et sur les quais pour inciter les usagers à changer de vie, avec une insistance toute particulière sur la ligne 1, celle qui mène au quartier d’affaires de la Défense. Il y a encore un an, Paris affrontait Londres, New York ou Singapour dans la compétition mondiale pour attirer sièges sociaux, grands événements et « cols blancs » surdiplômés. Désormais, des petites villes braconnent ses cadres dans les souterrains du métro. »

 

 

 

Le Monde Diplomatique (247)

 

Pour Évelyne Pieiller, la bienveillance peut être tyrannique : « La gestion de la crise sanitaire s’est appuyée sur l’obligation pour chacun de se protéger et de protéger les autres, en particulier les « plus vulnérables ». Le gouvernement en appelle à l’altruisme, et à la pénalisation en cas de négligence. Mais cette injonction à la responsabilité relève-t-elle d’une incitation vertueuse ou d’une entreprise de redéfinition du citoyen ? »

 

 

Pour Lucie Elven, la monarchie britannique est inoxydable : « Après l’Écosse, l’Irlande du Nord et le Pays de Galles, le nord de l’Angleterre connaît à son tour un mouvement en faveur de l’indépendance. Tensions nationalistes, chaos parlementaire à l’occasion du Brexit, fiasco de la lutte contre le Covid-19 : la tempête semble tout emporter au Royaume-Uni. Tout, sauf la Couronne, qui continue à offrir un sentiment de cohésion à une majorité de Britanniques. Ayant arpenté les rues en liesse de Londres le jour du couronnement de la reine, en 1953, les sociologues Michael Young et Edward Shils qualifièrent l’événement de « grand acte de communion nationale ». Il prenait tout son sens, écrivaient-ils, en tant qu’« expérience non individuelle, mais collective », qui fédérait des milliers de familles dans une ferveur populaire rappelant la célébration de la victoire sur l’Allemagne nazie. L’air vibrait de chaleur humaine ; même les pickpockets avaient cessé le travail, et il régnait un esprit de fraternité qui aurait fait horreur à « ceux qui ont le biais rationaliste des gens instruits de notre époque, surtout ceux d’une disposition politique radicale ou libérale».

Aujourd’hui, alors que les inégalités ne cessent de se creuser au Royaume-Uni, la monarchie semble avoir conservé sa popularité. Presque deux Britanniques sur trois approuvent son existence. Ils ne sont que 22 % à souhaiter sa disparition, les plus hostiles étant les Écossais. Étonnant paradoxe : quand les temps sont durs, la famille royale paraît servir de dérivatif ou de consolation. Lors des noces royales des dix dernières années, il s’est toujours trouvé un badaud pour clamer que le moral de la nation avait besoin d’un remontant. Comme l’écrivait Walter Bagehot en 1867 dans La Constitution anglaise, le peuple s’incline devant le «spectacle théâtral de la société », dont la reine est le « point culminant ».

 

 

La justice est-elle possible au Kosovo, demandent Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin : « L’ombre des crimes imputés à l’ancienne guérilla plane sur le Kosovo depuis deux décennies. L’arrestation, en novembre, du président Hashim Thaçi et de plusieurs de ses anciens compagnons de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) sonnerait-elle enfin le glas de l’impunité ? Jusqu’à présent, les Occidentaux avaient soutenu sans faille le nouveau pouvoir, au nom de la stabilité et au mépris des victimes. »

 

 

Igor Delanoë décrit le bras de fer russo-turc dans le Caucase : « À travers son soutien à l’Azerbaïdjan dans le conflit du Haut-Karabakh, la Turquie a enfoncé un coin dans la zone d’influence russe au Caucase, tout en défiant Moscou dans les airs grâce à ses drones de dernière génération. Cette nouvelle donne stratégique peut-elle conduire à l’escalade ? Pas nécessairement, car, par le passé, les deux puissances ont souvent préféré le compromis à la confrontation. »

 

 

Pour Jeanne Hughes, une offensive chinoise aux États-Unis relève du fantasme : « À la suite de M. Donald Trump, de nombreux commentateurs estiment que la Chine est en train de phagocyter l’Organisation des Nations unies. S’il est difficile de mesurer une influence diffuse, les données chiffrées montrent que la réalité est loin de correspondre aux fantasmes. Pour l’heure, Pékin se contente de cibler certaines directions d’agence, avec un but commercial ou de légitimation de son action. »

 

 

 

Pour Akram Belkaïd, les relations entre les pays du Golfe et Israël sont idylliques : « Rompant avec la politique d’isolement et de boycott d’Israël qui prévalait dans la région depuis plus de cinquante ans, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont signé le 15 septembre un accord de reconnaissance mutuelle avec Tel-Aviv. Alors que l’Arabie saoudite hésite à franchir officiellement le pas, d’autres pays arabes sont encouragés par les États-Unis à s’engager eux aussi dans la normalisation. »

 

 

Mathieu Rigouste revient sur les soulèvements algériens de décembre 1960 : « Après six ans de conflit, les populations musulmanes des villes algériennes investirent soudain la rue pour réclamer l’indépendance. Les protestations pacifiques de décembre 1960 prirent de court tant les autorités françaises que le Front de libération nationale (FLN). Malgré la répression, le mouvement mit en échec les tentatives du général de Gaulle d’imposer une solution politique aux dépens des nationalistes. »

 

 

Séverine Charon et Laurence Soustras envisager une industrie pharmaceutique africaine : « L’Afrique du Sud, alliée à l’Inde, demande à l’Organisation mondiale du commerce de suspendre les droits de propriété intellectuelle sur les vaccins et les médicaments durant la pandémie de Covid-19. Il s’agit d’assurer aux populations l’accès à des traitements peu coûteux. Malgré l’essor d’une production locale, l’Afrique reste dépendante des marchés et des groupes pharmaceutiques étrangers. »

 

 

Vincent Sizaire se demande s’il est possible d’enrayer la machine répressive : « Soutenue par les principaux syndicaux de policiers, la proposition de loi relative à la sécurité globale a été votée par l’Assemblée nationale le 24 novembre. Elle prolonge une fuite en avant répressive qui, de la lutte contre le terrorisme à l’état d’urgence sanitaire, indexe la sécurité sur la restriction des libertés. Et si cette stratégie, faite de démesure et d’arbitraire, s’avérait contre-productive ? »

 

 

Dominique Sicot explique pourquoi il n’y aura pas d’argent magique pour la santé : « Le Covid-19 aurait dû mettre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale au cœur du débat public. Certes, la réforme des retraites est suspendue, malgré le ballon d’essai des sénateurs pour reculer l’âge de départ, et la cinquième branche consacrée à la perte d’autonomie est créée. Mais le gouvernement se contente de parer au plus pressé, sans aucun changement de cap. Exceptionnel. C’est ainsi que M. Olivier Véran a qualifié le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2021, lors de l’ouverture des débats sur le texte en première lecture à l’Assemblée nationale, le 27 octobre. « Il y a encore quelques mois, les chiffres que nous présentons ici seraient passés pour de la science-fiction », a insisté le ministre des solidarités et de la santé.

 

La pandémie de Covid-19 et ses conséquences ont en effet bouleversé les comptes de la Sécurité sociale. Tout particulièrement ceux de l’assurance-maladie, dont le déficit est passé de 1,4 milliard d’euros en 2018 à 48,4 milliards cette année. La quête de l’équilibre des comptes, unique boussole des politiques mises en œuvre depuis trois décennies, se heurte brutalement à la réalité. »

 

 

Julian Misch rappelle qu’il y a 100 ans naissait un parti authentiquement populaire : « Dès qu’il vit le jour, en décembre 1920, le Parti communiste français revendiqua une place singulière dans le paysage politique hexagonal : celle de la seule formation populaire, dirigée par des gens du peuple pour servir les intérêts de celui-ci. À l’heure où le fossé entre classes dirigeantes et classes laborieuses paraît plus profond que jamais, son histoire est riche d’enseignements. Derrière la tribune, une grande banderole reprend la formule de Karl Marx et Friedrich Engels : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » Elle est surmontée d’une bannière arborant le slogan de la Ire internationale : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». En ce 25 décembre 1920 s’ouvre à Tours le 18e congrès de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), à l’issue duquel une très large majorité des délégués du Parti socialiste (70 % des mandats) décident d’adhérer à l’Internationale communiste (IC). Cette dernière, également dénommée IIIe Internationale, a été créée l’année précédente, en mars 1919, sous l’impulsion de Lénine et des bolcheviks russes dans l’espoir d’étendre leur révolution au monde entier. »

 

 

Après le désastre dans le monde de la musique, que va-t-il se passer, demande Éric Delhaye : « Le Centre national de la musique vient enfin d’ouvrir. Chargé notamment de mettre en œuvre une politique de soutien à la création non directement « rentable », il devra affronter les ravages dus à la crise sanitaire et, à plus long terme, la pression des intérêts marchands. Éviter les faillites. » Lors de sa conférence de presse, le 3 novembre 2020, le président du Centre national de la musique (CNM) en vient rapidement à ce qui est aujourd’hui la priorité. Longuement désirée, juridiquement créée en janvier, cette « maison commune », à peine installée, est sommée de parer au plus pressé, quand, en mars, les concerts sont interdits. Alors que son inauguration marquait le renouveau des politiques publiques de la musique après des décennies de tergiversations, la crise sanitaire vient souffler sur un château de cartes d’autant plus chancelant que l’écosystème de la musique (artistes, techniciens, producteurs, éditeurs, diffuseurs…) était déjà fragilisé par la dégringolade de l’industrie du disque depuis vingt ans. »

 

 

Dominique Pinsolle explique que les libertés universitaires sont en grand danger : « Les élucubrations du ministre de l’éducation nationale, M. Jean-Michel Blanquer, au sujet de l’« islamo-gauchisme » à l’université ont eu un effet qui ne déplaît probablement ni à leur auteur ni à sa collègue de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Mme Frédérique Vidal. Tandis que le très décrié projet de loi de programmation de la recherche (LPR) était en cours d’examen parlementaire, la focalisation des débats sur la liberté universitaire a éclipsé les revendications portées depuis un an par un large mouvement de contestation au sein des universités et des organismes de recherche. »

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 06:09

 

Regards.fr se demande si le vallsisme n'est pas l'avenir du Parti socialiste. Le vallsisme, au-delà d’être une idéologie qui pestifère le Parti socialiste, est une stratégie politique. Il n’aime pas la démocratie. Souvenez-vous, l’une des lois les plus controversées de ces dernières années : la loi Travail, dites loi El Khomri. Pas de débat. Un 49-3. Non pas qu’il récuse la démocratie, mais ses expériences électorales se finissent si souvent en échec qu’il a pris une autre voie : le copinage et les nominations qu’elle permet.

 

Un exemple ? Lors de la primaire citoyenne de 2011, qui désignera François Hollande candidat du PS à la présidentielle de 2012, Manuel Valls obtient 5,63% des suffrages (soit 149.103 voix). Il arrive avant-dernier, devant le radical de gauche Jean-Michel Baylet, ce qui fait de Manuel Valls le dernier des socialistes. Croyez-vous que cette déroute l’empêcha de devenir ministre de l’Intérieur sept mois plus tard, et Premier ministre en 2014 ? Non.

 

 

Anti-K rapporte que quelque 200 millions de travailleurs ont participé à une grève générale en Inde, à l’appel de dix centrales syndicales, contre les politiques du gouvernement de Narendra Modi, le Premier ministre du pays. Le train de réformes comprend de nouvelles lois sur le travail, une plus grande flexibilisation sur les régulations en matière de santé et de sécurité sur le lieu de travail et dans le secteur agricole, ainsi que des privatisations du secteur public.

 

Le gouvernement a approuvé quatre codes du travail qui remplacent les lois protégeant les travailleurs. Ces réglementations permettent aux employeurs et aux gouvernements d’augmenter la charge de travail, de contraindre encore davantage l’obtention de salaires équitables, de licencier facilement les travailleurs, de réduire la couverture d’assurance maladie et de rendre plus difficile la création de syndicats.

 

 

Dominique Muselet, dans Le Grand Soir estime que la série The Crown, est une opération de blanchiment  de Margaret Thatcher. Pour excuser ses décisions brutales pendant la guerre des Malouines, elle montre sa détresse face à la disparition de son fils Mark durant le Paris-Dakar de 1982. L’arrogant et stupide préféré de Thatcher s’était perdu après avoir surestimé ses capacités de navigation, ce qui a conduit à une chasse à l’homme à très grande échelle.

 

On n’est donc pas surpris que « certains internautes aient confié leurs inquiétudes quant au risque que The Crown "humanise" l’ex-Première ministre ». Un euphémisme bien britannique !

 

Plutôt qu’un risque, c’est, semble-t-il, un choix conscient de Peter Morgan. Et même « un choix audacieux », selon Télérama, celui de regarder « plus que jamais vers les individus, alors même que son récit entre de plain-pied dans l’ère politique contemporaine. » Et donc de passer sous silence les ravages du Thatchérisme, une doctrine comptable de destruction systématique et cruelle de tout ce qui protégeait les plus faibles de la société pour se concentrer, comme Télérama le résume avec attendrissement, sur « la solitude, la tristesse, la frustration de personnages royaux broyés par la couronne. À commencer par Diana, victime d’un terrifiant anti-conte de fées. »

 

 

Le Monde, parmi d’autres nombreuses publications, explique comment Gilead a vendu son remdésivir à l’Europe : « Un contrat a été passé avec la Commission, alors même que le laboratoire Gilead connaissait les résultats négatifs d’un essai clinique de l’OMS. La France est le seul pays majeur à ne pas avoir passé commande. Mais pour les trente-cinq autres pays qui ont déjà signé avec Gilead, il est désormais impossible de renoncer à leur commande, ni de renégocier le prix durant les six prochains mois. Au moins 640 000 doses ont déjà été achetées, qui rapportent déjà plus de 220 millions d’euros à Gilead. Des doses qui n’apporteront, en revanche, pas grand-chose aux citoyens.

 

 

L’Obs annonce que Betty Dodson, la reine de la masturbation, est morte sans succession. Alors que décèdent les unes après les autres les pionnières du féminisme pro-sexe, Dodson, une de ses plus flamboyantes représentantes, porta l’onanisme au rang d’art.

Revue de presse (329)
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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 06:12

 

 

Á la rentrée, moins de 600 lycéens n’ont pas trouvé d’affectation après le long et aléatoire parcours du combattant de cette nouvelle procédure. Un détail me direz-vous. Merci pour eux. Un sondage révèle par ailleurs que 79% des bacheliers sont contents de ce que les algorithmes leur ont réservé.

 

Á propos d’algorithme, je vous propose ce qu’en disait Gérard Berry, chercheur en informatique. C’est terrifiant : « Un algorithme, c’est tout simplement une façon de décrire dans ses moindres détails comment procéder pour faire quelque chose. Il se trouve que beaucoup d’actions mécaniques, toutes probablement, se prêtent bien à une telle décortication. Le but est d’évacuer la pensée du calcul, afin de le rendre exécutable par une machine numérique (ordinateur…). On ne travaille donc qu’avec un reflet numérique du système réel avec qui l’algorithme interagit. » La vie de nos enfants est donc déterminée par le reflet d’un système de décortication, sans pensée. Il faut espérer qu’un jour ce système devienne fou. Peut-être l’est-il déjà…

 

Cela dit, si 79% des bacheliers sont contents, il en est plus de 20%, un sur cinq, ce qui est considérable, qui sont mécontents, frustrés, qui ont la mort (comme on dit du côté de Lyon) ou le seum et qui vont perdre au moins un an dans une filière dont ils n’ont que faire. Dans ce même sondage, les trois-quarts des jeunes disent avoir trouvé très éprouvants ce parcours qui, d’un point de vue rationnel, est totalement inutile. Plus de 100 000 de ces ados ont passé l’été dans les affres. Plus de 30 000 ont quitté, d’eux-mêmes, le parcours, complètement écœurés.

 

Avec cette nouvelle procédure – dont l’un des objectifs est de réduire encore un peu plus la proportion d’enfants modestes dans l’enseignement supérieur – la sélection commence avant les résultats du bac qui cesse d’être un rite de passage, un marqueur essentiel pour être réduit à un peau de chagrin, une corvée formelle dont il faut se débarrasser.

 

Finis donc les copies anonymées, les vrais exercices de fin d’année, les vraies évaluations. Vive l’algorithme et son opacité, ses mystères qui échappent aux enseignants eux-mêmes.

 

Encore un peu moins de démocratie, d’esprit républicain, dans le monde d’après des banques qui gouvernent nos vies.

 

Parcourssup : quand le banquier éborgneur fait la guerre aux lycéens

En ce 28 novembre 2020, les cognes du banquier éborgneur ont frappé très fort. Ci-dessous la photo d'un photographe syrien, réfugié dans notre beau pays, avant l'action des esthéticiennes de la police, et après.

Parcourssup : quand le banquier éborgneur fait la guerre aux lycéens
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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 06:15

 

 

Res Publica reprend une longue contribution de Vincent Présumey lors d’un colloque sur la laïcité.

 

« On ne combattra aucun intégrisme religieux, et surtout pas les courants fascistes ou fascisants d’inspiration religieuse, en faisant l’impasse sur leur dimension religieuse. S’il n’y a pas lieu de « diaboliser » les religions en tant que telles, il n’y pas plus de raisons de les exempter de l’analyse et de la critique sociale indispensables à tout combat pour l’émancipation humaine.

 

A l’époque capitaliste, le régime totalitaire saoudien et les islamistes prétendent que l’uniformisation visuelle de la société, mise au pas au moyen du voile féminin, complété par un uniforme masculin qui en est le symétrique inversé puisqu’il exhibe la pilosité qui est censée être une incitation sexuelle chez les femmes, réalise un ordre vertueux qui serait l’opposé de la diversité, de la licence et de l’impudeur « occidentales ». En fait, par un paradoxe qui n’est qu’apparent, l’uniformité qu’ils réalisent correspond parfaitement à une société capitaliste d’individus atomisés, neutralisés, réduits à des acteurs de l’échange marchand et de la circulation-accumulation du capital.

 

Mais le voile comme élément actif, dynamique, de la lutte des classes, est le produit de la contre-révolution islamique chiite iranienne, à partir de 1980. Contre la révolution prolétarienne en Iran qui avait commencé à disloquer État et armée, la reconstitution de l’État capitaliste s’est faite sous le mot d’ordre central qu’était «les femmes sous le voile », mis en œuvre par les milices de soi-disant « déshérités », c’est-à-dire de flics et de lumpen, attaquant physiquement pendant des semaines des manifestations de centaines de milliers de femmes refusant le voile. A la manière des mouvements fascistes la contre-révolution islamique en Iran fut la première forme d’islamisme arrivant vraiment à se présenter comme « anti-impérialiste » et, par là, révolutionnaire. La mise au pas des femmes était affirmée, et réalisée, comme mise au pas de toute la société. Tout discours, d’extrême-gauche ou non, sur la « question du voile », qui ignore cette fondation historique, qui plus est assez récente tout de même, se caractérise par là-même comme pétri d’ignorance et dénué d’internationalisme. »

 

 

 

En avril 2020, Le Monde Diplomatique étudiait le rapport entre les pandémies et le capitalisme : « Les crises économique sont aussi sélectives que les épidémies : à la mi-mars, alors que les Bourses s’effondraient, l’action du laboratoire pharmaceutique Gilead grimpait de 20 % après l’annonce des essais cliniques du remdesivir contre le Covid-19. Celle d’Inovio Pharmaceuticals gonflait de 200 %, à la suite de l’annonce d’un vaccin expérimental, INO-4800. Celle d’Alpha Pro Tech, fabricant de masques de protection, bondissait de 232 %. Quant à l’action de Co-Diagnostics, elle flambait de plus de 1 370 % grâce à son kit de diagnostic moléculaire du coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SRAS- CoV-2), responsable de la pandémie de Covid-19.

 

Comment expliquer qu’au cœur de la tourmente il soit ainsi possible de s’enrichir alors même qu’il manque des masques de protection, y compris pour les médecins et les personnels soignants, et que les tests de dépistage restent inaccessibles au plus grand nombre après trois mois d’épidémie ? Pourquoi ces tests sont-ils au cœur du débat mondial, de la Corée du Sud aux États-Unis, en passant par l’Allemagne, l’Australie et la Lombardie, mais restent soigneusement évités en France, où le directeur général de la santé, M. Jérôme Salomon, n’envisage leur usage massif qu’« à la sortie du confinement » ? Contrairement aux annonces gouvernementales, loin d’être une guerre contre un virus dont la seule arme serait la quarantaine, la bataille concerne notre propre organisation économique et sociale. C’est une crise de notre politique de santé, de recherche et de production, où l’industrie pharmaceutique joue une place centrale, mais soigneusement maintenue à distance du débat public. 

 

 

 

Dans Regards.fr, Alain Bertho fait appel au roman En attendant les barbares du sud-africain John Maxwell Coetzee, prix Nobel de littérature en 2003 : « « Il y a quelque chose qui me sautait aux yeux, mais je n’arrive toujours pas à le voir ». Tels le narrateur de En attendant les barbares, nous voici retranchés dans une forteresse nationale, menacés par un danger insaisissable. Nous avons du mal à comprendre que la barbarie ne vient pas du dehors mais qu’elle ronge de l’intérieur une société travaillée par la peur. »

 

Revue de Presse (328)
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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 05:52
 

Il est devenu banal de dire que les États-Unis sont aujourd’hui divisés en deux moitiés égales et opposées. Cela vérifie la thèse de Denis Duclos, soutenue déjà dans Le complexe du loup-garou,de 1994 : le thème du double est selon lui fondamental et omniprésent dans la culture anglo-saxonne, et en particulier étasunienne ; dans la plupart des histoires, on retrouve la lutte entre principe du Bien et principe du Mal, mais incarnés dans deux personnages qui sont en fait des doubles, comme Docteur Jekyll et Mister Hyde, Joker et Batman, ou les deux héros deFight Club ou, aujourd’hui, Biden et Trump. La culture étasunienne nous renvoie ainsi sans cesse de la sauvagerie des meurtres de masse et des guerres interminables à « l’univers gentillet des cartoons ».

 

Même un joli conte comme Blanche-Neige peut s’intégrer à cette logique.

 

Blanche-Neige est le premier dessin animé long métrage de Walt Disney : il reçut un accueil enthousiaste et on peut le considérer comme son chef d’œuvre. Son sujet même est un grand classique de la mythologie et du folklore, c’est un conte saisonnier. Mais sa date aussi est intéressante : il a été élaboré entre 1934 et 1937, et, resitué dans son contexte, il fait apparaître des aspects surprenants.

 

En 1934, Walt Disney réalise le court-métrage The Goddess of Spring (La déesse du Printemps, c’est-à-dire Perséphone, qui inspirera le personnage de Blanche-Neige) : Perséphone a été enlevée par Hadès qui l’oblige à vivre dans son royaume, le monde des morts. Sa mère, Déméter, obtient de Zeus qu’elle puisse revenir sur terre pour y passer la moitié de l’année. Déméter est la déesse de la terre et des moissons ; Perséphone est la végétation, qui disparaît en hiver, pour revenir chaque printemps. De même, dans BN, la sorcière est la reine de la nuit hivernale, qui chasse la végétation, BN ; celle-ci va survivre dans le monde souterrain, « au-delà de la septième chute » (ce qui rappelle les sept replis du Styx, fleuve des Enfers), sous la protection des nains, eux aussi créatures souterraines, qui travaillent dans les mines. Elle sera rappelée à la vie par le Prince, le Printemps.

 

BN fait partie des contes des frères Grimm, figures marquantes du romantisme allemand. On ne peut pas considérer comme insignifiant le fait que Disney y travaille pendant quatre ans, alors que le régime nazi se met en place, avec sa doctrine raciale, et se lance dans sa première guerre, en Espagne ; d’autant plus que ce qui frappe, quand on visionne le film, c’est son atmosphère germanique. On voit bien qu’il y a du louche, quand on lit la notice Wikipédia sur Blanche-Neige : on y sent la volonté de dédouaner Disney pour ce qu’on peut appeler sa germanophilie. Contre toute évidence, Wikipédia refuse d’employer le mot « allemand », le remplaçant systématiquement par « européen » : « L’Europe, source du film », titre-t-il. Or, s’agissant de contes, tout le monde sait distinguer entre contes français, de Perrault, et allemands ou germaniques, de Grimm, voire danois, d’Andersen. Le mot censuré finira par apparaître, mais dans le cadre d’une dénégation, dans une expression ironique : « Le conte de Blanche-Neige est bien sûr [!] d’origine européenne, ce que certains résumeront à « d’origine allemande ».

 

Pourtant, l’inspiration germanique est incontestable : la maison des nains, conçue selon Wikipédia par deux collaborateurs suisse et suédois, présente des sculptures végétales et animalières caractéristiques de l’art nordico-germanique ; lors de la Fête, les nains chantent des jodler, technique de chant qu’on ne trouve qu’en Allemagne, en Autriche et dans le Tyrol italien, au son de l’accordéon et de divers instruments à cordes, parmi lesquels un commentateur a même reconnu une cithare (personnellement, je ne l’ai pas vue).

 

Mais le plus significatif, c’est la fuite de BN dans la forêt, où on voit les arbres la retenir avec leurs branches devenues des griffes, et qui semblent sortis tout droit du film de Fritz Lang et Théa von Harbou, Les Nibelungen (1924). Or, ce film est un véritable manifeste nazi, dans son versant féodal (valeurs de fidélité, honneur) mais aussi racial : il célèbre la supériorité de la race aryenne (représentée en particulier par Siegfried,qui vit en harmonie avec la terre qui lui a donné naissance) sur les sous-hommes juifs (représentés par le roi des nains, Alberich au nez crochu) et slaves (représentés par Etzel, le Roi des Huns qui, dans le film, jouent le rôle de l’ennemi traditionnel russe). 


Or, si BN n’a pas été distribuée en Allemagne (parce qu’elle était promue par RKO, qui diffusait des films anti-allemands), Goebbels et Hitler, qui ont bénéficié de projections privées, l’ont beaucoup appréciée : le premier écrira en 1940 qu’il a été « réalisé avec un authentique amour des hommes pour la nature » ; le deuxième comptera BN parmi ses films favoris et le visionnera jusqu’à la fin de sa vie – de préférence aux Nibelungen, qui étaient une épopée tragique finissant par un embrasement prémonitoire du bastion où se sont retirés les Burgondes (les Germains) ; on comprend qu’à la fin de son règne, Hitler ait préféré le happy end de BN.

 

De son côté, en 1938, lors du séjour aux Etats-Unis de Leni Riefenstahl, cinéaste officielle de Hitler, Disney lui a fait visiter ses studios. Wikipédia aborde la question des idées politiques de Disney sous la rubrique « Rumeurs et légendes urbaines » : on le dit anti-communiste, concède Wikipédia, et, en 1947, il a dénoncé quelques-uns de ses collaborateurs en tant que communistes. Ce qui ne l’empêche pas de conclure : « Il semble plutôt indépendant des extrêmes politiques, mais avec un idéal de monde meilleur » : ça ne mange pas de pain, Hitler aussi avait « un idéal de monde meilleur », selon lui.

 

On voit bien sûr BN de façon manichéenne, la Reine noire (ou orange) vaniteuse, colérique et cruelle, contre la petite princesse blanche, gracieuse et si vulnérable. Pour les médias qui nous racontent tous les jours le monde comme si c’était un conte de fées, BN serait Biden, persécuté par le méchant Trump. Mais la gentille BN a un côté obscur : lors de son exil dans la forêt, c’est elle qui devient la Princesse de la Nuit, et elle incarne une forme d’harmonie avec la nature avec laquelle un nazi pouvait s’identifier. Elle forme donc avec la Sorcière un autre de ces couples inséparables et réversibles dont le modèle est Docteur Jekyll et Mister Hyde. Les Etats-Unis sont divisés, mais les représentants des deux camps sont aussi inquiétants l’un que l’autre : Blanche-Neige-Biden, ou Blanche-Neige-Trump, des forces obscures sont à l’œuvre.

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 06:20

 

 

Dans son blog, Régis de Castelnaud est horrifié par certaines réactions de gauche après l’élection présidentielle aux États-Unis : « Petit festival avec les réactions de ce que personnellement j’appelle depuis longtemps (toujours ?) « La petite gauche » face à la proclamation par CNN de l’élection de Biden. Je dois dire que le fait de savoir si c’est un pitre ou un vieillard sénile et corrompu qui sera à la Maison-Blanche me laisse assez indifférent. J’ai simplement constaté l’affrontement entre deux facettes du Capital américain, le national protectionniste, et le transnational symbolisé par les Gafa. Il y a des riches et des pauvres des deux côtés, et le combat n’était pas Amérique d’en haut contre Amérique d’en bas. Alors les cris de ravissement entendus hier, les « no pasaran le fascisme de Trump », les pleurs de joie sur la « victoire » de la démocratie me démontrent une fois de plus qu’il n’y a rien à attendre de la petite bourgeoisie. Et avec l’arrivée de deux va-t-en-guerre, certains peuples vont devoir serrer les fesses je pense en particulier à ceux de l’Amérique latine. Biden, candidat du complexe militaro-industriel, a été très clair, ils sont dans le collimateur, et sa vice-présidente Harris est connue pour être une belliciste du même tonneau que la criminelle de guerre Condolezza Rice. En matière d’impérialisme le plus brutal, être femme et noire ne protège de rien.

 

Il y a une bonne question sur laquelle je trouve les réactions de joie bruyante complètement effarantes : tout d’abord les acclamations adressées aux médias du grand Capital américain pour avoir coupé le sifflet au président en exercice au motif que dans son discours d’homme politique il proférait des mensonges ! Ah bon ? La censure tranquillos pommes-chips par les puissances d’argent c’est formidable ? Alors comme ça, en France en 2021 et en 2022, ce sont les médias qui dans la campagne présidentielle décideront de qui peut parler ? Donc ce seront Dassault, Bolloré, Drahi, Arnault, Pinault, Pigasse qui décideront qui a le droit de parler ?

 

 

 

Khider Mesloub analyse dans Le Grand Soir ce qu’il appelle les « coups d’États sanitaires » : « Sans conteste, le confinement, procédé « moyenâgeux », pour reprendre la formule du professeur Didier Raoult, constitue une mesure qu’aucun dictateur n’aurait désavoué. La vraie question à poser serait plutôt : les virus ayant toujours existé, connaissant leur taux de létalité (estimé à moins de 2 % de décès essentiellement parmi la population la plus âgée et vulnérable), pourquoi avoir suscité une telle peur panique parmi les populations sinon pour légitimer le confinement pénitentiaire, décrété, lui, pour des desseins initialement inavoués et inavouables.

 

Mais, aujourd’hui, ces desseins s’éclairent au grand jour, à examiner l’incessante activité gouvernementale des différents États de la majorité des pays, illustrée par le nombre incommensurable de lois liberticides promulguées ces deniers mois. À l’évidence, chaque Etat, à la faveur de l’épidémie du coronavirus, s’applique à blinder son pouvoir despotique par l’instauration de mesures sécuritaires et attentatoires à la liberté, décrétées sous prétexte de gestion de la crise sanitaire du Covid-19.

 

 

 

 

 

Revue de Presse (327)

 

Le quotidien italien Domani revient sur la grande violence quotidienne qui règne à Naples : « Á Naples, il peut arriver de se trouver sous les feux croisés des clans ou de se laisser surprendre par un raid d’intimidation nocturne en scooter dans le quartier de la bande adverse. Une “ pratique ” qui contraint tous les passants à s’allonger par terre pour échapper aux centaines de balles tirées à feu continu. À Naples, il existe un risque se faire tuer ou blesser “par hasard”.

 

À Naples, il faut toujours prouver son innocence, aussi bien au tribunal que dans la vie (ou la mort) de tous les jours. Ce record en cache toutefois un autre, qui ne fait que se confirmer dans le temps : celui des mineurs abattus par les forces de l’ordre pour un braquage, un larcin ou un quelconque délit, comme avoir tenté d’échapper à un contrôle policier à bord d’un scooter. Ces gamins sont trop naïfs pour se dire qu’ils risquent de tomber sur un policier ou un carabinier en civil armé, pour prévoir que les forces de l’ordre surveillent un objectif donné, ou pour redouter de croiser une brigade de “falchi”, les fameux “faucons” de la police motorisée napolitaine.

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 06:04

 

 

Pour le site Communistes, il se construit actuellement de nouvelles alliances impérialistes entre les États-Unis et l’Asie : 

 

L’Asie Centrale autrefois liée au destin de l’URSS fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions de la part de la Russie, de la Chine et des EU. Les deux premiers y ont certes une longueur d’avance du fait de l’histoire et des attentions qu’ils y portent d’un point de vue économique et stratégique, mais il ne faudrait pas sous-estimer les rôle des EU qui y voient une large zone dont le contrôle serait de nature à contrecarrer les perspectives chinoises des routes de la soie et donc de son influence dans la région et au-delà vers l’Ouest. Ainsi, le 2 février, Mike Pompeo chef de la diplomatie américaine a-t-il rendu une visite remarquée aux ex-Républiques soviétiques du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan. Plus récemment, la visite du général Kenneth Mackenzie (à la tête du commandement militaire américain pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient), à Tachkent et à Douchanbé fait partie du projet américain visant à faire impliquer davantage des pays de  l'Asie centrale dans le dossier afghan et partant dans le bloc politique « Delhi-Kaboul-Tachkent ». Le but politique de la présence militaire américaine en Afghanistan est d'assurer la formation d'un bloc politique de nature à influencer la région d'Asie centrale et la région de la mer Caspienne, ainsi que le Xinjiang en Chine. Ce bloc impérialiste a pour but d’empêcher la mise en œuvre des projets chinois de « route de la soie ».

 

 

 

Suite à l’assassinat de Samuel Paty, Magyd Cherfi a déposé sur les réseaux sociaux un texte dont j’extrais ceci :

 

« J’ai été d’une école où on aimait ses profs, où après être passé dans une classe supérieure on passait leur rendre visite, ça épinglait un orgueil de moineau sur nos maigres poitrines.

 

J’ai été d’une école où le nom de “ prof ” faisait tinter la rétine et briller l’envie d’en être.

 

Moi j’allais à l’école comme on se blottit dans un nid attendant la becquée quotidienne. J’étais ce privilégié-là, cet engourdi docile aussi. Je guettais l’attention qu’on allait me porter, la parole qu’on allait me donner, la note aussi.

 

C’était une école où j’oubliais que j’étais arabe, pauvre et fruste. Elle me protégeait de la méchanceté du monde, un monde dur qui voulait pas de mes parents. Elle me sortait de l’obscurité dans laquelle ils pataugeaient.

 

J’étais d’une école où je n’avais plus d’origine mais l’espoir d’en trouver une sans frontière ni couleur, ni rang social, où les professeurs ressemblaient à des parents. Les uns les autres se passaient le relais sûrs de divulguer un même message empreint du respect le plus strict. Les quatre se souciaient qu’on s’intéresse, nous existions comme un prolongement d’eux-mêmes.

 

[…] Sans cette école que l’on dit gratuite, laïque et obligatoire la vie lui serait apparue insensée. Quant à moi je l’avoue, je me suis plus aimé en élève qu’en enfant de la rue car à dix sept heures sur le trottoir d’en face j’entendais : « rentre chez toi bougnoule ! » À l’aune de tous ces défis nouveaux, je dis que cette école existe encore et elle raconte toujours l’histoire des hommes, offre encore une famille, une terre, des valeurs et enfin notre libre arbitre.

 

Alors je peux le dire, moi Magyd jamais j’aurais tendu mon doigt à un salaud pour désigner comme victime mon prof d’histoire-géo. »

 

 

 

Toujours suite à l’assassinat du Samuel Paty, Claudine Tiercelin, professeur de philosophie au Collège de France, a publié dans Libération un texte sur “le risque du savoir ” :

 

« On ne mesure pas à quel point, en décapitant le professeur Paty, ce n’est pas seulement la «liberté d’expression» qu’on a voulu liquider : c’est le droit ou plutôt le devoir d’instruire du professeur de la République française qu’il était. Réduire cette dernière à une «liberté d’enseigner», c’est minorer la gravité de l’atteinte ; c’est aussi laisser croire que la transmission de «connaissances» pourrait se confondre avec la liberté d’expression, ou, pire encore, se diluer dans la sacro-sainte «liberté pédagogique». Instruire, ce n’est pas avoir le droit d’exprimer une «opinion», «communiquer» de «l’information», «partager» des «idées», «organiser des débats»: c’est répondre en priorité à l’obligation de présenter des contenus de savoir assortis de raisons. »

 

Revue de Presse (326)
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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 06:09

 

 

Pour Serge Halimi, la France est à la merci d’une machine infernale : « Déjà confrontée à des angoisses sanitaires, écologiques, économiques et sociales, la société française encaisse une volée de coups supplémentaires sous forme d’attentats terroristes. On veut alors la mobiliser pour la « guerre ». Une de plus. Mais, l’ennemi étant souvent indétectable, sa destruction réclame toujours un arsenal plus puissant que le précédent. Non pas – ou pas encore – des canons et des parachutistes, mais des atteintes supplémentaires aux libertés publiques. Qui ose en effet défendre celles-ci après un attentat ou pendant une épidémie ? Des restrictions sont donc imposées et acceptées sans débat. Il ne s’agit que d’une parenthèse, nous dit-on ; on la refermera sitôt terrassé le virus, ou le terroriste, et revenus les jours heureux. Les jours heureux ne reviennent pas. Et soumise à ce régime, une société peut craquer. »

 

 

Pour Philippe Descamps, la médecine française est sous influence : « La France affronte une seconde vague épidémique de Covid-19 dans un climat de scepticisme et d’abattement. La méfiance engendrée par l’incurie – doublée d’autoritarisme – des pouvoirs publics rend plus ardue encore la sortie d’une crise profonde, qui touche à tous les domaines de la vie. Le doute n’épargne plus l’expertise médicale, soupçonnée de succomber à des influences politiques, médiatiques et surtout économiques.

 

 

Biden ou Trump. Olivier Zajec pense que l’ordre international sera moins dicté par Washington : « La plupart des grands États européens souhaitent l’élection de M. Joseph Biden. Ils imaginent qu’elle favoriserait le retour à un ordre mondial moins chaotique. Mais l’identité du locataire de la Maison Blanche et les choix diplomatiques des États-Unis ont cessé de déterminer tous les équilibres stratégiques. »

 

 

 

Les Latino-américains adorent les séries turques (Anne-Dominique Correa) : « Au royaume de la « telenovela », une grande partie de la population continue à s’enthousiasmer pour les scénarios à l’eau de rose qui caractérisent le genre : un cocktail d’héroïnes vertueuses, de sentiments chastes et d’ascension sociale rapide. Sauf que les séries vers lesquelles se tourne désormais l’Amérique latine ne sont plus écrites ni réalisées dans la région, mais en Turquie. »

 

 

Robert Boyer explique comment le Covid remodèle l’économie : « Près d’un an après l’irruption du Covid-19, le monde reste démuni face à la pandémie. Les mesures prises pour la contrer ont en revanche provoqué une triple crise, économique, politique et civique. Deux tendances lourdes s’en trouvent d’ores et déjà renforcées : le triomphe des industries numériques et le retour de l’État comme aiguilleur du capitalisme. Deux mouvements complémentaires… »

 

 

 

Ian Urbina décrit les secrets et la puissance de la flotte de pêche chinoise : « Nul ne sait précisément combien de bâtiments compte la flotte de pêche chinoise. Il reste que cette armada, qui quadrille l’ensemble de la planète, surpasse toutes les autres, tant par son envergure que par son rayon d’action. Elle joue aux yeux de Pékin un rôle crucial, à la fois pour nourrir sa population et pour placer ses pions sur l’échiquier géopolitique. »

 

 

 

Pendant ce temps, des centaines de milliers de travailleurs de la mer sont bloqués (Pierre Rimbert) : « Dans quel abîme les politiques de lutte contre le Covid-19 ont-elles plongé le monde pour que les marins du secteur commercial en soient réduits à supplier qu’on leur accorde au moins le même droit que celui dont jouissent les marchandises : celui d’embarquer et de débarquer ? En octobre 2020, plus de 800 000 travailleurs de la mer, sur le 1,7 million que compte la marine marchande, étaient bloqués, les uns à bord, avec l’interdiction de descendre, et les autres à terre, avec l’interdiction de monter.

 

Pour ces derniers, l’absence de contrat, et donc de salaire, les condamne à la misère. Pour les autres, toujours en mer, l’enfer s’éternise. Il a commencé en mars, quand la mise à l’arrêt de l’économie asiatique, puis mondiale, a empêché la relève des équipages et comprimé l’horizon des matelots aux quartiers spartiates des porte-conteneurs et vraquiers — ou aux ponts inférieurs des navires de croisière. Pendant que, à terre, une partie des populations confinées commandait frénétiquement sur Amazon des rameurs d’appartement et des tapis de yoga, les marins s’activaient pour convoyer vers les ports occidentaux ces planches de salut fabriquées en Asie. Au cours d’un mois ordinaire, cent mille navigants descendent à quai, et autant les remplacent. Hongkong, Singapour ou les Philippines figurent parmi les points-clés de ces rotations. Mais, entre les fermetures de ports et de frontières, les suppressions de lignes aériennes, les interdictions de débarquer, les mesures de quarantaine, les formalités administratives byzantines, etc., il devenait difficile qu’un équipage se présente au moment précis où un autre quittait le navire en étant assuré de son rapatriement : depuis mars, seulement un quart des relèves ont lieu. »

 

 

 

Pour Frédéric OJardias, la société sud-coréenne est toujours très machiste : « Malgré des apparences de modernité et l’essor des nouvelles technologies, la société sud-coréenne demeure très machiste. Les femmes doivent être dévouées à leur famille. Toutefois, en octobre dernier, le gouvernement a présenté un projet de loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Un texte que les féministes jugent trop timoré. De jeunes militantes sonnent l’heure de la révolte. »

 

 

 

Jean-Christophe Servant décrit les marchés de dupes des partenariat public-privé en Afrique : « Lors d’une réunion virtuelle avec des ministres et des entrepreneurs, le 15 septembre 2020, la Banque africaine de développement a décidé de promouvoir les partenariats public-privé (PPP) pour relancer des économies pénalisées par la crise sanitaire. Or l’expérience a montré que les PPP, supposés attirer les capitaux privés, grevaient durablement le budget des États. »

 

 

 

Gilbert Achcar explique pourquoi le Covid frappe au premier chef les pays pauvres : « Avec la pandémie de Covid-19, la planète connaît sa plus grave crise économique depuis l’entre-deux-guerres. Explosion du chômage, insécurité alimentaire, décrochage scolaire… : si les effets du « grand confinement » se font ressentir partout, ils sont démultipliés dans les pays pauvres, où le secteur informel, par définition dénué de protection sociale, tient une place prépondérante. »

 

 

Moscou se rêve en « ville globale » (Vladimir Pawlotsky : « Depuis dix ans, la capitale russe soigne sa communication. Adepte du marketing urbain dernier cri, la municipalité entend, comme les autres grandes métropoles mondiales, séduire les investisseurs et les cadres des multinationales. Mais cette politique dissimule mal une reprise en main du Kremlin, au service d’un creusement des inégalités territoriales. »

 

 

 

 

Le Haut-Karabakh s’embrase (Sergueï Markedonov ) : «  Le Haut-Karabakh connaît une nouvelle escalade militaire. Le conflit autour de cette république autoproclamée, située à l’intérieur des frontières officielles de l’Azerbaïdjan et soutenue par l’Arménie, menace la stabilité du Caucase. Alors que les deux trêves négociées sous la houlette de Moscou n’ont pas tenu, l’engagement sans retenue de la Turquie derrière Bakou éloigne les perspectives de paix. »

 

 

La Pologne s’accroche à son charbon (Agathe Osinski et Matthias Petel ) : « Unique pays de l’Union européenne à s’opposer à l’objectif d’une neutralité carbone en 2050, la Pologne a toutefois promis en septembre dernier d’en finir avec le charbon d’ici à 2049. Cette dépendance s’explique davantage par la structuration de son économie et par les réformes menées depuis 1989 que par une préoccupation moins forte qu’ailleurs pour le changement climatique. »

 

 

 

 

Érika Wicky  se penche sur la thématique du miasme et de la jeune fille : « Répandue du Proche-Orient au Japon, la tradition du bain parfumé remonte à l’Égypte antique. Cette pratique connaît cependant une éclipse en Occident durant le Moyen Âge, à la faveur de la christianisation. C’est seulement au XIXe siècle que faiblissent les tabous pesant sur l’hygiène féminine – pour le plus grand profit de l’industrie de la parfumerie, qui impose de nouvelles normes. »

 

Le Monde Diplomatique (246)

 

Hernando Calvo Ospina revient sur l’énigme de « La Coubre » : « Mars 1960. Une double explosion dans le port de la capitale cubaine entraîne la mort de soixante-dix personnes. Accident, sabotage ou attentat ? Les révolutionnaires cubains qui ont renversé la dictature de Fulgencio Batista un an plus tôt mènent l’enquête. Des documents récemment déclassifiés jettent une lumière nouvelle sur cette affaire. »

 

 

 

À Liverpool, le football est un creuset pour l’identité (Quentin Guillon) : « Pour ses supporteurs, le Liverpool Football Club, sacré champion d’Angleterre en juin 2020, est l’emblème d’une ville fière de sa singularité, à la fois populaire, ouverte sur le monde et défiante envers le reste du pays. Arrivés aux manettes il y a dix ans, les propriétaires américains du club cultivent soigneusement cette image, qui séduit désormais au-delà des frontières de la cité portuaire. »

 

 

 

 

Qu’en est-il du devoir de réserve des fonctionnaires (Arnaud Bontemps, Grégory Rzepski) : « À la mi-octobre, quatre enseignants des Deux-Sèvres passaient devant le conseil de discipline de leur établissement. Leur faute ? En participant à des rassemblements contre la réforme du baccalauréat, ils auraient trahi le « devoir de réserve » qui s’imposerait aux salariés du service public. Souvent invoquée, cette notion aux contours flous favorise une forme d’autocensure des fonctionnaires. »

par

 

 

 

Peut-on enrayer les épidémies dans les élevages, « d’autant plus inquiétantes que certains virus – impossible de l’ignorer désormais – franchissent la barrière des espèces (Lucile Leclair) ? La réponse sanitaire internationale ressemble à une fuite en avant du modèle industriel. Les mesures prônées menacent la santé et les écosystèmes, tout en condamnant les exploitations à taille humaine. »

 

 

 

Un rayonnement voilé

La culture française est-elle toujours rayonnante ? (Pascal Corazza) « Glorifier fugacement la culture comme une caractéristique de la France, célébrer l’« exception culturelle », souligner l’importance des artistes dans son histoire relève du poncif, pratiqué avec entrain par les politiques de tous bords. Ce qui n’empêche pas la dévitalisation progressive d’un réseau qui sut longtemps faire rayonner son influence. »

 

 

 

Cyril Pocréaux et François Ruffin se demandent si la “ course ” à la 5G sert bien à quelque chose : « Quelle est donc la priorité de M. Thierry Breton, l’ancien patron de France Télécom, à peine nommé commissaire européen au marché intérieur ? Non pas l’Europe sociale, non pas l’harmonisation fiscale, ces promesses agitées depuis trente ans et qui, manifestement, peuvent encore attendre. Quelle est l’urgence pour les peuples, pour leur avenir ? La 6G. La 5G n’est pas encore arrivée, 40 % du territoire français ne dispose pas de la 4G, Bussus-Bussuel – code postal 80135, dans la Somme – et des centaines d’autres communes ne disposent toujours que de la 0G, mais les têtes pensantes de Bruxelles, décidément tournées vers l’avenir, préparent la 6G. Et pourquoi ? Pour « accélérer », pour « faire la course en tête ».

 

La même image revenait à l’Assemblée nationale dans la bouche de Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’industrie, le 30 juin dernier : « Il y a une course, et la France risque de prendre du retard. Comme la Suède, la Finlande, l’Allemagne, les États-Unis, la Chine, la Corée, la Nouvelle-Zélande, nous allons lancer les enchères pour la 5G, cette technologie essentielle à la compétitivité du pays. Nous le faisons pour le pays, nous le faisons pour notre industrie, nous le faisons pour les Français. Faisons attention à ne pas prendre du retard sur le reste de la compétition… »

 

Mais quel est le sens de cette « course » ? Le bonheur, le bien commun ?

 

 

Enfin, Évelyne Pieiller nous fait découvrir le travail considérable et innovant de Lynd Ward (L'Éclaireur, Éditions Monsieur Toussaint Louverture, traduction Jean-Charles Khalifa) : “ Il est bon de pouvoir parfois s’exalter un peu. Pourtant, initialement, c’est surtout l’entreprise éditoriale qu’on avait envie de saluer : qu’une maison de taille aussi modeste que Monsieur Toussaint Louverture se lance dans la publication impeccable des récits en gravures sur bois de l’Américain Lynd Ward (1905-1985) relève de l’amour pur pour la beauté d’une œuvre, et les considérations comptables semblent écartées avec panache. Mais, dans un second temps, c’est le travail même de Ward qui soulève peu à peu une admiration effervescente. Réalisées pour l’essentiel dans les années 1930, ces histoires sans mot, constituées de planches en noir et blanc, à la composition fulgurante, une seule par page, évoquent les mythologies américaines et l’actualité sociale, la répression des manifestations ouvrières durant la Grande Dépression et la puissance des désirs sexuels, les élans révolutionnaires et l’empêchement de vivre. Imposant une sorte d’expressionnisme « gothique », implacable et halluciné, nourri de symboles, c’est un travail « visionnaire » – comme l’affirme Art Spiegelman, l’auteur de Maus –, d’une stylisation tourbillonnante, qui impulse une lecture très singulière : chacun est libre de développer ses propres interprétations, tout en suivant le fil proposé par l’auteur. ”

 

Le Monde Diplomatique (246)
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